Comment Bhl aura été le seul a) à ne pas voter Sarkozy; b) à s'opposer à lui; c) à contribuer à ce qu'il mette en oeuvre le droit et devoir d'ingérence (Marion Van Renterghem, Le Monde, 13 mai 2011)

LE PARISIEN BHLPour Nicolas Sarkozy, ils étaient une belle prise de guerre. Au cours de la campagne pour l’élection présidentielle de 2007, quelques-uns parmi les plus médiatiques des intellectuels dits  » de gauche « , ayant en commun la rupture avec le marxisme, l’attention aux dissidents de l’ancien bloc communiste, la dénonciation des totalitarismes, le désir d’une France active contre les dictatures et les massacres, se ralliaient plus ou moins explicitement à ce candidat de droite atypique.

Nicolas Sarkozy, contre toute attente, parlait soudain leur langage. Il promettait  » la rupture «  avec les vieilleries idéologiques comme avec une diplomatie française mâtinée d’antiaméricanisme, mécaniquement critique d‘Israël, en empathie avec les régimes arabes, complaisante avec la Russie nationaliste, insouciante des droits de l’homme au nom de la Realpolitik.

L’un d’eux est bruyamment sorti du bois, et le premier. En faisant son  » outing  » dans une tribune libre du Monde, le 30 janvier 2007, sous le titre  » Pourquoi je choisis Nicolas Sarkozy « , André Glucksmann savait à quoi s’attendre. Il n’a pas été déçu. Dès le début de l’après-midi, le téléphone n’a pas cessé de sonner. Des camarades l’ont assailli d’insultes. Des amis l’ont engueulé un peu plus poliment. Les plus compréhensifs restaient mal à l’aise.

Entre les deux tours de l’élection, le 29 avril, l’ancien  » nouveau philosophe « , maoïste repenti et ex-soixante-huitard, aggravait son cas : il participait au meeting de Nicolas Sarkozy à Bercy, aux côtés de Johnny Hallyday, Enrico Macias, Gilbert Montagné, Philippe Bouvard et Richard Virenque, pour soutenir un candidat de droite lancé dans une violente diatribe contre l’esprit de Mai 68.

Les copains étaient consternés. Le lendemain, Daniel Cohn-Bendit et Alain Geismar le traitaient de  » maître-penseur de la révolution culturelle sarkozyste «  dans une lettre ouverte.  » Je passais en procès devant le comité central des anciens de 68, persifle aujourd’hui André Glucksmann. Pour tous, j’étais un apostat, bon à exclure. Pour mon ami Dany, qui avait un agenda politique à lui (Ségolène présidente, Bayrou premier ministre), je fichais la pagaille. « 

Le plus sarkozyste des intellos de gauche est aujourd’hui le premier à se rétracter. Dans son nouveau livre, La République, la pantoufle et les petits lapins (éd. Desclée de Brouwer, 150 p., 17,90 euros), André Glucksmann revendique l’athéisme en politique : liberté d’approuver, liberté de contester.  » Voter n’est pas entrer en religion « , avait-il prévenu dans sa tribune du Monde.

Il s’adresse dans son livre, sarcastique, aux  » croyants  » de gauche, tranquillisés par le culte de Mitterrand et leur appropriation du meilleur de l’Histoire :  » Main basse sur l’affaire Dreyfus, le Front populaire, la Résistance, l’anticolonialisme, tant de prestiges monopolisés panthéonisent votre parti à l’abri de tout soupçon. « 

Il ironise sur la droite, sa  » suffisance décontractée «  de l’après-de-Gaulle, ses  » humeurs intermittentes, européennes, antieuropéennes, nationales, libérales, étatistes, mondialistes «  pour qui  » les références historiques vont et viennent, réformistes ou révolutionnaires par ci, bonapartistes, légitimistes ou orléanistes par là. «  Vous avez la foi ? demande Glucksmann aux uns et aux autres.  » Moi pas. « 

Ni repentance ni regrets, donc. Mais une déception. Nicolas Sarkozy, qu’il avait convaincu d’instituer un secrétariat d’Etat aux droits de l’homme, confié à Rama Yade, n’a pas tardé à le dissoudre après avoir reçu pompeusement le colonel Kadhafi à Paris. Le président qui, imaginait le philosophe, aurait pu épouser sa grande cause du moment (la Tchétchénie), a certes accordé  » des centaines de visas aux Tchétchènes « , mais n’a pas résisté au réalisme politique et à Vladimir Poutine.

