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	<title>Bernard-Henri Lévy</title>
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	<description>Des raisons dans l&#039;histoire</description>
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		<title>Premiers mots sur « Le Serment de Tobrouk » ( &#171;&#160;Littell, BHL, Carrère : quand les écrivains témoignent du monde dans leurs livres ou leurs films&#160;&#187;, édito de Nelly Kaprièlan, Les Inrockuptibles , 16 mai 2012)</title>
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		<pubDate>Wed, 16 May 2012 14:47:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Jonathan Littell se rend régulièrement dans les pays en difficultés, pour en témoigner dans de longs reportages – au Soudan, en Syrie, etc. Emmanuel Carrère a rendu compte de la Russie contemporaine dans des articles qui lui ont inspiré son livre Limonov, épopée russe d’aujourd’hui. Avant eux, il y eut un Jean Rolin, reporter et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #993300;"><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/05/logo-les-inrocks.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-29056" title="logo les inrocks" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/05/logo-les-inrocks-300x49.jpg" alt="logo les inrocks" width="300" height="49" /></a><strong></strong></span></p>
<p>Jonathan Littell se rend régulièrement dans les pays en difficultés,<span id="more-29055"></span> pour en témoigner dans de longs reportages – au Soudan, en Syrie, etc. Emmanuel Carrère a rendu compte de la Russie contemporaine dans des articles qui lui ont inspiré son livre <em>Limonov</em>, épopée russe d’aujourd’hui. Avant eux, il y eut un Jean Rolin, reporter et écrivain. Mais surtout un Bernard-Henri <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/05/les-inrocks-16-05-2012.jpeg"><img class="alignright size-medium wp-image-29057" title="les inrocks 16-05-2012" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/05/les-inrocks-16-05-2012-84x300.jpg" alt="les inrocks 16-05-2012" width="84" height="300" /></a>Lévy, qui aura rendu compte de ces guerres « oubliées », passant plus de trente ans à se rendre sur le terrain et dépassant le statut de témoin pour celui d’acteur, tentant en vain, jusqu’à la Libye, d’alerter l’Occident et de le faire intervenir – voir son documentaire sidérant, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/20-ans-apres-retour-a-sarajevo-28552.html"><em>Bosna !</em></a>, qui restera comme le film-témoin de ce que l’Occident peut avoir de pire dans sa lâcheté et son refus d’intervention (en l’occurrence en Bosnie). A noter qu’après son journal de Libye (<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/la-guerre-sans-l%E2%80%99aimer"><em>La Guerre sans l’aimer</em></a>, Grasset), le documentaire qu’il a réalisé sur le même sujet,<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/son-oeuvre"> <em>Le Serment de Tobrouk</em></a>, sera programmé à Cannes en sélection officielle (le 25 mai) comme un important manifeste politique prouvant qu’on peut tirer des leçons de l’histoire et agir – histoire, entre autres, de braquer le projecteur sur l’urgence d’une intervention en <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/il-faut-maintenant-une-intervention-en-syrie-le-point-1er-mars-2012-27547.html">Syrie</a> ! On a beaucoup écrit sur l’engouement des écrivains pour le réel, abandonnant le roman en faveur du récit. Rien de bien nouveau, pourtant : avant eux, les inévitables Joseph Conrad, Joseph Kessel, etc. A temps troublés, écrivains qui se font reporters, témoins, et in fine, quand personne ne bouge et rien ne change, acteurs au sens d’«agissants ». Libres et non inféodés à un quelconque pouvoir, autorisés de leur expérience et de leur  voix, ce sont eux qui, aujourd’hui, peuvent porter un coup fatal à l’indifférence.</p>
<p><strong>Nelly Kaprièlan</strong></p>
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		<title>Bonjour, monsieur Terence (le Point du 16 mai 2012)</title>
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		<pubDate>Wed, 16 May 2012 09:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Quel artiste contemporain a-t-il peint,   jusqu’au jour de sa mort, une toile où se succèdent – courbes et bâtons blancs sur   fond noir – des nombres à l’infini ?
Et si la vie humaine était sur le point d’être utilisée, au même titre que le pétrole ou le charbon, comme source d’énergie quantifiable, quantifiée ?
Quel rapport [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/BLOC-NOTES21.gif"><img class="alignleft size-full wp-image-28719" title="BLOC-NOTES2" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/BLOC-NOTES21.gif" alt="BLOC-NOTES2" width="97" height="97" /></a>Quel artiste contemporain a-t-il peint,   jusqu’au jour de sa mort, une toile où se succèdent – courbes et bâtons blancs sur   fond noir – des nombres à l’infini ?</p>
<p>Et si la vie humaine était sur le point d’être utilisée, au même titre que le pétrole ou le charbon, comme source d’énergie quantifiable,<span id="more-29043"></span> quantifiée ?</p>
<p>Quel rapport entre la saignée d’Hiroshima et le principe d’incertitude de Heisenberg ?</p>
<p>D’où vient que, dans les mégalopoles, les rues n’aient plus de nom mais des chiffres ?</p>
<p>Le matricule est-il devenu, pour les êtres parlants, le baptême des âges hyperdémocratiques ?</p>
<p>Majorité… Egalité… Suffrages… Sondages… Elections… -Pièges à cons… Règne, multiforme, du nombre.</p>
<p>Que veut dire <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jacques-lacan-21972.html">Lacan</a> quand il suggère de mathématiser (nœuds borroméens, mathèmes…) jusqu’aux pénombres du désir ?</p>
<p>Que veut dire Schelling quand il écrit : « la nature doit être l’esprit visible, et l’esprit la nature invisible » ?</p>
<p>Quelle place, déjà, pour les automates dans l’œuvre et la vie de l’inventeur de la modernité, René Descartes ?</p>
<p>Que dit, à Pompéi déjà, la main, à jamais anonyme, qui, sur un mur, écrit : « j’aime celle dont le nom est 545 » ?</p>
<p>Que la plante, et la plante seule, est programmée pour réaliser le rêve d’immortalité qui est le propre des humains.</p>
<p>Que l’art, irréductible à la quantité, sans prix, a fini par faire alliance avec son contraire (cotes, ventes) et, ainsi, à se nier.</p>
<p>Le lifting, calcul du visage, est-il un révisionnisme ?</p>
<p>L’évaluation généralisée, une forme hystérisée de pythagorisme ?</p>
<p>Quand on voit régner ainsi le nombre froid, sans affect, n’y a-t-il pas lieu de regretter le nombre inspiré (dont on s’est tant moqué ! où l’on a vu une source d’inspiration pour ce que le XX<sup>e</sup> siècle a fait de pire !) de l’occultisme ?</p>
<p>Que préférez-vous, au bout du compte : l’arasement par la statistique de toute singularité, l’universalisme devenu fou, façon penchant criminel des Lumières – ou la bonne vieille numérologie ?</p>
<p>Que vaut-il mieux, s’il fallait absolument choisir : l’assujettissement à la logique sans appel du chiffre – ou la superstition Rose-Croix ?</p>
<p>Ou faut-il ne pas choisir, ne surtout pas choisir, et se souvenir que, de surcroît, lorsque les kabbalistes disent « le monde est l’œuvre des nombres », c’est parce que le nombre c’est la lettre et la lettre c’est Dieu ?</p>
<p>Fonction du chiffre 7, dans l’œuvre de Mallarmé ?</p>
<p>Du 2 dans celle de<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html"> Sartre</a> ?</p>
<p>Du 3 dans celle de Raymond Roussel, s’en remettant aux -Arsène Lupin de la textualité pour violer, casser, le code -d’«- -Impressions d’Afrique » ?</p>
<p>Lautréamont encore. Tout le monde cite toujours, dans la strophe 10 du chant II des « Chants de Maldoror », l’apostrophe : « ô mathématiques sévères ». Mais pourquoi ne dit-on jamais que c’est un fils de Satan qui parle ?</p>
<p>Dit autrement : si le verbe est divin, ne faut-il pas conclure que le nombre est diabolique – et, si l’on ne s’y résout pas, pourquoi ?</p>
<p>Ou : le nombre succède-t-il au verbe, l’enterre-t-il – ou l’a-t-il secrètement conservé, mais de part en part corrompu ?</p>
<p>Ou : le règne du nombre correspond-il à une déroute du langage, à sa suffocation, son asphyxie – ou est-ce juste, pour la langue, une manière de se dire autrement, un cryptage ?</p>
<p>En quel sens faut-il entendre l’interdit biblique : « vous ne dénombrerez pas » ?</p>
<p>Que dit Rimbaud quand il s’écrie : « la science est trop lente » ?</p>
<p>Et pourquoi, dans ce cas, finit-il marchand d’armes ?</p>
<p>Qu’est-ce que le fonctionnement ?</p>
<p>La biosophie ?</p>
<p>Passons-nous de l’âge de la métamorphose à celui de la technosmose ?</p>
<p>Et qu’est-ce que la technosmose, cette loi des temps -modernes, sinon une forme d’apocalypse ?</p>
<p>Qui a, vraiment, inventé le zéro ?</p>
<p>Qui, l’infini ?</p>
<p>Le zéro ? L’infini ? Le nombre, ou sa pointe métaphysique.</p>
<p>Se faire à l’idée qu’à l’âge de la pierre, du bronze et de l’atome succède l’âge du gène, c’est-à-dire du vivant quantifié.</p>
<p>Envisager que le nouveau paradigme, avec son aversion nouvelle pour la métaphysique et l’art, nous prépare une déconstruction de l’humain tel que nous l’avons connu.</p>
<p>Ce ne sont là que quelques-unes des questions posées par l’un des livres les plus stimulants de la saison : « Le devenir du nombre » (Stock) d’un jeune essayiste, poète et romancier, presque inconnu, qui s’appelle Mathieu Terence et que je veux, ici, saluer.</p>
<p>Un anti-Muray. Un Baudrillard avec souffle. Un philosophe qui a pris ses leçons chez Borges, Joyce ou Edgar Poe autant que dans Spinoza et Heidegger. Et cette hypothèse métaphysique, déployée tout au long de 120 pages étincelantes qui sont comme les 120 journées d’une descente aux enfers méthodique et glacée (il fait, dans « L’Enfer » de Dante comme dans celui de « L’Odyssée », terriblement froid) : le règne sans partage de la technique invente un vivant d’un nouveau genre – voici lequel.</p>
<p><strong>Bernard-Henri Lévy</strong></p>
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		<title>Haim de Volozine</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 08:46:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Plus proche disciple du Gaon de Vilna, et lui aussi de Lituanie, Rabbi Haïm de Volozine (1759-1821), voit publié après sa mort, en 1824, un texte capital, L&#8217;âme de la vie, préfacé un siècle et demi plus tard par Lévinas en personne, maître-ouvrage dont la thèse principale va exercer sur Lévy, après son Testament de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Couverture-Ame-de-la-vie1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-28596" title="Couverture Ame de la vie" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Couverture-Ame-de-la-vie1.jpg" alt="Couverture Ame de la vie" width="172" height="297" /></a>Plus proche disciple du <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/petite-introduction-a-l%E2%80%99oeuvre-de-levinas-conference-prononcee-a-new-york-university-le-9-mai-2006-sous-l%E2%80%99egide-de-tom-bishop-28247.html">Gaon de Vilna</a>, et lui aussi de Lituanie, Rabbi Haïm de Volozine (1759-1821), voit publié après sa mort, en 1824, un texte capital, L&#8217;âme de la vie, préfacé un siècle et demi plus tard par <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/emmanuel-levinas-22204.html">Lévinas</a> en personne, maître-ouvrage dont la thèse principale va exercer sur Lévy, après son <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/le-testament-de-dieu"><em>Testament de Dieu</em></a>, une influence décisive, tant elle préfigure et ratifie, d&#8217;un point de vue théologique, l&#8217;anti-vision politique du monde qu&#8217;il Lévy n&#8217;a cessé, livre après livre, de proférer. Sur cette thèse il appuiera aussi sa dénonciation des idéologies du progrès et son décorticage des médicalismes de la classe ou de la race, attachés à guérir au forceps le monde de ses maux, à purifier par la force l&#8217;espèce de ses miasmes et à purger l&#8217;homme de ses mauvais virus &#8211; engendrant, chaque fois, ce &laquo;&nbsp;meilleur des mondes&nbsp;&raquo; que fut au XXème siècle le cauchemar d&#8217;<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/pour-roman-polanski-3104.html">Auschwitz</a> et l&#8217;enfer du <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/1977-a-nos-jours-contre-le-sovietisme-et-ses-avatars-par-philippe-boggio-10400.html">Goulag</a>.<span id="more-28590"></span></p>
<p>Le monde, saisi dès l&#8217;origine et à jamais par le Mal, un Mal radical, sans qu&#8217;aucun manquement humain n&#8217;y ait eu quelque part, n&#8217;est pas à sauver, encore moins à recommencer ; il est éternellement à réparer.<br />
En quoi les vues, strictement religieuses, de Haïm de Volozine, talmudiste sans pareil, font-elles assise, pour<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/biographie"> Lévy</a>, dans son combat contre le Moloch politique, l&#8217;Etat totalitaire et l&#8217;asservissement de l&#8217;homme par l&#8217;homme au nom des fins dernières de l&#8217;humanité ?  Haïm de Volozine, exégète des écritures bibliques, talmudiques et cabalistiques, va poser le principe de responsabilité de l&#8217;homme vis-à-vis du monde, au coeur de L&#8217;âme de la vie. &laquo;&nbsp;Voici qu&#8217;un livre extraordinaire, écrit Lévinas, est consacré à un Dieu qui se veut dépendant des humains, et des hommes qui, dès lors, infiniment responsables, supportent l&#8217;univers.&nbsp;&raquo;<br />
Dieu, sa création achevée, s&#8217;est retiré du monde, pour faire place aux hommes, créés à son image. Cette contraction de Dieu, cet exil de Dieu, cette rétractation du divin, cette distance sont l&#8217;essence même du Mal qui s&#8217;y est engouffré. Mais cette imperfection du monde, ce chaos, permettent à l&#8217;homme d&#8217;advenir et, surtout, peuvent être réparés par lui.  Pour que le monde d&#8217;où Dieu s&#8217;est retiré ne s&#8217;effondre pas, ne se décrée pas, il faut que, par la prière et l&#8217;étude, les hommes en soutiennent infatigablement les piliers, les fragiles murailles. Perpétuellement menacé de se défaire sous les effets du Mal, seuls les hommes peuvent empêcher cette dé-création du monde. Les hommes, pas Dieu. Dans cette optique, la<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/salut-a-edmond-safra-le-point-22-decembre-2011-25968.html"> Torah </a>est d&#8217;abord un manuel de réparation du Mal. D&#8217;où le fait que, si l&#8217;Etude venait à s&#8217;arrêter, le monde se défairait, l&#8217;univers se disloquerait. &laquo;&nbsp;C&#8217;est par ses actes, ses paroles et ses justes pensées qu&#8217;il (l&#8217;homme) soutient et renforce les nombreux et saints mondes supérieurs.&nbsp;&raquo; L&#8217;homme est responsable de l&#8217;univers, de sa re-création. Selon qu&#8217;il se conforme ou non aux commandements de la Torah, il fera vivre ou mourir le monde. Faute d&#8217;étude et de prière, le monde retournerait au néant. L&#8217;homme est &laquo;&nbsp;l&#8217;âme du monde&nbsp;&raquo;, il a &laquo;&nbsp;une responsabilité illimitée&nbsp;&raquo; (Lévinas). Dieu, en un mot, a besoin des hommes.<br />
Dernier point chez Haïm de Volozine qui découle de ce qui précède, et que <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/">Lévy </a>reprend avec ferveur à son compte : le concept de Reste. La cohérence du monde, sa tenue, ses piliers faits de paroles et de mots, tiennent à quelques Justes, sans lesquels ce serait la fin du monde. Ce monde qui n&#8217;est pas un plein mais un Reste, fait de ce qui reste, soit :  de ce qui n&#8217;est pas défait. Ce Reste, la seule chose qui vaille absolument, qui ne doit pas finir, qui sauve la part dernière d&#8217;humanité de l&#8217;homme, est toujours en péril. <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/1967-a-nos-jours-la-solidarite-avec-israel-par-laurent-david-samama-10218.html">Israël</a> lui-même est vu, chez Lévy, comme un Reste.<br />
Peut-on dire que Lévy , dans la lignée de Haïm de Volozine, est de ceux qui se battent non pas pour des lendemains qui chantent mais pour que le monde -et le monde comme ce pur Reste qu&#8217;il est de toujours- ne se défasse pas sous les effets, éternellement, du Mal et de la folie des hommes toujours recommencée ?<br />
Son activisme des Droits de l&#8217;homme, fait entièrement de pessimisme, a trouvé là sa pleine nécessité.</p>
<p><strong>Gilles Hertzog</strong></p>
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		<title>Le Séminaire de la Règle du Jeu : &#171;&#160;Stefan Zweig, grandeurs et tragédies d&#8217;une figure de légende&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Sat, 12 May 2012 12:03:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[Son actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Alexis Lacroix]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma Saint Germain]]></category>
		<category><![CDATA[la règle du jeu]]></category>
		<category><![CDATA[Laurent Seksik]]></category>
		<category><![CDATA[Séminaire]]></category>
		<category><![CDATA[Stefan Zweig]]></category>

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		<description><![CDATA[Le dimanche 13 mai 2012 à 11h
La Règle du jeu vous invite à un séminaire sur le thème : 
“Stefan Zweig, grandeurs et tragédies d’une figure de légende”
 Avec : Laurent Seksik, romancier et essayiste, auteur de “Les derniers jours de Stefan Zweig” (Flammarion).
Une conversation avec Alexis Lacroix.

Les séminaires de la Règle du jeu, tous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #993300;"><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/05/la-rdf-séminaire-11-mai.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-29032" title="la rdf séminaire 11 mai" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/05/la-rdf-séminaire-11-mai-300x56.jpg" alt="la rdf séminaire 11 mai" width="300" height="56" /></a>Le dimanche 13 mai 2012 à 11h<img title="Lire la suite…" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-includes/js/tinymce/plugins/wordpress/img/trans.gif" alt="" /><span id="more-28943"></span></span></p>
<p><span style="color: #993300;">La Règle du jeu vous invite à un séminaire sur le thème : </span></p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;">“Stefan Zweig, grandeurs et tragédies d’une figure de légende”</span></h3>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"> Avec : <strong>Laurent Seksik</strong>, romancier et essayiste, auteur de “Les derniers jours de Stefan Zweig” (Flammarion).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;">Une conversation avec <strong>Alexis Lacroix</strong>.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #993300;">Les séminaires de la Règle du jeu, tous les dimanches à 11h<br />
Au cinéma Saint-Germain<br />
22, rue Guillaume-Apollinaire, Paris 6ème<br />
Entrée libre et gratuite.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #993300;">Retrouvez l’intégralité du<a href="http://laregledujeu.org"> séminaire précédent</a>, qui avait pour thème : <em>Qui sont les ennemis de la mémoire ?</em> avec Georges Bensoussan, David Gakunzi, et Ara Toranian. Un débat animé par Alexis Lacroix.</span></p>
<p><span style="color: #993300;">Renseignements : redaction@laregledujeu.org</span></p>
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		<title>BHL et Franz Rosenzweig</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2012 12:25:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le soir de Kippour de 1913, un jeune Juif allemand de 25 ans, néo-hégélien, totalement assimilé, au point qu&#8217;il a décidé de se convertir au catholicisme, entre dans une petite synagogue orthodoxe de Berlin, sur le pont de Postdam, où il ne connaît personne, pour faire ses adieux en bonne et due forme à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/rosenzweig.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-28831" title="rosenzweig" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/rosenzweig.jpg" alt="rosenzweig" width="166" height="255" /></a>Le soir de Kippour de 1913, un jeune Juif allemand de 25 ans, néo-hégélien, totalement assimilé, au point qu&#8217;il a décidé de se convertir au catholicisme, entre dans une petite synagogue orthodoxe de Berlin, sur le pont de Postdam, où il ne connaît personne, pour faire ses adieux en bonne et due forme à la foi de ses pères.  Il en ressort au matin, transfiguré, renonce à se convertir et, par une renaissance symbolique qui est une nuit de Pascal à l&#8217;envers, fait retour au judaïsme. Il conservera cette expérience comme un secret, n&#8217;en parlera jamais à quiconque. Mais, s&#8217;il n&#8217;y est fait aucune allusion, en naîtra un maître-livre, cantique de la révélation.<span id="more-28823"></span></p>
<p>Le judaïsme pour <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/franz-rosenzweig-23380.html">Franz Rosenzweig</a>, qui, quelques années plus tard, sous-officier au cœur de la tourmente de la première guerre mondiale sur le front des Balkans, fera de ce retour la matière de ce maître-livre,<em> l&#8217;Etoile de la rédemption</em>, le judaïsme sera une religion du retour. Le juif, loin d&#8217;être cet errant que plaint la doxa des Gentils, est &laquo;&nbsp;arrivé&nbsp;&raquo;, il est arrêté, installé hors du temps. Le juif est né juif,  le chrétien doit le devenir. Plus encore, la Création est terminée au soir du sixième jour, et le temps est un retour à l&#8217;origine, au Sinaï et son éternité originaire, (d&#8217;où le fait que  l&#8217;Histoire, le temps historique, pour l&#8217;être-juif, seront à jamais contingents). Le temps n&#8217;est pas, tel que chez les chrétiens, un temps pensé comme une nouvelle aube, une promesse, un dimanche de l&#8217;âme. Il est un retour.</p>
<p>Cette symbolique du retour au judaïsme, qui inspira très tôt <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/emmanuel-levinas-2-28223.html">Lévinas</a>, va fasciner Lévy, &laquo;&nbsp;juif du siècle&nbsp;&raquo;, laïque, athée, à mille lieues, dans sa jeunesse marquée par la triade structuraliste <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jacques-lacan-21972.html">Lacan</a>-<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/louis-althusser-2323.html">Althusser</a>-<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/ses-maitres-6659.html">Foucault</a>, de toute culture religieuse. Il va, une fois Lévinas découvert à trente ans dans l&#8217;émerveillement et la jubilation, donner à ce concept de retour une portée proprement philosophique, dans ses articles réunis sous le titre <em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/b-h-levy-sera-mardi-a-20h-a-lespace-rachi-pour-une-grande-conference-sur-le-genie-du-judaisme-4563.html">Le génie du judaïsme</a> (<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/pieces-didentite-3859.html">Pièces d&#8217;identité</a></em>, Grasset, 2010) Rosenzweig, insiste Lévy, est d&#8217;abord hégélien. Il écrit une thèse qui s&#8217;intitule &laquo;&nbsp;<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/georg-wilhem-friedrich-hegel-28369.html">Hegel </a>et l&#8217;Etat&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Mais il  rompra sans retour avec le maître d&#8217;Iéna, via <em>l&#8217;Etoile de la rédemption</em>, sur deux thèmes : l&#8217;identité juive et l&#8217;Etat ; la querelle de l&#8217;universel.</p>
<p>Pour Rosenzweig, le peuple juif a fondé son identité sur trois piliers : une loi abstraite, une terre imaginaire, une langue morte. Or, pour Hegel, il n&#8217;y a pas de peuple sans Etat, et un Etat-nation, ou alors,  ce peuple par défaut est voué fatalement à la déréliction et la dissolution. A ce titre, le peuple juif est un fossile, qui fait injure à la loi d&#8217;airain de l&#8217;Histoire, et, en conséquence, est appelé, par un biais ou par un autre, à disparaître. Or, dit Rosenzweig repris par Lévy, malgré des persécutions sans nombre, le peuple juif a survécu depuis deux millénaires, quand tous les d&#8217;empires en majesté se sont, eux, effondrés. Ce miracle de longévité tient précisément à cette identité trinitaire, à l&#8217;écart des Nations : une loi abstraite, une terre imaginaire, une langue morte. Lévy, quand il dit et répète, que la victoire ne fait rien à la vérité s&#8217;inspire de cette conception de l&#8217;Histoire. Quand il persiste, contre vents et marées, à défendre le judaïsme de l&#8217;exil et à plaider son absolue nécessité à côté du judaïsme sioniste, s&#8217;inspire de cette idée de &laquo;&nbsp;terre imaginaire&nbsp;&raquo;. Lévy est, dans sa pensée du judaïsme, constamment rosenzweigien.</p>
<p>Deuxième querelle, l&#8217;universel. Hegel, là encore. La Raison dans l&#8217;Histoire ; le réel devenu rationnel. L&#8217;universel abstrait, l&#8217;Esprit absolu, l&#8217;Empire universel. D&#8217;où vient cet universel abstrait ? De l&#8217;addition du Logos grec (l&#8217;idée d&#8217;un monde totalement intelligible et transparent  à lui-même), de l&#8217;idée d&#8217;Empire (l&#8217;empire romain et tous ses sujets, où qu&#8217;ils se trouvent, également citoyens romains) et de la fraternité chrétienne, décrétée par Saint-Paul (un monde où il n&#8217;y aurait plus : &laquo;&nbsp;ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme&nbsp;&raquo;). Logos grec, idée d&#8217;empire et fraternité universelle, en vérité, ne font qu&#8217;un. Un Un, qui est le triomphe de l&#8217;indistinct et la tyrannie du quelconque sur le singulier des noms et sur les infinies distinctions du monde C&#8217;est la conviction de Lévy. C&#8217;est sa thèse. Et il l&#8217;emprunte, cette thèse, à Rosenzweig.</p>
<p>Or cet universel abstrait a échoué, s&#8217;est déchiré à l&#8217;aube-même de son avènement, à l&#8217;aube des Temps modernes. Des nations sœurs, partageant en théorie ce même universel, se sont affrontées dans une guerre affreuse, une guerre à mort, sous les yeux de Rosenzweig au cœur de la mêlée sanglante : la première guerre mondiale. A cet Un qui a échoué, à cet arasement de l&#8217;universel et au désastre guerrier qui est allé de pair, s&#8217;oppose depuis toujours, et à quel prix !, le nom juif.</p>
<p>Théorème de Rosenzweig, résumé par Lévy : Si l&#8217;universel triomphe, le nom juif est effacé. Si le nom juif tient bon, c&#8217;est que l&#8217;universel, celui-là en tous cas, a échoué.</p>
<p>Lévy, de Rosenzweig, passera naturellement à Lévinas qui le prolonge et l&#8217;amplifie. Et ce sera, après la Shoah et la réflexion sur Auschwitz, la constitution inédite d&#8217;un autre, tout autre  universel, sur les ruines de l&#8217;universel hégélien déchu : l&#8217;universel juif. Un universel éthique et non plus ontologique ; un universel non plus de l&#8217;Etre mais du prochain.</p>
<p>Mais voyez à ce sujet la rubrique<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/emmanuel-levinas-22204.html"> BHL et Lévinas</a>.</p>
<p>Ajoutons que Lévy fut, lors de la parution, en 1982, de la première traduction française de &laquo;&nbsp;<em>L&#8217;Etoile de la rédemption</em>&laquo;&nbsp;, l&#8217;un des tout premiers, si ce n&#8217;est le premier, à en rendre compte dans la presse. Son article, paru dans feu <em>Le Matin de Paris</em>, vous le trouverez dans &laquo;&nbsp;<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/questions-de-principe-i-304.html"><em>Questions de principe 1</em></a>&laquo;&nbsp;.</p>
<p><strong>Gilles Hertzog</strong></p>
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		<title>Mon Maître Althusser</title>
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		<pubDate>Thu, 10 May 2012 13:22:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;J&#8217;ai bien failli tout lui devoir&#160;&#187;, ne cesse de lui rendre hommage Lévy dans tous ses écrits ou presque. &#171;&#160;Celui qui m&#8217;a appris à écrire et à penser.&#160;&#187; &#171;&#160;Je ne crois pas avoir eu, avec aucun de mes maîtres du moment, de rencontre aussi décisive&#160;&#187;.
On pourrait multiplier les citations semblables.
Qu&#8217;a donc appris de si décisif [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/louis-althusser.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-28787" title="louis althusser" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/louis-althusser-300x168.jpg" alt="louis althusser" width="300" height="168" /></a>&laquo;&nbsp;J&#8217;ai bien failli tout lui devoir&nbsp;&raquo;, ne cesse de lui rendre hommage <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/">Lévy</a> dans tous ses écrits ou presque. &laquo;&nbsp;Celui qui m&#8217;a appris à écrire et à penser.&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Je ne crois pas avoir eu, avec aucun de mes maîtres du moment, de rencontre aussi décisive&nbsp;&raquo;.<span id="more-28758"></span><br />
On pourrait multiplier les citations semblables.<br />
Qu&#8217;a donc appris de si décisif le &laquo;&nbsp;Caïman&nbsp;&raquo; le plus célèbre de la rue d&#8217;Ulm avec <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jacques-derrida-2320.html">Derrida</a>, au jeune <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/le-normalien-de-la-rue-dulm-13622.html">Normalien </a>qu&#8217;était Lévy dans les années 68-72 ? Quelle est cette &laquo;&nbsp;Leçon d&#8217;<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/louis-althusser-2323.html">Althusser</a>&laquo;&nbsp;, dont Lévy ne cesse de se sentir redevable aujourd&#8217;hui encore ? Althusser, passé du catholicisme  mystique et de Sainte Thérèse au communisme après la guerre, entendait faire passer le marxisme de l&#8217;idéologie (humaniste) à la science, en le dotant de la toute puissance de la théorie (Jean Tellez, <em>BHL</em>,<em> Le philosophe en guerre, </em>Germina<em>,</em> 2011). Ce qu&#8217;il appelait la pratique théorique. Il s&#8217;agissait, en opérant une coupure épistémologique radicale, de débarrasser le  marxisme de sa gangue humaniste, de le débarrasser de toute idée d&#8217;essence humaine, d&#8217;aliénation de l&#8217;homme et de l&#8217;idée du sujet, notion éminemment idéologique et même métaphysique. L&#8217;histoire devenait un &laquo;&nbsp;procès sans sujet ni fin&nbsp;&raquo;, la lutte des classes un processus structural, un pur moteur.  Althusser fascina par sa rigueur théorique Lévy et toute une génération de Normaliens qui allaient, sous sous influence, passer au maoïsme. Lévy  ne fut pas de l&#8217;aventure de la Gauche Prolétarienne sous la houlette de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/benny-levy-10240.html">Benny Lévy</a>, mais fut et, de son propre aveu, demeure, aussi éloigné soit-il de son marxisme  de jeunesse, toujours aujourd&#8217;hui imprégné de ces trois leçons althussériennes: l&#8217;anti-historicisme, l&#8217;anti-naturalisme, l&#8217;anti-organicisme.<br />
Plus encore peut-être, sa dette à l&#8217;égard d&#8217;Althusser, c&#8217;est qu&#8217;avoir été althussérien, c&#8217;était être marxiste contre le marxisme. &laquo;&nbsp;Le passage au maoïsme fut, dit-il, la ruse historique qui engagea le processus  de rupture avec le stalinisme, puis le communisme.&nbsp;&raquo;<br />
Reste néanmoins ce paradoxe que  l&#8217;anti-humanisme althussérien (dont il conserve le concept) aura, chez <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/">Lévy</a>, débouché, au terme de son retour au judaïsme philosophique,  sur l&#8217;humanisme lévinassien de l&#8217;être-juif.<br />
Toute œuvre philosophique, disait <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-baptiste-descroix-vernier-nietzsche-et-les-%C2%AB%E2%80%89voyous-publics%E2%80%89%C2%BB-le-point-du-26112009-3362.html">Nietzsche</a>,  est une biographie mise en concepts (une idiosyncrasie, une névrose, ajoute Lévy), et les systèmes philosophiques servent à camoufler/exprimer un problème personnel. Ce fut le cas de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/petite-introduction-a-l%E2%80%99oeuvre-de-levinas-conference-prononcee-a-new-york-university-le-9-mai-2006-sous-l%E2%80%99egide-de-tom-bishop-28247.html">Kant</a>, bien sûr, mais par dessus tout d&#8217;Althusser, cet humain pathétique qui se fit le théoricien de l&#8217;anti-humanisme. Un sujet habité de démons décrète l&#8217;inexistence du sujet, prône la lecture &laquo;&nbsp;symptomale&nbsp;&raquo; des textes, tient &laquo;&nbsp;l&#8217;aliénation&nbsp;&raquo; pour une bévue humaniste ! La théorie, ici, se fait &laquo;&nbsp;chape de béton tchernobylien&nbsp;&raquo; (Lévy), censée  protéger des radiations de la folie. &laquo;&nbsp;Présence de la maladie au sein même de l&#8217;usine à concepts ; le tribut qu&#8217;ils paient, ces concepts, à ses hantises, son chaos intime, sa nuit.&nbsp;&raquo; Lévy encore : &laquo;&nbsp;C&#8217;est dans le même bain de fantasmes, fureurs et autres démences, que se trempe le métal d&#8217;un  concept ou l&#8217;âme égarée d&#8217;un meurtrier.&nbsp;&raquo;<br />
Car Althusser, errant depuis toujours d&#8217;asile en asile, bipolaire cyclothymique, sur-médicamenté, en analyse interminable avec Diatkine, était fou, allait d&#8217;une saison en enfer à l&#8217;autre. Au point, dans son appartement de la rue d&#8217;Ulm que cet éternel étudiant n&#8217;avait jamais quitté, d&#8217;avoir, le matin du 16 novembre 1980, étranglé sa femme, Hélène Rytman, dite Legotien, juive, communiste, grande Résistante, de dix ans plus âgée que son &laquo;&nbsp;Lelouis&nbsp;&raquo;, après trente-cinq ans de vie commune, d&#8217;amour fou, de folie et d&#8217;orages.<br />
Lévy, dans sa préface aux<em> Lettres à Hélène</em> (Grasset, 2011), cet extraordinaire recueil de lettres à la femme aimée et détruite qui fait suite à cette non moins extraordinaire autobiographie d&#8217;Althusser, <em>L&#8217;avenir dure longtemps</em>, écrite &laquo;&nbsp;après le tombeau&nbsp;&raquo;, après le meurtre de Hélène, Lévy, donc, examine les liens de cette folie et de cette philosophie althussériennes, plongeant &laquo;&nbsp;au cœur d&#8217;une des histoires les plus troubles et les plus édifiantes du XXème siècle&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;Comment faire œuvre quand on a sous le crâne, cette tempête, ce vacarme -ou ce silence- qui fait la folie ?&nbsp;&raquo;<br />
La Légende Louis Althusser, le philosophe génial et fou, est en marche.</p>
<p>Mais Althusser aura été aussi, et peut-être avant tout, cet homme blessé qu&#8217;avait pressenti Lévy dans sa longue fréquentation du philosophe reclus, qu&#8217;il visitait  dans ce bureau de la rue d&#8217;Ulm qui fut celui de Lucien Herr: Lévy surprend ses longs silences; il est intrigué, dès <em>Le Diable en tête</em>, par ces mêmes  livres toujours ouverts à la même page, la même feuille toujours vierge dans la machine à écrire Japy, ces marques sans appel d&#8217;une œuvre qui n&#8217;avançait pas, sinon par de brefs éclairs qui étaient autant de trouées temporaires dans la nuit.<br />
Mais il y eut aussi, pour Lévy, un autre Althusser. C&#8217;étaient les dîners dans sa maison de Gordes, les rencontres derrière Saint-Tropez chez les Salomon, avec un &laquo;&nbsp;Louis&nbsp;&raquo;,  &laquo;&nbsp;gai, vivant, presque comique&nbsp;&raquo; aux antipodes du possédé dostoïevskien. Un autre Althusser, &laquo;&nbsp;celui, écrit-il, que je regretterai le plus&nbsp;&raquo;.<br />
Louis Althusser ce maître, comme une formidable nostalgie.</p>
<p><strong>Gilles Hertzog</strong></p>
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		<title>« Le Serment de Tobrouk » vu par l&#8217;un des siens (un texte de Gilles Hertzog).</title>
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		<pubDate>Wed, 09 May 2012 14:33:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tout est parti d&#8217;un oeil magique, dont BHL et moi-même, profanes en la matière, ne soupçonnions nullement le pouvoir de métamorphose et qui allait en faire le mémorial vivant de cette aventure libyenne.
Il s&#8217;agit d&#8217;un appareil photo numérique dit &#171;&#160;5 D&#160;&#187;, d&#8217;ultime technologie, qui bascule à volonté, sur simple pression d&#8217;un bouton, en caméra vidéo [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/05/bhl-et-gilles-hertzog-libye1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-29019" title="bhl et gilles hertzog libye" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/05/bhl-et-gilles-hertzog-libye1-300x200.jpg" alt="bhl et gilles hertzog libye" width="300" height="200" /></a>Tout est parti d&#8217;un oeil magique, dont BHL et moi-même, profanes en la matière, ne soupçonnions nullement le pouvoir de métamorphose et qui allait en faire le mémorial vivant de cette aventure libyenne.</p>
<p>Il s&#8217;agit d&#8217;un appareil photo numérique dit &laquo;&nbsp;5 D&nbsp;&raquo;, d&#8217;ultime technologie, <span id="more-29016"></span>qui bascule à volonté, sur simple pression d&#8217;un bouton, en caméra vidéo &laquo;&nbsp;full HD&nbsp;&raquo;, d&#8217;une qualité exceptionnelle.</p>
<p>BHL part début mars 2011, via l&#8217;<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/phototheque-bhl-histoire?album=all&amp;gallery=27">Egypte</a>, pour la Libye en guerre, accompagné d&#8217;un reporter-photographe, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/marc-roussel-23672.html">Marc Roussel</a>, accrédité par <em>Le New York Times Syndicate </em>pour un reportage-photos qui devait accompagner le reportage écrit de BHL lui-même.</p>
<p>Marc Roussel enchaîne les prises de vue et, de temps à autre, selon les circonstances, l&#8217;humeur du moment, bascule en caméra, pour le plaisir, par réflexe, sans idée préconçue, sans même nous en aviser. Il finit, un soir de Benghazi où nous sommes un peu libres, par montrer ses images. BHL s&#8217;étonne de leur qualité, de leur force. L&#8217;idée d&#8217;un film commence alors à germer. Puis, compte tenu des événements que nous vivons, des personnages que nous rencontrons, des lieux où nous sommes admis, l’idée se précise, puis s&#8217;impose &#8211; jusqu&#8217;à ce jour de mai, à Paris, où le projet de film est pleinement repris à son compte par BHL.</p>
<p>Seul regret rétroactif : ne pas avoir eu d&#8217;emblée cette idée et avoir laissé « filer » certaines scènes poignantes ou importantes.</p>
<p>Grâce à cet appareil, de cinéma donc, d&#8217;une parfaite légèreté, d&#8217;une parfaite discrétion, en rien intrusif, qui permet de filmer sur le vif, dans l’action, en mouvement, et partout, sans nulle préparation ni anticipation, sera emmagasiné un flot d&#8217;images, prises sur le vif, et qui engendreront, au final, un film à la première personne, aussi vécu, aussi personnel qu&#8217;un <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/la-guerre-sans-l%E2%80%99aimer">Journal d&#8217;écrivain</a>.</p>
<p>Un producteur, François Margolin, entrera alors dans le projet, s&#8217;y identifiera au point de se joindre désormais à nous, sur le terrain, jusqu&#8217;au terme de l’aventure.</p>
<p>Un film de ce genre se raconte mal. Il relève à la fois du documentaire et du cinéma &laquo;&nbsp;pur&nbsp;&raquo;. Il mélange l&#8217;archive brute qu&#8217;est l&#8217;événement filmé en direct avec l&#8217;archive historique. Il mêle les images du présent et du passé. Il passe de l&#8217;information à la réflexion, du contexte immédiat de la guerre, de la chronologie fidèle des événements, à l&#8217;Histoire que ces événements rappellent. Il va de la politique aux souvenirs personnels, à la mémoire du narrateur.</p>
<p>Lequel narrateur n&#8217;est autre que BHL, dont le commentaire en voix off donne une dimension littéraire à ce déroulé en images de la guerre de Libye et de l&#8217;intervention occidentale, telles qu&#8217;il les a soutenues et accompagnées sept mois durant. Un film à la fois très politique et très subjectif. Le film d&#8217;un intellectuel engagé. Un film où l&#8217;activisme politico-diplomatique et militaire d’un écrivain se donne pleinement à voir.</p>
<p>Car les images, plus encore qu&#8217;un livre, s’imposent. Voir et entendre les principaux protagonistes politiques et militaires libyens de cette guerre de libération, tout comme les grands responsables occidentaux, s&#8217;entretenir avec BHL, engager sur le vif une action ensemble, ou évoquer leur propre rôle ou le sien, a quelque chose d&#8217;assez impressionnant.</p>
<p>Le film se passe pour l’essentiel en Libye, de la Cyrénaïque au djebel Nefoussa et Tripoli. Mais il transite par l&#8217;Elysée, nous emmène à New York, à Istanbul, Dakar, Washington ou Londres.</p>
<p>Le montage du film, dû à Vojta Janiska pour l’image et à Laurent Jaïs pour le son, durera cinq mois.</p>
<p>On énumérera quelques scènes de ce film inclassable, qui devrait faire date en matière de récit de guerre, où, comme c&#8217;est la loi du genre, récit et vécu ne font qu&#8217;un.</p>
<p>La scène décisive ou BHL propose tout de go au Président d&#8217;un CNT aux abois devant l&#8217;offensive de Kadhafi sur Benghazi, d&#8217;appeler l&#8217;Elysée et de faire reconnaître le CNT par la France.</p>
<p>Le téléphone qui suit, à <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/nicolas-sarkozy-2947.html">Sarkozy</a>.</p>
<p>La marche nocturne dans les ruines de Misrata, la ville-martyre encerclée par Kadhafi.</p>
<p>Les visites aux avant-postes sur les fronts d&#8217;Ajdabiya et d&#8217;Abdul Raouf.</p>
<p>Les palais souterrains de Kadhafi.</p>
<p>L&#8217;arrivée de BHL sur la Place Verte de Tripoli libérée, au milieu des tirs de joie des kalachnikov.</p>
<p>L&#8217;entretien avec Hillary Clinton, au Département d&#8217;Etat à Washington ; avec David Cameron dans la salle du Conseil des Ministres, à Downing Street.</p>
<p>Les archives de la 2ème D.B. et le serment, à Koufra, en 1941, de libérer la France.</p>
<p>La ronde des pieds autour du cadavre de Kadhafi à la morgue de Misrata.</p>
<p>Le cimetière français de Tobrouk et le serment, au petit matin, des six protagonistes français et libyens du film de ne pas se séparer avant la victoire de la démocratie.</p>
<p>C’est cette scène qui donne son titre au film.</p>
<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/gilles-hertzog-4868.html"><strong>Gilles Hertzog</strong></a></p>
<p><em>Photo : Avril 2011,  au siège de l’état-major des forces libyennes libres, Bernard-Henri Lévy attend Abdel Fatah Younès. (c) Marc Roussel.</em></p>
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		<title>Un avant-papier sur &#171;&#160;Le Serment de Tobrouk&#160;&#187;, le film de Bernard-Henri Lévy (Der Spiegel, 4 avril 2012)</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/un-avant-papier-sur-le-serment-de-tobrouk-le-film-de-bernard-henri-levy-der-spiegel-4-avril-2012-28838.html</link>
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		<pubDate>Tue, 08 May 2012 12:06:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<category><![CDATA[PHILOSOPHER]]></category>
		<category><![CDATA[Qui est BHL ?]]></category>

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		<description><![CDATA[What does this man in a suit and open-collared shirt want from me? That seems to be the question that Mustafa Abdul-Jalil, leader of the Libyan rebels, was asking himself the first time he sat across from the French philosopher Bernard-Henri Lévy.
