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	<title>Bernard-Henri Lévy &#187; De la guerre en philosophie</title>
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	<description>Des raisons dans l&#039;histoire</description>
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		<title>BHL sans masque &#8211; Entretien de B. H. Lévy avec J. Vebret &#8211; Le Magazine des livres Mars 2010 (Extrait)</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/bhl-sans-masque-entretien-de-b-h-levy-avec-j-vebret-le-magazine-des-livres-mars-2010-extrait-4523.html</link>
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		<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 18:48:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[
Je ne connaissais pas Le Magazine des Livres dont mes amis parisiens me disent qu&#8217;il est un magazine de haut niveau qui se situe quelque part entre Lire et Le Magazine Littéraire. Mais je dois dire que je suis heureuse de le découvrir et de le faire découvrir à ceux des familiers de ce site [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-4524" title="MdL5-couv(V5) (Page 1)" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/03/MdL23-233x300.jpg" alt="MdL5-couv(V5) (Page 1)" width="233" height="300" /></p>
<p>Je ne connaissais pas <em>Le Magazine des Livres</em> dont mes amis parisiens me disent qu&#8217;il est un magazine de haut niveau qui se situe quelque part entre <em>Lire</em> et <em>Le Magazine Littéraire</em>. Mais je dois dire que je suis heureuse de le découvrir et de le faire découvrir à ceux des familiers de ce site qui, comme moi, ne le connaitraient pas non plus. Tout y est passionnant, <span id="more-4523"></span> depuis le &laquo;&nbsp;noir génie d&#8217;Alexandre Dumas&nbsp;&raquo;  jusqu&#8217;au &laquo;&nbsp;Valéry dans tous ses états&nbsp;&raquo; en passant par  l&#8217;enquête sur le plagiat ou la série de &laquo;&nbsp;bonnes feuilles&nbsp;&raquo; dont l&#8217;éclectisme témoigne d&#8217;une ouverture d&#8217;esprit qui se fait rare dans un Paris balkanisé en chapelles et en sectes rivales. Mais ce qui nous intéresse, ici, le plus c&#8217;est evidemment l&#8217;ensemble sur Bernard-Henri Lévy. Cet ensemble (qui fait la couverture du magazine) est constitué, d&#8217;abord, d&#8217;un long entretien, sans complaisance ni compromis, avec le directeur, Joseph Vebret, qui m&#8217;a confié un petit texte où il s&#8217;explique sur sa rencontre avec l&#8217;auteur de &laquo;&nbsp;<strong><em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/de-la-guerre-en-philosophie">De la Guerre en philosophie</a></em></strong>&nbsp;&raquo; ; et puis, ensuite, d&#8217;un long texte de Fred Vargas où celle-ci, généralement avare de ses apparitions médiatiques, nous parle de son lien avec Bhl noué dans le feu de l&#8217;affaire Battisti. Pour toutes ces raisons j&#8217;invite instamment mes lecteurs à se plonger dans ce magazine et, comme moi, à apprendre à le connaître. Il est disponible dans tous les kiosques. Bonne lecture !<br />
<strong>Liliane Lazar</strong></p>
<p> </p>
<p style="text-align: center;">_______________________________</p>
<p> &nbsp;&raquo;Qu’un intellectuel se fasse piéger par un canular éventé aurait presque tendance à me le rendre sympathique ; à montrer qu’un philosophe n’est finalement qu’un homme comme les autres, avec ses faiblesses, ses défauts, ses qualités, cette part d’intime, de secret, de non-dit qui lui permet aussi d’appréhender et d’expliquer le monde. Rien de plus normal que les médias s’emparent de « l’affaire » pour stigmatiser l’ouvrage renfermant vers la fin cinq lignes coupables de faire référence à un auteur qui n’existe pas – ou qui plutôt existe à travers un autre, car quoi qu’on en dise, Botul existe, au même titre qu’Émile Ajar et même Don Juan, Emma Bovary ou Lafcadio, auxquels on a fait dire beaucoup de choses sans pour autant que cela déclenche une telle réaction en chaine.</p>
<p>Loin de moi l’idée de voler au secours de Bernard-Henri Lévy ; il a les moyens de se défendre seul. Mais simplement constater le systématisme des attaques depuis trois décennies, la part de mauvaise foi qui accompagne parfois, souvent, l’hallali, la forme vilipendée au détriment du fond, et, comme le souligne fort justement Josyane Savigneau dans <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/bhl-contre-bernard-henri-levy-par-josyane-savigneau-le-monde-du-16022010-4207.html"><em>Le Monde</em> du 16 février 2010 </a>(dont le titre résume à la fois la situation et le personnage : <em>« BHL contre Bernard-Henri Lévy »</em>), <em>« la manière dont on se saisit de telle ou telle erreur pour invalider tout le travail et toute la pensée de quelqu’un »</em>. Ou encore, comme le dit Bernard-Henri Lévy, cette <em>« volonté de ne pas lire les livres »</em>, cette <em>« haine de la pensée »</em>. Que l’on déteste, ou que l’on adhère à la démarche de BHL, force est de constater chez certains une volonté de faire comme si ses livres n’existaient pas.</p>
<p>Parce qu’il est aussi un écrivain en quête de sens à travers la littérature (lire à ce sujet son approche de Romain Gary dans <em>Pièces d’identité</em>, recueil de textes passé à la trappe dans la déferlante Botul), et dans ma propre quête de sens à travers l’acte fondateur du désir et du besoin d’écrire chez les écrivains, j’ai eu à cœur de m’éloigner des revues de presse pour approcher l’homme en direct, poser mes propres questions, forger ma propre opinion. Et voici le résultat.&nbsp;&raquo;<br />
<strong>Joseph Vebret – <em>Le magazine des Livres</em></strong></p>
<p align="center"><strong> </strong></p>
<h1 style="text-align: center;"><span style="color: #993300;">Extrait de l&#8217;entretien de Bernard-Henri Lévy et de Joseph Vebret.</span></h1>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;"><strong><em>Mise en ligne intégrale prévue le 15 avril 2010</em></strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Bernard-Henri  Lévy        </strong><strong>SANS MASQUE</strong></p>
<p><strong> Joseph Vebret</strong>  : <strong><em>Évacuons tout de suite l’affaire Botul. Comment expliquez-vous que depuis plus de trente ans et trente-six livres, on vous « cherche » encore ? Sur la forme plus que sur le fond, d’ailleurs…</em></strong><br />
<strong>B.-H. Lévy</strong> : Parce que sur le fond, il n’y a pas beaucoup de reproches à me faire. Quand on regarde bien, je me suis finalement assez peu trompé. Je ne me suis pas trompé sur le communisme. Je ne me suis pas trompé sur le fascisme à la française et sur Le Pen. Je ne me suis pas trompé sur le Pakistan. Je ne me suis pas trompé sur l’islamisme radical. Je ne me suis pas trompé sur l’analyse de la volonté de pureté, donc des intégrismes. Je n’ai pas écrit d’hommage à la révolution iranienne. Je n’ai pas fébrilement cherché de pizzerias à Pristina. Je n’ai pas chanté les louanges de quelque dictateur que se soit, jamais. Eh bien voilà. C’est peut-être parce que, sur le fond, il n’est pas facile de me faire des reproches que l’on m’en fait sur des points de détail tels que celui que vous évoquez. L’un est lié à l’autre. C’est peut-être quand quelqu’un n’a pas dit trop de bêtises sur le fond qu’on lui cherche noise sur la forme. Classique…</p>
<p> <br />
<strong><em>Vous dites être le symptôme d’un climat général – populisme, hostilité aux élites, anti-intellectualisme. Ce climat a-t-il évolué ou est-ce le même depuis trois décennies ?</em></strong><br />
Je crois que c’est de pire en pire et que la volonté de ne pas lire grandit. Il me semble, si vous préférez, que le désir de se débarrasser des livres est de plus en plus vif. Aujourd’hui, on ne brûle plus un livre par le feu mais par le buzz. Mais le désir de brûler, le désir d’effacer les livres, le désir de ne pas les lire, le désir de faire, tout simplement, comme s’ils n’existaient pas est peut-être plus vif aujourd’hui qu’il y a trente ou quarante ans. Et encore ! Je ne suis qu’un cas parmi d’autres, beaucoup d’autres, et qui sont autrement plus importants que le mien…</p>
<p> <br />
<strong><em>Vous vous positionnez comme un philosophe de terrain, allant là où il se passe quelque chose qui doit être dénoncé. Peut-être est-ce la médiatisation liée à cette démarche qui dérange vos détracteurs…</em></strong><br />
Attendez. Il y a, quand même, un point d’ordre. Ce n’est pas moi, que je sache, qui oblige les journaux à s’intéresser à moi. Prenons votre exemple. Vous êtes là, devant moi. D’où vous est venue l’idée de venir me voir ? Quelqu’un a-t-il fait pression sur vous ? Et si oui, qui ? Quand ? Comment ? Vous savez bien que ce n’est pas le cas. Mais reste entière, alors, la question de savoir pourquoi tant de journalistes dépensent tant d’énergie à dire que je ne mérite pas une seconde d’attention ; pourquoi ils sont si nombreux à me tendre le micro afin de pouvoir me dire, ensuite, que je parle trop.</p>
<p> </p>
<p><strong><em>On pourrait penser que vous pouvez être vous-même provocateur et que vous cherchez le buzz : votre portrait dans</em> Le Point<em> par Christine Angot, le livre avec Michel Houellebecq, comme de parler de stigmates…</em></strong><br />
Ce n’est pas moi qui ai raconté cette histoire de stigmates. Et, concernant Christine Angot, je ne suis pas directeur du <em>Point</em>. Je suis très heureux de cet article. Et il a été l’occasion, pour moi, d’une vraie rencontre d’écrivains. Mais je vous précise quand même que, non seulement ce n’est pas moi qui, encore une fois, ai demandé l’article, mais que je n’en ai même pas eu l’idée. Pour mettre les points sur les i, c’est du romancier Christophe Onot-Dit-Bio, par ailleurs directeur adjoint du magazine, qu’est venue l’initiative…</p>
<p> <br />
<strong><em>Vous avez tout de même une certaine influence au </em>Point<em>…</em></strong><br />
Arrêtons avec l’influence ! Les journaux font ce qu’ils veulent. Et comme ce ne sont pas des entreprises philanthropiques, ils font, plus exactement, ce qui leur semble conforme à leurs intérêts et de nature à intéresser leurs lecteurs. Point. C’est quand même bizarre qu’il faille passer tant de temps, même chez vous, à rappeler cette évidence… Après, vous me parliez de quoi ? Oui, Michel Houellebecq. Mon livre avec Michel Houellebecq comme autre « provocation » dont je me serais rendu coupable. Allons ! Pas vous, là non plus ! Pas ici ! On n’en est quand même pas au point où, quand deux écrivains se rencontrent, se parlent, s’écrivent, et essaient d’aller au fond des choses, le seul mot qui vient à l’esprit est celui de « provocation »…</p>
<p> </p>
<p><span style="color: #993300;"><strong><em>Mise en ligne intégrale prévue le 15 avril 2010</em></strong></span></p>
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		<item>
		<title>Liliane Lazar et le «phénomène BHL» &#8211; La Gazette de Berlin 01/03/2010</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/liliane-lazar-et-le-%c2%abphenomene-bhl%c2%bb-la-gazette-de-berlin-01032010-4481.html</link>
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		<pubDate>Fri, 12 Mar 2010 10:48:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[ Admiratrice de Bernard-Henri Lévy depuis leur première rencontre en 1980, Liliane Lazar est à l&#8217;origine du site internet qui regroupe l&#8217;œuvre de l&#8217;auteur et qui est devenu aujourd&#8217;hui son site officiel. Cette professeur d&#8217;université (Hofstra University, Long Island) spécialisée dans la littérature française au XXème siècle a étudié l&#8217;œuvre de Bernard-Henri Lévy en détail. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/03/la-gazette-de-berlin-logo-300x70.jpg" alt="la gazette de berlin logo" title="la gazette de berlin logo" width="300" height="70" class="alignleft size-medium wp-image-4505" /><span style="color: #000000;"> Admiratrice de Bernard-Henri Lévy depuis leur première rencontre en 1980, Liliane Lazar est à l&#8217;origine <span id="more-4481"></span>du site internet qui regroupe l&#8217;œuvre de l&#8217;auteur et qui est devenu aujourd&#8217;hui son site officiel. Cette professeur d&#8217;université (Hofstra University, Long Island) spécialisée dans la littérature française au XXème siècle a étudié l&#8217;œuvre de Bernard-Henri Lévy en détail. Elle explique à la Gazette de Berlin sa passion ainsi que le « phénomène BHL.      </p>
<h6 style="margin: 0px;"><span style="color: #800000;">La Gazette de Berlin : Vous consacrez beaucoup de temps pour suivre et archiver le travail de M. Lévy. Qu’est-ce qui vous passionne autant chez Bernard-Henri Lévy ? </span></h6>
<p><strong>Liliane Lazar :</strong> Ma passion pour Bernard-Henri Lévy remonte à  la découverte de son œuvre, il y a plus de trente ans. Spécialiste du vingtième siècle, j’ai lu, écrit  et enseigné les œuvres de Camus, Beauvoir, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html" title="Jean-Paul Sartre">Sartre</a> et Malraux. Pour moi, l’action et l’œuvre de Bernard-Henri Lévy est la continuation vivante de l’idéal sartrien et beauvoirien.  Comme <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html" title="Jean-Paul Sartre">Sartre</a> et Beauvoir, Bernard-Henri Lévy éprouve la nécessité d’agir et de se plonger dans les problèmes contemporains et humains. Pour Bernard-Henri Lévy comme <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html" title="Jean-Paul Sartre">Sartre</a> et Beauvoir, la réflexion est inséparable de l’action. Il faut s’engager et se battre pour défendre les causes des droits humains. Pour ces écrivains, le philosophe doit intervenir dans les débats de notre temps. Il ne doit pas se retirer dans sa tour d’ivoire. J’admire que l’engagement et l’œuvre de Bernard-Henri Lévy reflète ses convictions ainsi que son désir de nous informer et de témoigner sur des causes impopulaires ou des ‘guerres oubliées’ (le titre  d’un des témoignages de Bernard-Henri Lévy parus dans <em>Le Monde</em> en Angola, le Burundi, Sri Lanka, La Colombie  et le Soudan. Il est un des premiers à témoigner sur les massacres en Bosnie, et au Darfour sur le génocide rwandais. Comme il l’a dit lui-même plusieurs fois, il ne veut pas transformer le monde, mais le réparer là où son action peut compter. Il est notre Cyrano du XXIème siècle  par son panache, sa fougue, son courage à défendre les causes qui lui sont chères. Si je partage ses convictions, je suis aussi une  lectrice de ses livres que j’ai tous lus. J’admire le style BHL, c’est à dire  ce style limpide mais d’une grande richesse de vocabulaire et d’images. Il a le talent de nous rendre accessible et clair des œuvres ardues comme celles de Levinas, Hegel, Heidegger, Nietzsche.</p>
<h6 style="margin: 0px;"><span style="color: #800000;">La Gazette : Sur votre site, vous constatez » qu’on peut aimer ou détester BHL, mais on ne peut rester indifférent. » Comment expliquez-vous ce phénomène ? </span></h6>
<p style="margin: 0px;"> <strong>L. L. : </strong>BHL n’est  pas pour les tièdes. Il est très clair au sujet de ses prises de position : son anti-anti-américanisme, son anti -marxisme, son soutien pour Israēl.  Il défend ses idées et ses convictions avec passion. Il n’a pas peur de s’engager pour des sujets de controverse ou des personnes qui ne recueillent pas toujours un accord unanime, telles Salman Rushdie, Romain Polanski, Pie XII. Il n’évite pas les confrontations.  D’où les haines intellectuelles, les critiques venimeuses, les attaques mesquines contre sa personne, sa richesse qui excite les jalousies. On s’en prend à des détails vestimentaires pour le ridiculiser.</p>