En novembre 2009, le projet de vente de navires de guerre Mistral par la France à la Russie est, pour Glucksmann, un premier désenchantement :  » Fournissant à Poutine les armes d’un débarquement rapide en Géorgie, en Crimée, voire dans les pays baltes, notre message est clair : allez-y ! « , lance-t-il au chef de l’Etat français et à son vieil ami et ministre des affaires étrangères, l’ancien médecin humanitaire Bernard Kouchner. Qu’est devenu, se demande-t-il, ce président si fermement opposé à  » une Realpolitik qui brade nos principes d’humanité pour d’hypothétiques contrats «  ?

Le coup de grâce vient un an plus tard : le discours de M. Sarkozy à Grenoble stigmatisant les Roms.  » Si la politique s’enlise en diabolisant roulottes et mosquées, écrit l’essayiste, si la droite républicaine s’écrase devant les fixettes de l’ultradroite, si la gauche démocratique espère tirer les marrons du feu sans sortir de son coma intellectuel, pauvre France, triste Europe. « 

Le petit groupe informel d’intellectuels de gauche qui, en 2007, avaient affiché ou laissé entendre leur sympathie politique pour le candidat Sarkozy, partage aujourd’hui un autre point commun : de diverses manières et à différents degrés, le président les a déçus.  » Je n’ai pas changé d’avis, écrit André Glucksmann. Par contre, le candidat devenu président, trop souvent, si. (…) Le coup d’Etat mental promis s’est dissous dans une dérive de coups de tête. « 

Parmi ceux qui avaient confessé publiquement avoir  » voté Sarko « , Pascal Bruckner dit qu’il retournera  » à la maison  » (socialiste) en 2012 et Marc Weitzmann qu’il reprendra ses habitudes abstentionnistes. Alain Finkielkraut, peu indulgent pour les socialistes mais qui a gardé le secret de l’isoloir, est le premier à avoir condamné le président pour ses frasques  » bling-bling  » au Fouquet’s et sur le yacht Paloma.

Bernard Kouchner, qui avait poussé l’emballement jusqu’à intégrer le gouvernement, se tait pour l’instant. Comme le chevènementiste Max Gallo, partisan déclaré de  » ce candidat gaulliste et républicain, capable de confier des ministères à des Français issus de l’immigration « . André Glucksmann et Pierre-André Taguieff restent réservés sur leur vote à venir, mais de l’enthousiasme de l’un et du soutien tacite de l’autre, ils sont clairement revenus. Bernard-Henri Lévy (membre du conseil de surveillance du Monde) et Romain Goupil, qui avaient résisté aux chants de la sirène, disent à leurs amis qu’ils l’avaient bien dit.

 » Je ne croyais pas Sarkozy parce que je le connais personnellement, explique Bernard-Henri Lévy, qui a fait du ski à Val-d’Isère avec lui et bâti depuis trente ans une amitié traversée d’orages. Je ne pensais pas que les droits de l’homme en Chine et en Russie seraient sa préoccupation principale. Et puis, il y avait ces autres marqueurs qu’étaient l’immigration, l’identité nationale, la sécurité, le rôle positif de la colonisation, etc. « 

Le philosophe, qui a soutenu et inspiré Ségolène Royal, n’en a pas moins obtenu de son concurrent de 2007 un gain politique majeur, en l’exhortant à reconnaître les rebelles libyens. Il précise :  » Je ne suis ni sarkozyste ni anti. Sur un truc précis, je me sers de Sarkozy autant qu’il se sert de moi. Voilà. C’est, aussi, comme cela qu’un intellectuel peut agir en démocratie. « 

Après la tribune d’André Glucksmann dans Le Monde, le président en attendait plus, pourtant, de son ami Bernard-Henri. Celui-ci a rapporté son coup de fil dans Ce grand cadavre à la renverse (Grasset, 2007).  » Et toi ? Tu me le fais quand, toi, ton petit article ? lui demande alors Sarkozy. Hein, tu me le fais quand ? Parce que Glucksmann, c’est bien. Mais toi… C’est toi, après tout, mon ami. «  Le président lui dit aussi :  » Il y en aura beaucoup, des gens de gauche, qui me rejoindront. Beaucoup, tu verras… « 

Le  » sarkozysme de gauche  » venait en effet de germer autour du Meilleur des mondes, une revue ainsi baptisée par Alain Finkielkraut en hommage à Aldous Huxley et à l’anti-utopisme. La revue, elle-même issue du Cercle de l’oratoire, le think tank de Michel Taubmann, naît au printemps 2006 chez Denoël.  » Finky « , qui n’aime pas les bandes, s’en éloigne vite. Les signataires se réclament des grands apostats comme l’écrivain hongrois Arthur Koestler, capable d’avoir rompu avec l’idéal stalinien de sa jeunesse.