The surreal scene took place on March 5, 2011 in Benghazi, only hours before [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Der-Spiegel1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-28839" title="Der Spiegel" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Der-Spiegel1-300x56.jpg" alt="Der Spiegel" width="300" height="56" /></a>What does this man in a suit and open-collared shirt want from me?<span id="more-28838"></span> That seems to be the question that Mustafa Abdul-Jalil, leader of the Libyan rebels, was asking himself the first time he sat across from the French philosopher Bernard-Henri Lévy.<br />
The surreal scene took place on March 5, 2011 in Benghazi, only hours before the Libyan National Transitional Council was officially constituted, and two weeks before French fighter jets began bombing Libyan tanks. It illustrated the beginning of the unprecedented story of an intellectual intervening in world politics, with no official mandate and propelled only by himself. The odd thing about it is that it succeeded.<br />
The images are from a film that is currently being completed, a work about Bernard-Henri Lévy and by Bernard-Henri Lévy. And by Marc Roussel, the Paris photographer who accompanied and filmed Lévy during his trips to Libya last year.<br />
Lévy, known in France by the acronym BHL, is one of his country’s most controversial figures, and a man who is often mocked by his critics for his legendary vanity. But it is also beyond dispute that he played a central role in the Libyan war. Lévy convinced French President Nicolas Sarkozy to meet with the rebel leaders when the insurgency was on the verge of defeat. BHL urged Sarkozy to support the rebels militarily. As a result, a leftist intellectual and a conservative president went to war together — a scenario that is likely only possible in France.<br />
Lévy, 63, published some of his experiences as a literary diary in the fall, and now he is providing the corresponding images. « This film is the history of a guy who pressed a button, » says Lévy in the café of a five-star hotel in Saint-Germain on the Left Bank. The « guy » is Marc Roussel, his photographer, who had the presence of mind to activate the video function on his camera at key moments.<br />
Wavy Hair in a War Zone<br />
<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/der-spiegel-film-BHL-11.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-28894" title="der spiegel film BHL 1" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/der-spiegel-film-BHL-11-220x300.jpg" alt="der spiegel film BHL 1" width="220" height="300" /></a>The film is still in production, but an excerpt already underscores the sheer foolhardiness of Lévy’s venture. One of those moments, absurd, comical and yet historic, is the first meeting between Lévy and rebel leader Abdul-Jalil.<br />
Next to Abdul-Jalil, the Frenchman looks as out of place as a well-dressed philosopher with long, wavy hair can look in a war zone. The Libyan looks skeptical. He has no idea who this man is.<br />
« Mr. Abdul-Jalil, » Lévy says solemnly, speaking French. « I am no politician. I am no man of action. I am merely a writer. But like you, I believe that it is better to act than to speak. » A man off-screen translates, while another man asks impatiently: « Do you have a letter from the international community? »<br />
« Give me five minutes! » Lévy replies.<br />
Then he continues in English: « Since my arrival, I have recognized that we can provide you with three things, » which he then proceeds to list: First, a no-fly zone, and second, the bombardment of the airports in Sabha and Sirt, and of then Libyan leader Moammar Gadhafi’s bunker in Tripoli. Third, Lévy says, Gadhafi can no longer be accepted as Libya’s representative internationally, which Abdul-Jalil and his Transitional Council will do in the future.<br />
Abdul-Jalil listens motionlessly. Lévy is improvising the speech of his life. « Now, I have a friend — in France, » he says. « Who is Mr. Sarkozy. I’m not a partisan of Sarkozy, but we are friends. Personal friends. We will take the plane tomorrow, we are in Paris Monday morning and President Sarkozy will receive you and with all the others — or your representatives — at Palais de l’Élysée. This is the first step toward recognition. France will be the first country to officially receive the head of your council. »<br />
‘Now We Call Sarkozy’<br />
Roussel, the photographer who filmed the scene, still finds it spellbinding today. « That was the decisive moment when I realized that something unbelievable was happening in front of me. So I started filming. » He laughs. « What a monumental bluff, » he says. « He had to have a lot of guts to make such an offer without having spoken with Sarkozy first. I still remember what I said to Bernard afterwards: And what do we do now? He replied: That’s easy. Now we call Sarkozy. »<br />
Roussel also filmed Lévy in his ensuing conversations with Sarkozy via satellite phone. He was in Benghazi, BHL told his friend, the president, and the rebels had just formed a council. Would Sarkozy be willing to meet with them?<br />
The president asked for some time to think about it. After two hours, he called back to announce that he would receive Abdul-Jalil in Paris. Things went very quickly after that. The Libyans came to the Elysée Palace, and French Foreign Minister Alain Juppé was furious because he was only told about the meeting afterwards. France recognized the Transitional Council as Libya’s government and convinced the Americans and the British to follow suit.<br />
On March 19, hardly 48 hours after the United Nations Security Council had adopted its resolution on Libya, French jets attacked Gadhafi’s tanks. A philosopher in a white Dior shirt had led the West into war.<br />
Lévy beams when he is asked about his first meeting with Abdul-Jalil. The poker game he was playing still amuses him today. « It was a bet, » he says. At the time, he hadn’t been in contact with Sarkozy in years.<br />
The two men have known each other since 1983, when Lévy lived in Neuilly, an upscale Paris suburb, where Sarkozy had just been elected mayor. In the small world of Paris, it’s nothing unusual for a leftist intellectual and a conservative politician to become friends. But the two had a falling out during the 2007 election campaign, when Lévy supported the Socialist candidate Ségolène Royal. Sarkozy’s advisory Henri Guaino called the philosopher « a pretentious little asshole. »<br />
Not Voting for Sarkozy<br />
Since their joint war in Libya, an unusual closeness has developed between Lévy and the president. « I discovered a seriousness in him that I liked, a toughness that I didn’t know and a sense for the country and history that surprised me, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/der-spiegel-film-BHL-page-22.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-28895" title="der spiegel film BHL page 2" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/der-spiegel-film-BHL-page-22-215x300.jpg" alt="der spiegel film BHL page 2" width="215" height="300" /></a>» says Lévy. It will make it difficult for him to vote against Sarkozy in the upcoming presidential election, he adds. « But there are now so many other things in his campaign of which I disapprove, so I won’t vote for him. » He can’t abide the way Sarkozy is stirring up the mood against Muslims and foreigners.<br />
Nevertheless, the two men are still close, now that they have done each other a service. Lévy enabled Sarkozy to achieve the biggest foreign policy success of his presidency, and the president helped make Lévy’s old desire to influence world politics a reality.<br />
Lévy had tried it several times before. During the Bosnian war, he went to see Alija Izetbegovi, the leader of the Bosnian Muslims. In Afghanistan, he once met with General Ahmed Sheikh Massoud. He said a similar thing to both men: I want you to come to Paris and meet the president. But neither of the two former presidents in question, François Mitterand or Jacques Chirac, was interested in helping. « I am a person who tries. I have spent my entire life trying things, » says Lévy.<br />
He sees his commitment on behalf of the Libyan revolution in the tradition of French Colonel Philippe Leclerc. After the African triumphal march by the Free French Forces in 1941, he made a pledge called the « Oath of Kufra »: « Swear not to lay down arms until our colors, our beautiful colors, float on the Strasbourg Cathedral. » Lévy’s film will be called « Le serment de Tobrouk, » or « The Oath of Tobruk. »<br />
Not a Shadow of a Doubt<br />
Lévy also couldn’t stay in Paris after NATO began its invasion last March. He took five trips to Libya and toured the war zone, accompanied by Roussel, an assistant and a bodyguard. They went to Misrata and the Nafusa Mountains, and after Gadhafi was overthrown, they celebrated in Tripoli.<br />
Countless photos were taken of Lévy in the desert, standing in front of tanks and in the midst of rubble, and they were published in newspapers worldwide. In the photos, Lévy’s suit always fit perfectly, and it certainly wouldn’t be amiss to imagine a similar look in the documentary film. The protagonist himself does the voiceover. Sarkozy and British Prime Minister David Cameron also appear in the film, recounting their experiences with the campaign in interviews.More than a year after Lévy’s first visit to Benghazi, Libya still isn’t a proper country. It is unclear when elections will take place, the country has no leadership and militias are grappling for power. « People are saying whatever they feel like. Libya is in much better shape than I read everywhere, » says Lévy. « The militias aren’t making laws, and the disarming process is well underway. Life has resumed in Benghazi and Tripoli, and the Islamists will be weaker than in Egypt. » It seems as if he were taking the criticism of progress in Libya personally. Although, on a recent trip, he filmed inside some prisons due to concerns about reports of torture. He remains cautious, but says they were « rather positively surprised » by what they saw.<br />
He refuses to allow pessimists to diminish his campaign. A year ago, when he was sitting with Abdul-Jalil, he didn’t know how his bet would turn out, he says. « Today I am happy and worried, but mostly happy. I believe deeply that I was right. In fact, I don’t have a shadow of a doubt that I was. »</p>
<p><em><strong>Mathieu von Rohr</strong><br />
</em><em> Translated from the German by Christopher Sultan</em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Comment se passera la projection du &#171;&#160;Serment de Tobrouk&#160;&#187;, le film de BHL, à Cannes (Parismatch.com)</title>
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		<pubDate>Mon, 07 May 2012 15:27:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[«Après la bataille» et après la guerre : le printemps arabe et son prolongement en Libye seront célébrés sur la Croisette. Le film-documentaire de Bernard-Henri Lévy, «Le Serment de Tobrouk» intègre la sélection officiellelors d’une séance spéciale le 25 mai prochain.
QUATRE INVITÉS
Tourné pendant les huit mois du conflit libyen ayant mis fin à la dictature [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="border-image: initial; outline-width: 0px; outline-style: initial; outline-color: initial; font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; vertical-align: baseline; margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 15px; margin-left: 0px; line-height: 17px; text-align: justify; padding: 0px; border: 0px initial initial;"><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/05/bhl-Tobrouk.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-29005" title="bhl Tobrouk" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/05/bhl-Tobrouk-299x200.jpg" alt="bhl Tobrouk" width="299" height="200" /></a>«Après la bataille» et après la guerre : le printemps arabe et son prolongement en Libye seront célébrés sur la Croisette. Le film-documentaire de Bernard-Henri Lévy, «<em>Le Serment de Tobrouk»</em> intègre la sélection officiellelors d’une séance spéciale le 25 mai <span id="more-29003"></span>prochain.</p>
<p><span style="color: #ee0000; font-family: Helvetica, Arial, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 17px; text-align: justify; text-transform: uppercase;">QUATRE INVITÉS</span></p>
<p style="border-image: initial; outline-width: 0px; outline-style: initial; outline-color: initial; font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; vertical-align: baseline; margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 15px; margin-left: 0px; line-height: 17px; text-align: justify; padding: 0px; border: 0px initial initial;">Tourné pendant les huit mois du conflit libyen ayant mis fin à la dictature de Mouammar Kadhafi, co-réalisé par le journaliste et photographe de guerre Marc Roussel, «Le Serment de Tobrouk» raconte «la révolte spontanée et populaire qui se transforme en Révolution grâce à la détermination de quelques femmes et hommes, en Libye bien sûr, mais aussi à Paris, à Londres, à New York et ailleurs», explique le Festival de Cannes sur son site officiel. Son titre est une allusion au « serment de Koufra », qui a marqué l’histoire de la France libre et la seconde guerre mondiale. « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg.», fit prêter serment le colonel Philippe Leclerc, après une bataille à Koufra, oasis du sud-libyen.</p>
<p style="border-image: initial; outline-width: 0px; outline-style: initial; outline-color: initial; font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; vertical-align: baseline; margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 15px; margin-left: 0px; line-height: 17px; text-align: justify; padding: 0px; border: 0px initial initial;">Le Festival de Cannes accueillera quatre acteurs importants de la révolution libyenne, qui assisteront à la projection et dédieront leur action à la résistance syrienne contre Bachar Al-Assad. «<em>En invitant</em> Le Serment de Tobrouk, <em>dont le montage est à peine achevé</em>, <em>Gilles Jacob et Thierry Frémaux entendent rappeler qu’un film peut être aussi le passage de flambeau entre des peuples que rassemble le même amour de la liberté</em>», conclut le communiqué. Le film sortira le 6 juin prochain.</p>
<p style="border-image: initial; outline-width: 0px; outline-style: initial; outline-color: initial; font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; vertical-align: baseline; margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 15px; margin-left: 0px; line-height: 17px; text-align: justify; padding: 0px; border: 0px initial initial;"><span style="font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-weight: bold; line-height: 17px; text-align: justify;">Yannick Vely	 &#8211; Parismatch.com</span></p>
<p style="border-image: initial; outline-width: 0px; outline-style: initial; outline-color: initial; font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; vertical-align: baseline; margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 15px; margin-left: 0px; line-height: 17px; text-align: justify; padding: 0px; border: 0px initial initial;"><em><span style="font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-weight: bold; line-height: 17px; text-align: justify;">Photo : Bernard-Henri Lévy, </span>Place du 17 février 2011, à Tobrouk. (c) Marc Roussel</em>.</p>
<p style="border-image: initial; outline-width: 0px; outline-style: initial; outline-color: initial; font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; vertical-align: baseline; margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 15px; margin-left: 0px; line-height: 17px; text-align: justify; padding: 0px; border: 0px initial initial;">
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>La derecha, frente al lepenismo (El Pais, 6 mai 2012)</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/la-derecha-frente-al-lepenismo-el-pais-6-mai-2012-28996.html</link>
		<comments>http://www.bernard-henri-levy.com/la-derecha-frente-al-lepenismo-el-pais-6-mai-2012-28996.html#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 06 May 2012 09:47:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<category><![CDATA[extrema derecha]]></category>
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		<description><![CDATA[Mi última crónica vino seguida de una avalancha de reacciones, cartas de los lectores y comentarios.
Así que voy a hacer algunas puntualizaciones.
El Frente Nacional no es un partido de derecha, sino de extrema derecha.
Entre la derecha y la extrema derecha existe la misma diferencia de  naturaleza, la misma barrera de especie que, según argumentamos [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/03/El-Pais3.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-28152" title="El Pais" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/03/El-Pais3.jpg" alt="El Pais" width="104" height="104" /></a>Mi última crónica vino seguida de una avalancha de reacciones, cartas de los lectores y comentarios.</p>
<p>Así que voy a hacer algunas puntualizaciones.</p>
<p>El Frente Nacional no es un partido de derecha, sino de extrema <span id="more-28996"></span>derecha.</p>
<p>Entre la derecha y la extrema derecha existe la misma diferencia de  naturaleza, la misma barrera de especie que, según argumentamos hace  poco, opone a la izquierda y a la extrema izquierda o, como decían los  disidentes de la Europa central, a la izquierda moderada y a la  totalitaria.</p>
<p>La izquierda estuvo a punto de morir —y de <em>La barbarie con rostro humano</em> a <em>Ce grand cadavre à la renverse</em>,  no he cesado de repetirlo— a causa de su proximidad, aunque nada más  fuera semántica, con un comunismo del que Camus decía ya que para la  mitad de la humanidad era la otra cara del “dolor” y la “injusticia”, y  no de la “esperanza”.</p>
<p>El origen de sus errores, la fuente constante de su ceguera (y  durante mucho tiempo, de su deshonor), fue esa idea tenaz de una gran  familia, “la” izquierda, con dos ramas, la socialdemocracia y el  estalinismo, el leninismo o, para abreviar, el totalitarismo.</p>
<p>Bien, pues, <em>mutatis mutandis</em>, lo mismo ocurre hoy con la derecha.</p>
<p>Es la misma lucha a muerte con los sucesores (orgullosos de serlo) de  esos otros totalitaristas que antaño fundaran el FN sobre las ruinas  del vichysmo.</p>
<p>Es el mismo combate sin cuartel contra la sucesora de un viejo jefe  cuyo antisemitismo, racismo, odio por la democracia, por la cultura y  por la inteligencia han sido (y siguen siendo) una fijación mórbida e  intensa.</p>
<p>Y, se mire como se mire, es también la misma trampa fatal. Ni  siquiera hablo de alianza ni de contrato en debida forma: la simple  retórica basta, o el llamamiento a los votantes perdidos, o incluso el  simple gesto de sumar en un mismo “bloque de derechas” a los electores  de la UMP [Unión por un Movimiento Popular, que lidera Nicolas Sarkozy] y  a los de la “ola azul Marine”. Cuando se sugiere, incluso cuando solo  se sugiere, que hay algún tipo de afinidad, o una filiación rota, o un  origen y un patrimonio comunes, aunque sea vagamente comunes, entre la  derecha civilizada y las obsesiones de una candidata que, por herencia,  por la lógica de su entorno, por temperamento, no persigue otra meta que  la “recomposición” de la derecha republicana y liberal, es decir, su  destrucción, estamos ante la misma trampa fatal.</p>
<p>Herencia: la tradición fascista que la señora Le Pen asume alto y claro cuando, interrogada por el diario israelí <em>Haaretz</em> sobre los crímenes de la Colaboración, exclama que no quiere “hablar mal de su país”.</p>
<p>Entorno: la multitud de consejeros, cuadros del partido, viejos y  jóvenes notables que afirman su proximidad, uno con el negacionismo,  otro con el hitlerismo, el tercero con los padres fundadores nazis de la  dinastía de hecho que reina en Siria desde hace casi medio siglo.</p>
<p>Por último, temperamento: las tendencias facciosas que la delatan, y  es que la cabra tira al monte, cuando anuncia su intención de “romperlo  todo” si entra en el Parlamento, como en los viejos tiempos del  poujadismo republicano.</p>
<p>Los neofascistas del FN no darán cuartel a los liberales de la UMP en  la guerra que les han declarado. Una concesión por parte de estos  últimos, una renuncia, una vacilación, y están muertos.</p>
<p>Una última cosa…</p>
<p>Sí, una última observación en respuesta a quienes me escriben que un  votante de François Hollande no es quién para meterse en los asuntos de  la derecha, y que esta prefiere “lavar los trapos sucios en familia”.</p>
<p>En primer lugar, lo repito, la misma idea de “familia” constituye el  primer y gran error, el hilo que hay que cortar, pues manteniéndolo, y  luego siguiéndolo, es como se cava una tumba política.</p>
<p>Pero hay más: si se puede extraer una lección del terrible siglo XX,  es que, de todas formas, este supuesto asunto de “familia” nunca es tal  cosa, pues del resultado de ese cuerpo a cuerpo depende el destino de  todos nosotros.</p>
<p>Tradicionalmente, es la izquierda la que clama que “el fascismo no pasará”.</p>
<p>Sin embargo, en la práctica, es de la derecha, con su capacidad de  resistencia, su determinación para desbaratar la trampa y su  preocupación por el honor, al mismo tiempo que su inteligencia de las  relaciones de fuerzas, de la que depende que pase o no pase.</p>
<p>Cada vez que la derecha ha cedido, el fascismo ha pasado.</p>
<p>Cada vez que ha aguantado, cada vez que se ha negado a vender su alma  en defensa de unos intereses a corto plazo que, de todas formas,  generalmente sacrifica acto seguido, cada vez que ha asumido el riesgo  de perder unas elecciones en vez de asumir el de perder su honor para,  como digo, perder casi siempre las elecciones a continuación, el  fascismo ha sido detenido.</p>
<p>Hoy, casi cuarenta años después de su nacimiento, y sea cual sea el  resultado de las presidenciales, comienza la verdadera batalla contra el  FN.</p>
<p>Y serán ante todo los herederos de Tocqueville, Aron o el general De  Gaulle quienes, por vocación y casi por naturaleza, den esta batalla. De  su desenlace depende la mismísima salvación de la idea republicana.</p>
<p><strong>Bernard-Henri Lévy</strong></p>
<p><em>Traducción: José Luis Sánchez-Silva</em></p>
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		<title>&#171;&#160;Le serment de Tobrouk&#160;&#187; de Bernard-Henri Lévy sera présenté à Cannes (Première, le 4 mai 2012)</title>
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		<pubDate>Sat, 05 May 2012 17:08:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;écrivain philosophe Bernard Henri Lévy a suivi de près le conflit libyen et en a même tiré un film, Le Serment de Tobrouk, qui intègre aujourd&#8217;hui la sélection officielle du Festival de Cannes en séance spéciale. Le projet s&#8217;agrémente des photographies du photographe Marc Roussel et s&#8217;intéresse à la révolution du peuple opprimé contre son dictateur, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/05/logo-première.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-28974" title="logo première" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/05/logo-première.jpg" alt="logo première" width="265" height="104" /></a>L&#8217;écrivain philosophe Bernard Henri Lévy a suivi de près le conflit libyen et en a même tiré un film, <em>Le Serment de Tobrouk,</em> qui intègre aujourd&#8217;hui la sélection officielle du Festival de Cannes en séance spéciale.<span id="more-28972"></span> Le projet s&#8217;agrémente des photographies du photographe <a href="http://http://www.bernard-henri-levy.com/marc-roussel-23672.html">Marc Roussel</a> et s&#8217;intéresse à la révolution du peuple opprimé contre son dictateur, Mouammar Khadafi.</p>
<p><em>Le Serment de Tobrouk </em>cherche à témoigner d’un fait inéluctable : l’Histoire n’est pas figée dans le temps, et la liberté politique et humaine sont le résultat d’un combat acharné. Le communiqué de presse du Festival de Cannes, qui dévoile l&#8217;info, explique aussi que quatre personnes de la première heure de la révolution libyenne seront présentes à Cannes pour cette 65ème édition et précise que le long-métrage est tout juste terminé.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;En invitant Le Serment de Tobrouk, dont le montage est à peine achevé, Gilles Jacob et Thierry Frémaux entendent rappeler qu’un film peut être aussi le passage de flambeau entre des peuples que rassemble le même amour de la liberté</em>,&nbsp;&raquo; conclue le papier. Pour son réalisateur, choisir d&#8217;intégrer ce film à Cannes est avant tout un geste politique. Interrogé par<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/bhl-en-selection-officielle-a-cannes-pour-son-film-sur-la-libye-sa-reaction-huffpost-le-4-mai-2012-28981.html"> le Huffington Post,</a> il s&#8217;est dit &nbsp;&raquo;<em>ému</em>&nbsp;&raquo; par ce choix : &nbsp;&raquo;<em>Le film montre, je crois, ce qui pourrait être fait, en Syrie par exemple, si on décidait une bonne fois de dire halte au massacre. Homs aujourd&#8217;hui, c&#8217;est Benghazi hier. Ce qu&#8217;on a fait à Benghazi, on pourrait le faire à Homs. Et que ce film soit montré là, à Cannes, permettra que cela soit dit et montré. Le Serment de Tobrouk est un film politique. Le geste de Thierry Frémaux est un geste politique</em>.&nbsp;&raquo;</p>
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		<title>BHL en sélection officielle à Cannes pour son film sur la Libye, sa réaction (HuffPost le 4 mai 2012)</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/bhl-en-selection-officielle-a-cannes-pour-son-film-sur-la-libye-sa-reaction-huffpost-le-4-mai-2012-28981.html</link>
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		<pubDate>Sat, 05 May 2012 10:04:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Cannes continue son festival d&#8217;annonces. Plusieurs films sont effectivement rentrés dans la sélection officielle depuis quelques jours. Le dernier en date promet d&#8217;être un évènement particulier : Le Serment de Tobrouk de Bernard-Henri Lévy qui retrace la révolution libyenne et la chute de  Kadhafi est programmé en séance spéciale vendredi 25 mai.Distribué par  [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/05/BHL-en-Libye-1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-28985" title="BHL en Libye 1" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/05/BHL-en-Libye-1-299x200.jpg" alt="BHL en Libye 1" width="299" height="200" /></a>Cannes continue son festival d&#8217;annonces. Plusieurs films sont effectivement rentrés dans la sélection officielle depuis quelques jours. Le dernier en date promet d&#8217;être un évènement particulier : <em>Le Serment de Tobrouk</em> de Bernard-Henri Lévy qui retrace la révolution libyenne et la chute de  Kadhafi est programmé en séance spéciale<span id="more-28981"></span> vendredi 25 mai.Distribué par  le Studio 37, filiale d&#8217;Orange, le documentaire est composé d&#8217;images  réalisées par le photographe <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/marc-roussel-23672.html">Marc Roussel</a>.</p>
<p>Interrogé par le <em><a href="http://http://www.bernard-henri-levy.com/arianna-huffington-2472.html">Huffington Post</a></em>, BHL a confié ses premières  impressions: &laquo;&nbsp;<em>Oui, bien sûr, je suis très ému. Car ce film marque  l&#8217;aboutissement d&#8217;un combat que je mène, avec d&#8217;autres, depuis 35 ans:  le combat pour le devoir d&#8217;ingérence</em>.&nbsp;&raquo; Il souligne la portée politique  de cette sélection : &laquo;&nbsp;<em>Le film montre, je crois, ce qui pourrait être fait, en Syrie par  exemple, si on décidait une bonne fois de dire halte au massacre. Homs  aujourd&#8217;hui, c&#8217;est Benghazi hier. Ce qu&#8217;on a fait à Benghazi, on  pourrait le faire à Homs. Et que ce film soit montré là, à Cannes,  permettra que cela soit dit et montré. </em>Le Serment de Tobrouk<em> est un film politique. Le geste de Thierry Frémaux</em> (ndlr: directeur général du Festival) <em>est un geste politique</em>.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Dans un communiqué officiel, le Festival de Cannes apporte des précisions sur l’évènement : &laquo;&nbsp;R<em>éunis par Bernard-Henry Lévy et accueillis par le Festival de Cannes,  quatre personnages de la première heure de la révolution libyenne seront  présents à Cannes, pour assister à la projection, et parce qu&#8217;ils  veulent dédier ce qu&#8217;ils ont fait, et réussi, à leurs amis syriens. En  invitant Le Serment de Tobrouk, dont le montage est à peine achevé,  Gilles Jacob et Thierry Frémaux entendent rappeler qu’un film peut être  aussi le passage de flambeau entre des peuples que rassemble le même  amour de la liberté</em>.&nbsp;&raquo;</p>
<p>En Syrie, les forces de Bachar al-Assad continuent de bombarder Homs et les opposants au régime. Le film devrait donc plonger dans les  coulisses de la révolution libyenne et souligner le rôle joué par le  philosophe dans la résolution du conflit et l&#8217;élaboration d&#8217;une  médiation européenne menée par <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/nicolas-sarkozy-2947.html">Nicolas Sarkozy</a> et David Cameron.</p>
<p>En avril dernier, <em>Der Spiegel</em> publiait un article décrivant quelques extraits du film. Le journaliste détaillait notamment la rencontre entre Bernard-Henri Lévy et Moustafa Abdeljelil, leader des rebelles libyens.</p>
<p>Le philosophe-écrivain accompagné par  Marc Roussel qui a tourné les images de ces voyages (six au total entre Benghazi,  Tripoli et Misrata) raconte une partie de cette expérience dans <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/la-guerre-sans-l%E2%80%99aimer"><em>La Guerre sans l’aimer</em> </a>(640 pages, 22 euros, Grasset) qui annonçait en sous-titre le &laquo;&nbsp;journal d’un écrivain au cœur du printemps libyen&nbsp;&raquo;.</p>
<p><a href="http://http://www.dailymotion.com/video/xhdrv8_l-appel-de-bhl-depuis-benghazi-libye-en-direct-sur-tf1-au_news">Sur TF1</a>, Bernard-Henri Lévy explique en direct sur le terrain les  dangers représentés par Mouammar Kadhafi, après s&#8217;être entretenu avec  les membres du nouveau Conseil National de Transition, conseil  indépendant créé par les insurgés à Benghazi, dans l&#8217;est de la la Libye.  Il soutient que la menace la plus importante est l&#8217;aviation libyenne et  craint un &laquo;&nbsp;<em>véritable </em>Viva la Muerte<em> pétrolier&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ce gouvernement provisoire s&#8217;est constitué à partir de rien. Malgré  tout, il possède une détermination incroyable et une force de caractère.  Kadhafi, c&#8217;est Ben Ali et Moubarak puissance 10.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Bernard-Henri Lévy avait aussi accompagné David Cameron et Nicolas  Sarkozy lors d&#8217;une visite éclair. Il décrivait alors un &laquo;&nbsp;sentiment de  libération&nbsp;&raquo; à<a href="http://www.dailymotion.com/video/xl4ff4_bernard-henri-levy-en-libye-relate-la-visite-de-sarkozy_news"> BFMTV </a>et comparait ce voyage &laquo;&nbsp;historique&nbsp;&raquo; du président  français à celui de François Mitterrand à Sarajevo en 1992. &laquo;&nbsp;<em>C&#8217;est un  grand geste politique</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Le Huffington Post</p>
<p><em>Photo : Sur la route de Nalout ; les tanks abandonnés de Kadhafi, juillet 2011 (c) Marc Roussel.</em></p>
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		<title>Bernard-Henri Lévy en Sélection Officielle, à Cannes, pour &#171;&#160;Le Serment de Tobrouk&#160;&#187; (Le Point du 4 mai 2012)</title>
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		<pubDate>Fri, 04 May 2012 15:55:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Bernard-Henri Lévy sera l’une des vedettes du prochain festival de Cannes. Son film « Le Serment de Tobrouk », directement inspiré de son livre retraçant son engagement dans l’intervention française en Libye, &#171;&#160;La guerre sans l&#8217;aimer&#160;&#187;, a en effet été retenu dans la sélection officielle du festival, mais hors compétition. Le titre « Le Serment de Tobrouk » est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/05/film1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-28949" title="film" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/05/film1.jpg" alt="film" width="286" height="191" /></a>Bernard-Henri Lévy sera l’une des vedettes du prochain festival de Cannes. Son film « Le Serment de Tobrouk », directement inspiré de son livre retraçant son engagement dans l’intervention française en Libye,<em> <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/la-guerre-sans-l%E2%80%99aimer">&laquo;&nbsp;La guerre sans l&#8217;aimer&nbsp;&raquo;</a></em>, a en effet été retenu dans la sélection officielle du festival, <span id="more-28953"></span>mais hors compétition. Le titre « Le Serment de Tobrouk » est une allusion au « serment de Koufra », cette oasis du sud libyen où la France libre, à travers le General Leclerc et sa 2eme BD, connut sa première victoire en 1941.</p>
<p>Le long métrage, qui sortira en salles le 6 juin prochain, est produit par Francois Margolin auteur et réalisateur du film « L’Opium des Talibans », en 2000. Il est co-realisé par <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/marc-roussel-23672.html">Marc Roussel</a>, photographe de guerre qui a accompagné Bernard-Henri Lévy dans tous ses voyages libyens. Il est distribué par Studio 37, filiale cinéma du Groupe Orange. Les images ont été tournées par Bernard-Henri Lévy et Marc Roussel eux-mêmes.</p>
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		<title>Michel Foucault éducateur</title>
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		<pubDate>Fri, 04 May 2012 14:19:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Appelez Canguilhem. Lui sait comment mourir&#160;&#187;. Tel fut le dernier mot de Michel Foucault, atteint du sida, invoquant son maître Canguilhem, immense historien des sciences et grand résistant. &#171;&#160;Très beau, dit Lévy &#8211; trop beau ?&#160;&#187;
Mais ce recours ultime au maître en majesté résume, aujourd&#8217;hui encore, pour BHL, le rapport que lui-même, jeune Normalien, entretint [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/michel-foucault.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-28742" title="MICHEL FOUCAULT-PORTRAIT" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/michel-foucault.jpg" alt="MICHEL FOUCAULT-PORTRAIT" width="196" height="276" /></a>&laquo;&nbsp;Appelez<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/professeur-depistemologie-13660.html"> Canguilhem</a>. Lui sait comment mourir&nbsp;&raquo;. Tel fut le dernier mot de Michel Foucault, atteint du sida, invoquant son maître Canguilhem, immense historien des sciences et grand résistant. &laquo;&nbsp;Très beau, dit Lévy &#8211; trop beau ?&nbsp;&raquo;<br />
Mais ce recours ultime au maître en majesté résume, aujourd&#8217;hui encore, pour BHL, le rapport que lui-même, jeune Normalien, entretint avec Foucault, éducateur hors pair, maître en épistémé (ensemble des connaissances d&#8217;une époque, avec leurs présupposés et leurs conditions de possibilité) et archéologue sans pareille du mode de production des savoirs, des discours, des pouvoirs sous toutes leurs formes, des pratiques médicales, psychiatriques, pénitentiaires et autres, de leur archive et de leur généalogie, de leurs énoncés, de leurs agencements, des luttes<span id="more-28740"></span> d&#8217;appropriation et des enjeux  qu&#8217;ils déchaînent, des règles souterraines qui les distribuent, des mesures disciplinaires, des cliniques, des contrôles et des polices qui les régissent, de leurs socle (mais aussi de leurs miettes et de leurs disséminations capillaires), de leurs bords, de leurs frontières, de leurs principes de raréfaction, de leurs régimes de diffusion et de dispersion, de leurs seuils, enfin, et de leurs fractures. Savoir et pouvoir, pratiques discursives et pratiques de pouvoir, vont de pair. Même si Foucault, Lévy le souligne fortement, se gardait bien d&#8217;une interprétation et d&#8217;une liaison mécanistes du rapport Savoir/Pouvoir. Le savoir psychiatrique, à l&#8217;Age classique, portait en lui la clôture à venir de l&#8217;Asile, la médecine de Bichat l&#8217;enceinte de l&#8217;Hôpital, l&#8217;économie politique naissante le cercle de l&#8217;Usine. Avec, pour chacune, l&#8217;invention de la figure du fou, du malade, du prolétaire. mais attention : ni rapport d&#8217;analogie ni de causalité linéaire. En revanche, oui, articulation, imbrication, contamination, dérive, équivocité, constellation.<br />
Foucault fut, pour BHL et tant d&#8217;autres intellectuels de la génération 68, cette &laquo;&nbsp;boîte à outils&nbsp;&raquo; épistémologique, ce  souverain maître en sciences de l&#8217;homme et en déniaisement du regard sur les systèmes de pouvoir et les régimes sociétaux, que fut, à son égal, sur un même horizon, dans une même posture de scientificité et d&#8217;anti-humanisme théorique, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/louis-althusser-2323.html">Louis Althusser</a>, en philosophie et praxis politiques.<br />
Foucault est, avec <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jacques-lacan-21972.html">Lacan</a>, la référence majeure de &laquo;&nbsp;<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/la-barbarie-a-visage-humain-2-1145.html"><em>La Barbarie à visage humain</em></a>&laquo;&nbsp;. Il revient dans son &laquo;&nbsp;<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/le-siecle-de-sartre-225.html"><em>Siècle de Sartre</em></a>&laquo;&nbsp;. Il est probablement le vrai passeur de ce nietzschéisme diffus que l&#8217;on sent dans toute l&#8217;œuvre de Lévy. Et j&#8217;allais oublier le fait que Lévy consacra son mémoire de maîtrise, l&#8217;exercice préalable au concours d&#8217;Agrégation, à &laquo;&nbsp;la formation et le déplacement des concepts scientifiques selon Georges Canguilhem&nbsp;&raquo; &#8211; le maître que Foucault voulut convoquer à l&#8217;heure de son dernier soupir.</p>
<p>Et puis il y eut, pour <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/">Lévy</a>, l&#8217;homme Foucault, qu&#8217;il a bien connu, beaucoup lu et commenté, et à jamais admiré. Il dresse dans &laquo;&nbsp;<em>Questions de principe X</em> (Ici et ailleurs)&nbsp;&raquo;, à propos du livre de Blandine Kriegel (<em>Michel Foucault aujourd&#8217;hui</em>, Plon 2004), un portrait émouvant de ce maître sans héritiers, &laquo;&nbsp;bête sans espèce&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;athlète de la pensée et virtuose des mots&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;le plus pirandellien des philosophes contemporains&nbsp;&raquo;. Il y eut aussi, aux côtés de Genêt et de Claude Mauriac, le militant du Groupe d&#8217;information sur les prisons, un des parrains du premier<em> Libération</em>. Il y eut aussi, hélas, ce Foucault, Lévy ne l&#8217;omet pas,  qui soutint &laquo;&nbsp;le procès populaire&nbsp;&raquo; mené par les Maos de la Gauche Prolétarienne contre le notaire de Bruay en Artois, accusé du meurtre d&#8217;une fillette, en raison de ses origines de classe. Mais, à cette exception près (que Foucault partagea avec <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html">Sartre</a>), l&#8217;homme Foucault aura été, pour BHL, un passeur capital pour une philosophie en actes, au plus près des mots et des choses.</p>
<p><strong>Gilles Hertzog</strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>La version allemande du Bloc-Notes de Bernard-Henri Lévy : &#171;&#160;Adresse à la droite républicaine confrontée à la nouvelle offensive lepéniste&#160;&#187; (Die Welt, 3 mai 2012)</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/la-version-allemande-du-bloc-notes-de-bernard-henri-levy-adresse-a-la-droite-republicaine-confrontee-a-la-nouvelle-offensive-lepeniste-die-welt-3-mai-2012-28932.html</link>
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		<pubDate>Thu, 03 May 2012 12:49:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Mein letzter Notizblog hat eine Lawine von Reaktionen, Leserbriefen und  Kommentaren ausgelöst. Also: Ich präzisiere. Der Front National ist  nicht eine Partei der Rechten, sondern der extremen Rechten. Zwischen  der Rechten und der extremen Rechten gibt es den gleichen  Wesensunterschied, die gleiche Art von Barriere, von der wir einst  sagten, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Die-Welt-logo1-300x574.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-28763" title="Die-Welt-logo1-300x57" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Die-Welt-logo1-300x574.jpg" alt="Die-Welt-logo1-300x57" width="300" height="57" /></a>Mein letzter Notizblog hat eine Lawine von Reaktionen,<span id="more-28932"></span> Leserbriefen und  Kommentaren ausgelöst. Also: Ich präzisiere. Der Front National ist  nicht eine Partei der Rechten, sondern der extremen Rechten. Zwischen  der Rechten und der extremen Rechten gibt es den gleichen  Wesensunterschied, die gleiche Art von Barriere, von der wir einst  sagten, dass sie zwischen der Linken und der extremen Linken besteht,  oder wie es die Dissidenten in Mitteleuropa ausdrückten: zwischen der  moderaten und der totalitären Linken.</p>
<p>Die Linke wäre fast an ihrer  Nähe &#8211; und sei es nur einer semantischen Nähe &#8211; zum Kommunismus  gestorben (und ich habe nie aufgehört, das zu wiederholen, von meinem  ersten Essay &laquo;&nbsp;La barbarie à visage humain&nbsp;&raquo; 1977 bis zu &laquo;&nbsp;Ce grand cadavre  à la renverse&nbsp;&raquo; von 2007). Einem Kommunismus, von dem schon Camus sagte,  dass er für die Hälfte der Menschheit nicht ein anderes Wort für  &laquo;&nbsp;Hoffnung&nbsp;&raquo; ist, sondern für &laquo;&nbsp;Brandwunde&nbsp;&raquo;, also ein Schimpfwort.</p>
<p id="p2">Ein Grundfehler  der Linken, die ständige Quelle ihrer Verblendungen (und einst ihrer  Ehrlosigkeit), war diese hartnäckige Idee einer großen Familie (&nbsp;&raquo;die&nbsp;&raquo;  Linke), innerhalb derer die Sozialdemokratie eine Strömung war und der  Stalinismus, der Leninismus, kurz, der Totalitarismus eine andere  Strömung. Nun ja, mutatis mutandis: Heute geht es der Rechten genauso.</p>
<p id="p3">Wir sehen den  gleichen tödlichen Kampf der Konservativen mit den Nachfolgern (die so  stolz darauf sind, es zu sein) dieser anderen Totalitaristen, die einst  den Front National auf den Ruinen von Vichy gegründet haben. Wir erleben  das gleiche gnadenlose Gefecht der Konservativen mit der Kronprinzessin  des alten Chefs Jean-Marie Le Pen, der auf so intensive wie morbide  Weise fixiert war auf Antisemitismus, Rassismus, Hass auf die  Demokratie, die Kultur und die Intelligenz (und dies immer noch ist).</p>
<p id="p4">Es ist die  gleiche Falle wie einst bei der Linken. Ich rede gar nicht von  politischen Allianzen oder einem ordentlichen festgeschriebenen Bündnis.  Es reicht alleine die Rhetorik oder das Werben um verirrte Stimmen. Es  reicht schon die simple Wendung, mit der man die Wähler der UMP und die  der &laquo;&nbsp;Marine-blauen Welle&nbsp;&raquo; einfach in einem &laquo;&nbsp;rechten Block&nbsp;&raquo;  zusammenzählt. Man tappt schon in diese fatale Falle, wenn man auch nur  anklingen lässt, dass es vielleicht eine Art von Affinität geben könnte  oder eine unterbrochene Zugehörigkeit, oder eine Gemeinschaft &#8211; und sei  es eine vage &#8211; der Herkunft und des Patrimoniums zwischen der  zivilisierten Rechten und den Obsessionen einer Kandidatin, die durch  ihr Erbe, ihre Entourage und ihr Temperament nichts anderes verfolgt als  die &laquo;&nbsp;Rekomposition&nbsp;&raquo;, das heißt im Klartext Zerstörung der  republikanischen und liberalen Rechten.</p>
<p id="p5">Ihr Erbe: die  faschistische Tradition, die Madame Le Pen laut und deutlich übernimmt,  wenn sie auf die Frage der israelischen Zeitung &laquo;&nbsp;Ha&#8217;aretz&nbsp;&raquo; zu den  Verbrechen der Kollaboration lauthals aufschreit und erklärt, dass sie  &laquo;&nbsp;nichts Schlechtes über mein Land&nbsp;&raquo; sagen will.</p>
<p id="p6">Ihre Entourage:  eine Menge von Beratern, Parteikadern, alten und jungen Notabeln, die  ihre Nähe bekennen, zum Negationismus der eine, der andere zum  Hitlerismus, der Dritte zu den nazistischen Gründervätern jener  Dynastie, die seit fast einem halben Jahrhundert in Syrien regiert.</p>
<p id="p7">Schließlich ihr  Temperament: jene aufrührerische Ader, die automatisch anschwillt, wenn  Madame le Pen ihre Absicht kundtut, sie werde &#8211; wenn sie ins Parlament  einzieht &#8211; &laquo;&nbsp;alles kaputt machen&nbsp;&raquo; (wie in den guten alten Zeiten des  antirepublikanischen Poujadismus der Fünfzigerjahre).</p>
<p id="p8">In dem Krieg,  den sie den Liberalen von der UMP erklärt haben, werden die  Neofaschisten des Front National keine Gefangenen machen &#8211; wenn die  Ersten einen Kompromiss andeuten, eine gütliche Einigung, ein Nachgeben,  sind sie tot.</p>
<p id="p9">Noch ein  Letztes. Als Antwort auf den Einwand jener, die schrieben, es stehe mir  als Wähler von François Hollande nicht zu, mich in die Angelegenheiten  einer Rechten einzumischen, die einen Anspruch darauf habe, &laquo;&nbsp;ihre  schmutzige Wäsche innerhalb der Familie zu waschen&nbsp;&raquo;, eine allerletzte  Bemerkung.</p>
<p id="p10">Zunächst, ich  wiederhole das, ist eben genau diese Idee einer politischen &laquo;&nbsp;Familie&nbsp;&raquo;  der erste und große Fehler &#8211; es ist dieses Band, das man zerschneiden  muss, weil man sich, wenn man es erhält und pflegt, sein eigenes  politisches Grab schaufelt. Und nun dies: Wenn man eine Lehre aus dem  furchtbaren 20. Jahrhundert ziehen kann, dann, dass diese Sache mit der  sogenannten Familie niemals stimmt &#8211; es handelt sich vielmehr um einen  Nahkampf, von dessen Ausgang unser aller Schicksal abhängt.</p>
<p id="p11">Es ist die  Linke, die traditionellerweise immer verkündet: &laquo;&nbsp;Der Faschismus wird  nicht siegen.&nbsp;&raquo; Aber es ist die Rechte, die darüber entscheiden wird, ob  er am Ende siegt oder nicht &#8211; durch ihre Fähigkeit, zu widerstehen,  durch ihre Entschlossenheit, nicht in die Falle zu tappen, durch ihr  Ehrgefühl ebenso wie ihre Einsicht in die Kräfteverhältnisse.</p>
<p id="p12">Jedes Mal, wenn  die Rechte zurückgewichen ist, hat der Faschismus gesiegt. Jedes Mal,  wenn sie standgehalten hat, jedes Mal, wenn sie ihrer Seele gefolgt ist  und nicht kurzsichtig ihre Interessen verteidigt hat (die sie dann  gleich darauf meistens wieder aufgab), jedes Mal, wenn sie lieber das  Risiko einging, eine Wahl zu verlieren als ihre Ehre, konnte der  Faschismus aufgehalten werden.</p>
<p id="p13">Heute beginnt,  fast 40 Jahre nach seiner Gründung &#8211; und unabhängig vom Ausgang der  Präsidentschaftswahl &#8211; die wahre Schlacht gegen den Front National.  Diese Schlacht wird in erster Linie &#8211; aus Berufung und von Natur aus &#8211;  die Sache der Erben von Alexis de Tocqueville, Raymond Aron oder General  de Gaulle. Von ihrem Ausgang hängt das Heil der republikanischen Idee  ab.</p>
<p><strong>Bernard-Henri Lévy</strong></p>
<p><em><span>Aus dem Französischen von Rainer Haubrich</span></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>La version américaine du Bloc-Notes de Bernard-Henri Lévy &#171;&#160;Address to the Republican Right, Confronted With the New Lepenist Offensive&#160;&#187; (The Huffington Post, 1er mai 2012)</title>
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		<pubDate>Wed, 02 May 2012 13:19:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[An avalanche of reactions, readers&#8217; letters and commentaries followed my last column.
So, let me make things clear.
The Front National is not a party of the right, but of the extreme right.
Between the right and the extreme right, there is the same difference  of nature, the same barrier of species that we once argued opposed [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/The-Huffington-Post2.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-28695" title="The Huffington Post" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/The-Huffington-Post2.jpg" alt="The Huffington Post" width="142" height="122" /></a>An avalanche of reactions, readers&#8217; letters and commentaries followed my last column.</p>
<p>So, let me make things clear.</p>
<p>The Front National is not a party of the right, but of the extreme right.<span id="more-28924"></span></p>
<p>Between the right and the extreme right, there is the same difference  of nature, the same barrier of species that we once argued opposed the  left and the extreme left, or, as the dissidents of Central Europe once  put it, the moderate left and the totalitarian left.</p>
<p>The left almost died &#8212; and, from <em>Barbarism with a Human Face</em> to <em>Left in Dark Times</em>,  I have never ceased to repeat it &#8212; from its proximity, even if only in  terms of semantics, with a communism Camus was already saying was, for  half of humanity, another name not for &laquo;&nbsp;hope&nbsp;&raquo; but for a &laquo;&nbsp;burn&nbsp;&raquo; and an  &laquo;&nbsp;insult.&nbsp;&raquo;</p>
<p>The matrix of its faults, the constant source of its blindness (and,  for a long time, its dishonor) was this tenacious idea of a great  family, &laquo;&nbsp;the&nbsp;&raquo; left, of which social-democracy was one branch and  Stalinism, Leninism, totalitarianism, was another.</p>
<p>Well, <em>mutatis mutandis</em>, the same applies, today, to the right.</p>
<p>It is the same fight to the death with the successors (and proud to  be so) of these other totalitarians who once founded the FN on the ruins  of Vichyism.</p>
<p>It is the same merciless combat with the dauphine of an old chief  whose antisemitism, racism and hatred of democracy, culture and  intelligence have been (and remain) an intense and morbid fixation.</p>
<p>And it is the same fatal trap, from whatever angle you look at it (and  I&#8217;m not talking about an alliance or a contract in due form &#8212; the  simple rhetoric is enough, or the appeal to lost votes, or even the  simple gesture consisting of adding in the same &#8216;block of the right&#8217; UMP  voters and those of the &#8216;navy blue wave&#8217;*).   It is the same fatal  trap, then, when one gives the impression, merely the impression, that  there might be an affinity, or a broken affiliation, or a community,  however vague, of origin and heritage between the civilized right and  the obsessions of a candidate who, by inheritance, the logic of her  entourage, or temperament, is pursuing no other goal but the  &laquo;&nbsp;recomposition&nbsp;&raquo; or, to put it clearly, the destruction of the liberal,  republican right.</p>
<p>Heritage:  the fascist tradition that Madame Le Pen defends, loud and  clear, when questioned about the crimes of Vichy&#8217;s collaboration by <em>Ha&#8217;aretz</em> journalists,  <a href="http://www.haaretz.com/opinion/when-marine-le-pen-thanks-israel-1.427419" target="_hplink">exclaiming</a> that she does not wish &laquo;&nbsp;to speak evil of her country.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Entourage:  the crowd of advisors, party cadres, old and young  prominent figures, who affirm their proximity, one with negationism, the  other with Hiterism, a third with the Nazi founding fathers of the  dynasty that, for all intents and purposes, reigns and has for half a  century, in Syria.</p>
<p>Finally, temperament:  this factious fiber that, like nature, comes  roaring back when she announces her intention, should she enter  Parlement, and just like the good old days of antirepublican poujadism,  to &laquo;&nbsp;break everything.&nbsp;&raquo;</p>
<p>There&#8217;s no appealing the law.  In the war they have declared against  the liberals of Sarkozy, the neofascists of the FN will give no quarter:   any compromise on the part of the former, any accommodation, any  wavering, and they&#8217;re dead.</p>
<p>One last thing.</p>
<p>Yes, in response to the objections of those who have written to say  that one who votes for François Hollande should not get mixed up in the  affairs of a right that should &laquo;&nbsp;wash its dirty laundry inside the  family,&nbsp;&raquo; one last remark.</p>
<p>First, I repeat, it is this very idea of a &laquo;&nbsp;family&nbsp;&raquo; that is the initial  and great error &#8212; this is the thread that must be cut, for it is by  conserving it, and then following it, that one digs his own political  grave.</p>
<p>But then, this:  if there is, indeed, a lesson to be learned from the  dreadful 20th century, it is that this affair of so-called &laquo;&nbsp;family&nbsp;&raquo;  never, in any case, is one &#8212; for in truth, the destiny of all depends  upon the outcome of this hand-to-hand combat.</p>
<p>Traditionally, the left is the one to cry, &laquo;&nbsp;Fascism will not pass.&nbsp;&raquo;</p>
<p>But it is the right that, through its capacity to resist, its  determination to undo the trap, its concern for honor at the same time  as its awareness of power struggles, acts so that, in practice, it shall  pass or not.</p>
<p>Every time the right has backed down, fascism has passed.</p>
<p>Every time the right has hung on, every time it has made the choice  of its soul rather than defending its short-term interests which,  generally and in any case, it sacrifices, every time it has taken the  risk to lose an election rather than that of losing its honor (and, most  often, I stress, the election too) fascism has been stopped.</p>
<p>Today, nearly forty years after its founding and, whatever the result  of the presidential election, the real battle against the FN begins.</p>
<p>It will be, first and foremost, by vocation and almost by nature, the  affair of the heirs of de Toqueville, Aron, or General de Gaulle.  But  the very salvation of the republican idea depends upon its conclusion.</p>
<p><strong>Bernard-Henri Lévy</strong></p>
<p><em>Translation Janet Lizop</em></p>
<p><em>*a play on words much repeated by the FN, navy blue being </em>bleu marine<em>, as in Marine Le Pen</em></p>
<p><em><br />
</em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Adresse à la droite républicaine confrontée  à la nouvelle offensive lepéniste (Le Point du 3 mai 2012)</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/adresse-a-la-droite-republicaine-confrontee-a-la-nouvelle-offensive-lepeniste-le-point-du-3-mai-2012-28919.html</link>
		<comments>http://www.bernard-henri-levy.com/adresse-a-la-droite-republicaine-confrontee-a-la-nouvelle-offensive-lepeniste-le-point-du-3-mai-2012-28919.html#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 01 May 2012 10:21:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Avalanche de réactions, lettres de lecteurs, commentaires, à la suite de mon dernier bloc-notes.
