En janvier 1982…

… Emmanuel Levinas rend hommage à Bernard-Henri Lévy

Louis Monier
Avis aux grincheux, aux fielleux, ou aux ignorants, qui contestent le Bernard-Henri Lévy philosophe. Je viens de retrouver cette très belle page d‘Emmanuel Levinas, publiée dans  » Au delà du verset « , un de ses livres majeurs, où il rend un hommage appuyé à son cadet, alors âgé d’un peu plus de 30 ans, et qui a publié, trois ans plus tôt, le «  Testament de Dieu « .
Il faut lire et relire ces lignes. Et il faudrait pouvoir les opposer, je le répète, chaque fois qu’un étourdi, ou un ignorant, ou juste un méchant, se permet de remettre en cause le sérieux ou la profondeur du travail philosophique de Bernard-Henri Lévy.
Archiver cet hommage de Levinas à Lévy dans ma rubrique  » Ce Jour-là « , reproduire ce salut adressé par l’un des plus grands philosophes du XXème siècle à celui qui est le centre et l’objet de ce site, c’est comme afficher les photos qu’il a rapportées du sanctuaire des talibans à Karachi ou de la « maison du crime » où fut supplicié Daniel Pearl. C’est juste rendre justice à BHL.
Liliane Lazar.

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« La persévérance dans l’être, analytiquement, animalement inhérente à l’être, exigence naturelle et sans justification, exigence d’espace vital, est-elle justice ? Justice qui implique non pas l’idée d’une loi «abstraitement » obligatoire, juridique ou mathématique, mais la révélation préalable du visage humain, du visage du prochain et la responsabilité pour l’autre homme. C’est de cette responsabilité que la Loi elle-même découle, Loi contre une politique de la « force qui va », de la force qui se déploie toute seule.

Je rejoins ainsi le livre de Bernard-Henri Lévy, Le testament de Dieu, livre sombre comme le premier alinéa de notre texte, livre qui a dit tant de choses remarquables sur la Loi, sur la dure Loi qui ne nous apporte pas d’emblée, comme le promettent certains jeunes hommes trop facilement optimistes, les joies des « aubes naissantes », Loi dure, notre part à nous, peuple de la Loi juste, notre part la meilleure !

Mais je me suis demandé s’il n’était pas trop sévère pour la Grèce, avec laquelle il envisageait, comme une concession, qu’un dialogue soit possible.
Je demandais davantage, par respect pour la science et pour Platon. Je pensais que, par-delà le dialogue avec la Grèce, nous était nécessaire son parler déjà dans notre discours intérieur. Tentation de la Grèce encore non surmontée !

Pourtant Bernard-Henri Lévy n’a-t-il pas raison en présence de tous ceux qui cherchent à s’approprier un héritage si brillant et à voir en lui, aussi, une excellence de forces vitales qui seraient capables de délicatesses très grandes sans rien perdre de leur superbe impitoyable ?

Emmanuel Levinas

(Emmanuel Levinas, « Au delà du verset », Minuit, 1982, p.78).


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