<p style="margin: 0px;"> </p>
<h6 style="margin: 0px;"> <span style="color: #800000;">La Gazette : Que pensez-vous de la dernière polémique autour de M. Lévy et ce philosophe inventé Jean-Baptiste Botul ?</span></h6>
<p style="margin: 0px;"> <strong>L. L. :</strong> Beaucoup de bruit pour rien. Qui n’a jamais fait d’erreur, jette la première pierre. BHL a d’ailleurs reconnu son erreur avec grâce et panache. Ce déchainement  de plaisanteries de mauvais goût  à son égard ne peut s’expliquer que par la jalousie et l’envie que suscitent son succès dans les media.</p>
<p style="margin: 0px;"> </p>
<h6><span style="color: #800000;">La Gazette : M. Pagès, le créateur de Jean-Baptiste Botul s’est interrogé sur’ la manière de travailler’ de M. Lévy. Vous qui connaissez bien son œuvre que lui répondriez-vous ?</span></h6>
<p style="margin: 0px;"> <strong>L. L. : </strong>Je n’ai pas lu l’article de M. Pagès. Par contre, j’ai lu les critiques de Vidal-Naquet  et celles de Deleuze. S’il y a des erreurs factuelles dans quelques uns de ses livres, cela me semble moins important  que de faire comprendre ou de donner une nouvelle interprétation  d’une œuvre ou d’un auteur comme il l’a fait dans <em>Le Siècle de Sartre.</em> BHL fait ses recherches lui-même, mais au lieu de nous donner une longue liste se ses lectures, il assimile et interprète les textes de cet auteur pour nous révéler un nouvel ou autre aspect de ce écrivain. Il donne envie de relire <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html" title="Jean-Paul Sartre">Sartre</a> ou de contredire les thèses de Bernard-Henri Lévy. Ses livres sont souvent ses interprétations personnelles  telles <em>Les</em> <em>derniers jours de Charles Baudelaire</em>.  Il sait rendre un auteur vivant er donne un regain d’intérêt  pour l’œuvre de cet auteur. <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html" title="Jean-Paul Sartre">Sartre</a> avait fait de même avec son <em>Baudelaire</em> qui<em> </em>était une biographie très subjective de Baudelaire.</p>
<p style="margin: 0px;">Bernard-Henri Lévy  n’est pas  dans le monde académique, il n’enseigne pas et n’a pas le luxe d’avoir des étudiants qui font ses recherches et travaillent patiemment et assidûment pour vérifier et corriger des erreurs factuelles. Au moins a-t-il  le mérite de faire ses recherches alors qu’il parcourt le monde, , dirige la revue littéraire <em>La Règle du Jeu,</em> écrit un bloc-notes hebdomadaire dans <em>Le Point</em>, donne des conférences dans d’ illustres universités,  et de nombreux entretiens dans les media.</p>
<p style="margin: 0px;">  </p>
<p style="margin: 0px;"><em>Liliane Lazar a grandi et fait toutes ses études scolaires à Paris. Après une année de Droit, elle est partie aux USA comme étudiante, s&#8217;est mariée et a continué ses études universitaires à l&#8217;Université de Columbia, New York. Sa thèse de doctorat (Ph.D) portait sur l&#8217;œuvre de Simone de Beauvoir.Secrétaire générale de la Société internationale Simone de Beauvoir depuis 1983, elle a écrit de nombreux articles pour les études beauvoriennes. Elle a également été professeur de Français à Hofstra University, New York. Elle a rencontré Bernard-Henri Lévy à New York University en 1980, lors d&#8217;un séminaire qui allait donner naissance à L&#8217;Ideologie Française. En 1999, elle a créé un site d&#8217;archives sur l&#8217;œuvre de Bernard-Henri Lévy et dirige maintenant le site <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/">www.bernard-henri-levy.com</a></em></p>
<p style="margin: 0px;"> <strong>par Alexandra Friedmann</strong></p>
<p style="margin: 0px;"><strong> </strong></p>
<p></span></p>
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		</item>
		<item>
		<title>&#171;&#160;Citizen Lévy&#160;&#187; ? &#8211; par Véronique Maurus &#8211; le Monde du 05/03/2010</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/citizen-levy-par-veronique-maurus-le-monde-du-05032010-4452.html</link>
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		<pubDate>Mon, 08 Mar 2010 09:54:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>

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		<description><![CDATA[Cher Bernard-Henri Lévy, c&#8217;est avec gratitude et au nom de tous mes collègues médiateurs que je m&#8217;adresse à vous. Au palmarès des sujets réactifs, vous êtes l&#8217;une de nos valeurs les plus sûres. Qu&#8217;on énonce votre nom ou votre sigle (BHL), aussitôt les réactions affluent. Plus ou moins critiques, parfois douteuses mais toujours passionnées, elles [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="TEXT-ALIGN: justify"><span style="color: #000000;"><img class="alignleft size-full wp-image-4454" title="le monde" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/03/le-monde.jpg" alt="le monde" width="132" height="88" />C</span>her Bernard-Henri Lévy, c&#8217;est avec gratitude et au nom de tous mes collègues médiateurs que je m&#8217;adresse à vous. <span id="more-4452"></span>Au palmarès des sujets réactifs, vous êtes l&#8217;une de nos valeurs les plus sûres. Qu&#8217;on énonce votre nom ou votre sigle (BHL), aussitôt les réactions affluent. Plus ou moins critiques, parfois douteuses mais toujours passionnées, elles stimulent de surcroît l&#8217;inventivité de nos lecteurs en matière d&#8217;apostrophes et d&#8217;épithètes variées : &laquo;&nbsp;paltoquet&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;courant d&#8217;air&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;bateleur&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;mirage&nbsp;&raquo;, pour ne citer que les plus banales, ou, plus recherchées : &laquo;&nbsp;Archiloque tirant derrière lui son renard&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Malraux au petit pied&nbsp;&raquo;, etc.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">La polémique née de votre bévue littéraire, analysée en Page trois du Monde, le 16 février, puis relancée, le 28, par un plaidoyer de Ségolène Royal &#8211; autre &laquo;&nbsp;valeur sûre&nbsp;&raquo; du Courrier des lecteurs &#8211; a alimenté nos boîtes sans discontinuer depuis deux bonnes semaines, une aubaine en période creuse de congés scolaires !</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Trêve de plaisanterie. Reste à répondre, car, une fois écartés les noms d&#8217;oiseaux, ce courrier est plus balancé qu&#8217;on ne l&#8217;a dit, et pose quelques vraies questions. Ainsi, la page consacrée aux derniers livres de Bernard-Henri Lévy n&#8217;a pas suscité que des critiques, tant s&#8217;en faut. &laquo;&nbsp;Josyane Savigneau replace parfaitement le faux débat dans son contexte&nbsp;&raquo;, note Jean-Pierre Netter (Paris). &laquo;&nbsp;Totalement à contre-courant et de l&#8217;encensoir et de la guillotine sans pour autant tomber dans le relativisme tiède, tout sonne juste dans cet article&nbsp;&raquo;, ajoute Bernard Marchois (Couternon, Côte-d&#8217;Or).</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">&laquo;&nbsp;Le propos de Bernard-Henri Lévy sur Kant est-il, malgré tout, pertinent ? Telle est l&#8217;excellente question posée par votre page, analyse Illa Weilerswist (Paris). Aurait-on oublié que la philosophie est, par définition, la recherche de la vérité et que se tromper fait partie du défi de départ (&#8230;). Celui qui tente, qui ose, s&#8217;expose à toutes les critiques, à toutes les haines. Bernard-Henri Lévy s&#8217;est trompé &#8211; sur une part infime de son travail &#8211; et soudain cet homme, que je n&#8217;aimais guère, m&#8217;est apparu infiniment sympathique !&nbsp;&raquo;</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">René Martin (Antony, Hauts-de-Seine) souligne, lui, que &laquo;&nbsp;l&#8217;invention du désormais fameux Jean-Baptiste Botul et de son oeuvre&nbsp;&raquo; n&#8217;est pas seulement due à Frédéric Pagès, au demeurant un &laquo;&nbsp;authentique autant que talentueux philosophe&nbsp;&raquo;, mais qu&#8217;elle &laquo;&nbsp;est un canular collectif réalisé par un groupe d&#8217;intellectuels. Cette &laquo;&nbsp;forgerie&nbsp;&raquo; à plusieurs mains est à rapprocher de l&#8217;invention du pseudo-mathématicien russe Nicolas Bourbaki, réalisée en 1935 par un groupe de matheux normaliens&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Tous les messages ne sont, bien entendu pas aussi favorables, surtout ceux réagissant à la tribune publiée par Ségolène Royal. &laquo;&nbsp;Qu&#8217;est-ce que cette pipolade ? Assez de ce microcosme parisien infertile !&nbsp;&raquo;, proteste Mme E. Semprey (courriel).</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">La majorité met en cause les liens qu&#8217;entretient BHL avec les médias. &laquo;&nbsp;En dépit de l&#8217;habitude ancrée dans les milieux journalistiques et littéraires, un agrégé de philosophie n&#8217;est pas un philosophe. Ce label se gagne autrement, et BHL est encore loin de l&#8217;avoir mérité&nbsp;&raquo;, note Jean-Luc Déléris (Figeac, Lot). &laquo;&nbsp;Bernard-Henri Lévy a compris les règles du succès médiatique dans notre société du spectacle, les moyens de se constituer des réseaux, de faire parler de lui. Même si ce réseau d&#8217;influences trouve ses limites &#8211; il n&#8217;a jamais décroché le prix Goncourt -, il est quand même à l&#8217;origine de son succès et de sa fortune : combien de ses admirateurs ont lu ses ouvrages ?&nbsp;&raquo;, ajoute Elie Arié (Paris).</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">&laquo;&nbsp;Bernard-Henri Lévy n&#8217;est pas seulement un auteur-philosophe prolifique et une star médiatique. Il est bien plus que cela : le représentant des &laquo;&nbsp;maîtres de forges&nbsp;&raquo; de l&#8217;opinion. L&#8217;embarras de l&#8217;ensemble de notre presse nationale &#8211; laquelle s&#8217;était ruée dans la louange d&#8217;ouvrages qu&#8217;elle n&#8217;avait pas pris le soin d&#8217;étudier &#8211; n&#8217;est autre que sa crainte devant les puissances d&#8217;argent dont elle dépend étroitement. Il n&#8217;y a pas lieu d&#8217;opposer &laquo;&nbsp;BHL&nbsp;&raquo; à Bernard-Henri Lévy, comme Josyane Savigneau l&#8217;a fait, mais de s&#8217;interroger sur la relation entre ce personnage forgé, &laquo;&nbsp;Citizen Lévy&nbsp;&raquo;, devant qui la presse se met à trembler, et le citoyen Bernard-Henri Lévy, qui, au demeurant, en est le premier accablé&nbsp;&raquo;, renchérit Henri Crétella (courriel).</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify"><em>Le Monde</em>, pourtant, n&#8217;a pas consacré un espace exagéré aux derniers livres de BHL. Hors la tribune de Ségolène Royal et un court billet sur l&#8217;affaire Botul, l&#8217;article de Josyane Savigneau a tenu lieu de critique, ce qui n&#8217;a rien d&#8217;exceptionnel. A l&#8217;origine, ce devait être un portrait littéraire. Il a été transformé en Page trois, en raison de l&#8217;ampleur prise par la controverse. Ce faisant, il a pu apparaître en défense, ce qui n&#8217;était pas l&#8217;intention initiale. &laquo;&nbsp;En Page trois, on ne peut pas écrire une simple critique de livre, explique Josyane Savigneau. D&#8217;ailleurs pourquoi faudrait-il être en attaque comme s&#8217;il n&#8217;avait rien écrit ? On réagit comme si c&#8217;était un imposteur mais son gros recueil est très intéressant. Et l&#8217;erreur sur Botul n&#8217;invalide pas ses propos sur Kant.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Ajoutons, pour rassurer nos lecteurs, que Bernard-Henri Lévy ne possède aucun intérêt dans <em>Le Monde</em>. S&#8217;il a beaucoup signé, jadis, dans nos colonnes, notamment de 1998 à 2001, avec une série de reportages engagés, il n&#8217;a pas bénéficié d&#8217;un traitement de faveur en matière de critique &#8211; ses documentaires, pièce et film ont d&#8217;ailleurs été éreintés. De plus, le rythme de ses articles, ces dernières années, ne dépasse pas la moyenne : quatre tribunes depuis un an, dont trois en cosignataire sur l&#8217;Unesco. &laquo;&nbsp;En général, ce sont des textes brefs, bien écrits portant sur de vrais sujets comme la Birmanie, la Géorgie, l&#8217;antisémitisme, et défendant des valeurs que nous partageons&nbsp;&raquo;, note Gérard Courtois, directeur éditorial.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">&laquo;&nbsp;Citizen Lévy&nbsp;&raquo; est donc un mythe &#8211; à l&#8217;instar du magnat de la presse héros du Citizen Kane d&#8217;Orson Welles. Sa présence dans les médias s&#8217;explique beaucoup plus simplement par un vrai talent de plume, trente-six livres publiés, un goût affirmé du spectacle et une réalité bassement commerciale : symbole d&#8217;une &laquo;&nbsp;intelligentsia parisienne&nbsp;&raquo; de plus en plus vilipendée, &laquo;&nbsp;BHL&nbsp;&raquo;, comme une marque, appâte néanmoins lecteurs et auditeurs. La preuve ? Précisément l&#8217;ampleur des réactions qu&#8217;il suscite.<br />
<strong>Véronique Maurus</strong></p>
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		<title>B.H. Lévy invité de Karl Zéro (BFM TV)</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Mar 2010 10:49:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Entre Karl Zero et Bernard-Henri Lévy c&#8217;est une vieille relation d&#8217;amitié. Karl n&#8217;incarnait-il pas le producteur méphistophélique du film de Bernard-Henri Lévy, Le Jour et la Nuit ? Là, ils parlent philosophie. Karl Zero demande: &#171;&#160;pourquoi tant de haine ?&#160;&#187;. Lévy lui répond sur un ton d&#8217;humour et, même, de franche rigolade qu&#8217;on ne lui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/03/BHL-BFM-1-300x256.jpg" alt="BHL BFM 1" title="BHL BFM 1" width="300" height="256" class="alignleft size-medium wp-image-4449" /><br />
Entre Karl Zero et Bernard-Henri Lévy c&#8217;est une vieille relation d&#8217;amitié.<span id="more-4444"></span> Karl n&#8217;incarnait-il pas le producteur méphistophélique du film de Bernard-Henri Lévy, <em>Le Jour et la Nuit</em> ? Là, ils parlent philosophie. Karl Zero demande: &laquo;&nbsp;pourquoi tant de haine ?&nbsp;&raquo;. Lévy lui répond sur un ton d&#8217;humour et, même, de franche rigolade qu&#8217;on ne lui voit pas souvent. A noter que Zero et Levy se vouvoient ! Oui, oui, vous m&#8217;avez bien lu : Karl qui tutoie la terre entière, qui tutoie les futurs, anciens et présents présidents de la République, il y a une personne qu&#8217;il vouvoie, une seule, et c&#8217;est Bernard-Henri Lévy. Pourquoi ? Cette question, aussi, fait l&#8217;intérêt de cette vidéo.<br />
<strong>Liliane Lazar</strong></p>
