Jacques Lacan

Jacques Lacan

Médecin et psychanalyste

Les dates-clefs de Jacques Lacan

13 avril 1901 : Naissance de Jacques Lacan à Paris.
1907 : Il entre comme externe au lycée Stanislas, dont la devise est « Français sans peur, chrétien sans reproche » : il y fera toutes ses études primaires et secondaires.
1917-1918 : Jacques Lacan est très influencé par son professeur de philosophie, Jean Baruzi, qui l’initie à Spinoza et l’ouvre à une critique rationnelle de la religion. A partir de 1918, il fréquente la librairie d’Adrienne Monnier, où il rencontrera  André Breton et Philippe Soupault, ainsi que celle de Sylvia Beach, où il entendra la première lecture de l’Ulysse de James Joyce.
1923 : Il renonce finalement à une carrière politique pour se consacrer à la médecine.
1926 : Lacan fait sa première présentation de malade à la Société neurologique de Paris.
1927-1931 : Il se spécialise en psychiatrie. En 1931, un an après la parution, dans le numéro 1 du Surréalisme au service de la Révolution, de l’article de Salvador Dali sur la paranoïa, L’Ane pourri, qui l’a marqué, il publie, dans La Semaine des hôpitaux de Paris, son premier texte doctrinal : Structures des psychoses paranoïaques.
1932 : Il devient membre adhérent de la Société psychanalytique de Paris (SPP) et soutient sa thèse de doctorat, De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité, où il étudie le cas d’«  Aimée » (en réalité Marguerite Pantaine, future Mme Anzieu), une postière qui a tenté de poignarder Huguette Duflos, sous le prétexte que l’actrice, aidée du romancier Pierre Benoit, lui « volait » sa vie.
1933 : Lacan rencontre « Malou » Blondin, qu’il épousera l’année suivante.
1934 : Il décide d’exercer la psychanalyse en privé. Il contribue  au renouveau des études hégéliennes en suivant le séminaire d’Alexandre Kojève et en participant aux réunions de la revue Recherches philosophiques. Il  rencontre l’un de ses fondateurs, Alexandre Koyré, et noue amitié avec l’un de ses rédacteurs, Georges Bataille.
1936 : Il commence une analyse auprès de Rudolph Loewenstein. Tout en prônant un « retour à Freud », il s’oppose à l’ « ego-psychology » représentée par Anna Freud et, précisément, Loewenstein. Il développe la notion de « stade du miroir » empruntée à Henri Wallon. Il annonce du même coup  un profond renouvellement de la théorie psychanalytique.
1938 : Malgré son engagement à continuer son analyse avec Loewenstein, il l’interrompt dès qu’il est promu titulaire de la Société psychanalytique de Paris. Son article sur la famille – véritable hommage à Freud, « inventeur » du complexe d’Œdipe – est intégré  dans le volume VIII de L’Encyclopédie française dirigée par Lucien Febvre.  Il tombe amoureux de Sylvia Bataille, qui s’est séparée de son mari.
1939 : Lacan est mobilisé comme médecin auxiliaire, d’abord dans le service de psychiatrie de l’hôpital militaire du Val de Grâce, puis, l’année suivante, à  l’hôpital des Franciscains de Pau.
1941  : En décembre, il divorce de « Malou », alors qu’en juillet, Sylvia Bataille a mis
au monde leur fille Judith.
1949 : Didier Anzieu, le fils d’ « Aimée », commence une analyse avec Lacan ( il deviendra lui-même psychanalyste). Rencontre de Lacan avec Claude Lévi-Strauss et Mélanie Klein – deux personnalités dont il se sent proche intellectuellement.
1951 : Lacan reçoit un avertissement de la SPP pour cause de « séances courtes ».
1953 : Il s’éloigne de l’hégélianisme et se rapproche du structuralisme (il instaure une topique composée des trois termes : Réel, Symbolique, Imaginaire). Il démissionne de la SPP, notamment à cause de la polémique sur les séances à durée variable, et rejoint la Société française de psychanalyse, qui vient d’être fondée par Daniel Lagache. Il est exclu de l’IPA (International Psychoanalytical Association). Il se remarie avec Sylvia ex-Bataille.
1955 : En compagnie de Jean Beaufret, il rencontre Martin Heidegger à Fribourg.
1963 : Début de la correspondance entre Lacan et Louis Althusser.
1964 : Début du séminaire de Lacan à l’ENS.Jacques-Alain Miller, élève d’Althusser, donne une interprétation de l’œuvre de Lacan tandis que celui-ci fonde l’Ecole freudienne de Paris et opère un virage vers les sciences exactes.
1969  : Lacan introduit « la passe », pratique expérimentale destinée à habiliter un psychanalyste de l’EFP. Il est exclu de l’ENS.
1971 : Le mot mathème apparaît pour la première fois dans le discours que Lacan tient le 4 novembre à l’hôpital Sainte-Anne.
1972 : Le 9 février, lors d’une séance du séminaire « …ou pire », Lacan parle pour la première fois du nœud borroméen.
1974 : Jacques-Alain Miller reprend en mains, au nom de Lacan, le département de psychanalyse de Paris VIII (Vincennes).
9 septembre 1981 : Mort de Jacques Lacan, à Paris, des suites d’une insuffisance rénale.

Les œuvres-clefs de Jacques Lacan

De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité, thèse de doctorat en médecine, 1932, rééditée en 1975 aux Editions du Seuil
Ecrits, 1966, Le Seuil, réédition en 1999
Autres écrits, Le Seuil, posthume, 2001
Paradoxes de Lacan, collection dirigée par Jacques-Alain Miller, 2005, Le Seuil
Le Séminaire, 1998-2011, Le Seuil

Jacques Lacan et Bernard-Henri Lévy

Rappelons que Bernard-Henri Lévy a écrit, dans Pour une charte de la psychanalyse (2003), repris dans Récidives, qu’il « a pu, un jour, oser commencer de philosopher grâce au texte de Freud, ainsi qu’à sa relecture, sa redécouverte par Jacques Lacan ». C’est lors de ses années de khâgne et d’hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand qu’il découvre le séminaire de Lacan à l’ENS. Il fait partie du service d’ordre qui, en 1971, tente de s’opposer à l’expulsion manu militari de Lacan. Lacan est présent, même s’il y est très peu nommé, dans La Barbarie à visage humain, notamment derrière la notion de Maître, qui « a toujours raison parce qu’il est l’autre nom du Monde ». Y transpercent aussi la pensée de Lacan comme théorie structurale du langage et du désir, ainsi que son pessimisme « à l’endroit de toutes les lois de l’histoire ». Rien d’étonnant, donc, à ce que BHL ait soutenu ses amis de l’Ecole freudienne dans leur combat, d’abord contre l’amendement Accoyer, voté en 2003 à l’Assemblée nationale (voir à ce sujet notre fiche wikibhl sur Freud), ensuite contre l’idéologie « cognitiviste » dont les prétentions « scientifiques » et l’appel à des  « techniciens de l’âme » relèvent d’un « fétichisme du chiffre » et ne sont qu’une grimace des sciences exactes que Lacan voulait « suturer » au sort de la psychanalyse.

Citations de Bernard-Henri Lévy sur Jacques Lacan

« La science, la vraie, est affaire de poème, oui, je dis bien de poème, autant que de mathème et de théorème.
(…)
Cette science dont je vous parle, et dont parlait Canguilhem avec un brio inégalé, c’est celle qu’invoque  Isidore Ducasse, comte de Lautréamont, dans son ode aux « mathématiques sévères » dont les « savantes leçons » sont « plus douces que le miel » et semblables à une « onde rafraîchissante » qui vous entraîne « vers la voûte sphérique des cieux ».
C’est celle à laquelle songe Lacan quand il s’intéresse à Cantor, à Gödel, à Soury le suicidé, à Guilbaud, et quand, avec eux, après eux, dans leur langue qui est devenue la sienne, il s’intéresse à l’image du ruban de Möbius et y trouve le levier qui lui permet de soulever, sinon le monde, du moins la chape que font peser, sur la définition du sujet, tous les siècles de métaphysique avec leurs oppositions binaires entre l’intime et l’extime, le dedans et le dehors.
C’est celle qu’il a en tête quand, à la toute fin, dans un moment de sa pensée trop souvent sous-estimé, il nous livre, lui aussi, sur fond de « mathématiques sévères » et « rafraîchissantes » , son «testament borroméen » et ses trois, puis quatre « nœuds » du même nom – et c’est celle, par parenthèse, qu’avait déjà en tête son contemporain et ami Roman Jakobson quand il reconnaissait des « affinités fondamentales », des « convergences », entre les arts, les sciences de la nature et la nouvelle science linguistique dont il était, après Saussure, le continuateur fécond. » (Contre la « politique de civilisation », vive l’axe Lacan-Canguilhem- Lautréamont, in : Pièces d’identité, p.632-633)


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