Bernard-Henri Lévy

The Art of Philosophy is Only Worthwhile if it is an Art of War.

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

That day...

(Français) Le 15 septembre 2001…

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1 Comment »

  1. Bernard-Henri Lévy a dit au monde arabe que ce qu’il lui manquait peut-être le plus, c’était un Talmud musulman. Il a su faire, pour un philosophe auquel certains de ses bruyants condisciples prêtent une incapacité à forger des concepts, la brillante distinction résidant en substance dans l’idée même de «sacro-saint», entre d’un côté, le sacré qui va jusqu’à pousser le fixateur fondamentaliste de la lettre à désirer mettre un terme aux vies de ceux dont l’interprétation divergente de cette lettre serait vécue par lui comme une profanation, et de l’autre côté, la sainteté d’une lettre ouverte à toutes les interprétations. C’est pourquoi j’essaierai autant que je saurai, de me montrer digne de ce très grand aîné en enrichissant de ma propre lecture sa haute lecture des événements, ayant pour vocation de prospérer par émulation.
    De la même façon que Ben Laden n’a appris à parler que le double-langage, il ne fut jamais un agent de la CIA, mais son pire agent double. Un agent prêt à tout pour servir l’adversaire le plus iblisien des États-Unis, à savoir, Ben Laden soi-même. Alors évidemment, lorsque Massoud vient chercher à Paris un appui de Chirac et Jospin, il attend d’eux qu’ils fassent pression sur les Américains pour briser l’union de la dernière hyper-puissance mondiale avec Paki le Robot et son bras-taliban mécanique, une alliance qui va savoir, correspondrait comme deux gouttes d’eau à un baiser de la mort américano-iranien ne renforçant le bras droit hezbolli que pour mieux l’arracher. Mais ce que le Lion fatigué du Panchir ne peut plus voir dans sa vision troublée par le chagrin et la pitié, c’est que le peuple a peur des lions, et que la chute des militaires porterait immédiatement aux nues du Pakistan le plus efficace d’entre leurs tueurs de lions.
    La vie de Massoud est la vie d’un héros hellénistique parti trop tôt, avec Alexandre, jusqu’au bout du monde connu, et y étant resté du fait de n’en être pas revenu. Tous comptes faits, la tragédie dont il fut l’un des personnages principaux lui réserva une fin digne de sa stature, l’autorisant à ne pas être là pour l’élection de Hamid par les chefs d’un empire néo-conservateur et judéo-chrétien, à la tête d’une république afghane pour laquelle il dut faire le sacrifice ultime, ou à n’avoir pas vu revenir Benazir, juste pour se faire occire et son époux, prendre les apparences du pouvoir que les onze mille madrasas usent comme d’une couverture à leur programme scolaire, pas très républicain.

    Comment by Asermourt — Sunday August 22nd, 2010 @ 10:01 AM

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