Biographie

2005 – 2015

EN 2005, Atlantic Monthly publie la première version – courte – de « American Vertigo ». C’est là que, avec quatre ans d’avance, il annonce l’élection de Barack Obama avec un texte intitulé « A black Clinton ». Le livre sera publié dans son intégralité en 2006 chez Grasset (pour la version française) et chez Random House (pour la version américaine). Hélène Brekman devient son agent littéraire outre-atlantique.

En avril, 2006, Bernard-Henri Lévy qui a pris fermement position, avec Fred Vargas et d’autres, contre l’extradition de l’ex militant d’extrême-gauche italien Cesare Battisti, reçoit, accueille, édite et préface son livre : Ma Cavale.

En juillet de la même année, quand commence la guerre d’Israël au Liban contre le Hezbollah, il se rend dans les villes bombardées du nord d’Israël et en rapporte un reportage qui paraîtra simultanément dans le New York Times Magazine et dans Le Monde.

En novembre enfin, il reçoit le prix Scopus de l’Université Hébraïque de Jérusalem.

Au printemps 2007, il réalise un reportage clandestin au Darfour qui sera publié tant dans Le Monde que, comme la plupart de ses grands reportages, dans un pool de grands journaux européens (Corriere della Sera, El Mundo, Financial Times Magazine etc).

Il milite, dans la foulée, pour le boycott des Jeux Olympiques de Pékin – capitale du pays qui se trouve être le plus en pointe dans le soutien aux massacreurs de Khartoum. Dans ce but, il prend l’initiative, avec François Zimeray (SOS Darfour) et Jackie Mamou (Urgence Darfour) d’un grand meeting à la Mutualité de Paris où seront appelés à s’exprimer tous les candidats à l’élection présidentielle.
Bernard-Henri Lévy, contrairement à certains de ses vieux compagnons de pensée et de combat, se défie de Nicolas Sarkozy et appelle, pour les élections présidentielles de 2007, à voter pour Ségolène Royal qui est la seule, dit-il, à avoir pris une position claire sur cette tragédie du Darfour ainsi que sur l’évolution mafieuse de la Russie de Vladimir Poutine.

A l’automne, il publie un nouveau livre, Ce grand cadavre à la renverse, essai qui lui vaudra de vives critiques, parfois violentes, de la part de l’extrême-gauche et, en particulier, de la mouvance du Monde Diplomatique.
En 2008, Bernard-Henri Lévy est fait Doctorat Honoris Causa de l’université de Jérusalem. En septembre de la même année, paraît Left in dark times, version américaine de Ce grand cadavre à la renverse chez Random House. Le livre est un « Los Angeles Times best seller » et conforte la position de l’auteur aux Etats-Unis.
En août, il se rend en Géorgie au premier jour du déclenchement de la guerre voulue par les séparatistes abkhazes, ossètes et leurs soutiens russes. Son reportage paraît à nouveau dans Le Monde et dans les journaux européens auxquels il est traditionnellement lié. Aux États-Unis, c’est le Huffington Post qui le publie et cette publication marque le début d’une collaboration régulière avec le journal en ligne créé par Arianna Huffington.
Le 8 octobre paraît, dans une coédition Flammarion Grasset, sa correspondance avec Michel Houellebecq intitulée Ennemis Publics. 70 000 exemplaires du livre sont vendus.

En 2009, Bernard-Henri Lévy se rend à Tel Aviv et dans les villes israéliennes bombardées par le Hamas.

En juin de la même année, il multiplie les textes, appels à manifester, et témoignages de solidarité avec le peuple iranien en lutte pour la démocratie et un recomptage honnête du résultat d’élections qui ont reconduit celui qu’il n’appelle plus que « le président non élu Ahmadinejad ».

Bernard-Henri Lévy lance une nouvelle formule de la Règle du Jeu (avec une déclinaison sur le net : laregledujeu.org)Gilles Hertzog cède la rédaction en chef de la revue (papier + net) à une nouvelle venue, Maria de França. Il est réélu, le 22 juin, pour un cinquième mandat consécutif, Président du Conseil de Surveillance de Arte-France.

Dès le jour de l’arrestation de Roman Polanski à l’aéroport de Zurich, Bernard-Henri Lévy prend fait et cause pour le réalisateur. Bientôt rejoint par Alain Finkielkraut, il lance une pétition internationale de soutien à l’auteur de « Tess » . Parmi les premiers signataires de cette pétition : Isabelle Adjani, Milan Kundera, Pascal Bruckner et Salman Rushdie.

En octobre 2009, il retourne en Afghanistan, dans les vallées de Surobi et de la Kapissa ; le témoignage qu’il en a rapporté (bloc-notes du Point du 24/09/2009) est beaucoup moins alarmiste que celui de bien des observateurs.

