Ernest Hemingway


Ernest Hemingway


Journaliste, correspondant de guerre et écrivain

Les dates-clefs d’Ernest Hemingway

21 juillet 1899 : Naissance dans l’Illinois, à Oak Park, près de Chicago, d’Ernest Miller Hemingway d’un père médecin et d’une mère musicienne.
1913-1916 : Fait des études classiques à la High School d’Oak Park. Publication de ses premières nouvelles dans la revue mensuelle de l’école.
1917 : Hemingway se lance dans le journalisme et entre au Kansas City Star.
1918 : Il s’engage dans la Croix-Rouge italienne comme ambulancier. Le 8 juillet, il est grièvement blessé aux jambes, lors d’un tir de mortier en première ligne.
1920 : Hemingway s’installe à Chicago, où il devient rédacteur en chef de la revue Cooperative Commonwealth. Il fait la connaissance de Sherwood Anderson. Il est envoyé en Europe comme correspondant du journal Toronto Star.
1921 : En septembre, il épouse Hadley Richardson. En décembre, le couple s’embarque pour la France.
1922 : A Paris, il fait la connaissance de Gertrude Stein, Alice Toklas, Ezra Pound, Sylvia Beach, les « expats ». En juillet, paraît son premier livre : Trois histoires et dix poèmes, imprimé à Dijon. Il voyage en Europe pour le Toronto Star.
1923Daily. Il repart en 1924 pour la France.
1925 : Il travaille à son premier roman : Le Soleil se lève aussi. Rencontre à Paris de Francis Scott Fitzgerald.
1926 : Parution, à New York, du Soleil se lève aussi et de Torrents de printemps.
1927-1928 : Hemingway divorce de Hadley et épouse Pauline Pfeiffer. Ils s’installent un petit village de pêcheurs : Key West.
1930 : Le 1er novembre, Ernest Hemingway a, avec John Dos Passos, un grave accident de voiture.
1933-1935 : Il séjourne à Cuba ,en Afrique orientale anglaise, puis dans l’archipel des Bahamas. Il est gravement blessé aux jambes lors d’une pêche au requin.
1937 : Il se fait envoyer, par la North American Newspaper Alliance, comme correspondant de guerre en Espagne. Il y rencontrera Malraux. Il prépare avec le cinéaste Joris Ivens et le cameraman John Ferno le documentaire Terre d’Espagne. Quand il revient en mai aux USA, il prend position publiquement contre le fascisme. Il reprend le chemin de l’Espagne en guerre. Il assiste à la prise de Teruel par les Républicains.
1940 : Il se sépare de Pauline Pfeiffer et, deux semaines plus tard, épouse une journaliste et correspondante de guerre, Marthe Gellhorn, qu’il a rencontrée en 1937 puis retrouvée en Espagne pendant la guerre civile. Parution de Pour qui sonne le glas ?
6 juin 1944 : Attaché en tant que correspondant de guerre à la 4ème Division de la 1ère Armée américaine, il est témoin du débarquement en Normandie. Il entre, l’un des premiers selon la légende, dans Paris avec quelques FFI. Il assiste à la libération de la capitale. Il rejoint ensuite le Luxembourg pour couvrir la bataille des Ardennes ; mais il est rapidement évacué pour cause de pneumonie.
1945 : Rentré aux USA, il se sépare de Martha Gellhorn.
1946 : Il épouse Mary Welsh, qui est aussi une journaliste et correspondante de guerre. Tous deux s’installent à Cuba.
1953 : Hemingway reçoit le prix Pulitzer de littérature pour Le Vieil homme et la mer (paru l’année précédente). Il est gravement blessé lors d’un double accident d’avion en Afrique.
1954 : Ernest Hemingway reçoit le prix Nobel de littérature.
2 juillet 1961 : Au petit jour, Ernest Hemingway s’empare de sa carabine, la charge et se tue.

Les œuvres-clefs d’Ernest Hemingway

Publications du vivant d’Ernest Hemingway :
Trois histoires et dix poèmes (1923)
De nos jours, nouvelles (1925)
Le Soleil se lève aussi, roman (1926)
Torrents de printemps, roman (1926)
Hommes sans femmes, nouvelles (1927)
Cinquante- mille dollars, nouvelles (1928)
La Cinquième colonne et les quarante premiers contes, nouvelles (1930)
L’Adieu aux armes, roman (1932)
Mort dans l’après-midi, roman (1932)
Le Gagnant ne gagne rien, nouvelles (1933)
Les Neiges du Kilimandjaro et L’Heure triomphale de Francis Macomber, nouvelles (1936)
Les Vertes collines d’Afrique, roman (1937)
Pour qui sonne le glas ?, roman (1940)
En avoir ou pas, roman (1945)
Paradis perdu, nouvelles, suivi de La Cinquième colonne, théâtre (1949)
Au-delà du fleuve et sous les arbres, roman (1950)
Le Vieil homme et la mer, roman (1952)
L’Eté dangereux, chroniques tauromachiques (1960)