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		<title>Reflections on Bernard-Henri Lévy &#8211; by Ségolène Royal &#8211; The Huffington Post 2010/03/01</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Mar 2010 11:58:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[I have been reading all that has been written recently about Bernard-Henri Lévy. I&#8217;ve been observing the incredible campaign of which he has been the object, impugned for an obscure story of a pseudonymous author who supposedly tricked him. And it seems to me the intellectual discourse in this case has descended to zero. (Wasn&#8217;t [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-4413" title="segolene royal" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/03/segolene-royal-150x150.jpg" alt="segolene royal" width="150" height="150" /><img class="alignright size-full wp-image-4412" title="logo huffington" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/03/logo-huffington.jpg" alt="logo huffington" width="142" height="122" />I have been reading all that has been written recently about Bernard-Henri Lévy. I&#8217;ve been observing the incredible campaign <span id="more-4411"></span>of which he has been the object, impugned for an obscure story of a pseudonymous author who supposedly tricked him. And it seems to me the intellectual discourse in this case has descended to zero. (Wasn&#8217;t the daily, <em>Libération</em>, forced to close the discussion section that usually accompanies articles about and by Bernard-Henri Lévy, due to an invasion of anti-Semitic comments?)</p>
<p>As I write these lines, I am absorbed by <em>Pièces d&#8217;Identité</em>, the most voluminous of his two books published just days ago. There I have found the voice and the passion of someone who supported me to the very end and beyond, never doubting or tiring. I found his texts concerning the Left, its future, its values, and its necessary reconstruction theoretical, often controversial, sometimes unjust, but always stimulating.</p>
<p>I read his prescient analyses, most of them published in the American press and consequently inaccessible to the better part of French readers, about the man who at that point would become President Barack Obama only in the distant future. I also found many other treasures about infinitely fascinating subjects I am less familiar with, ones I would be dismayed to see written off in the name of these petty and unjust controversies that hound him with every book he publishes but that seem to me, this time, to take on an unprecedented importance, encouraged by a new kind of cruelty.</p>
<p>The pages about Romain Gary, for example, are stunning in their truth. The portrait of Alberto Moravia, this great antifascist writer, fond of the good life, is striking. I learned a great deal in the course of the 300 pages that make up the heart of the book, entitled &laquo;&nbsp;The Spirit of Judaïsm.&nbsp;&raquo; I loved the pages on Jean Genet in Tangiers, and I devoured the series of articles that took this indefatigable globe trotter from one end of the earth to the other. And all that in only four years!</p>
<p>These one-thousand-three-hundred-some-odd pages recount just four years of wide-reaching and frenetic work. And I haven&#8217;t even mentioned the part of the book specifically concerning philosophy &#8212; these portraits of Louis Althusser, who was the teacher of Bernard-Henri Lévy and the youth of his generation, this reflection on evil that politicians would do so well to take as an inspiration, or these pages on Spinoza, &laquo;&nbsp;the philosopher of joy.&nbsp;&raquo;</p>
<p>It&#8217;s comical, really, all these nasty little curs who criticize him for a line about the now notorious &laquo;&nbsp;Botul&nbsp;&raquo; and who, with this reproach, have good reason &#8212; or at least, believe they do &#8212; to jettison Spinoza, Althusser, the psychoanalyst Jacques Lacan, the charismatic commander Massoud or the mysterious Emmanuel Levinas! Although I know BHL very well, I must confess that I was always carried away by the breadth of his erudition, the élan of his curiosity and, every time, his sense of nuance. &laquo;&nbsp;Society&nbsp;&raquo; or &laquo;&nbsp;media&nbsp;&raquo; intellectual? That&#8217;s not the Lévy I know. Nor is it the man I discover in my reading, which I recommend to all who wish to progress.</p>
<p>In conclusion, allow me to quote words penned by neither Lévy nor me but an illustrious socialist: &laquo;&nbsp;I knew Bernard-Henri Lévy when he had just begun at the Ecole Normale Supérieure,&nbsp;&raquo; he wrote, in a splendid page of <em>L&#8217;Abeille et l&#8217;Architecte</em>. &laquo;&nbsp;I like to think that I sensed in this grave young man the great writer he would become. One danger threatens him: fashion. But suffering, the friend of the strong, will save him. Everything prepares him for it. I&#8217;m not worried about his desire to please, that drags him out of his territory today. When he realizes that he possesses in himself all he is looking for, he will come back to it. He could not avoid the fire that burns him, even if he wished to do so. The trace of ashes is already perceptible in the gaze of this dandy. Perhaps I&#8217;m mistaken, perhaps he will give in to the seductions of the century longer than he should. That would sadden me. I accept that he may expend a good deal more pride before recognizing it as vanity. I took <em>La Barbarie à Visage Humain [Barbarism with a Human Face]</em> with me, from France, and am annotating it for my chronicles. The book is in the image of its author, superb and naive. Superb in its language, its interior rhythm, the bitter certainty that there is only uncertainty. Naïve in the object of its pursuit, that escapes the author as soon as he approaches it. The development of the dialectic is lofty.&nbsp;&raquo; The author of these lines is <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/francois-mitterrand-2314.html" title="François Mitterrand">François Mitterrand</a>.</p>
<p>These words were written thirty-two years ago, but they haven&#8217;t aged in the least. The Bernard-Henri Lévy I know, whose advice I occasionally seek, the straightforward and committed man for whom I have profound esteem, is in fact exactly the one <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/francois-mitterrand-2314.html" title="François Mitterrand">François Mitterrand</a> divined. Does that surprise you? Not me.</p>
<p><strong>Ségolène Royal</strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>BHL, François Mitterrand, la meute et moi, par Ségolène Royal &#8211; Le Monde du 27/02/2010</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Feb 2010 08:01:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je lis ce qui s&#8217;écrit, tous ces jours-ci, sur Bernard-Henri Lévy. J&#8217;observe  l&#8217;incroyable chasse à l&#8217;homme déclenchée contre lui pour une obscure histoire  d&#8217;auteur sous pseudonyme qui l&#8217;aurait prétendument piégé. Et je trouve que le  débat intellectuel tombe vraiment, en la circonstance, sous le niveau zéro (le  journal Libération n&#8217;a-t-il pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/ségolène1.jpg" alt="ségolène" title="ségolène" width="130" height="116" class="alignleft size-full wp-image-4400" /><img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/le-monde2.jpg" alt="le monde" title="le monde" width="96" height="72" class="alignright size-full wp-image-4402" />Je lis ce qui s&#8217;écrit, tous ces jours-ci, sur Bernard-Henri Lévy. J&#8217;observe  l&#8217;incroyable chasse à l&#8217;homme <span id="more-4392"></span>déclenchée contre lui pour une obscure histoire  d&#8217;auteur sous pseudonyme qui l&#8217;aurait prétendument piégé. Et je trouve que le  débat intellectuel tombe vraiment, en la circonstance, sous le niveau zéro (le  journal <em>Libération</em> n&#8217;a-t-il pas été contraint de fermer tous ses forums  de discussion &laquo;&nbsp;accrochés&nbsp;&raquo; aux articles de et sur Bernard-Henri Lévy, tant ils  étaient envahis de commentaires antisémites ?).</p>
<p>Je suis plongée, à l&#8217;instant où j&#8217;écris ces lignes, dans <em>Pièces  d&#8217;identité</em> <em>(Grasset, 1 340 p., 29 €)</em>, qui est le plus gros des  deux livres publiés, il y a quelques jours, par lui. J&#8217;ai retrouvé la passion et  la voix de l&#8217;un de ceux qui m&#8217;ont soutenue jusqu&#8217;au bout, et au-delà, sans  jamais douter ni se lasser. J&#8217;ai retrouvé ses textes théoriques, souvent  polémiques, parfois injustes, mais toujours stimulants, sur la gauche, son  avenir, ses valeurs, sa nécessaire reconstruction.</p>
<p>J&#8217;ai lu ses analyses prémonitoires, parues pour la plupart dans la presse  américaine et inaccessibles à l&#8217;essentiel des lecteurs français, sur celui qui  n&#8217;était encore que le très futur président Barack Obama. Mais j&#8217;y ai trouvé tant  d&#8217;autres richesses sur des sujets qui me sont peut-être moins familiers, mais  qui passionnent infiniment et dont je serais consternée qu&#8217;ils passent à la  trappe de ces polémiques mesquines et injustes qui le poursuivent à chacun de  ses livres, mais qui me semblent, cette fois-ci, prendre une importance inédite  et se nourrir d&#8217;une cruauté nouvelle.</p>
<p>Les pages sur Romain  Gary, par exemple, sont bouleversantes de vérité. Le portrait d&#8217;Alberto Moravia, ce  grand vivant et grand écrivain antifasciste, est saisissant. J&#8217;ai énormément  appris au fil des 300 pages, qui sont le coeur battant du livre, et qui  s&#8217;intitulent <em>Le Génie du judaïsme</em>. J&#8217;ai aimé ses pages sur Jean Genet à Tanger. J&#8217;ai  dévoré la série des grands reportages qui ont mené cet infatigable  globe-trotteur d&#8217;un bout du monde à l&#8217;autre. Et tout cela sur quatre ans  seulement !</p>
<p>Ces mille trois cents et quelques pages comme témoignage de quatre années,  seulement, de travail tous azimuts et frénétique ! Et je ne parle pas de la  partie proprement philosophique du livre : ces portraits de Louis Althusser qui fut, dans sa  jeunesse, le maître de Bernard-Henri Lévy et des jeunes de sa génération&#8230;  cette réflexion sur le Mal dont ce serait tellement bien que s&#8217;inspirent les  politiques&#8230; ou bien ces pages sur Spinoza, <em>&laquo;&nbsp;le philosophe qui donne de la  joie&nbsp;&raquo;</em>&#8230;</p>
<p>C&#8217;est drôle, quand même, tous ces roquets qui lui reprochent une ligne sur le  désormais fameux &laquo;&nbsp;Botul&nbsp;&raquo; et qui, avec ce reproche, tiennent ou croient tenir une  bonne raison de &laquo;&nbsp;trapper&nbsp;&raquo; Spinoza, Althusser, le psychanalyste Jacques Lacan, le charismatique  commandant Massoud ou le mystérieux Emmanuel Levinas ! Moi qui connais  pourtant bien BHL, j&#8217;avoue avoir été toujours entraînée par l&#8217;ampleur de son  érudition, l&#8217;élan de ses curiosités et, à chaque fois, son esprit de nuance.  Intellectuel &laquo;&nbsp;mondain&nbsp;&raquo; ? Ou &laquo;&nbsp;médiatique&nbsp;&raquo; ? Ce n&#8217;est pas le Lévy que je connais.  Ce n&#8217;est pas non plus celui que je retrouve au fil de ma lecture et que je  recommande à celles et ceux qui ont envie d&#8217;avancer.</p>
<p>Qu&#8217;il me soit permis, pour finir, de citer un texte qui n&#8217;est ni de Lévy ni  de moi, mais d&#8217;un illustre socialiste : <em>&laquo;&nbsp;J&#8217;ai connu Bernard-Henri Lévy,</em> écrivait-il, dans une page superbe de <em>L&#8217;Abeille et l&#8217;Architecte</em>,  <em>alors qu&#8217;il venait d&#8217;entrer à Normale supérieure. Je me flatte d&#8217;avoir  pressenti en ce jeune homme grave le grand écrivain qu&#8217;il sera. Un danger le  guette : la mode. Mais la souffrance, amie des forts, le sauvera. Tout l&#8217;y  prépare. Je ne m&#8217;inquiète pas de ce goût de plaire qui l&#8217;habite et l&#8217;entraîne  aujourd&#8217;hui hors de son territoire. Quand il s&#8217;apercevra qu&#8217;il possède en  lui-même ce qu&#8217;il cherche, il reviendra à sa rencontre. Le voudrait-il qu&#8217;il  n&#8217;échapperait pas au feu qui le brûle. Il a déjà dans le regard, ce dandy, de la  cendre. Peut-être me trompé-je, peut-être cédera-t-il aux séductions du siècle  au-delà du temps qu&#8217;il faut leur accorder. J&#8217;en serais triste. J&#8217;accepte qu&#8217;il  dépense encore beaucoup d&#8217;orgueil avant de l&#8217;appeler vanité. J&#8217;ai apporté de  France avec moi La Barbarie à visage humain que j&#8217;annote pour mes chroniques.  C&#8217;est, à l&#8217;image de son auteur, un livre superbe et naïf. Superbe par le verbe,  le rythme intérieur, l&#8217;amère certitude qu&#8217;il n&#8217;est qu&#8217;incertitude. Naïf par  l&#8217;objet de sa quête, qui le fuit dès qu&#8217;il en approche. Le mouvement dialectique  monte </em><em>haut.&nbsp;&raquo;</em> L&#8217;auteur de ces lignes, c&#8217;est <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/francois-mitterrand-2314.html" title="François Mitterrand">François Mitterrand</a> !</p>
<p>Ce texte a trente-deux ans. Mais il n&#8217;a pas pris une ride. Le Bernard-Henri  Lévy que je connais, dont je sollicite parfois les conseils, l&#8217;homme droit et  engagé que j&#8217;apprécie profondément, c&#8217;est exactement, au fond, celui qu&#8217;avait  pressenti <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/francois-mitterrand-2314.html" title="François Mitterrand">François Mitterrand</a>. Ça vous étonne ? Moi pas.</p>
<p><strong>Ségolène Royal</strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>BHL répond aux questions de Patrick Simonin, sur TV5 Monde &#8211; 22/10/2010</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/bhl-repond-aux-questions-de-patrick-simonin-sur-tv5-monde-22102010-4341.html</link>
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		<pubDate>Tue, 23 Feb 2010 16:31:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[BHL répond aux questions de Patrick Simonin, sur TV5 Monde. 
Bernard-Henri Lévy s’exprime sur l’affaire Botul (« Je me suis si peu trompé en 32 ans qu&#8217;il a fallu qu’on trouve cette sympathique histoire Botul. »)
Sur l’affaire Frêche : &#171;&#160;Même si ça doit coûter une région, il faut être sans pitié avec le lepénisme rose&#160;&#187;; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-4344" title="TV5 monde" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/TV5-monde-300x250.jpg" alt="TV5 monde" width="300" height="250" />BHL répond aux questions de Patrick Simonin, sur TV5 Monde. <span id="more-4341"></span></p>
<p>Bernard-Henri Lévy s’exprime sur l’affaire Botul (« Je me suis si peu trompé en 32 ans qu&#8217;il a fallu qu’on trouve cette sympathique histoire Botul. »)</p>
<p>Sur l’affaire Frêche : &laquo;&nbsp;Même si ça doit coûter une région, il faut être sans pitié avec le lepénisme rose&nbsp;&raquo;; et, plus loin: &laquo;&nbsp;la gauche doit être prête à choisir n’importe quel libéral plutôt que Georges Frêche. Est-ce qu’on défend les intérêts de la boutique ou de l’éthique ?&nbsp;&raquo;</p>
<p>Sur Bernard Kouchner et la politique de la France au Darfour : « C’est une question qui regarde les intellectuels engagés. »</p>
<p>L’Afghanistan : La libération des deux journalistes est sans prix. L’Etat a les moyens de payer pour libérer les deux journalistes.</p>
<p>La Burqa : BHL soutient les musulmans modérés qui nous disent que le port de la Burqa n’est pas un signe religieux mais un signe politique. Pour lui, il faut y être radicalement opposé, en tout cas dans la sphère publique.</p>
<p><strong>Liliane Lazar<br />
</strong></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>BHL invité hier soir de Nicolas Demorand &#171;&#160;C Politique&#160;&#187; &#8211; France 5</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Feb 2010 16:56:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[Bernard-Henri Lévy était l’invité de « C politique », animée par Nicolas Demorand hier soir.
Les meilleurs extraits de l&#8217;émission.
