Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

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Franz Kafka

Bernard-Henri Lévy et Franz Kafka...

Franz Kafka

Ecrivain

Les dates-clefs de Franz Kafka

3 juillet 1883 : Naissance à Prague, dans une famille juive, de Franz Kafka, fils aîné d’un colporteur qui a ouvert à Prague un magasin de « fil, coton et nouveautés ». Franz Kafka aura des rapports difficiles avec ce père colérique, dominateur et prétentieux. Sa mère, Julie née Löwy, fille d’un prospère commerçant en tissus, est au contraire « douce et aimable, extrêmement intelligente » (Max Brod). Ses deux frères cadets, Georg et Heinrich, mourront en bas âge. Quant à ses trois sœurs, elles périront lors de la Deuxième Guerre mondiale dans le ghetto de Lodz.
1893 : Après avoir fréquenté l’école allemande du Fleischmarket, (il écrira ses œuvres en allemand, à l’exception de quelques-unes des lettres à Milena, rédigées, elles, en tchèque), Franz Kafka entre au collège d’Etat de Prague. Il y étudiera, pendant huit ans, « dans le perpétuel déni de ses facultés intellectuelles et de sa faculté de jugement » (Gérard-Georges Lemaire), son père l’élevant par ailleurs à coups « d’injures, d’ironie, de rires méchants » (Lettre à son père) .
1894 : Bar-mitsvah de Franz Kafka. C’est – avec sa participation quatre fois par an aux services de la synagogue – un des rares éléments concrets de son éducation juive.
1901 : Kafka obtient l’Abitur (le baccalauréat) . Il commence des études de chimie à l’Université Charles de Prague.
1902: Abandonnant la chimie, il suit, à la faculté des lettres, des cours de littérature et d’histoire de l’art, puis entre à la faculté de droit. Il rencontre le poète Max Brod. Leur amitié survivra à certaines divergences profondes. Exemple : Kafka sera intéressé par les idées sionistes mais avec des réticences, contrairement à son camarade. Max Brod proclamera : « Je vois en Kafka le plus grand écrivain de notre temps » et publiera la majeure partie de son œuvre après sa mort.
1904 : Kafka commence à écrire Description d’un combat.
1906 : Après des études laborieuses, qu’il n’a entreprises que pour plaire à son père et acquérir un statut social, Kafka devient docteur en droit. Il est stagiaire chez son oncle, l’avocat Richard Löwy, puis auprès de deux tribunaux de Prague.
1905 : De santé fragile (sans doute les premiers symptômes de la tuberculose), il fait une cure de repos au sanatorium de Zuckejmantel en Silésie autrichienne. Toute sa courte vie sera rythmée par les séjours en sanatorium.
1907 -1909: Il entre comme auxiliaire dans une compagnie d’assurances italienne, puis dans la Compagnie d’assurances pour les accidents des travailleurs du royaume de Bohême. Il publie huit récits dans la revue Hyperion : ce sont ceux qui composent Betrachtung (Méditation). Il crée avec Brod et le philosophe Felix Weltsch un petit Cercle de Prague, auquel se joindra bientôt Franz Werfel. Il fréquente les théâtres et les cabarets de la ville. Il se dit déjà « prisonnier à vie » de Prague et avoue à Hedwig Weiler, une étudiante dont il s’est épris, qu’il a peur de l’amour.
1910 : Il commence à rédiger son Journal. Il y note d’emblée son incapacité à vivre et sa difficulté à écrire : « Mes doutes font cercle autour de chaque mot ».
1911 : Il visite avec Max Brod la Suisse, l’Italie et la France. Tous deux cosignent le roman Richard et Samuel – Un petit voyage à travers l’Europe centrale.
1912: Kafka détruit ses écrits de jeunesse et entame Amerika (L’Oublié). Il rencontre Felice Bauer. Entre septembre et décembre, il écrit cent lettres passionnées à cette jeune Berlinoise. Dans la nuit du 22 au 23 septembre, il rédige la nouvelle Le Verdict.