La revue Le Meilleur des mondes est d’esprit orwellien (antitotalitaire) et néoconservateur : atlantiste, s’alarmant des manifestations mêlant l’extrême gauche et les militants islamistes, pointant le danger d’un  » fascisme vert  » et favorable, après les attentats du 11 septembre 2001, à l’intervention armée en Afghanistan. Sur la pertinence de la guerre en Irak (défendue par Glucksmann, Goupil, Bruckner, Kouchner ou Taguieff, contestée par Finkielkraut ou Olivier Rolin), les contributeurs sont divisés. Sur le candidat Sarkozy aussi.

 » La revue a suscité tout de suite la haine, raconte Olivier Rubinstein, directeur des éditions Denoël. On nous a étiquetés néoréacs. «  Le deuxième numéro, à l’automne 2006, n’y est pas pour rien : l’entretien avec le socialiste Dominique Strauss-Kahn passe inaperçu mais celui avec le ministre de l’intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, range définitivement Le Meilleur des mondes du côté des traîtres à la gauche.

Ils étaient revenus emballés de la place Beauvau.  » Ce mec est formidable ! « , ont commenté en sortant les intervieweurs (Bruckner, Glucksmann, Michaël Prazan et Yasmina Reza).  » Sarko avait admirablement réussi à dire tout ce qu’on voulait entendre « , raconte Pascal Bruckner, le recul aidant.

Sur la situation au Proche-Orient, la crise avec l‘Iran, le blocage de l’Europe, le candidat leur vend la politique internationale de leurs rêves, en rupture radicale avec la diplomatie chiraquienne. La Russie ? On peut signer des contrats et lui demander de s’expliquer sur la Tchétchénie. L’Amérique ? Une alliée. Israël ? Une démocratie et un pays francophone. L’Afrique ? Il faut en finir avec la vision postcoloniale de la France. Les droits de l’homme ?  » La France doit porter des valeurs universelles, et les faire vivre « , assurait le candidat.

Romain Goupil voyait venir d’un mauvais oeil le sarkozysme rampant de ses amis.  » Après chaque discours, ils étaient émerveillés. Ça commençait à m’énerver. Glucks disait que j’étais buté. «  Il adresse alors un courriel  » à toute la bande «  pour leur rappeler la politique sécuritaire du ministre, et leur expliquer comment il structure sémantiquement ses discours.

 » Sarkozy, leur écrit-il, c’est « gnagnagna… délinquance. Gnagnagna… immigration. Gnagnagna… sécurité. » Le « gnagnagna », c’est Henri Guaino – la  » plume  » de Sarkozy – : Jaurès, la ligne bleue des Vosges, le truc de la France, etc. Le reste, c’est Sarko. Il a compris que, dans la pub, il faut répéter quelques mots-clés bien choisis en les enrobant.  » Il conclut aujourd’hui :  » La preuve que j’avais raison : le discours de Grenoble, ce n’est pas Guaino qui l’a fait, il n’y a plus de « gnagnagna ». Ça donne du Sarkozy à l’état pur.  »

A l’Elysée, où on lui relate cette explication de texte, Henri Guaino sourit. No comment. La candeur des philosophes, en revanche, l’énerve. Il réplique, lyrique :  » Le philosophe qui s’étonnerait que la politique dépende de l’enchevêtrement tragique de l’Histoire, au lieu d’être fondée sur la quête d’absolu, serait un mauvais philosophe. Je lui rappellerais Camus : Antigone a raison et Créon n’a pas tort. Antigone est nécessaire mais je ne lui confierais pas le gouvernement. Ni à Glucksmann. «  Le conseiller s’échauffe.  » En quoi la vente par la France d’un Mistral à la Russie améliorerait-elle la situation en Géorgie ? Vous croyez que la Russie nous attend pour se constituer un arsenal ? Quant à BHL, il n’est pour rien, mais pour rien, dans la politique de la France en Libye ! « 

En avril 2010, le président Sarkozy a promu André Glucksmann au rang d’officier de la Légion d’honneur. Les invités du décoré ne sont pas tous venus. Pascal Bruckner a trouvé que  » ça suffisait « . Dans un coin de la salle des fêtes, Romain Goupil, Bernard-Henri Lévy et Bernard Kouchner piquent des fous rires, solidaires de leur copain un peu égaré et en frimant de n’avoir jamais accepté, eux, les si nombreuses décorations qu’on leur a proposées.

 » Je vais te créer de nouveaux ennuis « , déclare le président au philosophe, avant de lui épingler son ruban sur la poitrine.  » Notre amitié, franchement, c’était pas écrit. (…) Je suis fier d’avoir un ami plus intelligent que moi « , lui dit-il aussi, tout en se trouvant avec lui des tas de points communs.  » Au fond, on incarne une forme de rupture, tous les deux. C’est une difficulté pour toi d’avoir été en rupture avec le marxisme et ton milieu intellectuel, vu l’image qui pèse lourdement sur nos élites. (…) Tout de même, ton monumental article dans Le Monde, ça m’a bien aidé. « 

Déçus, les intellectuels que Sarkozy avait ralliés sont de moins en moins frappés par ces points communs.  » Glucks  » ne montera plus sur l’estrade à côté de Johnny Hallyday et de Gilbert Montagné – lesquels, comme Patrick Bruel, Michel Sardou ou Faudel, ont déclaré eux aussi avoir pris leurs distances avec Sarkozy.

