Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Son actualité

L’appel au secours de Jafar Panahi

Autres Archives, par Bernard-Henri Lévy, pour La Règle du Jeu

Iranian-director-Jafar-Pa-001 Jafar Panahi, le juré au festival de Cannes emprisonné à la prison d’Evin, vient de faire parvenir à Abbas Bakhtiari, directeur du centre culturel Pouya, le message suivant.
Ce message nous semble suffisamment alarmant pour que, après consultation d’Armin Arefi et des proches de Panahi, nous le mettions en ligne sans délai.
La dernière phrase de ce message glace les sangs ;  les amis de Jafar Panahi à travers le monde, ses collègues cinéastes, les membres du jury qui siègent autour de sa chaise vide, devaient en avoir connaissance sans tarder.
Bernard-Henri Lévy

Le message de Jafar Panahi

Dernière déclaration de Jafar Panahi depuis sa grève de la faim.

“Par la présente je déclare les mauvais traitements subis dans la prison d’Evin.
Samedi 15 mai 2010, les gardes de la prison sont entrés subitement dans notre cellule n° 56. Ils nous ont emmené, moi et mes camarades de cellules, nous ont dénudé et gardé dans le froid pendant une heure et demie.
Dimanche matin, ils m’ont emmené dans la salle d’interrogatoire et m’ont accusé d’avoir filmé l’intérieur de ma cellule, ce qui est complètement faux. Ils ont par la suite menacé d’emprisonner ma famille à Evin et de maltraiter ma fille dans une prison insécurisée dans la ville de Rejayi Shahr.
Je n’ai rien bu ni mangé depuis dimanche matin, et je déclare que si mes volontés ne sont pas respectées, je continuerai mes instants sans boire ni manger. Je ne veux pas être un rat de laboratoire, victime de leurs jeux malsains, menacé et torturé psychologiquement.
Mes volontés sont :
- La possibilité de contacter et de voir ma famille, et l’assurance totale de leur sécurité.
- Le droit d’avoir et de communiquer avec un avocat, après 77 jours d’emprisonnement.
- Une liberté sans condition jusqu’au jour de mon jugement et du verdict final.
- Enfin, je jure sur le cinéma, auquel je crois : je ne cesserai ma grève qu’une fois mes volontés assouvies.
Ma dernière volonté est que ma dépouille soit rendue à ma famille pour qu’elle puisse m’enterrer où elle le souhaite.”

Jafar Panahi

Un commentaire »

  1. SOLIDARITE ET liberte pour Msieur PANAHI comme pour Msieur POLANSKI.
    SOLIDARITE AUSSI POUR SAMANTHA GEIMER QUI NE VEUT PAS QUE CE PROCES CONTRE MSIEUR POLANSKI CONTINUE.
    Notre souhait.CONTACTEZ NOUS PER emaIL TRES PROCHAINEMENT
    TRES ENGAGEEES

    KYTHEREIA KYPRIS
    the INTERCULTURAL TEAM OF WOMEN IN THES ARTS7 ATHENS BERLIN

    Commentaire par KYTHEREIA KYPRIS PAINTteam — jeudi 20 mai 2010 @ 23:03

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