Bernard-Henri Lévy

The Art of Philosophy is Only Worthwhile if it is an Art of War.

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Le bloc-notes de Bernard-Henri Lévy

March 3rd, 2010, by Bernard-Henri Lévy, for Le Point

(Français) De Tarantino à Scorsese : quand Hollywood flirte avec le révisionnisme – Le Point du 4/03/2010

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5 Comments »

  1. L’expression “arbeit mach frei” se trouve aussi sur le portai l de Dachau.Les philosophes tout comme les cinéastes ont le droit de se tromper.
    c.; B.

    Comment by Branciard claude — Sunday March 7th, 2010 @ 01:42 PM

  2. Euh…en lisant ça, j’ai pensé que vous alliez conclure en disant qu’on devrait bruler les bobines de films. Ce genre d’article prend les spectateurs pour des cons, et c’est vraiment inadmissible de parler comme ça. Un ado, peut importe son âge, sait différencier la fiction de la réalité. Les gens qui aiment ou non, Inglourious Basterds ou le Scorsese, n’ont jamais cru qu’il s’agissait de film traitant de la réalité.
    L’histoire, c’est aussi bien ce qui s’est passé il 60 ans que ce qui s’est passé le mois dernier, monsieur Henri-Levy. Quand vous voyez Spider-man, vous vérifiez dans les journaux s’il existe, aussi ?
    Vous savez, que ce soit Spielberg (oui, oui), Scorsese, ou Tarantino, aucun d’entre eux, n’a jamais dit qu’ils faisaient autre chose que de la pure fiction. Ce qui est dangereux, ce ne sont pas ces cinéastes dont les films se veulent clairement être de la fiction, mais plutôt ceux qui disent “capter le réel”. Car le cinéma, comme tout art, ne peut pas capter le réel, mais seulement le montrer de manière purement subjective.
    C’est triste de lire de tels articles, honnêtement. Sachant que si je me suis retrouvé dans cette position, de vous lire et de vous répondre, c’est parce que j’ai vu votre article circuler sur la toile, car grand nombre de personnes se moquent de vous, à cause de ce que vous venez d’écrire. Sachez-le, moi, à la limite, je viens vous répondre, comme ça, vous savez, je l’espère, un peu pourquoi.

    Comment by moimeme — Saturday March 6th, 2010 @ 02:35 PM

  3. bravo continuez

    Comment by zaitroine — Friday March 5th, 2010 @ 10:03 PM

  4. Cher Bernard Henri-Levy ,

    Votre commentaire sur le film de Tarantino est très éclairent d’une tendance qui voudrait effacer le réel de la vie des parlêtres. Ce qui est traumatique, mortelle, impossible à dire et à voir, trouve la version contemporaine des mauvais Westerns dans Inglorious Basterds.
    D’Ailleurs le changement du mot bastards pour basterds fait bien son office dans cette version soft et zen sur le nazisme. Des clichés sur les hommes et sur les femmes sont en profusion : un soldat américain et un nazi c’est pareil, une belle femme juive rêve la mort de Hitler et ses complices dans une explosion théâtrale et ça arrive. A chacun son agressivité en miroir, pour rire….. Mais c’est son style, me diront quelques savants dans la matière. Faire voir comment on fait sauter la tête d’un noir pendant qu’on mange un hamburger en toute indifférence c’est simplement obscène.
    L’imaginaire va se promener tout seul, des corps à la dérive, regardés en train de tomber, liftés et maquillés avant de se faire sauter.
    Les nazis sont des guignols, la fiction est totale. La mort et l’ignominie disparaissent dans cette comédie où les nazis sont comme des grimlins d’un film fantastique qui regardent au théâtre l’ spectacle de leur barbarie.
    Je suis d’accord avec vous et vous en remercie pour cet éclairage. Permettez moi de vous faire part de toute ma sympathie et de mon admiration dans la bataille que vous menez dans un temps bien réel.

    Recevez mes plus cordiales salutations,

    Eugenia Varela Navarro

    Comment by Eugenia Varela Navarro — Friday March 5th, 2010 @ 09:04 PM

  5. Monsieur

    Je me permets de poster un commentaire sur votre article. Vous pouvez trouvez la formule étrange mais en réalité, je déteste cette manie du commentaire que l’Internet à vulgarisé.

    D’abord parce qu’elle donne la voix à l’opinion contre la pensée : tout peut se dire, même s’il y a une censure, et de façon encore plus terrifiante, parce qu’il y a ou aura censure. La censure n’interdit pas la bêtise de proliférer sur la toile, elle semble même y trouver une légitimation. De fait, la pensée se trouve forclose dans un espace de plus en plus restreint.

    Ensuite parce que la question se pose ; faut –il tout commenter ? Qu’est ce que commenter ? N’y a-t-il a pas à réfléchir, à méditer ? J’entends par là que le commentaire semble favoriser la réponse immédiate, « le point de vue » qui se sent négligé et qui réclame son audience comme un défi. Toute parole, toute pensée publiée sur le net est donc ainsi renvoyé à son insuffisance, à son manque à penser. Terrible défaite de l’esprit.

    Je me permets ce commentaire parce qu’il entre en écho a des choses qui me traverse l’esprit ; je ne suis pas philosophe, ni intellectuel, mais je dois dire que la question du traitement du nazisme par l’image, et d’une façon générale de l’histoire par l’image, me pose problème. Le film de Quentin Tarentino, à mes yeux, dépasse toute mesure en se permettant de fantasmer l’événement et de modifier le réel, le vrai dans l’histoire, de l’histoire

    Vous supposez ce film révisionniste, vous dénoncer une esthétisation vulgaire, un pathos déplacé vulgaire, je vous approuve. Je me demande même s’il ne flirte pas, de façon malheureuse, avec un certain fond antisémite. En effet, j’y perçois une certaine fascination pour la SS dont les deux représentants sont à la fois pervers mais supérieurement intelligents. Ils sont, de plus, toujours présentés avec une forme de présence à l’image qui me les rends suspect. Hitler est présenté d’une façon guignolesque abjecte et confuse. Alors que les membres du groupe de soldat « vindicatifs », ne sont présentés que comme des brutes dont les plans stratégiques incohérents sont voués à l’échec. Et puis que penser que la phrase de la jeune femme rescapée du massacre de sa famille, phrase prononcée durant l’incendie par son visage projeté sur un écran de fumée qui remplace l’écran, phrase accompagnée d’un rire sardonique dans la scène finale où s’accompli le fantasme du réalisateur : « la vengeance juive ». Je sais il ne faut pas brandir sans raison des accusations fortes, je ne parle que de mon doute

    Tarentino dans ce film dit que tout ça n’est que spectacle, dans le sens où Guy Débord le dénonçait, c’est-à-dire loin de toute vie, de toute vérité, comme une fabrication d’un monde qui non seulement cache le monde, mais surtout le remplace. Un « Naziterment » en quelque sorte à l’instar de « l’inforterment », triomphe de l’injonction paradoxale dans la contradiction évidente de l’énoncée.
    Par contre, vous parlez de mémoire et non d’histoire, cela m’inquiète. Je pense que seul le travail de la pensée est en mesure de préserver le vrai de l’histoire. C’est celui de l’historien, du philosophe aussi. J’émets de plus en plus de doute sur la notion de mémoire qui de plus en plus, me semble-t-il, permet l’oubli et les revendications, les manifestations troubles au nom de l’ignorance des événements.

    Les deux films dont vous parlez, me semblent dans ce cadre que peu rassurant.

    Comment by Jovelin Hervé — Wednesday March 3rd, 2010 @ 11:38 PM

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