Il passe de plus en plus de temps à New York où il est régulièrement invité par les talk-shows de Charlie Rose et Fareed Zakaria. Fin novembre, le prestigieux magazine américain « Foreign Policy » le classe 31ème dans la liste des 100 hommes et femmes les plus influents du monde ; dans cette liste où figurent, entre autres, Barack Obama, Ben Bernanke, Zhou Xiaochuan, Bill Gates, il est le premier français à apparaître. Il est, cette même année, fait docteur honoris causa de l’Université Hébraïque de Jérusalem.

En 2010, Bernard-Henri Lévy publie simultanément deux livres. De la Guerre en philosophie, texte d’une conférence prononcé à l’Ecole Normale Supérieure le 6 avril 2009 et Pièces d’identité, recueil d’essais qui reprend, en particulier, ses grandes interventions théoriques sur la pensée juive.

Avec la Règle du Jeu, il lance une campagne internationale en faveur de Sakineh Mohammadi Ashtiani.

Il consacre ensuite en 2011 l’essentiel de son temps et de son énergie à la guerre de Libye. Il publie, en octobre, La Guerre sans l’aimer, journal de bord, précis et littéraire, factuel et inspiré, de son action pendant cette guerre. Il achève en 2012 Le Serment de Tobrouk, film sur son action en Libye, tourné, pour l’essentiel, sur le terrain et qui sera présenté au Festival de Cannes. Le film, produit par François Margolin est coréalisé par Marc Roussel, avec Gilles Hertzog.

En 2013, il devient le Commissaire de l’exposition « Les Aventures de la vérité » à la Fondation Maeght ; dont le catalogue est édité chez Grasset. Il est élu cette même année citoyen d’honneur de la ville de Sarajevo.​ Il plaide également pour l’entrée de la Bosnie dans l’Union Européenne.

Le 17 novembre 2013, il prend avec force la défense de Christiane Taubira, alors que les “hautes et belles voix”, selon l’expression même de la Garde des Sceaux, tardent à se faire entendre, et qu’elle est la cible d’attaques racistes. La Règle du Jeu se mobilise, autour de ses écrivains, des ses artistes, de ses intellectuels, en association avec SOS Racisme, “pour empêcher l’infamie de pavoiser, pour enrayer la banalisation du racisme et de la haine, mais aussi pour comprendre comment nous avons pu collectivement en arriver là”.

En 2014, il retourne au théâtre et à la Bosnie avec une pièce, Hôtel Europe, créée en juin au Théâtre National de Sarajevo dans une mise en scène de Dino Mustafic avec Jacques Weber. La pièce, qui sort chez Grasset à la rentrée littéraire 2014, est reprise le 11 juillet à la Fenice puis au Théâtre de l’Atelier à partir de septembre.

Cette même année, il s’engage avec force auprès des révolutionnaires ukrainiens de la place Maïdan. Engagé auprès du mouvement de Kiev dès la première heure, il prend la parole à deux reprises sur le Maïdan, s’oppose à la livraison des navires Mistral français à la Russie.

Proche du Président Petro Porochenko qu’il a amené à l’Elysée bien avant son élection, crédité par celui-ci d’être l’inventeur du « Normandy Format » qui, a organisé la plate-forme de discussion à quatre entre Porochenko, Poutine, Hollande et Merkel, Bernard Henri Lévy à également lancé un appel le 26 janvier  2015 avec Georges Soros à sauver la nouvelle Ukraine née sur le Maïdan.

Par ailleurs, au regard de nombreux déplacements à Kiev et dans tout le pays, Bernard-Henri Lévy propose un ambitieux Plan Marshall pour l’Ukraine en mars 2015.

Fait rarissime à l’ONU, le 22 janvier 2015, Bernard-Henri Lévy s’exprime en tant qu’intellectuel sur les événements tragiques qui viennent d’endeuiller la France devant l’Assemblée générale des Nations Unies à New-York. Les 37 pays membres (parmi lesquels la France, le Canada, l’Australie, les États-Unis et Israël), ont avec gravité demandé au Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban-Ki Moon, ainsi qu’au Président de la 69ème session de Assemblée générale, M. Sam Kutesa, la tenue d’une plénière exceptionnelle consacrée à la montée de l’antisémitisme dans le monde. C’est à Bernard-Henri Lévy que M. Sam Kutesa a demandé de prononcer le discours solennel d’ouverture cette session.

Bernard-Henri Lévy, au lendemain des attaques terroristes qui ont frappé la France les 7 et 9 janvier 2015, a participé à la grande manifestation du 11 janvier à Paris.

Lors des commémorations officielles de la révolution du Maïdan, dite “de la dignité”, une lecture d’Hôtel Europe par Bernard-Henri lui-même à L’Opéra National de Kiev, est organisée le 21 fevrier 2015 devant un parterre d’officiels, de diplomates et de citoyens européens dont Petro Porochenko, le Président ukrainien, le Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, la Présidente de Lithuanie, Dalia Grybauskaité, ou encore Harlem Désir, secrétaire d’État chargé des Affaires européennes.

