"La Cabale anti-BHL, ça va comme ça! Hôtel Europe continue!" Gilles Hertzog (Le Huffington Post, le 16 octobre 2014)

96592C’est toujours la même histoire. Elle dure, lamentable, répétitive, imbécile, pauvre, depuis près de quarante ans. Ils ne se sont jamais fatigués. Remettent le couvert à chaque intervention sur la scène publique, à chaque apparition dans les médias, à chaque livre, à chaque pas, ou presque, de Bernard-Henri Lévy, l’homme qu’ils adorent haïr.

A force, BHL devrait être mort et enterré depuis longtemps.

Pas de chance, il tient bon. Il bataille, avec succès ou pas, sur tous les fronts de la politique, des droits de l’homme, des guerres immondes, des oubliés et des idées. Se fout des saloperies jetées sous ses pas. Mobilise, en faveur des causes justes de l’heure, un paquet d’honnêtes gens (« Ah, les naïfs ! »). Admoneste les puissants, les monstres froids, pourfend les défaitistes.

Et il continue de plus belle. Et cela les rend, chaque fois, un peu plus dingues, un peu plus haineux. De quel droit, ce mec se permet-il encore et encore de bouger, de parler haut et fort ? Faites-le taire, nom de Dieu ! Et quand il fait retraite, ou qu’il s’isole pour étudier, écrire ou, tout simplement, vivre, c’est l’inverse : n’en n’a rien à foutre, tour d’ivoire, salaud, s’en lave les mains.
Ils ont tout essayé, tout bavé. La chemise blanche, le look, l’argent, les femmes, l’influence, l’interventionnisme, la déliquescence de la Libye d’après Kadhafi, court-circuite les ministres des Affaires étrangères, manipule les medias. Esbroufe, ego malade, philo à deux balles, agité du bocal, résidu de 68. A gauche pour la droite ; à droite pour la gauche ; meilleur aliment pour Marine le Pen. J’en passe et des meilleures.

Là, ils viennent de ressortir l’artillerie lourde, ont enflammé le Net et ses multiples poubelles. Sa pièce, Hôtel Europe, à l’Atelier ? Un bide. S’arrête le 16 novembre. Ont prétendu avoir appelé le théâtre (qui n’a jamais été appelé). Mais peu importe. On vous dit que la salle est vide, meilleure façon de vous dissuader d’y aller et donc de la vider. La technique est vieille comme le monde, la ficelle usée jusqu’à la corde. Mais à la guerre comme à la guerre ! Et, contre Lévy, ils sont en guerre.

Manque de pot, le public fait chaque soir, absolument chaque soir, une ovation debout à Jacques Weber, seul en scène pendant deux heures. Ah, les cons ! Puisqu’on vous dit que c’est nul, deux heures à se faire chier, un exercice d’égomanie, une daube !

Manque de pot, contrairement à ce qu’ils ont écrit, puis repris sans vérifier, elle est encore à l’affiche un mois, un long mois. Loin de « s’arrêter brutalement », d’être « stoppée », ou « déprogrammée », elle va tranquillement confirmer son succès, distiller ses belles thèses, dire sa colère contre la France moisie et l’Europe gâteuse, faire rire et pleurer des spectateurs toujours aussi nombreux.

Manque de pot encore, nombre de ceux qui ont vu Hôtel Europe se mobilisent pour sa défense, pour défendre le message et l’appel à la résistance que la pièce délivre, dans ces heures noires pour l’Europe et ailleurs.

L’Europe, dont ils sont, eux, les enfants perdus, confits en ressentiment, masochistes.
Qu’ils aboient, si ça peut leur faire du bien.

Peine perdue. La caravane passe.


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2 commentaires

  • Guillaume dit :

    « elle va tranquillement confirmer son succès, distiller ses belles thèses, dire sa colère contre la France moisie et l’Europe gâteuse, faire rire et pleurer des spectateurs toujours aussi nombreux »

    Pourquoi la pièce s’arrête t-elle donc ?

  • robinson des isles dit :

    comme déjà dit de vive voix à BHL la semaine dernière : vous ignorez le nombre de gens qui sont avec vous et qui vous soutiennent. Certes, ils ne vocifèrent pas dans les rues avec des drapeaux insanes, certes ils ne brandissent pas d’anathèmes en hurlant devant des caméras. Mais ils sont là, et ils parlent autour d’eux, envoient leurs amis voir la pièce ou acheter le livre (soit dit entre nous, le deuxième texte « sur un nouvel âge sombre » retient presque plus d’attention, tant il universalise le dilemme qui devient le nôtre chaque fois que nos élus trahissent le courage et la foi qu’on attend d’eux). Ils seront là à l’appel lorsque sonnera l’heure des combats, qu’ils soient politiques, sociaux ou économiques.

    Patience et courage. Courage et patience…..

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