Bernard-Henri Lévy

The Art of Philosophy is Only Worthwhile if it is an Art of War.

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

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(Français) Le Jour et la Nuit en dvd, suite.

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  1. J’ai vu «le plus mauvais film de l’histoire du cinéma» en début d’après-midi, un mercredi, il y a treize ans. Je me souviens du premier plan. Je me souviens du dernier plan. Je me souviens des intonations comme autant d’auras verbales à partir desquelles je pourrais si j’en avais envie reconstituer des mots. Je me souviens des vêtements qu’elles portaient lors des répétitions et n’avaient pas pris la peine d’échanger contre le costume à l’intérieur duquel les attendent toujours le personnage qu’elles ont défié. Je me souviens d’un geste s’opposant à sa propre gestuelle. Je me souviens d’un sourire à une nuque, puis à un torse. Je me souviens d’une sécrétion mariée à une température. Je me souviens de scènes désaxées de bout en bout par l’un de leurs axes optiques. Je me souviens d’une composition visuelle synesthésique, dont les parties très personnifiées entrent en lutte les unes avec les autres au sein du seul mouvement d’un poème symphonique. Je me souviens d’un auteur de mondes et la création blonde qui fait sombrer sa créature sombre. Je me souviens de la révolution obscène où n’est plus permanente que l’ivresse d’un vieillard exhibant son P.O.U.M.on. Mais ce dont je me souviens avec intensité, c’est de ces bruits diurnes et nocturnes d’une très rare spécificité, qui ne figuraient pas dans la bande son. J’ignore si ce film est un film raté, n’ayant jamais cherché à le revoir ou même à le savoir. On ne revit pas un moment de sa propre vie. Au cas où, je peux déjà prédire au raté une postérité à la Edward D. Wood Jr. qui remplira de terre le lieu concave où protubère le nez des élèves professionnels condamnés aujourd’hui à repasser l’examen qui les confirme dans leur statut, lesquels n’eurent jamais d’autre choix que de réussir leur film.

    Comment by Asermourt — Friday October 22nd, 2010 @ 11:31 AM

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