Donc, je précise.
Le Front national n’est pas un parti de droite, mais d’extrême droite.
Entre la droite et l’extrême droite, il y a la même différence de nature, la même barrière d’espèce, dont nous plaidions naguère qu’elle oppose la gauche et la gauche [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/BLOC-NOTES21.gif"><img class="alignleft size-full wp-image-28719" title="BLOC-NOTES2" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/BLOC-NOTES21.gif" alt="BLOC-NOTES2" width="97" height="97" /></a>Avalanche de réactions, lettres de lecteurs, commentaires, à la suite de mon dernier bloc-notes.</p>
<p>Donc, je précise.</p>
<p>Le Front national n’est pas un parti de droite, mais d’extrême droite.<span id="more-28919"></span></p>
<p>Entre la droite et l’extrême droite, il y a la même différence de nature, la même barrière d’espèce, dont nous plaidions naguère qu’elle oppose la gauche et la gauche extrême ou, comme disaient les dissidents d’Europe centrale, la gauche modérée et totalitaire.</p>
<p>La gauche a failli mourir – et je n’ai, de « La barbarie à visage humain » à « Ce grand cadavre à la renverse », cessé de le répéter – de sa proximité, ne serait-ce que sémantique, avec un communisme dont Camus disait déjà qu’il est l’autre nom, pour une moitié de l’humanité, non d’une « espérance », mais d’une « brûlure » et d’une « injure ».</p>
<p>La matrice de ses fautes, la source constante de ses aveuglements (et, longtemps, son déshonneur) furent cette idée tenace d’une grande famille, « la » gauche, dont la social-démocratie était une branche et le stalinisme, le léninisme, bref, le totalitarisme, une autre branche.</p>
<p>Eh bien, mutatis mutandis, il en va de même, aujourd’hui, de la droite.</p>
<p>C’est la même lutte à mort avec les successeurs (fiers de l’être) de ces autres totalitaires qui fondèrent, jadis, le FN sur les ruines du vichysme.</p>
<p>C’est le même combat sans merci avec la dauphine d’un vieux chef dont l’antisémitisme, le racisme, la haine de la démocratie, de la culture, de l’intelligence ont été (et demeurent) l’intense et morbide fixation.</p>
<p>Et c’est le même piège fatal quand, par quelque bout que ce soit (et je ne parle même pas d’alliance, ni de contrat en bonne et due forme – la simple rhétorique suffit, ou l’appel aux voix égarées, ou même le geste simple qui fait additionner, dans le même « bloc des droites », les électeurs de l’UMP et ceux de la « vague bleu Marine »), c’est le même piège fatal, donc, quand on laisse entendre, juste entendre, qu’il y aurait ne serait-ce qu’une affinité, ou une affiliation rompue, ou une communauté, même vague, d’origine et de patrimoine, entre la droite civilisée et les obsessions d’une candidate qui, par héritage, logique d’entourage, tempérament, ne poursuit d’autre but que la « recomposition », c’est-à-dire, en clair, la destruction de la droite républicaine et libérale.</p>
<p>Héritage : la tradition fasciste que Mme Le Pen assume haut et fort quand, interrogée, par le journal israéliens <em>Haaretz</em>, sur les crimes de la Collaboration, elle se récrie qu’elle ne veut pas « dire du mal de son pays ».</p>
<p>Entourage : la foule des conseillers, des cadres du parti, des vieux et jeunes notables, qui affirment leur proximité, l’un avec le négationnisme, l’autre avec l’hitlérisme, le troisième avec les pères fondateurs nazis de la dynastie de fait qui règne, depuis près d’un demi siècle, en Syrie.</p>
<p>Tempérament enfin : cette fibre factieuse qui, comme le naturel, revient au triple galop quand elle annonce son intention, si elle entre au Parlement, et comme au bon vieux temps du poujadisme antirépublicain, de « tout casser ».</p>
<p>La loi est sans appel : dans la guerre qu’ils ont déclarée aux libéraux de l’UMP, les néofascistes du FN ne feront pas de quartier – une compromission des premiers, un accommodement, un fléchissement, et ils sont morts.</p>
<p>Une dernière chose.</p>
<p>Oui, en réponse à l’objection de ceux qui m’écrivent que ce n’est pas à un électeur de François Hollande de venir se mêler des affaires d’une droite à qui il reviendrait de « laver son linge sale en famille », une toute dernière remarque.</p>
<p>D’abord, je le répète, c’est cette idée même de « famille » qui est la première et grande erreur – c’est le fil qu’il faut trancher, car c’est en le conservant, puis en le suivant, qu’on creuse sa tombe politique.</p>
<p>Mais, ensuite, ceci : s’il y a bien une leçon à tirer du terrible XX<sup>e</sup> siècle, c’est que cette affaire de soi-disant « famille » n’en est, de toute façon, jamais une – car de l’issue de ce corps à corps dépend, en vérité, le destin de tous.</p>
<p>C’est la gauche qui, par tradition, manifeste aux cris de « le fascisme ne passera pas ».</p>
<p>Mais c’est la droite qui, par sa capacité de résistance, sa détermination à déjouer le piège, son souci de l’honneur en même temps que son intelligence des rapports de forces, fait que, pratiquement, il passe ou ne passe pas.</p>
<p>Chaque fois que la droite a cédé, le fascisme est passé.</p>
<p>Chaque fois qu’elle a tenu, chaque fois qu’elle a fait le choix de son âme et non de la défense d’intérêts à courte vue qu’elle sacrifie généralement, et de toute façon, dans la foulée, chaque fois qu’elle a pris le risque de perdre une élection plutôt que celui de perdre son honneur et, la plupart du temps, j’y insiste, son élection aussi, le fascisme a été stoppé.</p>
<p>C’est aujourd’hui que commence, presque quarante ans après sa naissance, et quel que soit le résultat du scrutin présidentiel, la vraie bataille contre le FN.</p>
<p>Elle sera, en priorité, par vocation et presque par nature, l’affaire des héritiers de Tocqueville, Aron ou le général de Gaulle ; mais de son dénouement dépend le salut même de l’idée républicaine.</p>
<p><strong>Bernard-Henri Lévy</strong></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Roland Barthes</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/roland-barthes-2-28602.html</link>
		<comments>http://www.bernard-henri-levy.com/roland-barthes-2-28602.html#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 30 Apr 2012 07:59:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<category><![CDATA[La barbarie à visage humain]]></category>
		<category><![CDATA[la règle du jeu]]></category>
		<category><![CDATA[Le Diable en tête]]></category>
		<category><![CDATA[Les derniers jours de Charles Baudelaire]]></category>
		<category><![CDATA[Qui est BHL ?]]></category>
		<category><![CDATA[Roland Barthes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.bernard-henri-levy.com/?p=28602</guid>
		<description><![CDATA[Entre Lévy et Barthes, cela commença mal.
Cela commence en septembre 1966 au lycée Louis le Grand, l&#8217;antichambre de la rue d&#8217;Ulm, où Lévy vient d&#8217;entrer en hypo-khâgne. Voulant décliner le mot de passe  qui l&#8217;intronisera admis dans le cercle de ses condisciples, ces jeunes génies en herbe, tous lauréats du Concours général, celui-là en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Roland-Barthes.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-28605" title="Roland Barthes" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Roland-Barthes-300x198.jpg" alt="Roland Barthes" width="300" height="198" /></a>Entre<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/"> Lévy</a> et <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/roland-barthes-2588.html">Barthes</a>, cela commença mal.<br />
Cela commence en septembre 1966 au lycée Louis le Grand, l&#8217;antichambre de la<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/le-normalien-de-la-rue-dulm-13622.html"> rue d&#8217;Ulm</a>, où Lévy vient d&#8217;entrer en hypo-khâgne. Voulant décliner le mot de passe  qui l&#8217;intronisera admis dans le cercle de ses condisciples, ces jeunes génies <span id="more-28602"></span>en herbe, tous lauréats du Concours général, celui-là en français, celui-ci en philosophie, cet autre en grec et en latin, et qui incarnent au yeux de l&#8217;impétrant  l&#8217;aristocratie de l&#8217;intelligence, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/biographie">Lévy </a>cite à la cantonade le nom de Roland&#8230;Barthes.</p>
<p>Blasphème ! Clameur indignée des sachants. Résultat, de l&#8217;aveu même du coupable : une année entière à remonter la pente et regagner à la force du poignet l&#8217;estime de ses &laquo;&nbsp;petits camarades&nbsp;&raquo; sans aménité ni indulgence sur la nomination juste des hommes et des choses.</p>
<p>Cela, en revanche, va aller très bien, quelque dix ans plus tard, lors de la parution en fanfare de<em> <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/la-barbarie-a-visage-humain-2-1145.html">La barbarie à visage humain</a></em>. L&#8217;une des premières critiques du livre parait dans<em> Les Nouvelles Littéraires</em>: &laquo;&nbsp;<em>Ce qui m&#8217;a enchanté, c&#8217;est que votre livre est écrit. A des idées importantes, (&#8230;) vous avez donné, chose rare, le grain d&#8217;une écriture.</em>&nbsp;&raquo; Et c&#8217;est signé Roland Barthes. L&#8217;éloge n&#8217;est pas mince, venant de l&#8217;auteur du <em>Degré zéro de l&#8217;écriture</em>, ce chantre du &laquo;&nbsp;neutre&nbsp;&raquo;, qui oppose le style, cet au-delà individuel de la littérature, à la langue, collective, archaïque, qui en serait l&#8217;en-deça, dont il dira plus tard qu&#8217;elle serait &laquo;&nbsp;fasciste&nbsp;&raquo; dans son essence et qui serait le masque de l&#8217;écriture. Le style, dit encore Barthes, est comme un secret enfermé dans le corps de l&#8217;écrivain, quand la langue, elle, est un pacte obligé qui lie l&#8217;homme à la société, assigne la littérature à l&#8217;idéologie et à l&#8217;esthétique dominantes de l&#8217;heure. Toutes choses que Lévy fera siennes dans ses essais et, plus encore, ses romans, du <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/le-diable-en-tete-301.html"><em>Diable en tête</em> </a>aux<em></em> <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/les-derniers-jours-de-charles-baudelaire-289.html"><em>Derniers jours de Baudelaire</em></a>, ces &laquo;&nbsp;objets de pensée&nbsp;&raquo; dont la polyphonie baroque, la pluralité concurrente des points de vue, déjouent assignations et codes établis.</p>
<p>Nouvelle rencontre, sur le théâtre, cette fois, à travers un texte de Barthes,<em> Le mythe de l&#8217;acteur possédé</em> (Tome I des Oeuvres complètes, le Seuil), sur l&#8217;absurdité du thème de l&#8217;incorporation par l&#8217;acteur de son personnage. &laquo;&nbsp;L&#8217;idée, écrit à son tour Lévy, que le grand acteur ne s&#8217;identifie pas à son personnage mais le rencontre. La nécessaire souveraineté de son jeu. Son cynisme inspiré. Sa grâce froide. Et la foudre sèche qui tombe alors sur le plateau.&nbsp;&raquo; Distanciation impérative. Barthes-Lévy, ces brechtiens.</p>
<p>Et puis dans ce commerce silencieux à distance de Lévy et de Barthes, un ultime soubresaut, un accident posthume qui fait plus lien encore, peut-être, que les affinités littéraires : l&#8217;affaire Barthes. <a href="http://laregledujeu.org/"><em>La Règle du Jeu</em></a>, à l&#8217;initiative de Laurent Dispot, publie en septembre 1991 un fragment du cours inédit, au Collège de France, de Roland Barthes, mis au secret, séquestré, par ses héritiers (qui n&#8217;avaient pas hésité à publier le journal intime de l&#8217;écrivain), infidèles à leur mandat de faire vivre l&#8217;oeuvre de Barthes à travers ce cours parfaitement public &laquo;&nbsp;qu&#8217;il avait travaillé, écrit, composé, auquel il avait consacré tout son temps, tout son désir&nbsp;&raquo; (Lévy).</p>
<p>Lévy  dénonce l&#8217;abus de pouvoir, l&#8217;éternelle histoire des veuves abusives, les intérêts de pouvoir, les publications posthumes au compte-goutte. Il invoque, contre l&#8217;abus du droit moral, le devoir de rébellion et de transgression.</p>
<p>Mais lui-même, Lévy, quel statut posthume donnera-t-il ou non par avance à son oeuvre et  ses inédits? A qui le droit moral ? Qui jugera ? Cette affaire Barthes fera-t-elle, à son endroit à lui, précédent ? Ce serait le plus juste, le plus piquant aussi, hommage d&#8217;un écrivain à un autre.</p>
<p><strong>Gilles Hertzog</strong></p>
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		<title>Que Marine Le Pen no sea el árbitro (El Pais, 29 avril 2012)</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Apr 2012 14:21:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[El Pais]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>
		<category><![CDATA[extrema derecha]]></category>
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		<description><![CDATA[En el momento en que escribo estas líneas —domingo por la noche—, el  Frente Nacional aparece como el verdadero ganador de esta primera vuelta  de las presidenciales francesas.
Políticamente, porque ha recuperado, y con creces, los votos que Sarkozy le birló en 2007. Históricamente, porque ha superado el famoso desafío de la desatanización que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/El-Pais1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-28531" title="El Pais" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/El-Pais1.jpg" alt="El Pais" width="104" height="104" /></a>En el momento en que escribo estas líneas —domingo por la noche—, el  Frente Nacional aparece como el verdadero ganador de esta primera vuelta  de las presidenciales francesas.</p>
<p>Políticamente, porque ha recuperado, y con creces, los votos que Sarkozy le <em>birló</em> en 2007.<span id="more-28902"></span> Históricamente, porque ha superado el famoso desafío de la <em>desatanización</em> que debía sacarlo del gueto en el que la extrema derecha llevaba 60 años confinada.</p>
<p>Marine Le Pen ha superado de paso el récord que su antediluviano  padre obtuvo en 2002 y, al hacerlo, lo ha relegado a la prehistoria de  su propio triunfo.</p>
<p>Por último, ha ridiculizado a Francia al demostrar que uno de cada  cinco electores se reconoce en un programa demencial, defendido por un  partido infecto y encarnado por una candidata en cuyo entorno seguimos  viendo, en buena medida, las mismas viejas caras de la derecha radical,  el GUD, ciertos grupúsculos negacionistas y las pandillas de Gollnisch y  Mégret.</p>
<p>La historia dirá quién es el responsable de este desastre, de esta vergüenza.</p>
<p>Y también enumerará las irresponsabilidades de una derecha que, con la <em>estrategia Buisson</em>,  ha permitido que la barrera que la separaba de la extrema derecha se  derrumbase; de una izquierda cuyo sector radical, con sus excesos y su  populismo (por mucho que le pese a Mélenchon), más que refrenado, ha  alimentado la espiral de lo peor; de un electorado (es decir, las de  todos nosotros) que, a base de confundir la política con el espectáculo,  las elecciones presidenciales con <em>Operación Triunfo</em> y el  arbitraje entre lo verdadero y lo falso con una competición en la que lo  que cuenta ya no es pensar racionalmente, sino ser <em>bueno</em>, anotarse <em>puntos o subir en los sondeos</em>, hemos terminado por no distinguir el debate necesario de lo que rompe sus tabúes constitutivos.</p>
<p>Por el momento, hay que rendirse a la evidencia.</p>
<p>Ha nacido una fuerza cuya ambición es desplazar a la <em>derecha patricia</em> y disputarle el <em>pueblo obrero,</em> <em>campesino</em> y <em>de pequeños funcionarios a la izquierda de las élites.</em></p>
<p>Ha aparecido un tono —y ni siquiera me refiero a la xenofobia, el  racismo y el antisemitismo que destila esta gente en cuanto se suelta—  de tal vulgaridad, tal odio y tal violencia social y retórica que, si no  los detenemos, destruirán poco a poco la totalidad del espacio público.</p>
<p>Y el hecho es que, este domingo, los partidos tradicionales parecían a  mil leguas de comprender el peligro mortal que representa su emergencia  tanto para ellos como para nosotros.</p>
<p>Así, por ejemplo, las figuras de la UMP, que en cuanto cerraron los  colegios electorales se precipitaron a recordar a los electores del FN  que la señora Le Pen no es “propietaria de sus votos”.</p>
<p>Así también esos socialistas que fueron un paso más allá al afirmar  que los hombres y mujeres que, con conocimiento de causa, han votado a  una candidata aconsejada por unos cuasi nazis —y no solo cuando va a  bailar el vals a Viena— son “franceses como los demás”, solo que los <em>ciega el malestar social.</em></p>
<p>Y, con la notable excepción de François Bayrou, no ha habido nadie  que llamase al pan pan y al vino vino, ni que viera en ese 18% un  peligro para la República.</p>
<p>Muchos aún recordamos que en 1954, durante su investidura, Pierre  Mendès France tuvo el valor de decirles a los comunistas, que se sentían  tentados de apoyarlo, que no quería sus votos.</p>
<p>Naturalmente, en el marco de unas elecciones presidenciales por sufragio universal directo, esa posición es inviable.</p>
<p>Pero ¿cómo no soñar con unos candidatos que, en el cuerpo a cuerpo  que se avecina, nos evitasen al menos el espectáculo de esta indecente  pesca de votos?</p>
<p>¿Cómo no soñar con un duelo limpio en el que los contendientes,  armados con sus valores y su proyecto de sociedad, peleasen duro, pero  sin rivalizar en marrullerías, para ver quién se lleva la mayor parte  del botín electoral lepenista?</p>
<p>En otras palabras, uno sueña con una especie de <em>antichalaneo</em> que, lejos de la estúpida teoría sobre las “malas respuestas” que el FN  da a ciertas “buenas preguntas”, empujase a decir a todos aquellos y  aquellas que han votado en conciencia por la candidata de un partido  que, precisamente, no es como los demás: “No habrá respuesta a la  pregunta planteada mientras esta siga sumergida en la palabrería  extremista de dicho partido”.</p>
<p>Por supuesto, no se trata de un “no vengan”, sino de un “no son bienvenidos”.</p>
<p>No de un “si ha votado a Le Pen en la primera vuelta, quédese en su  casa en la segunda, absténgase, vote en blanco”, sino de un “venga si  quiere, pero en mi discurso no encontrará ninguna concesión a la secta  de la que procede” y en la que el <em>summum</em> del debate es el que parece oponer (confróntese el ya imprescindible libro <em>Marine Le Pen desenmascarada</em> de Caroline Fourest y Fiammetta Venner) a los que denuncian la “islamización de Francia” con los que denuncian su <em>sionización</em>.</p>
<p>Este pacto, explícito o implícito, sería la solución de la decencia y la dignidad.</p>
<p>Y para Hollande y Sarkozy sería la única forma de conjurar tanto los  peligros inmediatos (si cedemos, ¿cuántas triangulares en las próximas  legislativas?) como los más lejanos (una corrupción de la moral pública  sin precedentes desde los años treinta&#8230;).</p>
<p>Hay que hacer todo lo posible para evitar que Marine Le Pen se convierta en el árbitro de la segunda vuelta.</p>
<p><em>Traducción: José Luis Sánchez-Silva</em></p>
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		<title>Séminaire de la Règle du Jeu : Kafka : Le Mal</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Apr 2012 07:22:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<category><![CDATA[29 avril 2012]]></category>
		<category><![CDATA[BHL]]></category>
		<category><![CDATA[épisode 5]]></category>
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		<description><![CDATA[Ce dimanche 29 avril 2012 à 11 h :

La Règle du jeu vous invite au séminaire littéraire de Yann Moix :
Kafka : Le mal (épisode 5)
Lecture d’extraits de la Métamorphose par :

Mylène Jampanoï
Entrée libre et gratuite
Dans le cadre des séminaires de La Règle du jeu
Retrouvez les séminaires littéraires de Yann Moix
Tous les derniers dimanches du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Moix-episode5.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-28766" title="Moix-episode5" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Moix-episode5-300x49.jpg" alt="Moix-episode5" width="300" height="49" /></a><span style="color: #993300;">Ce dimanche 29 avril 2012 à 11 h :<span id="more-28767"></span><br />
</span></p>
<p><span style="color: #993300;">La Règle du jeu vous invite au séminaire littéraire de <strong>Yann Moix</strong> :</span></p>
<p><span style="color: #993300;"><strong>Kafka : Le mal (épisode 5)</strong></span></p>
<p><span style="color: #993300;">Lecture d’extraits de la Métamorphose par :<br />
</span></p>
<p><strong><span style="color: #993300;">Mylène Jampanoï</span></strong></p>
<p><strong><span style="color: #993300;">Entrée libre et gratuite</span></strong></p>
<p><span style="color: #993300;">Dans le cadre des séminaires de <strong>La Règle du jeu</strong></span></p>
<p><span style="color: #993300;">Retrouvez les<strong> séminaires littéraires de Yann Moix</strong></span></p>
<p><span style="color: #993300;">Tous les derniers dimanches du mois à 11h</span></p>
<p><span style="color: #993300;">Au cinéma Saint-Germain-des-Prés</span></p>
<p><span style="color: #993300;">22 rue Guillaume Apollinaire</span></p>
<p><span style="color: #993300;">Paris 6ème</span></p>
<p><span style="color: #993300;">Métro : Saint-Germain-des-Prés</span></p>
<p><span style="color: #993300;">Réservation conseillée : redaction@laregledujeu.org</span></p>
<p><span style="color: #993300;">Retrouvez l’intégralité du séminaire littéraire précédent de Yann Moix, <a href="http://laregledujeu.org/seminaires/2012/04/03/video-du-seminaire-kafka-la-lumiere/">Kafka : La lumière</a>.</span></p>
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		<item>
		<title>BHL : &#171;&#160;Cessons de parler de &#171;&#160;diabolisation&#160;&#187; du FN, c&#8217;est un mot avancé par les Le Pen pour se victimiser (Atlantico, 27 avril 2012)</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Apr 2012 11:32:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Qui est BHL ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Atlantico : Marine Le Pen a obtenu 17,9 % des suffrages lors du premier tour de l&#8217;élection présidentielle. Dès 1986, vous évoquiez le danger de &#171;&#160;banalisation du FN&#160;&#187;. Après le 21 avril 2002, vous disiez &#171;&#160;Jean-Marie Le Pen est un fasciste&#160;&#187;. Invité ce lundi sur CNN, vous avez indiqué que la candidate du FN était [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Atlantico.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-28854" title="Atlantico" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Atlantico.jpg" alt="Atlantico" width="294" height="78" /></a><strong>Atlantico</strong> :<strong> <em>Marine Le Pen a obtenu 17,9 % des suffrages lors du premier tour de l&#8217;élection présidentielle. <span id="more-28853"></span>Dès 1986, vous évoquiez le danger de &laquo;&nbsp;banalisation du FN&nbsp;&raquo;. Après le 21 avril 2002, vous disiez &laquo;&nbsp;<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/penser-le-pen-27668.html">Jean-Marie Le Pen</a> est un fasciste&nbsp;&raquo;. Invité ce lundi sur CNN, vous avez indiqué que la candidate du FN était entourée &laquo;&nbsp;de beaucoup de vieux nazis&nbsp;&raquo; et évoqué au sujet du premier tour un &laquo;&nbsp;vote incroyable pour un parti crypto-fasciste&nbsp;&raquo;. En quoi le FN est-il, selon vous, crypto-fasciste ?</em></strong><br />
<strong>Bernard-Henri Lévy</strong> : Il l’est par sa rhétorique. Par ce ton de haine et de violence qui l’habite et qui ressort à la moindre occasion. Il l’est par la tonalité très « factieuse », par exemple, des attaques de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/pour-ne-pas-laisser-a-marine-le-pen-le-benefice-de-sa-victoire-le-point-26-avril-2012-28718.html">Marine Le Pen</a> contre le Président de la République. Mais il l’est aussi par ses thèmes, son substrat idéologique, qui sont les mêmes, à peu de choses près, et moyennant quelques habillages qui ne trompent que les naïfs, que du temps de Le Pen père. Et je ne parle même pas des gens, des entourages, des hommes et femmes qui gravitent autour du<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/bhl-invite-de-cnn-international-28781.html"> FN</a>, et parmi lesquels vous trouvez tout de même des choses assez incroyables.</p>
<p><strong><em>Par exemple ?</em></strong><br />
Un seul exemple. Il y en aurait tant d’autres – mais je ne vous en citerai qu’un. C’est un site qui s’appelle « Les Elégances ». Il est animé, semble-t-il, par un responsable régional du Front national dans le Nord-Pas-de-Calais. Et vous y trouvez, entre autres gracieusetés, une apologie de l’eugénisme, de la collaboration et de l’hitlérisme. Il y a une rubrique, en particulier, sur ce site, intitulée « L’Occupation c’était mieux avant ». C’est une série de pages avec, d’un côté, des images de l’Occupation, de la Collaboration, de l’hitlérisme, des Waffen SS, etc  et, de l’autre, des images de femmes en burqa, ou de Nicolas Sarkozy, ou de votre serviteur – et, chaque fois, le commentaire « l’Occupation c’était mieux avant <strong>»&#8230;</strong></p>
<p><strong><em>Ne faut-il pas distinguer le FN de ses électeurs ? 20% des Français sont-ils, selon vous, des crypto-fascistes ?</em></strong><br />
Bien sûr que non. Mais c’est l’éternel débat. Sans comparer l’incomparable, vous aviez, à la fin des années 1920 en Allemagne, puis, encore, dans les années trente, des analystes pour dire : « ne faut-il pas distinguer les cadres du parti nazi et ses millions électeurs ? Qui peut croire que 20, 30, 50, 90% des Allemands seraient ralliés aux thèses de Joseph Goebbels ? ». Littéralement c’était vrai. Et parmi les gens qui suivaient Goebbels dans son « Combat pour Berlin » (titre de son « Journal » des années 1920), il y en avait effectivement des tas qui le faisaient mollement, ou à moitié, ou du bout des lèvres, ou par cynisme, suivisme, tout ce que vous voudrez. N’empêche. Tout cela, tous ces sentiments  mêlés, tout ce précipité de grandes folies et de petites lâchetés, constituait un cocktail explosif, une machine de guerre terrifiante contre la République de Weimar, puis contre la démocratie.</p>
<p><strong><em>&laquo;&nbsp;Libération&nbsp;&raquo; titrait en Une de ce mercredi avec une citation de Nicolas Sarkozy : « Le Pen est compatible avec la République ». En quoi le FN garde-t-il une spécificité en termes de rapport à la République par rapport à d&#8217;autres partis français ?</em></strong><br />
Je pense que c’est un Parti subtilement, mais profondément, anti-républicain. Et le fait qu’il soit, comme on nous le répète partout, « autorisé à se présenter et à présenter des candidats » ne change rien à l’affaire. Voilà un Parti dont les chefs s’affichent, ou se sont jusque récemment affichés, avec les antisémites <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/dieudonne-2491.html">Dieudonné</a> et <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/madame-le-pen-n%E2%80%99aime-pas-la-france-le-point-26-janvier-2012-26857.html">Soral</a>. Voilà un Parti dont le Président d’honneur fait honneur à Faurisson quand, le lendemain de Noël 2008, il apparaît sur la scène du théâtre de la Main d’Or et, plus récemment, salue la mémoire de Brasillach. Voilà un Parti dont la Présidente, quand on lui demande si elle est prête à dénoncer Vichy et les crimes du pétainisme répond : « absolument pas ! je me refuse à dire du mal de mon pays ! ». Vous appelez ça un rapport normal à l’idée de République ?</p>
<p><strong><em>Oui, mais les électeurs FN ? Qu’ont-ils à voir avec tout cela ? </em></strong><br />
Pour vous dire le fond de ma pensée, j’en ai un peu assez du lieu commun répandu dans les médias sur la colère, la désespérance, la détresse des électeurs FN. En quoi la diabolisation de l’IVG, par exemple, est-elle le signe d’une désespérance ? Et le désir de revenir à la peine de mort ? Et le soutien à <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/bhl-en-libye-lecteur-et-interprete-de-lacan-25680.html">Kadhafi</a> et aux dictatures arabes ? Et la haine des homosexuels ? Il faut arrêter avec ce discours débile. Le vote FN est un vote structuré. Construit. C’est, exactement comme le vote communiste autrefois, un vote qui a sa forme de positivité et qui sait, très précisément, ce qu’il fait.</p>
<p>Je vais vous dire mieux. S’il y a bien une caractéristique des votes « extrêmes », en France et ailleurs, c’est celle-ci. Ce sont toujours des votes structurés. Ce sont des gens qui savent, exactement, pour qui ils votent et pourquoi. Quand vous interrogez un stalinien hier, ou un frontiste aujourd&#8217;hui, le plus frappant est là : ce sont des gens archi branchés sur la politique, obsédés par les statistiques et par les chiffres, à l’affût des moindres informations, souvent délirantes bien sûr, mais qui vont dans le sens de leur folie. C’est un vote réfléchi. Ce n’est pas un vote d’exaspération ou de peur, c’est un vote absolument réfléchi.</p>
<p><strong><em>Pourquoi ce parti serait-il moins démocratique ou moins républicain que d&#8217;autres partis d&#8217;extrême gauche opposés à la démocratie parlementaire, tels le NPA ou la LCR ou qu&#8217;Eva joly qui n&#8217;est guère dans la tradition républicaine lorsqu’elle propose un jour férié pour Kippour et l&#8217;Aïd-el-Kebir ? </em></strong><br />
Pour l’instant, Eva Joly est sous les 3% ; Mélenchon, six points sous Le Pen ; et la LCR est une secte. Alors parlons, si vous voulez bien, des choses sérieuses. J’ajoute que, sans être le moins du monde partisan, c’est le moins que l’on puisse dire, ni du NPA ni d’Eva Joly, je me refuse à tout mélanger. Ni Mélenchon, ni Joly ne touchent aux fondamentaux de la République. Ni l’un ni l’autre ne sont opposés, que je sache, à la démocratie parlementaire.</p>
<p><strong><em>La diabolisation est-elle le bon angle d&#8217;attaque vis-à-vis d&#8217;électeurs qui manifestement n&#8217;entendent pas ces arguments ?</em></strong><br />
Diabolisation n’est pas un mot à moi. C’est un mot avancé, habilement, par les Le Pen pour se victimiser. Ce que je crois, moi, c’est que le bon angle d’attaque est de dire aux gens qui votent FN ou qui sont tentés de le faire : « votre voix ne sera pas entendue ; vos candidats ne bénéficieront, dans le cadre des prochaines législatives par exemple, d’aucune alliance ou report ; voter FN c’est comme voter communiste jusqu’à la fin des années 1970 – voter pour rien, geler sa voix, se mettre en marge du fonctionnement normal des institutions, compter pour du beurre ». Le contraire de ce que certains semblent tentés de dire et de faire.</p>
<p><strong><em>Quel bilan tirez-vous de trente ans de diabolisation ?</em></strong><br />
Je vous répète que je ne parle jamais de « diabolisation ».</p>
<p><strong><em>Alors, quel bilan tirez-vous de trente ans de mobilisation ?</em></strong><br />
On ne fait jamais l’histoire des catastrophes évitées. Pour l’heure, la droite parlementaire tient bon. Et c’est heureux. Car, à la moindre défaillance, elle est morte. La droite fascisante de Marine Le Pen n’attend qu’un faux pas, un discours de compromis, un vague groupe de candidats à la députation annonçant que, dans le cadre d’une triangulaire perdue, ils considéreraient le candidat frontiste comme un moindre mal, pour tirer à vue et la détruire. N’oubliez jamais ce théorème qui est l’un des théorèmes du XX° siècle. Le grand adversaire de l’extrême droite, ce n’est jamais la gauche, c’est la droite. Ou, pour le dire autrement : c’est la gauche qui scande « le fascisme ne passera pas » ; mais c’est la droite qui, de fait, l’empêche ou non de passer. Regardez l’Histoire. Quand la droite libérale a tenu, le fascisme a été bloqué. Quand la droite libérale a composé, le fascisme est passé.</p>
<p><strong><em>Que pensez-vous des résultats du mouvement anti-raciste ? Celui-ci s&#8217;est-il révélé finalement contre-productif en étouffant tout débat sur l&#8217;immigration sous des accusations de racisme ?</em></strong><br />
Vous trouvez, vous, que ce débat a été étouffé ? L’invention, en 2007, de ce « ministère de l’identité nationale et de l’immigration » que j’ai fermement dénoncée&#8230; La faute du discours de Grenoble&#8230; Ou la théorie de la gauche sur les « bonnes questions » et les « mauvaises réponses »&#8230; Tout cela ne témoigne pas, je trouve, d’une censure outrageusement pesante sur ces questions d’immigration&#8230;</p>
<p><strong><em>Nicolas Sarkozy avait réussi à faire reculer le Front national jusqu&#8217;à 10,44% en 2007. Comment expliquez-vous ce rebond de 2012 ?</em></strong><br />
Par la banalisation des thèses du FN. Et la campagne de premier tour, à mon avis, beaucoup trop complaisante. Comment voulez-vous, quand on reprend ses thèmes, que Marine Le Pen ne pavoise pas en disant : « Vous  voyez ? Si même nos plus irréductibles adversaires reprennent nos thèmes, ça prouve qu’on avait raison ! » ?</p>
<p><strong><em>Le &laquo;&nbsp;combat politique&nbsp;&raquo; contre le FN doit-il évoluer, voire changer de nature ?</em></strong><br />
Il doit se durcir. Et, en particulier dans la famille politique dont vous êtes, à Atlantico, proche. Car, entre vous et eux, entre la droite républicaine et les factieux, je vous répète que c’est la lutte à mort. Je dis bien à mort. Ce sont des gens qui ont tenté, jadis, de tuer le Général de Gaulle. Ce sont les mêmes, ou leurs héritiers, qui vont tenter aujourd&#8217;hui de tuer symboliquement<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/nicolas-sarkozy-2947.html"> Sarkozy</a> et de faire imploser, de discréditer de mettre à genoux, les droites traditionnelles.</p>
<p>Vous me direz que ce n’est pas mon affaire, puisque cette droite traditionnelle n’est pas ma famille et que ce n’est pas pour son candidat que je vote ? Eh bien si, justement. C’est l’affaire de tout le monde. Voir une femme qui fait huer des noms juifs dans ses meetings, qui valse avec des néonazis à Vienne et qui s’entoure, à Paris, d’authentiques cryptofascistes, mener le jeu à droite, ce  n’est une bonne nouvelle pour personne. Pendant des décennies, j’ai invité la gauche à maintenir la « barrière d’espèce » entre la gauche totalitaire et la gauche social-démocrate – et ce combat, d’ailleurs, est peut-être moins gagné qu’il n’y paraissait. Eh bien c’est la même chose à droite : il y a la même « barrière d’espèce » entre la droite antidémocrate de Marine Le Pen et la droite centriste ou UMP – et faire sauter cette barrière d’espèce, faire comme s’il s’agissait de deux variétés de la même espèce et se laisser par exemple, les lendemains d’élection, au geste apparemment anodin qui consiste à additionner les deux électorats, voilà la pente fatale.</p>
<p><strong><em>Désormais, la gauche doit-elle suivre une ligne mesurée telle que celle engagée par François Hollande qui envoie de discrets signaux aux électeurs du FN ou suivre la tendance engagée par Benoit Hamon qui parle de &laquo;&nbsp;xenophobie&nbsp;&raquo; et d&#8217; &laquo;&nbsp;islamophobie&nbsp;&raquo; chez les électeurs du FN, voire d&#8217;Eva Joly parlant de honte pour la France en évoquant le score de Marine Le Pen au premier tour ?</em></strong><br />
Ce sont les seconds qui ont raison. Je n’ai aucune sympathie, je vous le répète, pour Madame Eva Joly. Mais c’est vrai que ce score lepéniste est un score qui fait honte. Alors, après, les « discrets signaux » envoyés aux électeurs du FN ? Je n’aime pas ça non plus. Je pense que c’est une autre erreur. Mettez-vous, une seconde, dans la tête d’un de ces électeurs FN voyant s’agiter, autour de lui, tout ce ballet de prétendants, toutes ces attentions, ces prévenances, ces signaux plus ou moins discrets, ces analyses à n’en plus finir, ces appels du pied dans tous les sens. Il se dit quoi, l’électeur en question ? Qu’il a drôlement bien fait de voter FN. Et qu’il faudra, la prochaine fois, le faire plutôt deux fois qu’une et être, si possible, encore plus nombreux à le faire. Voilà où il en est. Voilà où nous en sommes.</p>
<p><em>Propos recueillis par Aymeric Goetschy</em></p>
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		<title>Le Gaon de Vilna</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Apr 2012 14:26:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[A l’instar de Benny Lévy qui le comptait au nombre des plus hautes autorités spirituelles du judaïsme et en fit l’un de ses maîtres en religion, Lévy cite le nom du Gaon de Vilna tout au long de ses textes réunis sous le titre &#171;&#160;Le génie du judaïsme&#160;&#187; dans son recueil &#171;&#160;Pièces d’identité&#160;&#187; (Grasset, 2010), [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/GAON-de-vilna.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-28584" title="GAON de vilna" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/GAON-de-vilna.jpg" alt="GAON de vilna" width="201" height="251" /></a>A l’instar de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/benny-levy-10240.html">Benny Lévy</a> qui le comptait au nombre des plus hautes autorités spirituelles du judaïsme et en fit l’un de ses maîtres en religion, Lévy cite le nom du <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/petite-introduction-a-l%E2%80%99oeuvre-de-levinas-conference-prononcee-a-new-york-university-le-9-mai-2006-sous-l%E2%80%99egide-de-tom-bishop-28247.html">Gaon de Vilna </a>tout au long de ses textes réunis sous le titre &laquo;&nbsp;<em>Le génie du judaïsme</em>&nbsp;&raquo; dans son recueil &laquo;&nbsp;<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/pieces-identite"><em>Pièces d’identité</em></a>&nbsp;&raquo; (Grasset, 2010), comme l’une des sources de son judaïsme philosophique. A l’égal du Maharal de Prague, de Haïm de Volozine (disciple lui-même du Gaon), de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/franz-rosenzweig-23380.html">Rosenzweig</a>, de Gershom Scholem, d’<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/emmanuel-levinas-22204.html">Emmanuel Lévinas</a>, Lévy fit de cet immense talmudiste l’un des intercesseurs en majesté de son être-juif, sans toutefois alors s’immerger autre qu’intellectuellement dans l’oeuvre-fleuve de cette première autorité juive des temps modernes <span id="more-28583"></span>qui vécut dans la<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/docteur-honoris-causa-de-luniversite-de-jerusalem-13629.html"> Jérusalem </a>du Nord, Vilna, capitale de la Lituanie, formidable foyer talmudique, au XVIIIème siècle.</p>
<p>Qu’emprunte Lévy au Gaon de Vilna, quelle lumière première ? Essentiellement ceci : Rav Elijah Ben Salomon, dit le Gaon de Vilna (le Génie de Vilna), immense érudit aussi bien en matière de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/a-jerusalem-pour-les-60-ans-de-letat-disrael-560.html">Talmud</a> et de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/salut-a-edmond-safra-le-point-22-decembre-2011-25968.html">Torah</a> que versé dans la Kabbale, et non moins savant dans les sciences profanes (mathématique euclidienne, astronomie), aura été le premier grand juif de l’étude. Il aura continûment prôné l’étude, se sera continûment attaché à définir un être-juif de l’étude, dépris d’une religiosité irrationnelle et aux antipodes d’une conception immanentiste de Dieu, dont il disait : « Pas un homme ne sait quoi que ce soit sur Lui, pas même s’Il existe ».</p>
<p>« Soufflant sur la cendre des textes », ce Mitnagdim (opposant) intransigeant ne cessa de s’opposer au hassidisme baroque qui triomphait alors dans les communautés juives de Pologne, avec ses pratiques mystiques, ses extases, son messianisme eschatologique. A ce piétisme juif, ce paganisme de la communion, ce judaïsme de l’effusion, du numineux et du sacré, où la croyance, la ferveur du coeur l’emportent sur l’étude et les lumières de l’esprit, le Gaon de Vilna oppose dans un combat sans merci allant jusqu’à l’excommunication des Hassidiques une théorie du désenchantement de Dieu.</p>
<p>Mettant en avant le désir d’infini qui habite notre être, la vision du Gaon de Vilna tenait presque pour secondaire l’existence de Dieu. Il n’est là, Il ne répond, que si on l’appelle. Il n’apparaît qu’à celui qui étudie, est accessible par l’esprit, par l’intelligence, pas par l’effusion, l’union mystique au divin, la transe et la danse. Au rebours de toute immanence, Dieu a voilé sa transcendance. Il appartient aux hommes, par l’étude, de relever cette transcendance, de la percer et de s’en revêtir par l’étude des textes saints, elle seule et eux seuls. Cet intellectualisme religieux qui désincarne Dieu du monde trouvera un siècle et demi plus tard en Lévinas, lui aussi né dans la Jérusalem du nord, son prolongement philosophique, que Lévy fera sien et nourrira à son tour. C&#8217;est la dernière phrase du &laquo;&nbsp;<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/le-testament-de-dieu"><em>Testament de Dieu</em></a>&laquo;&nbsp;!</p>
<p><strong>Gilles Hertzog</strong></p>
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		<title>BHL invité de CNN International</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Apr 2012 14:02:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ici, aux Etats-Unis,  le Amanpour Show, est considéré comme une des plus grandes émissions politiques de CNN International.
Bernard-Henri Lévy en était l’invité ce 24 avril.