En quelques mois, le texte d’Hôtel Europe, enrichi par l’auteur au fil des représentations, aura parcouru le continent européen lors de lectures en des lieux hautement symboliques : à la Fenice de Venise, à Sarajevo, à Odessa, à Kiev pour l’anniversaire et les commémorations de la révolution du Maïdan, à Lviv, au 58ème festival de Spoleto en Italie, à Paris, dans une mise en scène de Maria De França.

En parallèle de son engagement ukrainien,  il publie également en octobre 2014 dans Libération un retentissant “Dernier appel pour Kobané” prônant une intensification de l’action de la coalition internationale auprès des Kurdes dans la lutte contre les djihadistes de Daech.

Il demande également que le PKK, parti politique kurde né en 1978 à Ankara avec pour objectif la création d’un Kurdistan indépendant, soit retiré de la liste des organisations terroristes.

Il se rend quelques semaines plus tard à Erbil, au Kurdistan irakien, à la rencontre des leader militaires Peshmergas, afin de leur apporter son soutien. A son retour, c’est une première et historique délégation de Peshmergas qui est reçue à Paris, à son initiative, par les plus hautes autorités de la République française.

Bernard-Henri Lévy reçoit le 25 juin 2015 à Positano, en Italie, le “Prix international du Journalisme Citoyen” du prestigieux Institut italien d’études philosophiques.

1998 – 2004

En 1998, il écrit pour Le Monde deux grands reportages sur l’Algérie ravagée par le terrorisme. Ces deux textes, prenant fermement parti contre l’islamisme radical et attribuant à ses militants et activistes la responsabilité principale des massacres, déclenchent, en France comme en Algérie, une vive polémique. Et, au travers de La Régle du Jeu, il fait campagne, sans relâche, pour le soutien aux démocrates algériens.

En avril de la même année, il revient à Sarajevo et reçoit, des mains du Président de Bosnie-Herzégovine, pour services rendus au pays, « Le Blason ». Il est l’un des trois seuls Français, avec Bernard Kouchner et le Général Philippe Morillon, à avoir cet honneur. Ayant toujours déclaré qu’il ne voulait aucune décoration, ayant décliné à de nombreuses reprises la Légion d’Honneur française, il fait là, clairement, une exception.

Dix ans après la fatwa, Bernard-Henri Lévy publie, avec Salman Rushdie, Questions de Principe VI (Le Livre de Poche), un petit livre qui évoque les années de souffrance de l’écrivain traqué ainsi que son compagnonnage avec lui.

En 2000, Bernard-Henri Lévy publie Le Siècle de Sartre chez Grasset. Et, pour commémorer les vingt ans de la mort de Sartre, le Groupe d’Etudes Sartriennes demande à Bernard-Henri Lévy de prononcer le discours d’ouverture du colloque qu’il organise à la Sorbonne.

La même année, il créé à Jérusalem, avec Benny Lévy et Alain Finkielkraut, l’Institut d’Etudes Levinassiennes.

En 2001, Bernard-Henri Lévy publie Les Damnés de la guerre, une série de reportages en Angola, au Sri-Lanka, au Burundi, en Colombie et au Soudan qui paraissent dans Le Monde, le Corriere della Sera, el Mundo de Madrid. Ces cinq reportages vont devenir un livre intitulé « Réflexions sur la Guerre, le Mal et la fin de l’Histoire », publié en septembre 2001. Les textes originaux sont enrichis de notes, portraits, confidences, réflexions sur la guerre et la littérature, ainsi que de fragments autobiographiques. Cet ouvrage est salué par la presse parisienne, régionale et européenne comme un des grands livres engagés du début du XXIè siècle.

Fidèle à l’engagement pris, au moment de la guerre de Bosnie, d’être aux côtés de la Serbie lorsqu’elle s’éveillerait de son cauchemar totalitaire, il produit le film de Goran Markovic, Serbie année zéro.

En février 2002, Jacques Chirac, Président de la République française, Lionel Jospin, Premier Ministre et Hubert Védrine, Ministre des Affaires étrangères, confient à Bernard-Henri Lévy la mission de se rendre en Afghanistan pour réfléchir à la contribution de la France à la reconstruction d’un Afghanistan libre. A son retour, Lévy présente un Rapport au Président de la République et au Premier Ministre qui sera publié, conjointement, par La documentation Française et Grasset.

En mai, le Prix Aujourd’hui lui est attribué à son livre Réflexions sur la Guerre, le Mal et la fin de l’Histoire. Un autre honneur prestigieux est décerné à BHL, mais cette fois en Israël : le Doctorat Honoris Causa de l’Université de Tel Aviv.

