"Hôtel Europe", une pièce de Bernard-Henri Lévy mise en scène par Dino Mustafic avec Jacques Weber

HôtelEuropeteaserL’action se déroule le 27 juin 2014, à Sarajevo, en pleine cérémonie de commémoration du déclenchement de la guerre de 1914. Un homme, sans doute un écrivain, est enfermé entre les quatre murs d’une chambre d’hôtel qu’il a connue vingt ans plus tôt et où il est censé préparer le discours qui lui a été commandé pour la circonstance et qui doit porter sur l’Europe, ses valeurs constitutives et l’état présent de son esprit. Il est seul. Le monde extérieur ne lui parvient qu’à travers l’indistincte clameur qui monte de la rue en fête. Il a, posé devant lui, un ordinateur où il navigue en quête de vieilles photos, de documents vagues ou précis, d’inspiration. Et défilent dans sa tête, pêle-mêle, la silhouette de la princesse Europe enlevée par Zeus déguisé en taureau ailé; des textes de Husserl, Heidegger, Derrida, Platon; les images d’une Bosnie que cette Europe qu’il doit célébrer a, deux décennies plus tôt, laissé mourir; les noms de tels agitateurs néo-fascistes ou populistes qui ont déclaré la guerre aux valeurs de la culture et de l’éthique; les fantômes, à l’inverse, de quelques grands morts, en cavale, et qui veillent; et puis d’autres souvenirs, plus intimes, et qui, comme il se doit dans le désordre d’un murmure intérieur, n’ont apparemment rien à voir…

Le texte, chaotique et lyrique, tragique et souvent drôle, est interprété par Jacques Weber et mis en scène par Dino Mustafic, l’un des grands dramaturges de Sarajevo et des Balkans. Les deux hommes se sont connus, il y a vingt ans, en pleine guerre, alors que l’un tournait Bosna! et que l’autre, cameraman aux armées, montait en première ligne pour filmer les combats. Ils se retrouvent aujourd’hui pour lancer, ensemble, cet appel à la conscience européenne en péril et à l’ardente nécessité de calmer les vents contraires qui soufflent sur ses capitales. Minuit moins cinq dans le siècle européen? Dernière alerte avant la nuit que lui promettent, de plus en plus nombreux, ses mauvais génies et ses ennemis?

La pièce fut présentée en avant-première, le 27 juin 2014, sur la scène du prestigieux Théâtre National de Sarajevo, puis à la Fenice de Venise le 11 juillet. Elle sera reprise au Théâtre de l’Atelier à partir du 9 septembre.

La pièce sortira chez Grasset le 3 septembre 2014.


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