Site édité par le professeur Liliane Lazar, Hofstra University, USA

Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Son actualité

Le 12 Juillet 2010

La réaction de Bernard-Henri Lévy à la libération de Roman Polanski

POLANSKI 2bhl4Soulagement. Bonheur. La justice suisse a retrouvé le chemin du bon sens. Le droit l’a emporté. Pas le passe-droit, le droit. Pas la justice abstraite, supérieure, transcendante, etc., mais le droit tout simple auquel Roman Polanski, comme tous les justiciables, avait tout simplement droit. Pour nous, à la Règle du Jeu, c’est essentiel. De même qu’il est essentiel que le grand argument mis en avant par la ministre suisse pour refuser de céder aux injonctions de l’Opinion, c’est-à-dire de la Justice américaine, soit celui de cette fameuse déposition du procureur de l’époque, Roger Gunson, faite en février dernier, et dont Roman Polanski a révélé lui-même, ici, dans nos colonnes, et l’importance, et le fait inexplicable qu’on prétendait la tenir sous scellés. Gunson, dans cette déposition, attestait qu’un accord avait bien été conclu, il y a trente ans, entre les parties. Il attestait que Polanski, au terme de cet accord, avait été condamné à une peine de prison qu’il avait effectivement accomplie. Et il concluait donc que Polanski avait payé sa dette et se trouvait donc quitte vis a vis de la Société. C’est cet argument qui l’a emporté. C’est aussi la capacité de résistance d’un homme – Polanski – qui n’a jamais ni flanché ni douté ni cédé. Et cette victoire est aussi celle des dizaines, des centaines de milliers de citoyens qui ont fini par comprendre que la Justice, dans cette affaire, marchait sur la tête et que cela n’était pas tolérable.
Nous les connaissons, à la RDJ, ces citoyennes et ces citoyens. Ce sont eux, ce sont tous les internautes fidèles à la Revue, qui ont écouté les arguments de Roman Polanski et les ont répercutés sur la Toile. A tous, merci. Et, à Roman, bienvenue dans le monde des vrais vivants qu’il n’aurait jamais dû, ne serait-ce qu’une seconde, quitter.
Bernard-Henri Lévy

6 commentaires »

  1. Eric;
    Je partage et je comprends vos propos quant à la médiatisation de Polanski ou de quelqu’un d’autre . Mais j’insiste sur le fait que Polanski a purgé sa peine, quoi de plus ? Il y a un dysfonctionnement avéré dans ce jugement, pourquoi Polanski, doit-il être poursuivi . C’est pour cela que je dis ,poursuivons les autres connus ou pas.
    Par ailleurs, vous savez bien, cher Monsieur, que ce cinéaste n’est pas malade, il n’a pas récidivé, alors ? Mon discours aurait été différent si Polanski n’avait pas purgé sa peine .Cordialement

    Commentaire par camille — lundi 26 juillet 2010 @ 14:43

  2. Camille,
    Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites. Polanski est un personnage médiatique connu, il rayonne dans la sphère des médias et à ce titre il est porteur d’une image auprès de milliers de gens.
    Il est pour moi évident qu’un tel personnage, s’il commet un crime grave, ne peut être traité avec souplesse sous prétexte que d’autres qui auraient commis le même crime n’ont pas subit un acharnement. La Justice doit être toujours appliquée, et d’autant plus quand il s’agit d’un personnage connu. Dans le cas contraire, si on le laissait tranquille sous prétexte que ce fut le cas pour d’autres, hé bien alors ce serait une manière d’accepter de légitimer un acte criminel auprès du grand public.
    Un homme connu est porteur d’une image, je le répète. Il est d’autant plus responsable de ses actes auprès du monde qui l’observe et des très nombreuses personnes qui peuvent le considérer comme un leader.
    Cordialement.

    Commentaire par Eric — vendredi 23 juillet 2010 @ 08:36

  3. Bonsoir, Monsieur Gross . Je ne partage pas votre avis, M. Polanski a purgé sa peine, emprisonné dans un lieu destiné à ce genre de délit. La suite, c’est un dysfonctionnement averé de et par la justice américaine . Par ailleurs, Polanski n’est pas un récidiviste, c’est un drame bien sûr très regrettable, dans un contexte particulier . Je ne le connais qu’au travers de ses films , c’est un acharnement insupportable qu »il subit. Sinon, il faudrait traiter tous les pédophiles de la même façon, ne pas les lâcher !!et les rejuger sans cesse, ce qui se produit pour Polanski qui n’est pas un pédophile

    Commentaire par camille — jeudi 15 juillet 2010 @ 21:10

  4. Monsieur Polanski n’a pas purgé de peine, il est donc un coupable en fuite et intouchable. J’aurai souhaité un jugement qui le condamne sans peine et qu’on arrête de considérer Monsieur Planski pour une victime. La fillette de 13 ans en était une, la femme d’aujourd’hui l’est toujours.
    Il est triste de constater qu’aucun argument contraire ne peuts’exprimer dans votre site. Quelle belle vision et de la justice et de la liberté de pensée.
    Si BHL sort un livre, je serait dégoûté.

    Commentaire par Frédéric Gross — mardi 13 juillet 2010 @ 09:44

  5. Merci à vous BHL d’avoir soutenu jusqu’au bout Roman Polanski: j’ai fort apprécié vos arguments en faveur de Roman Polanski à la TSR1 dans l’émission de Darius Rochebin «pardonnez-moi». Merci encore pour tous vos combats désintéressés. Continuez!

    Commentaire par Béatrice — mardi 13 juillet 2010 @ 04:42

  6. Belle fidélité dans le combat, Mr Lévy… Merci à vous. Et heureuse de voir Mr Polanski libre.
    Marie

    Commentaire par Marie Steigmeier — lundi 12 juillet 2010 @ 15:19

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