Ces attaques contre Bernard-Henri Lévy : étrange… vous avez dit étrange ?

lilianelazar3New-York. Je découvre cette ahurissante et ridicule « affaire Botul » qui s’est déclenchée hier sur le net français.

Deux ou trois questions quand même, très vite.

1. Est-ce qu’on a le droit de résumer un livre à une page ? J’ai l’impression, en lisant les internautes français que Bernard-Henri Lévy a écrit un livre sur Kant (1 page) et sur ce désormais fameux Botul (3 lignes). Alors que, quand même… Je l’ai lu, moi, ce livre. Et tous ceux qui auront, à partir d’aujourd’hui puisque c’est aujourd’hui qu’il sort, le bonheur de le lire verront qu’il y est question de Sartre, d’Althusser, de la philosophie comme art de la guerre, de la différence entre une biche et une chouette, du beau concept de réparation du monde, mais que ce n’est certainement pas ce livre « kantien » qu’on est en train de fabriquer. Bernard-Henri Lévy n’a pas écrit un livre sur Kant. Bernard-Henri Lévy n’a pas écrit un livre sur Botul. Qu’il contribue à faire des livres de Kant et de Botul des best-sellers, je suis sûre qu’il s’en rejouira car je connais sa générosité. Mais mon rôle, moi, est d’insister sur ses livres à lui et sur le fait qu’il s’y agit de tout autre chose.

2. Deuxièmement, où est le problème ? Que ce Botul existe ou pas, qu’est-ce que ça change à la thèse de Bernard-Henri Lévy qui est, dans le passage en question : les philosophes sont beaucoup plus tributaires de leur corps, de leurs passions, de leur dinguerie, qu’ils ne veulent bien, en général, l’avouer. Cette thèse est-elle juste ou non ? Fondée ou pas? Où en est-on, notamment en philosophie, de l’éternelle polémique du Contre. Sainte-Beuve? C’est ca, pour moi, la question. Et qu’il s’appuie, entre autres, pour la poser, sur un livre qui existe, qu’il a lu, mais dont il croyait qu’il était signé Botul alors qu’il était ecrit par un certain Pagès, franchement, qu’est-ce que ça change?

3. Et puis il y a a une troisième chose qui, moi, commence à me gêner. C’est cette madame Aude Lancelin qui nous raconte (Times de Londres d’hier matin) qu’elle a éclaté de rire quand elle est tombée sur les pages de Lévy où il parle de Kant. Or de qui se moque-t-elle, en disant cela ? Elle a publié, elle aussi, comme toutes les huiles dont elle se moque, une interview de Bernard-Henri Lévy avec Slavoj Zizek. Elle l’a même fait avant eux, avant tout le monde, prenant tout le monde de vitesse, puisque l’interview est sortie dès le 15 janvier. Et je dirai même, vu les délais sur lesquels je me suis renseignée, qu’elle a dû l’enregistrer, son débat, le 11 ou le 12. Or elle n’a pas du tout « éclaté de rire » pendant ce débat. D’après les témoins présents, elle avait les deux livres devant elle, celui de Zizek et celui de Lévy, également annnotés et elle a mené son entretien, toute contente, sérieusement, sans se poser la moindre question.
Voilà les questions que j’ai envie de poser ce matin.

A part ça, je dis à tous les amis de Bernard-Henri Lévy, à tous les membres de sa page Facebook, à tous ses lecteurs, que la vraie bonne nouvelle est là : les deux livres sont sortis ; les deux livres (le gros : Pièces d’identité ; le petit : De la guerre en philosophie sont disponibles dans toutes les bonnes librairies.


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5 commentaires

  • Jean Kulacek dit :

    Personnalment le question que je pose est le pourquoi Henri Levy Bernard a citer un livre de Botul que il semble pas avoir consulter.
    et donc est-ce que BHL a lu vraiment lus aucune source qu’il citer dans ses livres ?
    mersi

  • Pierre dit :

    La parodie de l’absurde la-voilà, dans toute sa splendeur, dans cette polémique qui nous éprend et au même temps nous couvre de tout son ridicule. Et pour cause, car sans même avoir vu la couleur de la couverture du « De Bello philosophico » de BHL, nous nous « botulisons » avec hargne et mépris sur cette peau de banana, cette crotte de chien laissée en trompe l’œil sur le trottoir. Pas un mot sur le reste du livre, sur ce qu’il a bien voulu nous dire. Ah oui, pour cela il faudra quand même le lire, peut être le comprendre. Trop barbant, trop compliqué, mieux s’en tenir aux crottes. Et puis, pourquoi s’en priver d’une telle revanche, inespérée n’est-ce pas ?

  • Yann Mouveaux dit :

    Quand je vois que certains professionnels de presse se permettent eux de résumer un livre à parfois trois mots, je ne suis pas si étonné de voir de livres résumés à 1 page

    Pour Botul, qu’il eai éxisté ou non, on s’en fout un peu non. Ce n’est pas sans me rappeler ce vrai ou faux BHL qui écrivait sur Facebook. JJ’aimais bien ce blog que je trouvait complètement décalé par rapport à l’usage quotidien de Facebook, car il suscitait des questions. Mais cela me rappelle aussi que Socrate parle par le biais de Platon sans que cela n’ai jamais choqué personne.

    En ce qui concerne mame ancelin c’est exactement le genre de personne qui se prennent pour des critiques littéraires du seul fait qu’il savent déchiffrer des groupes de lettres. Quand c’est écrit Essai ou Phylosophie cela donne l’impression au lecteur qu’il a un cerveau.

  • Père Matthieu Villemot dit :

    Un de mes étduiants a réussi à me faire tomber en public dans un panneau du même genre en me faisant citer comme source philosophique la trilogie de George Lukas (la Guerre des étoiles) parce que je pensais à Gyorgy Lukacs, le philosophe marxiste tchèque, dont j’ai effectivement cité trois livres…
    « Je suis (au moins parfois) con, donc je suis » est une des formulations vraies du cogito; c’est humiliant, mais ça ne prouve rien contre personne.

  • Alincthun dit :

    La vérité est que BHL est génial, contrairement à Botul.

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