En septembre, il crée en Afghanistan un mensuel de langue française, Les Nouvelles de Kaboul, dont il est le directeur et que finance la « Fondation André Lévy », créée et baptisée à la mémoire de son père. Au même moment, à Bujumbura, et toujours sous l’égide de la même Fondation, il crée, avec David Gakunzi, « Radio Renaissance et Citoyenneté » qui émet sur toute la région des Lacs et qui veut « l’anti-Radio Mille Collines».

En 2002 toujours, sous l’égide de la « Fondation André Lévy » et sous la responsabilité de ses compagnons du temps de la Bosnie en guerre, Susan et Samir Landzo, naît le Kid’s Festival de Sarajevo qui se propose de reconstruire à partir de ses enfants la société bosniaque déchirée par la guerre, les massacres et l’esprit de revanche.

Le 31 janvier 2002, au Pakistan, le journaliste américain Daniel Pearl est pris en otage, puis décapité, par un groupe d’islamistes, proches d’Al Qaïda. Pendant un an, de Karachi à Kandahar, New Delhi, Londres, Washington, Los Angeles, Jérusalem, Karachi ou encore Islamabad, Bernard-Henri Lévy retrace les pas du journaliste. Le résultat de cette longue enquête paraît aux éditions Grasset sous le titre de Qui a tué Daniel Pearl ? en mai 2003, puis, aux Etats-Unis, en septembre, chez Melville House, dans une traduction de James Mitchell.

La même année, le Groupe d’Etudes Sartriennes et La Société internationale Simone de Beauvoir demandent à Bernard-Henri Lévy et Julia Kristeva de prononcer le discours d’ouverture du colloque « De Beauvoir à Sartre et de Sartre à Beauvoir» qui a lieu à la Sorbonne.

En 2004, Récidives, sous titré Question de principe IX est publié chez Grasset: une série d’articles et d’essais souvent inédits sur la littérature, la philosophie, le cinéma, la Bosnie, Israël etc…

En juillet de la même année, Bernard-Henri Lévy par sur la demande du magazine de Boston Atlantic Monthly sur les traces de Tocqueville aux Etats-Unis. Il produit, à travers les Films du Lendemain, le film franco-afghan Terres et Cendres adapté du roman éponyme de Atiq Rahimi. Et il met aussi en production, au travers de la même production, la version filmée de son voyage américain que réalise Michko Netchak avec le concours de Gilles Hertzog.

1992 – 1997

Avec Le Jugement Dernier, BHL devient dramaturge. Présentée au Théâtre de l’Atelier dans une mise en scène de Jean-Louis Martinelli, cette pièce brosse un vaste tableau du XXe siècle : communisme, nazisme, polpotisme – tous les grands délires du siècle y apparaissent. La parution du quatrième volume de Question de Principe (Idées fixes) réunit une nouvelle série d’articles notamment consacrés à l’Europe postcommuniste, à la guerre du Golfe, à l’Affaire Touvier ainsi qu’à rendre hommage aux maîtres-à-penser disparus : Roland Barthes, Louis Althusser, Jacques Lacan.

En 1993, il divorce de Sylvie Bouscasse et épouse en juin l’actrice Arielle Dombasle. Le mariage a lieu à la Colombe d’Or à Saint-Paul de Vence. Ses deux témoins sont Jean-Paul Enthoven et Gilles Hertzog. Les Hommes et les Femmes, conversations sur l’amour avec Françoise Giroud paraissent à ce moment-là chez Olivier Orban.

La même année, François Mitterrand le nomme Président du Conseil de Surveillance de la Sept-Arte. Il y retrouve son vieil ami, vice-président du Conseil, le producteur de cinéma Daniel Toscan du Plantier, qui décédera en 2003. Commencent aussi là un compagnonnage et une amitié avec celui qui incarne et incarnera longtemps la chaîne : Jérôme Clément. Il commence également son bloc-notes hebdomadaire dans Le Point, et organise, à travers La Règle du Jeu, la visite « sauvage » du Président Izetbegovic à Paris. Puis, pour le même Izetbegovic, une tournée en Europe.

De septembre 1993 à mars 1994, Bernard-Henri Lévy se voue presque exclusivement au tournage du film Bosna!. Tourné sur les lignes de front autant que dans Sarajevo assiégée, dans le feu des batailles autant que dans les caves où survivent les civils martyrisés, ce film est un témoignage unique sur la tragédie de la Bosnie. Aux côtés de Bernard-Henri Lévy dans cette aventure, Gilles Hertzog, compagnon de tous ses voyages et co-scénariste du film, ainsi qu’Alain Ferrari, co-réalisateur. Le film est produit par les Films du Lendemain, société de production créée, pour l’occasion, par André Lévy, son père, associé à François Pinault. Il sera sélectionné par Gilles Jacob, au Festival de Cannes, dans la section « Un certain regard ».