 » Sa discontinuité me dérange, analyse Alain Finkielkraut. Il critique l’hédonisme postsoixante-huitard et, par l’ouverture des magasins du dimanche, il fait du consommateur le type humain le plus accompli. Il a pensé nommer au Quai d’Orsay indifféremment un réaliste comme Hubert Védrine et un droit-de-l’hommiste comme Bernard Kouchner. Il défend à la fois le principe républicain et la diversité, la laïcité intransigeante et la « laïcité positive », ouverte aux différences. Il met en cause les Roms après une agression des gens du voyage qui n’étaient pas roms : une stratégie de diversion indigne d’un chef d’Etat. « 

Pour Pascal Bruckner,  » le discours de Sarkozy est une vaste mangeoire où chacun peut trouver son avoine. Il a essayé de jouer tous les camps en même temps, ressuscité Jaurès comme les phrases de l’ultragauche et du FN. Sa différence, qu’on a aimée, est devenue insupportable. « 

Marc Weitzmann, ancien rédacteur en chef aux Inrockuptibles et qui s’était posé en sarkozyste militant, en revient aussi.  » Sarkozy me semblait le plus en phase avec l’époque. L’atmosphère en 2007 était très particulière. Le socialisme et le gaullisme, les deux grands piliers de l’identité politique du pays, avaient fait leur temps et quelque chose de neuf devait survenir.  » L’écrivain n’a  » jamais adhéré  » aux slogans de Sarkozy sur la sécurité.  » Mais ses positions sur la méritocratie, la discrimination positive, la revalorisation de l’initiative individuelle, sur une politique internationale moralisée répondaient à ce désir de nouveauté.  »  » Le président d’aujourd’hui s’est normalisé en homme de droite classique, regrette-t-il. D’ailleurs tout le monde s’est normalisé. La gauche est redevenue la gauche, elle rêve d’un retour à la « normalité » comme dit Hollande, hésite entre les années 1950 et les années 1970. La droite, redevenue la droite, lorgne du côté des années 1930. « 

Pierre-André Taguieff ne s’est jamais prononcé publiquement pour Sarkozy. Mais son analyse critique de Ségolène Royal l’a  » rangé  » dans son camp. Chevènementiste comme Max Gallo, il a présidé la Fondation du 2 mars, mouvement des républicains de droite et de gauche, où il a connu Henri Guaino, le gaulliste devenu conseiller du président Sarkozy.  » L’Intifada, le 11-Septembre, le danger islamiste et l’antiaméricanisme m’ont éloigné de ce milieu républicain de gauche qui n’avait pas vraiment compris ce qui se passait sur le plan mondial. Mais c’est le Sarko « guainonisé » qui m’a plu : son orientation républicaine laïque défendant la nation civique contre la nation ethnique. « 

L’essayiste reproche aujourd’hui au président sa redéfinition de la  » laïcité positive « , et  » sa vision candide d’un islamisme à visage humain « .  » Je n’aime pas sa démagogie sécuritaire, mais je suis surtout déçu par sa manière de sauter sur les événements. De faire une loi dès qu’une certitude est ébranlée. On est passé de l’immobilisme chiraquien à un mobilisme permanent. « 

L’antisarkozysme frénétique, en revanche, est de nature à susciter de la part de ces intellectuels un regain de solidarité pour le président de la République.  » La violence grégaire de l’antisarkozysme me rendrait sarkozyste, dit Alain Finkielkraut, d’autant que dans le domaine de l’école ou de la sécurité, ce que la gauche propose est purement démagogique. « 

Pour Pierre-André Taguieff,  » le discours haineux contre Sarkozy est devenu un genre littéraire dans le monde journalistique et militant. Je ne vois que deux exemples comparables : le discours anti-Blum, et le discours anti-Mendès France. Je ne réduis pas l’antisarkozysme à la judéophobie, mais il y a un fond d’antisémitisme dans cette violence contre lui. « 

 » Sarkozy a rendu la gauche folle, renchérit Pascal Bruckner. Cette haine démesurée contre lui est la seule chose qui continue à me rendre indulgent. Il est devenu la poupée vaudou de la France. Il va nous manquer : qui va-t-on haïr ? « 

Marion Van Renterghem

(Texte originellement paru sous le titre « Les intellectuels et Sarkozy, aller-retour »)


Tags : , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Classés dans :,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>