1913: En février, il prononce une conférence dans laquelle il propose le yiddish comme langue universelle. C’est l’un des effets de sa réflexion sur la littérature et le théâtre yiddish qui lui ont révélé son propre « être juif ». Il arrête la rédaction de L’Oublié.
1914 : Fiançailles avec Felice Bauer, puis rupture. Robert Musil lui demande un texte pour sa revue (Neue Rundschau), mais Kafka traverse une période de stérilité. Il écrit à son amie Grete Bloch : « Je n’ai rien écrit depuis un an et, que je sache, je ne suis bon à rien. » Il prend un congé professionnel pour entreprendre la rédaction du Procès.
1915 : La Métamorphose paraît dans Weise Blatter, revue que dirige l’écrivain alsacien René Schikele.
1916 : Kafka abandonne la rédaction du Procès. Il fait une lecture publique de La Colonie pénitentiaire, écrite en 1914. Effets dévastateurs dans la salle : évanouissements, départs précipités… A chaque fois que Kafka lit ses textes en public, de pareilles réactions sont relevées par les témoins.
1917 : En juillet, secondes fiançailles avec Felice Bauer. Mais, une nuit, Kafka crache le sang pendant plus de dix minutes (« les trompettes du néant », note-t-il dans son Journal). Comprenant qu’il ne guérira jamais, il met en avant le diagnostic avéré de tuberculose pulmonaire pour rompre définitivement avec Felice Bauer. Il termine la rédaction de récits (A cheval sur le seau de charbon, Chacals et Arabes, La galerie, Vie à la mine, Le Voisin, Un cavalier, Un fratricide) qui, joints à d’autres (Le Pont, Le gardien du tombeau, Le Chasseur Gracchus), constitueront pour l’essentiel le recueil intitulé Le Médecin de campagne, à paraître trois ans plus tard aux éditions Kurt Wolff.
1919: Il revoit à Prague Julie Wohrysek, rencontrée l’année précédente dans une pension de Schlesen, et a une liaison avec elle. Le mariage est prévu mais n’aura pas lieu. Kafka rédige la Lettre à son père, à la fin de laquelle il fait le point sur ses essais avortés de mariage : « Ni l’une ni l’autre des jeunes filles ne m’a déçu, c’est moi qui les ai déçues toutes les deux. » Parution, chez Wolff, de Dans la colonie pénitentiaire.
1920 : Début d’une liaison surtout épistolaire avec la Tchèque Milena Jesenska. Ce grand amour sera peu à peu dévoré par l’incapacité où se trouve Milena de quitter son mari et par l’angoisse existentielle de Kafka.
1921 : Kafka, gagné par la maladie, confie ses journaux à Milena, ainsi que le manuscrit d’Amerika, avec l’instruction de les remettre à Max Brod après sa mort.
1922: Placé en préretraite par suite de son mauvais état de santé, il quitte la société d’assurances où il travaillait depuis quatorze ans. Il commence à écrire Le Château. Dernière visite de Milena, à qui il remet le manuscrit de L’Oublié. – Les nouvelles Première souffrance, Le départ, Défenseurs et Un artiste de la faim sont publiées en revue.
1923 : Il séjourne sur les rives de la Baltique, près de la station balnéaire de Müritz. Il y rencontre Dora Diamant, employée dans une colonie de vacances pour enfants juifs. Issue d’une famille hassidique, Dora Diamant impressionne Kafka par sa connaissance des textes hébraïques. Il s’installe à Berlin avec elle.
1924 : Au début de l’année, l’état de santé de Kafka se détériore gravement, malgré les soins de son ami et médecin Robert Klopstock. En avril, Dora Diamant l’accompagne au sanatorium de Kierling. En mai, le père de Dora refuse que sa fille épouse Kafka. Le 1er juin : Kafka meurt à Kierling, à l’âge de quarante ans. Le 11, il est inhumé au nouveau cimetière de Prague.

