Farouk Hosni

Farouk Hosni

Artiste peintre égyptien

Les dates-clefs de Farouk Hosni

1938 : Naissance à Alexandrie.
1964Farouk Hosni est diplômé de la Faculté des Beaux Arts d’Alexandrie.
1971 : Il est nommé attaché culturel à l’ambassade d’Egypte à Paris. Il deviendra par la suite, toujours à Paris,  directeur du Centre culturel égyptien. Selon Yahya el-Gamal, professeur de droit international, Farouk Hosni aurait aussi, dans ces années-là, travaillé pour les services de sécurité égyptiens, dénonçant dans des rapports secrets les opposants au régime, pour la plupart des étudiants, installés à Paris.
1972 : Il reçoit, pour son œuvre peinte, le prix du festival de Cagnes-sur-Mer. Par la suite, il exposera beaucoup à l’étranger (Paris en 1994 ; Tokyo en 1996 ; re-Paris en 1998 ; Vienne en 1999 ; New York en 1999-2000 ; Washington en 2005).
1979 : Il est nommé directeur de l’Académie égyptienne des Arts à Rome.
1987 : Il devient ministre de la Culture en Egypte. A ce poste, qu’il conservera  plus de quinze ans, il mettra notamment en chantier le Grand musée égyptien et le musée de la Civilisation à Fostat. Mais son administration sera accusée à plusieurs reprises de corruption, entre autres après  l’incendie du théâtre de Beni Suef – incendie qui fit 46 victimes en raison d’un non-respect des mesures de sécurité. Le jugement prononcé en première instance en 2006 contre les responsables du théâtre sera cassé en 2007, malgré les protestations  d’intellectuels qui voyaient dans le ministre de la Culture le vrai responsable de ces malversations.
1993 : Il reçoit le Prix de la culture et de la paix de l’Université internationale de la Soka Gakkai.
2006 : Il est violemment pris à partie par les Frères musulmans pour des propos jugés blasphématoires sur le voile islamique. Il prendra pour prétexte ces attaques des Frères musulmans pour tenter de justifier certaines de ses déclarations antisémites.
2009 : Sa candidature à la direction de l’UNESCO  soulève une vive polémique en raison des  déclarations antisémites précédemment citées. Après avoir été battu, le 22 septembre, par la Bulgare Irina Bokova, il accuse de complot les Etats Unis et leurs « organisations juives ».
2011 :  Le 31 janvier, il est évincé du gouvernement d’Ahmed Chafik.

Farouk Hosni et Bernard-Henri Lévy

Dès l’annonce de la candidature de Farouk Hosni, Bernard-Henri Lévy, en soutien des voix qui commencent à s’élever en Egypte même  contre la victoire annoncée du ministre égyptien, signe, avec Claude Lanzmann et Elie Wiesel, une lettre de protestation  adressée à l’UNESCO, au président  Moubarak ainsi qu’ à la communauté internationale et publiée du 21 au 27 mai dans différents journaux européens. Entre le 3 et le 7 septembre, Farouk Hosni ayant répondu à ses détracteurs ( Le Monde du 2 septembre) « dans un français impeccable » qui aurait été, sinon dicté, du moins relu, par Henri Guaino, « plume universelle » du président Nicolas Sarkozy, Bernard-Henri Lévy part cette fois à la charge en compagnie du seul Lanzmann : les deux hommes déclarent que « si les rumeurs selon lesquelles l’idée d’une réponse de Farouk Hosni dans Le Monde a été suggérée par Henri Guaino sont fondées, si le texte du ministre égyptien est effectivement sorti de la plume du conseiller français ou «  a été lu par lui avant publication au cas où il eût fallu le modifier », alors Henri Guaino passe du statut de plume française à celui de plume mondialisée ! » Le 8 septembre, Bernard-Henri Lévy développe pour son propre compte, dans le Huffington Post, l’idée qu’on ne peut confier les rênes de l’Unesco à un homme qui déteste profondément tout échange, est un adepte de la répression aveugle et, de plus, a trempé dans une affaire de dilapidation du patrimoine archéologique de son pays. L ’élection a lieu à partir du 17 septembre 2009, mais il faut cinq tours de scrutin, et une différence de seulement quatre voix dans le vote final, pour que Farouk Hosni s’incline devant Irina Bokova, ancienne communiste, diplomate de carrière, militante convaincue de la cause européenne. Bernard-Henri Lévy retrouvera l’ombre de Farouk Hosni deux ans plus tard, lors du printemps arabe, lorsqu’aura éclaté toute la vérité sur le ministre déchu, le proche du pouvoir répressif de Moubarak, cet «Ubu lettré, mais voleur d’antiquités, chasseur d’esprits libres et de blogueurs, qu’il a fallu toute la crédulité de l’Occident pour prendre, un moment, au sérieux ».

