Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Son actualité

Le 15 juin 1993…

… le futur auteur de  » Bosna!  » rencontrait le pape Jean-Paul II.
bhl pape (c) l'Osservatore Romano Arturo Mari

On est au plus fort de la guerre de Bosnie et du massacre des civils de Sarajevo par les milices serbes massées sur les collines. Bernard-Henri Lévy, en désespoir de cause, organise une  » exfiltration  » puis une  » tournée européenne  » pour le président bosniaque Alija Izetbegovic. Au cœur de cette tournée, cette rencontre – au Vatican – avec le pape.

Je trouve, personnellement, cette photo tout à fait extraordinaire.
Liliane Lazar

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Commentaire de Bernard-Henri Lévy dans «  Le Lys et la Cendre « , son journal de la guerre de Bosnie :

« Dans la pompe du Vatican, sous les fresques des peintres de la Renaissance, dans la bibliothèque privée du successeur de saint Pierre, la rencontre de ce musulman, Président d’un pays multiconfessionnel où vivaient et, parfois, vivent en harmonie catholiques, musulmans, juifs et orthodoxes avec le chef spirituel d’un milliard d’hommes. Ils ne parlent guère de Dieu. Mais ils parlent du Mal. «L’humanité saigne en Bosnie, dit le Président. Sarajevo est, aujourd’hui, la capitale mondiale de la douleur. Venez, Saint-Père, à  Sarajevo. » Et le Saint-Père, ce Polonais qui est allé s’incliner devant le Mémorial au ghetto de Varsovie, cet homme de foi et de combat qui s’est rendu sur tous les fronts de la misère, se tait, se recueille quelques secondes – et, d’une voix sourde, répond: «peut-être, oui, j’irai un jour à Sarajevo.»

Un commentaire »

  1. Cette photo, en effet, me donne le frisson.

    Commentaire par Asermourt — mercredi 30 juin 2010 @ 10:32

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