Le 18 mai 2003…

Benny Lévy rendait hommage à Bernard-Henri Lévy.

BENNY LEVY
Ai-je besoin de dire la place qu’a occupée, dans la vie de Bernard-Henri Lévy, son ami Benny Lévy ? Ne serait-ce que dans son dernier livre, Pièces d’identité , il y a au moins cinq textes qui lui rendent un hommage passionné et vibrant. Et l’on sait comment Le Siècle de Sartre se terminait sur une analyse de la relation de Sartre et de Benny Lévy qui, allant contre l’opinion dominante, rendait à ce dernier un hommage magnifique. Eh bien cela ne donne que plus de prix, à mes yeux, à la petite vidéo que voici. La scène se passe à Jérusalem. Bernard-Henri Lévy a été invité à parler de Daniel Pearl. Le grand historien Robert Wistrich, patron du Vidal Sassoon Center, préside la séance. Et voici que Benny Lévy, peu de temps donc avant sa mort, se lève, monte à la tribune et nous dit ce qu’il pense de son glorieux cadet et comment il le voit. Regardez.
Liliane Lazar.


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2 commentaires

  • Asermourt dit :

    Rabbi Benny est arrivé tellement vite derrière le pupitre, que j’ai cru avoir assisté à un saut de Planck. Il évoque la sanctification du Nom, se substituant à la malédiction du nom à laquelle l’antisémite négationniste aurait souhaité réduire son irréductible rival :

    « Mon père est juif, ma mère est juive, je suis juif. (Daniel Pearl)»

    Étymologiquement formé pour sacrifier sa chair à la parole qui le fit d’elle, Rabbi Béa’h’Él a dit : « Un Juif qui se fait gloire devant ses assassins de ce dont on voudrait lui faire honte ». Le grand témoignage de l’auteur du Qui a tué Daniel Pearl? bouleverse au point le plus central. Ce qu’il fait là avec la victime de cet antisémitisme de quatrième génération, a quelque chose de ce que Lanzmann accomplit avec son Shoah. Un grand reportage obéissant à un grand commandement. Rabbi Benny est un amora dont on ne sait plus très bien si ce qu’il dit est ce qu’a dit un autre ou si ce qui se dit par un autre est ce qu’il a dit, il passe ou il est passé, je ne sais plus très bien, nous avions rendez-vous place Saint-Michel ce samedi à 10 heures moins 10, je l’attendais adossé à la barricade face au musée Grévin de promeneurs à l’arrêt, les époussetant de l’œil, leur trottant sur la tête jusqu’à l’autre bord d’où je sautai sur le trottoir d’en face, puis sur le quai, puis sur le pont… personne en vue! À part Rabbi Benny, à dix mètres de moi, et à trente centimètres en deux ou trois pas, qui est déjà en train de remonter le boulevard alors que je n’ai pas fini de lui rendre son salut. Je commence à me demander si je ne rêve pas, si c’est bien lui ou un autre qui se ferait passer pour le roi trépassé. Mais je reconnais tout de suite la mélodie très écrite de ses mots, car Rabbi Benny est un oralisateur de l’écriture, un sage qui écrit tout haut, et l’on identifie ses vocalises pleines et déliées par autant de points de concordance qu’un graphologue en décèle dans les constellations d’encre. Chaque fois qu’il acquiesce à l’une de mes relances d’un roulement de « C’est évident! », qu’il fait suivre d’un silence dont je ne sais jamais si c’est à moi ou à lui de le rompre, j’ai ma réponse, et je sais que je peux poursuivre ma promenade avec lui dans le quartier latin, sans passer pour un fou. Car à l’instar des amoraïm, Benny Lévy demeure ce point central du « désir » prolongé par le soulèvement au ralenti d’un « i » désirant retarder le plus longtemps possible sa redescente au sol de la phrase, ce point central identique en tout points aux points de la circonférence de la sphère parménidienne, et dont la différence strictement topologique si elle est prise en un sens logologique, nous exhorte comme le suggéra Le meurtre du pasteur, à en « surmonter la diaphora » sans pourtant en passer par le mensonge démocratique de l’« in-différence au point central ». Bien davantage que ne l’eût jamais fait Benny Lévy avec ceux qui eurent le bonheur de le rire après le 28 août 1945, le privilège de le pleurer après le 15 octobre 2003, c’est le dialogue avec Rabbi Benny qui découvre à présent l’essence même du judaïsme.

  • Sonia dit :

    De la lecture de votre site on en retire la certitude que BHL est le successeur éclatant de Sartre.

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