Bernard-Henri Lévy

The Art of Philosophy is Only Worthwhile if it is an Art of War.

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

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(Français) La biche et la chouette de Minerve, par Elie Barnavi – Marianne

Pièces d'identité, by Elie Barnavi, for Marianne

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1 Comment »

  1. Quand « l’horreur nous prend au visage » (Rwanda) c’est déjà trop tard, il ne reste plus qu’à regarder les images des massacres, du génocide perpétré sous nos yeux, précédées par le terrible avertissement de circonstance à l’encontre des plus sensibles. Et puis l’ enchaînement absurde de toujours :
    « Nous ne sommes pas coupables car nous n’étions pas là-bas pour faire la guerre », qui sonne le déni de complicité et prépare les thèses invraisemblables du complot et du négationnisme, que nous avons appris à reconnaître et condamner.
    Est-ce à ce point tout perdu ? Non, on peut encore intervenir bondissant comme une biche, « sur le champ de bataille » et crier à l’horreur, à l’aide pour sauver des vies innocentes.
    Reste cependant entière l’autre question si nous avons tout fait pour l’empêcher. C’est bien ici la préoccupation la plus importante et le sens de la pensée de Bernard-Henri Lévy, et que vous, Elie Barnavi, avez si bien mis en évidence.
    Le tikkoun olam est notre réponse à cette terrible indifférence du déni de nous mêmes et à l’oubli du monde, mais à condition qu’il soit le plus possible en amont alors que les signes prémonitoires commencent à s’esquisser, bien en avant que les raisons du Mal se concrétisent pour n’avoir à regretter d’être arriver en retard dans l’arène.

    Comment by Pierre — Tuesday February 23rd, 2010 @ 06:12 PM

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