Dans la foulée de son film, en mai 1994, soumis aux questions des journalistes Albert du Roy et Alain Duhamel lors d’une mémorable « Heure de Vérité » (la grande émission politique, à l’époque, de la télévision française) BHL lance l’idée d’une « Liste Sarajevo » pour les élections européennes. Cette annonce et cette Liste contribuent puissamment au mouvement d’opinion en faveur de la Bosnie. Jugeant néanmoins que les exigences formulées par la Liste ont été prises en compte par les grands partis traditionnels, Bernard-Henri Lévy prône le retrait et la dissolution de la liste. Certains, tels Léon Schwartzenberg, Marina Vlady ou l’Amiral Sanguinetti, refusent le retrait et prennent la responsabilité d’aller jusqu’à l’élection.

Avec Alain Finkielkraut, André Glucksmann, Jacques Juillard, Pascal Bruckner, et quelques autres, il fonde alors le CRI (Comité de Réflexion et Intervention) protestant contre les massacres en cours, non seulement en Bosnie, mais aussi en Algérie et au Rwanda. A l’automne 1994, inspiré par ses engagement, Bernard-Henri Lévy publie un un nouvel essai, La pureté dangereuse (Grasset) où il théorise le concept d’une volonté de pureté qui se manifeste aussi bien dans la folie identitaire des Hutus au Rwanda que dans la purification ethnique en Bosnie…

En 1995, il publie le cinquième volume des Questions de principe, puis l’année suivante Le Lys et la Cendre, Journal d’un écrivain au temps de guerre en Bosnie. Outre un fervent plaidoyer pour la Bosnie, on trouve dans cet essai des croquis pris sur le vif de Margaret Thatcher, du Pape Jean-Paul II, de François Mitterrand ainsi que de belles évocations d’André Malraux.

En 1997, Bernard-Henri Lévy tourne au Mexique Le Jour et la Nuit, coécrit avec Jean-Paul Enthoven, et joué, entre autres, par Alain Delon, Arielle Dombasle et Lauren Bacall. Il figure en sélection officielle au Festival de Berlin 1997. Mais connaît un échec commercial et critique retentissant.

Après le « bide-bang » de ce film, Bernard-Henri Lévy part à Tanger et y écrit Comédie (Grasset), le plus personnel de ses essais où il se moque de ce qu’il appelle sa « marionnette » et se livre à une autocritique grinçante de « BHL ». Comédie est, aussi, une analyse lucide de la « société du spectacle » ainsi que de l’affaire Gary/Ajar. Dans cette confession émouvante, l’auteur jette le masque. « Autoportrait, dit-il, pas autofiction », « non pas mise en scène, mais mise en question ».

1988 – 1992

En 1988, sort son deuxième roman Les derniers jours de Charles Baudelaire qui rate le Goncourt d’une voix (celle d’André Stil, Prix Staline de Littérature 1952, déclarant, urbi et orbi, qu’il fera payer à l’auteur son anticommunisme) mais obtient, néanmoins, le Prix Interallié. Ce livre retrace la longue agonie de Baudelaire, à Bruxelles, notamment à l’Hôtel du Grand Miroir, puis en France auprès de Madame Aupick, sa mère.

En février de l’année suivante, l’ayatollah Khomeini lance sa fatwa contre l’écrivain britannique d’origine indienne Salman Rushdie. Bernard-Henri Lévy est l’un des tout premiers intellectuels à prendre position en faveur du romancier persécuté. Le combat pour et avec Salman Rushdie sera une constante, pour lui, dans les quinze années suivantes. En octobre 1992, en Finlande aura lieu sous son égide, la première apparition publique de Salman Rushdie.

Au lendemain de la chute du Mur de Berlin, Bernard-Henri Lévy se voit confier par Thierry de Beaucé, Secrétaire d’Etat chargé des relations culturelles internationales, une mission d’information dans les pays d’Europe centrale et orientale : à Budapest, Berlin, Sofia, Varsovie, Bucarest, il explore les possibilités de renforcer la présence française ainsi que la faisabilité d’une Académie Européenne des Cultures dont il trouve le modèle dans un projet de Franz Werfel en 1937.

En 1990, Bernard-Henri Lévy, avec notamment Gilles Hertzog, Jean-Paul Enthoven, Guy Scarpetta et Gabi Gleichmann, fonde la revue La Règle du Jeu: titre qui se veut un double salut, explicite, à Michel Leiris et à Jean Renoir. Le comité éditorial réunit des écrivains aussi éminents que Czelaw Milosz, Carlos Fuentes, Amos Oz, Mario Vargas Llosa, Susan Sontag, Salman Rushdie. Il y fait paraître, sous le titre « Dans les fourgons de la liberté » le texte de son Rapport à Thierry de Beaucé et François Mitterrand.

