Enquête sur Sakineh (un texte de Bernard-Henri Lévy, paru dans Libération du 20 novembre 2010)

lg_libeJe sais si peu de choses de Sakineh.
Je sais qu’elle est née à Oskou, une bourgade de la province de Tabriz, nord-ouest de l’Iran, où les femmes portent le hijab, dans une famille pauvre et pieuse.
Je sais qu’elle a été institutrice à l’école maternelle de la ville qui est une toute petite école où les élèves ont de 2 à 7 ans et où l’institutrice fait tout : garde d’enfants, cantinière, nourrice pour les plus petits et, pour les grands, rudiments de lecture, de calcul, de dessin, de religion.OSKOU

Ce métier d’institutrice ne va pas avec l’image d’illettrée qu’on lui a faite et que tout le monde – moi compris – a reprise ?
C’est vrai.
Mais, d’abord, on mélange deux choses. Sakineh est Azérie. Iranienne mais Azérie, née dans cet Azerbaïdjan iranien où l’attachement à la culture locale est fort et où l’on ne parle guère le persan. Illettrée, donc, en persan (ce qui explique qu’elle n’ait pas compris, lorsque le juge le lui a fait signer, au Tribunal de Tabriz, en 2008, son jugement de lapidation). Mais certainement pas en azéri (ce qui colle avec cette photo d’elle que je n’avais encore jamais vue mais que des amis iraniens m’ont fait passer et où on la reconnaît, au milieu de sa classe, entourée de ses petites élèves qui semblent l’adorer et qui tiennent à bout de bras ce qui doit être, j’imagine, leur plus beau dessin de l’année : elle est  légèrement en retrait, drapée de la tête aux pieds dans un hijab intégral noir – juste le visage qui apparaît et d’où émane une belle et subtile gravité).
Et puis, ensuite, cette histoire de verdict de lapidation qu’elle signe sans le comprendre est, on le sait aussi, plus compliquée. Quand la sentence est tombée, quand le représentant des cinq mollahs qui l’ont, à trois contre deux, mais en conscience, jugée coupable d’adultère, a rugi le mot fatal de lapidation, ce n’est même pas en persan qu’il l’a fait mais en arabe. Oui, « Rajm »… Le mot arabe, Rajm, pour dire la monstruosité de cette mise à mort qui consiste à vous caillasser le visage pour le réduire, lentement, en prenant bien son temps, en une bouillie sanglante… En sorte que Sakineh avait cette autre raison, qui n’a rien à voir avec un supposé illettrisme, de signer sans comprendre et de remonter, toute gaie, persuadée qu’elle était acquittée, dans le fourgon pour la prison.
Elle n’a rien compris, donc, au tribunal.
Elle a, tout le chemin du retour, chantonné entre ses deux gardes car elle croyait que les juges, eux, avaient compris qu’elle était une femme ordinaire, sans histoire, accusée à tort d’adultère – et qu’ils allaient, sans délai, la libérer.
Et ce n’est qu’une fois rentrée à la prison, dans la cellule numéro 4 qui est la cellule des condamnées à mort, que, dans des circonstances qu’a rapportées l’une de ses codétenues, la seule détenue politique de la cellule, Shahnaz Ghomani, elle a réalisé ce qui l’attendait vraiment : non pas juste la mort, mais la pire des morts ; non pas une pendaison comme les trente et quelques autres femmes entassées, comme elle, parfois avec leurs enfants, dans cette cour des miracles qu’étaient les quarante mètres carrés de la cellule, mais la mort par bombardement de cailloux qui est la mort des femmes adultères.
Car cette scène, aussi, est établie.
Sakineh est de retour, donc, dans la cellule des condamnées qui jouxte, pour que les bourreaux gagnent du temps, la chaufferie où se font, le mercredi, les exécutions par pendaison.
Aucune de ses codétenues n’ose dissiper le malentendu, la tirer de son rêve éveillé et lui dire qu’elle sera, elle, enterrée vivante, le corps enveloppé dans un linceul et juste le visage qui dépassera pour que la horde des mâles puisse bien la cribler de cailloux.
Et il faut que ce soit une geôlière, sadique et triomphante, qui, à l’heure de la distribution de soupe, qui est le seul repas de la journée, vienne lui annoncer la vérité.
Sakineh n’a pas le temps de réaliser. Elle n’a pas le loisir, même là, de se figurer son visage pilonné jusqu’à ce qu’explosent les chairs, que les yeux jaillissent hors des orbites, que la cervelle soit bien écrabouillée. Car elle s’évanouit aussitôt. Et il faut que ses camarades la portent sur l’un des quatre lits que se réservent, en principe, les anciennes.
Je sais que Sakineh a une mère qui, jusque là, pendant les longues années de procédure et avant qu’elle ne soit isolée de ses compagnes d’infortune et mise au secret, venait la voir toutes les deux ou trois semaines et lui apportait des nouvelles de sa classe.
Je sais qu’elle a un fils, Sajjad, la prunelle de ses yeux, son bonheur, qui a pris le relais en organisant, de l’extérieur, sa défense – et ce jusqu’à ce qu’une escouade de miliciens ne déboule, un jour, le mois dernier, dans le cabinet d’Houtan Kian, son avocat, où deux journalistes allemands étaient venus l’interviewer et, en un geste d’une férocité inouïe, ne l’embarque à son tour, avec les journalistes et l’avocat, pour le mener dans un lieu à ce jour inconnu.
Je sais qu’elle a une fille, Saeideh : mais d’elle, à part son long visage un peu triste, près de sa mère, collée à elle, sur la photo de classe, je ne sais rien (sinon qu’elle a maintenant 17 ans ; que c’est Sajjad qui subvenait à ses besoins ; et qu’elle est, depuis l’arrestation de son frère,  seule au monde, sans moyens).SAKINEH ET SA FILLE ECOLE
Je sais que c’est une bonne mère, fière de ses deux enfants et de l’éducation qu’elle leur a donnée – ah ! sa joie le jour où, au parloir de la prison, Sajjad est venu lui dire que la compagnie d’autobus de Tabriz avait retenu sa candidature et qu’il allait devenir poinçonneur.
Je sais que c’est une mère aimante, soucieuse, comme toutes les mères, d’épargner le pire à ses enfants – et que lorsque, voici quatre ans, on la traîna jusqu’à la chaufferie pour, au nom de la Charia, lui administrer sa première séance (il y en aura une autre, l’été dernier) de 99 coups de fouet, elle souffrit moins du fouet lui-même, de la morsure du câble de fer dans ses chairs en lambeaux, des douleurs qui lui montaient du bas du dos jusqu’à la tête et la faisaient vomir (ce qui n’avait pour effet que de redoubler la rage, et la violence, de sa tortionnaire), je sais qu’elle a presque moins souffert des coups qui, d’ailleurs, à la fin, ne la faisaient plus vomir, ne faisaient même plus tellement mal tant son corps était pétrifié et comme privé de conscience, que du fait que le supplice avait lieu, comme c’est la règle, sous les yeux de son fils alors âgé de 16 ans (ne dit-on pas des enfants, qui assistent toujours aux flagellations, qu’ils en sont si traumatisés qu’ils jouent ensuite, pendant des années, au fouetteur et au fouetté ?).
Pis, je sais qu’aujourd’hui, à bout de résistance et de volonté, bourrée des neuroleptiques que Sajjad, avant son arrestation, parvenait encore à lui faire passer, désespérée et presque résignée, même si cette perspective l’emplit d’effroi et lui arrache parfois, me dit-on, de grosses larmes qu’elle sèche, à la manière des enfants, en se frottant bien les yeux avec les poings, à sa lapidation annoncée, elle n’a plus qu’une requête à adresser à ses bourreaux et, si les bourreaux ne l’entendent pas, à Dieu : qu’on la lapide si l’on y tient ; qu’on choisisse, puisque c’est la loi, la grosseur des pierres de manière à ce qu’elle se sente bien souffrir et mourir ; mais que – de grâce ! – l’on épargne à Sajjad et Saeideh, sa cadette, ce nouveau spectacle d’humiliation et d’horreur.
Car Sakineh est pieuse.
On m’a raconté sa confusion et sa honte, le jour où la geôlière sadique lui a parlé et qu’elle s’est évanouie, quand elle s’est aperçue, au réveil, qu’elle avait, en tombant, laissé glisser son tchador.
Elle est enjouée, et superstitieuse.
Craignant la mort, mais craignant Dieu.
Elle est sidérée par l’insondable injustice dont elle est la victime mais – tous les témoignages concordent – pas vraiment révoltée car remettant son destin entre les mains du Tout puissant.