Publications à titre posthume :
Paris est une fête, récit autobiographique (1964)
Iles à la dérive, roman (1970)
En ligne, choix d’articles et de dépêches de quarante années (1970)
E.H., apprenti reporter, articles du Kansas City Star (1972)
Les Aventures de Nick Adams, nouvelles (1972)
88 poèmes (1984)
Le Jardin d’Eden, roman inachevé (1989)
Le Chaud et le Froid, un poème et sept nouvelles (1995)
La Vérité à la lumière de l’aube, récit mi-autobiographique, inachevé (1999)

Ernest Hemingway et Bernard-Henri Lévy

L’ombre d’Ernest Hemingway rôde, non seulement dans l’œuvre de Bernard-Henri Lévy, mais également dans sa vie. C’est l’une de ces figures tutélaires qui le poussèrent, dès 1971 et le Bangladesh, à vouloir devenir à la fois grand reporter, correspondant de guerre et écrivain. Mais il y a plus. Il y a qu’Hemingway s’est jeté, à corps et âme perdus, dans les guerres emblématiques du XXème siècle : la Grande Guerre d’abord, puis la guerre d’Espagne, sinistre répétition générale de la déflagration qui devait suivre : la Seconde Guerre Mondiale. Il y a le fait qu’Hemingway a parfois outrepassé son rôle de témoin, par exemple lorsque, après le débarquement des Américains en Normandie, il ne se contenta pas, la libération de l’Europe étant amorcée, d’être un simple correspondant de guerre mais voulut, à proprement parler, faire la guerre, ce qui lui fut violemment reproché, mais la faire « sans l’aimer », comme Malraux, qui inventa cette belle formule, comme aussi Georges Orwell ou Romain Gary. On voit reparaître là, autour d’Hemingway, le panthéon intime de Bernard-Henri Lévy. N’oublions pas la fascination que l’auteur des Derniers jours de Charles Baudelaire éprouve aussi pour les grands écrivains névrosés et que hante le tragique de la condition humaine. En conséquence de quoi on ne s’étonnera pas qu’en écrivant puis en tournant Le Jour et la nuit, BHL ait projeté sur Alexandre (Alain Delon) toutes les figures tutélaires précédemment citées et, en particulier, celle de Hemingway.

Citations de Bernard-Henri Lévy sur Ernest Hemingway

« A Rochester, Minnesota, cette ville ingrate, infestée de moustiques l’été et, j’imagine, glacée l’hiver, équidistante de Boston et de Los Angeles et, donc, centrale pour le voyageur « coast to coast », c’est à Ernest Hemingway que je pense tout de suite. N’est-ce pas ici, juste au-dessus de la ville, qu’en 1959, en pleine dépression maniaque, il manque se jeter de son avion-taxi ? Et n’est-ce pas à Mayo même, dans cette clinique de pointe qui est le but de ma visite, qu’il est admis le 30 novembre 1960 puis, à nouveau, en mai 1961 : officiellement pour diabète sucré et hypertension, en réalité pour y subir, sous le nom d’emprunt de George Saviers, dans le service dit des « suicide watch », des malades suicidaires et à surveiller de près, la double série d’électrochocs dont nombre d’hemingwayens croient, aujourd’hui encore, qu’elle a précipité sa perte ? Cette mémoire littéraire, (la clinique de Mayo) ne semble pas particulièrement (la) chérir : pas de trace du docteur Howard Rome qui fut à l’origine de la double décision, d’abord de traiter psychiatriquement, puis de laisser sortir l’auteur de Paris est une fête ; pas de portrait de lui dans le Plummer Building où sont les photos de tous les médecins qui ont marqué l’établissement ; pas de document de tout cela quand tout, d’habitude, fait document ; embarras quand j’évoque le sujet ; grands yeux incrédules de Jessica, l’attachée de presse de la clinique, quand je lui cite le mot de Martha Gellhorn, l’une de ses ex-femmes, murmurant, après la mort de Papa, que « la clinique Mayo a fait des erreurs terribles » et que la première de ces erreurs fut de laisser filtrer l’identité réelle du faux George Saviers ; stupeur, apparemment non feinte, quand j’évoque les soupçons récurrents, chez les hemingwayens les plus dévots, d’une possible connivence entre le bon docteur Howard Rome et le FBI d’Edgar Hoover qui a longtemps passé pour acharné, dans ces années, à la perte du vieux Rouge, ancien de la guerre d’Espagne et ami de Fidel Castro ; dossier inaccessible, de toute façon, finit-on par me répondre ; vieille histoire ; affaire classée ; rideau. » (Qui a tué Ernest Hemingway ? in : American Vertigo, Livre de poche, pp.88-89)

Photo : Ernest Hemingway, en 1939 (c) Life


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Un commentaire

  • Carl Larmonier dit :

    Ha, le dernier grand aventurier, aventurier-écrivain, écrivain-aventurier, Ernest Hemingway. Je n’ai pu faire qu’adieu à mes larmes que lorsque j’ai terminé les dernières pages de l’Adieu aux armes. C’est vrai qu’ont aimerait bien aussi un Adieu définitif des armes. de toutes les armes. Ainsi que de toutes les Larmes ( et vous aurez remarquez que j’ai écris arme en minuscule pour la dernière phrase et Larmes en Majuscules ). Car les Larmes sont toujours Majuscules devant les armes qui s’en trouvent minuscules.

    Carl Larmonier.

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