L’appel au calme lancé aux Gilets jaunes (175 signataires, dans « Le Parisien », le 7 décembre 2018)

République

Dans une tribune publiée par Le Parisien, 175 anonymes et personnalités  appellent les #Giletsjaunes à un retour au calme.

Parmi les signataires, on retrouve notamment des entrepreneurs, des journalistes, des écrivains, des chefs d’entreprise, des universitaires et des artistes dont  : Thierry Lhermitte, Bruno Masure, Sonia Rolland, Jean Veil, René Frydman et Bernard-Henri Lévy, qui plaident pour un retour au dialogue entre Gilets jaunes et exécutif.

« La France, face à l’Histoire, c’est d’abord le pays qui incarne la devise de la République : liberté, égalité, fraternité. Ce qui s’est passé samedi en a été la négation. 

 La Liberté, notamment celle de manifester son opinion, était bien celle que voulait exercer une majorité de Gilets jaunes. Mais la liberté s’arrête là où commence l’oppression pour les autres : en empêchant les commerçants de travailler, les habitants de circuler, en exerçant une contrainte sur le reste de la population, la liberté a été bafouée.

La Fraternité, c’est bien celle que voulait exprimer une majorité de Gilets jaunes et que ce mouvement aurait pu, aurait dû incarner. Mais il n’y a pas de fraternité quand on tolère, ou pire, quand on encourage la destruction de biens publics, le pillage de biens privés, l’agression physique contre les forces de l’ordre, l’offense aux symboles mêmes de la République comme la flamme du Soldat inconnu. La fraternité s’est perdue samedi dernier et il est urgent de la retrouver.

Voilà pourquoi les images de samedi ont sidéré le monde. Elles nous renvoient en miroir tout ce que nous ne sommes pas, tout ce qu’une immense majorité de nos concitoyens refuse d’être et d’incarner, non seulement vis-à-vis des autres nations mais avant tout aux yeux de nos enfants. Est-ce cela le pays dont nous sommes fiers et que nous voulons leur laisser ? Ces comportements représentent-ils les valeurs que nous souhaitons leur transmettre? Non, mille fois non.

Alors, en ce moment où chacun retient son souffle dans la perspective de ce qui pourrait arriver ce samedi, nous disons solennellement : cela doit s’arrêter et le dialogue doit prendre le relais. Le moment est venu de parler, de s’écouter, de se comprendre. Le moment est venu de retrouver le sens des mots et en même temps celui de nos responsabilités à tous et à chacun d’entre nous. Le gouvernement doit tendre la main, oui. 

 C’est au peuple qu’il reviendra de trancher, toujours, à la fin, mais dans le respect des institutions que nous nous sommes données. La force de la démocratie doit reposer sur la qualité du débat public, pas sur le rapport de forces qui résulte du chaos, de la violence urbaine et de la frénésie des réseaux sociaux. Le message qui cherche à s’exprimer derrière le mouvement social inédit des gilets jaunes existe : il doit être entendu, comme lui-même doit être capable de s’exprimer désormais par la discussion. Le temps de la protestation violente et celui du déni doivent cesser de part et d’autre pour ouvrir le temps du dialogue.

Au fond, notre priorité collective tient en un mot : respect. Respect pour ceux qui sont en situation difficile, respect pour les territoires et pour les élus locaux, respect pour les institutions de la République et pour ses valeurs, respect de nous-mêmes et de ceux qui nous sont chers. Étonnons le monde à nouveau , en lui montrant notre capacité à transformer la colère en débat , les revendications en solutions concrètes et à renouer ainsi avec ce que nous sommes, la France telle qu’en elle-même. »

http://m.leparisien.fr/economie/transformer-la-colere-en-debat-l-appel-a-la-sagesse-lance-aux-gilets-jaunes-07-12-2018-7962879.php

Photo : Place de la République, Paris, 2018 @ALBK

 


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