Les œuvres-clefs de Franz Kafka

Kafka n’a vu publiée de son vivant qu’une petite partie de son œuvre : de courts récits, des nouvelles (La Métamorphose, Le Verdict) et quelques fragments d’œuvres plus longues laissées inachevées, comme Le Soutier, fragment d’Amerika, ou Devant la loi, fragment du Procès. Son troisième roman, Le Château, également inachevé, est resté, quant à lui, totalement inédit jusqu’en 1926.
Kafka chargea par écrit son ami et exécuteur testamentaire Max Brod de brûler après sa mort, sans restriction, et sans même en prendre connaissance, tout ce qu’il laissait « en fait de carnets, de manuscrits, de lettres, personnelles ou non ». Mais Max Brod ne respecta pas ces dernières volontés de Kafka.
Max Brod ayant pris par ailleurs certaines libertés avec les textes de Kafka, notamment avec Le Château, dont il a modifié l’ordre des chapitres, et jusqu’à certains mots ou certaines phrases, un Anglais, Malcolm Pasley, créa une société pour rétablir les romans de Kafka dans leur état original.
La liste ci-dessous ne concerne que les œuvres complètes de Franz Kafka publiées en France par la Bibliothèque de la Pléiade aux éditions Gallimard.
1976: Franz Kafka, Œuvres complètes, tome 1, comprenant : L’Amérique (L’Oublié), Le Procès, Le Château, traductions : Alexandre Vialatte, édition présentée et commentée par Claude David (avec des notes rectificatives aux traductions), Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard.
1980: Franz Kafka, Œuvres complètes, tome 2, comprenant : Récits et fragments narratifs, traductions : Claude David, Marthe Robert et Alexandre Vialatte, édition présentée et annotée par Claude David, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard.
1984: Franz Kafka, Œuvres complètes, tome 3, comprenant : Journaux, Lettres à sa famille et à ses amis, traductions : Marthe Robert, Claude David et Jean-Pierre Danès, édition présentée et annotée par Claude David, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard.
1989 : Franz Kafka, Œuvres complètes, tome 4, comprenant : Lettres à Felice, Lettre à son père, Lettres à Milena, Articles et allocutions, Textes professionnels, traductions : Marthe Robert, Claude David et Alexandre Vialatte, édition présentée et annotée par Claude David, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard.

Franz Kafka et Bernard-Henri Lévy

Bernard-Henri Lévy a souvent revendiqué son appartenance à ce qu’il a appelé un « judaïsme solaire », celui d’Albert Cohen (entre autres). Bien que Max Brod ait relevé, chez l’auteur du Procès et du Château, de purs élans vers la beauté des visages et du monde, Bernard-Henri Lévy voit plutôt, chez Kafka, la tragédie de « l’enfermement dans la prison de soi ». Kafka est, pour lui, le noir poète du « monde inhabitable de l’origine » . Kafka, donc, ou le monde d’avant le Verbe, Kafka ou la question du Mal absolu. Mais BHL perçoit également les ambiguïtés de Kafka. Lire – ou relire – son beau texte intitulé Notes pour un programme philosophique (in : Pièces d’identité) -, dont sont tirés le courtes citations ci-dessus et où il oppose, par exemple, Freud et Lévinas sur cette question du Mal absolu. Pour le premier, « l’homme barbote, dès l’origine, dans le crime et le sang ». Pour le second : il y a d’abord « une bonté originelle de la Création », puis une « chute ». En un mot : « L’homme n’est pas né méchant mais coupable ». Kafka, du côté de Freud ou de Lévinas ?

Citations de Bernard-Henri Lévy sur Franz Kafka

« Au commencement était le Verbe, Allons donc ! Au commencement étaient l’ordure, la vermine, les culs de basse-fosse de la non-Histoire, les pourrissoirs de dieux et de héros – au vrai commencement, au commencement du commencement, juste avant le Verbe, la Loi, le Désir, la Parole était un marécage où végétaient larves muettes, insectes, reptiles innommables et informes, mollusques hallucinés. C’est ce que dit la Bible. C’est ce que répéteront, après elle, Kafka, Bataille ou le Thomas Mann du Docteur Faustus. » (Mémoire vive – Questions de principe sept, p ; 334, article daté du 30 mai 1998).
« Prague est une ville immense. C’est la ville des passages, des promenades. Or voici qu’un écrivain y passe sa vie, sans presque changer de rue.
Le plus étrange est qu’il n’aime pas cette ville. Non, il n’aime pas ses coupoles, ses temples, ses palais anciens. Il n’aime ni ses tuiles, ni ses arcades, ni ses façades trop baroques. Et il ne passe jamais sans frissonner devant ce désordre de pierres, jetées l’une contre l’autre, d’où l’on s’attend à voir surgir le spectre du Golem. Il a peur de ses spectres. Peur de ses morts et de ses vivants. Il a peur de Prague qui tantôt l’éblouit, tantôt l’épouvante et le terrasse. Et le malaise qui nous étreint devant cette ville si belle mais aux couleurs éteintes où l’on se surprend à songer que l’histoire est passée, s’est accomplie puis s’est figée, je parie qu’il le ressent déjà quand, dans ses lettres à Felice, il ne rêve que de quitter son affreuse prison praguoise. Bien sûr il ne la quitte pas. La ville maudite le tient. « Prague ne nous lâche pas, dit-il. Cette petite mère a des griffes. Il faudrait pouvoir y mettre le feu pour pouvoir en réchapper. » On pense à Freud et Vienne. A Lisbonne et Pessoa. Au Baudelaire de la fin, à Bruxelles. Comment ne pas penser, surtout, à l’intime tragédie de cet homme au visage muré et au regard opaque, tourné vers le dedans, qui n’en finit pas, comme ses héros, de « se cogner la tête aux murs de sa cellule sans portes ni fenêtres » ?
(…) L’extraordinaire est que, de cette présence immense dont je croyais à chaque pas retrouver les vestiges ou la trace, il ne reste plus même l’ombre. Le moindre des staliniens ou des nationalistes tchèques a son mémorial ou sa statue. Lui, n’a rien. Enfin, presque rien. Une plaque tout au plus. Une toute petite plaque qui est là comme un remords. (…) Kafka le juif, Kafka le fou. Kafka qui prétendait – quelle audace !- sortir du rang des meurtriers. Quand, dans une librairie de la rue Stepenka, l’on s’aventure à demander un livre de Franz Kafka, on vous répond d’un air gêné qu’on ne connaît pas ce monsieur ou que ses livres sont introuvables. » ( Commentaire, écrit et dit par Bernard-Henri Lévy, d’un film court réalisé, en avril 1989, par William Karel et intégré dans l’émission littéraire Ex libris).