Au printemps paraît Questions de Principe III, sous-titré La suite dans les idées, nouvelle collection de textes allant du reportage politique à des réflexions sur l’art du roman ou à une analyse des toiles du peintre Frank Stella. L’administration de Lévy pour Stella donne lieu à un livre : « Stella, les années 80 ». « Cette alliance de grâce et de sang-froid », Lévy dit ne l’avoir « trouvée en littérature » que « chez Baudelaire ».

En 1991, paraissent chez Grasset « Les Aventures de la Liberté », version littéraire d’une série de quatre films, réalisés par Alain Ferrari et produits par Simone Harari. Cette « histoire subjective des Intellectuels » (c’est le sous-titre du livre) va de l’Affaire Dreyfus à la mort de Jean-Paul Sartre. Dans cette fresque du XXe siècle, apparaissent Althusser, Barthes, Camus, Malraux, Foucault, Sartre, Drieu la Rochelle et bien d’autres. L’ouvrage Les Bronzes de César paraît aux Editions de la Différence.

Bernard-Henri Lévy est nommé la même année par Jack Lang, pour deux ans, Président de la Commission d’Avances sur Recettes au cinéma. Cette nouvelle fonction n’empêche pas Lévy de tourner à nouveau son regard vers les peintres en consacrant en 1992 un livre au maître de la Renaissance italienne, Piero della Francesca, et un autre à Mondrian (Editions de la Différence).

En mai 1992, Bernard-Henri Lévy est le premier, avec Gilles Hertzog, Jean-François Deniau et le jeune maire de Lourdes, Philippe Douste-Blazy, à pénétrer dans Sarajevo, la capitale bosniaque assiégée. A son retour, il transmet à François Mitterrand le message de détresse et d’appel au secours que lui a confié, sous les bombes, le Président de la Bosnie-Herzégovine, Alija Izetbegovic. C’est ce message et l’insistance de Lévy qui convaincront le Président français d’accomplir son voyage « historique » à Sarajevo. Avec Alain Ferrari, et sur des images de Thierry Ravalet, Lévy est l’auteur d’un premier documentaire, Un jour dans la mort de Sarajevo, diffusé sur France 3, le 20 décembre 1992 : en 63 minutes, il montre le martyre de cette ville œcuménique et la souffrance des habitants qui résistent héroïquement à des bombardements incessants.

1981 – 1987

L’année suivante, en 1981,paraît chez Grasset « L’Idéologie Française ». Ce livre dénonce le « fascisme aux couleurs de la France ». Il devient très vite un objet de polémique dans les grands hebdomadaires et quotidiens, ainsi que dans certaines revues comme « Esprit ». Raymond Aron s’indigne que l’auteur puisse, par ses écrits, « mettre en péril » (sic) la communauté juive… Lévy est défendu, en revanche, par Jean-Toussaint Desanti,Jorge Semprun, Jean-François Revel et, à nouveau, Philippe Sollers.

En septembre de la même année, Bernard-Henri Lévy part en Afghanistan avec Marek Halter et Renzon Rossellini pour remettre aux résistants Afghans du Commandant Massoud trois postes émetteurs de radio achetés avec les fonds recueillis par une collecte publique et européenne. Ainsi naît Radio Kaboul Libre. Le « Carnet de route » de ce voyage dans l’Afghanistan occupé et dévasté par l’armée soviétique est publié dans Le Nouvel Observateur.

En octobre 1982 , Bernard-Henri Lévy devient éditorialiste du quotidien Le Matin. Il y tient son premier « bloc-notes » hebdomadaire dont le recueil paraîtra aux Editions Denoël sous le titre Questions de Principe. Il défend Israël face à un antisionisme revivifié par la guerre du Liban.

Il publie, à propos du syndicat Solidarnosc et de sa résistance à l’ordre soviétique, un retentissant « Nous sommes tous des catholiques polonais» qui fait écho au « Nous sommes tous des juifs allemands » des amis de Dany Cohn-Bendit en 1968. Plus que jamais critique, enfin, à l’endroit au stalinisme, du marxisme et de tous leurs résidus dans le paysage idéologique français, il mène, dans les colonnes du Matin, et au grand dam de François Mitterrand, la révolte contre ce qu’il appelle la « vieille gauche » et, notamment, le « Programme Commun ».

C’est également en 1982 qu’il rencontre Joëlle Habert, son assistante et principale collaboratrice.

En 1984, le philosophe délaisse provisoirement l’essai pour publier, toujours chez Grasset, son premier roman, « Le Diable en tête » qui, soutenu par Alain Robbe-Grillet, Marthe Robert et Claude Mauriac, obtient le Prix Médicis. Il poursuit là l’« enquête sur le Mal » commencée dans ses livres de philosophie.