Je sais aussi – je le vois sur l’autre photo, la plus connue, celle où elle a son visage de madone encadré par les deux pans noirs du tchador, et bien dégagé – qu’elle est belle, très belle, quoique dénuée, il me semble, de coquetterie.
Car la question, bien sûr, est celle de ce fameux adultère qu’elle est censée avoir commis et qui est le vrai crime pour lequel on veut la lapider.
Il y a l’autre accusation, bien sûr.
Il y a l’affaire du meurtre de son mari, l’employé de banque Ebrahim Ghaderzadeh, mort en 2005, et que la police locale a tenté de lui mettre sur le dos en racontant qu’elle lui aurait injecté un anesthésiant avant que le cousin d’Ebrahim, Issa Taheri, ne le traine à la salle de bains pour, avec un ami,  l’électrocuter : mais d’abord, en droit iranien, le meurtre est puni du fouet pas de la lapidation ; et surtout, de cette deuxième accusation, la justice elle-même l’a lavée en 2006 – on a les aveux de Taheri ; il a reconnu la pleine responsabilité de son crime ; et il est, par parenthèse, en liberté.
Mais, alors, l’adultère ?
Est-il impensable, après tout, que Sakineh ait trouvé du charme, soit au cousin, soit – car l’acte d’accusation est si flou, et semble avoir été si méthodiquement trafiqué, que l’on finit par s’y perdre… – aux frères Ali  et Nasser Nojoumi qui semblent n’avoir, eux, rien à voir avec le meurtre ?
Et pourquoi, dès lors que s’étaient détériorées ses relations avec son mari (car cela aussi, on le sait – à travers les témoignages, à la fois, de Shanhaz Ghomani à qui elle s’est confiée et de la présidente du comité international contre la lapidation, Mina Ahadi), dès lors qu’il l’avait contrainte, par exemple, à quitter ce poste d’institutrice auquel elle tenait tant (et qui semble avoir été, à ses yeux, l’humble garant de sa toute petite part de liberté), n’en aurait-elle pas nourri une sorte de ressentiment et n’aurait-elle pas eu la tentation, comme tant d’autres femmes dans une situation semblable, de laisser son cœur aller vers un autre ?
Là, de nouveau, je sais peu de chose.
Je sais juste que je dois faire très attention à ce que je vais écrire : car si l’adultère, pour un Européen, peut être un autre nom de l’amour et qu’il est donc un droit pour les femmes réduites au rang d’esclaves ou martyres, je sais que c’est, en Iran, le pire des crimes – je sais comme Sakineh l’a elle-même dit dans l’une des rares interviews qu’elle a pu donner avant de disparaître dans le cachot d’où elle n’est plus reparue qu’à deux reprises, le visage flouté, la voix pâteuse, pour de pénibles séances d’« aveux » télévisés visiblement extorqués sous la torture, je sais donc que l’adultère, en République islamique, est pire que le meurtre et qu’une femme adultère c’est, en Iran, « la fin du monde ».
Alors ?
fils-de-sakineh-150x150Alors j’ai posé la question à Houtan Kian, son avocat, quelques semaines avant son arrestation, le 10 octobre, en même temps que Sajjad : l’idée même d’un adultère dans une petite ville comme Oskou où tout le monde épie tout le monde est, pour lui, difficilement concevable.
J’ai interrogé Mohammed Mostafaei, son avocat précédent, qui a dû, lui, fuir l’Iran, abandonner son cabinet et passer la frontière irano-turque clandestinement, à cheval puis à pied : oui, m’a-t-il laissé entendre le soir de son arrivée à Oslo, cela n’allait plus très bien dans le couple ;  il semble que Sakineh, poussée à bout, ait même pensé à divorcer ; mais la loi iranienne n’autorisant le divorce aux femmes que dans des cas très spéciaux, si le mari est fou, ou drogué, ou ne peut plus subvenir aux besoins  du ménage, elle n’y est pas arrivée et en a probablement nourri une amertume redoublée ; mais il ne voit pas, non, franchement, il ne voit pas, lui non plus, sa cliente manifester cette amertume autrement que par d’innocentes promenades dans Oskou, peut-être des échanges de regard surpris par un corbeau local, avec l’un des frères Nojoumi, ou les deux, ou Taheri.
Je me suis même risqué, non sans gêne et scrupule, à mots couverts mais il m’a parfaitement compris, à interroger Sajjad, le fils, qui aimait d’un amour sans mélange son père assassiné et, peut-être, bafoué ; je l’ai fait sur la ligne de portable à carte, en principe anonyme, d’où nous pouvions lui parler, avec Armin Arefi, Maria de França et tous ses amis de La Règle du Jeu, à peu près librement ; et là non plus, je n’ai rien senti – ni le parfum, caractéristique, du drame tu et du secret de famille enfoui ; ni, comme souvent dans ces cas-là, l’obscure solidarité du mâle avec le mâle humilié ; ni même, pour tout dire, le spectre de la mère volage à qui l’on finirait par pardonner à cause de l’indéfendable disproportion entre le crime et son châtiment,
Mon sentiment, en un mot, c’est que Sakineh est peut-être tombée amoureuse mais qu’elle n’est probablement pas passée à l’acte.
J’ai la conviction qu’elle est victime de cette injustice absolue qu’est toujours la condamnation d’un humain quand on s’en prend, non à ce qu’il a fait (une infidélité supposée) mais à ce qu’il est (une femme dans un pays où les femmes sont moins bien traitées que les animaux).
Et je crois donc qu’il faut défendre cette femme à la fois pour elle-même (parce qu’elle est, de quelque manière qu’on tourne le problème, éminemment innocente) et pour ce que, désormais, sans l’avoir voulu, elle représente (le symbole de toutes ces autres femmes, ces ombres, ces fantômes, qui se tiennent derrière elle et n’ont, comme elle, d’autre droit qu’aller les yeux baissés, encagées, étouffant dans leur prison de tissu, muettes, et, au moindre faux pas, martyrisées).
C’est toujours une drôle d’histoire quand le destin s’empare ainsi d’un être fait, pour paraphraser un grand philosophe, défenseur des droits de l’homme et de la femme, de tous les êtres et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui.
C’est toujours très étrange de voir une vie minuscule, ni moins coupable que beaucoup d’autres, ni beaucoup plus innocente, empoignée par le sort, et comme élue à rebours.
C’est ce qui se passe avec  Sakineh.
C’est ce qui est arrivée à cette femme simple, probablement incapable, elle-même, de déchiffrer les signes qui émanent d’elle non plus, d’ailleurs, que ceux qui lui sont adressés par cette Histoire capricieuse, absurde, dont elle est devenue, bien malgré elle, une héroïne.
D’où vient que je me batte pour cette femme comme si elle était mon amie ?
D’où vient que l’opinion mondiale se soit emparée de son visage pour en faire cette icône planétaire ?
Et pourquoi nos responsables politiques, Nicolas Sarkozy en tête, en ont-ils fait cet exemple  – le Président français m’a dit, lors de notre dernière conversation, la semaine dernière, au téléphone, alors que le nom de Sakineh venait d’apparaître sur une liste laissant entendre qu’elle serait exécutée le 4 novembre à l’aube (et permettant au journal local, qui boucle la veille au soir, de bien donner, dans son édition du matin, la bonne information, avec la bonne orthographe et tout le bon détail des circonstances) ce test sur lequel il ne lâcherait plus ?
C’est la question que se posent, naturellement, les Iraniens.
C’est l’énigme qui les met en rage, provoque leurs diatribes insensées contre ces « insolents » qui transforment un « crime de droit commun » en une affaire de « droits de l’homme ».
Et ils ne comprennent apparemment pas – à moins qu’ils ne le comprennent, au contraire, que trop bien – que si l’affaire Sakineh est un test, pour eux, de notre détermination à leur résister (si nous tenons sur Sakineh, nous tiendrons peut-être sur le reste) elle est un test, pour nous, de leur capacité à entendre et reculer (s’ils cèdent sur le cas de cette innocente, c’est qu’ils sont accessibles à la voix de la raison et que, donc, le dialogue est possible).
En tout cas, c’est ainsi.
Mahmoud Ahmadinejad n’y peut rien.
Sakineh, non plus, n’y peut rien – avalée, tel un Jonas moderne, par le gouffre de la nuit iranienne.
C’est un autre mystère d’iniquité.
Et il en ira ainsi jusqu’à ce qu’elle soit libérée.