Citations de Bernard-Henri Lévy sur Farouk Hosni

« Qui a déclaré en avril 2001 : « Israël n’a jamais contribué à la civilisation à quelque époque que ce soit car il n’a jamais fait que s’approprier le bien des autres » et a remis ça presque deux mois plus tard : « La culture israélienne est une culture inhumaine ; c’est une culture agressive, raciste, prétentieuse, qui se base sur un principe tout simple : voler ce qui ne lui appartient pas pour prétendre ensuite se l’approprier » ?
Qui a expliqué en 1997, et l’a répété ensuite sur tous les tons, qu’il était « l’ennemi acharné » de toute tentative de normalisation des rapports de son pays avec Israël ?
Ou encore, tout récemment, en 2008, qui a répondu à un député du Parlement égyptien qui s’alarmait que des livres israéliens puissent être introduits à la Bibliothèque d’Alexandrie : « Brûlons ces livres : s’il s’en trouve, je les brûlerai moi-même devant vous» ?
Qui, en 2001, dans le journal Ruz al-Yusuf, a dit qu’Israël était « aidé », dans ses sombres menées, par « l’infiltration des juifs dans les médias occidentaux » et par leur habileté diabolique à « répandre des mensonges » ?
A qui devons-nous, oui, ces déclarations insensées, ce florilège de la haine, de la bêtise et du conspirationnisme le plus échevelé ?
A Farouk Hosni, ministre de la Culture d’Egypte depuis plus de quinze ans et, à coup sûr, le prochain directeur général de l’Unesco si rien n’est fait avant le 30 mai, date de clôture des candidatures, pour arrêter sa marche apparemment irrésistible vers l’un des postes de responsabilité culturelle les plus importants de la planète.
Pire : les phrases que nous venons de citer ne sont que quelques-unes,  et pas les plus nauséabondes, des innombrables déclarations de même teneur qui jalonnent la carrière de Monsieur Farouk Hosni depuis une quinzaine d’années et qui, par conséquent, le précèdent lorsqu’il prétend, comme aujourd’hui, à un rôle culturel fédérateur à l’échelle du monde contemporain.
L’évidence est donc là : Monsieur Farouk Hosni n’est pas digne de ce rôle ; Monsieur Farouk Hosni est le contraire d’un homme de paix, de dialogue et de culture ; Monsieur Farouk Hosni est un homme dangereux, un incendiaire des cœurs et des esprits ; il ne reste que très peu de temps pour éviter la faute majeure que serait l’élévation de Monsieur Farouk Hosni à ce poste éminent entre tous. » (Unesco : la honte d’un naufrage annoncé, texte coécrit avec Claude Lanzmann et Elie Wiesel, in : Le Monde, Corriere della Sera, El Mundo, Expressen, Aftenposten, The Huffington Post, Frankfurter Allgemeine Zeitung,21-27 mai 2009)
« Peut-on mettre à la tête d’une organisation vouée à défendre les principes de liberté d’opinion et d’expression le ministre d’un pays qui a réussi à se classer, sous son règne, 146e sur 173 au (sombre) palmarès de Reporters sans frontières – et qui, comme si ce n’était pas assez, vient juste de se lancer dans une chasse aux blogueurs, facebookers et autres internautes aussi bête que sauvage (le hasard des calendriers ferait que son entrée dans ses nouvelles fonctions coïnciderait avec la promulgation, en Egypte, d’une loi qu’il a voulue et qui prévoit des peines de prison en cas d’ « abus d’utilisation d’Internet ») ?
Et puis va-t-on, sous prétexte qu’il représenterait le Sud ou le Monde arabe, donner le « Comité du patrimoine mondial » à un responsable qui, lorsqu’il avait la charge de son propre patrimoine national, a vu trois de ses collaborateurs directs, plus un ancien chef de cabinet, lourdement condamnés pour avoir trempé dans le trafic des trésors archéologiques de l’Egypte ?
Je me fais une trop haute idée du pays de Naguib Mahfouz et des temples d’Abou Simbel – je mets, aussi, trop haut les exigences du dialogue Nord-Sud – pour accepter que l’on raisonne de la sorte. » (Unesco encore! in : The Huffington Post, 8 septembre 2009).


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