"La Turquie ne pourra pas rester dans l’OTAN si elle laisse tomber Kobané",Bernard-Henri Lévy (AFP, 12 octobre 2014)

kobanéParis, 12 oct 2014 (AFP) — Si la Turquie laisse « tomber la ville syrienne de Kobané aux mains de Daesh, la question de son appartenance à l’OTAN devra se poser », a déclaré dimanche à l’AFP le philosophe Bernard-Henri Lévy.

L’intellectuel français a rédigé une tribune intitulée « Dernier appel pour Kobané », qui sera publiée lundi dans le quotidien Libération et dans sept titres européens et américain.

« La position de la Turquie dans l’OTAN deviendrait problématique si elle laissait tomber Kobané », a considéré M. Lévy, interrogé par l’AFP. « Il faut le dire dans les heures qui viennent aux autorités turques ».

Les jihadistes de l’organisation Etat islamique ont envoyé dimanche des renforts vers Kobané, où les forces kurdes leur opposent une résistance farouche dans cette ville devenue aux yeux du monde le symbole de la lutte contre l’EI. Les jihadistes, plus nombreux, mieux armés, contrôlent environ 40% de la ville.

« Les forces de Daesh progressent d’heure en heure, de rue en rue. L’ultime solution est soit l’intervention de l’armée turque dans le cadre de son appartenance à l’OTAN et/ou laisser passer les milliers de combattants kurdes bloqués à la frontière alors qu’ils sont volontaires pour aller défendre la ville », estime M. Lévy.

« Mais la Turquie ne bouge pas. Elle s’abrite derrière des arguties juridiques. Elle attend la chute de la ville. Si Kobané tombe, le gouvernement turc devra en être tenu pour directement responsable », déclare le philosophe.

« La Turquie est le pilier oriental de l’Alliance atlantique. C’est l’heure de vérité pour sa présence dans l’OTAN », estime-t-il.

« On ne peut pas dire que Daesh est une menace mondiale et tolérer que l’alliance militaire qui est le pivot de la riposte à Daesh soit affaiblie en son point le plus crucial par l’irresponsabilité d’Erdogan », le président turc, ajoute Bernard-Henri Lévy. « Je demande aux alliés de la Turquie au sein de l’OTAN de mettre Erdogan face à sa responsabilité ».

« Kobané est un test pour la Turquie, pour son avenir européen et son appartenance à l’Alliance atlantique », selon lui. « Je n’imagine pas qu’elle puisse rester au sein de l’Alliance atlantique si elle laisse tomber Kobané », a-t-il insisté.​


Tags : , , , , , , , , ,

Classés dans :

2 commentaires

  • robinson des isles dit :

    Mourir pour Kobané sera identique que mourir pour Madrid ou pour Varsovie au siècle dernier. La TGM (Troisième Guerre Mondiale) est en route, sans les artifices des ultimata ou des casi bellum des vieilles générations, qui avaient le sens de l’honneur et du courage, devenus de fait obsolètes. Le cancer de la tyrannie et de la barbarie, éradiqué de justesse il y a 60 ans en Europe et en Asie a repris vie dans les solitudes désertiques et rampe de nouveau à l’assaut des populations tranquilles et des démocraties endormies. Qui nous réveillera ? Qui criera l’alarme auprès des peuples assoupis ?

  • Christine Jackson dit :

    Totalement d’accord avec vous.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>