L’auteur de Pièces d’Identité et de De la Guerre en philosophie s’exprimait sur les grands sujets d’actualité, tels que :
- Le voyage de Nicolas Sarkozy à Haiti : ce voyage éclair du Président sans le geste fort [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-4314" title="C Politique" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/C-Politique-300x192.jpg" alt="C Politique" width="300" height="192" />Bernard-Henri Lévy était l’invité de « C politique », animée par Nicolas Demorand hier soir.<br />
Les meilleurs extraits de l&#8217;émission.<span id="more-4313"></span></p>
<p>L’auteur de <em><strong><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/pieces-identite">Pièces d’Identité</a> </strong></em>et de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/de-la-guerre-en-philosophie"><em><strong>De la Guerre en philosophie</strong></em> </a>s’exprimait sur les grands sujets d’actualité, tels que :<br />
- Le voyage de Nicolas Sarkozy à Haiti : ce voyage éclair du Président sans le geste fort qu’on aurait attendu.<br />
- Son amitié avec Ségolène Royal. Le Parti socialiste. Comme il le développait dans «<em><strong><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/ce-grand-cadavre-a-la-renservece-grand-cadavre-a-la-renserve-85.html">Ce grand cadavre à la renverse</a></strong></em>» BHL maintient que le socialisme, comme tel, est fini depuis longtemps. Il faut inventer autre chose. Il faut renouer avec l’internationalisme, se tourner vers l’Europe.  Un travail idéologique à faire sur des sentiers essentiels.<br />
- “Pourquoi rester de gauche, lui demande encore Nicolas Demorand ?”. Sa réponse: “Je reste persuadé que l’injustice, l’oppression, ce n’est pas l’ordre du monde.”<br />
- Goldman Sachs, l’exemple d’une finance diabolique plus forte que les gouvernements. La communauté internationale doit reprendre le pouvoir au sein d’un capitalisme immoral au travers d’institution telles le FMI, la banque mondiale et être capables de réguler ou sanctionner les marchés spéculatifs.<br />
- L’Afghanistan. La guerre menée par Barack Obama est une guerre juste. Aucune négociation n’est possible avec les Talibans (“Il n’y a pas plus de Talibans modérés qu&#8217;il n&#8217;y eut, jadis, de nazis modérés.”)<br />
- Le débat sur l’identité nationale. Ce débat n’en était pas un. Sa formulation même  était putride.<br />
- L’Education nationale, et le soutien de BHL aux enseignants. Il dénonce les promesses électorales non tenues de Nicolas Sarkozy en particulier sur les banlieues.<br />
-  Nicolas Sarkozy, encore. Il revient sur son exercice du pouvoir, installé dans l&#8217;immédiateté. Il évoque Une Bernard Kouchner, cette &laquo;&nbsp;légende&nbsp;&raquo; réduite à un rôle de &laquo;&nbsp;figuration&nbsp;&raquo;.  Frêche et ses propos inacceptables. Georges Frêche ou un symptôme de cette droite de gauche. Dominique Villepin, enfin, et son &laquo;&nbsp;petit  cochon&nbsp;&raquo;.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>La biche et la chouette de Minerve, par Elie Barnavi &#8211; Marianne</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Feb 2010 16:45:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[
J’ai fait du dernier essai de Bernard-Henri Lévy* une lecture sans doute plus « attentive » qu’Aude Lancelin (« BHL en flagrant délire », le Nouvel Observateur, no 2362), qui lui prête des propos qu’il ne fait que citer – de Merleau-Ponty en l’occurrence, un philosophe assurément « sérieux » –, et une détestation de Kant que rien dans son livre ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignright size-medium wp-image-4325" title="Marianne barnavi096" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/Marianne-barnavi096-165x300.jpg" alt="Marianne barnavi096" width="165" height="300" /></p>
<p>J’ai fait du dernier essai de Bernard-Henri Lévy* une lecture sans doute plus « attentive » qu’Aude Lancelin <span id="more-4326"></span>(« BHL en flagrant délire », le Nouvel Observateur, n<sup>o</sup> 2362), qui lui prête des propos qu’il ne fait que citer – de Merleau-Ponty en l’occurrence, un philosophe assurément « sérieux » –, et une détestation de Kant que rien dans son livre ne vient corroborer. Inutile de chercher dans l’article de Lancelin, qui garde toute sa tendresse pour Badiou, Zizek, Negri et autres promoteurs d’une « hypothèse communiste » injustement « criminalisée » (« Marx contre-attaque »,<em> </em>le Nouvel Observateur,<em> </em>16 mars 2009), la moindre critique raisonnée des thèses de BHL. La moitié de son papier traite de l’offensive médiatique de l’auteur, l’autre, de l’« affaire Botul ». Bienheureuse bourde, nichée tout au bout de l’essai, qui n’y ajoute ni n’en retranche rien, mais qui dispense de rendre compte du contenu de l’ouvrage (lire « Le bloc-notes » de Jean-François Kahn, p. 30).</p>
<p> Voilà pourtant un homme qui écrit depuis un bon tiers de siècle des choses qui ne laissent personne indifférent, qui sillonne la planète d’un champ de massacre à un autre, qu’une prestigieuse revue américaine classe comme le penseur français le plus influent de son temps, et qui, le temps d’une conférence, s’interroge sur les ressorts de sa pensée, de son action. Cela devrait lui valoir un peu mieux que des considérations sur ses chemises blanches, son style de vie flamboyant et des bévues occasionnelles.</p>
<p> Voilà, surtout, un homme dont la boussole morale ne lui a jamais fait défaut, et qui paie de sa personne pour aller là où son aiguille lui intime l’ordre d’aller. Car, si Lévy est philosophe, c’est à la manière des philosophes des Lumières, pour qui la réflexion était inséparable de l’action et celle-ci, d’une éthique. S’il cherche la vérité, puisqu’il pense que là sont le devoir du philosophe et l’essence de son métier, il sait qu’il ne la trouvera pas, mais que cette conviction amère ne le dispense pas de la quête. S’il affirme qu’il y a l’ordre de la pensée et l’ordre de la vie, et que les deux ne se confondent point, c’est bien de la vie, la vie concrète, souffrante, qu’il fait le matériau de sa pensée.</p>
<p> Au fond, après Auschwitz et le goulag, il n’est de philosophie possible que politique. Heidegger a sombré corps et âme dans le premier – s’il n’a pas compris « ça », à quoi diable sert sa philosophie ? <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html" title="Jean-Paul Sartre">Sartre</a>, quel que soit l’amour de BHL pour le Diogène de Billancourt, s’est abîmé dans le second. Ces deux-là représentent les deux pôles de la faillite philosophique : la ratiocination interprétative sur le monde ; et l’ivresse de sa transformation. Modéré radical, Lévy se contente d’essayer de le réparer.</p>
<p> C’est le tiqun olam (la « réparation du monde ») du Talmud puis de la kabbale qui, nous dit-il, s’accommode mieux de la biche des Psaumes que de la chouette de Minerve. Celle-ci déploie ses ailes au crépuscule, quand il n’y a plus grand-chose à faire sinon à comprendre, une fois que le mal est fait ; celle-là surgit dès l’aube pour descendre dans l’arène. Oh ! elle ne transformera pas le monde, et la révolution est le dernier de ses soucis. Mais elle le rendra moins mauvais, et ce n’est déjà pas si mal.</p>
<p> Philosopher, pour Bernard-Henri Lévy, c’est donc bondir, comme la biche, « sur le champ de bataille ». C’est ce qu’il fait. En tâtonnant beaucoup, en se trompant parfois, en assumant toujours, avec panache et générosité. Alors, vous comprenez, moi, Botul ou pas Botul…</p>
<p><strong>Elie Barnavi</strong></p>
<p>*<em> </em><strong><em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/de-la-guerre-en-philosophie-3852.html">De la guerre en philosophie</a></em>,</strong> Grasset, 129 p., 12,50 €.</p>
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		</item>
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		<title>Faut-il faire la guerre à BHL ? par Jean-François Kahn &#8211; Marianne</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/faut-il-faire-la-guerre-a-bhl-par-jean-francois-kahn-marianne-4317.html</link>
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		<pubDate>Mon, 22 Feb 2010 16:38:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[Florimond Hervé, vous connaissez ? Il fut contemporain d’Offenbach, mais le précéda dans l’invention de l’opérette et le surpassa dans le burlesque. Le soir, il faisait le pitre dans les caf’conc’ à la mode, mais, dans la journée, il jouait de l’orgue à Saint-Eustache. Dans Mam’zelle Nitouche, fort de son expérience, Hervé créa l’archétype du personnage [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-4320" title="Marianne jfk1095" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/Marianne-jfk1095-216x300.jpg" alt="Marianne jfk1095" width="216" height="300" />Florimond Hervé, vous connaissez ? <span id="more-4317"></span>Il fut contemporain d’Offenbach, mais le précéda dans l’invention de l’opérette et le surpassa dans le burlesque. Le soir, il faisait le pitre dans les caf’conc’ à la mode, mais, dans la journée, il jouait de l’orgue à Saint-Eustache. Dans Mam’zelle Nitouche, fort de son expérience, Hervé créa l’archétype du personnage double, à la fois Célestin pour les cocottes du demi-monde et Floridor pour les grenouilles de bénitier de matines et des vêpres.</p>
<p>Y aurait-il du Florimond Hervé chez Bernard-Henri Lévy ?</p>
<p><strong>*</strong></p>
<p>Josyane Savigneau, dans <em>le Monde</em>, a trouvé le bon titre : « BHL contre Bernard-Henri Lévy ». En philosophie, cela s’appelle le dualisme : la partie charnelle de soi contre la partie spirituelle de soi. Ou, plus exactement, comme on le disait à propos de Bernard Kouchner, son tiers-mondain contre son tiers-mondiste.</p>
<p>Il paraîtrait que le premier BHL, pertinemment interviewé par Marianne, torpille le second qui pose pour Gala et Paris Match<em> </em>; que la posture de l’un tourne au pastiche chez l’autre ; que les loufoques cabrioles de Célestin désacralise les métaphysiques partitas de Floridor. Quand Célestin exhibe, sans rire, un canulardesque faux universitaire kantien qu’il a pris pour un vrai, cela donne à croire que Floridor a également sorti Diogène Laërce ou Victor Cousin, largement cités dans son livre, et qui, eux, pourtant, ont réellement existé, d’une pochette-surprise.</p>
<p>Un jeu, mais un jeu de con. Car il n’est pas vrai que l’on doive nécessairement se fendre la pipe en pensant aux facéties de Célestin chaque fois que Floridor s’essaie à l’art du contrepoint ou de la fugue. N’y a-t-il pas, d’ailleurs, en chacun de nous de quoi nous inciter à nous déprendre de nous ?</p>
<p>Tant pis, je vais braquer certains lecteurs, mais, quoi qu’on pense de BHL, je ne crois pas qu’il faille s’interdire d’entendre Bernard-Henri Lévy. S’interdire d’entendre qui que ce soit d’ailleurs. Même l’exécration ne doit jamais faire boule Quiès.</p>
<p>Ne nous y trompons pas : par les temps qui courent, cette question est absolument essentielle.</p>
<p><strong>*</strong></p>
<p>Donc, Bernard-Henri Lévy a publié deux livres, dont un petit <em><strong><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/de-la-guerre-en-philosophie-3852.html">De la guerre en philosophie</a></strong></em>* qui eût mérité – vous comprendrez pourquoi – que nous ne l’enterrassions point a priori.</p>
<p>Or, remarquons-le, car cela en dit très long sur l’époque : tout le monde en a largement, très largement, trop largement, fait état. Mais nul, en vérité, n’en a dit quoi que ce soit. L’excès d’exposition a comme entraîné l’économie de recension. Saturation à la devanture, absence d’examen du produit. De ce que tout le monde forcément parle, personne en réalité ne parle plus. Pas la peine puisque, dès lors que c’est montré, tout est dit. La bouille valant œuvre, l’accrochage de l’une entraîne le décrochage de l’autre. Ce n’est plus un contenu que l’on emballe, c’est l’emballage lui-même. Donc, BHL partout signifie Bernard-Henri Lévy nulle part.</p>
<p>La chouchoute des médias est victime. D’elle-même, peut-être, mais victime tout de même. Le Malraux de la philosophie polémologique est médiatiquement métamorphosé en Rachida Dati de la pensée. Et quand Rachida parle, on ne sort pas son stylo mais son téléphone portable.</p>
<p><strong>*</strong></p>
<p>Lamentable. Car ce débat, apparemment impossible (d’autant que BHL clame dans son livre la totale inutilité du débat) dans une société démocratique normale (et, là encore, BHL récuse toute idée de démocratie en philosophie), il se fut imposé.</p>
<p>Pourquoi ? Parce que l’auteur, qui parle du sujet qu’il connaît le mieux, lui-même, pose à ce « lui-même » cette question : que signifie, pour moi, philosopher ? Et que sa réponse, qui est donc passée à la trappe, est celle-ci : philosopher, c’est faire la guerre. Une guerre sans merci. Où l’on ne cherche pas, bêtement, à comprendre ou à intégrer les raisons du contradicteur qui est, en fait, un ennemi. L’auteur ne nous raconte pas de salades. « Je ne connais de philosophie, assène-t-il, que sectaire… Je ne veux de sociétés philosophiques que secrètes, inavouées, plus semblables à des couvents qu’à des foires aux idées. » Donc, nécessité de se construire un double « système » : le second, le « réseau », le clan, la franc-maçonnerie, pour servir, de toutes les façons possibles, le premier, un réductionnisme manichéen universel. Pour l’imposer, ce système. Non pas « comme sagesse, mais comme vérité ». « Ce n’est pas affaire de dialogue mais d’affirmation, précise Lévy, au bon sens, il convient de substituer l’incandescence. » Marat caressait déjà ce projet-là.</p>
<p><img class="alignright size-medium wp-image-4321" title="Marianne jfk1094" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/Marianne-jfk1094-223x300.jpg" alt="Marianne jfk1094" width="223" height="300" />En conséquence, de quoi s’agit-il ? De construire « une philosophie du dissentiment irréductible, de la querelle intraitable et impossible à vider tout à fait, un art martial ». Ce pourquoi notre guerrier « aime que Nietzsche nous invite à n’avoir plus honte de la haine que porte en elle toute vraie pensée », à ne plus concevoir la paix « que comme un moyen de guerre nouvelle ». Pourquoi ? Parce que la guerre « fait plus de grandes choses que l’amour ». Conclusion : « Il ne faut faire de la philosophie que contre, jamais pour. » Ne pas se poser la question du « A quoi elle sert, cette philosophie ? », mais du « A quoi et à qui elle nuit ? A qui je fais du tort ? » ; non pas « Comment faire la lumière, éclairer mes concitoyens, éternel rêve des attardés du progressisme, mais comment éteindre la lumière, l’étouffer au moins un peu ? » Chez l’autre, l’adversaire, s’entend. Philosopher « pour réduire ». Pour tuer. A la guerre comme à la guerre !</p>
<p><strong>*</strong></p>
<p>D’ailleurs, BHL met sa « praxis » verbale au service de son érection théorique puisque, entre deux flingages des philosophes universitaires parangons de la grisaille académique et des « fonctionnaires du savoir », il qualifie ses contempteurs parmi les intellectuels d’« imbéciles » et de « salauds », de « gidouilles », de membres « du parti du sommeil, du parti des clowns et des radicalités meurtrières », de « piètres penseurs » et de « tâcherons exténués ». Comme disait l’autre, pourquoi tant de haine… à l’égard de BHL ?</p>
<p><strong>*</strong></p>
<p>La guerre exige évidemment des munitions. C’est ce qu’il faut retenir des grands penseurs du passé, non pas ce qu’ils nous disent vraiment, mais les munitions qu’ils nous offrent. Ne pas les lire, assène Bernard-Henri Lévy, pour en gober la substantifique moelle, mais pour les instrumentaliser, les vampiriser, les parasiter. Et de mettre les points sur les i : « lecture qui se préoccupe moins de respecter que d’utiliser. Lecture désinvolte, flibustière, irresponsable, quasi fictionnelle. Lire comme on fait la guerre ; écumer les bons arsenaux pour chercher les bonnes armes ».<strong> </strong>Que Jean-Baptiste Botul n’existe pas n’a donc aucune importance, s’il sert.</p>
<p><strong>*</strong></p>
<p>Complétons le déroulé de cette dialectique casquée : la philosophie, c’est la guerre parce que, de toute façon, « nous sommes en guerre », et que la fonction de la philosophie, c’est de penser cette guerre.</p>