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FAZ (Frankfurter Allgemeine Zeitung)Zwei oder drei Dinge, die ich von ihr weiß
Die in Iran zum Tode verurteilte Lehrerin Sakineh Ashtiani lebt in einem Land, in dem Frauen unterdrückt werden. Man muss sie verteidigen, nicht nur, weil sie wahrscheinlich unschuldig ist. Ihr Fall ist ein Test unserer Entschlossenheit.

Von Bernard-Henri Lévy
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10. November 2010

Ich weiß so wenig über Sakineh Ashtiani. Ich weiß dass sie in Osku zur Welt kam, einem Städtchen in der Provinz Täbris, im Nordwesten Irans, wo Frauen den Hidschab tragen. Ihre Familie war arm und fromm.

Sie hat, auch das weiß ich, als Grundschullehrerin gearbeitet. Es war eine Art Dorfschule, in der die Schüler zwischen zwei und sieben Jahre alt sind und die Lehrerin verschiedene Rollen einnimmt: Erzieherin, Kindergärtnerin, Köchin und den Größeren Lesen, Rechnen, Zeichnen und Religion beibringt. Doch diese Information passt nicht zu dem Bild, das alle, auch ich, von ihr hatten. Denn eigentlich hieß es doch, sie sei Analphabetin?

Das stimmt – aber nur, was die persische Sprache betrifft. Sakineh ist Azeri. Iranische Staatsbürgerin, aber aus jener Provinz, in der die aserbaidschanische Kultur sehr stark ist und wo man kaum Farsi spricht. Das erklärt, warum sie nicht verstand, was sie tat, als sie im Jahr 2008 im Gericht von Tabriz das Dokument unterschrieb, in dem sie zum Tod durch Steinigung verurteilt wurde. In ihrer Sprache war sie gebildet – was zu dem Foto passt, das mir iranische Freunde nun zugespielt haben: Man sieht sie inmitten ihrer Schüler, die jeweils ihre schönste Zeichnung in die Kamera halten. Sie selbst steht im Hintergrund, ganz im schwarzen Hidschab verhüllt. Man sieht nur ihr Gesicht, von dem eine schöne und subtile Ernsthaftigkeit ausgeht.
Auf der Fahrt zurück hat sie gesungen

Dieses Urteil ist noch aus einem anderen Grund problematisch. Als die Mullahs, die mit drei gegen zwei Stimmen eine Verurteilung wegen Ehebruchs ausgesprochen haben, die Strafe verkündeten, sprachen sie nicht Farsi, sondern arabisch: „Rajm“ lautet der arabische Ausdruck für diese barbarische Strafe. Das hat Sakineh nicht verstanden. Nur so erklärt sich, weshalb sie ihr Urteil unterzeichnete und dann, überzeugt, freigesprochen worden zu sein, erleichtert zu dem Wagen zurückkehrte. Auf der Fahrt zurück hat sie gesungen.

ie hat es erst in der Zelle Nummer 4 erfahren, der Zelle der Todeskandidatinnen. Shanaz Ghomani, die einzige politische Gefangene dort, hat die Szene beschrieben. Erst hat sich keine ihrer Zellengenossinnen getraut, ihr die Wahrheit zu sagen. Das hat dann, zur Essensausgabe, eine sadistisch veranlagte Wärterin übernommen, in triumphierendem Ton. Bevor sie sich vorstellen konnte, wie sie bis zum Hals eingegraben wird, damit eine Horde Männer mit ausgesucht kleinen Steinen ihr Gesicht zerschmettern können, ist Sakineh in Ohnmacht gefallen.

Ich weiß, dass ihre Mutter sie besuchen kam, alle zwei oder drei Wochen, bis man Sakineh an einen geheimen Ort brachte und isolierte.
Der Sohn musste zusehen

Ich weiß, dass sie einen Sohn hat, Sajjad, ihr Augenstern, ihr Glück, der ihre Verteidigung organisierte bis – in einem selbst für dieses Regime außerordentlichen Akt der Brutalität – er mit seinem Anwalt und zwei deutschen Journalisten abgeholt und verschleppt wurde. Bis heute fehlt von ihm jede Spur.

Ich weiß, dass sie eine Tochter hat, Saeideh, von der ich nur ein Foto kenne. Sie ist heute siebzehn Jahre alt. Ihr Bruder hat für sie gesorgt. Seit seiner Verhaftung ist sie auf sich allein gestellt und mittellos.

Ich weiß, dass ihr die Erziehung ihrer Kinder sehr wichtig war. Wie sie sich gefreut hat, als Sajjad ihr bei einem Besuch mitteilen konnte, dass die Busgesellschaft in Tabriz seine Bewerbung angenommen hat und er dort als Schaffner anfangen kann.

Ich weiß, dass sie eine besorgte, liebende Mutter ist und, wie alle Mütter der Welt, darauf bedacht ist, ihren Kindern das Schlimmste zu ersparen. Als sie vor vier Jahren zum ersten Mal in den Heizungskeller des Gefängnisses gezerrt wurde, um 99 Peitschenhiebe zu empfangen, da waren es weniger die körperlichen Schmerzen, unter denen sie litt – obwohl die so heftig waren, dass sie sich übergeben musste. Es war der Umstand, dass ihr Sohn dabei zusehen musste, auch das ein Teil des Urteils.