Interviewé par la journaliste vedette Christiane Amanpour,  Bernard-Henri Lévy livre son analyse du résultat du premier tour des élections présidentielles et le score du Front National. Voici quelques morceaux choisis : “The [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/bhl-cnn.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-28784" title="bhl cnn" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/bhl-cnn-300x173.jpg" alt="bhl cnn" width="300" height="173" /></a>Ici, aux Etats-Unis,  le Amanpour Show, est considéré comme une des plus grandes émissions politiques de CNN International.<br />
<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/">Bernard-Henri Lévy</a> en était l’invité ce 24 avril.<br />
Interviewé par la journaliste vedette Christiane Amanpour,  <span id="more-28781"></span>Bernard-Henri Lévy livre son analyse du résultat du premier tour des élections présidentielles et le score du <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/pour-ne-pas-laisser-a-marine-le-pen-le-benefice-de-sa-victoire-le-point-26-avril-2012-28718.html">Front National</a>. Voici quelques morceaux choisis : “The really event of yesterday night, and  probably the really disaster, is the extreme right breaking all its owns  records arriving around 20 %. The daughter has killed, at the end, the father”. (Le vrai évènement d’hier soir, et probablement le vrai désastre est que l’extrême droite ait explosé ses propres records. La fille a tué le père.)</p>
<p>BHL évoque aussi sa relation avec le président-candidat <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/nicolas-sarkozy-2947.html">Nicolas Sarkozy</a> pendant le printemps libyen. Il rappelle, très clairement, qu&#8217;il votera pour<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/tuerie-de-toulouse-sarkozy-et-hollande-doivent-parler-d%E2%80%99une-seule-voix-28050.html"> François Hollande</a>. Mais il salue l&#8217;action de Sarkozy en <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/libye-guerre-juste-ou-juste-une-guerre-debat-bernard-henri-levyrony-brauman-modere-par-nicolas-truong-le-monde-24-novembre-2011-25037.html">Libye</a>. Et dénonce avec force les massacres en<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/fin-de-partie-en-syrie-le-point-17-novembre-2011-24731.html"> Syrie,</a> et la passivité de la communauté internationale : «  Homs is the Benghazi of 2012. This is a shame”. (Homs est le<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/benghazi-place-de-la-liberte-bhl-aux-cotes-de-nicolas-sarkozy-et-de-david-cameron-23036.html"> Benghazi</a> de 2012. C’est une honte.)</p>
<p>En images, et en totalité cette interview-choc de BHL sur CNN International.</p>
<p><strong>Liliane Lazar</strong></p>
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		<title>La version allemande du Bloc-Notes de Bernard-Henri Lévy &#171;&#160;Pour ne pas laisser à Marine Le Pen le bénéfice de sa victoire&#160;&#187; (Die Welt, 24 avril 2012)</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/la-version-allemande-du-bloc-notes-de-bernard-henri-levy-pour-ne-pas-laisser-a-marine-le-pen-le-benefice-de-sa-victoire-die-welt-24-avril-2012-28761.html</link>
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		<pubDate>Wed, 25 Apr 2012 12:26:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Der Front National (FN) hat sich als großer Gewinner der ersten Runde der Präsidentschaftswahlen entpuppt. Er hat diesen Sieg politisch errungen, weil er jene Wähler zurückerobert hat, die Sarkozy ihm 2007 abspenstig gemacht hatte. Er hat ihn historisch errungen, weil er die berühmte Wette der &#171;&#160;Entdiabolisierung&#160;&#187; gewonnen hat, die ihn aus jenem Getto herausholen sollte, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Die-Welt-logo1-300x574.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-28763" title="Die-Welt-logo1-300x57" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Die-Welt-logo1-300x574.jpg" alt="Die-Welt-logo1-300x57" width="300" height="57" /></a>Der Front National (FN) hat sich als großer Gewinner der ersten Runde <span id="more-28761"></span>der Präsidentschaftswahlen entpuppt. Er hat diesen Sieg politisch errungen, weil er jene Wähler zurückerobert hat, die Sarkozy ihm 2007 abspenstig gemacht hatte. Er hat ihn historisch errungen, weil er die berühmte Wette der &laquo;&nbsp;Entdiabolisierung&nbsp;&raquo; gewonnen hat, die ihn aus jenem Getto herausholen sollte, in dem die Rechtsextremen seit 60 Jahren gehalten wurden.</p>
<p>Marine Le Pen, nebenbei bemerkt, hat ihn über ihren Dinosaurier von Vater errungen, indem sie nicht nur seinen Rekord von 2002 pulverisiert, sondern ihn damit auch in die Prähistorie seines eigenen Triumphes verbannt hat. Sie hat Frankreich der Lächerlichkeit preisgegeben, indem sie zeigte, dass jeder fünfte Wähler sich in dem debilen Wahlprogramm einer übelriechenden Partei wiederfindet.</p>
<p>Verkörpert wird diese Partei von einer Kandidatin, deren Entourage häufig aus denselben Urgesteinen besteht: von der extremen Rechten, von der Groupe Union Défense (GUD), einer rechtsextremen Studentenverbindung, von Holocaust-leugnenden Splittergruppen oder aus den Dunstkreisen rechtsextremer Politiker wie Bruno Gollnisch oder Bruno Mégret.</p>
<p><strong>Wir verwechseln allzu oft Politik mit Spektakel</strong></p>
<p>Die Geschichte wird zeigen, wer die Verantwortung für dieses Desaster, für diese Schande trägt. Sie wird die Abrechnung machen: mit dem unverantwortlichen Verhalten der Rechten, die jene Barriere, die sie von den Rechtsextremen trennte, langsam abbröckeln, um nicht zu sagen in sich zusammenkrachen ließ; mit der Linken, deren Ultraflügel dank seiner Übertreibungen und seines Populismus die Abwärtsspirale eher antrieb als bremste; und mit uns allen, mit den einfachen Wählern.</p>
<p>Weil wir allzu oft Politik mit Spektakel, die Präsidentschaftswahlen mit der &laquo;&nbsp;Star Academy&nbsp;&raquo; und die Unterscheidung von Wahrem und Falschem mit einer Performance verwechseln, bei der es nicht mehr darum geht, das Richtige zu denken, sondern &laquo;&nbsp;gut&nbsp;&raquo; zu sein, &laquo;&nbsp;Punkte&nbsp;&raquo; zu machen und &laquo;&nbsp;in den Umfragen zu steigen&nbsp;&raquo;. Und weil wir damit letztlich nicht mehr unterscheiden können zwischen dem, was zur notwendigen Debatte gehört, und dem, was grundlegende Tabus bricht.</p>
<p id="p6">Zur Stunde muss man sich mit  dem Offensichtlichen begnügen. Eine Kraft ist entstanden, die darauf  sinnt, die &laquo;&nbsp;Rechte der Oberschicht&nbsp;&raquo; zu zertrümmern und der &laquo;&nbsp;Linken der  Eliten&nbsp;&raquo; das &laquo;&nbsp;Arbeitervolk, die Landwirte und niederen Beamten&nbsp;&raquo; streitig  zu machen.</p>
<p id="p7">Selbst ohne die  Ausländerfeindlichkeit, den Rassismus und den Antisemitismus, die diese  Leute verbreiten, sobald sie sich gehen lassen, selbst ohne dies alles  schwingen in dem aufkommenden Ton eine Vulgarität, ein Hass und eine  soziale und rhetorische Gewalt mit, die, wenn wir sie nicht stoppen,  nach und nach die Gesamtheit des öffentlichen Raumes zerstören werden.  Und es ist Fakt, dass die traditionellen Parteien am Wahlsonntag  meilenweit davon entfernt schienen, die für sie und für uns tödliche  Gefahr zu erkennen, die diese Entwicklung darstellt.</p>
<p><strong>Man träumt von überzeugten Kandidaten</strong><br />
So klang der  Tenor der UMP, der sich ab 20 Uhr geradezu damit überstürzte, die Wähler  des Front National daran zu erinnern, dass Madame Le Pen nicht &laquo;&nbsp;die  Eigentümerin ihrer Stimmen&nbsp;&raquo; sei. Und genauso war es bei den Sozialisten, die bekräftigten, dass die Frauen und Männer, die für eine Kandidatin  gestimmt hatten, die von Quasi-Nazis empfohlen wird, dass diese Le Pen  wählenden Frauen und Männer Franzosen wie alle anderen auch seien, dass  nur die soziale &laquo;&nbsp;Malaise&nbsp;&raquo; sie blind mache. Und niemand, mit der  bemerkenswerten Ausnahme von François Bayrou, nannte die Dinge beim  Namen und sah in diesen 18 Prozent eine Gefahr für die Republik.<br />
Das erinnert an  Pierre Mendès France, der 1954 anlässlich seiner Amtseinführung den Mut  hatte, jenen Kommunisten, die ihn unterstützen wollten, klar zu sagen,  dass er ihre Stimmen nicht wolle. Diese Position ist im Rahmen einer  Präsidentschaftswahl mit allgemeinem, direktem Wahlrecht natürlich  unhaltbar. Aber man träumt von Kandidaten, die uns im bevorstehenden  Kopf-an-Kopf-Rennen zumindest das Spektakel dieses unwürdigen  Stimmenfangs ersparen würden.<br />
Man träumt von einem fairen  Duell, bei dem jeder aus Überzeugung für seine Werte und sein  gesellschaftliches Vorhaben hart kämpft, jedoch nicht trickreich darum  wetteifert, seinen Teil der Wählerschaft Le Pens abzugreifen.<br />
Man träumt,  anders gesagt, von einem &laquo;&nbsp;Gegengift&nbsp;&raquo; – fernab der törichten Theorie,  dass man nach all den &laquo;&nbsp;falschen Antworten&nbsp;&raquo;, die der Front National gibt,  in Windeseile zu den &laquo;&nbsp;richtigen Antworten&nbsp;&raquo; zurückfinden wird. &laquo;&nbsp;Richtige  Antworten&nbsp;&raquo; für all jene, die ganz bewusst ihre Stimme der Kandidatin  einer Partei gegeben haben, die gerade eben nicht wie die anderen ist.  Es bräuchte ein Gegenmittel, das ihnen deutlich macht: &laquo;&nbsp;Es wird keine  Antwort auf eure Frage geben, solange sie in der extremistischen  Phrasendrescherei besagter Partei untergeht.</p>
<p><strong>Lösung in Anstand und Würde</strong><br />
So ein  Gegenmittel lässt sich natürlich nicht kommunizieren mit einem &laquo;&nbsp;Kommt  nicht&nbsp;&raquo;. Auch kann es nicht heißen: &laquo;&nbsp;Ihr, die ihr Le Pen im ersten  Wahlgang gewählt habt, bleibt zu Hause, enthaltet euch, gebt im zweiten Wahlgang einen leeren Stimmzettel ab.&nbsp;&raquo;<br />
Sondern man  müsste ganz klar sagen: &laquo;&nbsp;Kommt, wenn ihr wollt – nur werdet ihr in meinem Diskurs kein Zugeständnis an die Sekte finden, von der ihr kommt  und wo die Debatte darin zu gipfeln scheint, den Denunzianten der &#8216;Islamisierung&#8217; Frankreichs die Denunzianten seiner &#8216;Zionisierung&#8217; entgegenzuhalten.&nbsp;&raquo; Eine solche Haltung, ob deutlich ausgesprochen oder stillschweigend, wäre eine Lösung in Anstand und Würde.<br />
Und es wäre für François Hollande und Nicolas Sarkozy der einzige Weg, die Gefahren abzuwenden, unmittelbar – denn wie viele  Wahlen mit drei Kandidaten wird es, wenn man jetzt klein beigibt, bei  den kommenden Parlamentswahlen noch geben? – wie auch längerfristig –  als eine Bestechung des öffentlichen Geistes, wie es sie seit den  30er-Jahren nicht mehr gegeben hat.<br />
Alles muss getan werden – und das ist möglich – damit Marine Le Pen nicht zur Schiedsrichterin des zweiten Wahlgangs wird.<br />
Es kommt ein Ton auf, in dem eine Vulgarität und ein Hass mitschwingen, die, wenn wir  sie nicht stoppen, den öffentlichen Raum zerstören.</p>
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		<item>
		<title>La version américaine du Bloc-Notes de Bernard-Henri Lévy &#171;&#160;Pour ne pas laisser à Marine Le Pen le bénéfice de sa victoire&#160;&#187; (The Huffington Post, 23 avril 2012)</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/la-version-americaine-du-bloc-notes-de-bernard-henri-levy-pour-ne-pas-laisser-a-marine-le-pen-le-benefice-de-sa-victoire-the-huffington-post-23-avril-2012-28744.html</link>
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		<pubDate>Tue, 24 Apr 2012 14:55:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[At the time &#8212; Sunday night &#8212;  that I am writing this column, the Front  National looks to be the big winner of this first round of the  presidential elections in France.
It is winning politically because it has taken back the voters &#8212; and then some &#8212; Sarkozy &#171;&#160;siphoned off&#160;&#187; from it [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/The-Huffington-Post3.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-28745" title="The Huffington Post" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/The-Huffington-Post3.jpg" alt="The Huffington Post" width="142" height="122" /></a>At the time &#8212; Sunday night &#8212;  that I am writing this column, the Front  National looks to be the big winner of this first round of the  presidential elections in France.</p>
<p>It is winning politically because it has taken back the voters &#8212; and then some &#8212; Sarkozy &laquo;&nbsp;siphoned off&nbsp;&raquo; from it in 2007.<span id="more-28744"></span></p>
<p>It is winning historically by emerging victorious from this famous bet  on the &laquo;&nbsp;de-demonization&nbsp;&raquo; that was to release it from the ghetto where  the extreme right has been confined for the past 60 years.</p>
<p>Marine Le Pen, by the way, has won over her diplodocus of a father,  whose 2002 record she has pulverized, thus relegating him to the  prehistory of her own triumph.</p>
<p>And finally, she is holding France up to ridicule by demonstrating that  one out of five voters relates to her half-witted programme, supported  by a fetid party and incarnate in a candidate whose entourage is still  often made up of the same old faces of the radical right, of the former  fascist student group, GUD, of this negationist groupuscule or that  gang, led by Gollnisch or by Mégret.</p>
<p>History will decide who is responsible for this shame, this disaster.</p>
<p>It will count up the slate of irresponsibilities of a right that allowed  the space separating it from the extreme right (the &laquo;&nbsp;Buisson strategy&nbsp;&raquo;)  to crumble, of a left whose radical wing (whether Mélenchon likes it or  not), with its populism, has fed this worsening spiral rather than  curbing it.  And it will designate our own, simple voters, who, by  confusing Politics with Showtime, the presidential election with <em>American Idol</em>,  the arbitration of the true and the false with a performance whose goal  is no longer sound thoughts but to be &laquo;&nbsp;good,&nbsp;&raquo; to rack up &laquo;&nbsp;points,&nbsp;&raquo; or  to &laquo;&nbsp;gain in the polls,&nbsp;&raquo; end up no longer capable of distinguishing  between what is part of a necessary debate and what breaks the taboos  that are its components.</p>
<p>For the time being, we must recognize certain things.</p>
<p>A force has been born whose ambition it is to break the &laquo;&nbsp;right above&nbsp;&raquo;  and to fight with the &laquo;&nbsp;elite left&nbsp;&raquo; over the &laquo;&nbsp;people of the peasants,  workers, and modest civil servants.&nbsp;&raquo;</p>
<p>A tone has come to the fore that, without even mentioning the  xenophobia, the racism, the antisemitism expressed whenever these people  let themselves go, is of such vulgarity, such hatred, such social and  rhetorical violence that, if we do not put a stop to it, it will  gradually destroy the entirety of the public space.</p>
<p>And the fact is that the traditional French parties, this Sunday, seem a  thousand miles away from perceiving the mortal danger the emergence of  this tone represents, for them and for us.</p>
<p>So the leading lights of the UMP fall all over themselves, as soon as  it&#8217;s 8:00 p.m., to remind the FN voters that Madame Le Pen &laquo;&nbsp;does not own  their votes.&nbsp;&raquo;</p>
<p>And some socialists go one better by pointing out that these men and  women voting, in all conscience, for a candidate advised by quasi-Nazis  (and not just when she is waltzing in Vienna!) are &laquo;&nbsp;French citizens like  the rest of us,&nbsp;&raquo; simply &laquo;&nbsp;blinded&nbsp;&raquo; by the social &laquo;&nbsp;malaise.&nbsp;&raquo;</p>
<p>And no one, with the notable exception of centrist François Bayrou, is there to call a spade a spade and to see that this <a href="http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/france/9220413/French-election-Marine-Le-Pen-celebrates-winning-nearly-20-percent-of-vote-in-first-round.html" target="_hplink">18 percent</a> represents a danger for the Republic.</p>
<p>Remember when Pierre Mendès-France, during his 1954 inauguration as  President of the Council of Ministers, had the courage to tell the  communists tempted to support him that he did not want their votes?</p>
<p>Such a position is, naturally, untenable in the context of a presidential election with direct universal suffrage.</p>
<p>But one dreams of candidates who, in the anticipated hand-to-hand  combat, would spare us the spectacle of their indecent fishing for  votes.</p>
<p>One dreams of a duel that is clean, where each one will fight hard, from  the foundation of his own values and his plan for society, but without,  for all that, competing in terms of clever tricks, the better to grab  his part of the Lepenist electoral stash.</p>
<p>Otherwise put, one dreams of an &laquo;&nbsp;anti-pick up&nbsp;&raquo; that, far from the idiot  theory one senses is returning, about the &laquo;&nbsp;bad answers&nbsp;&raquo; the FN has  provided to the &laquo;&nbsp;good questions,&nbsp;&raquo; would tell those who, in all  conscience, have cast their votes for the candidate of a party that is  not, indeed, like the others:  &laquo;&nbsp;There will be no answer to the question  you are asking as long as it is drowned in the extremist jargon of said  party.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Not, of course, &laquo;&nbsp;don&#8217;t come,&nbsp;&raquo; but &laquo;&nbsp;you&#8217;re not welcome.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Not, &laquo;&nbsp;you who voted for Le Pen in the first round, stay home, abstain,  vote blank in the second tour,&nbsp;&raquo; but &laquo;&nbsp;come if you like &#8212; except that  you&#8217;ll find nothing in my discourse that will be a concession to the  sect you come from, where the pinnacle of debate (cf. the henceforth  indispensable book, <em>Marine Le Pen démasquée</em>, by Caroline  Fourest and Fiammetta Venner) seems to be one between the denouncers of  the &laquo;&nbsp;Islamisation&nbsp;&raquo; of France and those of its &laquo;&nbsp;Zionisation.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Implicit or explicit, this pact would be the solution of decency and dignity.</p>
<p>And it would be the only manner, for Hollande and Sarkozy, to avert the  immediate dangers (how many triangular ones, if we cede here, in the  legislative elections coming up?) and those more distant (a corruption  of the public spirit unprecedented since the 1930s).</p>
<p>Everything must be done &#8212; and it is possible &#8212; to prevent Marine Le Pen from becoming the arbiter of the second round.</p>
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		</item>
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		<title>Pour ne pas laisser à Marine Le Pen le bénéfice de sa victoire (Le Point, 26 avril 2012)</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Apr 2012 12:38:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
A l’heure – dimanche, dans la nuit – où je rédige ce Bloc-Notes, c’est le Front national qui fait figure de grand gagnant de ce premier tour de la présidentielle.
Il l’emporte politiquement puisqu’il reprend, et au-delà, les électeurs que lui avait « siphonnés » Sarkozy en 2007.
Il l’emporte historiquement en gagnant ce fameux pari de la « dédiabolisation » [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/BLOC-NOTES21.gif"><img class="alignleft size-full wp-image-28719" title="BLOC-NOTES2" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/BLOC-NOTES21.gif" alt="BLOC-NOTES2" width="97" height="97" /></a><br />
A l’heure – dimanche, dans la nuit – où je rédige ce Bloc-Notes, c’est le Front national qui fait figure de grand gagnant de ce premier tour de la présidentielle.</p>
<p>Il l’emporte politiquement puisqu’il reprend, et au-delà, les électeurs que lui avait « siphonnés » Sarkozy en 2007.<span id="more-28718"></span></p>
<p>Il l’emporte historiquement en gagnant ce fameux pari de la « dédiabolisation » qui devait le sortir du ghetto où la droite extrême était tenue depuis soixante ans.</p>
<p>Marine Le Pen, au passage, l’emporte sur son diplodocus de père dont elle pulvérise le record de 2002 et qu’elle relègue, ce faisant, dans la préhistoire de son propre triomphe.</p>
<p>Elle ridiculise, enfin, la France en montrant qu’un électeur sur cinq se reconnaît dans un programme débile, porté par un parti fétide et incarné par une candidate dont l’entourage reste, souvent, constitué des mêmes anciens de la Droite radicale, du GUD, de tels groupuscules négationnistes ou de telles bandes à Gollnisch ou à Mégret.</p>
<p>L’Histoire dira à qui revient la responsabilité de ce désastre, de cette honte.</p>
<p>Elle fera le compte des irresponsabilités d’une droite qui a laissé s’effriter, quand ce n’est pas s’effondrer, la barrière d’espèce qui la séparait de l’extrême droite (la « stratégie Buisson ») ; d’une gauche dont l’aile ultra a (n’en déplaise à Mélenchon) plus alimenté qu’enrayé, par ses outrances et son populisme, cette spirale du pire ; de nous tous, simples électeurs, qui, à force de confondre la Politique et le Spectacle, l’élection présidentielle et « Star Academy », l’arbitrage du vrai et du faux avec une performance où l’enjeu n’est plus de penser juste mais d’être « bon », de marquer des « points » ou de « monter dans les sondages », finissons par ne plus bien distinguer entre ce qui relève du débat nécessaire et ce qui en brise les tabous constitutifs.</p>
<p>Pour l’heure, il faut se rendre à l’évidence.</p>
<p>Une force est née dont l’ambition est de casser la « droite d’en haut » et de disputer à la « gauche des élites » le « peuple des ouvriers, des paysans, des petits fonctionnaires ».</p>
<p>Un ton est apparu qui, sans même parler de la xénophobie, du racisme, de l’antisémitisme, qui s’exhalent sitôt que ces gens se lâchent, est fait d’une vulgarité, d’une haine, d’une violence sociale et rhétorique qui, si on ne les stoppe pas, détruiront, de proche en proche, l’entièreté de l’espace public.</p>
<p>Et le fait est que les partis traditionnels semblaient, ce dimanche, à mille lieues de voir le danger mortel, pour eux et pour nous tous, que représente cette émergence.</p>
<p>Ainsi ces ténors de l’UMP se précipitant, dès 20 heures, pour rappeler aux électeurs du FN que Mme Le Pen n’est pas « propriétaire de leurs voix ».</p>
<p>Ainsi ces socialistes renchérissant que ces femmes et hommes votant, en connaissance de cause, pour une candidate conseillée – et pas seulement quand elle va valser à Vienne ! – par des quasi-nazis sont « des Français comme les autres » que seul le « malaise » social « aveugle ».</p>
<p>Et personne, à la notable exception de François Bayrou, pour appeler un chat un chat et voir dans ces 18 % un danger pour la République.</p>
<p>On se souvient de Pierre Mendès France ayant, en 1954, lors de son investiture, le courage de dire aux communistes tentés de le soutenir qu’il ne voulait pas de leurs suffrages.</p>
<p>Cette position est intenable, naturellement, dans le cadre d’une élection présidentielle au suffrage universel direct.<br />
Mais on rêve de candidats qui, dans le corps à corps qui s’annonce, nous épargneraient au moins le spectacle de cette indécente pêche aux voix.</p>
<p>On rêve d’un duel à la loyale où chacun bataillerait dur, à partir de son socle de valeurs et de son projet de société, mais sans rivaliser, pour autant, d’astuce pour mieux prendre sa part du magot électoral lepéniste.</p>
<p>On rêve, autrement dit, d’une « antidrague » qui, loin de la sotte théorie que l’on sent revenir au triple galop sur les « mauvaises réponses » apportées par le FN à de « bonnes questions », ferait dire à celles et ceux qui ont, en conscience, donné leur voix à la candidate d’un parti justement pas comme les autres : « il n’y aura pas de réponse à la question que vous posez tant qu’elle sera noyée dans la phraséologie extrémiste dudit parti ».</p>
<p>Non pas, bien sûr : « ne venez pas » ; mais : « vous n’êtes pas les bienvenus ».</p>
<p>Non pas : « vous qui avez voté Le Pen au premier tour, restez chez vous, abstenez-vous, votez blanc, au second tour » ; mais : « venez si vous voulez – sauf que vous ne trouverez rien, dans mon discours, qui sera une concession à la secte d’où vous arrivez et où le summum du débat semble opposer (cf. le désormais indispensable « Marine Le Pen démasquée », de Caroline Fourest et Fiammetta Venner) les dénonciateurs de “l’islamisation” de la France et ceux de sa “sionisation” ».</p>
<p>Ce pacte, explicite ou implicite, serait la solution de la décence et de la dignité.</p>
<p>Et ce serait la seule façon, pour Hollande et Sarkozy, de conjurer les périls immédiats (combien de triangulaires, si on cède, dans les législatives qui arrivent ?) et plus lointains (une corruption de l’esprit public sans précédent depuis les années 30…).<br />
Il faut tout faire – et c’est possible – pour que Marine Le Pen ne soit pas l’arbitre du second tour.</p>
<p><strong>Bernard-Henri Lévy</strong></p>
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		<title>Le Séminaire de la Règle du Jeu : S’engager : pourquoi cette démarche revient à la mode ?</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Apr 2012 18:48:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le dimanche 22 avril 2012 à 11h
La Règle du jeu vous invite à un séminaire sur le thème :
S’engager : pourquoi cette démarche revient à la mode ?
Avec :
Jean-François Kahn , écrivain, journaliste, cofondateur de “Marianne”, auteur de “Menteurs” (Plon),
Edwy Plenel , essayiste, journaliste, fondateur de “Mediapart”,
Christophe Prochasson , historien, directeur d’études à l’EHESS.
Un débat [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/s-engager-seminaire-copie.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-28701" title="s-engager-seminaire-copie" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/s-engager-seminaire-copie-300x49.jpg" alt="s-engager-seminaire-copie" width="300" height="49" /></a><span style="color: #993300;">Le dimanche 22 avril 2012 à 11h<span id="more-28702"></span></span></p>
<p><span style="color: #993300;">La Règle du jeu vous invite à un séminaire sur le thème :<br />
S’engager : pourquoi cette démarche revient à la mode ?<br />
Avec :<br />
<strong>Jean-François Kahn</strong></span> <span style="color: #993300;">, écrivain, journaliste, cofondateur de “Marianne”, auteur de “Menteurs” (Plon),<br />
<strong>Edwy Plenel</strong></span> <span style="color: #993300;">, essayiste, journaliste, fondateur de “Mediapart”,<br />
<strong>Christophe Prochasson</strong></span> <span style="color: #993300;">, historien, directeur d’études à l’EHESS.</span></p>
<p><span style="color: #993300;">Un débat animé par <strong>Alexis Lacroix</strong>.</span></p>
<p><span style="color: #993300;">Les séminaires de la Règle du jeu, tous les dimanches à 11h<br />
Au cinéma Saint-Germain<br />
22, rue Guillaume-Apollinaire, Paris 6ème<br />
Entrée libre et gratuite.<br />
Prochain séminaire, le 29 avril 2012 : le séminaire littéraire de <strong>Yann Moix</strong> sur Kafka.</span></p>
<p><span style="color: #993300;">Retrouvez l’intégralité du <a href="http://www.dailymotion.com/video/xq5yrd_ou-va-l-algerie_news">séminaire précédent</a>, qui avait pour thème : <strong>“Où va l’Algérie ?”</strong>, avec Martine Gozlan, Benjamin Stora et Mohamed Sifaoui.</span></p>
<p><span style="color: #993300;">Renseignements : redaction@laregledujeu.org</span></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>La version américaine du Bloc-Notes de Bernard-Henri Lévy &#171;&#160;Libye : les points sur les i&#160;&#187; (The Huffington Post, 18 avril 2012)</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/la-version-americaine-du-bloc-notes-de-bernard-henri-levy-libye%e2%80%89-les-points-sur-les-i-the-huffington-post-18-avril-2012-28694.html</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Apr 2012 15:37:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Madame Le Pen encourages boos when she mentions my name at her rallies.
She never misses a chance to shower me with insults, sometimes rather filthy ones.
And this woman who feeds on all that afflicts the French soul, who speaks of France only to describe it as debased, humiliated, soiled by imaginary vermin, this friend of [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/The-Huffington-Post2.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-28695" title="The Huffington Post" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/The-Huffington-Post2.jpg" alt="The Huffington Post" width="142" height="122" /></a>Madame Le Pen encourages boos when she mentions my name at her rallies.</p>
<p>She never misses a chance to shower me with insults, sometimes rather filthy ones.</p>
<p>And this woman who feeds on all that afflicts the French soul,<span id="more-28694"></span> who speaks of France only to describe it as debased, humiliated, soiled by imaginary vermin, this friend of Arab dictators, Austrians nostalgic for Naziism, and the factious of all countries, in short, enemies of her country, has, what&#8217;s more, the nerve to present me as a representative of the anti-France.</p>
<p>In and of itself, all that is of scarcely any importance.</p>
<p>And there are people one does not respond to, simply as a matter of principle.</p>
<p>Nonetheless, one point.</p>
<p>One point, just one &#8212; for it touches on the essential and one cannot permit that utter rubbish be said and accredited concerning the essential: the war in Libya.</p>
<p>I shall ignore the malicious pleasure the candidate with the sleazy grin takes in systematically associating my name with the incumbent president. This &laquo;&nbsp;Libyan&nbsp;&raquo; association honors me as, in this affair, Nicolas Sarkozy proved exemplary (determined, courageous, faithful to my own idea of my country&#8217;s values). It simply neglects the fact (but it&#8217;s not really serious) that our association, as I have always made it clear, lasted exactly as long as this unprecedented war, this unheard of savagery with which civilians were threatened with destruction by an Arab Nero, after which politics reasserted itself, each of us returning to our original loyalties &#8212; in my case, for the past forty years, more or less fervently, on the left.</p>
<p>However, I cannot in all conscience let the following points pass.</p>
<p>1. The idea that, in the person of Kadhafi, we should have brought down a secular dictatorship, hostile to terrorism. It is absurd. And, to mention only them, the thousands of victims of the Irish IRA, the passengers murdered at Lockerbie and on UTA flight 772, or the victims of antisemitic attacks carried out by Abu Nidal and other Palestinian extremist groups sponsored by Kadhafi know it is absurd.</p>
<p>2. The idea according to which his fall should have created regional disorder, of which the civil war in Mali is but the first episode. As though Tuareg successionism, throbbing since the revolt of Kaocen in Niger in 1916, dated from the death of Kadhafi! As though the territorial unity of the country were not in question for the last half-century at least! And as if the thousand ex-Kadhafist mercenaries who passed the frontier in January, after their master&#8217;s demise, posed a problem to Mali (when they met up with the independence-seeking rebels of Azawad), but had never been a problem in Libya (when they had spread terror and murdered en masse).</p>
<p>3. The idea, repeated ad nauseam, that post-Kadhafist Libya is the prey of tribal divisions that would have had the effect, among others, of already splitting the country into two, even three, entities. Of course, this is false. And it is not because self-styled delegates unilaterally announced the creation of a &laquo;&nbsp;Provincial Council,&nbsp;&raquo; lacking power and resources and, moreover, immediately disclaimed by the lifeblood of the populations of Benghazi and Tobruk, that the country should already be federalized!</p>
<p>4. The image of a Libya that, once aided in its self-liberation, has been turned over to the partisans of radical Islam and submission to Sharia. False again. False and ridiculous. One leader, only one, Mustafa Abdeljalil, has expressed anything about this up until now. He did so on September 13th, during a meeting in Benghazi where he, indeed, expressed the wish to see civil laws decreed null and void if they did not conform to divine commandments. But that was a personal opinion. He had neither the power nor the pretention to substitute himself for the Constituant Assembly which, alone, will have a mandate to map out the contours of the future Libya. And it should be noted that no other Libyan figure of moral or political authority has adopted this proposal as his own.</p>
<p>5. And finally, as for the description of a country handed over to the will, when it is not the savagery, of militias over which the authorities have no control, it takes the crass ignorance of the Front National &laquo;&nbsp;experts&nbsp;&raquo; to have put that in the poor candidate&#8217;s head. It happens that, with my friend Marc Roussel, co-author of a future film on the Libyan revolution, I recently returned to Tripoli. Alarmed by the reports of NGOs telling of ill treatment inflicted by the victors on those vanquished waiting for judgment, we demanded permission to enter the prisons of Misrata and to film inside them. And I can reassure those who, bombarded by disinformation, may have been shaken: there are no checkpoints at every intersection in Libyan cities; one breathes the air of liberty, even the memory of which had been forgotten for forty years, and the jails of Misrata are neither gulags nor, especially, the antechambers of death they were in the times of the &laquo;&nbsp;Guide.&nbsp;&raquo;</p>
<p>That Madame Le Pen, faithful on this point, as on so many others, to her father, is entitled to be nostalgic for tyranny and to think the Arab world is destined to humiliation and slavery. It is also her right to refuse, for example, to have a word, just one, of compassion for the civilians of Homs and Aleppo, who suffer the exact same situation those of Benghazi would have had the international community, with the impetus of France, not reacted swiftly and with force. But it is my own right to revolt when I see her, day in and day out, sullying the most uncertain but the most promising event of the dawn of this 21st century.</p>
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		<title>La version allemande du Bloc-Notes de Bernard-Henri Lévy &#171;&#160;Libye : les points sur les i&#160;&#187; (Die Welt, 19 avril 2012)</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Apr 2012 13:10:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Madame Le Pen lässt meinen  Namen in Wahlkampfveranstaltungen ausbuhen. Sie lässt keine Gelegenheit  aus, mich und einige andere mit manchmal ordinären Schimpfworten  einzudecken. Und dieser Aaskäfer des französischen Leids, diese Frau,  die nur von Frankreich spricht, um es als erniedrigt, beleidigt und  beschmutzt von imaginärem Geschmeiß zu beschrieben, diese Freundin [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Die-Welt-logo1-300x571.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-28647" title="Die-Welt-logo1-300x57" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Die-Welt-logo1-300x571.jpg" alt="Die-Welt-logo1-300x57" width="300" height="57" /></a>Madame Le Pen lässt meinen  Namen in Wahlkampfveranstaltungen ausbuhen. <span id="more-28646"></span>Sie lässt keine Gelegenheit  aus, mich und einige andere mit manchmal ordinären Schimpfworten  einzudecken. Und dieser Aaskäfer des französischen Leids, diese Frau,  die nur von Frankreich spricht, um es als erniedrigt, beleidigt und  beschmutzt von imaginärem Geschmeiß zu beschrieben, diese Freundin von  arabischen Diktatoren, von österreichischen Nazi-Nostalgikern, von  Aufrührern aller Länder, kurz: der Feinde ihres Landes, hat die  Frechheit, mich als Repräsentanten des Antifranzösischen darzustellen.</p>
<p>Das alles ist an  sich natürlich kaum von Bedeutung. Es gibt Leute, denen man aus Prinzip  nicht antwortet. Einen Punkt gibt es allerdings. Einen einzigen, denn  er berührt das Wesentliche. Und man kann über das Wesentliche nicht  irgendeinen Unsinn erzählen und unwidersprochen lassen: den Krieg in  Libyen.</p>
<p><strong>Absurde Vorstellung zur laizistischen Diktatur</strong></p>
<p>Ich gehe über das boshafte Vergnügen hinweg, das es der Kandidatin mit dem verkrampften Grinsen bereitet, meinen Namen systematisch mit dem scheidenden Präsidenten zu assoziieren. Diese &laquo;&nbsp;libysche&nbsp;&raquo; Verbindung ehrt mich, so sehr war Nicolas Sarkozy in dieser Angelegenheit vorbildlich (entschieden, mutig, der Vorstellung treu, die ich von den Werten meines Landes habe).</p>
<p>Sie übergeht allerdings die Tatsache (aber das ist nicht schlimm), dass unsere Gemeinsamkeit, wie ich es stets angekündigt hatte, nur für die Dauer dieses einmaligen Krieges bestand, dieser bislang einzigartigen Rettung von Zivilisten, die von einem arabischen Nero mit Vernichtung bedroht wurden: Danach hat die Politik wieder ihre Rolle übernommen, jeder kehrte zu seinen ursprünglichen Anhänglichkeiten zurück. In meinem Fall ist dies seit 40 Jahren, mal mehr, mal weniger leidenschaftlich, die Linke. Was ich jedoch nicht durchgehen lassen kann, sind die folgenden Punkte:</p>
<p>Die Vorstellung, dass man mit der Person Gaddafi eine laizistische Diktatur abgeschafft habe, die den Terrorismus ablehnte. Das ist absurd. Und das wissen – um nur von diesen zu sprechen – die Tausenden Opfer der IRA, der Attentate von Lockerbie oder des Fluges UTA 772, der 1989 mithilfe des libyschen Geheimdienstes über der Sahara zum Absturz gebracht wurde. Oder die Opfer der antisemitischen Attentate, die Abu Nidal und andere palästinensische Extremisten anzettelten, die von Gaddafi unterstützt wurden.</p>
<p><strong>Idee, dass das postgaddafistische Libyen zerfällt</strong></p>
<p>Die Idee, dass der Sturz eine Unordnung in der Region geschaffen hätte, deren erste Episode der Bürgerkrieg in Mali sei. Als wenn es den Sezessionismus der Tuareg, der seit der Revolte von Kaocen im Niger 1916 schwelt, erst seit dem Tod Gaddafis gäbe! Als wenn sich die Frage der Einheit des Landes nicht mindestens seit einem halben Jahrhundert stellte.</p>
<p>Und vor allem, als ob die Tausenden gaddafistischen Söldner, als sie im Januar nach dem Tod ihres Meisters die Grenze überquerten, erst ein Problem in Mali darstellten (wenn sie sich mit den Unabhängigkeitskämpfern von Azawad verbünden), nicht aber in Libyen, als sie dort Terror verbreiteten und massenhaft töteten.</p>
<p>Die bis zum Erbrechen wiederholte Idee, dass das postgaddafistische Libyen zur Beute von Stammesauseinandersetzungen würde, die unter anderem zur Folge hätten, dass das Land in zwei oder drei Einheiten zerfällt. Das ist sicherlich falsch.</p>
<p>Es ist nicht so, dass das Land schon föderalisiert wäre, weil selbst ernannte Abgeordnete am 6. März einseitig die Schaffung eines &laquo;&nbsp;Provinzrates&nbsp;&raquo; angekündigt haben, der über keine Mittel und Kompetenzen verfügt und im Übrigen alsbald von der lebendigen Bevölkerung von Bengasi und von Tobruk desavouiert wurde.</p>
<p><strong>Bahn frei für den radikalen Islamismus? – Lächerlich</strong></p>
<p>Das Bild eines Libyens, das man, indem man ihm half, sich zu befreien, den Anhängern eines radikalen Islamismus und der Unterwerfung unter die Scharia ausgeliefert hätte. Wieder falsch. Lächerlich und falsch. Ein einziger Verantwortlicher, Mustafa Abdel Jalil, hat sich bislang in diese Richtung geäußert. Er hat es am 13. September bei einem Treffen in Bengasi getan, wo er tatsächlich den Wunsch ausgesprochen hat, zivile Gesetze für nichtig zu erklären, wenn sie mit den göttlichen Gebeten nicht konform sind.</p>
<p>Aber das war eine persönliche Meinung. Er hatte weder die Macht noch die Absicht, die verfassungsgebende Versammlung zu ersetzen, die allein das Mandat hat, die Konturen des künftigen Libyens zu zeichnen. Es bleibt festzuhalten, dass keine andere libysche Persönlichkeit, keine moralische oder politische Autorität diesen Vorschlag übernommen hat.</p>
<p><strong>Das Gefängnis in Misrata ist keine Sterbeanstalt mehr</strong></p>
<p>Und was schließlich die Beschreibung eines Landes angeht, das der Willkür ausgeliefert sei, wenn es nicht sogar die Barbarei der Milizen ist, über welche die Autoritäten keinerlei Kontrolle haben sollen, braucht es schon die krasse Ignoranz der &laquo;&nbsp;Experten&nbsp;&raquo; des Front National, um dies der armen Kandidatin ins Ohr zu setzen.</p>
<p>Ich bin zufällig gerade mit meinem Freund Marc Roussel, dem Co-Autor meines Filmes über die libysche Revolution, aus Tripolis zurückgekommen. Alarmiert durch die Berichte von NGOs, welche die schlechte Behandlung der Besiegten durch die Besieger bemerkten, die auf ihr Urteil warten, haben wir verlangt, das Gefängnis von Misrata betreten und dann filmen zu dürfen.</p>
<p>Und ich versichere: Es gibt keine Checkpoints an jeder Kreuzung der libyschen Städte. Man atmet dort eine Luft der Freiheit, die man seit 42 Jahren vergessen hatte: Die Kerker von Misrata sind weder der Gulag noch jene Sterbeanstalten, die sie zur Zeit des &laquo;&nbsp;Führers&nbsp;&raquo; waren.</p>
<p><strong>Kein Wort für die Opfer in Homs</strong></p>
<p>Dass Madame Le Pen in diesem Punkt wie in vielen anderen ihrem Vater treu und eine Nostalgikerin der Tyranneien bleibt, dass sie glaubt, die arabische Welt sei für die Erniedrigung und Sklaverei bestimmt, dass sie sich weigert, auch nur ein Wort des Mitleids für die Zivilisten in Homs oder Aleppo zu verlieren, die sich exakt in jener Lage befinden, in der die Bewohner von Bengasi wären, wenn die internationale Gemeinschaft nicht auf Betreiben Frankreichs mit Kraft und Klarheit reagiert hätte, das ist ihr gutes Recht.</p>
<p>Aber es ist das meine, mich zu erheben, wenn ich sehe, wie sie den ganzen Tag lang das unsicherste, aber zugleich meistversprechende Ereignis des frühen 21. Jahrhunderts in den Schmutz zieht.</p>
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		<title>La version allemande du Bloc-Notes de Bernard-Henri Lévy &#171;&#160;La première mort de Günter Grass&#160;&#187; (Die Welt, 11 avril 2012)</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Apr 2012 07:29:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Es gibt Nordkorea und seinen autistischen Tyrannen, ausgestattet mit einem großen operativen Atomarsenal. Es gibt Pakistan, von dem wir weder wissen, wie viele Sprengköpfe es besitzt, noch, wo genau sich diese befinden, noch, welche Garantie es gibt, dass sie nicht eines Tages in die Hände von Gruppen fallen, die mit al-Qaida liiert sind.
Es gibt das [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Die-Welt-logo1-300x573.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-28651" title="Die-Welt-logo1-300x57" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Die-Welt-logo1-300x573.jpg" alt="Die-Welt-logo1-300x57" width="300" height="57" /></a>Es gibt Nordkorea und seinen autistischen Tyrannen, <span id="more-28635"></span>ausgestattet mit einem großen operativen Atomarsenal. Es gibt Pakistan, von dem wir weder wissen, wie viele Sprengköpfe es besitzt, noch, wo genau sich diese befinden, noch, welche Garantie es gibt, dass sie nicht eines Tages in die Hände von Gruppen fallen, die mit al-Qaida liiert sind.</p>
<p>Es gibt das Russland Putins, dem die Heldentat gelungen ist, in zwei Kriegen ein Viertel der tschetschenischen Bevölkerung zu vernichten. Es gibt den Schlächter von Damaskus, der es bis jetzt auf 10.000 Tote gebracht hat und dessen krimineller Starrsinn den Frieden in der Region bedroht. Und es gibt, natürlich, den Iran, dessen Führer verkündet haben, dass ihre Atomwaffen, sollten sie eines Tages darüber verfügen, dazu dienen werden, einen ihrer Nachbarn zu treffen.</p>
<p>Wir leben also auf einem Planeten, auf dem wir die Qual der Wahl haben, welcher wohl der pyromanischste Staat ist, der offen auf seine Zivilbevölkerung und auf die Nachbarvölker zielt und die Welt mit Umstürzen oder Desastern droht, die ohne Beispiel wären in den letzten Jahrzehnten.</p>
<p><strong>Hat Teheran mit Wohlbehagen erfüllt</strong></p>
<p>Und nun gibt es einen europäischen Schriftsteller, einen der größten und prominentesten, handelt es sich doch um den Literaturnobelpreisträger Günter Grass, der nichts Besseres zu tun hat, als ein „Gedicht“ zu veröffentlichen, in dem er erklärt, dass es nur eine ernsthafte Bedrohung gebe, die auf uns laste, und dass diese Bedrohung von einem ganz kleinen Land ausgehe, einem der kleinsten Flecken der Welt und zugleich einem der verletzlichsten, und nebenbei gesagt, einer Demokratie: dem Staat Israel.</p>
<p>Diese Deklaration hat die in Teheran regierenden Fanatiker mit Wohlbehagen erfüllt, und sie haben sich beeilt, durch einen Brief des Vizekulturministers Jawad Schamaghdari den „Humanismus“ und das „Verantwortungsgefühl“ des Autors der „Blechtrommel“ zu würdigen.</p>
<p>Grass&#8217; Gedicht war der Gegenstand entzückter Kommentare, in Deutschland und im Rest der Welt, bei allen Kretins, die in ihren pawlowschen Reflexen die Ablehnung des politisch Korrekten verwechselt haben mit dem Recht, sich gehen zu lassen und dabei den aufs Übelste verpesteten Mief ihrer Gedanken freizusetzen.</p>
<p>Die Deklaration bot den Anlass für die übliche und ärgerliche Debatte über das „Rätsel des großen Schriftstellers, der ein Feigling oder ein Mistkerl sein kann“ (zum Beispiel Céline oder Aragon) oder, schlimmer noch, über die „moralische Unwürdigkeit oder Lüge, die niemals literarische Argumente sein dürfen“ (wodurch man Unmengen von Möchtegern-Célines oder -Aragons erlaubt, sich im Dreck zu suhlen).</p>
<p><strong>Drei einfache Beobachtungen</strong></p>
<p>Für den Zeitgenossen mit gesundem Menschenverstand aber bietet die Affäre vor allem drei einfache Beobachtungen. Das gelegentliche Elend des Alters: Dieser furchtbare Moment, der auch den Allergrößten nicht erspart bleibt, in dem eine Art intellektuelle Anosognosie alle Dämme brechen lässt, die normalerweise vor der Brandung der Niedertracht schützen. „Lebe wohl, Greis, und gedenke meiner, wenn du mich gelesen hast.“ (Lautréamont, „Maldoror“, 1. Gesang) Grass&#8217; eigene Vergangenheit.</p>
<p>Das Geständnis vor sechs Jahren, als er erzählte, dass er im Alter von 17 Jahren zu einer Einheit der Waffen-SS gegangen sei. Unmöglich, heute nicht daran zu denken. Unmöglich, keine Verbindung zu sehen zwischen den beiden Ereignissen.</p>
<p>Zwischen diesem und jenem, zwischen dem sozialdemokratischen Burggrafen, der bekannte, seine Grundausbildung im Nationalsozialismus bekommen zu haben, und dem Schweinehund, der heute erklärt, dass er nicht mehr schweigen kann, dass das, was er sagt, gesagt werden „muss“, dass die Deutschen schon „belastet genug“ sind (man fragt sich schon, wodurch eigentlich …), um nicht auch noch „Zulieferer“ der aktuellen und künftigen „Verbrechen“ Israels zu werden. Ist diese Verbindung nicht – leider – offenkundig?</p>
<p>Und dann: Deutschland. Europa und Deutschland. Oder Deutschland und Europa. Dieser üble Wind, der über Europa weht und die Segel eines – man muss es so nennen – Neoantisemitismus aufbläht. Es ist kein rassistischer Antisemitismus. Auch kein christlicher. Nicht einmal ein antichristlicher.</p>
<p><strong>Neoantisemitismus aus Deutschland</strong></p>
<p>Auch kein antikapitalistischer wie am Beginn des 20. Jahrhunderts. Nein. Es ist der neue Antisemitismus, der nur eine Chance hat, wieder gehört zu werden (und zuvor: wieder artikuliert zu werden), wenn es ihm gelingt, das „Jüdischsein“ gleichzusetzen mit einer angeblich kriminellen Identität des Staates Israel, der bereit ist, seinen Zorn gegen den unschuldigen iranischen Staat zu richten. Genau das tut Günter Grass. Und das ist es, was diese Affäre auf so furchtbare Weise vielsagend macht.</p>
<p>Ich sehe Günter Grass noch vor mir, 1983 in Berlin, beim Geburtstag Willy Brandts. Ich höre ihn noch reden, zunächst auf dem Podium, danach am Tisch mit einem kleinen Hofstaat von Bewunderern, sein Haar und seine Sprache struppig, mit einer oval gefassten Brille, die ihn aussehen ließ wie Bertolt Brecht.</p>
<p>Die Nasenflügel in seinem groben Gesicht bebten vor gekünstelter Erregung, als er seine Kameraden ermahnte, dass sie jener berühmten „Vergangenheit, die nicht vergehen will“ ins Auge sehen sollten.</p>
<p>Und heute, 30 Jahre später, spielt er selbst exakt die Rolle jener Protagonisten mit einem löchrigen Gedächtnis (Faschisten, ohne es zu wissen, heimgesucht, ohne es zu wollen), die er an jenem Abend dazu einlud, sich ihrer schändlichen Hintergedanken bewusst zu werden:</p>
<p>Poseur und Betrüger; eine Figur aus Sand und Komödiant; der Kommandeur war ein Tartuffe; der Moralprediger war die Inkarnation der Immoralität, die er anprangerte; Günter Grass, dieser große Fisch der Literatur, dieser durch 60 Jahre des Posierens und Lügens tiefgefrorene Butt, hat sich endgültig zerlegt. Das nennt man im wahrsten Sinne des Wortes ein Debakel – wie traurig.</p>
<p><em>Aus dem Französischen von Rainer Haubrich.</em></p>
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		<title>Libye : les points sur les i (Le Point, 19 avril 2012)</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Apr 2012 12:58:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Mme Le Pen fait huer mon nom dans ses meetings.