5 commentaires »

  1. Cela pourra sembler dingue, ce que je vais dire, mais je pense que Kafka devait pressentir ce qui arriverait à ses confrêres ( et d’ailleurs sa famille directement propre ) quelques temps … aprés sa fin de vie.Carl Larmonier.

    Commentaire par Carl Larmonier — vendredi 22 juin 2012 @ 13:25

  2. J’ai souvent lu dans diverses biographies que Kafka était un hypocondriaque. Hypocondriaque?, j’ai toujours trouvé ce terme medical un peu dépassé.Passé, depassé et presentement trop present. Pour Kafka, ne pourrai-t-on pas plutôt parler d’hypersensibilité ou d’hyperconscience?. Et personne ne peut être dans l’esprit d’un homme. Même les infermiers qui s’occupe de randle patrick mac murphy dans vol au-dessus d’un nid de coucou.n’est-ce-pas? Carl Larmonier.

    Commentaire par carl larmonier — lundi 18 juin 2012 @ 10:09

  3. Kafka serait tout à fait representatif de notre epoque. Quand on dit  » un monde kafkaïen « , c’est pour nous, il n’y a pas de doute. C’est clair comme de l’eau de roche. Comme du cristal de roche. Comme les reflets argentés sur un lac infini. Un Lac que Kafka à voulu traverser. Un Lac que Kafka à Traversé. Ce Lac ce fut ses romans, ce fut ses recits,( récifs) ce fut son journal, ce fut ses correspondance … et finalement, ce lac, ce fut sa vie.carl larmonier.

    Commentaire par Larmonier — mardi 12 juin 2012 @ 13:27

  4. En fait je pense que Kafka avait une langue miraculeuse. Mais d’ailleurs qui parlerait cette langue oralement au quotidien, maintenant ?. Il semblerait que nous soyions alors des extra-terrestres tels des grands anciens de Lovecraft. Vous comprendrez que je vise complêtement le langage sms qui lobotomise les jeunes, les moins jeunes et mêmes les moins moins jeunes qui retrouvent peut-être une nouvelle jeunesse mais y perdent surtout leur latin et leur grec ancien. J’ai lu plusieurs livres et j’ai une préference pour votre Baudelaire que je trouve magnifiquement mené de main de maitre au niveau narratif comme littéraire. Par contre j’ai lu surtout vos premières oeuvres et non les dernières, dommages à rattraper. En ce moment je termine le journal de Kafka et je rêve d’un retour des lettres manuscrites qui remplaceraient un peu non la tour de babel mais la tour desmails. Malheureusement mon mail est obsolete mais prochaînement je reviendrai en laisser un nouveau. Merci beaucoup et bonne continuation, cher écrivain. Carl Larmonier

    Commentaire par carl Larmonier — mercredi 14 mars 2012 @ 09:18

  5. Deviner, cerne, puiser et se jouer de la singulière quintessence de l’imbroglio c’est Kafka.

    Commentaire par Yassine CHERIET — samedi 3 mars 2012 @ 17:16

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