Bernard-Henri Lévy parraine, avec Simone Signoret et Coluche, le mouvement SOS racisme fondé par Julien Dray et Harlem Désir.

En 1985, un voyage en Orient le conduit vers sept métropoles asiatiques et aboutit à un nouveau livre, « Impressions d’Asie » (Le Chêne-Grasset), enrichi de photographies signées Guy Bouchet. En novembre, de la même année, associé à Georges-Marc Bénamou et bientôt rejoint par Pierre Bergé, il participe à la création du magazine « Globe » où il tient un bloc-notes mensuel.

En 1986, il effectue un voyage en Ethiopie où le « Negus Rouge », Mengistu, organise de gigantesques et meurtriers déplacements de population forcés. De ce séjour, ainsi qu’un séjour dans les provinces en guerre d’Erythrée et du Tigré, il rapporte un grand reportage (« Les camions venus d’Europe arrivent en Illubabor bourrés de bétail humain », L’Evénement du jeudi, 25 septembre 1986) dans lequel il met en cause les effets pervers d’une aide humanitaire qui, lorsqu’elle est aveugle et déliée de toute considération politique, accélère la barbarie. La publication de ce reportage provoque un vif débat au sein d’Action Internationale contre la Faim. Mis en minorité, il quitte, avec Gilles Hertzog et quelques autres, l’association qu’il a fondée. Parutions de « Questions de Principe Deux » (Le Livre de Poche) qui rassemble des articles et essais parus dans la presse française et internationale.

En 1987, Bernard-Henri Lévy publie l’Eloge des Intellectuels. Il y interroge le rôle des intellectuels au vingtième siècle. A l’intellectuel engagé traditionnel (né avec l’Affaire Dreyfus), il oppose un « intellectuel du troisième type » (dont « la présence » dans la « cité moderne » est, dit-il, une « clé de la démocratie »).

1973 – 1980

Repéré par Françoise Verny en 1973, il entre aux Editions Grasset comme directeur de trois collections (Enjeux, Figures, Théoriciens), avant de devenir, en 1976, le chef de file du courant des « Nouveaux Philosophes» avec Jean-Paul Dollé, Christian Jambet, Guy Lardreau, André Glucksmann, Jean-Marie Benoist et quelques autres. A partir de l’année suivante, il dirige la section « Idées » du Quotidien de Paris et collabore au Nouvel Observateur.

 

Il fonde, avec Michel Butel, en 1975 un quotidien à l’existence éphémère : «L’Imprévu ».

L’été de la même année, il se rend au Portugal où il se lie d’amitié avec l’officier d’extrême-gauche Otelo de Carvalho. Il en rapporte un long reportage, cosigné avec Gilles Hertzog, que publiera Le Monde Diplomatique.

Après le Portugal, il effectue un voyage en Angola, dans les maquis de Jonas Savimbi, avec Gilles Hertzog et Dominique de Roux.

En 1976, il rencontre Louis Aragon qui lui fait jouer le rôle de Paul Denis dans une adaptation de « Aurélien » par Michel Favart et Françoise Verny.

 

C’est, en 1977, la parution, de « La Barbarie à visage humain » chez Grasset qui crée le phénomène « BHL » : cet essai, qui s’en prend, par delà fascisme, stalinisme et marxisme, à « l’idéologie progressiste », provoque des discussions passionnées et connaît un succès immédiat.

Porté par le double parrainage de Roland Barthes et Philippe Sollers, il se vend à des centaines de milliers d’exemplaires et est traduit dans toutes les langues. En Italie, c’est Leonardo Sciascia qui préfacera l’ouvrage. En Espagne et en Amérique latine, c’est Octavio Paz qui le portera sur les fonds baptismaux.

 

En 1978, il se rend en Argentine au moment de la coupe du monde, avec une fausse accréditation de journaliste sportif. Mais, est arrêté dès son arrivé à Buenos Aires. Après une brève incarcération, il publie dans Le Nouvel Observateur et dans New Republic un reportage sur les violations des droits de l’homme dont le régime argentin se rend coupable.

Le « Le Testament de Dieu » paraît en 1979, toujours chez Grasset. Démarrant là où « La Barbarie à visage humain » s’arrêtait, il propose une réponse au nihilisme et au désenchantement contemporains. Cette réponse, Bernard-Henri Lévy la trouve dans le texte biblique. Le livre est salué par Emmanuel Levinas, auquel l’auteur se réfère à de nombreuses reprises.

Bernard-Henri Lévy se rend fréquemment en Italie où il participe activement, dans les cercles de gauche et d’extrême-gauche, parfois au contact du psychanalyste Armando Verdiglione, au combat intellectuel contre le terrorisme ; soucieux, comme il le dit, de « combattre l’adversaire sur son terrain », il donne au quotidien alternatif « Lotta Continua » des textes où il souligne la généalogie fasciste du terrorisme d’extrême-gauche.