Elle ne perd aucune occasion de m’abreuver, avec quelques autres, d’injures parfois ordurières.
Et cette nécrophage du mal français, cette femme qui n’aime parler de la France que pour la décrire abaissée, humiliée, souillée par une vermine imaginaire, cette amie des dictateurs arabes, des nostalgiques du nazisme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/BLOC-NOTES2.gif"><img class="alignleft size-full wp-image-28574" title="BLOC NOTES" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/BLOC-NOTES2.gif" alt="BLOC NOTES" width="97" height="97" /></a>Mme<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/madame-le-pen-n%E2%80%99aime-pas-la-france-le-point-26-janvier-2012-26857.html"> Le Pen</a> fait huer mon nom dans ses meetings.</p>
<p>Elle ne perd aucune occasion de m’abreuver, avec quelques autres, d’injures parfois ordurières.</p>
<p>Et cette nécrophage du mal français, <span id="more-28575"></span>cette femme qui n’aime parler de la France que pour la décrire abaissée, humiliée, souillée par une vermine imaginaire, cette amie des dictateurs arabes, des nostalgiques du nazisme autrichien, des factieux de tous pays, bref, des ennemis de son pays, a le -culot de me présenter, de surcroît, comme un représentant de l’anti-France.</p>
<p>Tout cela n’a, en soi, guère d’importance.</p>
<p>Et il y a des gens auxquels, par principe, on ne répond pas.</p>
<p>Un point toutefois.</p>
<p>Un point, un seul – car il touche à l’essentiel et l’on ne peut pas, sur l’essentiel, laisser dire, et accréditer, n’importe quoi : la guerre en <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/libye-guerre-juste-ou-juste-une-guerre-debat-bernard-henri-levyrony-brauman-modere-par-nicolas-truong-le-monde-24-novembre-2011-25037.html">Libye</a>.</p>
<p>Je passe sur le malin plaisir que prend la candidate au rictus gras à associer systématiquement mon nom à celui du président sortant. Cette association « libyenne » m’honore tant <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/nicolas-sarkozy-2947.html">Nicolas Sarkozy </a>aura été, dans cette affaire, exemplaire (déterminé, courageux, fidèle à l’idée que je me fais des valeurs de mon pays). Elle néglige juste le fait (mais ce n’est pas très grave) que notre compagnonnage aura, comme je l’avais toujours annoncé, duré très exactement le temps de cette guerre inédite, de ce sauvetage sans précédent de civils menacés de destruction par un Néron arabe : après quoi la politique a repris ses droits, chacun revenant à ses fidélités d’origine – dans mon cas, depuis quarante ans, avec plus ou moins de ferveur, la gauche.</p>
<p>Ce que je ne peux, en revanche, laisser passer, ce sont les points suivants.</p>
<p>1. L’idée que l’on aurait, en la personne de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/libye-comment-sarkozy-a-gagne-la-guerre-lexpress-le-9-novembre-2011-article-de-christophe-barbier-24540.html">Kadhafi</a>, abattu une dictature laïque, hostile au terrorisme. C’est absurde. Et le savent, pour ne parler que d’elles, les milliers de victimes de l’Ira irlandaise, des attentats de Lockerbie et du vol UTA 772, ou des attentats antisémites fomentés par les Abou Nidal et autres extrémistes palestiniens sponsorisés par Kadhafi.</p>
<p>2. L’idée selon laquelle sa chute aurait créé un désordre régional dont la guerre civile au Mali serait le premier épisode. Comme si le sécessionnisme touareg, lancinant depuis la révolte de Kaocen, au Niger, en 1916, datait de la mort de Kadhafi ! Comme si la question de l’unité territoriale du pays ne se posait pas depuis un demi-siècle au moins ! Et comme si, surtout, le millier d’ex-mercenaires kadhafistes passant la frontière en janvier, après la disparition de leur maître, posaient un problème au Mali (quand ils font la jonction avec les indépendantistes de l’Azawad) mais n’en posaient aucun en Libye (quand ils y semaient la terreur et y tuaient en masse).</p>
<p>3. L’idée, répétée jusqu’à la nausée, que la Libye post-kadhafiste serait la proie de divisions tribales qui auraient, entre autres effets, celui d’avoir déjà fait éclater le pays en deux, voire trois, entités. C’est faux, bien sûr. Et ce n’est pas parce que des délégués autodésignés ont, le 6 mars, unilatéralement annoncé la création d’un « Conseil provincial » sans ressources, sans pouvoir et aussitôt désavoué, d’ailleurs, par les forces vives de la population de Benghazi et de Tobrouk, que le pays serait déjà fédéralisé !</p>
<p>4. L’image d’une Libye que l’on aurait, en l’aidant à se libérer, livrée aux partisans de l’islamisme radical et de la soumission à la charia. Faux, encore. Ridicule et faux. Un responsable, un seul, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/libye-le-cnt-demande-lintensification-des-frappes-lexpress-fr-19-avril-2011-18184.html">Mustafa Abdeljalil</a>, s’est exprimé, pour le moment, en ce sens. Il l’a fait, le 13 septembre, lors d’un meeting, à Benghazi, où il a effectivement émis le vœu de voir les lois civiles décrétées nulles et non avenues si non conformes au commandement divin. Mais c’était une opinion personnelle. Il n’avait ni le pouvoir ni même la prétention de se substituer à l’Assemblée constituante qui, seule, aura mandat de dessiner les contours de la future Libye. Et il est à noter qu’aucune autre personnalité libyenne, aucune autorité morale ni politique, n’a repris cette proposition à son compte.</p>
<p>5. Et quant à la description, enfin, d’un pays livré à l’arbitraire, quand ce n’est pas à la sauvagerie, de milices sur lesquelles les autorités n’auraient aucun contrôle, il faut l’ignorance crasse des « experts » du FN pour l’avoir mise dans la tête de la pauvre candidate. Il se trouve que je suis, avec mon ami <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/marc-roussel-23672.html">Marc Roussel</a>, coauteur de mon futur film sur la révolution libyenne, récemment retourné à <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/paris-tripoli-benghazi-le-point-22-septembre-2011-23129.html">Tripoli</a>. Alarmés par des rapports d’ONG faisant état de mauvais traitements infligés par les vainqueurs aux vaincus en attente de jugement, nous avons exigé d’entrer, puis de filmer, dans les prisons de<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/au-coeur-de-misrata-ville-martyre-par-bernard-henri-levy-19660.html"> Misrata.</a> Et je rassure ceux que le pilonnage de la désinformation pourrait avoir ébranlés : il n’y a pas de check-points à chaque carrefour des villes libyennes ; on y respire un air de liberté dont on avait, depuis quarante-deux ans, oublié jusqu’au souvenir ; et les geôles de Misrata ne sont ni le goulag ni, surtout, les mouroirs qu’elles étaient du temps du « Guide ».<br />
Que Mme Le Pen, fidèle, sur ce point comme sur tant d’autres, à son père, soit nostalgique des tyrannies, qu’elle pense que le monde arabe est voué à l’humiliation et à l’esclavage, qu’elle se refuse, par exemple, à avoir un mot, un seul, de compassion pour ces civils de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/il-faut-maintenant-une-intervention-en-syrie-le-point-1er-mars-2012-27547.html">Homs</a> et d’Alep qui sont dans l’exacte situation où seraient ceux de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/l%E2%80%99appel-de-benghazi-18363.html">Benghazi</a> si la communauté internationale n’avait, sous l’impulsion de la France, réagi avec force et célérité, c’est son droit. Mais c’est le mien de m’insurger quand je la vois salir, à longueur de journée, l’événement le plus incertain mais le plus prometteur de ce début de XXIe siècle.</p>
<p><strong>Bernard-Henri Lévy</strong></p>
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		<title>20 ans après, retour à Sarajevo</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Apr 2012 13:36:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a vingt ans, le 6 avril 1992, la  guerre des Serbes de Bosnie contre ce petit pays multi-ethnique à deux  heures de vol de Paris, un pays qui était pourtant le leur, commençait  par une fusillade de snipers serbes venus de Pale et de Belgrade, tirant  du haut de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/bosnie012.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-28567" title="bosnie012" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/bosnie012-300x254.jpg" alt="bosnie012" width="300" height="254" /></a>Il y a vingt ans, le 6 avril 1992, la  guerre des <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/ses-combats-1992-2001-bhl-et-la-serbie-par-zoran-tasic-15101.html">Serbes</a> de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/tadic-mladic-hadzic-bourreaux-du-xxe-siecle-pour-ne-jamais-oublier-bosna-le-film-de-bernard-henri-levy-20856.html">Bosnie </a>contre ce petit pays multi-ethnique à deux  heures de vol de Paris, un pays qui était pourtant le leur, commençait  par une fusillade de snipers serbes venus de Pale et de Belgrade, tirant  du haut de l’hôtel Holiday Inn, en plein <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/sarajevo-2594.html">Sarajevo</a>, sur une foule de  Sarajéviens de tous bords qui manifestaient pour la paix et contre les  nationalismes déchirant la <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/la-premiere-interview-de-bhl-dans-la-presse-croate-depuis-la-fin-des-guerres-yougoslaves-globus-24122010-13068.html">Yougoslavie </a>à l’agonie.<span id="more-28552"></span></p>
<p>Quarante ans après le “Plus jamais  ça” d’Auschwitz, s’ouvrait ce jour-là, au cœur de l’Europe démocratique  qui restera jusqu’à la toute dernière fin l’arme au pied, une guerre  atroce contre les civils. Elle allait durer trois ans, ferait 200.000  morts et plus d’un million de réfugiés dans leur propre pays; elle  additionnera camps de concentration, épuration ethnique généralisée,  déportation des populations non-serbes, viol de dizaines de milliers de  femmes par la soldatesque du général <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/ce-que-dira-le-proces-de-ratko-mladic-le-point-09062011-19625.html">Mladic</a>, massacres de masse,  génocide à Srebrenica, et, comme un symbole de la barbarie grand’serbe,  elle engendrera  le plus long siège d’une ville au XXème siècle :  Sarajevo, soumise à un urbicide au quotidien qui dura 1200 jours et fit,  du fait des snipers et des bombardements du haut des collines qui  entouraient la ville, plus de 11.000 morts et davantage encore de  blessés.</p>
<p>Comme des milliers d’Européens,  intellectuels, artistes, humanitaires, simples citoyens, révoltés par le  retour de la Bête immonde en Europe et par, une fois de plus, la  non-assistance des nations démocratiques à ce nouveau peuple en danger  de mort, nous nous mobilisâmes corps et âme, Bernard-Henri Lévy et  moi-même, pour la Bosnie et pour Sarajevo, trois ans durant.</p>
<p>Entre autres actions militantes à des  fins politiques et guerrières, un film,<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/tadic-mladic-hadzic-bourreaux-du-xxe-siecle-pour-ne-jamais-oublier-bosna-le-film-de-bernard-henri-levy-20856.html"><em> Bosna!,</em></a> fut réalisé à Sarajevo  et sur les fronts de Bosnie en 1993 et 1994 pour appeler les Européens à  lever  l’embargo sur les armes et intervenir militairement au secours  de la Bosnie martyrisée. Après les désastreux accords de Dayton, sous  l’égide des États-Unis, qui, fin 1995, consacraient la partition de la  Bosnie au profit des Serbes, Lévy écrivit un livre qui était en quelque  sorte notre journal de guerre,<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/le-lys-et-la-cendre-232.html"> <em>Le Lys et la cendre</em></a>.</p>
<p>C’est ce livre de combat qu’une jeune  metteuse en scène de théâtre prometteuse, Djenaba Bakary, Française,  d’origine mauritanienne, a choisi d’adapter à la scène, montant à la  force du poignet, à Sarajevo même, pour ce vingtième anniversaire de la  tragédie bosniaque, une lecture-commémoration qui réunissait une  vingtaine d’acteurs incarnant les principaux protagonistes de “notre”  guerre, dont le président d’alors <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/le-18-juin-1992-7864.html">Izetbegovic</a>, Kemal Muftic, son plus  proche conseiller, le général Divjak, héros serbe de la défense de  Sarajevo, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/francois-mitterrand-2314.html">Mitterrand</a>, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/le-bloc-notes-de-bernard-henri-levy-614.html">Chirac</a>, Juppé, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/bernard-kouchner-2480.html">Kouchner</a>, le général Morillon,  d’autres encore, ainsi que nous, BHL et moi, ici sous le nom de  l’Écrivain et de l’Ami.</p>
<p>Pour l’occasion, cette troupe d’un soir  était composée de  jeunes comédiens venus de France, d’autres de  Sarajevo, et d’une poignée d’”acteurs” bosniaques et français, qui  furent les acteurs “en vrai” de ces trois années de guerre.</p>
<p>Le général Divjack était joué par le  général<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/ses-combats-1992-1995-la-verite-de-la-bosnie-herzegovine-dite-a-travers-l%E2%80%99oeuvre-ecrite-et-publique-du-philosophe-et-ecrivain-francais-bernard-henri-levy-par-le-general-jovan-divjak-15015.html"> Divjack </a>lui-même; la journaliste Florence Hartmann – ex-attachée  du Tribunal Pénal International de la Haye sur les crimes de guerre en  ex-Yougoslavie, qui la poursuit pour avoir divulgué ses honteux  arrangements avec Belgrade, jouait, elle… le général Morillon, Daniel  Mesguich, directeur du Conservatoire national d’Art dramatique, campait  un Mitterrand plus vrai et plus retors que nature; Jean-Louis  Martinelli, à la tête du Théâtre des Amandiers de Nanterre, faisait un  Chirac succédant à Mitterrand et, lui, enfin, interventionniste.  Moi-même, j’étais, à mon corps défendant, Edouard Balladur, proclamant  que cette “querelle” bosniaque était, vu la chute du mur de Berlin, la  fin du communisme et donc la fin de l’Histoire, une broutille, un  dernier hoquet, un ultime soubresaut, qu’il fallait laisser tout cela  aller à son terme, et  que cela ne valait pas que nous, Européens, nous  en mêlions un quart de seconde et y risquions nos précieux Casques  bleus.</p>
<p>La salle du War Theater, sur les hauteurs  du vieux Sarajevo, avait réuni, comme par miracle, tous ceux que<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/"> Bernard-Henri Lévy</a> et moi-même connûmes, fréquentâmes, tous ces frères  d’armes et de larmes avec qui, vingt ans plus tard, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Bosnie-II.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-28568" title="Bosnie-II" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Bosnie-II-300x200.jpg" alt="Bosnie-II" width="300" height="200" /></a>preuve en était là,  les liens ne s’étaient pas dissipés. Tous étaient venus, Bachir, le fils  du “Vieux bonhomme”, comme nous appelions entre nous Alija Izetbegovic,  Bachir Izetbegovic, aujourd’hui Président intérimaire de Bosnie sur les  traces de son père; le général Divjak, bien sûr, qui dirige depuis 1995  un centre pour orphelins de guerre;<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/le-12-octobre-1993-3402.html"> Samir Landzjo</a>, notre accompagnateur  inlassable, trois ans durant, sur tous les fronts, Zabita, la  secrétaire du Président, à qui nous apportions à chacun de nos voyages  du café et des parfums, ses armes à elle de résistance; Sead Bajric,  l’archiviste qui, nuit après nuit, au mépris des snipers de Tito Avenue  qui guettaient nos phares au retour, visionnait avec moi, pour <em>Bosna !</em>,  les films de l’armée, dans les souterrains de la télévision bosniaque;  le cinéaste Nenad Dizdarevic, cousin de l’autre Dizdarevic, le directeur  légendaire d’Oslobodjenie, le journal de Sarajevo qui parut sous les  bombes tous les jours durant la guerre; le poète Admiral Mahic, génial  versificateur, auteur de “Gardons la tête froide”, aujourd’hui comme  jadis trouvant dans le vin l’inspiration; Ziba, l’inflexible gardienne  du foyer, je veux dire du Centre<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/andre-malraux-22056.html"> André Malraux</a>, le centre culturel  français créé en pleine guerre par Francis Bueb et qui produisait ce  spectacle tiré, donc, du “<em>Lys et la cendre</em>”; Nermina l’intellectuelle  francophone, élève de Baudrillard; Ibrahim Spahic, directeur alors du  Festival de Sarajevo et son éternel sourire de guerre; nos deux amis  ambassadeurs de Bosnie en France durant la guerre, tant d’autres encore,  qui vinrent ce soir-là nous serrer dans leurs bras à la fin de cette  lecture du<em> Lys et la Cendre</em>, et nous de même en retour.</p>
<p>Manquaient hélas trois amis, Francis  Bueb, ce grand Sarajévien d’adoption depuis vingt ans, en convalescence à  Paris; Kemal Muftic, en poste aujourd’hui à Copenhague, qui perdit il y  a un an un fils né à Sarajevo pendant la guerre, et que nous pleurons  tous comme s’il était un peu aussi le nôtre ; et Nedim Sulyak, qui,  depuis Istanbul, ravitailla par avion la Bosnie sous embargo, au péril  de la No Fly Zone. Mais quelle émotion !</p>
<p>Ce sentiment bouleversant que ce texte de  Lévy était, à sa lointaine place française, un peu, lui aussi, pour  tous ces Sarajéviens d’exception, en même temps si semblables et si  proches de tous leurs concitoyens, un peu de la mémoire de leur guerre  et de leur ville en guerre, monument de papier qui témoigne, des années  plus tard, aux côtés de tant de mémoriaux sarajéviens, par-delà le  temps, d’une communauté en acte de souvenirs, d’idées, de valeurs, et  presque de destin.</p>
<p>Merci, Sarajévo, de cet honneur fait à un  écrivain. Un honneur, s’il le veut bien, que je partagerai avec lui.  Bernard, mon ami de Sarajevo et d’ailleurs. Au milieu de tous les  autres.<br />
<strong>Gilles Hertzog</strong></p>
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		<title>Bosnie : vingt ans après (Interview de Bernard-Henri Lévy, La Dépêche, le 6 avril 2012)</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Apr 2012 15:44:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Gérald Camier : Vingt ans après le début de la guerre en Bosnie-Herzegovine, le pays semble en paix. qu&#8217;en est-il des tensions ethniques d&#8217;hier ?
Bernard-Henri Lévy : Les ingrédients de la guerre sont toujours là, hélas. Notamment à cause des accords de Dayton qui furent des mauvais accords et qui ont, non pas liquidé, mais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/la-dépeche.fr.png"><img class="alignleft size-full wp-image-28543" title="la dépeche.fr" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/la-dépeche.fr.png" alt="la dépeche.fr" width="176" height="40" /></a><em>Gérald Camier </em>: <em>Vingt ans après le début de la guerre en<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/1992-1995-la-verite-de-la-bosnie-herzegovine-dite-a-travers-l%E2%80%99oeuvre-ecrite-et-publique-du-philosophe-et-ecrivain-francais-bernard-henri-levy-par-le-general-jovan-divjak-10779.html"> Bosnie-Herzegovine</a>, le pays semble en paix. qu&#8217;en est-il des tensions ethniques d&#8217;hier ?</em><span id="more-28439"></span><br />
Bernard-Henri Lévy : Les ingrédients de la guerre sont toujours là, hélas. Notamment à cause des accords de Dayton qui furent des mauvais accords et qui ont, non pas liquidé, mais figé les haines nationales. Ce pays a une chance, cependant: sa jeunesse. Ces femmes et hommes nés après la guerre et qui essaient de ne pas céder aux errements de leurs parents. J&#8217;ai un point d&#8217;observation précis, et précieux, qui me permet de vous dire cela: ce &laquo;&nbsp;Festival des enfants&nbsp;&raquo; qui se tient chaque année, en juin, et que j&#8217;ai créé avec Susan Prahl et Samir Landzo. Une incroyable réussite: on voit les enfants refaire le lien social qu&#8217;ont brisé leurs parents.</p>
<p><em>G.C </em>: <em> Vous avez été très critique sur l&#8217;impuissance de l&#8217;Europe à intervenir dans ce conflit. l&#8217;Europe en a-t-elle tiré les leçons dans les <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/ses-combats-1977-a-nos-jours-contre-le-sovietisme-et-ses-avatars-par-philippe-boggio-14082.html">Balkans</a>?</em><br />
BHL : Il me semble que oui. Vous avez deux cas de figure. Ceux qui ont &laquo;&nbsp;trempé&nbsp;&raquo; dans la non-intervention comme<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/libye-le-cnt-demande-lintensification-des-frappes-lexpress-fr-19-avril-2011-18184.html"> Alain Juppé</a>, ministre des affaires étrangères de Balladur et <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/francois-mitterrand-2314.html">Mitterrand</a> : si j&#8217;en crois une conversation que nous avons eue, il y a six mois, retour de<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/paris-tripoli-benghazi-le-point-22-septembre-2011-23129.html"> Tripoli</a>, puis un portrait de lui paru récemment dans <em>Le Monde</em> et signé <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/bhl-porte-etendard-libyen-le-monde-fr-le-8-novembre-2011-article-de-natalie-nougayrede-24407.html">Nathalie Nougayrède</a>, l&#8217;homme est clairement hanté par cette période de sa vie, les fautes qu&#8217;il sait avoir commises ou dont il sait, en tout cas, qu&#8217;il a été le complice. Et puis vous avez des gens comme Sarkozy, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/bernard-henri-levy-en-libye-avec-nicolas-sarkozy-et-david-cameron-23049.html">Cameron</a>, Hillary Clinton: les hasards et les nécessités d&#8217;une enquête font que je les ai interviewés, récemment, tous les trois; et tous les trois m&#8217;ont dit la même chose, à savoir que le &laquo;&nbsp;plus jamais ça&nbsp;&raquo; de la Bosnie, le spectre de<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/sarajevo-2594.html"> Sarajevo </a>recommencé, est une de leurs obsessions majeures. Et une des raisons, par parenthèse, qui ont motivé leur intervention en Libye.<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/bhl-itw-la-dépeche.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-28546" title="bhl itw la dépeche" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/bhl-itw-la-dépeche-300x180.jpg" alt="bhl itw la dépeche" width="300" height="180" /></a></p>
<p><em>G.C </em>: <em>Cette guerre a duré 4 ans. peut-on imaginer que tous les criminels de guerre seront jugés, après <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/ses-combats-1992-2001-bhl-et-la-serbie-par-zoran-tasic-15101.html">Milosevic</a>, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/tadic-mladic-hadzic-bourreaux-du-xxe-siecle-pour-ne-jamais-oublier-bosna-le-film-de-bernard-henri-levy-20856.html">Mladic</a>&#8230;</em><br />
BHL : Les Bosniaques, en tout cas, le souhaitent. Tous. Et, si vous voulez mon sentiment, je pense que c&#8217;est ce qui finira par se passer. Pour les criminels contre l&#8217;humanité aussi, la planète est un village &#8211; et un piège.</p>
<p><em>G.C </em>: <em>Vous vous êtes aussi beaucoup engagé pour une intervention en Libye. Que faut-il faire pour la<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/fin-de-partie-en-syrie-le-point-17-novembre-2011-24731.html"> Syrie</a>, peut-être aussi le Mali ?</em><br />
BHL : Se souvenir de Sarajevo. C&#8217;est pour ça qu&#8217;on a bougé en Libye. Et c&#8217;est pour ça qu&#8217;on finira par agir en Syrie. Car, finalement, réfléchissez. Qu&#8217;est-ce qui est au coeur de l&#8217;affaire? Cette histoire de devoir d&#8217;ingérence que nous sommes un certain nombre, avec <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/bernard-kouchner-2480.html">Bernard Kouchner</a> et d&#8217;autres, à avoir passé notre vie à défendre. A Sarajevo, cet impératif a été trahi. En Libye, il a été respecté. L&#8217;enjeu c&#8217;est qu&#8217;il en aille de même en Syrie &#8211; et même, pourquoi pas, quoique sous d&#8217;autres formes, au <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/le-20-avril-1979-1820.html">Mali</a>.</p>
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		<title>La primera muerte de Günter Grass (El Pais, 15 avril 2012)</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Apr 2012 10:59:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Está Corea del Norte y su tirano autista, que cuenta con un arsenal nuclear ampliamente operativo.
Está Pakistán, del que nadie sabe ni el número de ojivas que posee ni la exacta localización de estas ni las garantías que tenemos de que, el día menos pensado, no terminen en manos de los grupos vinculados a Al [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/El-Pais1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-28531" title="El Pais" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/El-Pais1.jpg" alt="El Pais" width="104" height="104" /></a>Está Corea del Norte y su tirano autista, que cuenta con un arsenal nuclear ampliamente operativo.</p>
<p>Está Pakistán, del que nadie sabe ni el número de ojivas que posee ni la exacta localización de estas ni las garantías que tenemos de que, el día menos pensado, no terminen en manos de los grupos vinculados a Al Qaeda.<span id="more-28530"></span></p>
<p>Está la Rusia de Putin, que, en dos guerras, ha logrado la hazaña de exterminar a una cuarta parte de la población chechena.</p>
<p>Está el carnicero de Damasco, que ya va por los diez mil muertos, cuyo empecinamiento criminal amenaza la paz de la región.</p>
<p>Está Irán, por supuesto, cuyos dirigentes han hecho saber que, cuando dispongan de ellas, sus armas nucleares servirán para golpear a uno de sus vecinos.</p>
<p>En resumen: vivimos en un planeta en el que abundan los Estados oficialmente pirómanos que apuntan abiertamente a sus civiles y a los pueblos circundantes, y amenazan al mundo con conflagraciones o desastres sin precedentes en las últimas décadas.</p>
<p>Y he aquí que a un escritor europeo, uno de los más grandes y eminentes, pues se trata del premio Nobel de Literatura Günter Grass, no se le ocurre nada mejor que publicar un “poema” en el que explica que la única amenaza seria que pesa sobre nuestras cabezas procede de un minúsculo país, uno de los más pequeños y vulnerables del mundo, que, dicho sea de paso, es también una democracia: el Estado de Israel.</p>
<p>Esta declaración ha colmado de satisfacción a los fanáticos que gobiernan en Teherán, que, a través de su ministro de Cultura, Javad Shamaghdari, se han apresurado a aplaudir la “humanidad” y el “espíritu de responsabilidad” del autor de El tambor de hojalata.</p>
<p>También ha sido objeto de los comentarios extasiados, en Alemania y el resto del mundo, de todos los cretinos paulovizados que confunden el rechazo a lo políticamente correcto con el derecho a despacharse a gusto y a liberar, de paso, los hedores del más pestilente de los pensamientos.</p>
<p>Finalmente, ha dado lugar al habitual y fastidioso debate sobre el “misterio del gran escritor que, además, puede ser un cobarde o un canalla” (Céline, Aragon) o, lo que es peor, sobre la “indignidad moral, o la mentira, que nunca deben ser argumentos literarios” (con lo que toda una plétora de “seudocélines” y “aragones de poca monta” podrían regodearse libremente en la abyección).</p>
<p>Pero al observador con un poco de sentido común este caso le inspirará sobre todo tres simples anotaciones.</p>
<p>La decadencia característica, a veces, de la senilidad. Ese momento terrible, del que ni los más gloriosos están exentos, en el que una especie de anosognosia intelectual hace que todos los diques que habitualmente contenían los desbordamientos de la ignominia se desmoronen. “Adiós, anciano, y piensa en mí si me has leído” (Lautreamont, Los cantos de Maldoror, Canto primero).</p>
<p>El pasado del propio Grass. La revelación que hizo hace seis años cuando contó que, a los 17 años, se alistó en una unidad de la Waffen SS. ¿Cómo no pensar en ella hoy? ¿Cómo no relacionar las dos secuencias? ¿Acaso no queda patente el vínculo entre esto y aquello, entre el burgrave socialdemócrata que confesaba haber hecho sus pinitos en el nazismo y el miserable que ahora declara, como cualquier nostálgico de un fascismo convertido en tabú, que está harto de guardar silencio, que lo que dice “debe” decirse, que los alemanes ya están lo “suficientemente abrumados” (uno se pregunta por qué) como para convertirse, además, en “cómplices” de los “crímenes” presentes y futuros de Israel?</p>
<p>Y luego, Alemania. Europa y Alemania. O Alemania y Europa. Ese viento de mal agüero que sopla sobre Europa y viene a henchir las velas de lo que no cabe sino llamar “neoantisemitismo”. No es ya el antisemitismo racista. Ni cristiano. Ni tampoco anticristiano. Ni anticapitalista, como a comienzos del siglo XX. No. Es un antisemitismo nuevo. Un antisemitismo que solo tiene posibilidades de volver a hacerse oír y, antes, de ser expresado, si consigue identificar el “ser judío” con la identidad pretendidamente criminal del Estado de Israel, dispuesto a descargar su ira contra el inocente Estado iraní. Es lo que hace Günter Grass. Y es lo que hace de este caso un asunto terriblemente significativo.</p>
<p>Aún recuerdo a Günter Grass en Berlín, en 1983, en el cumpleaños de Willy Brandt.</p>
<p>Aún lo oigo, primero en la tribuna, después sentado a una mesa, entre una pequeña corte de admiradores, con el cabello tan denso como el verbo, unas gafas de montura ovalada que le daban cierto aire a Bertolt Brecht y el rostro mofletudo temblando de una emoción fingida mientras exhortaba a sus camaradas a mirar de frente su famoso “pasado que no pasa”.</p>
<p>Y helo aquí, treinta años después, en la misma situación que esos hombres con la memoria agujereada, fascistas sin saberlo, acosados sin haberlo querido, a los que, aquella noche, él invitaba a asumir sus inconfesables pensamientos ocultos: postura e impostura; estatua de arena y comedia; el Comendador era un Tartufo; el profesor de moral, la encarnación de la inmoralidad que combatía; Günter Grass, ese pez gordo de las letras, ese rodaballo congelado por sesenta años de pose y mentira, ha empezado a descomponerse y eso es, al pie de la letra, lo que se llama una “debacle”. Qué tristeza.<br />
<em><br />
Traducción: José Luis Sánchez-Silva</em></p>
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		<title>Georg Wilhem Friedrich Hegel</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Apr 2012 12:38:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Georg Wilhem Friedrich Hegel

Philosophe allemand
Les dates-clefs de Hegel
27 août 1770  : Naissance à Stuttgart. Sa mère, Maria Magdalena, veillera à la première formation  intellectuelle du futur philosophe et mourra prématurément au cours d’une épidémie de dysenterie.
1788  : Après des études au lycée de Stuttgart, où il s’est familiarisé avec l’Aufklärung, le courant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Georg Wilhem Friedrich Hegel<br />
<img alt="" src="http://www.bernard-henri-levy.com/images/encyclopedie/hegel.jpg" class="alignnone" width="220" height="276" /><br />
Philosophe allemand<span id="more-28369"></span></p>
<h1><strong>Les dates-clefs de Hegel</strong></h1>
<p><b>27 août 1770</b>  : Naissance à Stuttgart. Sa mère, Maria Magdalena, veillera à la première formation  intellectuelle du futur philosophe et mourra prématurément au cours d’une épidémie de dysenterie.<br />
<b>1788</b>  : Après des études au lycée de Stuttgart, où il s’est familiarisé avec l<em>’Aufklärung</em>, le courant allemand des Lumières, Hegel, qui se destine à être pasteur, entre comme boursier dans le séminaire de théologie luthérienne de Tübingen (Wurtemberg). – C’est là, au <em>Stift</em>, qu’il partage la chambre de deux condisciples qui compteront pour lui : le futur poète Hölderlin et le futur philosophe Schelling.<br />
<b>1793-1796</b>  :  A leur sortie du<em> Stift</em>, les trois amis dénigrent la dogmatique chrétienne qu’on leur a enseignée et renoncent à devenir pasteur. Hegel est engagé comme précepteur à Berner. Il rédige cette année-là des textes très critiques sur la religion chrétienne. Dans <em>La Vie de Jésus</em>, par exemple, le Christ pratique la vertu, mais au sens kantien du terme.<br />
<b>1797-1800</b>  : Hegel rejoint Hölderlin à Francfort-sur-le-Main : il est engagé comme précepteur. C’est à Francfort, en 1798, qu’Hegel publie pour la première fois : il s’agit de la traduction en allemand des<em> Lettres confidentielles sur le rapport juridique du pays de Vaud à la ville de Berne </em>de l’avocat révolutionnaire Jacques Cart, parues à Paris en 1793 . Hegel s’attelle par ailleurs, durant ce même séjour à Francfort, à des travaux qui ne seront publiés qu’à titre posthume : <em>L’Esprit du christianisme et son destin (17</em>97), essai de « théologie historique » ; entre autre, un pamphlet politique d’abord intitulé <em>Que les magistrats municipaux (du Wurtemberg) doivent être élus par le peuple</em>, titre qu’il adoucira en :<em> Sur la nouvelle situation en Wurtemberg, en particulier sur le statut des municipalités (1798)</em> ;<br />
<b>1801-1806</b>  : Hegel se consacre entièrement à la philosophie. Il soutient une thèse latine sur<em> Les Orbites des planètes</em> et devient<em> privatdozent </em>: il assiste Schelling à l’Université d’Iéna (land de Thuringe). Il publie, dès sa première année à Iéna, <em>Différence entre les systèmes de Fichte et de Schelling </em>et fonde, avec son ami le <em>Journal critique de la philosophie</em>.  En 1805, il accède au poste de professeur honoraire. Au moment de la bataille d’Iéna, Hegel, voyant passer Napoléon à cheval, l’appelle « l’âme du monde ». L’Empereur incarne pour lui cet Esprit en marche vers « l’Etat universel et homogène », autrement dit : « la fin de l’Histoire ».<br />
<b>1807-1808</b>  : Les activités universitaires ayant été interrompues à Iéna suite à l’arrivée de Napoléon, Hegel accepte de prendre à Bamberg (land de Bavière) la direction du journal :<em> Bamber Zeitun</em>g. Il y défend, malgré la censure, la politique napoléonienne de réformes et de constitution. &#8211; En 1807, paraît  l’œuvre maîtresse de Hegel, achevée, selon la légende, pendant la bataille d’Iéna, œuvre  qui se présente  comme une biographie métaphysique de l’Esprit: <em>La Phénoménologie de l’Esprit</em>. Le philosophe y dessine, en effet, le long parcours de l’Esprit vers sa liberté, la progression de l’Idée jusqu’à sa concrétisation dans une société humaine.<br />
<b>1808-1816</b>  :  Devient recteur du lycée Melanchton de Nurember. En 1811, il épouse Marie von Tucher. Le couple  aura deux fils. Il écrit<em> la Science de la logique </em>en trois volumes &#8211;  logique qu’il concevait comme «  le système de la raison pure, l’empire de la pensée pure ». – Le philosophe déplore la Restauration qu’impose le roi Frédéric-Guillaume III après la chute de Napoléon 1er  et qui contredit son idée d’un Esprit toujours en progression, inventant sans cesse et ne revenant jamais en arrière.<br />
<b>1816-1818</b>  :  Nommé à la chaire de philosophie de l’université d’Heidelberg, Hegel prononce le 28 octobre 1816, devant quatre ou cinq étudiants, une leçon inaugurale solennelle, dans laquelle il proclame le retour triomphant de la philosophie en Allemagne. Sa réputation grandit peu à peu, ce qui lui vaudra la visite, en 1817, du philosophe français Victor Cousin, avec lequel il nouera une solide amitié. La même année 1817, il donne son premier cours d’esthétique. En 1818, le ministre de l’Instruction et des Cultes Altenstein lui propose la chaire de philosophie à l’université de Berlin.<br />
<b>1819-1830</b>  : Hegel  trouve à Berlin un large auditoire pour ses cours de philosophie du droit, de philosophie de l’histoire, d’esthétique, de philosophie de la religion et d’histoire de la philosophie. Il soutient à présent les réformes amorcées par le chancelier Hardenberg (notamment l’autonomie de l’université) contre le roi Frédéric-Guillaume III. En 1826, Hegel fonde les <em>Annales de critique scientifique</em>, sur le modèle du <em>Journal des savants</em>. En 1829, il devient recteur de l’université de Berlin. En 1830, il polémique sur la Révolution de juillet avec son élève Eduard Gans, à côté duquel il apparaît plutôt comme un conservateur.<br />
<b>14 novembre 1831</b>  : Hegel meurt à Berlin en pleine épidémie de choléra.</p>
<h1><strong>Les œuvres-clefs de Georg Wilhelm Friedrich Hegel </strong></h1>
<p><b>1928</b>  :<em> Vie de Jésus </em>(1796), trad. Dumitru Rosca, Librairie Universitaire Jacques Gambier<br />
<b>1937</b>  :<em> Leçons sur la philosophie de l’histoire</em>, cours datés de 1822, trad. Jean Gibelin, Vrin<br />
<b>1939</b>  : <em>Phénoménologie de l’esprit </em>(1807), trad. Jean Hyppolite, Aubier<br />
<b>1939</b>  :<em> Principes de la philosophie du droit</em> (1821), trad. André Kaan, Gallimard<br />
<b>1944</b>  : <em>Esthétique, cours datés de 1818-1830</em>, 4 vol., trad. Serge Jankélévitch, Aubier<br />
<b>1948</b>  :<em> L’Esprit du christianisme et son destin</em>, (1797), trad. Jacques Martin, Vrin<br />
<b>1949</b>  : <em>Science de la logique</em> (1812-1816), trad. Serge Jankélévitch, Aubier<br />
<b>1952</b>  : <em>Premières publications : Différence des systèmes de Fichte et de Schelling </em>(1801), <em>Foi et savoir</em>  (1802) , trad. Marcel Méry, éd. Ophrys<br />
<b>1954-1959</b> : <em>Leçons sur la philosophie de la religion</em>, cours datés de 1821-1831, trad. Jean Gibelin, Vrin<br />
<b>1962-1963</b>  :<em> Correspondance</em>, 3 vol., trad. Jean Carrère, Gallimard<br />
<b>1963</b>  : <em>Propédeutique philosophique </em>(1808-1812 ), trad. Maurice de Gandillac, Minuit<br />
<b>1965</b>  : <em>La Raison dans l’histoire : Introduction à la philosophie de l’histoire</em>, cours datés de 1822-1830,  trad. Kostas Papaïoannou, Plon<br />
<b>1969</b>  :<em> La Première Philosophie de l’esprit </em>(1817), trad. Guy Planty-Bonjour, PUF<br />
<b>1970</b>  :<em> Encyclopédie des sciences philosophiques </em>(1817), tome 1 : <em>La Logique</em>, trad. Bernard Bourgeois, Vrin<br />
<b>1971-1991</b> :<em> Leçons sur l’histoire de la philosophie</em>, cours datés de 1805-1830, 7 vol., trad. Pierre Garniron, Vrin<br />
<b>1976</b> :<em> Système de la vie éthique </em>(1803), trad. Jacques Taminiaux, Payot<br />
<b>1977</b>  : <em>Ecrits politiques </em>(1800-1830), trad. Michel Jacob, Champ Libre<br />
<b>1979</b>  : <em>Les Orbites des planètes</em> (dissertation de 1801), trad. de François de Gandt, Vrin<br />
<b>1980</b>  :<em> Logique et métaphysique </em>(1804-1805), trad. Denise Souche-Dagues, Gallimard<br />
<b>1983</b>  : <em>La Positivité de la religion chrétienne</em> (1795-1796 ), trad. Georges Planty-Bonjour,PUF<br />
<b>1987</b>  :<em> Fragments de la période de Berne</em> ( 1793-1796), trad. Robert Legros et Fabienne Verstraeten, Vrin<br />
<b>1988</b>  : <em>Encyclopédie des sciences philosophiques </em>(1817), tome3 : Philosophie de l’Esprit, trad. Bernard Bourgeois, Vrin<br />
<b>1988</b>  :<em> Journal d’un voyage dans les Alpes bernoises </em>(1796), trad. Robet Legros et Fabienne Verstraeten, éd. Jérôme Million<br />
<b>1990</b>  : <em>Textes pédagogiques </em>(), trad. Bernard Bourgeois, Vrin<br />
<b>1991</b>  : <em>Notes et Fragments – Iéna 1803-1806</em>, trad. Pierre-Jean Labarrière, Aubier<br />
<b>1997</b>  :<em> Premiers écrits : Francfort 1797-1800</em>, trad. Olivier Depré, Vrin<br />
<b>2002</b>  : Leçons sur le droit naturel et la science de l’Etat – Heidelberg, semestre d’hiver 1817-1818, trad. Jean-Philippe Deranty, Vrin<br />
<b>2004</b>  :<em> Encyclopédie des sciences philosophiques </em>(1817), tome 2 :<em> Philosophie de la nature</em>, trad. Bernard Bourgeois,Vrin<br />
<b>2005</b>  :<em> Esthétique : Cahier de notes inédit de Victor Cousin</em>, éd. Alain Patrick Olivier, Vrin<br />
<b>2007</b>  : <em>Leçons sur la logique d’après L’Encyclopédie des sciences philosophiques en abrégé – semestre d’été 1831 à Berlin</em>, trad. Jean-Michel Buée et David Wittmann, Vrin<br />
<em>Liste non exhaustive des œuvres de Hegel traduites en français et publiées durant les XXème et XXIème siècles.<br />
Les premières dates sont celles de la publication en France, les secondes celles de l’écriture ou de la publication en Allemagne. Nous ne signalons pas les rééditions d’un même ouvrage, même quand il s’agit de nouvelles traductions.</em></p>
<h1><strong>Georg Wilhelm Friedrich Hegel et Bernard-Henri Lévy</strong></h1>
<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/">Bernard-Henri Lévy</a> a conté avec brio, dans son <em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/le-siecle-de-sartre-225.html">Siècle de Sartre</a></em>, l’histoire de la « fascination extraordinaire » de Hegel « tant sur ses contemporains que sur ses successeurs ». Il a brossé le tableau d’intellectuels français – Jean Wahl, Georges Gurvitch, Alexandre Koyré, Alexandre Kojève, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/le-13-novembre-1990-8089.html">André Breton</a>, Georges Bataille, Jean Hyppolite, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/emmanuel-levinas-2-28223.html">Emmanuel Levinas</a>, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jacques-lacan-21972.html">Jacques Lacan</a>, Raymond Queneau, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/le-30-juin-1980-2248.html">Raymond Aron</a>, Roger Caillois, Maurice Blanchot, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/le-13-novembre-1990-8089.html">Claude Lévi-Strauss</a>, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/louis-althusser-2323.html">Louis Althusser</a>, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/ses-maitres-6659.html">Michel Foucault</a>, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jacques-derrida-2320.html">Jacques Derrida</a>, pour n’en citer que quelques-uns – emportés dans le maelstrom de l’idéalisme hégélien. Il a peint, comme dans l’une des grandes peintures qui ressuscitent des batailles légendaires, ceux qui, dressés contre le Messie allemand, s’opposèrent à  ses thuriféraires et qu’il appelle les « Juifs-de-Hegel », les uns contestant, non le contenu du  message prophétique, mais son côté napoléonien (Karl Marx), les autres s’en prenant à la notion même de Messie ( Nietzsche, Kierkegaard, Schopenhauer, Adorno, Derrida), d’autres encore passant sans cesse, comme affolés, d’un camp à l’autre (<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/le-18-septembre-1989-2929.html">Georges Bataille</a>, Michel Foucault, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html">Jean-Paul Sartre</a>). Bernard-Henri Lévy détaille le « cas Sartre » avec, tout à la fois, force et subtilité, montrant à quel point le farouche « Juif-de-Hegel » des débuts finit par céder, dans <em>la Critique de la raison dialectique</em>, au prestige des militants révolutionnaires aux grands dépens de celui des aventuriers – ce qui l’amènera à prononcer le funèbre éloge de la violence, c’est-à-dire du lynchage et du terrorisme.</p>
<h1><strong>Citations de Bernard-Henri Lévy sur Georg Wilhelm Friedrich Hegel</strong></h1>
<p>« On n’insistera jamais assez sur l’extraordinaire rayonnement des cours (sur Hegel) d’Alexandre  Koyré, en 1933-1934, à la section des Sciences religieuses de l’Ecole pratique des Hautes Etudes, puis, à partir de l’année suivante, ceux d’Alexandre Kojève s’emparant, lui, carrément, de la <em>Phénoménologie</em> et la commentant, six années durant, paragraphe après paragraphe, ligne à ligne – tous deux, surtout Kojève, acclimatant ainsi, face à un public sidéré, le thème hégélien si étrange, si déroutant et, avec son parfum d’apocalypse sèche, si profondément effrayant, de « la fin de l’Histoire ».<br />
Hegel n’a jamais parlé, vraiment, de « fin de l’Histoire » ?<br />
<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/petite-introduction-a-l%E2%80%99oeuvre-de-levinas-conference-prononcee-a-new-york-university-le-9-mai-2006-sous-l%E2%80%99egide-de-tom-bishop-28247.html">Koyré</a>, quoi qu’en dise Kojève, évoque l’hypothèse, mais justement comme une hypothèse : « Il est possible (il répète, plusieurs fois, « possible ») que Hegel l’ait cru ; « il se peut » (il insiste sur le « il se peut ») qu’il ait pensé, non seulement que « c’était la condition essentielle du système », mais « que cette condition essentielle était déjà réalisée », que « l’histoire était effectivement achevée… »<br />
Les rares occurrences de la formule chez Hegel lui-même se trouvent soit dans<em> La Raison dans l’Histoire </em>(« L’histoire mondiale va de l’Est à l’Ouest, car l’Europe est véritablement le terme de cette histoire et l’Asie son commencement »), soit dans les <em>Leçons sur la philosophie de l’histoire mondiale</em> (« Le principe s’est accompli et, par suite, la fin des temps est advenue »), c’est-à-dire dans des textes qui, nous le savons, furent composés à partir de notes d’étudiants.</p>
<p>Photo : Portrait de Hegel par Schlesinger (1831)</p>
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		<title>Séminaire de la Règle du Jeu : Où va l&#8217;Algérie?</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Apr 2012 14:05:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le dimanche 15 avril 2012 à 11h
La Règle du jeu vous invite à un séminaire sur le thème :
Où va l’Algérie ?