Schlimmer noch. Als sie sich, voller Beruhigungsmittel, die ihr ihr Sohn noch ins Gefängnis zukommen lassen konnte, damit abgefunden hat, durch Steinigung zu sterben, als sie, wie es Kinder tun, ihre Tränen mit den Fäusten abgewischt hatte, da hatte sie an ihre Henker nur noch eine Bitte: Man solle ihren Kindern ersparen, diesen Horror und diese Demütigung mit anzusehen.
Die andere Anschuldigung

Sakineh ist fromm. Als sie in der Zelle in Ohnmacht fiel, ist ihr Tschador verrutscht, und es war ihr peinlich. Die Ungerechtigkeit ihres Schicksals lähmt sie. Sie begehrt aber nicht dagegen auf, sie fügt sich in den göttlichen Entschluss.

Ich weiß, dass sie schön ist, sehr schön, auch wenn auf dem bekanntesten Foto jede Spur von Koketterie fehlt. Denn es stellt sich ja die Frage nach diesem Ehebruch, dem Verbrechen, dessentwegen sie verurteilt wurde.

Es gibt natürlich noch die andere Anschuldigung: Der Mord an ihrem Ehemann, Ebrahim Ghaderzadeh, der 2005 ums Leben kam. Die örtliche Polizei wollte sie dafür belangen und hat behauptet, Sakineh habe ihm ein Beruhigungsmittel verabreicht, bevor Issa Thaeri, der Cousin Ebrahims, ihn im Badezimmer mit einem tödlichen Stromstoß ermorden konnte. Aber nach iranischem Recht wird Mord nicht mit Steinigung geahndet. Und die Justiz selbst hat den Fall schon 2006 geklärt. Issa Taheri hat gestanden und alle Schuld auf sich genommen. Und er befindet sich, das nur am Rande, heute in Freiheit.

Aber der Ehebruch?

Ist es denn möglich, dass Sakineh dem Charme des Cousins oder – die Anklage, mehrfach umgeschrieben, ist in diesem Punkte unverständlich – dem der Brüder Ali und Nasser Nojoumi erlegen ist, die wiederum mit dem Mord nichts zu tun haben?
Die Kluft zwischen Verbrechen und Strafe

Als sich ihre Ehe, wie es viele Zeugen aussagen, verschlechterte und ihr Mann ihr verbot, weiter als Lehrerin zu arbeiten, wäre es denn denkbar, dass sie ihr Herz zu einem anderen ziehen ließ? Hier weiß ich nur wenig. Ich weiß nur, dass ich sehr aufpassen muss, was ich schreibe. Denn wenn in Europa Ehebruch, insbesondere im Falle einer unterdrückten und wie eine Sklavin gehaltenen Ehefrau, ein anderer Name der Liebe sein kann, so ist das in Iran eines der schlimmsten Verbrechen. Ich habe ihren Anwalt Houtan Kian danach gefragt, kurz bevor er mit Sajjad festgenommen wurde. Ihm schien es schwer vorstellbar, dass jemand in einem Städtchen wie Osku, wo sich alle gegenseitig belauern, fremdgeht. Ich habe auch ihren ehemaligen Anwalt Mohammed Mostafaei gefragt, nachdem er nach Oslo geflohen war. Er bestätigte mir, dass es in der Ehe Sakinehs nicht mehr sehr gut lief und dass sie vielleicht an eine Scheidung gedacht hat, die aber nach iranischem Recht nur in extremen Ausnahmen gestattet ist. Also wird sie unglücklich, vielleicht sogar verbittert gewesen sein. Aber er kann sich beim besten Willen nicht vorstellen, dass sie anders reagiert haben könnte als durch Spaziergänge. Vielleicht hat sie mit Taheri oder den Brüdern Nojoumi Blicke gewechselt, die einem kleinstädtischen Denunzianten auffielen.

Ich habe mich dann auch getraut, ihren Sohn Sajjad danach zu fragen. Wir sprachen über ein Kartenhandy, also relativ geschützt. Sajjad liebte seinen ermordeten Vater ebenso wie seine Mutter. Mehrere Freunde von mir waren am Apparat. Wir haben aber nichts von einem dunklen Geheimnis gespürt: kein Familiendrama, keine Solidarität unter Männern, auch nicht das Gespenst einer untreuen Mutter, der man verzeihen müsste, weil die Kluft zwischen Verbrechen und Strafe so immens ist. Mein Gefühl nach all diesen Gesprächen war, dass sich Sakineh vielleicht verliebt hat. Aber nichts unternommen hat.

Ich bin davon überzeugt, dass ihr ein absolutes Unrecht geschieht, dass man sie nicht dafür verurteilt, was sie getan hat, sondern was sie ist: eine Frau in einem Land, in dem Frauen schlechter behandelt werden als Tiere. Daher muss man sie verteidigen: weil sie, wie man die Sache auch dreht, unschuldig ist, aber auch, weil sie ein Symbol ist für all jene Frauen, die im Schatten leben und die stumm bleiben müssen.
Ein Jonas unserer Zeit

Es ist immer eine komische Geschichte, wenn jemand plötzlich zum Symbol für die Rechte aller Frauen und aller Männer wird, jemand, der, um einen großen Philosophen zu paraphrasieren, so viel wert ist wie jeder andere, wie alle anderen. Es ist sehr seltsam, so ein Leben zu sehen, ein normales, kleines Leben, das nicht weniger schuldig und nicht unschuldiger ist als viele andere, das plötzlich vom Schicksal beleuchtet und im Nachhinein bedeutsam wird. So ist das mit Sakineh.

Sie ist eine Heldin wider Willen geworden. Aber woher kommt das weltweite Engagement für diese einfache Frau? Warum hat der französische Staatspräsident – wie er mir nochmal telefonisch versicherte – aus dem Schicksal dieser Frau einen Test gemacht, von dem er nicht mehr abgehen wird?

Das fragen sich natürlich die Iraner. Das macht sie wütend. Sie verstehen nicht (oder nur zu gut), dass dieser Fall ein Test unserer Entschlossenheit ist, dem Regime standzuhalten – so, wie wir es umgekehrt als einen Test ihrer Fähigkeit sehen, zuzuhören und umzuschwenken.

So ist das. Mahmud Ahmadineschad wird daran nichts ändern. Sakineh auch nicht, die von der iranischen Dunkelheit verschluckt wurde wie ein Jonas unserer Zeit. Das Mysterium dieser Ungerechtigkeit zieht uns in seinen Bann. Bis sie freigelassen wird.

