Le 1er septembre 1982…

… Joëlle Habert devenait l’assistante personnelle de Bernard-Henri Lévy.

Joelle-habert-et-BHLC’est loin 1982 ! Françoise Verny vient d’entrer chez Gallimard et de quitter donc la vénérable maison de la rue des Saints-Pères où elle a fait entrer le jeune Bernard-Henri Lévy. Avec elle, part aussi Roselyne Dussart, l’assistante qu’elle partageait avec Bhl. Celui-ci, après quelques tergiversations et offres gallimardiennes décide de rester fidèle à la Vieille Maison. Vu qu’il y occupe alors des fonctions importantes, et extrêmement mangeuses de temps, il faut donc de toute urgence lui trouver une nouvelle assistante. Et c’est ainsi qu’arrive dans sa vie une toute jeune femme qui travaillait alors au Service de Presse de Grasset, dans l’ombre de celle qui, en ce temps-là, le dirigeait, qui s’appelait Claude Dalla Torre, laquelle venait de succéder à Monique Mayaud (je ferai, un jour, une notice sur chacune d’entre elles car elles ont eu leur rôle, éminent, dans la vie de Bernard-Henri Lévy) – et c’est ainsi qu’elle devient, très vite, et jusqu’aujourd’hui, l’un des personnages absolument-clé de l’existence de Bhl : Joelle Habert.
Car Joëlle Habert est, tout de suite, beaucoup plus qu’une assistante. D’abord, elle tape les manuscrits de Bernard-Henri Lévy à une époque qui n’a pas encore inventé le traitement de texte. Bernard-Henri Lévy lui dicte à distance, par téléphone, nuit comme jour, le moindre de ses articles (je le revois, à New-York, à l’époque de ses cours à New-York University, profiter d’une interclasse pour, à 5 heures du matin heure de Paris, chercher fébrilement un téléphone pour lui dicter, à Paris, ou lui déposer sur une boîte vocale, une correction qu’elle recevra cinq sur cinq). Elle tient ses archives. Elle est sa mémoire. Peut-être sa confidente. Ou, si elle ne l’est pas (car Bernard-Henri Lévy, j’en sais quelque chose, est un homme qui ne se livre guère) c’est à elle que, depuis un temps quasi immémorial, il dicte chaque matin ce fameux Journal « warholien » qui fait fantasmer tant de journalistes. Et c’est elle qui est, surtout, le pivot du dispositif « testamentaire » que Bernard-Henri Lévy raconte à Michel Houellebecq dans « Ennemis Publics » et qui prévoit, en cas d’accident, la destruction immédiate du document. Bernard-Henri Lévy tient à ce journal. Il l’a souvent dit : c’est lui qui servira de base à ses futurs romans. C’est lui qui, s’il les écrit un jour, formera la matière première de ses Mémoires. Et c’est donc elle Joëlle Habert qui en est la romanesque gardienne.
J’ajoute une dernière chose que je suis, là encore, payée pour savoir : elle est, depuis ce temps-là, et aujourd’hui plus que jamais, la gardienne absolue de l’emploi du temps de Bernard-Henri Lévy : combien de rendez-vous ne m’a-t-elle pas arrangés ! combien de passages éclairs à Paris où il fallait absolument que je le voie et où elle accomplissait le miracle de me faire une petite place dans son emploi du temps ! et malheur à qui prétend aller directement à Bernard sans passer par elle – la confiance que Bernard a en elle est telle que le pauvre, ou la pauvre n’aura, du coup, plus aucune chance et n’aura plus de rendez-vous du tout ! Joëlle Habert a parfois, de ce fait, une réputation de cerbère qu’elle ne mérite pas. Car je sais, moi, que c’est la meilleure des personnes. Et je sais ce que ce site lui doit : ne serait-ce qu’à cause de la masse de documents, photos, vidéos anciennes, textes de jeunesse qu’elle a archivés au fil des décennies et dont, Bernard-Henri Lévy ne conservant rien et étant, comme Sartre, si totalement projeté vers le futur qu’il « brûle » inlassablement son passé, elle est l’unique détentrice.
Liliane Lazar.

(c) Jacques Graf


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