Il se lie, à Paris, avec Romain Gary qu’il verra régulièrement, jusqu’à la veille de sa mort.

Il fonde en 1980 avec Jacques Attali, Françoise Giroud, Marek Halter, Maria-Antonietta Macciocchi et d’autres « Action internationale contre la Faim » . Il épouse Sylvie Bouscasse (François Mitterand est d’ailleurs le témoin de mariage) avec laquelle il aura un fils, Antonin-Balthazar-Solal.

1948 – 1972

Né le 5 novembre 1948 à Béni-Saf, en Algérie, près d’Oran, Bernard-Henri Lévy passe son enfance au Maroc puis, très tôt, en France où sa famille s’installe dès 1954. Il fait ses études au Lycée Pasteur de Neuilly où ses parents résident. Après une « Hypokhâgne » et une « Khâgne » au Lycée Louis-le Grand, à Paris, cette ceinture noire de judo entre (septième) à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm où il est élève de Jacques Derrida et Louis Althusser et où il se rapproche, sans toutefois y adhérer, des groupes maoïstes (UJCML, puis Gauche Prolétarienne) qui ont, en ce temps-là, la faveur des Normaliens.

En 1969, il effectue un long séjour au Mexique ; en sort un texte intitulé « Mexique, nationalisation de l’impérialisme » publié par « Les Temps Modernes ». L’été de la même année, il se rend en Israël, pays qu’il connaît depuis deux ans déjà puisqu’il s’y était rendu au dernier jour de la Guerre des Six Jours – rompant, de la sorte, avec l’antisionisme de réflexe de la plupart de ses camarades.

De ce second voyage, il tire un texte, paru dans la Revue du « Comité de la Gauche pour la paix négociée au Proche-Orient » qu’anime Clara Halter et à laquelle collaborent, entre autres, Vladimir Jankélévitch, Jean-Pierre Faye, Jean-François Revel. Ce texte s’intitule « Sionismes en Palestine » et fixe une ligne dont Lévy ne déviera jamais : soutien inconditionnel à l’existence et à la sécurité d’Israël ; mais nécessité absolue, pour des raisons tant éthiques que politiques, d’un Etat palestinien souverain.

En 1970, En marge de sa scolarité à la Rue d’Ulm, il entre à Sciences Po, d’où il sera exclu, en cours d’année, pour indiscipline. Il soutient, sous la direction de Michel Serres, son mémoire de maîtrise sur le thème : « Formation et Déplacement des concepts scientifiques selon Georges Canguilhem ». Parallèlement, il collabore au quotidien « Combat », dirigé par Philippe Tesson auquel il donne un long reportage sur l’Irlande du Nord en guerre ainsi que des enquêtes sur la paysannerie française.

En Juin 1971, il est reçu huitième à l’agrégation de philosophie. En septembre, il dépose, sous la direction de l’économiste et historien Charles Bettelheim (que lui présente Althusser) un sujet de thèse de III° cycle « impérialisme et colonialisme interne ».

En novembre de la même année, répondant à l’appel lancé par André Malraux pour la constitution d’une brigade internationale en faveur du Bangladesh, il part pour l’Inde, puis pour le Bangladesh où il passera plusieurs mois : d’abord correspondant de guerre pour le quotidien « Combat » ; puis fonctionnaire-vacataire, chargé des problème de « planification» , pour le jeune gouvernement de Mujibur Rahman, premier président du Bangla-Desh. Ce long séjour au Bangla-Desh fournit la matière de son premier livre, « Bangla-Desh, Nationalisme dans la Révolution » , publié, en 1973, dans la Collection « Cahiers Libres » des Editions Maspéro qui est, en ce temps-là, l’un des lieux de ralliement de l’extrême-gauche intellectuelle. (Ce livre sera réédité en 1985, sous le titre « Les Indes Rouges » au Livre de Poche).

De retour en France en 1972, il commence à enseigner, d’abord au Lycée de Luzarches en région parisienne ; puis, pendant deux ans, à l’Université de Strasbourg où il donne un cours d’épistémologie et à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm où il tient un séminaire sur le thème « Politiques de Nietzsche».

Rompant avec l’idéologie de l’extrême-gauche, il est choisi par François Mitterrand pour faire partie du « Groupe des Experts» où siègent des hommes et femmes comme Michel Rocard, Laurent Fabius, Edith Cresson, Pierre Bérégovoy, Jacques Attali, Jean-Pierre Chevènement, Kathleen Evin, Jacques Delors ; il y restera, chargé de la question de l’ « Autogestion » , jusqu’en 1976.
En 1972 toujours, naît Justine-Juliette de l’union de Bernard-Henri Lévy avec Isabelle Doutreluigne (décédée en 2003).