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VANITY FAIR ITALY

VANITY L'OSPITESo così poche cose su Sakineh.
So che è nata a Osku – un paesone della provincia di Tabriz, nel Nord-Ovest dell’Iran, dove le donne indossano il velo – in una famiglia povera e pia.
So che è stata istitutrice alla scuola materna della cittadina, una piccola scuola dove gli alunni hanno dai 2 ai 7 anni e dove l’istitutrice fa tutto: sorvegliante, inserviente di mensa e balia per i più piccoli e, per i più grandi, insegnante dei rudimenti di lettura, calcolo, disegno e religione.
Questo mestiere d’istitutrice cozza contro l’immagine di analfabeta che è stata data di lei e che tutti – io stesso – hanno ripreso?
È vero.
Ma si fa confusione. Sakineh è azera. Iraniana però azera, nata in quell’Azerbaigian iraniano dove l’attaccamento alla cultura locale è forte, e dove non si parla affatto persiano. Analfabeta sì, dunque, ma in persiano (il che spiega perché non abbia compreso la sentenza di lapidazione quando il giudice gliel’ha fatta firmare, al tribunale di Tabriz, nel 2008), non di certo in lingua azera (e questo combacia con la foto che non avevo mai visto, ma che certi amici iraniani mi hanno procurato, e dove la si riconosce, in mezzo all’aula, circondata dai piccoli alunni che hanno l’aria di adorarla mentre tengono in mano quello che immagino debba essere il loro più bel disegno dell’anno: leggermente arretrata, coperta dalla testa ai piedi da un hijab nero integrale – scoperto giusto il viso, che emana una gravità bella e sottile).
E anche questa storia della sentenza di lapidazione firmata senza capirla è, ormai lo sappiamo, più complicata. Quando è arrivato il verdetto, quando il rappresentante dei cinque mullah che l’hanno giudicata colpevole di adulterio – tre contro due, ma in buona fede – ha gridato la parola fatale, lapidazione, non lo ha neppure fatto in persiano, ma in arabo. Sì: «Rajm». La parola araba, rajm, per dire la mostruosità di una morte che consiste nel prendere il volto a pietrate fino a ridurlo lentamente, in tutta calma, in una poltiglia sanguinante. Sakineh aveva dunque un motivo, ben lontano dal suo presunto analfabetismo, per firmare senza capire e risalire – allegra, convinta di essere stata assolta – nel furgone per il carcere.
***
Lei, in tribunale, non ha dunque capito nulla.
Lei, seduta tra le due guardie sulla via del ritorno, canticchiava, convinta che i giudici, loro sì, avessero capito la sua verità di donna ordinaria, senza storia, ingiustamente accusata di adulterio – e che l’avrebbero liberata senza indugio.
E solo una volta rientrata nella cella numero 4, quella dei condannati a morte –come ha riferito l’unica detenuta politica tra le sue compagne, Shanhaz Ghomani –, solo allora si è resa conto di quello che veramente l’aspettava: non solo la morte, ma la peggiore delle morti; non l’impiccagione riservata alle trenta e passa donne stipate – in alcuni casi assieme ai loro figli – in quella corte dei miracoli da quaranta metri quadri, bensì la morte per bombardamento di ciotoli. La morte delle adultere.
La scena si è svolta così.
Sakineh torna nella cellula delle condannate, che – per far risparmiare tempo ai boia – è adiacente alla stanza delle caldaie dove si svolgono, ogni mercoledì, le impiccagioni.
Nessuna delle compagne osa dissipare il malinteso, strapparla al suo sogno vigile, dirle che lei no, lei sarà sepolta viva, il corpo fasciato da un sudario, solo il viso fuori dal terreno, in modo che l’orda dei maschi lo possa agevolmente crivellare di sassi.
Tocca a una secondina sadica e trionfante – all’ora della distribuzione della minestra, unico pasto della giornata – annunciarle la verità.
Sakineh non ha il tempo di realizzare, di immaginare il suo volto massacrato fino a scoprire la carne viva, fino a far uscire gli occhi dalle orbite, fino a spappolare il cervello. Non ne ha il tempo perché subito sviene. E le sue compagne devono adagiarla su uno dei quattro letti, riservati alle più anziane.
***
So che Sakineh ha una madre, e che questa madre – negli anni delle lungaggini procedurali, e prima che venisse separata dalle sue compagne di sventura e messa in isolamento – ogni due o tre settimane veniva a trovarla e a portarle notizie della sua classe.
So che ha un figlio, Sajjad, la pupilla dei suoi occhi, la sua felicità, e che questo figlio ha organizzato, da fuori, la sua difesa – fino a quando, il mese scorso, una squadra di miliziani ha fatto irruzione nell’ufficio del suo avvocato Houtan Kian, dove due giornalisti tedeschi lo stavano intervistando, e lo ha arrestato, assieme all’avvocato e ai giornalisti, per portarlo in un luogo a tutt’oggi ignoto.
So che ha una figlia, Saeideh. Ma di lei, a parte il viso allungato e un po’ triste che si vede nella famosa foto di classe, dove è praticamente incollata a sua madre, non so nulla (se non che ha oggi 17 anni, che era Sajjad a occuparsi di lei, e che dall’arresto del fratello è sola al mondo e priva di mezzi).
So che è una buona madre, orgogliosa dei suoi due figli e dell’educazione che ha dato loro: che gioia, per lei, il giorno in cui Sajjad in parlatorio le disse che la compagnia degli autobus di Tabriz aveva accettato la sua candidatura, e che sarebbe diventato controllore.
So che è una madre piena d’amore, desiderosa, come ogni madre, di risparmiare il peggio ai suoi figli. E che quando, 4 anni fa, la portarono nella stanza delle caldaie per amministrarle in nome della Sharia la sua prima razione di 99 frustate (ce n’è poi stata una seconda, l’estate scorsa), soffrì meno della frusta, del cavo di ferro che straziava le carni scoperte, dei dolori che le risalivano la spina dorsale fino a farla vomitare (con il solo effetto di raddoppiare la rabbia e la violenza della torturatrice) e fino poi ad attutirsi sul suo corpo anestetizzato e pietrificato, soffrì meno di tutto questo che della presenza del figlio sedicenne che, come vuole la regola, assisteva al supplizio.
So, ancora peggio, che oggi è ridotta allo stremo della resistenza e della volontà, imbottita dei sedativi che Sajjad prima di essere arrestato riusciva a farle arrivare, disperata e quasi rassegnata, per quanto la prospettiva di ciò che l’attende la riempia di terrore e le strappi a volte – mi hanno riferito – lacrime che lei si asciuga con i pugni, alla maniera dei bambini. E che ha solo una richiesta da fare ai boia, e se i boia non la ascoltano a Dio stesso: che la si lapidi se così si desidera, che si scelga bene la taglia delle pietre, come vuole la legge, di modo che lei senta fino in fondo il dolore e l’avvicinarsi della morte; ma che almeno si risparmi a Sajjad e a Saeideh, la piccolina, questo nuovo spettacolo di orrore e umiliazione.
Perché Sakineh è una donna pia.
Mi hanno raccontato della vergogna che l’ha colta – dopo che la secondina sadica l’aveva fatta svenire con la sua rivelazione – quando si è accorta, al risveglio, di aver lasciato cadere il chador.
Ha timore della morte, ma ha timore di Dio.
È stupefatta dall’insondabile giustizia di cui è vittima ma al tempo stesso – su questo tutte le testimonianze concordano –non ribelle, perché rimette il suo destino nelle mani dell’Onnipotente.