<p>BHL, en effet, se plonge jusqu’au cou, du moins littérairement, dans la guerre. La visible, la spectaculaire, la médiatisée : Bosnie, Kosovo, Darfour, Géorgie (discrétion sur Gaza). Pas de bouche à bouche, du tripes à tripes. Car notre GI phénoménologue écrit bien. Mais l’autre guerre, celle de tous les jours, toute aussi meurtrière sinon plus, mais terre à terre, sans visibilité immédiate, trop souvent interdite de TF1, la guerre pour la survie, pour la simple reconnaissance de l’être au-delà de l’existant, pour parler comme un philosophe sartrien, pour la décence et le respect, pour l’égalité, ce gros mot, contre la précarité et la misère, ces jurons, celle-là, apparemment, n’a pas l’intérêt d’une vraie guerre avec du sang qui coule, des blindés qui flambent, des mitrailleuses qui crépitent. Zappée !</p>
<p>Même à l’issue d’une guerre qui mousse aux lèvres des corps meurtris, broyés par les holocaustes, qui n’offrent à nos regards que « champs de ruines », que propose l’auteur ? De changer de monde ? D’essayer ? Pas question. Surtout pas. Trop risqué ! Il est là-dessus très clair. Plus de printemps des peuples possible ou souhaitable – même de « révolution orange » ou de Révolution de velours. Mais se contenter de « réparer ». De recoudre les blessures et d’adopter des orphelins. La guerre pour ça ?</p>
<p><strong>*</strong></p>
<p>Eh quoi ? Une telle mise cartes sur table, sans faux-semblants, effrontément, un aveu intellectuel aussi volontairement provocant, ne mériterait aucune réaction, aucune controverse ? Parce qu’il s’agit de BHL, il faudrait décréter le vide de ce trop-plein, l’inconsistance de cette boule philosophique de nerfs ?</p>
<p>Question : en quoi la façon BHLienne de philosopher se différencie-t-elle de la conception stalinienne du débat d’idées conçu comme un combat sans merci opposant deux camps irréductibles ? Ne mérite-t-elle pas d’être posée ? Même si BHL pourrait rétorquer qu’au service d’idéologies diamétralement opposées à la sienne certains, beaucoup, mais sans oser, eux, le théoriser, mettent en œuvre exactement la méthode – terroriste ? – qu’il préconise.</p>
<p>Il y aurait à dire sur les fulgurances et les insanités, les démystifications lucides et les contradictions logiques flagrantes que l’on relève dans le petit livre de Bernard-Henri Lévy.</p>
<p>Mais, justement, il y aurait à dire. Qu’est-ce que cette société qui promeut ou brûle mais ne dit plus rien ?</p>
<p><strong>*</strong></p>
<p>Sur un point, je rejoins BHL. Besoin non pas d’un retour à l’esprit de système, mais de renouer avec la pensée théorique. Pas d’une philosophie de guerre qui se ressourcerait sans cesse en philosophant sur la guerre (je préfère l’Emmanuel Kant qui, à la fin de sa vie, pense les conditions de la paix universelle), mais, tout au contraire, besoin d’une démarche qui permet d’intégrer à la répudiation de la guerre, fût-elle structurante d’un moi comme chez Jünger, D’Annunzio ou… BHL, tout ce qui est susceptible de concourir à l’élaboration constructive et collective d’un autre nous.</p>
<p>De sorte que toute forme de guerre, fût-elle intellectuelle, apparaisse comme séquelle d’une barbarie à visage inhumain.</p>
<p>Mais on me rétorquera sans doute : c’est encore un combat !</p>
<p><strong>Jean-François Kahn</strong></p>
<p>* Grasset, 129 p., 12,50 €.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>BHL invité de Jean-Marie Colombani (Public Sénat). Entretien coup de poing.</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/bhl-invite-de-jean-marie-colombani-public-senat-entretien-coup-de-poing-4309.html</link>
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		<pubDate>Mon, 22 Feb 2010 09:43:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[Bernard-Henri Lévy était le 19 février l’invité de Jean-Marie Colombani à qui il a accordé un entretien coup de poing. A l’occasion de la parution de deux livres chez Grasset (De la guerre en philosophie et Pièces d’identité), le philosophe a abordé longuement ses relations avec la presse. Interrogé sur sa supposée “sur-exposition médiatique” et sur une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-4310" title="public senat" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/public-senat-300x194.jpg" alt="public senat" width="300" height="194" />Bernard-Henri Lévy était le 19 février l’invité de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-marie-colombani-2867.html">Jean-Marie Colombani </a>à qui il a accordé un entretien coup de poing. <span id="more-4309"></span>A l’occasion de la parution de deux livres chez Grasset (<strong><em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/de-la-guerre-en-philosophie">De la guerre en philosophie</a></em></strong> et <strong><em>Pièces d’identité</em></strong>), le philosophe a abordé longuement ses relations avec la presse. Interrogé sur sa supposée “sur-exposition médiatique” et sur une certaine “intolérance” à son endroit, il dit n’être qu’un symptôme d’un climat “anti-intellectualisme” général mais affirme avoir un certain goût de la confrontation. En évoquant “Le Génie du judaïsme”, qui est la partie de <strong><em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/pieces-identite">Pièces d’identité</a></em></strong>, Bernard-Henri Lévy a parlé de Benny Lévy, de Levinas, de l’identité juive et du conflit israélo-palestinien.Dans <em><strong>De la guerre en philosophie, </strong></em>Bernard-Henri Lévy affirme qu’un philosophe d’aujourd’hui se doit d’intervenir dans les débats contemporains et, éventuellement, sur le terrain. Il revient sur ses prises de position face au drame bosniaque, au génocides rwandais ou aux massacres du Darfour. Dans cet entretien avec le directeur de Slate.fr, il a également été question de la politique étrangère française de Sarkozy et du gouvernement Obama.<br />
Maria de França (<em><a href="http://laregledujeu.org/2010/02/21/933/le-genie-du-judaisme/"><strong>La Règle du Jeu</strong></a></em><strong>)</strong></p>
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		<title>François Taillandier sur BHL, dans l&#8217;Huma.</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Feb 2010 16:32:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[VRAIS FAUX PHILOSOPHES
Comme tout le monde, j’ai commencé par rire de la mésaventure survenue à Bernard-Henri Lévy, citant avec gravité dans son dernier livre le philosophe Jean-Baptiste Botul, dont la vie et l’œuvre sont un canular imaginé par Frédéric Pagès. Après quoi, d’autres aspects de cet épisode me sont apparus, dont on se débarrasse sans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-4305" title="logo humanité" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/logo-humanité.JPG" alt="logo humanité" width="276" height="85" /><strong>VRAIS FAUX PHILOSOPHES</strong><br />
Comme tout le monde, j’ai commencé par rire de la mésaventure survenue à Bernard-Henri Lévy, <span id="more-4304"></span>citant avec gravité dans son dernier livre le philosophe Jean-Baptiste Botul, dont la vie et l’œuvre sont un canular imaginé par Frédéric Pagès. Après quoi, d’autres aspects de cet épisode me sont apparus, dont on se débarrasse sans doute un peu trop vite en rigolant. D’abord, l’espèce de jubilation médiatique provoquée par cette affaire. On a quand même l’impression que la meute a choisi le moment où le lion était blessé pour s’autoriser à le mordre. À chaque fois que BHL publie un livre, d’innombrables médias lui déroulent le tapis rouge, après quoi ils le décrètent « médiatique » avec une discrète ironie. J’ai naguère entendu tel rédac chef le traiter en privé de fumiste et de truqueur, avant de lui consacrer la une du magazine le mois suivant. C’est que BHL passe pour influent, et que beaucoup de gens jugent inutile de se le mettre à dos. Tout le monde n’a pas eu le courage d’un Philippe Cohen, décrivant dans un ouvrage documenté ce qu’il nommait le système BHL.</p>
<p>Deuxième remarque. Si BHL a eu la naïveté de croire en l’existence de Botul, comment se fait-il que dans l’auguste maison Grasset, il ne se soit trouvé personne pour relever l’erreur  ? Moi, chez mon éditeur, j’ai remarqué qu’on lit mes livres avant publication. Et si j’ai confondu le cimetière Montparnasse avec le cimetière Montmartre, comme ça m’est arrivé une fois, ou que les yeux d’un personnage aient changé de couleur entre la page 35 et la page 48 (ça m’est arrivé aussi), eh bien on me le dit, charitablement. Doit-on conclure que chez Grasset, on ne relit pas les livres  ? Ou que tout le monde ignorait tout et de Botul et de Pagès  ? En ce cas, cela veut dire que l’erreur béhachélienne était partagée par beaucoup de gens, y compris dans les médias, où de nombreux articles étaient déjà parus avant qu’Aude Lancelin ne la signale (ça en fait au moins une qui lit).</p>
<p>Et puis qu’est-ce que cela fait que Botul n’existe pas, si les idées exposées sous son nom ont de l’intérêt  ? Paul Valéry était d’avis qu’on pourrait écrire une histoire universelle de la pensée sans citer le nom d’aucun auteur. Qui sait  ? Bernard-Henri Lévy est peut-être un philosophe de pure fantaisie, inventé de toutes pièces par le nommé Bernard-Henri Lévy avec beaucoup d’ingéniosité : ça fait bien une trentaine d’années, après tout, que tout le monde a l’air d’y croire.<br />
<strong>Par François Taillandier</strong></p>
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		<title>BHL invité ce matin de Nicolas Demorand sur France Inter. Un échange animé.</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Feb 2010 13:17:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
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		<description><![CDATA[Voici la première partie de l’émission.
Bernard-Henri revient sur la charge incroyablement féroce de certains médias depuis la sortie de ses deux livres. « Ca tourne au pestilentiel », dit-il, en évoquant le dernier papier du Nouvel Observateur, signé Delfeil de Ton. Une chasse à l’homme (« je les emmerde ! »), plutôt qu’une critique littéraire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-4296" title="Domorand fce inter" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/Domorand-fce-inter-300x212.jpg" alt="Domorand fce inter" width="300" height="212" />Voici la première partie de l’émission.</p>
<p>Bernard-Henri revient sur la charge incroyablement féroce de certains médias depuis la sortie de ses deux livres.<span id="more-4295"></span> « <em>Ca tourne au pestilentiel </em>», dit-il, en évoquant le dernier papier du <em>Nouvel Observateur</em>, signé Delfeil de Ton. Une chasse à l’homme (« <em>je les emmerde !</em> »), plutôt qu’une critique littéraire qu’il accepte (… <em>j’accepte la critique de ce que je fais, les positions que je prends</em>). Il s’explique, aussi, sur ses relations avec les médias. Et il dit oui à la philosophie médiatique lorsqu’elle permet de faire la transmission des œuvres ou de la pensée philosophique.<br />
<strong>Liliane Lazar</strong></p>
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		<title>BHL victime de délit de faciès ? par Philippe Boggio &#8211; Slate.fr du 17/02/2010</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Feb 2010 11:09:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans le cas de Bernard-Henri Lévy, désormais, les meilleurs journalistes peuvent se perdre dans des eaux boueuses.
Aïe, les imprudents! Pourquoi ne se sont-ils pas contentés de le lire? Quitte à le descendre en flammes, lecture faite? A la loyale? Avec plus de loyauté encore, pourquoi pas, qu&#8217;il n&#8217;en met lui-même à l&#8217;exercice? Au lieu de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-4272" title="Slate boggio" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/Slate-boggio-282x300.jpg" alt="Slate boggio" width="282" height="300" /><strong>Dans le cas de Bernard-Henri Lévy, désormais, les meilleurs journalistes peuvent se perdre dans des eaux boueuses.</strong><span id="more-4270"></span></p>
<p>Aïe, les imprudents! Pourquoi ne se sont-ils pas contentés de le lire? Quitte à le descendre en flammes, lecture faite? A la loyale? Avec plus de loyauté encore, pourquoi pas, qu&#8217;il n&#8217;en met lui-même à l&#8217;exercice? Au lieu de quoi, ils n&#8217;ont pas pu s&#8217;empêcher de lever les yeux sur Bernard-Henri Lévy au pire moment: quand celui-ci se croit obligé d&#8217;orchestrer sa gloire et d&#8217;instrumentaliser l&#8217;accueil d&#8217;un nouveau chapitre de son oeuvre. Ils l&#8217;ont regardé vanter la qualité du présentoir, déployer sa fameuse et fort hasardeuse stratégie de marketing médiatique, et évidemment, leur hostilité au personnage leur est remontée à la gorge. Forte poussée d&#8217;urticaire. Bernard-Henri Lévy se prend peut-être, comme parfois, son dispositif promotionnel dans la figure, mais eux, ses détracteurs empressés, les voilà, plus gravement, suspects d&#8217;un délit de faciès.</p>
<p>Et pourquoi? Parce que BHL a pris Jean-Baptiste Botul pour un authentique spécialiste de l&#8217;oeuvre de Kant, dans l&#8217;ouvrage qu&#8217;il publie, ces jours-ci, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/de-la-guerre-en-philosophie"><em><strong>De la guerre en philosophie</strong></em> </a>(130 pages, 12,50 €, Grasset), en même temps qu&#8217;une nouvelle livraison de ses <em>Questions</em> <em>de principe</em> (<em><strong><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/pieces-identite">Pièces d&#8217;identité</a></strong></em>, tome XI, 1340 pages, 29 €, Grasset), alors qu&#8217;il s&#8217;agit du héros d&#8217;un canular déjà ancien, inventé par le philosophe Frédéric Pagès, collaborateur du <em>Canard Enchaîné</em> (<em>La Vie sexuelle d&#8217;Emmanuel Kant</em>, Mille et une nuits, 1999 et 2004).</p>
<h2><span style="color: #800000;">Rire dévastateur</span></h2>
<p>Bon, c&#8217;est drôle. BHL, qui n&#8217;est pas l&#8217;écrivain le plus simple, embarqué dans une plaisanterie qu&#8217;il s&#8217;est lui-même servie&#8230; Au pire, comme le note Frédéric Pagès, «cela pose une question sur sa façon de travailler». C&#8217;est drôle ou révélateur de son peu de souci de la vérification de certaines sources, mais ça ne va pas au-delà. C&#8217;est en tous cas terriblement en deçà de l&#8217;énorme rire dévastateur qui secoue la presse, l&#8217;édition, Internet, qui fait déraper les dîners en ville et s&#8217;oublier les commentaires du Web, depuis que la gaffe est connue.</p>
<p>Rire méchant. Dangereux. Encore un peu et il se trouvera un ami de Bernard-Henri Lévy, des plus sensibles sur le sujet, pour qualifier d&#8217;antisémites des moqueries aussi virulentes à propos de l&#8217;écrivain. Ou au contraire des lecteurs, des internautes, pour glisser très exactement sur cette pente-là, après avoir cru y être invités par une telle campagne d&#8217;hostilité. D&#8217;ailleurs, c&#8217;est fait. <strong><a href="http://monlibe.liberation.fr/membre/florent_latrive/commentaires" target="_blank">Florent Latrive</a></strong>, responsable de Libé Labo, a confirmé, jeudi 11 février, la fermeture du forum, sous un article relatant la méprise de BHL, en raison des «dizaines de commentaires souvent insultants (insultants, pas &laquo;&nbsp;critiques&nbsp;&raquo;) et antisémites» que le site de Libération a reçus.</p>
<h2><span style="color: #800000;">Vieille détestation</span></h2>
<p>Deux exemples, simplement, pour tenter de montrer que, dans le cas BHL, désormais, les meilleurs journalistes peuvent se perdre dans des eaux boueuses. Pierre Assouline. Chroniqueur du blog littéraire du <em>Monde.fr</em>, toujours passionnant à lire. Mais là, sur le sujet, la vieille détestation qu&#8217;il éprouve pour Bernard-Henri Lévy lui colle une flemme carabinée. En même temps qu&#8217;une montée de fiel. D&#8217;entrée, le 4 février, il suggère à son lecteur de se rapporter aux «hagiographies» que la presse ne va pas manquer de brosser sur les deux livres du philosophe, «ses réseaux étant sa plus belle réussite». Lui-même n&#8217;a pas «le goût d&#8217;acheter ces œuvres et encore moins celui de les lire». Phrase assez étonnante sous la plume d&#8217;un spécialiste du genre, et ce, dans l&#8217;espace même de sa chronique. Pierre Assouline se contente donc d&#8217;évoquer l&#8217;interview donnée par BHL à la revue <em>Transfuges</em>.</p>
<p>Il s&#8217;attarde sur la photo de couverture, «certainement visée par l&#8217;intéressé, tant elle exprime le contentement d&#8217;être au monde, front métaphysique sur mine marrackchi». La référence à la cité marocaine s&#8217;explique par le fait que BHL y possède une maison. Puis le chroniqueur résume assez négligemment les points abordés par l&#8217;auteur, en insistant sur les plus ridicules -et l&#8217;interview doit sûrement en compter. Puis il plante-là son lecteur. Il n&#8217;a rien dit des deux livres, assez peu de choses sur l&#8217;interview sauf le plus agaçant, et puis plus rien. Jamais Pierre Assouline ne procède ainsi, aussi légèrement, sur les autres écrivains qu&#8217;il présente, recommande ou critique.</p>
