Interview de Bernard-Henri Lévy par Marie-Céline Nivière ( Le Pariscope, semaine du 10 au 16 septembre)

BHL Portrait1 - by Justin WuPourquoi avoir choisi le théâtre ?

Parce qu’il est un art qui s’adresse à tout le monde. C’est la seule manière que je connaisse. C’est comme cela, des « Mystères » du Moyen Age à Jean Vilar.

C’est l’histoire d’un homme qui a mal à l’Europe, à ce monde construit sur des guerres, sur les illusions des lendemains qui chantent…

C’est surtout un homme qui sait que l’Europe est la plus belle civilisation du monde. Cette civilisation est en péril et il lance un cri d’alarme. Il dit des choses sur la beauté de ce continent qui est aussi celui de l’amour. Il y a une conception, une pratique des sentiments amoureux propre à l’Europe, à ses
villes. Même dans ses colères, ce texte parle d’amour, de passion. C’est une pièce romantique.

Et cet homme fait aussi son bilan…

Oui, mais en même temps il se projette dans l’avenir, car il ne veut pas que
sa civilisation meure. Il se rebelle contre l’idée que ce monde qui a enfanté
tant d’artistes, de beautés, de grands hommes, puisse disparaître. C’est un texte d’espérance.

Avec ce monologue vous jouez sur le « mentir vrai »…

Tout ce qui est de l’ordre du vécu est véridique. La mort de l’ambassadrice américaine, Pamela Harriman, l’histoire de Jacqueline Delubac et François Mitterrand au théâtre de l’Atelier, les visages des femmes qui traversent cette pièce, tout cela est vrai. Et les combats politiques sont les miens

Pourquoi avoir choisi Jacques Weber ?

Pour le choix du comédien, il y avait plusieurs conditions. D’abord, il fallait un grand acteur, une vedette que tous les amateurs de théâtre connaissent et aiment. Ce qui est le cas de Jacques. Quelqu’un pour qui le métier n’est pas un problème, n’ayant aucune espèce de difficulté avec la technique. Jacques est un Stradivarius. Un acteur dont le corps a gardé la mémoire du très grand théâtre. Or Jacques possède encore cela. Cet artiste qui a incarné Dom Juan, le Misanthrope, Cyrano est pour moi un trésor vivant. Il fallait aussi une personne avec qui je pouvais échanger, partager les mêmes valeurs, possédant la même idée de l’homme. Il devait être à la fois quelqu’un de proche et d’éloigné de moi. C’est sur les conseils de mon gendre, le comédien Patrick Mille, que je l’ai rencontré. Dès qu’il est entré dans mon bureau, j’ai su que c’était lui.

Maire-Céline Nivière

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