***
So anche – lo vedevo dall’altra foto, la più conosciuta, quella del suo volto di madonna incorniciato dal panno nero del chador – che è una donna bella, molto bella, benché priva, mi sembra, di civetteria.
Perché la questione centrale è il famoso adulterio di cui è accusata, il vero crimine per il quale la si vuole lapidare.
Certo, c’è l’altra accusa.
C’è la storia dell’omicidio di suo marito, l’impiegato di banca Ebrahim Ghaderzadeh, morto nel 2005. Omicidio che la polizia locale ha tentato di scaricarle addosso, accusandola di avergli iniettato un anestetico prima che il cugino di Ebrahim, Issa Taheri, lo trascinasse in bagno per ucciderlo con una scarica elettrica. Ma per la legge iraniana l’omicidio non viene punito con la lapidazione. E poi, di questa seconda accusa, lei è già stata assolta nel 2006. Taheri ha riconosciuto la piena responsabilità del crimine. Ed è tornato, tra l’altro, in libertà.
Ma l’adulterio, allora?
È forse impensabile che Sakineh sia stata attratta dal cugino del marito? O dai fratelli Ali e Nasser Nojoumi, anche loro tirati in ballo in questo caso complicatissimo, ma a quanto pare estranei all’omicidio?
Dopo tutto, le relazioni con il marito si erano deteriorate – lo sappiamo dalle testimonianze di Shanhaz Ghomani, con cui Sakineh si è confidata, e di Mina Ahadi, presidentessa del comitato internazionale contro la lapidazione – dopo che lui, tra le altre cose, l’aveva costretta a lasciare quel lavoro di istitutrice cui teneva tanto, e che ai suoi occhi sembrava essere la garanzia di una benché minima libertà. Non poteva dunque nutrire risentimento? Non poteva avere la tentazione di lasciar andare a un altro il suo cuore?
Anche qui, sono ben poche le cose che so.
So solo che devo fare attenzione a quello che sto per scrivere. Perché se l’adulterio agli occhi di un europeo può essere un altro nome dell’amore, e quindi un pieno diritto per una donna ridotta a schiava o martire, so che invece in Iran è il peggiore dei crimini: lo ha detto la stessa Sakineh in una delle rare interviste che le sono state concesse prima di sparire nella cella da cui solo due volte è riemersa –con il volto gonfio e la voce impastata –per dolorose «confessioni» televisive, visibilmente estorte sotto tortura. So che, in una Repubblica islamica, l’adulterio è peggiore dell’omicidio, e che un’adultera è, in Iran, «la fine del mondo».
Dunque?
Dunque ho posto la questione a Houtan Kian, il suo avvocato, poche settimane prima che venisse arrestato assieme a Sajjad. E, ai suoi occhi, l’idea stessa di un adulterio in una piccola città come Osku, dove tutti spiano tutti, è difficilmente concepibile.
Ho interrogato anche l’avvocato precedente, Mohammed Mostafaei, che ha dovuto fuggire dall’Iran, abbandonare il suo lavoro e passare clandestinamente la frontiera con la Turchia, a cavallo e a piedi. Sì, le cose tra Sakineh e il marito non andavano più tanto bene, mi ha fatto capire quando l’ho incontrato, la sera del suo arrivo a Oslo. Pare addirittura che lei, esasperata, pensasse al divorzio. Ma siccome la legge iraniana concede il divorzio alle donne solo in casi estremi – se il marito è folle o tossicodipendente o incapace di soddisfare le necessità della famiglia – Sakineh ha probabilmente visto raddoppiare la sua amarezza. Ma anche lui ritiene francamente impensabile che la sua cliente abbia manifestato questa amarezza se non con qualche innocente passeggiata in città, e magari uno scambio di sguardi – spiato da un delatore – con uno dei fratelli Nojoumi, o con entrambi, o con Taheri.
Mi sono persino spinto – con parole mascherate, ma lui mi ha capito alla perfezione – a fare la domanda a Sajjad, il figlio, che amava incondizionatamente il padre assassinato e forse schernito. Nel corso della nostra conversazione telefonica – assieme a Maria de França, Armin Arefi e tutti gli amici di La Règle du Jeu – mai ho sentito nelle sue risposte il profumo caratteristico del dramma taciuto, del segreto familiare nascosto. Né l’oscura solidarietà del maschio verso il maschio umiliato. E neppure lo spettro della madre volubile, ma che si finisce per perdonare a causa dell’indifendibile sproporzione tra il delitto e il castigo.
La mia sensazione, per farla breve, è che Sakineh si sia forse innamorata, ma che con tutta probabilità non sia mai passata ai fatti.
Sono convinto che sia vittima dell’ingiustizia assoluta che è la condanna di un essere umano fondata non su ciò che ha fatto (la presunta infedeltà) ma su ciò che è (una donna in un Paese dove le donne sono trattate peggio degli animali).
E credo dunque che si debba difendere questa donna, bisogna farlo per lei (perché, da qualunque lato si guardi la cosa, è del tutto innocente) e bisogna farlo per quello che ormai, senza averlo voluto, rappresenta (il simbolo di tutte le donne, le ombre, i fantasmi che rimangono dietro di lei e che, come lei, non hanno altro diritto se non quello di camminare a occhi bassi, rinchiuse nella loro prigione di tessuto soffocante, mute, martirizzate al primo passo falso).
***
è strano quando il destino si impossessa di un essere umano che diventa difensore dei diritti di tutti gli altri, e che li vale tutti, e che vale per tutti.
È strano vedere una vita minuscola – né meno colpevole di tante altre né molto più innocente – impugnata dalla sorte, quasi prescelta al contrario.
È quello che succede con Sakineh.
È quello che è accaduto a questa donna semplice, probabilmente incapace lei stessa di decifrare i segni che emana così come quelli che le vengono rivolti dalla Storia capricciosa di cui è diventata, suo malgrado, un’eroina.
Perché mi batto per questa donna come se fosse una mia amica?
Perché l’opinione mondiale si è impossessata del suo volto e ne ha fatto un’icona planetaria?
E perché i nostri politici, Nicolas Sarkozy in testa, ne hanno fatto un esempio? Perché il presidente francese mi ha detto durante la nostra ultima conversazione, la settimana scorsa, mentre il nome di Sakineh appariva sulla lista delle esecuzioni previste per l’alba del 4 novembre (e il giornale locale, chiudendo la sera, pensava bene di uscire il mattino con la bella notizia stampata con tutti i dettagli), che andrà avanti fino alla fine?
È esattamente quello che si chiedono gli iraniani.
È l’enigma che li fa infuriare, che scatena le loro diatribe insensate contro gli «insolenti» decisi a trasformare un «crimine di diritto comune» in una questione di «diritti umani».
E non capiscono – o forse lo capiscono troppo bene – che, se per loro l’affaire Sakineh è un test della nostra volontà di contrastarli (se teniamo duro su Sakineh, forse terremo duro anche sul resto), per noi è un test della loro capacità di capire e di fare marcia indietro (se cedono su questa innocente, allora sentono la voce della ragione, quindi il dialogo è possibile).
***
Le cose, comunque, stanno così.
Mahmoud Ahmadinejad non ci può fare nulla.
Non ci può fare nulla neppure Sakineh, inghiottita, come un moderno Giona, dall’abisso della notte iraniana.
È un mistero di iniquità.
E tale resterà fino a quando verrà liberata.

