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(Français) “Israel is not Sparta, it’s Athens” – The Jerusalem Post (02/07/2010)
The Jerusalem Post, by Bernard-Henri Lévy, for The Jerusalem Post
Sorry, this entry is only available in Français.
Also published July 6th, 2010
» (Français) Il faut sauver le soldat Shalit - Haaretz 02/07/2010
See the article of July 5th, 2010
» (Français) La prueba de Taddeï - El Pais 4/07/2010

(Français) Le 20 avril 1981...
(Français) BHL invité au Petit Journal de Noël, de Yann Barthès, Canal +
Chère Madame Lazar, pardonnez-moi pour ce commentaire que je vous ai emailé, trébuchant sur quelques fautes de frappe. Le voici à présent, après corrections. Merci par ailleurs, pour ce site maginifique.
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Reconnaître Israël plutôt que l’État juif, à quel Juif cela pourrait-il poser problème? Reconnaître l’État-nation Israël, c’est reconnaître l’existence d’une nation de Jacob, c’est voir dans l’État du fils d’Isaac, celui des douze tribus dont il est le père. En somme, reconnaître Israël, c’est reconnaître que lorsque l’on foule le sol d’Israël, on ne pose pas les pieds en Ismaël, pas plus qu’en Édom. Or, est-ce que le fait qu’Israël ne soit pas Ismaël efface Ismaël de la carte du monde? Sans doute aux yeux de l’ignorant qui ne sait pas qu’Ismaël a quitté Abraham depuis quatre mille ans pour aller donner naissance à une grande nation loin d’Isaac et de sa descendance. Et qu’en est-il de l’effacement redouté pour Édom? Aux dernières nouvelles, Édom fut assimilé à Rome, et Rome se porte bien à quelques milliers de milles de la côte Ouest de l’Orient, n’ayant pas donné le moindre signe d’une volonté d’extraire de sa botte la jambe romuléenne. Alors vous me direz, quid de Suleiman? Comment fera-t-il l’Ismaélite pour se sentir Israélien? À cela je vous réponds, il fera comme je fais, moi le Juif né au pays de Clovis. Il contribuera à la révolution permanente d’une nation ayant pour instinct d’assurer sa propre conservation, et pour ce faire, d’assimiler tout ce qui arrivant de l’extérieur ou survenant de l’intérieur, sera en mesure de maximiser les chances de son évolution optimale. Que le Français d’origine juive offre au royaume des Francs ou à la république laïque posée sur celui-ci, une chance de faire entendre sa voix au sein du chœur de la symphonie mondiale, et vous verrez qu’il ne se sentira plus le moins du monde exclu de ce monde.
Je me sens en France absolument chez moi. Je suis très conscient de l’incommensurable dette de mon pays à l’égard de mes ancêtres. Je suis aussi conscient de ce qu’il me doit. Mais cela ne me fait pas oublier tout ce que nous lui dûmes, mes ancêtres et moi-même, de biens comme de maux. Et si la France d’aujourd’hui n’est ni juive ni chrétienne ni quoi de sacré ou de saint que se soit d’autre, il n’en reste pas moins que je ne chercherais pas à mettre dans ma tête ou dans la tête des autres qu’à l’élaboration du Codex Theodosianus, fut consulté Gamaliel VI, dernier Nassi duquel l’empereur n’autorisa la désignation d’aucun successeur, ou que ce fut Rachi de Troyes qui fonda le protestantisme quand même la traduction de la Bible par Martin Luther fut inspirée de son exégèse par le truchement du frère mineur et judéo-convers, Nicolas de Lyre. Un peuple est comme un livre et un livre est fait pour être lu. Il ne faut pas en effacer une ligne. Il ne faut pas en effacer un mot. Il ne faut pas en effacer une lettre. Le lecteur d’une nation qui se permettrait d’en sauter un ou plusieurs chapitres pourrait se trouver en très mauvaise posture dès lors que certain personnage lui étant inconnu, réapparaîtrait dans un prochain tome et s’y conduirait selon comme un lecteur attentif et respectueux de l’auteur eût pu s’y attendre et en tirer l’inestimable avantage de déjouer ses mauvais tours ou d’attirer sur lui ses bienfaits. Les Juifs non seulement sont dépositaires d’une Histoire colossale, mais leur capacité sans égale à assurer le transfert de l’antique témoignage de la Révélation du Sinaï, lequel comprend le témoignage de la manière dont s’effectuèrent ces transferts successifs, vers chaque nouvelle génération, empêcha le délitement de leur peuple malgré deux mille ans d’exil et de dispersion. Ils sont en même temps ce peuple extra-historique si merveilleusement décrit par Franz Rozensweig, mais ils sont aussi le peuple duquel et de par lequel Shalom Wittmayer Baron authentifia la dimension religieuse de l’Histoire autant que la dimension historiciste de la religion.
Car une nation n’est pas un Golem. Car un État-nation n’est pas un État-golem. Car même les Etats-Unis ne sont pas une personne abstraite, sans passé, sans mémoire, sans caractère ayant décidé des actions désormais mémorisées et formant la tapisserie des Heures passées ici. Or ce « passé ici », aucune laïcité ne saurait l’effacer, quand la guerre de laïcisation de la nation aura été l’un de ces événements ineffaçables de la mémoire nationale. Et si un jour, un Arabe israélien était élu président de l’Israël démocratique, il devrait a priori d’un tel processus d’accession avoir été traversé par les lettres de feu des 613 mitsvot et en répercuter le parfum avec autant de ferveur que le fils du Kényan Barack Obama Senior, avant de pouvoir à présent y apposer sa griffe, a dû faire siennes les couleurs de l’Histoire et les valeurs politiques et religieuses de l’Amérique des Pères fondateurs. Israël n’est pas aujourd’hui davantage que depuis Chaoul, une théocratie absolue, or que reste-t-il d’une théocratie sans absoluité, et pour même qu’un demos futur le laïcise ou aille jusqu’à l’athéiser, pour paraphraser Lévinas, si Israël ne connaît pas le Talmud, le Talmud, lui, le connaît.
Comment by Asermourt — Wednesday July 7th, 2010 @ 11:34 AM