Avec :
Martine Gozlan, écrivain et journaliste, rédacteur en chef à “Marianne”,
Benjamin Stora, historien spécialiste du Maghreb et de la guerre d’Algérie, professeur à l’université de Paris 8,
Mohamed Sifaoui, essayiste et journaliste d’investigation.
Un débat animé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Séminaire-ou-va-algerie-1-copie1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-28499" title="Séminaire ou-va-algerie-1-copie1" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Séminaire-ou-va-algerie-1-copie1-300x49.jpg" alt="Séminaire ou-va-algerie-1-copie1" width="300" height="49" /></a><span style="color: #993300;">Le dimanche<strong> 15 avril 2012 à 11h<span id="more-28500"></span></strong></span></p>
<p><span style="color: #993300;"><strong>La Règle du jeu </strong>vous invite à un séminaire sur le thème :<br />
<strong>Où va l’Algérie ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #993300;">Avec :<br />
<strong>Martine Gozlan</strong>, écrivain et journaliste, rédacteur en chef à “Marianne”,<br />
<strong>Benjamin Stora</strong>, historien spécialiste du Maghreb et de la guerre d’Algérie, professeur à l’université de Paris 8,<br />
<strong>Mohamed Sifaoui</strong>, essayiste et journaliste d’investigation.</span></p>
<p><span style="color: #993300;">Un débat animé par <strong>Alexis Lacroix</strong>.</span></p>
<p><span style="color: #993300;">ENTRÉE LIBRE ET GRATUITE</span></p>
<p><span style="color: #993300;"><strong>Les séminaires de La Règle du jeu</strong><br />
Tous les dimanche à 11h<br />
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22 rue Guillaume Apollinaire<br />
Paris 6ème<br />
Métro : Saint-Germain-des-Prés<br />
Réservation conseillée : redaction@laregledujeu.org</span></p>
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		<item>
		<title>La version américaine du Bloc-Notes de Bernard-Henri Lévy &#171;&#160;La première mort de Günter Grass&#160;&#187; (The Huffington Post, 11 avril 2012)</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/la-version-americaine-du-bloc-notes-de-bernard-henri-levy-la-premiere-mort-de-gunter-grass-the-huffington-post-11-avril-2012-28491.html</link>
		<comments>http://www.bernard-henri-levy.com/la-version-americaine-du-bloc-notes-de-bernard-henri-levy-la-premiere-mort-de-gunter-grass-the-huffington-post-11-avril-2012-28491.html#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 12 Apr 2012 11:29:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Günter Grass]]></category>
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		<category><![CDATA[The Huffington Post]]></category>

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		<description><![CDATA[There is North Korea and its autistic tyrant, equipped with a by and large operational nuclear arsenal.
There is Pakistan, armed with warheads &#8212; no one knows how many, nor precisely where they are located, nor what guarantees we have that they will not, one day, fall into the hands of groups linked to Al Qaeda.
There [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/The-Huffington-Post1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-28492" title="The Huffington Post" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/The-Huffington-Post1.jpg" alt="The Huffington Post" width="142" height="122" /></a>There is North Korea and its autistic tyrant, equipped with a by and large operational nuclear arsenal.</p>
<p>There is Pakistan, armed with warheads &#8212; no one knows how many, nor precisely where they are located, nor what guarantees we have that they will not, one day, fall into the hands of groups linked to Al Qaeda.<span id="more-28491"></span></p>
<p>There is Putin&#8217;s Russia, which, in the space of two wars, has accomplished the exploit of exterminating a quarter of the population of Chechnya.</p>
<p>There is the butcher of Damascus, whose body count so far is at 10,000 and whose criminal stubbornness threatens the region&#8217;s peace.</p>
<p>There is Iran, of course, whose leaders have made it known that their nuclear arms, when they will have acquired them, will serve to strike one of their neighbors.</p>
<p>In short, we are living on a planet where candidates for the most officially pyromaniac State, openly aiming at its own citizens and the surrounding populations, threatening the world with conflagrations or disasters unprecedented in decades, are by no means lacking.</p>
<p>Yet here is a European writer, one of the greatest and most eminent, for he is Nobel prize laureate Günter Grass, who has nothing better to do than to publish a poem in which he explains that there is only one serious threat hanging over our heads, and that this threat comes from a tiny country, one of the smallest in the world, one of the most vulnerable as well and, by the by, a democracy: the State of Israel.</p>
<p>This declaration filled the fanatics who reign in Tehran with pleasure, so much so that, through the intermediary of their Minister of Culture, Javad Shamaghdari, they could not wait to praise the &laquo;&nbsp;humanity&nbsp;&raquo; and the &laquo;&nbsp;spirit of responsibility&nbsp;&raquo; of the author of The Tin Drum.</p>
<p>It was the object of ecstatic comments in Germany and throughout the world, among all the Pavlovian cretins who confuse the refusal of the politically correct with the right to let loose and, in so doing, liberate the stench of the most pestilential of thoughts.</p>
<p>It was the occasion for the habitual and boring debate about the &laquo;&nbsp;mystery of the great writer capable of being a coward or a scoundrel&nbsp;&raquo; (Céline, Ezra Pound) or, worse still, about the &laquo;&nbsp;moral indignity, or the lie, that must never be literary arguments&nbsp;&raquo; (in consideration of which one permits throngs of sub-Célines or poor man&#8217;s Pounds to wallow in abjection).</p>
<p>But, for the observer with a bit of common sense, the affair inspires three simple observations.</p>
<p>The poverty of spirit sometimes characteristic of great age. This terrible moment, which even the most glorious are not spared, when a sort of intellectual anosognosia causes all the dikes that usually hold back the flood of the ignominious to crumble. &laquo;&nbsp;Farewell, old man, and think of me if you have read me&nbsp;&raquo; (Lautréamont,  -Maldoror , Chant 1).</p>
<p>Grass&#8217;s own past. What he admitted six years ago, when he told of joining a Waffen SS unit at 17. How can one not think of it today? How can one fail to make the connection between the two sequences? Between this and that, between the Burgrave social democrat confessing that he learned the ropes under the Nazis and the scoundrel who declares today, like anyone else who is nostalgic for a fascism that has become taboo, that he can no longer remain silent, that what he is saying &laquo;&nbsp;must&nbsp;&raquo; be said, that the Germans are &laquo;&nbsp;already sufficiently burdened&nbsp;&raquo; (one wonders with what) without becoming, what&#8217;s more, &laquo;&nbsp;complicit&nbsp;&raquo; in the present and future &laquo;&nbsp;crimes&nbsp;&raquo; of Israel. Isn&#8217;t the connexion, unfortunately, patently obvious?</p>
<p>And then, Germany. Europe and Germany. Or Germany and Europe. This ill wind that blows across Europe and has filled the sails of what one is compelled to call a neo-antisemitism. No longer racist antisemitism. Nor Christian. Nor even anti-Christian. Nor, really, anticapitalist, as it was at the beginning of the 20th century. No. The new antisemitism. The one that has a chance of being audible and, before that, expressed, only if it can identify &laquo;&nbsp;being Jewish&nbsp;&raquo; with the supposedly criminal identity of the State of Israel, ready to launch its thunderbolts upon the innocent Iranian State. This is what Günter Grass is doing. And this is what makes this affair terribly indicative.</p>
<p>In my mind&#8217;s eye, I can see Günter Grass in Berlin in 1983, on Willy Brandt&#8217;s birthday.</p>
<p>I hear him, first from the rostrum, then sitting down at a table, surrounded by a small group of admirers, his hair thick, his speech dense, looking a bit like Bertolt Brecht in his oval-framed glasses, his heavy face, cheeks trembling with feigned emotion as he urges his comrades to look their famous &laquo;&nbsp;past that is not past&nbsp;&raquo; in the face.</p>
<p>And here he is, 30 years later, in the exact same situation of those men who suffer from a hole in the memory, unwitting fascists, unwillingly haunted, that he invited, that very night, to come to terms with their unspeakable reservations. Posture and imposture; a statue made of sand and a sideshow; the Commander was a Tartuffe, the teacher of morality the very incarnation of the immorality he assailed. Günter Grass, this big fish of letters, this turbot, frozen by 60 years of posing and lies, has finally decomposed. And that, to the letter, is what is called a debacle &#8212; how sad.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>La première mort de Günter Grass (Le Point, 12 avril 2012)</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Apr 2012 06:43:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a la Corée du Nord et son tyran autiste, doté d’un arsenal nucléaire largement opérationnel.
Il y a le Pakistan dont nul ne sait ni combien d’ogives il possède, ni où, précisément, elles se trouvent, ni quelles garanties nous avons de ne pas les voir tomber, un jour, entre les mains de groupes liés [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/BLOC-NOTES1.gif"><img class="alignleft size-full wp-image-28483" title="BLOC NOTES" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/BLOC-NOTES1.gif" alt="BLOC NOTES" width="97" height="97" /></a>Il y a la Corée du Nord et son tyran autiste, doté d’un arsenal nucléaire largement opérationnel.</p>
<p>Il y a le <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/il-est-minuit-dans-le-siecle-au-pakistan-675.html">Pakistan</a> dont nul ne sait ni combien d’ogives il possède, ni où, précisément, elles se trouvent, ni quelles garanties nous avons de ne pas les voir tomber, un jour, entre les mains de groupes liés à <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/toulouse-la-france-l%E2%80%99islam-le-point-29-mars-2012-28177.html">Al-Qaeda</a>.<span id="more-28484"></span></p>
<p>Il y a la <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/ses-combats-2008-en-georgie-par-raphael-glucksmann-16304.html">Russie </a>de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/quand-bernard-henri-levy-parle-au-pays-de-poutine-12089.html">Poutine</a> qui a réussi l’exploit d’exterminer, en deux guerres, le quart de la population tchétchène.</p>
<p>Il y a le boucher de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/fin-de-partie-en-syrie-le-point-17-novembre-2011-24731.html">Damas </a>qui en est à 10 000 morts et dont l’entêtement criminel menace la paix de la région.</p>
<p>Il y a l<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/les-doutes-de-bernard-henri-levy-face-a-la-nouvelle-de-la-%C2%AB-liberation-%C2%BB-de-sakineh-12580.html">’Iran</a>, bien sûr, dont les dirigeants ont fait savoir que leurs armes nucléaires, quand ils en disposeront, serviront à frapper l’un de leurs voisins.</p>
<p>Bref, nous vivons sur une planète où nous avons l’embarras du choix de l’Etat le plus officiellement pyromane, visant ouvertement ses civils et les peuples environnants, et menaçant le monde de conflagrations ou de désastres sans précédent depuis des décennies.</p>
<p>Or voici qu’un écrivain européen, l’un des plus grands et des plus éminents puisqu’il s’agit du Prix Nobel de littérature Günter Grass, ne trouve rien de mieux à faire que de publier un « poème » où il explique qu’il n’y a qu’une menace sérieuse qui pèse sur nos têtes et qu’elle vient, cette menace, d’un tout petit pays, l’un des plus petits du monde, l’un des plus vulnérables aussi et, soit dit en passant, une démocratie : l’Etat d’Israël.</p>
<p>Cette déclaration a rempli d’aise les fanatiques qui règnent à Téhéran et qui, par l’intermédiaire de leur ministre de la Culture, Javad Shamaghdari, se sont empressés de saluer l’« humanité » et l’« esprit de responsabilité » de l’auteur du « Tambour ».</p>
<p>Elle a fait l’objet de commentaires extasiés, en Allemagne et dans le reste du monde, chez tous les crétins pavlovisés qui confondent le refus du politiquement correct avec le droit à se lâcher et à libérer, en se lâchant, les relents de pensée les plus pestilentiels.<br />
Elle a donné lieu à l’habituel et ennuyeux débat sur le « mystère du grand écrivain qui peut être un pleutre ou un salaud » (<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/le-17-octobre-1981-13390.html">Céline</a>, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/1992-22.html">Aragon</a>) ou, pire, sur « l’indignité morale, ou le mensonge, qui ne doivent jamais être des arguments littéraires » (moyennant quoi on permet à des foultitudes de sous-Céline, ou d’Aragon au petit pied, de se vautrer dans l’abjection…).</p>
<p>Mais, pour l’observateur de bon sens, l’affaire appelle surtout trois observations simples.</p>
<p>La misère, parfois, du grand âge. Ce moment terrible, et qui n’épargne pas les plus glorieux, où une sorte d’anosognosie intellectuelle fait tomber toutes les digues qui retiennent, d’habitude, le déferlement de l’ignominie. « Adieu vieillard, et pense à moi si tu m’as lu » (Lautréamont, « -Maldoror », Chant 1).</p>
<p>Le passé de Grass lui-même. L’aveu qu’il fit, il y a six ans, quand il raconta s’être engagé, à 17 ans et des poussières, dans une unité de la Waffen SS. Comment ne pas y penser aujourd’hui ? Comment ne pas faire le rapport entre les deux séquences ? Entre ceci et cela, entre le Burgrave social&#8211;démocrate confessant avoir fait ses classes sous le nazisme et le salopard déclarant aujourd’hui, comme n’importe quel nostalgique d’un fascisme devenu tabou, qu’il n’en peut plus de se taire, que ce qu’il dit « doit » être dit, que les Allemands sont « déjà suffisamment accablés » (on se demande bien par quoi…) pour ne pas devenir, en plus, les « complices » des « crimes » présents et à venir d<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/bhl-aux-israeliens-il-ne-faut-pas-avoir-peur-du-printemps-arabe-18292.html">’Israël</a>, le lien n’est-il pas, malheureusement, patent ?</p>
<p>Et puis, l’Allemagne. L’Europe et l’Allemagne. Ou l’Allemagne et l’Europe. Ce vent mauvais qui souffle sur l’Europe et vient y gonfler les voiles de ce qu’il faut bien -appeler un néo-antisémitisme. Non plus l’antisémitisme raciste. Ni chrétien. Ni même antichrétien. Ni, vraiment, anticapitaliste comme au début du XXe siècle. Non. L’antisémitisme nouveau. Celui qui n’a de chance de redevenir audible et, avant d’être audible, dicible que s’il parvient à identifier l’« être juif » à l’identité prétendument criminelle de l’Etat d’Israël prêt à lancer ses foudres sur l’innocent Etat iranien. C’est ce que fait Günter Grass. Et c’est ce qui rend cette affaire terriblement parlante.</p>
<p>Je revois Günter Grass à Berlin, en 1983, à l’anniversaire de Willy Brandt.</p>
<p>Je l’entends, à la tribune d’abord, puis attablé au centre d’une petite cour d’admirateurs, le cheveu et le verbe drus, des lunettes à monture ovale qui le faisaient ressembler à Bertolt Brecht, son gros visage à soufflets tremblant d’une émotion feinte tandis qu’il exhortait ses camarades à regarder en face leur fameux « passé qui ne passait pas ».</p>
<p>Et le voilà qui, trente ans plus tard, se retrouve dans l’exacte situation de ces hommes à la mémoire trouée, fascistes sans le savoir, hantés sans l’avoir voulu et qu’il invitait, ce soir-là, à se mettre en règle avec leurs inavouables arrière-pensées : posture et imposture ; statue de sable et comédie ; le Commandeur était un Tartuffe ; le professeur de morale, l’incarnation de l’immoralité qu’il pourfendait ; Günter Grass, ce gros poisson des lettres, ce turbot congelé par soixante ans de pose et de mensonge, achève de se décomposer et c’est, à la lettre, ce qui s’appelle une débâcle – quelle tristesse.</p>
<p><strong>Bernard-Henri Lévy</strong></p>
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		<title>Alexis de Tocqueville</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Apr 2012 11:28:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Penseur politique]]></category>
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		<description><![CDATA[Alexis de Tocqueville

Penseur politique, historien, écrivain.
Les dates-clefs d’Alexis de Tocqueville
29 juillet 1805  : Naissance à Paris d’Alexis de Tocqueville.
1826  : Entreprend en décembre, avec son frère Edouard, son premier voyage d’études en Italie et en Sicile.
1827  : Tocqueville, après avoir fait une licence de droit, est nommé juge auditeur au tribunal de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1><strong>Alexis de Tocqueville</strong></h1>
<p><img alt="" src="http://www.bernard-henri-levy.com/images/encyclopedie/alexis-de-tocqueville.jpg" class="alignnone" width="306" height="420" /><br />
Penseur politique, historien, écrivain.<span id="more-28350"></span></p>
<h1><strong>Les dates-clefs d’Alexis de Tocqueville</strong></h1>
<p><b>29 juillet 1805</b>  : Naissance à Paris d’Alexis de Tocqueville.<br />
<b>1826</b>  : Entreprend en décembre, avec son frère Edouard, son premier voyage d’études en Italie et en Sicile.<br />
<b>1827</b>  : <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/alexis-de-tocqueville-21986.html">Tocqueville</a>, après avoir fait une licence de droit, est nommé juge auditeur au tribunal de Versailles.<br />
<b>1830</b>  : Volontaire dans la garde nationale, il rend son fusil après la fuite de Charles X. En tant que magistrat, il prête serment à contre-cœur à Louis-Philippe.<br />
<b>1831</b>  : Tocqueville part pour les Etats-Unis, avec son collègue Gustave de Beaumont, afin d’y étudier, durant une année, le système pénitentiaire américain. Ils séjourneront, entre autres, à New York, Québec, Boston, Philadelphie, Baltimore, Cincinnati, Memphis, La Nouvelle Orléans, Washington. Leur étude,<em> Du système pénitentiaire aux Etats-Unis et de son application en France</em>, paraîtra début 1833. C’est au cours de ce même voyage que Tocqueville enquête sur tous les aspects de la démocratie américaine : le fonctionnement de la justice, le rôle des associations, la décentralisation des institutions, la place de la religion, etc. Sa future étude sur la démocratie en Amérique l’amènera tout autant à louer cette forme de démocratie qu’à la critiquer.<br />
<b>1832</b>  : De retour en France, Tocqueville démissionne de la magistrature.<br />
<b>1833</b>  : Premier séjour en Angleterre, où il soupèse la part de l’héritage anglo-saxon dans la démocratie américaine.<br />
<b>Août 1834</b>  : Après onze mois de travail,  Tocqueville achève le manuscrit de l’œuvre qui, non seulement témoigne de sa « monomanie américaine » (l’expression est de lui-même), mais reste aujourd’hui le plus célèbre et le plus lu de tous ses écrits : <em>De la démocratie en Amérique</em>.<br />
<b>1835</b>    Parution du premier tome de : <em>De la démocratie en Amérique </em>qui est un succès.<br />
<b>1837</b>  : Promu chevalier de la Légion d’honneur, Tocqueville regrette qu’on lui ait mis « ce torchon à la boutonnière ».<br />
<b>1838</b>  : Tocqueville est élu, par 20 voix sur 22, à l’Académie des sciences morales et politiques en remplacement de Laromiguière.<br />
<b>1939</b>  : Il est élu député de Valognes (Manche).<br />
<b>1840</b>  :  Il est reçu en Angleterre par son ami, le philosophe, logicien et économiste Stuart Mill et publie son essai : L’Etat social et politique de la France avant et depuis 1789.<br />
<b>1841</b>  : premier séjour en Algérie. Dans ses interventions au Parlement, Tocqueville exposera dorénavant, outre ses convictions anti-esclavagistes, son questionnement sur la colonisation. En décembre : il est élu à l’Académie française.<br />
<b>1842</b>  : Réélu député de Valognes.  En décembre, il est élu conseiller général du département de la Manche.<br />
<b>1843</b>  : Tocqueville publie six lettres, dans le journal <em>Le Siècle</em>, sur la situation intérieure de la France.<br />
<b>1846</b>  : En août, il est réélu député de Valognes.<br />
<b>1848</b>  : En janvier, il annonce, dans un discours à la Chambre, la chute de Louis-Philippe (qui interviendra un mois plus tard) et s’inquiète de la révolution qui gronde. Quand elle éclate, il la considère comme une trahison de 1789 : trop ouvrière et trop socialiste à son goût ; et il en appelle à sa répression (qui aura lieu en juin).  Elu représentant de la Manche à la Constituante en avril, il est, à partir de mai, membre de la Commission chargée de préparer la Constitution : il y défend les idées libérales, le bicamérisme, la décentralisation et l’élection du président de la République au suffrage universel.<br />
<b>1849</b>  : Malgré son hostilité à Louis Napoléon Bonaparte, il accepte, en juin, le poste de ministre des Affaires étrangères. Il tombe, en octobre, avec le deuxième gouvernement Odilon Barrot.<br />
<b>1851</b>  : Suite au coup d’Etat du 2 décembre, Tocqueville, député rebelle ( il a voté avec d’autres parlementaires la déchéance du président de la République Louis Napoléon Bonaparte), est emprisonné deux jours à  Vincennes.<br />
<b>1852</b>  : Après avoir fait un discours, devant l’Académie des sciences morales et politiques, sur les rapports de l’art de gouverner et de la science politique, il démissionne de ses fonctions de conseiller général, se retire de la vie politique et entame la rédaction de L’Ancien  Régime et la Révolution.<br />
<b>16 avril 1859</b>  : Atteint depuis une dizaine d’années de tuberculose, Tocqueville meurt à Cannes, à la villa Montfleury  où il était venu se soigner.</p>
<h1><strong>Les œuvres-clefs d’Alexis de Tocqueville</strong></h1>
<p>Livres publiés du vivant de Tocqueville<br />
<b>1833</b>  :<em> Du système pénitentiaire aux Etats-Unis et de son application en France</em>, H. Fournier jeune, Paris.<br />
<b>1835</b>  :<em> De la démocratie en Amérique, première partie</em>, Gosselin, Paris.<br />
<b>1840</b>  :<em> De la démocratie en Amérique, deuxième partie</em>, Gosselin, Paris.<br />
<b>1856</b>  : <em>L’Ancien Régime et la Révolution</em>, Michel-Lévy frères, Paris.</p>
<p>Livres publiés à titre posthume<br />
<b>1861</b>  : <em>Œuvres et correspondances inédites d’Alexis de Tocqueville</em>, publiées par Gustave de Beaumont, 2 volumes, Michel-Lévy frères, Paris.<br />
<b>1864-1866</b>  :<em> Œuvres complètes d’Alexis de Tocqueville</em>, publiées par Mme de Tocqueville, 9 volumes, Michel-Lévy frères, Paris.<br />
<b>1951-2002</b>  : <em>Alexis de Tocqueville, Œuvres complètes</em>, 29 volumes, Gallimard, Paris.<br />
<b>1991-2004</b> : <em>Alexis de Tocqueville, Œuvres, trois volumes</em>, tome1 : Voyages (1831-1847) &#8211; <em>Ecrits politiques et académiques </em> ; tome 2 :<em> De la démocratie en Amérique (1835-1840)</em> ; tome 3 :<em> Etat social et politique de la France avant et après 1789 (1836)</em> –<em> L’Ancien Régime et la Révolution (1856) – Considérations sur la Révolution ( 1850-1858) </em>– <em>Souvenirs( 1850-1851 )</em>, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris.</p>
<h1><strong>Alexis de Tocqueville et Bernard–Henri Lévy</strong></h1>
<p>En 2004, Cullen Murphy, directeur du magazine de Boston <em>Atlantic Monthly</em>, propose à Bernard-Henri Lévy de refaire, 173 ans plus tard, le parcours d’Alexis de Tocqueville à travers les Etats-Unis en 1831-1832, et sur la même durée, c’est-à-dire pendant un an.<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/"> Bernard-Henri Lévy </a>n’est pas, à l’époque, un lecteur assidu de Tocqueville. Pourtant, beaucoup des thèmes de ce dernier innervent son œuvre propre depuis<em> <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/la-barbarie-a-visage-humain-2-1145.html">La Barbarie à visage humain</a> </em>: l’antitotalitarisme, la critique du populisme, la critique de la toute puissance de l’Opinion, l’universalisme ou la nécessité d’opposer à la loi du nombre une Loi supérieure, etc. Mais ce ne sont pas seulement les idées de Tocqueville que Bernard-Henri Lévy a reconnues comme siennes après l’avoir relu attentivement, c’est aussi son talent d’écrivain, son côté « grand reporter intellectuel», sa façon de « mêler les choses vues à la pensée, la chair visible des choses à leur chiffre secret, le texte manifeste que donnent à lire une coutume ou une institution au principe qui, comme chez Aristote ou Montesquieu, en constitue la trame » (<em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/american-vertigo">American Vertigo</a></em>). Mieux encore : ce que Bernard-Henri Lévy admire au final chez Tocqueville, c’est d’avoir inventé « cette forme moderne de reportage où l’attention au détail, le goût de la rencontre et de la circonstance, n’interdisent pas, bien au contraire, la fidélité à une idée fixe » <em>(Idem)</em>. Tocqueville est, pour BHL, comme ce « voyageur philosophe » dont parlait Rousseau. Il n’y avait donc pas « meilleur guide pour, en Amérique comme ailleurs, (le) conduire sur le chemin de cette autre « époché » phénoménologique qui, lorsqu’elle se confronte aux choses mêmes , les met moins entre parenthèses qu’en examen et, de leur évidence muette, déduit les principes générateurs de la vie en société » <em>(Idem)</em>.</p>
<h1><strong>Citations de Bernard-Henri Lévy sur Alexis de Tocqueville</strong></h1>
<p>« Alexis de Tocqueville, la vérité m’oblige à dire que, comme de nombreux intellectuels français, je l’ai rencontré tard.<br />
<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/1977-a-nos-jours-contre-le-sovietisme-et-ses-avatars-par-philippe-boggio-10400.html">Raymond Aron</a> déjà, en ouverture au texte fameux où il évoquait l’état, dans sa jeunesse, des études tocquevilliennes en France, avouait qu’on ne le « lisait guère », alors, « à <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/le-normalien-de-la-rue-dulm-13622.html">l’Ecole Normale Supérieure</a> ou à la section de philosophie de la Sorbonne ».<br />
Mais pour ma génération, pour un normalien venu à la philosophie, à la fin des années 60, dans une conjoncture idéologique encore plus fortement dominée que la sienne par le marxisme et le léninisme, pour quelqu’un qui, comme moi, a eu vingt ans dans une France où le fin mot de la pensée était la pensée Mao Tsé Toung et où l’esprit nouveau, l’audace, le prestige intellectuel et politique, l’intransigeance, avaient le visage d’une compagnie de penseurs qui conjuguaient révolte et théoricisme, liberté de pensée et antihumanisme théorique, pour les témoins de ce moment structural, à la fois enragé et glacé, qui fut le parfum de notre jeunesse, la méconnaissance de ce modéré, à cheval sur l’ancien monde et le nouveau, les Orléans et les Bourbons, la résignation à la démocratie et la peur de la Révolution, a été, je le crains, plus profonde encore.<br />
Les temps changeront, bien entendu.<br />
Avec l’écroulement des grands récits, avec le déclin des visions matérialistes du monde et de leurs machineries implacables et simples, avec la nécessité, surtout, de réfléchir à l’échec du socialisme et aux illusions du progressisme, à la désirabilité de l’idée de révolution et aux conditions de possibilité de l’invention démocratique, les mentalités évolueront et nous rapprocheront d’un mode de pensée qui avait pour premier mérite de conjurer le face-à-face des héritiers de Comte et de Marx.<br />
Mais la situation, pour l’heure, était celle-là.<br />
Longtemps, très longtemps, Alexis de Tocqueville a été perçu, chez nous, comme un auteur de second rayon.<br />
Longtemps, très longtemps, cet apôtre de la pensée libre, cet annonciateur des courants antitotalitaires de la fin du XXème siècle, ce précurseur d’Hannah Arendt qui nous aurait, si nous nous étions, comme François Furet et quelques autres, avisés plus tôt de son importance, fait gagner un temps précieux et évité bien des faux pas, cet éclaireur, ne nous a pas été beaucoup plus familier qu’un Guizot, un Royer-Collard, un Prévost-Paradol, un Augustin Cochin.<br />
(…)<br />
(Lors de ce voyage aux USA sur les pas de Tocqueville, je me suis ) armé, chaque fois que je l’ai pu, de certaines de ses intuitions, si extraordinairement prémonitoires, et dont je n’ai cessé, livre en main, de vérifier avec quel talent la réalité américaine s’ingénie à les valider. Le triomphe qui, à son époque, n’était pas joué de l’égalité sur la liberté. La dictature, qu’il est le premier à avoir pointée, de ce nouveau maître, non moins féroce que l’autre, qu’est la « majorité » ou l’« opinion ». La « pression », pour le dire en d’autres mots et pour le dire, je m’en aperçois, dans des mots qui pourraient être ceux de l’Amérique communautariste d’aujourd’hui, « de l’esprit de tous sur l’intelligence de chacun », de l’esprit de groupe ou de l’ethnie sur le libre procès des sujets. Les avatars d’un « individualisme » qui, lorsqu’il va au bout de lui-même, lorsqu’il laisse les sujets s’enivrer, non de leur autonomie, mais de leur indépendance, lorsqu’il leur fait trancher des liens qui les attachent les uns aux autres et tous à la chose politique, lorsqu’il les réduit à cette « foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs » qu’avait entrevue la fin de la <em>Deuxième Démocratie </em>et que j’ai retrouvée dans les Supermarchés, les Megachurches et les ligues de vertu de l’Ouest profond, risque de se résoudre en une tyrannie dont le « pouvoir immense et tutélaire », aussi « absolu » que « détaillé », aussi « inflexible » que « prévoyant et doux », les « fixe dans l’enfance » et finit par leur ôter jusqu’au « trouble de penser ». Le pressentiment, autrement dit, d’un écartèlement dans la personne du Souverain qui, parce qu’il démembre ses deux corps, parce qu’il disjoint sa tête politique de son corps d’associations, les sujets les uns des autres, témoigne d’une émancipation apparente – mais qui, à d’autres égards, parce que la passion dont il procède demeure celle, non du duel, mais de l’unité et, au fond, de l’indifférencié, réassigne les individus à un sol de servitude qui n’a rien à envier à celui de l’étatisme jacobin des Français. Bref, toutes ces thèses dont la présence sensible dans l’Amérique contemporaine est parfois si aveuglante que l’on croirait que ces fictions dont la réalité s’inspire et non l’inverse – toutes ces thèses, il faudrait dire ces fables, qui annoncent moins l’Amérique qu’elles ne l’ont façonnée et dont j’aurais mauvaise grâce à ne pas dire que je les ai eues, sans cesse, présentes à l’esprit. » ( <em>American vertigo</em>, Livre de Poche, pp. 9-10 et 13-14)</p>
<p>Photo : Alexis de Tocqueville @ BNF</p>
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		<title>Alain Robbe-Grillet</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Apr 2012 16:39:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Alain Robbe-Grillet

Romancier, cinéaste, essayiste.
Les dates-clefs de Alain Robbe-Grillet
1922 : naissance à Brest (Finistère) d’Alain Robbe-Grillet.
1944 : diplôme d’ingénieur agronome.
1945 : chargé de mission à l’Institut national de la statistique de Paris.
1949 : ingénieur à l’Institut des fruits et légumes coloniaux.
1953 : Les Gommes paraît aux éditions de Minuit. Nombreuses critiques mais Robbe-Grillet a le soutien [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1><strong>Alain Robbe-Grillet</strong></h1>
<p><img alt="" src="http://www.bernard-henri-levy.com/images/encyclopedie/alain-robbe-grillet.jpg" class="alignnone" width="369" height="192" /><br />
Romancier, cinéaste, essayiste.<span id="more-28204"></span></p>
<h1><strong>Les dates-clefs de Alain Robbe-Grillet</strong></h1>
<p><b>1922</b> : naissance à Brest (Finistère) d’Alain Robbe-Grillet.<br />
<b>1944</b> : diplôme d’ingénieur agronome.<br />
<b>1945</b> : chargé de mission à l’Institut national de la statistique de Paris.<br />
<b>1949</b> : ingénieur à l’Institut des fruits et légumes coloniaux.<br />
<b>1953</b> : <em>Les Gommes</em> paraît aux éditions de Minuit. Nombreuses critiques mais Robbe-Grillet a le soutien de Georges Bataille, Roland Barthes, Maurice Blanchot et, bien sûr, de son éditeur, Jérôme Lindon, qui l’engage comme conseiller littéraire, fonction qu’il occupera pendant vingt-cinq ans.<br />
<b>1955</b> : parution des<em> Voyeurs</em>. Prix de la Critique.<br />
<b>1960</b> : Alain Robbe-Grillet signe le<em> Manifeste des 121</em>, « manifeste de suspicion », ainsi qu’il l’a déclaré à la télévision française, « envers le travail de l’armée en Algérie ».<br />
<b>1961</b> : Film <em>L’Année dernière à Marienbad</em>.<br />
<b>1963</b> : Deux ans après avoir écrit le scénario et les dialogues de<em> L’Année dernière à Marienbad</em>, d’Alain Resnais, Robbe-Grillet passe à la réalisation de films avec <em>L’immortelle</em>.<br />
<b>1972-1977</b> : Il enseigne à la New York University et à la Washington University de Saint-Louis (Missouri).<br />
<b>2004</b> : Il est élu à l’Académie française au fauteuil de Maurice Rheims. Mais, refusant de porter l’habit vert, il ne prononcera pas son discours de réception ni ne siègera à l’Institut.<br />
<b>2008</b> : décès à Caen.</p>
<h1><strong>Les œuvres-clefs d’Alain Robbe-Grillet</strong></h1>
<p>Romans :<br />
<b>1949</b> :<em> Un  régicide</em> (1949)<br />
<b>1953</b> :<em> Les Gommes </em> &#8211; Prix Fénéon &#8211; (éditions de Minuit)<br />
<b>1955</b> : <em>Le Voyeur</em> &#8211; Prix des Critiques &#8211; (éditions de Minuit)<br />
<b>1957</b> : <em>La Jalousie</em> (éditions de Minuit)<br />
<b>1959</b> : <em>Dans le Labyrinthe</em> (éditions de Minuit)<br />
<b>1965</b> : <em>La Maison de rendez-vous</em> (éditions de Minuit)<br />
<b>1970</b> : <em>Projet pour une révolution à New York</em> (éditions de Minuit)<br />
<b>1976</b> : <em>Topologie d’une cité fantôme</em> (éditions de Minuit)<br />
<b>1978</b> : <em>Souvenir du Triangle d’Or</em> (éditions de Minuit)<br />
<b>1981</b> : <em>Djinn </em>(éditions de Minuit)<br />
<b>2001</b> : <em>La Reprise</em> (éditions de Minuit)<br />
<b>2007</b> : <em>Un roman sentimental</em> (Fayard)<br />
<b>2009</b> : <em>La Forteresse </em>Scénario pour Michelangelo Antonioni  (éditions de Minuit)</p>
<p>Nouvelles<br />
<b>1962</b> : <em>Instantanés</em> (éditions de Minuit)</p>
<p>Essais<br />
<b>1963</b>  :<em> Pour un Nouveau Roman </em>(éditions de Minuit)<br />
<b>2001</b>  :<em> Le Voyageur, essais et entretiens </em> (Christian Bourgois)<br />
<b>2001</b>  : <em>Entretiens avec Alain Robbe-Grillet </em> par Benoît Peters. (2001)<br />
<b>2005</b>  :<em> Préface à une vie d’écrivain</em> (France-Culture – Le Seuil)</p>
<p>Fictions à caractère autobiographique<br />
<b>1985</b>  :<em> Le miroir qui revient</em> (éditions de Minuit)<br />
<b>1988</b>  : <em>Angélique ou l’enchantement</em>  (éditions de Minuit)<br />
<b>1994</b>  : <em>Les derniers jours de Corinthe</em> (éditions de Minuit)</p>
<p>Albums<br />
<b>1970</b>  :<em> Rêves de jeunes filles</em>, photographies de David Hamilton (Robert Laffont)<br />
<b>1972</b>  : <em>Les Demoiselles d’Hamilton</em>, photographies de David Hamilton (Robert Laffont)<br />
<b>1975</b>  : <em>Construction d’un temple en ruines à la déesse Vanadé</em>, avec des eaux-fortes et pointes sèches de Paul Delvaux, Le Bateau-Lavoir, édition limitée<br />
<b>1977</b>  : <em>Temple aux miroirs</em>, photographies d’Irina Ionesco, Seghers<br />
<b>1978</b>  :<em> Traces suspectes en surface</em>, lithographies originales de Robert Rauschenberg, New York, édition limitée</p>
<p>Filmographie<br />
<b>1961</b>  :<em> L’Année dernière à Marienbad  </em><br />
<b>1963</b>  :<em> L’Immortelle </em><br />
<b>1966</b>  : <em>Trans-Europ-Express </em><br />
<b>1968</b>  :<em> L’Homme qui ment </em><br />
<b>1971</b>  :<em> L’Eden et après </em><br />
<b>1971</b>  :<em> N. a pris les dès </em><br />
<b>1974</b>  :<em> Glissement progressif du plaisir </em><br />
<b>1974</b>  : <em>Le Jeu avec le feu </em><br />
<b>1983</b>  :<em> La Belle Captive </em><br />
<b>1995</b>  : <em>Un bruit qui rend fou</em>, co-réalisé avec Dimitri de Clerq<br />
<b>2007</b> : <em>C’est Gradiva qui vous appelle</em></p>
<h1><strong>Alain Robbe-Grillet et Bernard-Henri Lévy</strong></h1>
<p>Alain Robbe-Grillet  et Bernard-Henri Lévy sont des amis de longue date. </p>
<p><img alt="" src="http://www.bernard-henri-levy.com/images/encyclopedie/delphine%20-seyrig.jpg" class="alignleft" width="266" height="187" />Le 7 septembre 2010, le livre <em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/pieces-identite">Pièces d&#8217;identité</a></em> vaut à son auteur, de recevoir le prix Saint-Simon, qui récompense, chaque année, une autobiographie. Au cours de l’allocution qu’il prononce à cette occasion – allocution qui s’intitule : Qu’est-ce, après tout, qu’une autobiographie ? -<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/"> Bernard-Henri Lévy </a>déclare, entre autres : « Mon nom, Lévy, ne s’entend-il pas, aussi les vies ? J’ai le goût des œuvres à identité variable : la double vie de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/romain-gary-22679.html">Romain Gary</a> ; l’aventure hétéronymique de Pessoa ; ce rendez-vous, cette volière, cette fourmilière qu’est le moi de ce genre d’écrivains… » Alain Robbe-Grillet fait partie de « ce genre d’écrivains ». Une multiplicité d’Alain Robbe-Grillet hante à la fois ses livres et ses films, sans parler de sa vie même ; Bernard-Henri Lévy continua, après la mort de Robbe-Grillet, de présenter son œuvre ici ou là, comme il l’a fait, par exemple, en 2010, à New York, montrant  à des spectateurs ébahis ce making-off de<em> L’Année dernière à Marienbad </em>tourné par l’actrice Françoise Spira, leur faisant découvrir les images anciennes d’un homme toujours vivant malgré sa mort annoncée.</p>
<h1><strong>Citations de Bernard-Henri Lévy sur Alain Robbe-Grillet</strong></h1>
<p>« Depuis quand je connais Alain Robbe-Grillet ? Oh, je ne sais plus&#8230; Nuit des temps&#8230; Aussi loin que je me souvienne. Alain est dans mon paysage littéraire et amical. Sa gaité. Son insolence. Son goût de l’intempestif. Sa liberté absolue à l’endroit de toutes les conventions-jusque et y compris cette convention de l’anti-convention qui aurait voulu le dissuader d’entrer à L’Académie. »<br />
Les images que je garde de lui ?  Etrangement des images très physiques- j’ai presque  envie de dire des images athlétiques. Sur un tournage, il était un prodige d’énergie. A table, il buvait comme un jeune homme. Et j’ai l’impression qu’il a gardé jusqu’au bout ce goût très vif des jeunes femmes qui a aussi fait de lui l’un des personnages les plus scandaleux de son époque.</p>
<p>Son apport à l’histoire du cinéma ? L’art du récit brouillé. La fin du conflit central. La bande-son et l’image désaccordées- plus que chez <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/godard-est-il-antisemite-le-point-du-8-avril-2010-4735.html">Jean-Luc Godard</a> et il me semble avant lui. Le cinéma comme une image mobile, non de l’éternité, mais de l’éternel malentendu entre les voix, les gestes, ou les réticences des humains.<br />
Son apport à l’histoire de la littérature ? L’art du récit sec, sans psychologie, vide de subjectivité. Un concept de subjectivité, vide elle-même, sans intimité ni intériorité. Juste un point. Un lieu géométrique. Un point de contact entre un dehors envahissant et un dedans inexistant. Ah ! se délivrer de la vie intérieure, soupirait<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html"> Sartre </a>! Se délivrer de cette maladie française qu’est le culte de la vie intérieure ! Eh bien voilà. Robbe-Grillet. C’est Robbe-Grillet qui aura réalisé le programme sartrien. Le pape. Le patron. »<br />
(Extrait d<em>’Alain Robbe-Grillet vivant</em>, article paru dans le New York Times du 23 février 2008, repris dans : <em>Pièces d’identité</em>, pp. 472- 475 – éditions Grasset)»</p>
<h1><strong>Citations d’Alain Robbe-Grillet sur Bernard-Henri Lévy.</strong></h1>
<p>« Je me permets de livrer un petit souvenir personnel d’Alain Robbe-Grillet  et ses commentaires au sujet de Bernard-Henri Lévy : En 1980, Alain Robbe-Grillet et Bernard Henri Lévy étaient tous les deux des « visiting professors » à  New York University. Le  cours de Bernard – Henri Lévy « <em>Les intellectuels français depuis l’Affaire Dreyfus à nos  jours&nbsp;&raquo; </em> fut suivi par celui d’Alain Robbe-Grillet « <em>Le Nouveau-Roman depuis 1953</em> »<br />
Etudiante à cette époque, je suivis ces deux cours. Je me souviens qu’Alain Robbe-Grillet, dès son premier cours nous parla chaleureusement de Bernard-Henri Lévy. Il voulut savoir combien d’étudiants avaient suivi  le cours de son compatriote et nos réactions. Comme tous les commentaires étaient fort élogieux, il sembla satisfait et nous dit qu’il était content de voir que Bernard-Henri Lévy était mieux apprécié à New York University  qu’en France où ce jeune auteur talentueux suscitait beaucoup de jalousie et de controverse. »<br />
Liliane Lazar</p>
<p>Photo 1 : Alain Robbe-Grillet  @Photographe : Daniel Janin/AFP<br />
Photo 2 : Delphine Seyrig &#8211; <em>L’Année dernière à Marienbad</em> &#8211; Archives IMEC &#8211; </p>
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		</item>
		<item>
		<title>La version allemande du Bloc-Notes de Bernard-Henri Lévy &#171;&#160;Quand l’Algérie, comme la France, regardera son passé en face…&#160;&#187; (Die Welt, 5 avril 2012)</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/la-version-allemande-du-bloc-notes-de-bernard-henri-levy-quand-l%e2%80%99algerie-comme-la-france-regardera-son-passe-en-face%e2%80%a6-die-welt-5-avril-2012-28411.html</link>
		<comments>http://www.bernard-henri-levy.com/la-version-allemande-du-bloc-notes-de-bernard-henri-levy-quand-l%e2%80%99algerie-comme-la-france-regardera-son-passe-en-face%e2%80%a6-die-welt-5-avril-2012-28411.html#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 08 Apr 2012 15:23:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[Son actualité]]></category>
		<category><![CDATA[5 avril 2012]]></category>
		<category><![CDATA[BHL]]></category>
		<category><![CDATA[Die Welt]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Qui est BHL ?]]></category>
		<category><![CDATA[Zohra Drif]]></category>

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		<description><![CDATA[Marseille. Ein Kolloquium,  organisiert von dem Nachrichtenmagazin „Marianne“, anlässlich des 50.  Jahrestags der Unabhängigkeit Algeriens. Mir gegenüber sitzt Zorah Drif,  Funktionärin des Bouteflika-Regimes.