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logo el paisSé que nació en Osku -una aldea de la provincia de Tabriz, al noroeste de Irán, en la que las mujeres llevan el hiyab-, en una familia pobre y piadosa.
Sé que fue maestra en el parvulario local, una pequeña escuela para alumnos de dos a siete años en la que la maestra hace de todo: para los más pequeños es una mezcla de aya y cantinera; a los mayores les enseña rudimentos de lectura, cálculo, dibujo y religión.
¿Que el oficio de maestra no encaja con la imagen de analfabeta que alguien dio de ella y todo el mundo -incluido yo- ha difundido después?
Es cierto.
Pero estamos mezclando dos cosas. Sakineh es azerí. Iraní, pero azerí, pues nació en este Azerbaiyán iraní tan apegado a la cultura local y en el que casi no se habla persa. Analfabeta, por tanto, en persa (lo que explica que no comprendiese nada cuando, en 2008, el juez le hizo firmar su sentencia a la lapidación en el Tribunal de Tabriz). Pero, desde luego, no en azerí (lo que encaja con esta nueva foto suya que no conocía y que me acaban de hacer llegar unos amigos iraníes: en ella se la ve en mitad de la clase, rodeada de sus pequeños alumnos, que parecen adorarla y sostienen lo que supongo deben de ser los dibujos más bonitos del año; Sakineh se mantiene en un discreto segundo plano, cubierta de los pies a la cabeza por un hiyab integral negro que solo deja ver su rostro, del que emana una gravedad hermosa y sutil).
Y, después, esa historia del veredicto de lapidación que firmó sin comprender es, como todos sabemos, más complicada. Cuando se dictó la sentencia, cuando el representante de los cinco mulás que la declararon culpable de adulterio -por tres votos contra dos, pero en conciencia- rugió la palabra fatal de lapidación, ni siquiera lo hizo en persa, sino en árabe. Sí, rajm… Usó la palabra árabe rajm para decir la monstruosidad de esa ejecución que consiste en apedrearte el rostro para reducirlo, lentamente, tomándose su tiempo, a un amasijo sanguinolento… De forma que Sakineh tenía esta otra razón, que no tiene nada que ver con su supuesto analfabetismo, para firmar sin comprender y volver a subir, tan contenta, convencida de que la habían absuelto, al furgón que la conducía a la prisión.
Así que, efectivamente, no comprendió nada en el tribunal.
Hizo el camino de regreso canturreando entre sus dos guardianes, pues creía que los jueces habían comprendido que era una mujer normal y corriente, a la que habían acusado de adulterio injustamente, e iban a liberarla sin tardanza.
Y no fue hasta llegar a prisión, a la celda número cuatro, la de las condenadas a muerte, cuando, en las circunstancias que ha explicado una de sus compañeras, Shahnaz Ghomaní, la única presa política de la celda, comprendió lo que le esperaba realmente: no solo la muerte, sino la peor de las muertes; no un ahorcamiento, como a las otras treinta y tantas mujeres hacinadas, como ella, algunas con sus hijos, en esa corte de los milagros que eran los 40 metros cuadrados de la celda, sino la muerte mediante un bombardeo de piedras que es la de las mujeres adúlteras.
Esta escena también ha quedado establecida.
Sakineh ha regresado, por tanto, a la celda de las condenadas a muerte, que, para permitir ganar tiempo a los verdugos, está junto al cuarto de calderas en el que tienen lugar, los miércoles, las ejecuciones por ahorcamiento.
Ninguna de sus compañeras de celda se atreve a disipar el malentendido, a despertarla de sus ensoñaciones para decirle que será enterrada viva hasta el cuello, con el cuerpo envuelto en un sudario, para que una horda de varones pueda acribillarla a pedradas.
Y tiene que ser una carcelera, sádica y triunfante, la que, a la hora de la distribución de la sopa, única comida del día, venga a anunciarle la verdad.
A Sakineh no le da tiempo a asimilarlo. No tiene ocasión para imaginar su rostro machacado hasta que reviente la carne, sus ojos fuera de las órbitas, su cerebro espachurrado, pues se desmaya en el acto. Y sus camaradas tienen que llevarla a una de las cuatro camas en principio reservadas a las ancianas.
Sé que Sakineh tiene una madre que, durante los largos años de procedimiento, y antes de que la apartaran de sus compañeras de infortunio y quedase incomunicada, venía a verla cada dos o tres semanas y le traía noticias de su escuela.
Sé que tiene un hijo, Sajad, la niña de sus ojos, su dicha, que tomó el relevo y organizó su defensa desde el exterior, hasta que un grupo de milicianos apareció, el mes pasado, en el despacho de Hutan Kian, su abogado, el día en que Sajad estaba siendo entrevistado por dos periodistas alemanes y, en un gesto de inusitada ferocidad, se lo llevaron, junto con los periodistas y el abogado, a un lugar que nadie conoce todavía.
Sé que tiene una hija, Saideh: pero de ella solo conozco ese rostro, un poco alargado y triste, que veo en la misma foto de clase (aparte de que tiene 17 años, de que era Sajad quien se ocupaba de ella, y de que, desde el arresto de su hermano, está sola en el mundo y sin recursos).
Sé que es una buena madre, orgullosa de sus dos hijos y de la educación que les ha dado. ¡Ah! Qué alegría la suya, el día en que Sajad le dijo, en el locutorio de la prisión, que la compañía de autobús de Tabriz le había seleccionado e iba a ser revisor.
Sé que es una madre cariñosa que procura, como todas las madres, evitarles a sus hijos todo lo malo, y cuando, hace ya cuatro años, la arrastraron hasta el cuarto de calderas para, en nombre de la sharía, administrarle su primera sesión de 99 latigazos (el verano pasado habría otra), sufrió menos por el látigo en sí, por la mordedura del cable de hierro en su carne desgarrada, por los dolores que le subían desde la parte baja de la espalda hasta la cabeza y le provocaban vómitos (lo que no producía más efecto que el de redoblar la rabia y la violencia de su verdugo); sé que casi sufrió menos por los golpes, que, por otra parte, al final ya no le hacían vomitar, que ni siquiera le hacían tanto daño, hasta tal punto su cuerpo estaba petrificado y cuasi privado de conciencia, que el hecho de que el suplicio tuviera lugar, como es preceptivo, ante los ojos de su hijo, entonces de 16 años (¿no dicen de los niños, que siempre asisten a las flagelaciones, que quedan tan traumatizados que, a continuación, juegan durante años al flagelador y al flagelado?).
Peor aún, sé que hoy, al límite de su resistencia y de su voluntad, atiborrada de los neurolépticos que Sajad, antes de su arresto, conseguía hacerle llegar, desesperada y casi resignada a la anunciada lapidación -pese a que esa perspectiva la llena de espanto y, según me dicen, a veces le arranque unas lágrimas que se seca, como hacen los niños, frotándose bien los ojos con los puños-, solo tiene una demanda que dirigirle a sus verdugos y, si sus verdugos no la escuchan, a Dios: que la lapiden si tanto lo desean; que escojan, como dicta la ley, el tamaño de las piedras para que sufra y vea venir la muerte; pero, ¡por compasión!, que les ahorren a Sajad y a Saideh este nuevo espectáculo de horror y humillación.
Pues Sakineh es piadosa.
Me han contado su confusión y su vergüenza, el día en que esa carcelera sádica le habló y ella se desmayó, cuando, al despertar, se dio cuenta de que, al caerse, había dejado resbalar el chador.
Sakineh es jovial. Y supersticiosa.
Teme a la muerte, pero teme sobre todo a Dios.
Está anonadada por la insondable injusticia de la que es víctima, pero -todos los testimonios concuerdan- no realmente indignada, pues deja su destino en manos del Todopoderoso.
También sé -lo veo en la otra foto, la más conocida, esa en la que su rostro de madona aparece enmarcado por un chador negro- que es bella, muy bella, aunque, me parece, libre de coquetería.
