Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Bernard-Henri Lévy ou BHL

Bernard-Henri Lévy est de tous les combats pour la dignité de l’être humain.
Il maintient la tradition des écrivains engagés dans l’action et les idées, tels Malraux, Sartre et Camus.

Depuis son premier voyage au Bangla-Desh , accrédité par le quotidien « Combat » jusqu’à son enquête, au Pakistan, sur la mort de Daniel Pearl en passant par ses multiples voyages à Sarajevo encerclée par les milices serbes, ou par la plongée dans les « guerres oubliées » d’Afrique et d’ailleurs, ou encore son engagement, dès le premier jour, auprès du peuple Libyen en lutte contre Kadhafi,  il n’a cessé de mettre son talent, son énergie, son courage, au service des causes qu’il estimait justes.

Normalien, agrégé de la philosophie, écrivain, romancier, journaliste, agitateur d’idées, cinéaste, activiste, fondateur de la revue « La Règle du Jeu », éditorialiste au « Point », au  » Corriere della Sera », au « El Pais» de Madrid, ainsi qu’à diverses publications où il commente, chaque semaine, l’actualité politique, artistique et culturelle (New York Times, Huffington Post, Daily Beast, Haaretz, Aftenposten, Espressen de Stockolm, New Republic), Bernard-Henri Lévy, ou BHL, est en croisade permanente.

Il a toutefois une préoccupation qui domine son e, c’est l’idée du Mal.
Pour BHL, le XXème siècle est le siècle du Mal : fascisme, totalitarisme, terrorisme et, aussi, intégrisme sont les visages successifs que ce Mal a pris, et continue de prendre, à l’orée du XXIème siècle.

Ce philosophe aux multiples visages irrite ou séduit selon les cas.
On lui reproche d’être provocateur, car il défend ses opinions avec œuvre véhémence et courage.
On l’accuse d’être trop médiatique parce qu’il a toujours cru bon de s’adresser, via la télévision, au public le plus large.

On peut aimer ou détester BHL, mais on ne peut rester indifférent.
Son éloquence passionnée, le lyrisme de sa prose, son ardeur et sa fougue à défendre les causes les plus désespérées, ses vues d’humaniste et d’activiste, ont fait de lui une cible facile, mais ont également suscité, en France et dans le monde, l’admiration la plus vive.
Il est, parmi les intellectuels et écrivains français contemporains, ce « phare aux mille citadelles » toujours prêt à s’enflammer.

La définition que Sartre a donnée de sa propre œuvre pourrait s’appliquer, aussi, à Bernard-Henri Lévy : « ce que j’ai cherché c’est l’évènement qui doit être écrit littérairement et qui, en même temps, doit donner un sens philosophique. » Son ouvrage « La Guerre sans l’aimer » (Grasset, novembre 2011)  donne toute la mesure de ce programme.

Liliane Lazar.