In ihrer Jugend  war sie Milizionärin des Front de Libération Nationale (FLN) und  zugleich Terroristin, die sich mit dem sogenannten Milk-Bar-Attentat in  die Annalen der Geschichte eingeschrieben [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Die-Welt-logo1-300x57.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-28412" title="Die-Welt-logo1-300x57" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Die-Welt-logo1-300x57.jpg" alt="Die-Welt-logo1-300x57" width="300" height="57" /></a>Marseille. Ein Kolloquium,  organisiert von dem Nachrichtenmagazin „Marianne“,<span id="more-28411"></span> anlässlich des 50.  Jahrestags der Unabhängigkeit Algeriens. Mir gegenüber sitzt Zorah Drif,  Funktionärin des Bouteflika-Regimes.<br />
In ihrer Jugend  war sie Milizionärin des Front de Libération Nationale (FLN) und  zugleich Terroristin, die sich mit dem sogenannten Milk-Bar-Attentat in  die Annalen der Geschichte eingeschrieben hat. Bei jenem Anschlag wurden  in einer Milchbar in Algier am 30. September 1956 mehrere Dutzend  unschuldiger Frauen, Kinder und Zivilisten verletzt oder getötet.<br />
Die  Unabhängigkeit Algeriens, sage ich ihr sinngemäß, war eine gerechte  Sache. Der Kampf gegen den Kolonialismus ist der Prototyp der gerechten  Sache, und er hätte damals alle Humanisten Frankreichs vereinen müssen,  rechte wie linke.<br />
Nur kann es passieren, dass sich eine gerechte Sache unrechter Mittel bedient und durch sie beschmutzt wird. Und der Inbegriff dieser unrechten Mittel ist die Infamie. Eine Infamie, die die edelsten Ziele entehrt, ist es, die Zivilbevölkerung als Zielscheibe zu nehmen. Diese Methode nennt man Terrorismus – das ist aller Welt zumindest seit Dostojewski und Camus bekannt.</p>
<p><strong>Kein Wort des Bedauerns</strong></p>
<p>Die Funktionärin hat sichtlich Mühe, zu begreifen, was ich ihr sage. Sie verschanzt sich hinter müßigen, um nicht zu sagen obszönen Betrachtungen, aus denen grob gesagt folgert, dass die Kinder, die sie an jenem Tag kaltblütig ermordete, „aktiv“ an einem globalen „Ausbeutungssystem“ beteiligt gewesen seien.</p>
<p>Niemand schafft es, ihr ein Wort des Bedauerns oder des Zweifels zu entlocken – schon gar nicht der Reue. Weder gelingt mir das noch den beiden Gründern von „Marianne“, Maurice Szafran oder Chefredakteur Nicolas Domenach, die die Debatte führen, und es gelingt noch nicht einmal Danielle Michel-Chich, die damals zu Drifs Opfern zählte und nun an diesem Morgen anwesend ist, hier, in diesem Saal.</p>
<p>Ich verlasse dieses Aufeinandertreffen mit einem Unbehagen, das im Laufe des Tages noch zunimmt – und aus dem ich, mit zunehmendem Abstand, eine sehr wichtige Lektion ziehe, die leider sehr weit über den Fall von Madame Drif hinausgeht.</p>
<p><strong>Der Kolonialismus als Schande ohne Strafe</strong></p>
<p>Selbstverständlich muss sich Frankreich seinen Verbrechen aus jenen dunklen Zeiten stellen – nachdem es schon so lange gebraucht hat, diese Zeiten überhaupt „Krieg“ zu nennen. Selbstverständlich ist der Kolonialismus eine Schande, die die Verantwortlichen in gleichem Maße beschmutzt, wie sie die Opfer demütigt – eine Schande, die keinerlei „positiven Seiten“ hatte.</p>
<p>Und nichts, auch das ist wahr, ist schockierender als die Vorstellung, dass die französischen Offiziere, die folterten und später friedlich zu Hause in ihrem Bett starben, mit ihren Dienstgraden, Pensionen und Auszeichnungen stets gesellschaftliche Anerkennung erfahren haben.</p>
<p>Und auch unsere Regierenden, von welcher politischen Couleur auch immer, waren peinlichst genau darauf bedacht, jede kriminelle Vergangenheit unter den Teppich zu kehren. Ganz zu schweigen von jenem Führer jener rechtsextremen Partei, von dem ich nur zu gut weiß, dass es unter schweren zivilrechtlichen Strafandrohungen verboten ist, daran zu erinnern, dass er ein wahrer Foltervirtuose war.</p>
<p><strong>Die Schattenseiten des Emanzipationskampfes</strong></p>
<p>Und doch: Gilt das, was für die einen gilt, nicht auch für die anderen? Hatte das kämpfende Algerien, wie uns an diesem Morgen die stumpfe, eiskalte, unverbesserliche Zorah Drif in Erinnerung rief, nicht auch seine Schattenseiten? Und ist es nicht genauso notwendig, dass das Land dies zugibt, es zur Kenntnis nimmt, darüber trauert?</p>
<p>Von der Eliminierung, insbesondere der Messalisten, den Anhängern des gemäßigten Nationalisten Messali Hadj, und anderer Gegner der harten FLN-Linie über das Massaker an Zehntausenden Harkis nach der Waffenruhe bis hin zur Ermordung friedlicher Zivilisten wie in der „Milk Bar“ von Algier: Ist es nicht unerlässlich, dass Algerien all das zur Kenntnis nimmt, was der goldenen Legende von der Emanzipation widerspricht, die vom und für das gesamte Volk so glorreich geführt wurde?</p>
<p>Es ist unerlässlich. Unerlässlich für die Versöhnung zwischen Frankreich und Algerien, von der uns seit so langer Zeit erzählt wird, die Dreh- und Angelpunkt des künftigen Mittelmeerraumes sein sollte und deren wichtigstes Instrument eine gemeinsame, geteilte, friedensstiftende Erinnerung sein wird.</p>
<p>Aber es ist ebenso unerlässlich für Algerien selbst, ein Land, das seit 50 Jahren so viele Prüfungen bestehen musste; das Anfang der Neunzigerjahre von einem zweiten, kaum weniger mörderischen Krieg überschattet wurde, den ihm andere Algerier erklärten, Söhne des internationalen faschistischen Islamismus nämlich; ein Land, das nur dann einen Ausweg aus dieser endlosen bleiverseuchten Epoche finden wird, wenn es sich, genau wie wir, seiner eigenen kriminellen Vergangenheit stellt.</p>
<p><strong>Geschichten vom paranoiden Staat und wahren Helden</strong></p>
<p>Ich denke an dieses Ein-Parteien-Regime, das nur Unruhe und Unheil hervorgebracht hat und als ewige Entschuldigung die Verbrechen des Kolonialismus vorschiebt. Ich denke an den „arabischen Frühling“, dem es der Mythos des schönen und glorreichen Emanzipationskampfes bislang erlaubt hat, sich von solchen Fragen bewusst abzuwenden.</p>
<p>Ich denke an die erschreckenden Beschreibungen Mohamed Sifaouis in seinem Buch „Die geheime Geschichte des unabhängigen Algeriens“ (Nouveau Monde Edition), in denen er einen komplottgesteuerten, paranoiden, bereitwillig mordenden, systematisch antisemitischen Staat schildert, der vollständig von seinen Geheimdiensten gelenkt wird.</p>
<p>Und ich sage mir: Ja, das eine ist mit dem anderen verbunden: Die Diktatur von heute mit den Lügen über gestern; die Herrschaft der Profiteure mit der Verfälschung der Geschichte, die von ihrem verfluchten Teil bereinigt wurde; dieses freiheitsraubende, korrupte System und – sowohl vor als auch nach dem Krieg – die Beseitigung all derer, die wie Abane Ramdane, Mohamed Khider, Krim Belkacem wahre Helden gewesen sind, Helden eines Unabhängigkeitskrieges, neben denen sich Figuren Madame Drif oder Monsieur Bouteflika wie Hampelmänner ausnehmen.</p>
<p>Demokratie in Algerien? Aber ja. Nur muss dazu, wie immer, mit der Erinnerung, der Aufarbeitung der Geschichte begonnen werden.</p>
<p><em>Aus dem Französischen von Celine Lauer.</em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Séminaire de la Règle du Jeu : Révolution syrienne : face à la dictature, l’enjeu des minorités</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/seminaire-de-la-regle-du-jeu-revolution-syrienne-face-a-la-dictature-l%e2%80%99enjeu-des-minorites-28445.html</link>
		<comments>http://www.bernard-henri-levy.com/seminaire-de-la-regle-du-jeu-revolution-syrienne-face-a-la-dictature-l%e2%80%99enjeu-des-minorites-28445.html#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 07 Apr 2012 12:19:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[La Règle du Jeu]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Alexis Lacroix]]></category>
		<category><![CDATA[Bachar Al-Assad]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Guetta]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Schalscha]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma Saint-Germain des Prés]]></category>
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		<description><![CDATA[Un an après le déclenchement de l’insurrection syrienne, le clan Assad dispose toujours de plusieurs atouts : le soutien de la Russie et de la Chine qui bloque toute initiative du Conseil de sécurité ; la pusillanimité des Occidentaux qui refusent toute forme d’aide militaire aux soldats rebelles de l’Armée libre syrienne ; et, sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/SEMINAIRE-DU-8-AVRIL-petite-def.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-28444" title="SEMINAIRE - NEW TYPO - copie.indd" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/SEMINAIRE-DU-8-AVRIL-petite-def-300x48.jpg" alt="SEMINAIRE - NEW TYPO - copie.indd" width="300" height="48" /></a><span style="color: #993300;">Un an après le déclenchement de l’insurrection syrienne, le clan Assad dispose toujours de plusieurs atouts : <span id="more-28445"></span></span><span style="color: #993300;">le soutien de la Russie et de la Chine qui bloque toute initiative du Conseil de sécurité ; la pusillanimité des Occidentaux qui refusent toute forme d’aide militaire aux soldats rebelles de l’Armée libre syrienne ; et, sur le terrain, l’attentisme inquiet des composantes minoritaires de la société – chrétiens, alaouites, druzes, Kurdes… – qui redoutent les conséquences de la chute du régime.<br />
Les appels à la solidarité et à la  fraternité lancés par les révolutionnaires, arabes sunnites dans leur écrasante majorité, ont certes trouvé un écho auprès d’une petite frange de ces minorités.<br />
Il n’en reste pas moins que les dirigeants politiques et militaires de l’opposition n’ont toujours pas fourni un programme garantissant clairement la sécurité et les droits des 40 % de la population qui constituent la précieuse mosaïque ethnique et religieuse syrienne.<br />
Le clan des barbares qui règne à Damas attise les peurs par la propagande et les coups tordus voulant faire croire qu’il constitue le rempart laïque face à un complot fondamentaliste musulman. N’hésitant pas à multiplier les provocations sanglantes, il s’efforce de faire dévier la révolution pour la liberté et la démocratie vers une guerre civile interconfessionnelle et/ou interethnique. Faire basculer en masse les minorités dans le combat contre le pouvoir, tel est donc l’un des défis décisifs auquel est confrontée l’opposition. Comment y parvenir ? Tel sera le sujet de notre débat.<br />
<strong>Bernard Schalscha et Alexis Lacroix</strong></span></p>
<p><span style="color: #993300;"><strong>Ce dimanche 8 avril à 11h</strong><br />
La Règle du jeu vous invite à un séminaire sur le thème :<br />
Révolution syrienne : face à la dictature, l’enjeu des minorités</span></p>
<p><span style="color: #993300;">Avec :</span></p>
<p><span style="color: #993300;">Mimi Abdo, membre du rassemblement pour la démocratie au Liban,<br />
Bernard Guetta, journaliste, éditorialiste à France Inter et Libération,<br />
Pierre Hassner, spécialiste des relations internationales, directeur de recherche au Ceri/Sciences-Po,<br />
Khalid Issa, juriste<br />
Randa Kassis, intellectuelle syrienne, écrivain.</span></p>
<p><span style="color: #993300;">Un débat animé par Bernard Schalscha et Alexis Lacroix</span></p>
<p><span style="color: #993300;">Le dimanche 8 avril 2012 à 11h<br />
Au cinéma Saint-Germain-des-Prés<br />
22, rue Guillaume-Apollinaire, Paris 6ème</span></p>
<p><span style="color: #993300;">Entrée gratuite</span></p>
<p><span style="color: #993300;">Renseignements : redaction@laregledujeu.</span></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Version américaine du Bloc-Notes de Bernard-Henri Lévy &#171;&#160;Quand l’Algérie, comme la France, regardera son passé en face…&#160;&#187; (The Huffington Post, 4 avril 2012)</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/version-americaine-du-bloc-notes-de-bernard-henri-levy-quand-l%e2%80%99algerie-comme-la-france-regardera-son-passe-en-face%e2%80%a6-the-huffington-post-4-avril-2012-28421.html</link>
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		<pubDate>Fri, 06 Apr 2012 07:27:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Marseille.
A symposium on the fiftieth anniversary of Algerian independence, organized by the French magazine Marianne.
I am facing Zohra Drif, a senior member of the Bouteflika hierarchy  who was, in her youth, an FLN [National Liberation Front] militant and a  terrorist whose participation in the so-called Milk Bar attack made  history.  On [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/The-Huffington-Post.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-28420" title="The Huffington Post" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/The-Huffington-Post.jpg" alt="The Huffington Post" width="142" height="122" /></a>Marseille.</p>
<p>A symposium on the fiftieth anniversary of Algerian independence, organized by the French magazine <em>Marianne</em>.</p>
<p>I am facing Zohra Drif, a senior member of the Bouteflika hierarchy  who was, in her youth, an FLN [National Liberation Front] militant and a  terrorist whose participation in the so-called Milk Bar attack made  history. <span id="more-28421"></span> On that day, the 30th of September, 1956, several dozen  innocent civilians, among them women and children, were killed and  wounded.</p>
<p>I said to her, in substance, Algerian independence was a just cause.</p>
<p>A struggle against colonialism is the prototype of a just cause that,  at the time, should have won over all that France counted as humanists,  on both the left and the right.</p>
<p>Except that sometimes it happens that a just cause employs unjust  means and is soiled by them; and the prototype of such unjust means, the  very type of infamy that brings dishonor to the best of commitments, is  this manner of targeting civilians that we call terrorism &#8212; everyone  knows that since, at least, Dostoevsky and Camus.</p>
<p>Apparently, Ms. Drif has some difficulty understanding what I am saying to her.</p>
<p>She ties herself in knots of irrelevant, if not obscene,  considerations, whose ultimate point, in sum, is that the children she  assassinated in cold blood that day were &laquo;&nbsp;party to&nbsp;&raquo; a &laquo;&nbsp;system&nbsp;&raquo; of global  exploitation.</p>
<p>Neither Maurice Szafran and Nicolas Domenach, moderating the debate,  nor I, nor Danielle Michel-Chich, who was one of her victims and who  happened to be there in the room this morning, succeeded in dragging a  word of regret or doubt &#8212; I won&#8217;t even mention remorse &#8212; from her.</p>
<p>And I leave this meeting with a feeling of malaise which will only  intensify throughout the day &#8212; and from which I glean, with a bit of  distance, a lesson that, unfortunately, goes far beyond the case of  Madame Drif.</p>
<p>Of course, France must confront the crimes that she committed during  these somber times, which she took far too long to accord the name of  war.</p>
<p>Of course, colonialism is a shame that sullies her leaders and at the  same time humiliates her victims, one that did not have any &laquo;&nbsp;positive  aspects.&nbsp;&raquo;</p>
<p>And it remains true that nothing is more shocking than the idea of  these French officers, guilty of acts of torture, who died in peace in  their beds, fully restored to rank, retirement pay, and military honors,  whose criminal past our rulers, of whatever political complexion,  scrupulously ensured would simply pass &#8212; without even mentioning a  certain leader of a certain extreme right party, whose role as a  virtuoso in the art of electric shock as a means of persuasion, I am in a  position to know, one hasn&#8217;t the right to recall without risking harsh  condemnation under civil law.</p>
<p>However&#8230;</p>
<p>Isn&#8217;t what is valid for some equally valid for others?</p>
<p>Was not Algeria, in its struggle, as the obtuse, icy, and impenitent  Zohra Drif reminded us this morning, responsible for its part of the  dark side?</p>
<p>And is it not just as essential to admit it, acknowledge it, and  express sorrow for it?  From the elimination, in Melouza in particular,  of the Messalists and others opposed to the FLN hard line, to the  post-curfew massacre of tens of thousands of Harkis, not to mention the  murder of non-combatant civilians like those at the Milk Bar, isn&#8217;t it  vital that the country acknowledge all that comes to contradict the pure  light, the golden legend of a magnificent emancipation, led by and for  the people in their entirety?</p>
<p>It is vital for this Franco-Algerian reconciliation so long talked  of, which should be the mainspring of the Mediterranean of tomorrow, for  which the construction of a common, shared, pacified memory will be the  finest instrument.</p>
<p>But it is vital as well for Algeria itself, which has known so many  other ordeals in the past fifty years, sorrow-stricken by a second,  scarcely less murderous war, declared against it at the beginning of the  90s by other Algerians, sons of international Islamic fundamentalism,  and which will never see the end of this interminably heavy period  unless it faces up, as we must, to its criminal past.</p>
<p>I am thinking of this uni-party regime that has engendered trouble  and poverty, for whom the crimes of colonialism remain the eternal  excuse.</p>
<p>I am thinking of this Arab spring upon which the country has, up  until now, conscientiously turned its back, thanks to the myth of the  beautiful and glorious war of emancipation.</p>
<p>I am thinking of Mohamed Sifaoui&#8217;s dreadful description in his book, <em>The Secret History of Independent Algeria</em> (Nouveau Monde Editions), of a state that nourishes conspiracies,  paranoid, willfully murderous, systematically antisemitic, and living,  in its entirety, under the thumb of its own secret service.</p>
<p>And I say to myself yes, this is related to that:  today&#8217;s  dictatorship is tied to yesterday&#8217;s lies ; the reign of those who profit  is linked to the falsification of a history whose dark side has been  whitewashed; and this corrupt system of governance that strangles  liberty bears a direct relation to the elimination, for example, before  and after the war, of all the true heroes (Abane Ramdane, Mohamed  Khider, Krim Belkacem) of a war of independence next to whom a Madame  Drif or a Monsieur Bouteflika already looked like puppets and small-time  heavies.</p>
<p>Democracy in Algeria?  Of course.  Except that, as always, one must begin with memory.</p>
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		<title>BHL à Zohra Drif : la pénitence, c&#8217;est pour tout le monde!</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Apr 2012 16:33:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Marseille. Dimanche 1er avril. Nous sommes au cœur du débat qui « oppose » Bernard-Henri Lévy à  Zohra Drif, invitée, elle aussi, au colloque « Algérie : 50 ans après ».  Bernard-Henri Lévy réagit à ce que Zohra Drif qualifie de «  bombinette »: la bombe qu&#8217;elle a posée au Milk bar d&#8217;Alger, en 1956, et qui fit des dizaines de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/BH-MARSEILLE.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-28406" title="BH MARSEILLE" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/BH-MARSEILLE-241x300.jpg" alt="BH MARSEILLE" width="241" height="300" /></a>Marseille. Dimanche 1er avril. Nous sommes au cœur du débat qui « oppose » Bernard-Henri Lévy à <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/%C2%AB-intervention-en-libye-une-tres-belle-page-de-notre-histoire-recente-%C2%BB-bhl-a-marseille-le-1er-avril-2012-28331.html"> Zohra Drif</a>, invitée, elle aussi, au colloque « Algérie : 50 ans après ».  <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/">Bernard-Henri Lévy</a> réagit à ce que Zohra Drif qualifie de «  bombinette »: la bombe qu&#8217;elle a posée au Milk bar d&#8217;Alger, en 1956, et qui fit des dizaines de victimes.<br />
« J’ai mal à l’Algérie quand elle traite ainsi sa mémoire, dit Bhl ». Et il poursuit : « Vous noyez le poisson… La guerre contre des militaires, contre une occupation, contre une humiliation quotidienne c’est juste. La guérilla des futurs auteurs de l’indépendance algérienne était non seulement juste mais héroïque. <span id="more-28402"></span>En revanche, franchir les barbelés avec ce que vous appelez une « bombinette », calculer d’aller la déposer dans un bar,dont on sait qu’il s’y trouvera peut-être des militaires mais qu’il s’y trouvera aussi des enfants, des adolescents, des civils, je pense que ce n’est pas juste. Ça n’apporte rien à un combat de libération. Ça n’aide en rien la cause que l’on prétend défendre. C’est contreproductif, c’est immoral, et même quand la cause est juste, c’est une tâche sur cette cause juste. Sauf si, le temps passant, et la victoire venue, on le reconnait. »</p>
<p>Car le fond de la relation franco-algérienne est bien là. Et BHL le rappelle avec force :  « Ce que j’ai attendu des généraux français qui ont torturé à grande échelle, c’est qu&#8217;ils se mettent en règle avec leur conscience et  leur pays, en le reconnaissant. Ils ne l’ont pas fait. Je trouve cela dégueulasse.  Ce que j’attends de vous, ce que j’attends des gens qui gouvernent l’<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/le-8-janvier-1998-13484.html">Algérie</a>, adossés à ce combat héroïque, c’est qu’ils disent, tant qu’il est encore temps, c’est que vous disiez, vous, qu’il y a eu, dans cette bataille juste, des moments tragiques où vous vous êtes fourvoyés . Mettre ce que vous appelez bombinette dans un couffin, dans un bar, c’est une erreur tragique, c’est un crime et ça ne participe pas de la guerre&nbsp;&raquo;.<br />
L’importance de telle démarche ? « La mémoire commune », répond, Bernard-Henri Lévy. « Si nous voulons vraiment bâtir une mémoire commune, c’est-à-dire que l’on ait une histoire partagée, une histoire réversible, une histoire ou les mêmes évènements et le même sens des deux côtés de la même Méditerranée &#8211; c’est ça la vraie réconciliation c’est quand on partage une mémoire – pour arriver à cela il faut que la France reconnaisse ses fautes et ses crimes et il faut que les héros de l’indépendance algérienne reconnaissent leurs torts et leurs fautes, voire leur crime. Tant qu’il n’y aura pas ces deux efforts des deux côtés, ça n’aidera pas à cette construction de cette mémoire partagée. »<br />
<em>Laurence Roblin</em></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
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		<title>« Intervention en Libye : une très belle page de notre histoire récente » (BHL, à Marseille, le 1er avril 2012)</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Apr 2012 11:49:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tant à dire en écho au colloque organisé à Marseille, dimanche, et auquel participait  Bernard-Henri Lévy ? Nous avons retenu, déjà, ce passage où BHL, à la question de la légitimité de l’intervention de la France en Libye, et de son rôle dans ce printemps libyen, répond au public, sans se démonter: « J’ai [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/bhl-marseille2.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-28399" title="bhl marseille" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/bhl-marseille2-201x300.jpg" alt="bhl marseille" width="201" height="300" /></a>Tant à dire en écho au colloque organisé à Marseille, dimanche, et auquel participait  <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/">Bernard-Henri Lévy</a> ? Nous avons retenu, déjà, ce passage où BHL, à la question de la légitimité de l’intervention de la France en <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/bhl-en-libye-lecteur-et-interprete-de-lacan-25680.html">Libye</a>, et de son rôle dans ce printemps libyen, répond au public, sans se démonter: « J’ai recommandé, parce que cela me semblait profondément juste, que la communauté entende cet appel. La légitimité que j’avais ? Cela fait quarante ans que j’entends des peuples massacrés, ou menacés de massacre, appeler au secours la communauté internationale et on ne les entend pas. Alors, là, en effet, j’ai usé de toute mes forces et de toute ma voix. Le peuple libyen a été entendu par la France et par d’autres…. Et je pense que c’est une très belle page, de notre histoire récente ».<span id="more-28331"></span><br />
Voici, en images, son intervention. Où l&#8217;on découvre que ce n&#8217;est pas l&#8217;intimidation des nostalgiques de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/kadhafi-ses-mercenaires-et-son-napalm-ce-que-rapporte-bernard-henri-levy-de-son-voyage-dans-le-djebel-nafoussa-un-article-d%E2%80%99emmanuel-jarry-pour-reuters-20552.html">Kadhafi</a> et de sa dictature qui le fera changer d&#8217;avis.</p>
<p><em>Laurence Roblin</em></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Quand l’Algérie, comme la France, regardera son passé en face… (Le Point, 5 avril 2012)</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Apr 2012 06:45:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Marseille.
Colloque, organisé par Marianne, autour du 50e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie.
J’ai, face à moi, Zorah Drif, hiérarque du régime Bouteflika qui fut, dans sa jeunesse, une militante du FLN doublée d’une terroriste restée dans les annales par l’attentat dit du Milk Bar où, le 30 septembre 1956, furent atteints – morts ou blessés – [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/BLOC-NOTES.gif"><img class="alignleft size-full wp-image-28332" title="BLOC NOTES" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/BLOC-NOTES.gif" alt="BLOC NOTES" width="97" height="97" /></a><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/bernard-henri-levy-a-marseille-dimanche-1er-avril-a-11h30-28240.html">Marseille</a>.</p>
<p>Colloque, organisé par Marianne, autour du 50e anniversaire de l’indépendance de l’<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/l%E2%80%99honneur-des-musulmans-le-point-23122010-12937.html">Algérie</a>.<span id="more-28333"></span></p>
<p>J’ai, face à moi, Zorah Drif, hiérarque du régime<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/1997-sos-algerie-par-mohamed-sifaoui-10178.html"> Bouteflika</a> qui fut, dans sa jeunesse, une militante du FLN doublée d’une terroriste restée dans les annales par l’attentat dit du Milk Bar où, le 30 septembre 1956, furent atteints – morts ou blessés – plusieurs dizaines de femmes, enfants et civils innocents.</p>
<p>L’indépendance de l’Algérie, lui dis-je en substance, était une juste cause.</p>
<p>La lutte contre le colonialisme est le prototype de la cause juste qui aurait dû, à l’époque, rallier tout ce que la France comptait d’humanistes de droite comme de gauche.</p>
<p>Sauf qu’il arrive qu’une cause juste ait recours à des moyens injustes et soit souillée par eux ; et le prototype de ces moyens injustes, le type même de l’infamie qui déshonore les plus nobles engagements, c’est cette façon de viser les civils comme tels que l’on appelle le terrorisme – tout le monde sait cela depuis, au moins, Dostoïevski et Camus.</p>
<p>La hiérarque, visiblement, peine à comprendre ce que je lui dis.</p>
<p>Elle s’enferre dans des considérations oiseuses, pour ne pas dire obscènes, d’où ressort, en gros, que les enfants qu’elle a, ce jour-là, froidement assassinés étaient « partie prenante » d’un « système » global d’exploitation.</p>
<p>Ni moi, ni <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/1978-contre-le-fascisme-argentin-dans-la-gueule-du-loup-par-maurice-szafran-10172.html">Maurice Szafran</a> et <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/bhl-mariane-linterview-la-plus-choc-3932.html">Nicolas Domenach</a> qui animent le débat, ni, surtout, Danielle Michel-Chich qui fut l’une de ses victimes et qui se trouve être là, dans la salle, ce matin, ne parvenons à lui arracher un mot, je ne dirai même pas de remords, mais de regret ou de doute.</p>
<p>Et je sors de cette rencontre avec un sentiment de malaise qui ne fera que s’amplifier tout au long de la journée – et dont je tire, avec le recul, une leçon qui va très au-delà, hélas, du cas de Mme Drif.</p>
<p>Bien sûr, la France doit regarder en face les crimes qu’elle a commis pendant ces sombres temps auxquels elle a tant tardé à donner le nom de guerre.</p>
<p>Bien sûr, le colonialisme est une honte qui salit ses responsables en même temps qu’il humilie ses victimes et qui n’eut pas d’« aspects positifs ».</p>
<p>Et rien n’est plus choquant, c’est encore vrai, que l’idée de ces officiers français, coupables d’actes de torture, qui sont morts en paix, dans leur lit, rétablis dans leurs grades, pensions et décorations et dont nos gouvernants, quelle que fût leur couleur politique, ont scrupuleusement veillé à ce que passe le passé criminel – sans parler de tel responsable de tel parti d’extrême droite dont je suis bien placé pour savoir qu’on n’a pas le droit de rappeler, sous peine de lourdes condamnations civiles, qu’il fut un virtuose dans l’art de la gégène.</p>
<p>Mais en même temps…</p>
<p>Ce qui vaut pour les uns ne vaut-il pas pour les autres ?</p>
<p>L’Algérie combattante n’eut-elle pas, comme vient nous le rappeler, ce matin, l’obtuse, glaçante et impénitente Zorah Drif, sa part d’ombre ?</p>
<p>Et n’est-il pas tout aussi essentiel qu’elle l’admette, en prenne acte, en fasse le deuil ? de l’élimination, à Melouza notamment, des messalistes et autres opposants à la ligne dure du FLN au massacre, après le cessez-le-feu, de dizaines de milliers de harkis en passant donc par le meurtre, comme au Milk Bar d’Alger, de civils non combattants, n’est-il pas vital qu’elle prenne acte de tout ce qui vient contredire la légende dorée d’une émancipation magnifique, menée par et pour le peuple tout entier, pure lumière ?</p>
<p>C’est vital pour cette réconciliation franco-algérienne dont on nous parle depuis si longtemps, qui devrait être le pivot de la Méditerranée de demain et dont la construction d’une mémoire commune, partagée, pacifiée, sera le meilleur instrument.</p>
<p>Mais c’est vital, aussi, pour l’Algérie elle-même qui a connu tant d’autres épreuves depuis cinquante ans ; qu’a endeuillée une deuxième guerre, à peine moins meurtrière, mais que lui ont déclarée, au début des années 90, d’autres Algériens, fils de l’internationale fascislamiste ; et qui ne sortira de cette interminable saison de plomb que si elle regarde en face, comme nous, son propre passé criminel.<br />
Je pense à ce régime de parti unique, fauteur de trouble et de misère, dont les crimes du colonialisme sont l’éternelle excuse.</p>
<p>Je pense à ce printemps arabe auquel le mythe de la belle et glorieuse guerre d’émancipation a permis, jusqu’ici, de tourner consciencieusement le dos.</p>
<p>Je pense à l’effrayante description que fait <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/1997-sos-algerie-par-mohamed-sifaoui-10178.html">Mohamed Sifaoui</a>, dans son livre, « <em>Histoire secrète de l’Algérie indépendante </em>» (Nouveau Monde Editions), d’un Etat complotiste, paranoïaque, volontiers assassin, systématiquement antisémite, et tout entier sous la coupe de ses services secrets.</p>
<p>Et je me dis, oui, que ceci est lié à cela : la dictature d’aujourd’hui aux mensonges sur hier ; le règne des profiteurs à la falsification d’une Histoire épurée de sa part maudite ; ce système de gouvernance liberticide, corrompu et l’élimination par exemple, pendant et après la guerre, de tous les vrais héros (Abane Ramdane, Mohamed Khider, Krim Belkacem) d’une guerre d’indépendance à côté desquels Mme Drif ou M. Bouteflika faisaient déjà figure de seconds couteaux et de pantins.</p>
<p>La démocratie en Algérie ? Mais oui. Sauf qu’il faudra, comme toujours, commencer par la mémoire.</p>
<p><strong>Bernard-Henri Lévy</strong></p>
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		<title>Petite introduction à l’œuvre de Levinas (Conférence prononcée à New York University, le 9 mai 2006, sous l’égide de Tom Bishop)</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Apr 2012 14:29:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je sais que le nom, l’œuvre, de Levinas sont peu connus aux Etats-Unis. Rassurez-vous : ils l’étaient aussi, jusqu’à une date récente, en France et, jusqu’à une date très très récente, en Israël même – et il n’y a donc rien de complètement aberrant, ni inquiétant, à cela… Je procéderai, néanmoins, très prudemment. Pas à pas. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Emmanuel-Levinas.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-28321" title="Emmanuel Levinas" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Emmanuel-Levinas.jpg" alt="Emmanuel Levinas" width="200" height="200" /></a>Je sais que le nom, l’œuvre, de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/emmanuel-levinas-22204.html">Levinas</a> sont peu connus aux Etats-Unis. Rassurez-vous : ils l’étaient aussi, jusqu’à une date récente, en France et, jusqu’à une date très très récente, en Israël même – et il n’y a donc rien de complètement aberrant, ni inquiétant, à cela… Je procéderai, néanmoins, très prudemment. Pas à pas. En reprenant les choses depuis le tout début. Plutôt que l’héritage de Levinas, plutôt que d’en venir tout de suite, comme nous y invite le titre de cette journée, à ce qui, de Levinas, <span id="more-28247"></span>vient jusqu’à nous et fait héritage, je vais essayer de vous rendre sensible le dispositif lévinassien, sa machinerie profonde, son mouvement, la série de gestes qui, si vous voulez, l’animent et signent son originalité dans l’histoire de la philosophie française et, plus largement, occidentale.</p>
<p>Premier geste.</p>
<p>Premier moment de pensée de la geste philosophique lévinassienne.</p>
<p>Je le résumerai en disant que c’est un geste de rupture avec une attitude qui est celle tous les philosophes traditionnels et qui, de Parménide à Heidegger, consiste à se vouer à l’élucidation de la question de l’Etre.</p>
<p>La philosophie classique c’est l’Etre, dit en substance Levinas.</p>
<p>De l’aube au crépuscule, de l’Ionie à Iéna, des tout débuts présocratiques à l’époque déconstructionniste, elle a été, cette question de l’Etre, le premier et le dernier mot, l’alpha et l’oméga, de l’exercice, de la patience, de la fulguration philosophiques.</p>
<p>En dépit de leurs différends, en dépit des désaccords apparemment radicaux qui opposent Heidegger à, par exemple, Descartes, cette réflexion sur ce qu’il en est de l’Etre, cette vision du monde comme un donné et cette façon de nous dire que les choses sont ce qu’elles sont et que s’impose leur nécessité, bref, cette Ontologie, ont été le cœur même de la philosophie telle qu’ils l’ont tous pratiquée : Aristote, bien sûr ;<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/bernard-henri-levy-vu-par-le-financial-times-entre-james-bond-et-platon-17688.html"> Platon </a>; <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/emmanuel-levinas-22204.html">Descartes</a>, donc, et Heidegger ; <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/le-de-la-guerre-de-bernard-henri-levy-dans-la-french-review-21997.html">Kant </a>; Hegel.</p>
<p>Et même moi, semble dire Levinas, même moi dont le premier vrai texte – 1935, revue <em>Recherches philosophiques –</em> s’intitulait « De l’évasion » et pressentait déjà ce besoin de « s’évader » hors du champ de l’Etre et de la philosophie prétendument vouée à l’élucider, même moi, donc, je suis resté longtemps, trop longtemps, prisonnier de ce préjugé ontologique : en témoigne mon insistante fidélité à<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/monsieur-besson-l%E2%80%99europe-et-martin-heidegger-par-bernard-henri-levy-liberation-jeudi-19-novembre-2009-3274.html"> Heidegger</a> ; en témoigne, à Davos, en 1929, lors de la fameuse polémique entre Heidegger et Cassirer, ma prise de partie contre l’idéalisme, donc pour Heidegger et pour l’idée selon laquelle la philosophie ne peut être que pure ontologie ; en témoigne, dans <em>En découvrant l’existence avec Husserl ou Heidegger</em> qui est, avec ceux de Koyré, le premier texte sérieux sur cette philosophie allemande renaissante, ma façon de me mettre sous la dépendance de la définition heideggérienne de l’Etre comme être de l’étant et de la définition, heideggérienne tout autant, de la philosophie comme discours dont l’objet n’est plus, ni celui des science ontiques (Descartes), ni celui de l’eidétique (Husserl), mais celui qu’elle nomme l’être de l’étant comme tel ; et en témoigne encore, jusque dans <em>Totalité et Infini</em>, jusque donc en 1961, la fidélité persistante au langage de l’ontologie qui me fait dire que, même s’il faut dépasser l’heideggérisme, ruser avec lui, se frayer une voie nouvelle au milieu de son champ de mines conceptuel, il y a quand même un usage du mot Etre qui reste cohérent avec la métaphysique que je suis en train d’élaborer.</p>
<p>Sauf que…</p>
<p>Sauf qu’il y a aussi dans tous ces textes – je pense, naturellement, à « De l’évasion » mais pas seulement – des pages où Levinas ne va peut-être pas au bout des choses mais qui indiquent tout de même la tentation, le souci, le pressentiment inverses.</p>
<p>Et sauf qu’arrive le moment – c’est, en gros, la publication d’<em>Autrement qu’être –</em> où Levinas tourne le dos à tout cela et pose les bases d’une philosophie s’offrant pour tâche de rompre l’enchaînement de l’humain au sol de l’Etre et l’arrimage de la philosophie à l’horizon de la question de l’Etre en tant qu’Etre : il pose les bases d’une philosophie qui rompt l’idée d’une unité primordiale des existants ; qui brise l’identité de forme et de substance entre l’Etre et la Totalité ; et qui remet en cause, enfin, la priorité donnée au Tout.</p>
<p>Car ce que dit Levinas dans <em>Autrement qu’être</em>, c’est deux choses très simples – ou, plutôt, trois – qui prennent cette question de l’Etre par son versant concret, pratique et presque politique.</p>
<p>Primo : que l’Etre est le règne des étants, donc des conatus, donc des persévérances de chaque étant dans son étance, de chaque élan dans son élan, de l’affrontement fatal et sans merci entre les différents élans et étants : « l’être c’est la guerre » est le premier théorème de Levinas ; la guerre de tous contre tous – mais un « tous contre tous » entendu au sens de Spinoza plus qu’au sens de Hobbes.</p>
<p>Deuzio : que le « il y a » qui préside au déploiement de l’être, le « il y a » sur lequel l’Etre se détache et qui est ce qui reste de l’Etre quand tous les étants se sont éclipsés, ou ont sombré, ou sont supposés avoir sombré, cet « il y a » qui est le fond de l’Etre et sa trame sans intrigue, cet « il y a » qui est le bruit de fond du néant lequel est, lui-même, le fond de l’Etre, Levinas dit donc que cet « il y a » est le lieu de l’impersonnel, de l’anonyme, de la répétition, du cauchemar, que cet « il y a » (qui est l’ombre de l’Etre, son envers) n’est pas l’<em>es gibt</em> heideggérien, mais une sorte de pure présence, de plénitude du vide, d’accumulation d’essences non séparées – règne de l’indivis, de l’innommable, de l’immonde, de l’inhumain, à nouveau le cauchemar.</p>
<p>Et puis il dit enfin, et troisièmement, que cet Etre qui, selon le point de vue où on l’envisage, est le règne de la guerre ou du mal, de l’étant en guerre ou du il y a impersonnel et cauchemardesque, a pour corrélat l’être rivé, l’enchaînement, la servitude absolue – la troisième thèse d’<em>Autrement qu’être</em>, c’est que le système de l’Etre tel qu’il est formulé par Hegel, ou par le Husserl des <em>Ideen</em>, ou par le Heidegger de <em>Sein und Zeit</em>, l’Etre comme un tout fermé, une totalité bouchée, un système verrouillé, sans frontière ni dehors, sans fin ni commencement, sans point d’extériorité ni transcendance d’où il puisse être jugé ou regardé, la conception de l’Etre comme substance saturée d’où l’on ne pourrait pas s’évader et à laquelle on ne pourrait rien ajouter, est la forme même de la tyrannie ; sa thèse – il y a, dans <em>Difficile Liberté</em>, un texte de 1957, écrit au lendemain de l’intervention soviétique en Hongrie, qui le dit très explicitement – est qu’il y a un totalitarisme ontologique d’où l’autre totalitarisme, celui que l’on entend généralement sous ce nom, procède secrètement ou, plus exactement, que le totalitarisme de l’Etre est la cause de celui de l’Etat et de la société.</p>
<p>Sortir de l’Etre, dit alors Levinas.</p>
<p>Faire un pas hors du rang des ontologues.</p>
<p>Ouvrir une brèche dans la clôture de cet Etre saturé.</p>
<p>Etablir que l’ontologie ne peut être le dernier mot de la philosophie.</p>
<p>Renverser la préséance de l’ontologie sur la métaphysique en posant que la métaphysique doit commander à l’ontologie et non l’inverse.</p>
<p>C’est le premier geste lévinassien, et c’est un geste libérateur.</p>
<p>C’est sa première grande originalité, et c’est ce qui fait que sa pensée, ses mots, sonnent si étrangement dans la pensée française des années 1950 et 1960 – et aussi, me semble-t-il, des années contemporaines.</p>
<p>Quelle peut être, alors, cette brèche ?</p>
<p>En quoi cette sortie hors de l’Etre peut-elle bien consister ?</p>
<p>C’est tout le sujet, tout l’autre sujet, d’<em>Autrement qu’être –</em> et la réponse à cette question va constituer le second grand geste philosophique de Levinas.</p>
<p>Il y a deux façons, dit-il, de sortir de l’Etre.</p>
<p>Il y a deux façons, et deux seulement, d’atteindre à cet au-delà de l’Etre qu’il appelle l’« illéité ».</p>
<p>Il y a la transcendance, le nom ou l’épreuve de Dieu ; il y a ce que l’on appelle communément la religion et qu’il appelle, lui, l’« idée de l’infini » ; il y a la « parole prophétique » dont la définition rigoureuse est, toujours selon Levinas : la parole qui commence et finit avec celui qui la profère ; la parole qui, contrairement à toutes les paroles mondaines qui n’en finissent pas de nous dire qu’elles disent autre chose que ce qu’elles disent, contrairement à toutes ces paroles banales qui font le bruit de fond de l’être et dont le secret est qu’elles expriment ou entendent exprimer toute une nappe de structures, tout un soubassement de la conscience et du corps, toute une gamme de conditionnements sociaux, économiques, constitutifs de sens dissimulé – la parole, donc, qui, contrairement à toutes celles-là, commence, finit, a sa source, son principe et sa fin, dans le procès même de son énonciation. Le prophète, chez Levinas ? Evidemment pas le messager de Dieu. Encore moins l’inspiré de Dieu. Non. Juste l’auteur de ses propres mots. L’énonciateur qui a autorité sur ce qu’il énonce. Le responsable d’une parole qui n’est pas réductible à une portion du monde mais qui excède ce que l’on appelle le monde. Prendre cela au sérieux, devenir ou redevenir attentif à ce principe de transcendance qui est au cœur de l’esprit prophétique, c’est une première manière de nier le primat de l’Etre.</p>
<p>Mais il y a une seconde manière. Il y a une seconde brèche dans la clôture de l’Etre. Il y a une autre façon de dire et de tenter la brèche, donc l’évasion. C’est un synonyme de Dieu, si vous voulez. Un <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Sartre_m.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-28326" title="Sartre_m" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/Sartre_m-300x227.jpg" alt="Sartre_m" width="300" height="227" /></a>autre nom de l’infini. Mais ce synonyme, cet autre nom, c’est le visage d’autrui. Ou plutôt non. Pas exactement le visage. Ni, exactement, autrui. La rencontre, plutôt, avec le visage. Ou le visage, oui, admettons, mais en tant qu’il excède la simple somme de traits, formes ou expressions que l’on met généralement sous ce mot. Ou encore le Visage, d’accord, mais avec une majuscule, et sans que l’on puisse dire qu’il soit Visage <em>de</em> X ou <em>de</em> Y. Beaucoup a été écrit sur cette thématique du visage chez Levinas. C’est même devenu une sorte de lieu commun du lévinassisme tel que le comprend la pensée qui se presse mais ne pense pas : il y aurait Descartes et le sens commun, Kant et la loi morale, Hegel et la dialectique, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/le-siecle-de-sartre-225.html">Sartre </a>et l’existence, Platon et les Idées – et il y aurait Levinas sacré « penseur du visage »… Sauf que ce n’est pas de cela que parle Levinas. Et il y a beaucoup plus dans cette idée de la rencontre avec le Visage que les pauvres clichés sirupeux de l’humanisme académique relooké Droits de homme.</p>
<p>Un visage n’est pas une chose, dit Levinas pour commencer. Ce n’est pas un étant parmi d’autres étants.</p>
<p>Ce n’est même pas la somme de traits (nez, bouche, etc.) dont je parlais à l’instant et qu’il appartiendrait au vis-à-vis de considérer ou détailler.</p>
<p>L’Etre, si vous préférez, n’est pas un genre dont le visage serait une espèce, une région, un cas, une détermination, un phénomène.</p>
<p>Et cela est si vrai, il est si vrai que l’Etre n’est pas un genre dont le visage serait une espèce, une région ou un phénomène, que la rencontre elle-même, la rencontre avec le visage n’est, selon Levinas, pas non plus un phénomène.</p>
<p>Ce point est décisif. La rencontre avec un visage ne peut ni ne doit être comprise, dit-il, dans la vieille logique, la veille catégorie philosophique, du phénomène. Il n’y a pas une nappe d’être, une profondeur enfouie de l’être, dont l’autre serait, à travers son visage, un mode d’apparition phénoménal. Quand Levinas dit « visage », quand il parle de « révélation de l’autre par son visage », il n’entend même pas la phénoménalité de l’autre ; il n’entend pas ce qui, de l’autre, ferait phénomène ; mais il entend l’autre même, l’autre comme tel, l’autre en tant qu’il est visage, le visage en tant qu’il est l’autre, l’apparaître de l’autre dans la forme du visage. Et encore ! J’ai tort de dire « apparaître ». Car ce mot même d’apparaître a l’air d’indiquer une altérité dont le mode de visibilité serait le visage. Et il donne encore trop, beaucoup trop, à la vieille logique kantienne du noumène et du phénomène, de la nappe nouménale et de son émergence phénoménale ou, pour le dire en langue platonicienne, à l’idée d’un être se monnayant en une myriade d’images ou de reflets.</p>