<h2><span style="color: #800000;">Marrakech, Marrakech, Marrakech</span></h2>
<p>Comme il s&#8217;est fait «engueuler», selon ses termes, par certains de ses lecteurs, qui lui reprochent justement d&#8217;ironiser sans avoir lu les deux livres, il y retourne, toutefois, le 9 février. Il se colle au plus petit des deux, <em>De</em> <em>la guerre en philosophie</em>. «Barbant au possible. Aussi suffisant qu&#8217;insuffisant. A moins que je ne sois pas au niveau. Heureusement c&#8217;est court.» <strong><a href="http://passouline.blog.lemonde.fr/2010/02/09/desole-mais-botul-henri-levy-a-encore-frappe/" target="_blank">Du coup, il s&#8217;arrête là</a></strong>. Court aussi. Il préfère s&#8217;amuser du piège dans lequel est tombé BHL, le canular de Frédéric Pagès, qu&#8217;une consoeur, Aude Lancelin, vient de débusquer et qu&#8217;elle relate dans <em>Le NouvelObs.com</em>. Pierre Assouline résume l&#8217;histoire du faux Botul en concluant: «Manifestement, la nouvelle n&#8217;est pas parvenue jusqu&#8217;à Marrakech.» Insistance.</p>
<p>Aude Lancelin, la consoeur de l&#8217;Obs, et son billet sur <em>Bibliobs</em>. Pas certain non plus qu&#8217;elle se soit livrée à une lecture attentive du plus petit des deux livres. Elle cite surtout le texte de la quatrième de couverture. Evoque la manière béhachélienne, «chemise au vent et sans crampons» de malmener quelques concepts, dans l&#8217;ouvrage. Son but n&#8217;est pas là. Son but, c&#8217;est le canular Botul et la faute de BHL, propre à elle seule à jeter, croit-elle, le discrédit sur l&#8217;ensemble du texte, et au-delà sur la légitimité philosophique de l&#8217;écrivain. Ce billet vachard a dû inquiéter Jean Daniel car le co-fondateur de l&#8217;Obs, dans <strong><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-daniel-defend-bernard-henri-levy-4109.html">un texte de soutien à BHL</a></strong>, publié sur le site de <em><a href="http://laregledujeu.org/">La Règle du jeu</a></em>, revue dont celui-ci est le directeur, croit important de préciser que «les journalistes des pages culturelles du Nouvel Observateur ont toujours exercé librement leur droit de critique des ouvrages dont ils rendent compte comme l&#8217;a fait cette semaine Aude Lancelin». «Mais si l&#8217;on peut faire le procès de l&#8217;œuvre de Bernard-Henri Lévy, je ne crois pas, pour ma part, et Aude non plus, d&#8217;ailleurs, qu&#8217;il soit honnête de le fonder sur cette mystification», poursuit Jean Daniel.</p>
<p>Bref, on n&#8217;en sort pas. Il y a fort à parier qu&#8217;on ne saura pas ce que contiennent vraiment les deux livres. Encore une fois, il s&#8217;est trouvé un grain de sable pour escamoter une oeuvre de BHL au profit d&#8217;un jeu ambigu avec l&#8217;homme derrière l&#8217;œuvre. Cela fait à peu près 35 ans que ça dure. Sauf que ça se durcit avec les années. Ce n&#8217;est plus du jeu. Plus du jeu littéraire, plus même de ces rudes «batailles d&#8217;Hernani» censées gifler mais non tuer, qu&#8217;appréciait le balcon.</p>
<p>A chaque nouveau livre, à chaque film aussi, les détracteurs de Bernard-Henri Lévy réagissent, semble-t-il au même stimuli. L&#8217;indécente promo dont il bénéficie, et que, grâce à ses «réseaux» d&#8217;influence, il organise lui-même. Pierre Assouline et Aude Lancelin y font référence, avant de planter leurs crocs. Dans sa chronique de <em>Libération</em>, Daniel Schneidermann déroule le chapelet des publications flatteuses, la même semaine. <em>L&#8217;Express, Le Point, Paris-Match, Transfuges,</em> donc, pour une première salve. Ou plus rugueuses pour l&#8217;auteur, comme un entretien non amical, non complaisant, dans <em>Marianne</em>. Avant les radios, les télés, la presse quotidienne, etc. «L&#8217;auteur croit à la stratégie du tapis de bombes, note le chroniqueur de <em>Libération</em>. Il adore l&#8217;agenda pour l&#8217;agenda. L&#8217;important n&#8217;est pas l&#8217;acte, la louange, le dithyrambe, la parole. C&#8217;est le moment. L&#8217;important, c&#8217;est d&#8217;occuper le terrain, de ne laisser aucune réplique possible à l&#8217;adversaire.» Daniel Schneidermann a largement raison. Ainsi procède BHL. La littérature est une guerre, il l&#8217;a assez dit. Personne ne lit personne. Tout est donc affaire de commerce littéraire. Il faut tétaniser l&#8217;adversaire, d&#8217;un coup, sous une avalanche brutale, et à spectre large.</p>
<h2><span style="color: #800000;">Les erreurs de BHL</span></h2>
<p>Mais pourquoi ne reprocher qu&#8217;à lui «le tapis de bombes»? Outre le fait que n&#8217;importe quel écrivain rêverait de se voir ainsi attendu, la même semaine, par la presse de son pays, c&#8217;est oublier, par exemple, l&#8217;impressionnant dispositif déployé, il y a quelques semaines, pour l&#8217;écrivain américain James Ellroy et son roman <em><strong><a href="http://www.evene.fr/livres/actualite/ellroy-trilogie-underworld-usa-americain-tabloid-death-trip-2494.php" target="_blank">Underworld USA</a></strong></em><em>. </em></p>
<p>Dès lors que l&#8217;actualité est arrosée d&#8217;autant d&#8217;objets promotionnels made in BHL, les réfractaires s&#8217;estiment en droit de lancer leur contre-offensive. Comme ils ont perdu depuis longtemps l&#8217;envie de lire Bernard-Henri Lévy, il leur faut des prétextes à la circonférence de l&#8217;oeuvre. Une erreur de l&#8217;auteur, comme ici. Coquilles et négligences de relecture. Souvent, ils se muent en flics investigateurs pour vérifier l&#8217;exactitude des affirmations de BHL dans ses reportages pour <em>Le Monde</em> -qui ne sont pas exempts d&#8217;approximations, parfois, comme tous les autres reportages. Ainsi l&#8217;enquête, en 2008, sur les traces de BHL, en Géorgie, pendant l&#8217;offensive russe. Ainsi la polémique sur <em>Daniel Pearl</em>. Sur l&#8217;entrée de BHL dans Sarajevo assiégée, et le nombre d&#8217;heures qu&#8217;il a «réellement» passées sur place. Sur la «véritable date à laquelle il a rencontré le commandant Massoud», au tout début des années 1980. Etc.</p>
<p>Mais pour qui d&#8217;autre procède-t-on donc ainsi? Quel autre philosophe? Quel autre reporter? Qui affronte ainsi des comités de vigilance, tout à fait staliniens dans leur essence, à chacune de ses sorties sur la planète? A côté de son billet dans <em>Bibliobs</em>, Aude Lancelin a fait reproduire <a href="http://bibliobs.nouvelobs.com/files/BHL_Pierre_Vidal-Naquet_1979.pdf" target="_blank">le fac-similé d&#8217;une lettre</a> adressée à son journal par l&#8217;historien Pierre Vidal-Naquet dénonçant des erreurs de date, de faits ou d&#8217;interprétation dans <em>Le Testament de Dieu, </em>autre ouvrage du philosophe. La lettre comme le livre datent&#8230; de 1979. Pas de cessez-le-feu? Jamais? Poursuit-on encore Régis Debray pour ses myopies de Pristina, pendant la guerre du Kosovo? Alain Finkielkraut, pour la critique d&#8217;un film, autrefois, qu&#8217;il allait reconnaître n&#8217;avoir pas vu? Non, comme la vie, la littérature doit connaître l&#8217;oubli, voire le pardon. Sinon, l&#8217;atmosphère est étouffante. Et directement fascisante.</p>
<h2><span style="color: #800000;">Chimères persistantes</span></h2>
<p>Pourquoi pas pour lui? Qu&#8217;est-ce qu&#8217;il a, de plus ou de moins, qui pourrait bien lui valoir, à vie, un soupçon d&#8217;infamie? Ah, il est riche! De nombreux articles insistent sur le fait qu&#8217;il se rend parfois en reportage en avion privé, et qu&#8217;il règle lui-même ses frais. C&#8217;est connu, les enquêtes fauchées, ou sur invitation de l&#8217;ennemi, sont plus vertueuses. Il est riche, ça l&#8217;exclut a priori? La philo et la littérature se doivent vouées à la misère sociale? Parce que dans un tel cas, Gide, cet horrible nanti, aurait dû faire autre chose. Quant à BHL, son père, plus qu&#8217;aisé, aurait dû naturellement l&#8217;orienter vers des études économiques, et non vers Normale Sup. Nous aurions sur le dos un trader ou un banquier de plus, aujourd&#8217;hui, scandaleusement bien rémunéré, mais au moins la littérature serait-elle sauve.</p>
<p>Il y a, c&#8217;est vrai, une contradiction que Bernard-Henri Lévy n&#8217;a jamais réglée: la proximité entre les images de sa vie mondaine, le luxe de ses décors, ou ceux de sa femme, l&#8217;actrice <a href="http://www.arielle-dombasle.com/fr">Arielle Dombasle</a>, et celles de sa passion, d&#8217;analyse et de témoignage, pour les causes humaines du bout du monde. Télescopages, en effet. Mais pourquoi lui faire payer les unes par la seule détestation des autres? Le fric par la philo, accusée d&#8217;être falsifiée? Cet homme est étrange, au moins pourrait-on le lui reconnaître: en vieillissant, les personnalités contradictoires, au moins complexes, finissent toujours par opter pour le bonheur matériel, et le renoncement. Il est l&#8217;un des rares cas de personnages puissants à ne pas se résigner à l&#8217;abandon de ses chimères adolescentes. Pire: à les renforcer avec l&#8217;âge et les moyens venus. Il n&#8217;est que de lire, pour s&#8217;en convaincre, même de picorer, les <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/pieces-identite">1.340 pages </a>de ce dernier tome des <em>Questions de principe</em>. Retranchons les fatuités, les postures trop avantageuses. Restent tout de même, allez, 1.200 pages, de fureur et d&#8217;indignation, de plaintes et d&#8217;appels, que la grande bourgeoisie n&#8217;a pas, généralement, le goût de revendiquer; même si certains viennent droit d&#8217;un joli palais, dans la médina de Marrakech.</p>
<p>Ces deux livres-ci, le petit et le gros, et la manière véhémente qui les salue sont, il faut le savoir, la dernière étape avant l&#8217;ignominie. Compte tenu de l&#8217;état de la société, de ses besoins de lynchage, de sa passion pour les oukases médiatiques, la prochaine fois, au prochain livre, internautes, lecteurs ou critiques, quelques-uns ne se retiendront plus.</p>
<p>Bernard-Henri Lévy, ce juif.</p>
<p><em><strong>Philippe Boggio</strong></em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.bernard-henri-levy.com/bhl-victime-de-delit-de-facies-par-philippe-boggio-slate-fr-du-17022010-4270.html/feed</wfw:commentRss>
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		</item>
		<item>
		<title>Bernard-Henri Levy, rédacteur en chef du jour. La Libre Belgique du 11/02/2010</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/bernard-henri-levy-redacteur-en-chef-du-jour-la-libre-belgique-du-11022010-4250.html</link>
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		<pubDate>Wed, 17 Feb 2010 10:18:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>

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		<description><![CDATA[Bernard-Henri Levy, rédacteur en chef du jour.

 &#160;&#187;L&#8217;avenir institutionnel de la Belgique, la gauche française, l&#8217;identité nationale, la spéculation financière, Benoît XVI, Pie XII, l&#8217;avenir de la presse  écrite&#8230;

Notre rédac&#8217; chef d&#8217;un jour, BHL, n&#8217;a éludé aucun débat. A déguster dans toutes les rubriques de ce journal. &#171;&#160;
 
 
 
 
 
 
 
 
Scinder la Belgique ? Oui c’est imaginable.
Pour Bernard-Henri Lévy, nous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong><img class="alignleft size-medium wp-image-4266" title="llb_20100211_bru_full_Page_01" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/llb_20100211_bru_full_Page_011-213x300.jpg" alt="llb_20100211_bru_full_Page_01" width="213" height="300" />Bernard-Henri Levy, rédacteur en chef du jour.</strong></p>
<blockquote style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"> &nbsp;&raquo;L&#8217;avenir institutionnel de la Belgique, la gauche française, l&#8217;identité nationale, la spéculation financière, Benoît XVI, Pie XII, l&#8217;avenir de la presse  écrite&#8230;</p>
<p><span id="more-4250"></span></p></blockquote>
<blockquote style="text-align: center;"><p><img class="alignright size-medium wp-image-4267" title="llb_20100211_bru_full Page_02" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/llb_20100211_bru_full-Page_021-213x300.jpg" alt="llb_20100211_bru_full Page_02" width="213" height="300" />Notre rédac&#8217; chef d&#8217;un jour, BHL, n&#8217;a éludé aucun débat. A déguster dans toutes les rubriques de ce journal. &laquo;&nbsp;</p></blockquote>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<h1 style="text-align: center;">Scinder la Belgique ? Oui c’est imaginable.</h1>
<p style="text-align: center;"><strong>Pour Bernard-Henri Lévy, nous serons peut-être, demain, des Européens d’origine wallonne et flamande.</strong></p>
<p style="text-align: left; "><strong> “Et alors ?”</strong></p>
<h5 style="text-align: left; ">Entretien avec la rédaction de La Libre Belgique</h5>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: left; "><em><span style="color: #800000;">Pensez-vous que l’évolution institutionnelle de la Belgique pourrait aboutir à un scénario à la Tchèque, à une dislocation? Quelles en seraient les conséquences sur l’Europe ?</span></em></p>
<p style="text-align: left; ">Oui, bien sûr, c’est imaginable. Regardez l’ex-Yougoslavie.<br />
Ce n’est évidemment pas comparable et cela ne prendra jamais cette tournure-là en Belgique.<br />
Mais qui, dans les années 80, aurait pu deviner ce qui allait se passer en Bosnie ? Eh bien qu’une communauté nationale se disloque, fût-ce pacifiquement, est tout à fait concevable.Maintenant serait-ce un drame ? Oui, bien sûr. Quand, comme moi, on aime la Belgique, on ne peut pas<br />
envisager cette hypothèse de gaieté de coeur. Mais en même temps… Je suis un Européen convaincu. L’horizon dans lequel nous allons tous vivre dorénavant – que nous soyons Belges, Italiens, Français, Espagnols – c’est l’horizon de l’Europe. Et si la Belgique devait se disloquer, si les deux Nations issues de cette dislocation devaient, à partir de leur identité redéfinie, mieux prendre leur place dans l’ensemble européen, pourquoi pas ?
</p>
<p style="text-align: left; "> </p>
<p style="text-align: left; "><em><span style="color: #800000;">Sera-t-on capable de constituer, à l’échelle des défis de demain, face aux Chinois, face aux Américains, face aux problèmes écologiques vitaux, un vrai géant économique, avec un modèle social plus humain que sur d’autres continents ?</span></em></p>
<p style="text-align: left; ">Oui, si on est capable de dépasser les cadres nationaux. Et je le dis non seulement pour la<br />
Belgique mais aussi pour la France : n’oubliez pas que j’ai écrit, il y a 25 ans, un livre qui s’appelle L’idéologie française où je disais déjà, au fond, que j’étais un Européen d’origine française ! Vous serez peut-être demain des Européens d’origine wallonne et d’autres des Européens d’origine flamande.<br />
Et alors ?
</p>
<p style="text-align: left; "> </p>
<p style="text-align: left; "><em><span style="color: #800000;">Aurait-on tort de vouloir maintenir une Belgique unie?<br />
</span> </em><br />
Non. Mais, si cela ne marchait pas, on aurait tort d’en faire un drame. Je suis, je vous le répète, un anti-nationaliste convaincu. Les Nations appartiennent au passé. Elles ont entraîné le monde dans trop de désastres sans nom. Donc, oui, oui et oui: le cadre national doit être dépassé. Et si, demain, les Belges francophones se sentaient davantage d’affinités culturelles avec la France qu’avec la Flandre et en tiraient des conséquences institutionnelles, je ne vois pas en quoi ce serait une catastrophe. Les identités collectives, vous savez, c’est comme les identités personnelles : elles sont mouvantes, elles ne sont pas figées. La Belgique, comme d’autres (petits) pays européens, apparaît très vulnérable sur le plan économique en période de crise. De grandes multinationales (General Motors, ArcelorMitall, AB Inbev…) y font la pluie et le beau temps.
</p>
<p style="text-align: left; "> </p>
<p style="text-align: left; "><em><span style="color: #800000;">Les Etats sont-ils devenus complètement impuissants?<br />
</span> </em><br />
Oui, parfois. Et c’est pourquoi il ne faut certainement pas déserter la scène du mondialisme mais, au contraire, l’occuper et la réinventer en imposant de nouvelles règles transnationales. La Belgique ou la France n’ont plus les instruments pour empêcher les choix stratégiques des grandes entreprises de taille mondiale. Or ne nous leurrons pas. Le vrai combat pour notre génération et les suivantes, c’est ce combat sur les nouvelles règles internationales. Ce n’est pas simple, mais c’est l’impératif absolu.
