Jean-Marie Colombani

Jean-Marie Colombani


Journaliste et essayiste français. Ancien directeur du Monde. Co-fondateur et directeur de publication du magazine en ligne Slate.fr.

Les dates-clef de Jean-Marie Colombani

1948 : naissance de Jean-Marie Colombani à Dakar.
1973 : Jean-Marie Colombani entre à l’ORTF, puis au bureau de FR3 à Nouméa (Nouvelle-Calédonie), dont il est remercié à la suite de reportages sur les indépendantistes kanaks.
1977 : Jean-Marie Colombani entre au Monde comme rédacteur au service politique.
1983 : chef du service politique.
1990 : rédacteur en chef.
1991 : adjoint au directeur de la rédaction.
1994 : suite à la démission de Jacques Lesourne, Jean-Marie Colombani est élu président du directoire de la SA Le Monde et directeur du journal Le Monde.
2000 : réélu pour un nouveau mandat ; Jean-Marie Colombani engage le journal dans la construction d’un groupe de presse, le groupe La Vie-Le Monde qui parvient, notamment, à se rapprocher du groupe Midi Libre et des Publications de la vie catholique (La Vie, Télérama…).
2007 : le vote des membres de la société des rédacteurs du Monde portant sur un troisième mandat de Jean-Marie Colombani à la tête du directoire du groupe est négatif ; Colombani quitte Le Monde.
2008 : Jean-Marie Colombani remet au président de la République un rapport sur l’adoption parentale en France
2009 : épaulé par deux autres anciens journalistes du Monde, Eric Leser et Eric Le Boucher, Jean-Marie Colombani lance la version française du site d’informations américain Slate.

Les oeuvres-clef de Jean-Marie Colombani

Contradictions, entretiens avec Anicet Le Pors, Messidor, 1984
L’utopie calédonienne, Denoël, 1985
Portrait du président ou le monarque imaginaire, Gallimard, 1985
Le mariage blanc, en collaboration avec Jean-Yves Lhomeau, Grasset, 1986
La France sans Mitterrand, Flammarion, 1992
La gauche survivra-t-elle aux socialistes ?, Flammarion, 1994
Le double septennat de François Mitterrand, en collaboration avec Hugues Portelli, Grasset, 1995
De la France en général et de ses dirigeants en particulier, Plon, 1996
Le Résident de la République, Stock, 1998
La Cinquième ou la République des phratries, en collaboration avec Georgette Elgey, Fayard, 1999
Les Infortunes de la République, Grasset, 2000
Tous Américains ? Le Monde après le 11 septembre 2001, Grasset, 2002
France-Amérique : Déliaisons Dangereuses, en collaboration avec Walter Wells, Jacob-Duvernet, 2004
Au fil du Monde, Plon, 2007
Rapport sur l’Adoption, La Documentation Française, Mars 2008
Un Américain à Paris, Plon, 2008

Jean-Marie Colombani et Bernard-Henri Lévy

En 1997, au lendemain de son film Le Jour et la Nuit, et alors que Bernard-Henri Lévy se trouve en difficulté, c’est Jean-Marie Colombani qui lui offre de collaborer au Monde en donnant, au rythme qu’il voudra, et selon son inspiration, des « grands reportages ». L’idée, pour Jean-Marie Colombani, est d’ajouter son nom à la liste de grandes signatures qu’il associe alors au Monde et qui compte déjà des noms aussi différents que ceux d’Alexandre Adler, Jean-Claude Casanova ou Philippe Sollers. Pour Bernard-Henri Lévy, l’enjeu est de mettre ses pas dans ceux d’aînés qu’il admire : Joseph Kessel, André Malraux, Curzio Malaparte. Suivront deux reportages sur l’Algérie. Une autre série sur l’Allemagne. Puis la rencontre-portrait avec Massoud de 1998. La longue série sur les « guerres oubliées » qui sera reprise et amplifiée dans Réflexions sur la guerre, le Mal et la Fin de l’Histoire. Le reportage sur la frontière nord d’Israël au premier jour de la guerre du Liban. D’autres textes encore, chaque fois voulus par Colombani, et qui font, aujourd’hui, partie intégrante de l’œuvre de Lévy. A noter que, quand Pierre Péan et Philippe Cohen publieront leur livre à charge, La Face cachée du Monde, Bernard-Henri Lévy volera au secours de son ami en donnant à la Règle du Jeu une longue analyse sur les enjeux de cette polémique. Quand, fin 2009, Bernard-Henri Lévy quitte El Mundo pour rejoindre El Pais, il semble que ce soit Jean-Marie Colombani qui fasse se rencontrer Bernard-Henri Lévy et Jose-Luis Cebrian, le fondateur du Pais et l’un des artisans les plus glorieux de la transition démocratique en Espagne. Ajoutons enfin que Bernard-Henri Lévy semble avoir noué, au fil de l’année 2009, un partenariat intellectuel avec Slate.fr . Quand il prononce à la Villa Medicis à Rome un discours sur le tremblement de terre des Abruzzes c’est à Slate qu’il le donne. De même pour sa dernière intervention dans la bataille de l’Unesco qui verra la défaite de l’Egyptien Farouk Hosni.

Citations de Bernard-Henri Lévy sur Jean-Marie Colombani

« Il fallait un romancier pour raconteur tout cela. Jean-Marie Colombani est, dans ce livre, ce romancier » (A propos de Jean-Marie Colombani, Le Résident de la République, article paru dans le JDD du 15 février 1998, repris dans Récidives, Grasset, 2004, p.944)
« L’on ne saurait être à la fois patron d’un groupe médiatique et directeur de la rédaction ? Quelle erreur ! Colombani réussit au contraire très bien cette combinaison. Est-ce que ce n’est pas, d’ailleurs, l’esprit du Monde ? N’est-ce pas, sinon le secret, du moins l’un des secrets, à la fois de son indépendance, et de son succès toujours pas démenti ? Et est-ce qu’il n’est pas surtout, non seulement normal, mais inévitable que l’homme qui a fabriqué le groupe en question en ait la pleine charge ? » (Entretien avec Olivier Bouchara, Médias, avril 2006).
« C’est rare un article qui fait date. Or c’est le cas du  » Tous Américains  » que publia Colombani au lendemain de l’attaque contre les Twin Towers. Il y a eu, dans le débat intellectuel français, un avant et un après cet article ». (National Public Radio, Michael Feldman’s Whad’Ya Know?, 4 mars 2006).

Citations de Jean-Marie Colombani sur Bernard-Henri Lévy

« Tout bien considéré, vous n’avez jamais soutenu, depuis votre apparition médiatique, une seule mauvaise cause » (De la France en général et de ses dirigeants en particulier, Plon, 1995, p 143)
« Bien peu peuvent se prévaloir du palmarès d’engagement qui est le votre, et qui est largement comparable, et certainement moins contestable, que ceux des Jean-Paul Sartre, Michel Foucault, ou le Régis Debray d’il y a vingt ans ». (Id., p. 145).
« C’est quelqu’un qui est à part, par la force de sa personnalité et de son caractère. Moi, c’est quelqu’un qui me frappe par son extraordinaire courage. […] C’est quelqu’un qui a une valeur inestimable parce que, au contraire de beaucoup de ses confrères intellectuels, il ne s’est pas ou peu trompé. » (Extrait de l’émission « Vivement dimanche» de Michel Drucker, France 2, 11 novembre 2001).


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