<p>Le visage est un mixte de visible et d’invisible, voilà la vérité. C’est une manifestation de l’invisible dans le visible, voilà la conviction de Levinas. C’est, lorsque je le rencontre, une expérience métaphysique fondamentale et peut-être est-ce même la grande expérience métaphysique à travers quoi se joue l’humanité de l’homme, voilà ce vers quoi le conduit toute sa réflexion. L’être ou l’autre, telle est la question. L’ontologie ou l’éthique, telle est l’alternative. Quand Emmanuel Levinas oppose l’’être comme système et l’autre comme visage, quand il nous dit – ce sera le thème et, je crois, le titre de sa toute dernière conférence – que c’est l’éthique qui, désormais, doit devenir la vraie philosophie première, quand il explique qu’il a trouvé le vrai nom de la « philosophie première » au sens d’Aristote, ou de la « Science reine » au sens de Platon, et que ce vrai nom est « Ethique », il ne songe évidemment pas à je ne sais quels art de vivre, morale, système de comportement ou règles de conduite qui arriveraient dans le reflux des idéologies, systèmes et machineries métaphysiques ou politiques pour se substituer à eux. Et la preuve que ce n’est pas cela, la preuve que son éthique n’a rien à voir, mais vraiment rien, avec ce que Nietzsche appelait la « moraline » et qui nourrit les petites « morales » d’aujourd’hui, c’est que l’auteur de <em>Noms propres</em> prend bien soin de distinguer, dans tous ses textes canoniques, l’« éthique » proprement dite (rationalité, connaissance, philosophie…) de la « morale » (affect, sentiment…) : l’homme mérite mieux que la morale, dit-il ; il mérite mieux que ce paquet de bons sentiments que l’on met généralement sous ce nom ; et ce mieux qu’il mérite c’est, effectivement, l’éthique… Bref. Quand il dit « éthique », il faut entendre qu’il a trouvé, qu’il a le sentiment d’avoir trouvé, à travers l’idée d’infini, donc de transcendance, donc d’altérité ou de visage, la brèche, une autre brèche permettant de sortir de l’ontologie.</p>
<p>C’est son deuxième pas hors du cercle des philosophes traditionnels.</p>
<p>C’est la deuxième grande révolution philosophique qui fait que l’on peut parler d’un héritage de Levinas.</p>
<p>Maintenant, le troisième point.</p>
<p>Ou plutôt le troisième geste signant la grande originalité de Levinas.</p>
<p>Si Levinas dit cela, s’il est capable de trouver une ou plusieurs voies hors du système de l’Etre, s’il est en mesure de formuler, enfin, une réponse à l’ontologie de Husserl et Heidegger, c’est parce qu’il a été capable, d’abord, en amont de tout cela, de nouer un lien nouveau et j’ai envie de dire révolutionnaire – un lien qu’aucun autre philosophe n’avait été en mesure de nouer avant lui : le lien entre le logos philosophique, la philosophie en tant qu’elle parle grec et autre chose, une autre parole, qui est, en gros, la sagesse juive.</p>
<p>Bien sûr, Levinas n’est, en un certain sens, pas le premier, ni dans l’histoire de la philosophie ni dans celle du judaïsme, à avoir imaginé ce croisement, ce lien. Il y a eu, avant lui, Philon, dit Philon d’Alexandrie, dont je n’ai pas besoin de vous rappeler l’admiration qu’il portait à Platon ni, encore moins, sa tentative de traduire le sensé biblique dans la conceptualité grecque de son époque afin de prouver, de dire, d’illustrer, son universalité. Il y a eu Maimonide, dit le Rambam, qui a, lui aussi, traduit des pans entiers de ce sensé biblique, des pages et des pages de dispute talmudique, des paquets de parole rabbinique en général, dans les cadres théoriques de la philosophie grecque, donc occidentale – l’auteur du <em>Guide des égarés</em>, l’homme sur la tombe de qui fut gravé le fameux « De Moïse à Moïse il n’y eut que Moïse » n’était-il pas, d’abord, un disciple d’Aristote ? Il y a encore eu, quelques siècles plus tard, Moses Mendelssohn, dit le troisième Moïse, disciple, lui, de John Locke et auteur d’un pamphlet fameux invitant les juifs de son temps à ne pas se couper de la philosophie du siècle et, tout particulièrement, de celle de Leibniz. Et puis il y a encore eu ces autres prédécesseurs de Levinas que sont Hermann Cohen ou Franz Rosenzweig : Hermann Cohen, formé au Séminaire rabbinique de Breslau, puis chef de file de l’Ecole néokantienne de Marbourg et auteur, à ce titre, de la <em>Religion de la raison tirée des sources du judaïsme</em> ; Franz Rosenzweig, disciple de Hegel en même temps que prophète d’un authentique retour au judaïsme ; et l’un comme l’autre, chacun de son point de vue, tentant cette mise en relation, cette mise en concurrence et, finalement, ce mariage de l’esprit juif et grec.</p>
<p>Mais bon. D’abord Hermann Cohen, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/ce-juif-de-malraux-conference-prononcee-le-31-octobre-2010-a-l%E2%80%99universite-hebraique-de-jerusalem-13129.html">Franz Rosenzweig</a>, Maimonide, sont, non la règle, mais l’exception. Et ils sont d’autant moins la règle que lorsque Levinas arrive à l’âge d’homme, quand il commence de penser par ses propres moyens, au lendemain, autrement dit, de la Seconde Guerre mondiale, la tendance de la philosophie française n’est réellement pas de penser qu’il y a, dans la sagesse rabbinique, dans le Talmud et ses traités, des semences de vérité analogues à celles que l’on trouve dans le <em>Discours de la méthode</em> ou la <em>Critique de la raison pure</em>. Personne autour de lui, personne au Collège de philosophie dont il est, à un certain moment, un auditeur assidu, personne ne pense qu’il y ait, dans le corpus biblique, quoi que ce soit qui mérite d’être porté, traduit, dans la sagesse grecque. Et quant à l’autre côté, quant à ce qui se passe et se dit du côté de ceux qui se veulent fidèles à l’enseignement de la Torah, quant à ce qui se joue du côté de ceux qui pensent que, plus que jamais, après l’extermination des juifs, doit être préservé, révéré, reconstruit, l’édifice invisible du judaïsme, c’est une autre forme de la même situation : règne, là, l’idée que rien ne doit se faire entre cet édifice invisible et l’édifice visible, trop visible, d’une philosophie occidentale qui, dans le meilleur des cas, n’a rien pu empêcher et, dans le pire des cas, a donné la main aux bourreaux ; triomphe, à ce moment-là, le principe d’une séparation jalouse entre deux ordres et régimes de discours dont on a le sentiment, tout à coup, que la fascination du savoir moderne, ainsi que l’idéologie assimilatrice qui allait avec, ont tragiquement brouillé les frontières. Il y a un texte de 1948, repris dans <em>Difficile Liberté</em>, où, dans un moment de désespoir et, en tout cas, de mélancolie, au pic de la polémique autour du cas Heidegger, dans ce climat de très grande violence où s’affrontent, d’un côté, des gens comme Jean Wahl et, de l’autre, des disciples de Heidegger comme Jean Beaufret ou le jeune Frédéric de Towarnicki qui, quelques années plus tôt, était allé, en grand uniforme de Français libre, trouver le berger de l’Etre au fond de sa cabane de la Forêt noire, il y a donc un texte de Levinas qui dit qu’il y a une sorte de scandale, d’obscénité, le texte français dit exactement « une inconvenance », à continuer de s’occuper de philosophie au lendemain d’Auschwitz. C’est le moment où Adorno dit qu’il est devenu impossible de faire de la poésie après Auschwitz. C’est le moment où Paul Celan veut bien continuer d’en faire, mais pour dire le crime, le crime seulement, et parce que la langue allemande est la langue des criminels. Et Levinas, à ce moment-là, appartient à cette catégorie de juifs qui pensent qu’il y a une inconvenance du même ordre à se préoccuper de philosophie, à l’âge d’Auschwitz et des chambres à gaz.</p>
<p>Et pourtant… En dépit de ces moments de mélancolie, en dépit de cette tendance du temps à dresser un mur entre les deux sagesses, en dépit de cette tentation de tirer un trait sur l’héritage de Maimonide et Franz Rosenzweig, Levinas trouve la force de franchir le pas, ce troisième pas.</p>
<p>Comment ? Pas question, bien sûr, de je ne sais quelle cohabitation entre les deux discours.</p>
<p>Pas question d’une pensée qui marcherait sur les deux jambes, tantôt la juive, tantôt la grecque, selon les préoccupations et les concepts.</p>
<p>Pas question de dire : sur tel sujet je pense en juif, sur tel autre je pense en grec, et en avant pour le syncrétisme, cet asile de toutes les ignorances et des compromissions théoriques.</p>
<p>Et même pas question, comme ses prédécesseurs, de traduire les deux sagesses l’une dans l’autre – de trouver l’équivalent juif, par exemple, de la notion kantienne de loi morale ; ou de jeter des passerelles entre les deux conceptions du temps ; ou de conjuguer l’idée de messianisme et l’idée de révolution ; ou de lier l’idée juive de transcendance avec « l’idée de l’infini » mise en moi, disait Descartes dans la « Troisième Méditation », par « quelque substance véritablement infinie ».</p>
<p>Non.</p>
<p>Ce que fait Levinas est bien plus original que cela. Il subvertit la sagesse grecque à l’aide de la sagesse juive. Il fait vibrer dans les textes grecs un souffle venu des textes juifs. Il invente aux textes grecs un autre principe de respiration qui leur vient des textes juifs. Il s’installe, si vous préférez, dans la conceptualité grecque et se sert de ce qu’il sait du souffle juif pour en ébranler les bases et les frontières. Il prend les textes prophétiques ; et il reformule, à partir de ces textes prophétiques, une pensée comme celle, par exemple, des droits de l’homme. <em>Jewgreek is greekjew</em>, disait Joyce cité, à son sujet à lui, Levinas, par<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jacques-derrida-2320.html"> Jacques Derrida</a>. Ou encore (et je paraphrase, là, un texte fameux de Levinas lui-même) : il énonce en grec des principes que les Grecs ignoraient. Ou encore : il transforme des théologoumènes en philosophèmes (à commencer, entre parenthèse, par le fameux « Autrement qu’être ou au-delà de l’essence » qui n’est pas très loin de l’« <em>epekeina tès ousias</em> » du livre VI de la <em>République</em> de Platon…).</p>
<p>Voilà son troisième, et peut-être son plus radical, coup de force.</p>
<p>Levinas, comme il l’a souvent dit à ceux qui avaient tendance à le confessionnaliser, est moins un « philosophe juif » qu’un « juif qui fait de la philosophie ».</p>
<p>Levinas, comme il l’a dit, un jour, à un Jean-François Lyotard « surpris et malheureux », n’est pas un « penseur spécialement juif », mais un « penseur tout court » ; ce n’est pas « sous l’autorité de la Bible » qu’il se place, mais sous « celle de la phénoménologie » ; manière de dire qu’il les met, la Bible <em>et</em> la phénoménologie, au travail, au rouet, l’une de l’autre.</p>
<p>Un exemple.</p>
<p>Je vais essayer de montrer, sur un exemple précis qui est le vieux thème philosophique de la responsabilité, ce que peut signifier cette logique de subversion du texte grec par le souffle juif.</p>
<p>Traditionnellement, on ne commence à parler de responsabilité que quand on a un sujet bien construit (comme chez Descartes) ; une liberté de faire ou de ne pas faire (comme chez Aristote) ; une propédeutique de l’acte, ou une éducation du vouloir (comme chez Kant et les philosophes des Lumières) ; et des seuils, enfin, d’imputabilité qui font que l’on est plus ou moins responsable selon la marge d’autonomie que l’on avait, ou non, d’agir ou de ne pas agir (c’est tout le sens, par exemple, de la philosophie des Stoïciens – c’est tout le sens, aussi, d’une des réflexions ultimes de Derrida établissant que l’on ne « décide » que parce que l’on ne « sait », à la lettre, « pas quoi faire »…).</p>
<p>Or voilà que Levinas, fidèle à son idée de la transcendance de l’autre homme et de son visage, fidèle à sa définition de l’altérité comme sainteté et à son intuition que l’idée d’infini est coextensive au concept et à la forme du visage, propose quelque chose d’à la fois très semblable et de complètement différent.</p>
<p>Une responsabilité qui n’est pas un accident de mon essence mais mon essence même.</p>
<p>Une responsabilité qui ne procède pas de la présence, en moi, d’une essence préalable, mais la précède.</p>
<p>Une responsabilité que je ne suis pas libre d’accepter ou non mais qui s’impose à moi dans la miraculeuse réquisition par le visage d’autrui.</p>
<p>Une responsabilité qui n’est pas acte, mais passivité de la subjectivité, tourment inévitable, sujétion, soumission, réquisition sans réplique, absence totale de liberté.</p>
<p>Une responsabilité productrice d’actes, d’accord, mais dont je ne me rappelle pas avoir pris l’initiative et dont je n’ai, à la lettre, et si la lettre des mots a un sens, pas pris l’initiative.</p>
<p>Une responsabilité qui n’a plus rien à voir avec toutes ces histoires de d’être et de devoir, d’impératif catégorique ou de choix – une responsabilité qui est un pur fait, presque un traumatisme.</p>
<p>Une responsabilité qui est comme le témoignage d’un passé très ancien, enfoui, inassignable et que, si vous préférez encore, et comme dit encore Levinas lui-même, nul souvenir n’atteste.</p>
<p>Et une responsabilité qui, du coup, devient une responsabilité infinie, ne connaissant ni seuil ni limite – une responsabilité dont il est, conclut Levinas, plus difficile de se défaire que de « quitter sa peau ».</p>
<p>Nous vivons, au fond, sur deux conceptions distinctes de la responsabilité. Celle des Tragiques (Œdipe : une culpabilité fatale, qui n’a besoin d’aucun consentement, qui ne peut être non plus imputée à crime et qui n’est plus une responsabilité) et celle des philosophes (une culpabilité consciente, raisonnée, dépendant de la décision prise d’être ou non responsable de ce que l’on fait, relevant de l’autonomie d’un vouloir choisissant de donner ou de ne pas donner le primat, en soi, à la raison pratique). Eh bien tout se passe comme si Levinas importait en philosophie le climat des conceptions tragiques. Et tout se passe comme s’il le faisait à travers le judaïsme et grâce à lui.</p>
<p>Va dans le sens de cette idée de responsabilité infinie l’image, que j’avais abondamment commentée dans <em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/le-testament-de-dieu-2-1142.html">Le Testament de Dieu</a>,</em> du Dieu de chagrin et de pitié, du Dieu Menahem, consolateur par excellence, qui partage les douleurs de son peuple en exil.</p>
<p>Va dans le même sens la définition d’un Messie entendu, Levinas ne cesse d’insister sur ce point, comme l’homme quelconque, vous, moi, encore vous, en tant que nous pâtissons pour autrui, endossons ses douleurs, expions ses péchés et nous substituons à lui.</p>
<p>Et va surtout dans ce sens cette idée étrange, neuve, et qui ne pouvait naître qu’au contact des deux discours, des deux logiques, des deux pensées, la juive et la grecque, la logique et la prophétique, cette idée donc d’un moi qui serait otage avant d’être souverain, excédé d’autrui avant d’être son maître – cette idée d’une asymétrie fondamentale qui, seule, atteste que l’on est dans l’ordre de ce que l’auteur de <em>Humanisme de l’autre homme</em> entend, proprement, par éthique.</p>
<p>La responsabilité selon Levinas ? Le caractère irréciproque, l’à-face, de l’apparition d’autrui et de la façon dont il se donne.</p>
<p>Et puis j’ajoute enfin que cette série de gestes et, surtout, le dernier, cette mise au rouet juif de la manière grecque d’appréhender le monde, j’ajoute que cette judaïsation du logos ne peut se faire qu’à la faveur d’une série de déplacements internes au judaïsme lui-même – et à travers, donc, une cinquième série de gestes non moins décisifs que les premiers.</p>
<p>Je précise, à ce sujet, que les Rabbins n’ont jamais très bien su à quelle distance mettre Emmanuel Levinas, comment le lire et quel usage en faire. Que peuvent dire, oui, les tenants de l’« identité juive » d’un système qui refuse l’idée même d’identité ? Comment peuvent-ils se sentir à l’aise avec un philosophe juif qui partage avec l’archi-athée <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html">Sartre</a> l’idée d’un sujet, d’une subjectivité, qui est un presque-rien, un quasi-néant, un vide d’intériorité ? Quel rabbin peut-il accepter cette vision d’un sujet fissuré, décentré, excentré, repoussant son centre et son principe du côté de « l’autre sujet » ? Cette vision d’un homme qui ne devient lui-même que lorsqu’il conjure les mirages du soi, congédie tous les prestiges de l’intériorité, fusille Sa Majesté le Moi, n’est-elle pas très embarrassante pour les tenants de l’orthodoxie identitaire ? Et ces concepts d’otage et de substitution, cette idée que je ne suis moi que si je me libère de moi et me laisse investir par autrui, cette asymétrie que j’évoquais à l’instant, comment tout cela ne sonnerait-il pas, à leurs oreilles, de manière très étrange ?</p>
<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/bhl-photo-2-site.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-28301" title="bhl-photo-2-site" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/bhl-photo-2-site-300x231.jpg" alt="bhl-photo-2-site" width="300" height="231" /></a>Je précise aussi que j’ai le plus grand mal, moi-même, à savoir comment le classer selon les lignes de partage classiquement en vigueur dans le monde juif. Est-il européen (parce qu’heideggérien…) ou croit-il que le judaïsme a à voir avec l’Orient (le lieu où il vécut, et enseigna, toute sa vie s’appelle l’Enio, l’Ecole normale israélite orientale…) ? Est-il un tempérament religieux (mille textes, que je pourrais vous citer, sont imprégnés de son respect pour la spiritualité juive) ou laïque (mille autres textes où il est dit que le judaïsme n’est pas une religion, que la catégorie de religion est impropre à en saisir la spécificité et l’esprit) ? Qu’est-ce qui prime, en lui, de l’amour d’Israël, de l’idée qu’il y a là un endroit, le premier et même le seul, où les juifs sont inlassablement et impatiemment attendus, de l’émerveillement face à ces mots « rentrés d’exil » dont il parle dans un texte fameux de <em>Difficile Liberté</em> – qu’est-ce qui l’emporte, donc, de cela ou du fait qu’il continue, malgré tout et jusqu’à la fin, à vivre en diaspora ? Nous nous sommes posé ces questions lorsque, avec <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/finkielkraut-%C2%ABlantimoderne%C2%BB-contre-bhl%C2%ABle-segoleniste%C2%BB-996.html">Alain Finkielkraut </a>et <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/benny-levy-10240.html">Benny Lévy</a>, nous avons fondé à Jérusalem notre « <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/institut-d%E2%80%99etudes-levinassiennes-13632.html">Institut d’études lévinassiennes </a>». Et, dans l’impossibilité où nous fûmes d’y répondre clairement et distinctement, dans le droit que nous octroyaient les textes d’osciller, sans cesse, entre nous et au-dedans de nous, entre les termes indécidables de cette série d’apories, il y avait la preuve même de la complexité de cette pensée.</p>
<p>Mais bon.</p>
<p>Cela étant admis, je voudrais vous faire part de deux ou trois observations dont je suis quand même assez sûr et qui vous donneront, j’espère, une idée du déplacement qu’opère le texte lévinassien à l’intérieur de la tradition et du monde juifs.</p>
<p>Je répète, d’abord, que Levinas ne conserve pas, pour caractériser la pensée juive, le mot ni, encore moins, la catégorie ancienne de religion. Le judaïsme n’est pas une religion, ne cesse-t-il de dire. C’est un mode d’accès à l’Etre. C’est ce rapport à l’Etre qui fait que l’on contourne, esquive, transcende, la question de l’Etre. Ce n’est pas une religion.</p>
<p>Je ne crois pas non plus – je suis même, là, pour le coup, absolument certain du contraire – que l’idée même du sacré, l’idée d’un judaïsme participant d’un paysage général du sacré et y prenant position ait le moindre sens à ses yeux. Le sacré, ce n’est pas le saint, martèle <em>Difficile Liberté</em>. Le sacré, c’est la violence. Le sacré, c’est l’idolâtrie. D’où l’antinaturalisme de Levinas. D’où sa méfiance à l’endroit de la thématique des sources et des racines. D’où ces textes qui, comme le « Heidegger, Gagarine et nous », prennent parti pour la technique contre la nature, pour la ville moderne contre le génie du lieu, pour la mémoire contre le folklore, pour la rationalité contre le sacré. D’où tous ces textes qui disent la guerre déclarée au mystère, à l’enthousiasme, aux sources de la vraie foi, à l’extase, au numineux, au superstitieux, au divin omniprésent, à l’irrationnel. Le judaïsme se sent chez lui parmi les hommes plus que parmi les choses, insiste Levinas. Le judaïsme ce n’est pas l’enchantement mais le désensorcellement du monde, martèle-t-il. Et cela, encore, est très nouveau. C’est un thème que vous trouvez chez Scholem, bien sûr. C’est un thème que vous trouvez, par exemple, en 1918, dans ses « 95 thèses sur le judaïsme et le sionisme », quand il dit, lui, Scholem, que « avec la justice on ne produit aucun enchantement ». Mais il me paraît incontestable que, cette thèse du « désenchantement de la justice », c’est Levinas qui lui donne toute sa portée philosophique et théologique.</p>
<p>Le nom de Levinas, ensuite, est l’index d’un vrai déplacement dans ce qu’il est convenu d’appeler la problématique judéo-chrétienne. Vous l’avez bien senti, n’est-ce pas, à travers les remarques que je vous ai proposées sur ces questions d’altérité et de visage. Et le fait est que l’admiration jamais démentie de Levinas pour Bergson, la référence à Franz Rosenzweig qui est, de tous les penseurs juifs que j’ai cités, le seul à avoir osé écrire qu’il y a deux voies d’accès à la rédemption, la juive mais aussi la chrétienne, le beau texte de 1939, écrit après la mort de Pie XI, où il dit que, face à ce monde couvert de swastikas qu’était le monde du nazisme c’est vers « la croix à branches droites et pures que nous levions souvent les yeux », ses liens avec les Jésuites de Chicago ou les catholiques de Louvain, ses « Notes sur la pensée philosophique du Cardinal Wojtyla » dans la revue <em>Communio</em> en 1980, le fait est que tout cela indique un vrai rapprochement – sans syncrétisme, naturellement – avec les Chrétiens et, en particulier, les Catholiques.</p>
<p>Et puis il y a l’idée, enfin, que le judaïsme est une éthique avant d’être une optique ou, plutôt, que c’est une optique qui débouche aussitôt sur une éthique. Un judaïsme pratique. Un judaïsme, au sens propre, poétique. Un judaïsme dont le destin se joue, non dans l’autre monde, mais en ce monde et en ce temps. Un judaïsme des bonnes actions plus que des rites et des rites presque plus que de la foi. Un judaïsme qui, à la limite, prêcherait presque, j’y reviens, le moins de religion possible. Levinas ne dit-il pas, dans son texte sur Pie XI, que le judaïsme n’est que la résistance au paganisme ? La vérité est qu’il réanime la vieille querelle du Baal Shem Tov et du Gaon de Vilna. Contre le hassidisme, contre son romantisme, ses extases, son goût de la transe et du mystère, contre ce que Wiener appelle « l’enthousiasme presque sans objet des hassidim », contre l’idéologie du mysticisme relancée, au xviii<sup>e</sup> siècle, en Pologne, sous l’autorité d’Israël ben Eliezer, alias le Baal Shem Tov, l’héritage du Gaon de Vilna et de ses <em>mitnagdim</em>, de ses « opposants » – contre le « mieux vaut la ferveur dans l’étude que l’étude sans la ferveur » du premier, le parti du Gaon soutenant, lui, que « l’ignorant ne peut être pieux » et que mieux vaut l’étude, la lettre, la rigueur de la lettre, la précision dans le commentaire, que la piété des simples, des illettrés, des inalphabets (Péguy) ; ou le message de Rabbi Haïm de Volozine, son disciple, qui tente, à tout le moins, de concilier la prière et l’étude.</p>
<p>Voilà. A ces remarques brèves et, pourtant déjà trop longues, je m’aperçois que manque l’essentiel. A savoir les textes, bien sûr. La lettre des textes. Mais aussi, surtout, le goût, le parfum, presque le corps, de cette langue lévinassienne dont je n’ai pas pu vous donner, hélas, l’idée. Car qu’est-ce d’autre qu’un philosophe ? Le signe même d’une grande pensée, ce qui la signe, n’est-ce pas, outre la puissance de ses concepts, outre l’ampleur des déplacements qu’elle provoque dans la pensée de chacun, cette saveur d’une prose inimitable ? C’est cela aussi, Levinas. C’est cette langue à la fois simple, lumineuse, et, soudain, étrangement nouée, et donc énigmatique, de l’auteur d’<em>Ethique et Infini</em>. C’est le « visage » et le « regard », l’« Attente » et la « Prière », le « Dire », le « Nom », le « Manger » et le « Se Vêtir », la « Veuve », l’« Orphelin », l’« Etranger », le « Pauvre », érigés au rang de concepts. Sauf que, pour cela, pour que vous entendiez cela, il faut que je me taise et que vous entrepreniez de lire.</p>
<p>(Cette conférence a, aussi, été publiée dans &laquo;&nbsp;Pièces d&#8217;identités&nbsp;&raquo;, Grasset, 2010, pp 515 à 532).</p>
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		<title>Emmanuel Levinas</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Apr 2012 14:18:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Emmanuel Levinas

Philosophe français d’origine lituanienne, naturalisé français en 1931.  Il est un des premiers à introduire en France la pensée de Husserl et Heidegger.
Les dates-clef d’Emmanuel Levinas
1906 :12 janvier, naissance à Kovro, Lituanie.
1914 : Fuite de la famille Levinas à Kharkov (Ukraine).
1917 : Levinas entre au lycée de  Kharkov.
1920 : La famille d’Emmanuel [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1><strong>Emmanuel Levinas</strong></h1>
<p><img alt="" src="http://www.bernard-henri-levy.com/images/encyclopedie/emmanuel-levinas.jpg" class="alignnone" width="348" height="337" /><br />
Philosophe français d’origine lituanienne, naturalisé français en 1931.  Il est un des premiers à introduire en France la pensée de Husserl et Heidegger.<span id="more-28223"></span></p>
<h1><strong>Les dates-clef d’Emmanuel Levinas</strong></h1>
<p><b>1906</b> :12 janvier, naissance à Kovro, Lituanie.<br />
<b>1914</b> : Fuite de la famille Levinas à Kharkov (Ukraine).<br />
<b>1917</b> : Levinas entre au lycée de  Kharkov.<br />
<b>1920</b> : La famille d’Emmanuel Levinas retourne en Lituanie après les premières menaces contre les juifs.<br />
<b>1923-1927</b> : Départ pour la France. Etudes de philosophie à Strasbourg. Rencontre et début d’une longue amitié avec Maurice Blanchot.<br />
<b>1928-1929</b> : : La lecture de<em> Recherches logiques </em>de Husserl le convainc de partir étudier à Fribourg en Allemagne. Il y suit les cours du même Husserl, puis ceux de Martin Heidegger. – Il assiste, en 1929 à la dispute de Davos entre Martin Heidegger et Ernst Cassirer :  il y prend parti pour Heidegger, c’est-à-dire pour l’idéalisme, position sur laquelle il reviendra à mesure qu’il forgera ses propres outils philosophiques.<br />
<b>1930</b> : Soutient sa thèse de doctorat  « <strong>Théorie de l’intuition dans la phénoménologie de Husserl</strong>. »  S’établit à Paris.<br />
<b>1931</b> : Obtient la nationalité française.<br />
<b>1932</b> : Epouse Raïssa Levi, dont il aura trois enfants.<br />
<b>1933-1939</b> : Il entre dans l’administration scolaire de l’A.I.U. (Alliance Israélite Universelle), qui vient en aide aux juifs n’ayant pas le statut de citoyens dans leur pays.<br />
<strong>La Deuxième Guerre mondiale</strong> : Mobilisé comme interprète de russe, Emmanuel Levinas est fait prisonnier à Rennes en 1940, puis déporté en Allemagne, où il sera détenu dans un oflag, près de Hanovre, durant cinq ans. Il y rédigera l’essentiel de son livre : De l’Existence à l’existant. Dans le même temps, presque toute sa famille demeurée en Lituanie sera décimée par les nazis.<br />
<b>1946</b> : Devient directeur de l’ENIO (Ecole Normale Israélite Orientale).<br />
<b>1947</b> : Publie<em> De l’existence à l’existant</em>.  Il commence à étudier le Talmud sous la direction de M. Chouchani et participe au Collège Philosophique de Jean Wahl. -Il est nommé directeur de l’école normale de l’A.I.U.<br />
<b>1957</b> : A partir de cette date, participera régulièrement aux Colloques annuels des intellectuels juifs de langue française.<br />
<b>1961</b> : Il publie sa thèse d’état, écrite sur le conseil de Jean Wahl : <em>Totalité et infini.</em><br />
<b>1963-1976</b> : Entreprend une carrière universitaire. D’abord chargé de cours à l’Université de Poitiers, il sera ensuite maître de conférences à Paris-Nanterre, puis professeur à la Sorbonne où il enseignera jusqu’à sa retraite.<br />
<b>Années 1970 et 1980</b> : Il assure des cours à l’Université de Fribourg sur : la pensée juive, Husserl, la Torah, etc.<br />
<b>1989</b> : Il reçoit le prix Balzan.<br />
<b>25 décembre 1995</b> : Mort d’Emmanuel Levinas.</p>
<h1><strong>Les œuvres-clefs d’Emmanuel Levinas</strong></h1>
<p><b>1930</b> :<em> La Théorie de l’intuition dans la phénoménologie de Husserl</em>, Alcan (Paris)<br />
<b>1931</b> : Traduction de<em> Méditations cartésiennes : Introduction à la phénoménologie </em>d’Edmund Husserl, en collaboration avec Gabrielle Peiffer, Armand Colin (Paris)<br />
<b>1934</b> : <em>Quelques réflexions sur la philosophie de l’hitlérisme</em>, in : Esprit no 2<br />
<b>1935</b> : <em>De l’évasion, in : Recherches philosophiques no </em>5<br />
<b>1947</b> : <em> De l’existence à l’existant</em>, Editions de la Revue Fontaine (Paris)<br />
<b>1947</b> : <em> Le Temps et l’autre</em>, Arthaud (Montpellier)<br />
<b>1949</b> : <em>En découvrant l’existence</em> avec Husserl et Heidegger, Vrin (Paris)<br />
<b>1961</b> : <em>Totalité et infini</em>,  M. Nijhoff  (La Haye)<br />
<b>1963</b> : <em>Difficile liberté – Essais sur le judaïsme</em>, Albin Michel (Paris)<br />
<b>1968</b> : <em>Quatre lectures talmudiques</em>, Minuit (Paris)<br />
<b>1972</b> : <em>Humanisme de l’autre homme</em>, Fata Morgana (Montpellier)<br />
<b>1974</b> : <em>Autrement qu’être ou Au-delà de l’essence</em>, M.Nijhoff  (La Haye)<br />
<b>1976</b> : <em>Noms propres</em>, Fata Morgana (Montpellier)<br />
<b>1976</b> :<em> Sur Maurice Blanchot</em>, Fata Morgana (Montpellier)<br />
<b>1977</b> : <em>Du Sacré au Saint- Cinq nouvelles lectures talmudiques</em>, Minuit (Paris)<br />
<b>1982</b> :<em> De Dieu qui vient à l’idée </em>(textes de 1973 à 1980), Vrin (Paris)<br />
<b>1982</b> : <em>Ethique et infini </em>– dialogues entre Emmanuel Levinas et Philippe Nemo, Fayard (Paris)<br />
<b>1984</b> :<em> Transcendance et intelligibilité</em>, Labor et Fides (Genève)<br />
<b>1988</b> : <em>A l’heure des nations</em>, Minuit (Paris)<br />
<b>1991</b> :<em> Entre nous – Ecrits sur le penser à l’autre</em>, Grasset (Paris)<br />
<b>1993</b> : <em>Dieu, la mort et le temps</em>, Grasset (Paris)<br />
<b>1994</b> :<em> Les Imprévus de l’histoire</em>, Fata Morgana ( Montpellier)<br />
<b>1994</b> :<em> Liberté et commandement</em>, Fata Morgana (Montpelleier)<br />
<b>1995</b> : <em>Altérité et transcendance</em>, Fata Morgana (Montpellier)<br />
<b>1996</b> : <em>Nouvelles lectures talmudiques</em>, Minuit (Paris)</p>
<h1><strong>Emmanuel Levinas et Bernard-Henri Lévy</strong></h1>
<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/albert-cohen-2306.html">Albert Cohen </a>et Emmanuel Levinas furent déterminants pour la formation du judaïsme de Bernard-Henri Lévy. C’est vers la trentaine, peu après la publication de sa <em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/la-barbarie-a-visage-humain-2-1145.html">Barbarie à visage humain</a></em>, que<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/"> Bernard-Henri Lévy</a> lit<em> Difficile liberté</em>, va ensuite plus avant dans l’œuvre d’Emmanuel Levinas, s’en nourrit  « dans la jubilation et la ferveur». Il écrit<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/le-testament-de-dieu"> Le Testament de Dieu</a>, marqué par une influence qui ne cessera de croître ; approche Levinas lui-même, qu’il voit  régulièrement dans sa maison d’Auteuil ; l’interroge, dans la série télévisée <em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/les-aventures-de-la-liberte-une-histoire-subjective-des-intellectuels-282.html">Les Aventures de la liberté</a></em>, à la fois sur la révolution bolchévique telle que Levinas l’avait appréhendée dans son enfance ukrainienne et sur Alexandre Kojève percevant la puissance de Staline en filigrane de la <em>Phénoménologie de l’esprit de Hegel</em> ; en bref approfondit d’année en année le parcours de cet « évadé » de l’ontologie classique, de ce bâtisseur d’un nouvel universalisme fondé sur le Visage de l’Autre. Vers la cinquantaine, Levinas étant décédé, BHL fait une troisième rencontre décisive, celle de<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/benny-levy-10240.html"> Benny Lévy</a>, passé « de Mao à Moïse », et qui avait réussi à transformer le radicalisme marxiste et révolutionnaire de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html">Sartre</a>, dont il avait été le secrétaire, en un radicalisme anti-hégélien, métaphysique et juif. En 2000, Benny Lévy fonde à Jérusalem, avec le concours de Bernard-Henri Lévy et d<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/finkielkraut-%C2%ABlantimoderne%C2%BB-contre-bhl%C2%ABle-segoleniste%C2%BB-996.html">’Alain Finkielkraut</a>, l<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/institut-d%E2%80%99etudes-levinassiennes-13632.html">’Institut d’Etudes Levinassiennes</a>. C’est là, au cours des séminaires annuels, que Bernard-Henri Lévy poursuit, et plus inlassablement encore depuis la disparition de Benny Lévy en 2003, son exégèse de la pensée de Levinas. On en trouvera les pages les plus pénétrantes dans les textes suivants: <em>Comment je suis juif </em>?  et <em>Hegel, Spinoza, Levinas </em>( in :<em> <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/questions-de-principe-ix-recidives-1063.html">Récidives</a></em>, 2004) ; <em>Génération Levinas, Levinas chef de guerre &#8211; De Rosenzweig à Levinas, la question de l’universel, Athènes et Jérusalem, suite  et Petite introduction à l’œuvre de Levinas</em> ( in : <em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/pieces-identite">Pièces d’identité</a></em>, 2006).</p>
<h1><strong>Citations de Bernard-Henri Lévy sur Emmanuel Levinas</strong></h1>
<p><img alt="" src="http://www.bernard-henri-levy.com/images/encyclopedie/levinas.jpg" class="alignleft" width="250" height="190" />« 30 décembre 1995. &#8211; C’est en lisant Levinas, dans l’émerveillement de la découverte de<em> Difficile liberté </em>et de <em>Dieu qui vient à l’idée</em>, que nombre d’hommes et de femmes de ma génération se sont concrètement souvenus de cette allégeance sans âge qu’impliquait le fait d’« être juif ». Quand on avait vingt ans en 1968, il y avait deux voies – en fait, deux modèles &#8211; pour sortir du judaïsme douloureux, victimaire, que nous avait légué l’après-guerre. Un maître à vivre : Albert Cohen – et son judaïsme solaire. Un maître à penser : Emmanuel Levinas – et son judaïsme positif, discutant d’égal à égal avec la pensée chrétienne. Cohen et Levinas, même combat : pour le génie du judaïsme. » (<em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/questions-de-principe-vii-memoire-vive-1083.html">Mémoire vive – Questions de principe sept</a></em>, p.51)<br />
 « 30 juin 2000. – Levinas fut un ami d’Israël. Comme Jankélévitch, comme Buber, comme Gershom Scholem, comme tant d’autres, il n’a cessé, sa vie durant, de dire son émerveillement face à la « noble aventure », au « risque de chaque jour », que fut la construction de l’Etat juif. Mais il ne fut pas pour autant, à proprement parler, « sioniste ». Il ne crut jamais que l’enracinement dans une terre, et dans la forme canonique d’un Etat, fût la seule façon, pour le judaïsme, d’accomplir son destin au XXème siècle. Il n’accepta jamais l’idée, autrement dit, qu’un retour en Terre sainte puisse et doive effacer l’autre tradition liée, dans la mémoire juive, à l’expérience millénaire de l’exil. Jérusalem, expliquait-il, est une idée autant qu’une ville. C’est une région de l’être autant que du monde, une catégorie de l’âme autant que la belle couronne, sertie dans la montagne, qui sert de capitale à une nation. Manière d’exhorter à plus d’humilité les amants de la pierre et du lieu. Manière de rappeler aux tenants du « politique d’abord » comme à ceux d’une « révolution spirituelle » ne trouvant à s’incarner que dans des sources ou des bosquets sacrés qu’être juif se dit en plusieurs sens et qu’il y a un sens, encore aujourd’hui, à se réclamer du judaïsme de Jérémie, Rachi, le Maharal de Prague et même – pourquoi pas ? – <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/baruch-spinoza-23365.html">Spinoza</a>…<br />
Levinas était un philosophe juif. Il l’était éminemment. Et nul n’ignore que les commentaires bibliques et talmudiques, les exégèses inspirées des vieux grimoires de la Torah occupent une place centrale dans l’ensemble de son œuvre. Mais il était aussi un philosophe tout court. Autant que de « Monsieur Chouchani », le maître vénéré qui lui enseigna l’art de lire et aimer la Gemara, il était le disciple de Husserl, Bergson, Heidegger, Descartes et Platon. Et s’il y a une originalité de Levinas, s’il y a une « situation » &#8211; au sens baudelairien, donc sartrien – de l’auteur de <em>Difficile liberté</em>, elle est à l’exact point de rencontre de ces deux grands héritages que sont les héritages phénoménologique et talmudique. Traduire l’hébreu en grec et le grec en hébreu, croiser l’esprit du verset et celui du dialogue et du traité, ne jamais renier Heidegger sous prétexte que l’on se met à l’écoute de la parole de Zacharie ou d’Isaïe, voilà tout le sens de l’entreprise – voilà l’originalité d’une pensée qui s’est toujours refusée à sacrifier Athènes à Jérusalem, ou l’inverse. La Bible plus les Grecs ? L’Europe, disait-il. Très exactement l’Europe. En quoi il fut – et demeure – l’un des pères de l’esprit européen moderne.<br />
Levinas était, enfin, un penseur pétri d’« esprit religieux ». (…)  Sauf que c’était aussi quelqu’un pour qui le cœur du judaïsme était dans la morale autant que dans le religieux, ou pour qui, plus exactement, le propre de ce religieux-là, sa spécificité dans la longue histoire des paroles saintes, tenait à la très étrange torsion qu’il imprime à l’idée même de sainteté : autant que le souci de Dieu, celui de l’homme ; avant le regard vers le Plus Haut, le regard vers l’autre homme, son visage nu, la dette infinie qu’il signifie. » (<em>Idem</em>, pp. 552-554)</p>
<p>Photo 2 : Emmanuel Levinas lors de l&#8217;interview de Bernard-Henri Lévy &laquo;&nbsp;Les Aventures de la lIberté&nbsp;&raquo;.</p>
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		<title>Toulouse, Francia, el islam (El Pais, 1er avril 2012)</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Apr 2012 08:26:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La policía ha estado bien. Sé que los comentarios sobre los métodos  del RAID, la duración del asedio y la violencia del asalto han animado  considerablemente las charlas de café. También sé que algunos detectives  de salón, profetas a toro pasado y autoproclamados expertos en  seguimientos por la región tolosana, no [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/El-Pais.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-28290" title="El Pais" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/04/El-Pais.jpg" alt="El Pais" width="104" height="104" /></a>La policía ha estado bien. Sé que los comentarios sobre los métodos  del RAID, la duración del asedio y la violencia del asalto han animado  considerablemente las charlas de café. También sé que algunos detectives  de salón, profetas a toro pasado y autoproclamados expertos en  seguimientos por la región tolosana<span id="more-28291"></span>, no han dudado en declararse  asombrados de que no se identificase, o incluso neutralizase, al futuro  asesino antes de que pasara a la acción. Dado que Francia es un Estado  de derecho y que la posibilidad de cometer un crimen solo es delito en  las películas de ciencia ficción, no nos vamos a detener en el segundo  reparo. En cuanto al primero, pasa por alto que los policías,  arriesgando sus propias vidas, hicieron todo lo posible para preservar  la del autor de la masacre, y solo se decidieron a disparar en última  instancia, cuando no les quedó otra opción. Esa es la realidad. Lo demás  no es sino charlatanería o, a veces, irresponsabilidad.</p>
<p>La clase política ha estado bien. Salvo Marine Le Pen, que abusó del  “yo ya lo dije”, y la candidata de Lucha Obrera, que aprovechó para  desempolvar la vieja cantinela de la “unión nacional que le sigue el  juego al capital y sus lacayos”, todos los candidatos encontraron  enseguida el tono justo para decretar el estado de excepción  democrático. “Tragedia nacional”, dijo Nicolas Sarkozy. “Suspensión de  la campaña”, replicó François Hollande. Y, tanto en uno como en otro, la  justa medida de lo que solo debía durar el tiempo de un suspiro, de un  momento de estupor, de un escalofrío, so pena de conceder una especie de  victoria póstuma al asesino. Mejor que palabras, un reflejo. Y es por  este tipo de reflejos por los que se juzga no solo a un hombre, sino a  un país y su capacidad para la indignación frente a las acometidas del  horror. Instante de gracia. Belleza del duelo compartido. Prerrogativa  de los grandes pueblos.</p>
<p>La sociedad civil ha estado bien. Gran manifestación improvisada esa  misma noche, en medio de la emoción. Profesores que al día siguiente, y  casi unánimemente, hicieron respetar el minuto de silencio en sus  clases. Instituciones judías que, con el CRFI a la cabeza, también  supieron encontrar las palabras para expresar su tristeza, su compasión,  su moderación. Imanes de luto. Intelectuales árabes fraternales.  Asociaciones (pienso en SOS Racismo) cuyo papel en la vigilancia contra  el racismo, contra el antisemitismo e incluso contra las nuevas formas  (en particular antisionistas) que adopta el antisemitismo nunca se  elogiará bastante. Y después, el alivio de no haber tenido que escuchar  demasiado el habitual lamento sobre la infancia difícil del asesino, el  contexto de los barrios marginales, el desempleo como trampolín hacia la  delincuencia&#8230; En resumen, el eterno argumentario de la nauseabunda  cultura de la excusa. ¡Aleluya!</p>
<p>Pero ocho días después, ¿en qué punto nos encontramos? En primer  lugar, la investigación. Seguimos esperando una verdadera investigación,  la que establecerá los apoyos con los que contó el asesino, aparte de  su hermano mayor. Como todo el mundo, he oído a los policías repetir una  y otra vez que se trata de un acto “aislado” que no se inscribe en  ninguna “red” y es obra de un individuo “autorradicalizado”. Ummm&#8230; Del  mismo modo que su eficacia en la neutralización del criminal me parece  encomiable, en este caso su seguridad me parece algo frívola. Y la  verdad es que, como mínimo, hay un malentendido sobre la palabra en  cuestión. Si por “red” entendemos “pertenencia oficial a Al Qaeda” o  “franquicia alqaedista” en debida forma, evidentemente, no hay tal. Pero  “red” en el nuevo sentido, “red” en el sentido que ha cobrado esta  palabra tras la muerte de Bin Laden, “red” en el sentido mitad político  mitad mafioso que se asocia ahora al yihadismo, por supuesto que hizo  falta una red para que un hombre aparentemente sin recursos pudiera  procurarse armas de guerra, aprendiese a utilizarlas y dispusiera de  varios apartamentos. Por no mencionar esas zonas tribales de Pakistán  que yo conozco un poco y en las que puedo asegurar que resulta difícil  que alguien se haga pasar por turista mientras se ejercita en el  terrorismo&#8230;</p>
<p>Para terminar, la segunda tarea que nos incumbe es reflexionar sobre  los hechos. No disculpar, reflexionar. Y, para reflexionar, conjurar el  doble efecto perverso que tendría la hermosa conmoción de los primeros  momentos si durase más de lo razonable. Se ha dicho: “Ese hombre era un  monstruo, una pura aberración”. Cualquier parecido con lo que, la semana  pasada, yo llamaba la “palabra infame” parece ser fortuita y sin  efecto. Es cierto. Aunque también es parcialmente falso. Pues, dado que,  lo mismo que el suicidio según Durkheim, el crimen es un “hecho social  total”, no escaparemos a la identificación prudente pero estricta de  todo lo que, en Internet, por ejemplo, o en el entorno del Frente  Nacional, viene contribuyendo desde hace años a crear en nuestro país un  clima pútrido, propicio, aunque sea en otros lenguajes políticos, a la  formulación de lo peor. Se dice: “No confundamos las cosas. El islamismo  no es el islam y probablemente ese criminal descerebrado ni siquiera  fuera islamista”. También cierto, absoluta y vitalmente cierto. Solo que  si no fuésemos más allá, terminaríamos perdiendo de vista la otra  verdad, sintomática, de un drama de esta clase. ¿Sintomática de qué? De  lo que algunos buenos autores, como Abdelwahab Meddeb, llaman la  “enfermedad del islam” y algún día tendremos que decidirnos a tratar sin  rodeos, aunque también con prudencia. Francia y el islam&#8230; Mejor aún:  la “ideología francesa” y lo que deberíamos llamar “ideología  islamista”. Es, para todos, lo más difícil de admitir. Sin embargo, es  el fondo de la cuestión; el doble contexto de esta tragedia.</p>
<p><em>Traducción: José Luis Sánchez-Silva.</em></p>
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		<title>Séminaire de la Règle du Jeu : Quelle place pour les droits de l’homme dans la diplomatie française?</title>
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		<pubDate>Sat, 31 Mar 2012 13:12:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ce dimanche 1er avril 2012 à 11h
La Règle du jeu  vous invite à un séminaire sur le thème :
Quelle place pour les droits de l’homme dans la diplomatie française?
Avec François Zimeray, ambassadeur français pour les droits de l’homme.
Un débat animé par Alexis Lacroix.
ENTRÉE LIBRE ET GRATUITE
Les séminaires de La Règle du jeu 
Tous les dimanches à 11h
Au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/03/SEMINAIRE-1-AVRIL14.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-28264" title="SEMINAIRE DU 1 AVRIL(NEW).pdf" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2012/03/SEMINAIRE-1-AVRIL14-300x48.jpg" alt="SEMINAIRE DU 1 AVRIL(NEW).pdf" width="300" height="48" /></a><span style="color: #993300;">Ce dimanche <strong>1er avril 2012 à 11h<span id="more-28265"></span></strong><br />
<strong>La Règle du jeu</strong></span> <span style="color: #993300;"> vous invite à un séminaire sur le thème :</span></p>
<p><span style="color: #993300;"><strong>Quelle place pour les droits de l’homme dans la diplomatie française?</strong></span></p>
<p><span style="color: #993300;">Avec <strong>François Zimeray</strong>, ambassadeur français pour les droits de l’homme.<br />
Un débat animé par <strong>Alexis Lacroix</strong>.</span></p>
<p><span style="color: #993300;"><strong>ENTRÉE LIBRE ET GRATUITE</strong></span></p>
<p><span style="color: #993300;"><strong>Les séminaires de La Règle du jeu</strong></span> <span style="color: #993300;"><br />
Tous les dimanches à 11h<br />
Au cinéma Saint-Germain-des-Prés<br />
22 rue Guillaume Apollinaire<br />
Paris 6ème<br />
Métro : Saint-Germain-des-Prés<br />
Réservation conseillée : redaction@laregledujeu.org</span></p>
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