</p>
<p style="text-align: left; "> </p>
<p style="text-align: left; "><em><span style="color: #800000;">En attendant, les dégâts sociaux sont considérables…<br />
</span> </em><br />
C’est davantage que des dégâts sociaux. Ce sont des groupes entiers d’hommes et de femmes qui se sentent anéantis, inutiles à la communauté, comptant pour rien. Alors on peut (et il faut) évidemment les aider en leur octroyant des allocations et en les assistant. Mais le plus dramatique, c’est ce sentiment de compter pour rien, d’être jeté comme une vieille machine obsolète. J’imagine que cela doit être l’un des sentiments les plus terribles pour un être humain, et qui peut pousser au désespoir.
</p>
<p style="text-align: left; ">Dans De la guerre en philosophie, vous évoquez les recherches sur Kant de Jean-Baptiste Botul, qui aurait démontré que Kant était un esprit de pure apparence. Il s’est avéré que Botul n’a jamais existé et que celui qui signe sous sa plume, ce qui s’apparente à un canular, est un chroniqueur du Canard Enchaîné, Frédéric Pagès. Comment avez-vous pu vous laisser piéger?</p>
<p style="text-align: left; ">Il n’y a pas de « piège ». Il y a juste un bon livre signé par Monsieur X alors que l’écrivain s’appelait Monsieur Y. J’ai lu, sous la plume de la grande justicière qui se répand depuis deux jours dans tous les journaux, qu’elle a découvert toute seule, comme une grande, l’abominable pot-aux-roses, qu’il m’aurait suffi d’un clic sur Wikipédia pour me rendre compte de la supercherie. Le problème, c’est que je ne clique pas sur Wikipédia pour me renseigner sur les livres que je lis. Je les lis. Et, quand ils sont bons, je m’en réjouis et je les cite. Là, c’est le cas. Ce livre sur Kant, qu’il soit signé de Botul ou de Pagès, peu importe. C’est un livre qui dit des choses justes sur Kant. Et si toute cette affaire, la surexploitation qu’en fait son éditeur, ont pour résultat de mieux le faire connaître et de le faire lire, eh bien je m’en réjouis – de bon coeur, je m’en réjouis.</p>
<p style="text-align: left; "> </p>
<p style="text-align: left; "><em><span style="color: #800000;">Vous avez récemment pris position en faveur du pape Pie XII dans un climat où le ton est plutôt à stigmatiser son attitude vis-à-vis des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.</span></em></p>
<p style="text-align: left; ">Oui. Le problème, ce n’est même pas Pie XII. C’est la vérité. Et cette bêtise en boucle qui tourne du soir au matin et qui consiste à répéter que Pie XII fut le pape d’Hitler; qu’il y a eu un collaborateur des nazis dans ces années et que ce fut lui; et que ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les archives du Vatican sont restées fermées aux historiens. Le malheur, c’est que ce n’est pas vrai. Les archives de la Secrétairerie d’Etat concernant cette affaire ont été publiées par le père Blet. Et, quand on y regarde de près, on découvre que Pie XII aurait, certes, pu en faire plus; mais que, dans un monde où personne n’a rien fait du tout, où personne n’a rien dit, où le silence a été la règle, c’est encore lui qui en a le plus dit et même fait. J’ajoute que, de tous les « chefs d’Etat » de l’époque, il était a le plus vulnérable, car encerclé par les fascistes italiens; b) le plus démuni, car n’ayant ni armée, ni avions, ni canons. Je vous signale aussi que, pendant les années 50, on disait tout autre chose. GoldaMeir, Albert Enstein, le grand rabbin de Rome, les communautés juives européennes lui rendaient plutôt hommage.On savait qu’il ne s’était pas tant tu que cela; qu’il avait abrité des familles juives jusqu’à Castel Gandolfo. Bon. J’ai le souci de la vérité. J’ai<br />
le souci du dialogue judéo-chrétien. Et c’est pourquoi il m’a paru important de, sur ce point, aider à rétablir la vérité.
</p>
<p style="text-align: left; "> </p>
<p style="text-align: left; "><em><span style="color: #800000;">Vous prenez aussi la défense de Benoît XVI.<br />
</span> </em><br />
Oui. Car c’est bizarre cette façon de taper impunément sur le Pape et de s’en donner à coeur joie ! Benoît XVI est allé à Auschwitz en 2006. Il y a prononcé les mots les plus justes que puisse prononcer un catholique. Et pourtant, la manière dont la presse les a détournés est ahurissante.Moi, je suis Juif. Je suis fier d’être juif. Je mourrai Juif. Mais je n’ai rien à redire sur la façon dont Benoît XVI s’est, en catholique, exprimé sur ce point. Il y a quelques semaines, vous rentriez d’Israël. Vous avez dit avoir constaté une évolution des esprits israéliens au sujet du conflit avec les Palestiniens. Je suis allé en Israël en compagnie de deux amis iraniens, qui font partie de la mouvance démocratique iranienne, en train de faire chuter le régime. Je les ai aidés à rencontrer quelques hauts responsables du pays. Et j’ai pu observer, d’abord, qu’il existait une alliance naturelle entre Israël et les démocrates iraniens; ensuite, qu’il y a face au péril Ahmadinejad une alliance de circonstance, mais peut-être solide, entre Israël et les pays arabes modérés, car ils ont le même ennemi; mais aussi que, dans les coeurs des citoyens israéliens, l’idée que la paix est inévitable et qu’il faudra faire des compromis est une idée qui fait des pas décisifs. Je m’en réjouis.
</p>
<p style="text-align: left; "> </p>
<p style="text-align: left; "><em><span style="color: #800000;">Revenons en France. Où en êtes-vous à présent? Si l’on vous demande de choisir: Ségolène (Royal) ou Martine (Aubry)</span></em><span style="color: #800000;">?</span></p>
<p style="text-align: left; ">Eh bien, mon choix, c’est : les idées et, encore, les idées. Pour le reste, on verra bien. La seule chose sûre, c’est que le parti socialiste tout seul et dans l’état où il se trouve est incapable de gagner les élections. Je pense qu’il ne pourra y avoir de changement en France que si une nouvelle force émerge, qui associe les socialistes, les centristes et les amis de Danny Cohn-Bendit. Cela suppose une sorte de big-bang à l’intérieur de ce continent politique. C’est pour cela que leurs querelles de chef m’intéressent peu.</p>
<p style="text-align: left; "> </p>
<p style="text-align: left; "><em><span style="color: #800000;">Faut-il interdire le port de la burqa?<br />
</span> </em><br />
Oui, bien sûr. Si on pouvait se contenter des dispositifs réglementaires existants, ce serait évidemment mieux. Mais, en tout état de cause, la burqa est une telle insulte à la dignité des femmes, fussent-elles consentantes, que la démocratie ne peut le tolérer.
</p>
<p style="text-align: left; "> </p>
<p style="text-align: left; "><em><span style="color: #800000;">Que pensez-vous du débat lancé en France sur l’identité nationale?<br />
</span> </em><br />
L’idée d’un débat d’Etat, déjà,me choque. Ce n’est pas à un Etat de dire ce que doit être le débat. C’est le travail d’un groupe de citoyens, d’un parti, d’un syndicat, d’un journal, pas d’un Etat. De plus, quand la France a installé un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, elle établissait là, qu’on le veuille ou non, un lien de cause à effet entre l’éventuel trouble à l’identité nationale et l’immigration; et c’était une mauvaise action; c’était une façon d’attiser les peurs et les tensions; c’était une manière d’amalgamer ensemble tous les musulmans, de confondre l’immense majorité d’entre eux qui sont parfaitement intégrés et la minorité, la toute petite minorité, qui peut être tentée par l’extrémisme. On les met tous dans le même sac, c’est scandaleux. Et puis, lancer un débat sur l’identité nationale, c’est occulter le débat sur l’identité européenne, qui est, lui, un débat vraiment brûlant.
</p>
<p style="text-align: left; "> </p>
<p style="text-align: left; "><em><span style="color: #800000;">L’Europe se raidit par rapport à la question de l’immigration…<br />
</span> </em><br />
Il y a deux logiques. La loi du coeur et la loi de la raison. Le coeur : on ne peut rester insensible face à la détresse des grappes d’êtres humains désespérés accostant les côtes européennes – et la loi de la bonté, de la charité nous interdit de les renvoyer. Après, il y a la loi de la raison qui dit, selon le mot célèbre deMichel Rocard : aucun pays ne peut accueillir toute la misère du monde. La politique doit gouverner entre la raison et le coeur. Et peut-être est-il temps que la raison imprime à son tour sa marque. Qu’il y ait, autrement dit, des politiques plus restrictives, des frontières mieux contrôlées, cela ne me choque pas. Et je ne suis pas pour une régularisation de tous les sans-papiers.
</p>
<p style="text-align: left; "> </p>
<p style="text-align: left; "><em><span style="color: #800000;">Le radicalisme islamiste menace-t-il la société occidentale?<br />
</span> </em><br />
C’est un phénomène inquiétant mais il est encore marginal. Je crois en la maturité de nos opinions publiques, en particulier de la minorité musulmane qui ne laissera pas si facilement séduire par ces mauvaises sirènes. Mais lorsqu’un imam prêche ce genre de discours de haine, il n’a pas sa place en Belgique ou en France. La solution, c’est l’émergence d’un islam démocratique. En vérité, il y a deux problèmes. Le problème de l’islam, c’est l’affaire des musulmans. Le problème de la laïcité, c’est l’affaire des Etats. Nous ne pouvons qu’inviter<br />
nos amis musulmans à moderniser leurs dogmes. Et, pour cela, il y a un grand modèle, celui du Talmud, qui dit qu’il n’est pas de vérité, quoique révélée, qui ne soit sujette à débat. J’espère que les musulmans se doteront un jour d’un texte qui ressemble à un Talmud,mais c’est leur affaire. En tout état de cause, les dogmes n’ont pas à dicter leur loi à la loi civile, et sur ce plan, le législateur ne doit pas céder.
</p>
<p style="text-align: left; "> </p>
<p style="text-align: left; "><em><span style="color: #800000;">Quel est l’avenir de la presse écrite? Est-elle menacée par l’Internet, les réseaux sociaux, etc.?<br />
</span> </em><br />
Internet a besoin de la presse écrite et vice-versa. Ce qu’il faut trouver, c’est le modèle économique adéquat. Je lis régulièrement La Libre via son site mais je préfère la feuilleter. C’est comme pour les livres, j’aime le papier.
</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center; "><strong>Que vous inspirent les mots suivants ?</strong></p>
<p style="padding-left: 240px; text-align: center;"><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong></p>
<ul>
<li><span style="font-weight: normal;"><span style="color: #800000;">Dieu ?</span> Son testament.</span></li>
<li><span style="font-weight: normal;"><span style="color: #800000;">Patrie </span>? 	Je la défendrais, si elle était menacée.</span></li>
<li><span style="font-weight: normal;"><span style="color: #800000;">Obama ?</span> Je continue à y croire.</span></li>
<li><span style="font-weight: normal;"><span style="color: #800000;">Ego ?</span> Cela ne m’intéresse pas.</span></li>
<li><span style="font-weight: normal;"><span style="color: #800000;">Amour ?</span> L’un des deux centres de ma vie avec la littérature.</span></li>
<li><span style="font-weight: normal;"><span style="color: #800000;">Femmes ?</span> L’un des deux centres de ma vie avec la littérature.</span></li>
<li><span style="font-weight: normal;"><span style="color: #800000;">Politique ?</span> Trop discréditée mais largement par sa faute.</span></li>
<li><span style="font-weight: normal;"><span style="color: #800000;">Bruxelles ?</span> Une des villes du monde où je me sens bien.</span></li>
<li><span style="font-weight: normal;"><span style="color: #800000;">Argent ?</span> A contrôler mais à déculpabiliser – ou l’inverse.<span style="color: #800000;"> </span></span></li>
<li><span style="font-weight: normal;"><span style="color: #800000;">Pâtisserie ?</span> Je suis gourmand.</span></li>
</ul>
<p></strong></p>
<p> </p>
<p> </p>
<p style="padding-left: 240px; text-align: center;"> </p>
<p style="padding-left: 240px; text-align: center;"> </p>
<h1 style="text-align: center;">Comment BHL se voit-il philosophe ?</h1>
<p style="text-align: left;"> </p>
<p style="text-align: left;"><strong>Par Jacques Franck<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans un petit livre clair et dense, Bernard-Henri Lévy répond à la question : « Comment philosophe-t-il ? », que lui avait posé l’Institut d’études lévinassiennes de Paris. A cette question, BHL répond d’abord : en luttant plus que jamais contre la morosité assourdissante des anti-intellectuels et des néomarxistes en rupture avec la recherche de la vérité. Mais il ne suffit pas de croire à la philosophie : dans “faire de la philosophie”, disait son maître Louis Althusser, le mot important n’est pas « philosophie » mais « faire ». Et « faire », ce n’est pas procéder par aphorismes et intuitions, mais tenter de former non seulement des concepts, mais de les architecturer dans un système : « C’est parce que le monde est tout sauf un système, un ordre, une harmonie, c’est parce qu’il est menacé, en permanence, d’implosion et que nous sommes en proie à un vertige constant lié à ce risque d’implosion, c’est parce que nous avons à faire au chaos, au tumulte, à l’avalanche et à toutes les formes possibles de catastrophe, qu’est requise la systématicité philosophique. »<br />
Partant de là, BHL ne croit pas que l’Université soit le bon lieu pour philosopher, car la philosophie se fait seul. Fille du tumulte et de la guerre, elle se fait, comme le pensaient les Grecs, dans la rue ou sur les places publiques, ou comme l’a longtemps pensé Michel Foucault, à partir des asiles et des prisons. Contre ceux qui pensent que l’échange et la confrontation des points de vue sont la voie royale de la philosophie, il ne connaît qu’une façon d’avancer dans la pensée qui est de « penser avec sa propre tête ».Car la philosophie n’est pas une amie de la sagesse et du bon sens, mais de la vérité. L’art de philosopher ne vaut que s’il est un art de la guerre, comme le pensait Nietzsche. En 1945, Merleau-Ponty posait la question de la profonde inutilité des deux grands philosophes de l’entre-deux-guerres, Bergson et Brunschwicg qui n’ont rien vu venir, rien dénoncé. Et de conclure : « La fonction de la philosophie pour moi, c’est de penser, et de tenter de penser, la violence, le surgissement, l’imprévisibilité, parfois l’horreur de l’événement. » De cette ligne de conduite, l’auteur du Testament de Dieu nous donne une illustration appréciable dans le onzième volume de ses Pièces d’identité. Il y a réuni ses écrits journalistiques, des textes de circonstance, des interventions notamment sous forme d’interviews, de 2004 à 2009. Il y traite aussi bien de la question du mal que du Génie du Judaïsme, de Jean Genet que de Sarah Palin, de Ségolène Royal que de Barack Obama.
