Iran : Une jeune femme battue, violée puis exécutée par le régime

ZEINAB

Zeinab Sekaanvand

 

Zeinab Sekaanvand, une jeune Kurde iranienne de 24 ans, a été exécutée dans la matinée du 2 octobre 2018 à la prison centrale d’Urumieh, en Iran .

« Une femme victime de viols et de torture et condamnée à mort en Iran pour avoir tué son mari lorsqu’elle avait 17 ans sur la base d’aveux extorqués « , a confirmé l’organisation Amnesty International.

 

La condamnation se base sur des aveux obtenus sous la contrainte et concernant des faits survenus alors que cette dernière n’avait que 17 ans. 

Zeinab Sekaanvand a été condamnée à mort en octobre 2014 au titre de la qisas (« réparation ») à l’issue d’un procès inique devant une cour pénale de la province de l’Azerbaïdjan occidental, qui l’a reconnue coupable du meurtre de son mari.

Arrêtée en février 2012 dans un poste de police où elle avait « avoué » sous contrainte avoir tué son époux,  Zeinab Sekaanvand avait été détenue dans ce poste pendant 20 jours, durant lesquels cette dernière avait affirmé par la suite avoir été torturée en étant frappée sur tout le corps par des policiers.

 

Domestic violence victim, a young woman being hurt

© getty.

 

Zeinab Sekaanvand avait « avoué » avoir poignardé son mari après avoir subi pendant des mois violences physiques et injures, et après que celui-ci a refusé ses demandes de divorce. Elle n’a pu bénéficier des services d’un avocat commis d’office que lors de sa dernière audience, durant laquelle elle est revenue sur ses « aveux », en déclarant au juge que c’était le frère de son époux, un homme qui l’aurait violée à plusieurs reprises, qui avait commis le meurtre. Selon elle, il lui aurait dit que si elle acceptait d’en assumer la responsabilité, il lui accorderait le pardon (en vertu du droit islamique, les proches d’une victime de meurtre ont le pouvoir de pardonner le coupable et d’accepter une indemnisation financière à la place).

Le tribunal n’a jamais enquêté sur les déclarations de Zeinab Sekaanvand, et ne s’est basé que sur les premiers « aveux » sans qu’un avocat ne soit présent pour prononcer la peine capitale.

Son exécution est une démonstration écoeurante du mépris des autorités iraniennes pour les principes du droit des mineurs, et des femmes.

Pour Amnesty International : « Il semble que les autorités iraniennes programment de plus en plus dans un délai très court les exécutions de condamnés qui étaient mineurs au moment des faits qui leur sont reprochés afin de gêner d’éventuelles interventions publiques ou privées. Nous sommes horrifiés par leur recours persistant à la peine de mort contre des personnes qui n’avaient pas 18 ans au moment des faits, en violation du droit international relatif aux droits humains. »

Bernard-Henri Lévy s’est exprimé sur les réseaux sociaux à propos de ce drame :

« Mariée de force à 15 ans, violée et torturée par son mari, accusée de l’avoir assassiné sur la base d’aveux extorqués, Zeinab Sekaanvand, 24 ans, vient d’être exécutée, ce matin, à la prison centrale d’Urumieh, en Iran.

Honte aux meurtriers galonnés qui ont commis cela.

Honte au régime assassin qui a permis cela. »

 

Capture d’écran 2018-10-03 à 14.58.09

@bernardhenrilevy

 

ALBK


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