Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Son actualité

L’Iran au cœur, par Renaud Revel (l’Express.fr, le 28 janvier 2011)

L’express, pour l'Express.fr

96592L’écrivain et directeur de la revue La Règle du Jeu, Et Bernard-Henri Lévy, n’en a apparemment pas fini avec sa croisade contre l’Iran d’Ahmadinejad.
Outre l’affaire Sakineh qui suit son triste cours, mais que la mobilisation de Bhl et de ses amis a peut-être empêchée de se résoudre dans la lapidation programmée, la revue est à l’origine de la mobilisation en faveur de Jafar Panahi, ce cinéaste iranien de grand talent qui fut emprisonné au printemps 2010 à l’époque où le régime voulait l’empêcher de siéger au jury du Festival de Cannes et qui  vient d’être à nouveau condamné à six ans de prison ferme et à vingt ans d’interdiction d’exercer son métier de réalisateur.

Son crime? Selon le tribunal révolutionnaire, Jafar Panahi serait coupable de « participation à des rassemblements contre la sécurité nationale » et de « propagande contre le régime »…

La première fois déjà, au mois de mai 2010, lors de la descente aux enfers que furent les deux mois de la première incarcération du cinéaste, c’est La Règle du Jeu qui, avec Abbas Bakhtiari, patron du centre culturel iranien Pouya, avait pris la tête du mouvement de solidarité.

C’est elle qui avait réceptionné l’émouvante lettre qu’il avait écrite depuis sa cellule et confiée à sa famille.

Et c’est toujours elle,  La Règle du jeu, qui avait transmis la lettre à Frédéric Mitterrand, afin que celui-ci la lise en haut des marches du Festival de Cannes, suscitant ainsi l’émoi du monde entier.

La mobilisation internationale et le versement d’une caution de 150 000 euros avaient permis que Panahi puisse attendre son procès en liberté.

Sept mois plus tard, le 20 décembre 2010, Bernard-Henri Lévy et les autres soutiens du réalisateur apprennent avec stupeur qu’il a finalement été condamné à une peine à la fois lourde et absurde (six ans de prison, vingt ans de bâillon). Et c’est à nouveau la Règle du Jeu qui, en liaison étroite avec le monde du cinéma (Festival de Cannes, Cinémathèque),  est à l’origine du mouvement de  solidarité.

C’est ainsi que, ce mardi 1er février, à 20h30, la revue, en association avec le magazine Transfuge et le cinéma La Pagode, organise une soirée de soutien qui comptera, non seulement avec les interventions de Bernard-Henri Lévy, mais  avec celles d’Amos Gitai, Serge Toubiana, Agnès Varda, Mohsen Makhmalbaf, Jane Birkin, Yann Moix, Michel Piccoli, Nicole Garcia, Armin Arefi, Maria de França, Romain Goupil ou , …« Il est inconcevable, clame BHL,  que Jafar Panahi passe les six prochaines années de sa vie derrière les barreaux de la prison politique d’Evin ».

La revue n’oubliera pas non plus les autres cinéastes qui ont également été condamnés en Iran. Elle va, lors de cette soirée de soutien, rappeler les cas de Mahamad Rasoulof, condamné à six années de prison ferme pour avoir participé au dernier projet de Jafar Panahi, ainsi que celui de   Mohammad Nourizad, actuellement en prison pour des raisons du même type.

Renaud Revel

Précisons que le débat sera précédé par la projection du dernier film de Panahi,”HORS JEU” (Grand Prix du Jury Berlin 2006).

Cinéma La Pagode
57 bis, rue de Babylone à Paris
Métro : Saint-François-Xavier
Réservations : 01 46 34 82 54/01 45 44 98 74

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