Le 20 juin 2007 : sortait « American Vertigo », le film.

 

american-vertigo-afficheQue signifie être Américain, et qu’est-ce que l’Amérique d’aujourd’hui ? Pour répondre à ces questions, Bernard-Henri Lévy a voyagé un an à travers le pays, dans les pas de Alexis de Tocqueville. A la clef, « American Vertigo » : un documentaire subjectif, un vrai carnet de route de « American Vertigo », l’essai. Des reportages que Bernard-Henri Lévy a écrits au fil des 9 mois au cours desquels,  il a parcouru l’Amérique, des rochers de Rushmore aux miradors qui veillent sur la frontière mexicaine, du salon de James Ellroy aux barbelés de Guantanamo. Tous ces épisodes ont été publiés aux Etats-Unis puis en France. Sur ses talons, durant tout ce voyage, un unique témoin : la caméra du réalisateur Michko Netchak et du co-auteur du film Gilles Hertzog.Et à l’arrivée, un documentaire subjectif : American Vertigo, le film, véritable journal de bord d’American Vertigo, le livre.

Laurence Roblin

Pour voir l’extrait : Cliquez ici

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La genèse du film

american vertigo 1 2American Vertigo est à la fois un livre, écrit par Bernard-Henri Lévy et édité en 2006 par Grasset, et un film documentaire, réalisé par Michko Netchak et Gilles Hertzog. « Leur genèse fut si imbriquée que l’achèvement du film ne pouvait dépendre que de celui du livre » affirme le réalisateur. Au départ, American Vertigo est un projet éditorial de la revue américaine Atlantic Monthly qui, par tradition, tous les cinquante ans, invite un écrivain notable à refaire le parcours effectué au XVIIIe siècle par Alexis de Tocqueville, soit traverser les Etats-Unis de part en part, et à publier après coup son expérience. Réputé pour sa notoriété intellectuelle, sa connaissance du pays, son regard critique et ses qualités d’auteur, american vertigo 34Bernard-Henri Lévy a répondu positivement à l’appel de la revue et s’est lancé sur les traces de son illustre prédécesseur. « Son voyage a ainsi été facilité par la rédaction, explique le réalisateur, les rendez-vous, les déplacements et l’hébergement gérés par leurs soins. Une fois les problèmes de logistique réglés, le regard de l’auteur pouvait s’exercer librement. » Le rôle de Michko Netchak et Gilles Hertzog était de suivre le philosophe français avec leur caméra, de capturer sur la pellicule les observations critiques et les commentaires de voyage; c’est l’auteur lui-même qui en a eu l’idée, comme nous le rappelle le metteur en scène : « De tout temps concerné par le cinéma, il a soupçonné qu’un film documentaire pourrait être tenté, parallèlement à son propre périple à travers cet immense pays ».

L’Amérique comme laboratoire

american vertigo 79De cette expérience singulière, Michko Netchak a conservé beaucoup de souvenirs impérissables – en-dehors des kilomètres de pellicule et des heures de rushes. D’abord l’image d’un Bernard-Henri Lévy très différent de ce que l’on imagine de lui : dandy, oui, mais « aussi à l’aise dans un quatre étoiles que dans une gargote à l’hygiène plus que douteuse », un homme sachant « toujours allier politesse et provocation, concilier les bonnes relations avec le mordant nécessaire pour faire accoucher son interlocuteur de ce qu’il pense vraiment. ». Ensuite un regard nouveau sur les Etats-Unis, l’impression d’une sorte de « balkanisation » d’un pays dont les communautés deviennent de plus en plus imperméables. Il en garde principalement, malgré tout, l’image d’un grand laboratoire en activité constante, où l’on expérimente sans cesse, et dont les expériences peuvent « nous aider à les comprendre, mais aussi nous enrichir et nous aider à préparer l’avenir ». Un voyage initiatique, en quelque sorte.

La structure du film

Du livre, d’abord publié en six épisodes dans Atlantic Monthly en 2005 avant de devenir l’ouvrage que l’on sait, le film reprend l’organisation en chapitre etamerican vertigo 6 en intègre des citations en voix off. Surtout, il tente d’en restituer la forme de journal de voyage, fabriqué au gré des rencontres et des impressions tout au long du parcours; il fallait, évidemment, que l’ouvrage soit terminé pour que Michko Netchak puisse commencer son travail de montage. Les images d’American Vertigo sont soulignées par de longs extraits du livre, déclamés par l’acteur Jean-Pierre Kalfon.

Paroles de BHL sur l’Amérique d’aujourd’hui

Pourquoi le philosophe français est-il parti sur les routes américaines? Pourquoi l’écrivain engagé, plutôt familier des terrains tourmentés (Bosnie, Afrique, Sri Lanka, Colombie, Darfour) a-t-il consacré ces longs mois à la rédaction de ce journal de bord? Tout simplement parce qu’il aime cette Amérique là. Paroles :
« J’aime Brooklyn et ses rabbins glorieux, le nez dans les étoiles. »
« J’aime, dans le Névada, la Vallée de la mort, ses paysages désertiques, ses ronces, ses cactus, le sentiment, soudain, de l’écorce terrestre, de ses plis, de son histoire, à même le corps et sous les pieds. »
« J’aime, en Californie, l’autre Los Angeles, pas Hollywood, non, Los Angeles, cette sublime ville mexicaine, ses rivières asséchées, sa railway station, la american vertigo 58dernière des Etats-Unis, la toute dernière étape du périple américain, au contact du monde fini, au fini du vieux monde et, en tout cas, du monde américain. »
« J’aime la démocratie américaine. J’aime l’Amérique post-cosmopolite – celle qui, bien au-delà du communautarisme américain classique et, de fait, ex-européen est en train d’inventer une nouvelle manière de vivre ensemble. »

Instantanés de tournage

american vertigo 10Extraits de portraits réalisés par Bernard-Henri Lévy pour American Vertigo, livre et film :
Jim Harrisson. « Je n’aime pas qu’il se vive comme un « dissident américain », mais j’aime la haute idée qu’il se fait de son pays – et du mien. »
Russel Means. « Un héros, une icône, l’un des porte-parole les plus éclatants de la mémoire indienne; mais aussi, hélas, un antisémite authentique et, si j’ose dire, new look – celui qui reproche au Juifs de briguer la monarchie de la douleur et d’éclipser, ce faisant, les droits à la compassion des minorités devenues rivales. »
James Ellroy. « L’écrivain le plus fou, l’homme le plus seul des Etats-Unis. »
Warren Beatty. « S’il n’en reste qu’un (homme de gauche, progressiste, « libéral » au sens US), ce sera lui. »

(Source : Allo Ciné)


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