Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Son actualité

Le 25 mars 1987…

Le 9 Août 2012

… paraissait L’Eloge des intellectuels.

couverture eloge des intellectuels 2Je continue. Après le Diable en tête, son premier roman, Bernard-Henri Lévy repasse à l’essai et donne ce petit livre, nerveux, brillant, qui se veut une charge, sabre au clair, contre la fichue manie qu’à l’époque de confondre arts majeurs et mineurs. Et, aussi, l’acte de naissance de ce qu’il appelle « l’intellectuel du troisième type ». Et, encore, une prise de position à contre-courant de l’idée reçue sur « les intellectuels qui se trompent tout le temps ». On trouvera, dans ce nouveau dossier de presse, des pièces de choix et même des morceaux mémorables. Le dialogue avec Alain Peyrefitte, par exemple. Le dialogue avec le très jeune Denis Tillinac dans un hebdomadaire féminin. La charge très dure menée par l’hebdo de Jean-François Bizot, Actuel. Les échos d’un Apostrophes mémorable. La polémique avec Finkielkraut. La mauvaise humeur de Bernard Kouchner face à l’invention lévyenne du « Sartron » (dont il fera, bientôt, une scène majeure de sa pièce de théâtre, Le Jugement dernier). Là aussi, c’est une plongée passionnante et même étourdissante dans l’œuvre de BHL et dans l’époque. Idéalement, j’aimerais que Bernard-Henri Lévy lui-même puisse se plonger dans ce flot de commentaires, de textes et de débats. Le fera-t-il ?

Liliane Lazar

Pas de commentaire »

Flux RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire