Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

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Isabelle Huppert écrit à Sakineh

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Isabelle Huppert 1Chaque jour, une lettre pour sauver Sakineh.
« La Règle du jeu », « Libération » et « Elle » publient quotidiennement des lettres pour Sakineh. Suite à la tribune cosignée, le 15 aout dernier, par Bernard-Henri Lévy et dix-sept autres écrivains, artistes ou responsables politiques et publiée par « La Règle du jeu » et « Libération », la mobilisation continue pour la jeune iranienne condamnée à mort par lapidation. Aujourd’hui une lettre de Isabelle Huppert.

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Chère Sakineh,
En principe une lettre est écrite pour être lue par son destinataire.
On aimerait être sûr que toutes celles écrites pour vous le soient. On peut craindre que non. On me dit et on m’assure quelles le sont par vos enfants.
On aimerait qu’elles ne restent pas lettres mortes.
Puissent ces mots, ces mots enragés, scandalisés, abasourdis, vous arrivent dans le silence insupportable des murs qui vous séparent de nous et du monde.
Puissent-ils vous apporter à vous et à vos enfants un peu de douceur et d’espoir dans le cauchemar que vous vivez.
Puissent-ils surtout vous sauver.
Résistez Sakineh, je vous en prie.

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2 commentaires »

  1. En espérant que toutes nos signatures feront plier la justice iranienne si on peut appeler ça une justice…

    Commentaire par Anne VIVIER — vendredi 3 septembre 2010 @ 18:29

  2. Puissent tous ces mots atteindre leur objectif : vous sentir vivante et libre .

    Commentaire par Diadème — vendredi 3 septembre 2010 @ 16:43

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