Pues la cuestión, por supuesto, es la del famoso adulterio que se supone cometió y constituye el verdadero crimen por el que quieren lapidarla.
Y, desde luego, está también la otra acusación.
Está el asunto del asesinato de su marido, el empleado de banca Ebrahim Ghaderzadeh, muerto en 2005, que la policía local intentó cargarle alegando que ella le inyectó un anestésico antes de que el primo de Ebrahim, Issa Taherí, le arrastrase hasta el cuarto de baño para electrocutarle con ayuda de un amigo. Pero, para empezar, el derecho iraní castiga el asesinato con el látigo, no con la lapidación; y, sobre todo, la justicia la exculpó de esta segunda acusación en 2006, tras la confesión de Taherí, que asumió la plena responsabilidad de su crimen y, dicho sea de paso, está en libertad.
¿Y, entonces, ese adulterio?
¿Es impensable que, después de todo, Sakineh hubiese encontrado algún atractivo, bien en el primo, bien -el acta de acusación es tan nebulosa y parece haber sido amañada tan metódicamente que uno termina perdiéndose…- en los hermanos Alí y Nasser Nojoumí, que parecen no tener nada que ver con el crimen?
¿Y por qué, una vez que se deterioraron sus relaciones con su marido (pues esto también lo sabemos -a través de los testimonios de Shanhaz Ghomaní, a quien Sakineh se confió, y de la presidenta del Comité Internacional contra la Lapidación, Mina Ahadí), por qué, cuando este la obligó, por ejemplo, a abandonar ese puesto de maestra por el que ella sentía tanto apego (y que parece haber sido, a sus ojos, el humilde garante de su pequeña porción de libertad), no pudo alimentar una especie de resentimiento, por qué no pudo tener la tentación, como tantas mujeres en circunstancias similares, de dejar que su corazón corriera hacia otro?
Una vez más, sé bien poca cosa.
Solo sé que debo tener mucho cuidado con lo que escribo, pues, aunque para un europeo el adulterio puede ser otro nombre del amor, aunque sea un derecho de las mujeres reducidas a la categoría de esclavas o mártires, sé que en Irán es el peor de los crímenes; sé que, como dijo la misma Sakineh en una de las pocas entrevistas que pudo dar antes de desaparecer en ese calabozo del que solamente emergería en dos ocasiones, con el rostro borroso y la voz pastosa, para unas penosas sesiones de « confesiones » televisadas y, evidentemente, obtenidas mediante tortura, sé, decía, que el adulterio en la República islámica es peor que el asesinato y que una mujer adúltera es en Irán « el fin del mundo ».
¿Entonces?
Entonces, se lo pregunté a Hutan Kian, su abogado, algunas semanas antes de su arresto, el 10 de octubre, al mismo tiempo que Sajad: la sola idea de un adulterio en una pequeña aldea como Osku, donde todo el mundo espía a todo el mundo, era difícilmente concebible para él.
También se lo pregunté a Mohammad Mostafaeí, su anterior abogado, que tuvo que huir de Irán, abandonando su bufete y cruzando la frontera irano-turca clandestinamente, a caballo y luego a pie: sí, la noche de su llegada a Oslo me dio a entender que las cosas no iban muy bien en la pareja. Parece que Sakineh, al límite de sus fuerzas, incluso pensó en divorciarse, pero, como la ley islámica solo autoriza a las mujeres a divorciarse en casos muy especiales -si el marido está loco, o se droga, o no puede atender las necesidades de la pareja-, no lo consiguió y eso aumentó su amargura. Pero él no imagina, no, francamente, tampoco él imagina a su clienta manifestando esa amargura de otro modo que mediante inocentes paseos por Osku y, tal vez, algún intercambio de miradas -sorprendido por un delator local- con uno de los hermanos Nojoumí, o los dos, o con Taherí.
Incluso me aventuré, no sin escrúpulos, no sin apuro, con palabras veladas que él comprendió perfectamente, a interrogar a Sajad, el hijo, que amaba con un amor incondicional a su padre asesinado, y tal vez burlado. Lo hice por una línea de teléfono móvil de prepago, en principio anónima, a través de la cual Armin Arefi, Maria de França y todos sus amigos de La Règle du Jeu podíamos hablar con él más o menos libremente. Y tampoco en este caso percibí nada -ni el tufillo característico del drama silenciado y el secreto familiar enterrado, ni, como suele ocurrir en estos casos, la oscura solidaridad varonil con otro hombre humillado, ni, para decirlo todo, el espectro de la madre infiel a la que finalmente se perdona a causa de la indefendible desproporción entre el crimen y el castigo.
Mi impresión personal, en una palabra, es que Sakineh pudo enamorarse, pero probablemente no pasó de ahí.
Tengo la convicción de que es víctima de esa injusticia absoluta que implica siempre la condena de un ser humano al que no se juzga por lo que hace (el supuesto adulterio), sino por lo que es (una mujer en un país en el que se trata a las mujeres peor que a los animales).
Y creo que hay que defender a esta mujer al mismo tiempo por sí misma (porque, se mire como se mire, es inocente) y por lo que, sin pretenderlo, representa (el símbolo de todas esas otras mujeres, esas sombras, esos fantasmas que, como ella, no tienen más derecho que el de ir por ahí con la mirada gacha, enjauladas, medio asfixiadas en su prisión de tela, mudas y, al menor paso en falso, martirizadas).
Siempre resulta difícil ver que el destino se apodera así de un ser hecho -para parafrasear a un gran filósofo, defensor de los derechos humanos- de todos los seres y que vale tanto como cualquiera, lo mismo que cualquiera vale tanto como él.
Siempre es muy extraño ver una vida minúscula, ni menos culpable que muchas otras ni mucho más inocente, tocada por el azar, en una especie de elección negativa.
Eso es lo que ocurre con Sakineh.
Es lo que le ha ocurrido a esta mujer sencilla, probablemente tan incapaz de descifrar por sí misma los signos que emanan de ella como los que le envía esta historia caprichosa, absurda, que, muy a su pesar, está protagonizando.
¿Y por qué lucho yo por esta mujer como si fuera amiga mía?
¿Por qué la opinión pública mundial se ha apropiado de su rostro para convertirlo en un icono planetario?
¿Y por qué nuestros responsables políticos, con Nicolas Sarkozy a la cabeza, han decidido convertirla en un ejemplo -el presidente francés me dijo, durante nuestra última conversación telefónica, la semana pasada, cuando el nombre de Sakineh acababa de aparecer en una lista que daba a entender que sería ejecutada en la madrugada del 4 de noviembre (y permitía al periódico local, que cierra su edición la noche de la víspera, dar la información en su edición de la mañana, con la ortografía correcta y todos los detalles del caso)-, en un test en el que no cederán?
Es la pregunta que se hacen los iraníes.
Es el enigma que los encoleriza y provoca sus insensatas diatribas contra esos « insolentes » que convierten un « delito de derecho común » en un asunto de « derechos humanos ».
Y, aparentemente, no comprenden -a no ser que, por el contrario, lo comprendan demasiado bien- que si el caso Sakineh es para ellos un test sobre nuestra determinación a hacerles frente (si nos mantenemos firmes en el caso Sakineh, tal vez lo hagamos en todo lo demás), para nosotros es un test sobre su capacidad para escuchar y retroceder (si ceden en el caso de esta mujer inocente es que son permeables a la voz de la razón y, por tanto, el diálogo es posible).
En todo caso, así es.
Mahmud Ahmadineyad no puede hacer nada.
Sakineh, engullida como un Jonás moderno por el abismo de la noche iraní, tampoco puede hacer nada.
Es otro misterio de iniquidad.
Y así será hasta que sea liberada.
Traducción: José Luis Sánchez-Silva

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