</p>
<p style="text-align: center; "> </p>
<p style="text-align: center; "> </p>
<h1 style="text-align: center; ">Les regards de Bernard-Henri Levy</h1>
<p style="text-align: center; "><strong><br />
</strong><img class="alignleft size-medium wp-image-4264" title="llb_20100211_bru_full_Page_22" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/llb_20100211_bru_full_Page_22-213x300.jpg" alt="llb_20100211_bru_full_Page_22" width="213" height="300" /><img class="aligncenter size-medium wp-image-4265" title="llb_20100211_bru_full_Page_23" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/llb_20100211_bru_full_Page_23-213x300.jpg" alt="llb_20100211_bru_full_Page_23" width="213" height="300" />
</p>
<p style="text-align: center; "> </p>
<p style="text-align: center; "> </p>
<h1 style="text-align: center; "><strong>Polanski à la Berlinale<br />
</strong><br />
<em> </em></h1>
<p style="text-align: center; "><em><span style="color: #800000;">Vous voyez la philosophie comme un instrument de lucidité. Le cinéma, à l’honneur à Berlin, peut-il également en être un ?</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">Je jouerai d’abord mon rôle de « rédacteur en chef d’un jour » en vous conseillant, parmi toutes les nouvelles du jour, de privilégier le Méxique. La culture mexicaine n’est pas assez connue. C’est une culture immense où se mêlent le religieux, le profane, le sacré, le culturel, un catholicisme original. J’y suis attaché personnellement. Mon épouse y a été élevée. C’est une de mes patries d’adoption. Quant à la Berlinale, elle est également très importante pour une raison particulière cette année. J’ai vu un des films sélectionnés, un chef-d’œuvre, et je forme le vœu qu’il soit récompensé. Il s’agit de <em>The Ghost</em><em> de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/roman-polanski-bernard-henri-levy-repond-a-pierre-vavasseur-dans-le-parisien-du-26122009-3532.html">Roman Polanski</a>. C’est un film sur la guerre en Irak. Une sorte de portrait de Tony Blair. Un portrait terrible du fond crapuleux qui était au coeur de toute cette affaire. Et je trouve très bien que le comité de pilotage du festival de Berlin ait décidé de programmer le film d’un réalisateur qui ne pourra pas l’accompagner et qui ne pourra pas venir chercher son prix s’il est primé. Roman Polanski, puisqu’il s’agit de lui, est traité comme s’il était le plus grand des criminels presque par tout dans le monde. Il a commis une faute il y a 32 ans. Et je trouve monstrueux le climat de lynchage qui a entouré toute cette affaire. Je l’ai défendu parce qu’il n’y avait pas grand monde, à l’époque, pour le défendre. Ses confrères, pour la plupart, étaient aux abris. Si vous regardez la pétition sur mon site, vous verrez qu’on y trouve plus de simples citoyens que de grands et notoires collègues.</em></p>
<p><em> </em></p>
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		<title>Ah! les chaisières… de Catherine Clément, pour la Règle du Jeu.</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Feb 2010 17:18:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
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		<description><![CDATA[Depuis I977, date de la parution de La barbarie à visage humain, quand “BHL” publie, il reçoit des giclées de venin. Je le sais mieux que personne, car en I977, je fus la première à le canarder dans Le matin de Paris, tant il m’exaspérait. Son anticommunisme primaire, son lyrisme, son emportement, je ne supportais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-4259" title="Catherine Clément" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/Catherine-Clément-300x199.jpg" alt="Catherine Clément" width="300" height="199" />Depuis I977, date de la parution de <em><strong><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/la-barbarie-a-visage-humain-312.html">La barbarie à visage humain</a></strong></em>, quand “BHL” publie, il reçoit des giclées de venin.<span id="more-4258"></span> Je le sais mieux que personne, car en I977, je fus la première à le canarder dans<em> Le matin de Paris</em>, tant il m’exaspérait. Son anticommunisme primaire, son lyrisme, son emportement, je ne supportais rien de La Barbarie et je l’avais écrit avec toute la cruauté dont j’étais alors capable. Féroce. Tout de même, je finis par m’interroger: une haine intellectuelle, cela demande toujours explication. Quand on est freudien et que l’on cherche en soi, on trouve. Ce “BHL” était vraiment trop beau. Maurice Clavel, paraît-il, l’avait dit à l’époque: sans sa beauté, Bernard-Henri Lévy n’aurait pas tant d’ennuis.</p>
<p>Nous avons vieilli en amis depuis trente-trois ans, et je diverge avec lui sur presque tout, l’atlantisme, le sionisme, son anti-marxisme, Pie XII, sa pensée tragique, tout, sauf sa passion des libertés, le goût de l’étranger et sa curiosité du monde. Mon philosophe de référence, c’est Badiou, qui le combat; et je m’honore d’avoir pour amis l’un et l’autre, aux extrêmes, oui, cela m’importe. Mais quand on attaque vilainement Bernard , je vois rouge. Oui, rouge, justement.</p>
<p>Cette fois, on le moque sur une erreur. J’assistais à cette conférence qu’il a prononcée en avril 2009 salle Dussane à l’Ecole de la rue d’Ulm, reprise dans <em><strong><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/de-la-guerre-en-philosophiehttp://">De la guerre en philosophie</a></strong></em>. Quand il a parlé de Jean-Baptiste Botul, ce philosophe inconnu, personne n’a bronché, ni moi, ni les autres. Le propre du canular, c’est qu’il doit être crédible; et Noyau Dur Botul, c’est-à-dire le groupe Botul avec, parmi d’autres, Frédéric Pagès et Gérard Mordillat, s’y entend dans le canular, suffisamment pour rendre crédible un nouveau philosophe écrivant sur le sexe de Kant. Pourquoi de très sérieux philologues allemands n’ont-ils pas deviné en 1894 la mystification de Pierre Louÿs inventant Bilitis, une courtisane grecque et poétesse ? C’est ainsi que Bernard avala l’existence de Botul ; ce soir-là, il n’a pas été le seul. Nous nous sommes tous trompés. Au fil des années, Claude Lévi-Strauss m’a beaucoup parlé de l’erreur, qu’il jugeait inévitable, et sans gravité dès l’instant qu’on la reconnaissait. Lui-même est sans doute l’un des rares penseurs à avoir écrit un article à partir d’une de ses erreurs, qui, dit-il dans Note sur la Tétralogie, “mettait tout mon raisonnement par terre” ( page 319, Le regard éloigné). Des erreurs, j’en faisais constamment; et Lévi-Strauss me les signalait avec une grande patience. Je crois avoir crevé le plafond de l’erreur en célébrant les bras sublimes de la Victoire de Samothrace au Louvre; mais je n’ai pas dit mon dernier mot.</p>
<p>Tout de suite, sur Botul, Bernard-Henri Lévy a reconnu son erreur. Alors, pour le mettre en pièces, apparurent les chaisières. Les chaisières, filles ou garçons, écrivent comme on cancane dans le fond d’une église, bien calé sur sa chaise, animé par l’esprit d’envie, car elles sont les laideronnes du village, les chaisières, les soeurs de Cendrillon. Je les connais, puisque je fus chaisière. Ce qui me stupéfie, c’est que tous les dix ans, on voit apparaître de nouvelles chaisières à leur proie attachées, Erynnies disgrâciées cancanant sur les coucheries de Bernard, la fortune de son père ( si souvent traitée dans l’infâmie), son teint trop bronzé, la terrasse du “palace” sur laquelle il pose, son polo noir, son col ouvert, sa tasse de thé, toutes choses capitales en matière de philosophie et qui, on a pu le lire, méritent une expulsion. Rien que cela ! Ce renouvellement incessant des chaisières me paraît très curieux. Je n’y vois qu’une seule explication : celle de Maurice Clavel. Car à plus de soixante ans, cet homme-là est toujours aussi beau. Il a la grâce. Au point de brouiller la lecture ? Oui. Personne ne s’y fait, ni lui, ni les chaisières.</p>
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		<title>BHL, pape du conformisme ou «philosophe-voyou» ? par Robert Landy &#8211; Slate.fr</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Feb 2010 11:42:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
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		<description><![CDATA[Le philosophe de Saint-Germain-des-près a des défauts, mais il est cohérent et s&#8217;inscrit dans la lignée des philosophes engagés.

L’occasion était trop tentante : Bernard-Henri Lévy pris en flagrant délit de «botulisme» ! Le penseur officiel de Saint-Germain-des-Prés, ce monstre sacré adulé par les grands médias s’est laissé abuser par un pastiche. Si cette nouvelle a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-4239" title="slate" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/slate-300x164.jpg" alt="slate" width="300" height="164" /><strong>Le philosophe de Saint-Germain-des-près a des défauts, mais il est cohérent et s&#8217;inscrit dans la lignée des philosophes engagés</strong>.</p>
<p><span id="more-4236"></span><br />
L’occasion était trop tentante : Bernard-Henri Lévy pris en flagrant délit de «botulisme» ! Le penseur officiel de Saint-Germain-des-Prés, ce monstre sacré adulé par les grands médias s’est laissé abuser par un pastiche. Si cette nouvelle a fait tant de bruit, c’est sans doute parce que beaucoup y ont vu la confirmation d’une certitude, avec la satisfaction de voir leur point de vue validé par les faits: l’escroquerie enfin révélée au grand jour! Le «bluff», la «camelote», «l’imposture publicitaire», «l’industrie du vide» enfin démasqués !<img class="alignright size-medium wp-image-4240" title="bhl slate" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/bhl-slate-300x130.jpg" alt="bhl slate" width="300" height="130" /></p>
<p>Depuis trente ans, le procès reste instruit dans les mêmes termes, ceux qu’employait déjà Cornelius Castoriadis, emboîtant le pas à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Vidal-Naquet" target="_blank"><strong>Pierre Vidal-Naquet</strong></a>, à propos du <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/le-testament-de-dieu-309.html"><strong>Testament de Dieu</strong></a> (1979). Pour beaucoup, renforcés dans leur conviction par la violence du propos de ces figures prestigieuses, BHL est en effet devenu un symbole: celui du conformisme intellectuel, de la vacuité des références de nos élites, gorgées de bon sentiments, délaissant la réflexion pour s’abreuver à une «pop-philosophie» prête à consommer écrite par des people, confirmant ainsi leur incapacité foncière à se confronter aux réalités du monde contemporain.</p>
<p>Ce concert de railleries et la littérature «démystificatrice» qui prolifère à son sujet incitent pourtant à y regarder à deux fois. Les intellectuels, et en particulier les universitaires, trouvent-ils que l’on parle trop de BHL et pas assez d’eux? Ils ont bien raison: l’indifférence au mouvement des idées est devenue la norme dans nombre de grands médias, et par ricochet, dans le débat public. La notoriété de ce dandy de la pensée, vu plus souvent, c’est vrai, dans <em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/bhl-portrait-par-catherine-schwaab-pour-paris-match-4022010-3992.html"><strong>Paris Match</strong></a></em> qu’au Collège de France, et qui n’hésite pas à s’affranchir des règles académiques et en particulier de celles de la citation (<a href="http://www.slate.fr/story/17061/bhl-cite-un-faux-philosophe" target="_blank"><strong>l’affaire Botul en est un exemple</strong></a>), énerve.</p>
<p>Mais c’est peut-être en partie et surtout parce que cette exposition extrême est le pendant de l’invisibilité de tous les autres. Quant à la sphère médiatique, où les anticonformistes autoproclamés ne manquent pas, elle trouve toujours des volontaires pour dénoncer la «bien-pensance», dont on ne sait pas toujours en quoi elle consiste puisqu’elle est en général constatée dès lors qu’une idée fait l’objet d’une large diffusion, sans autre forme de procès.<br />
<strong></strong></p>
<p><strong>BHL ou la philosophie comme engagement</strong><br />
Laissons donc Jean-Baptiste Botul à ses séminaires devant les néo-Kantiens du Paraguay, et regardons d’un peu plus près ce que Bernard-Henri Lévy a à nous dire. L’opuscule qu’il publie ces jours-ci,<strong> <em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/de-la-guerre-en-philosophie">De la guerre en philosophie</a></em></strong> (Grasset), est la retranscription d’une conférence prononcée à l’Ecole Normale Supérieure il y a quelques mois. Le propos de l’auteur est justement d’expliquer le sens de sa démarche en répondant aux nombreuses critiques que son travail suscite. En résumé, il s’agit d’un plaidoyer pro domo en faveur de la figure de &laquo;&nbsp;l’intellectuel engagé&nbsp;&raquo;. Mais aussi d’une réponse au reproche implicite, souvent fait à l’ex-jeune et brillant normalien, d’avoir été bien peu fidèle à ses maîtres, d’avoir délaissé la «vraie» philosophie pour un mélange de journalisme narcissique «sur le terrain» et de paillettes (que résumerait bien la boutade «un tiers mondiste deux tiers mondain», souvent employée à propos de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/bernard-kouchner-2480.html">Bernard Kouchner</a>).</p>
<p>Et pourtant, nous dit BHL, on peut aussi faire de la philosophie ailleurs qu’à la Sorbonne, sur un tonneau à Billancourt, tel <a title="Jean-Paul Sartre" href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html">Sartre</a>, ou dans les prisons et les asiles, tel Foucault. Plus précisément, pour ce qui le concerne, «c’est dans la désolation des champs de bataille et des hécatombes que la philosophie peut, comme c’est sa tâche propre, disputer le terrain à l’Opinion».</p>
<p>Ce philosophe qui parcourt le monde pour mieux avertir ses contemporains, leur dire par exemple toute la frayeur que lui inspire, au Rwanda ou au Darfour, la disparition des «visages», au sens lévinassien du terme, est nécessairement, selon BHL, un «philosophe-voyou». Il pratique, par exemple, la «lecture corsaire», qui «se préoccupe moins d’écouter que de faire, de respecter que d’utiliser» et au lieu d’examiner un texte avec toute la rigueur scientifique et les vérifications requises, utilise «en contrebande» les auteurs du passé et du présent, mobilise leurs textes au service de la compréhension du monde et de l’action.</p>
<p>Cette «flibuste» textuelle que revendique BHL risque toujours, il le reconnaît, de basculer dans l’excès d’interprétation, voire la légèreté (voilà qui éclaire peut-être l’affaire Botul!). Mais plus profondément, cette pratique d’une «philosophie engagée» se veut à égale distance des excès révolutionnaires et de la résignation au nom du vieux précepte hégélien («<a href="http://bellesplumes.blogs.courrierinternational.com/archive/2007/05/06/la-chouette-de-minerve.html" target="_blank"><strong>la chouette de Minerve prend son envol au crépuscule</strong></a>»). Elle implique, semble aussi sous-entendre BHL, de prendre le risque de l’engagement dans le temps présent, donc celui de se tromper. Elle assume pleinement le «je» de son auteur, au risque là encore, de la subjectivité et de l’imprécision – celle que l’on tant reproché à BHL à propos de son «<strong><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/qui-a-tue-daniel-pearl-2-95.html">romanquête</a></strong>» sur Daniel Pearl.</p>
<p><strong>Réparer le monde</strong></p>
<p>A le lire, on comprend mieux pourquoi Bernard-Henri Lévy a fini par faire du journalisme, certes à coloration philosophique, l’une de ses activités privilégiées. On comprend aussi pourquoi, dans les conditions actuelles, les médias, et même la surexposition, constituent bien, autant que les livres, l’arme principale du projet de BHL. En effet, cette pensée ancrée dans le réel, qui s’installe littéralement sur le champ de bataille doit aussi être vue comme une «guerre» philosophique menée contre ses adversaires. Le «philosophe guérillero» doit manier une bonne dose de sophistique: «séduction, conviction, sens du rapport de forces, stratégie, tactique».</p>
<p>Ces artifices sont nécessaires car, si BHL ne veut certes pas «refaire le monde», il veut tout de même le «réparer», donc agir. Autrement dit: faire prévaloir ses idées contre la passivité ambiante d’une part, et d’autre part, contre les mirages du progressisme révolutionnaire, ceux-là mêmes qu’il pourfendait dans La Barbarie à visage humain (1977), et dont les avatars actuels se nomment <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/debat-bhl-zyzek-extraits-4079.html">Slavoj Zizek</a> ou <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/alain-badiou-2467.html">Alain Badiou</a></p>
<p>Si BHL a besoin de cette joute permanente, de cette confrontation à des adversaires, c’est, entre autres, en raison de la tâche qu’il s’était fixée dès cette époque, face à un marxisme qu’il jugeait dominant: celle de défendre les opprimés oubliés de tous, en particulier ceux dont la gauche se préoccupent peu, de la Bosnie au Darfour, parce qu’ils échappent aux grilles de lecture anti-impérialistes. En republiant à échéances régulières l’intégralité de ses articles, fort nombreux (<em><strong><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/pieces-identite">Pièces d’identités</a></strong></em>, Grasset), il nous laisse d’ailleurs, d’une certaine manière, seuls juges de ses engagements, dans un geste peut-être bien plus rousseauiste que narcissique.</p>
<p>On peut certes discuter ses choix – même s’il est difficile de nier que ce n’est pas dans les pays occidentaux que se trouvent, aujourd’hui, les «damnés de la terre», la focalisation de BHL sur la problématique du Mal et plus généralement sur des «questions de principe» d’ordre strictement éthique le conduisent à se préoccuper d’un côté, des guerres et des risques de génocides, et de l’autre, d’interrogations morales sur des cas individuels (<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/lettre-ouverte-au-president-lula-sur-le-cas-battisti-le-point-du-3122009-3460.html">Battisti</a>, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/pour-roman-polanski-3104.html">Polanski</a>), sans accorder beaucoup d’attention aux problèmes de la pauvreté et du développement («l’infrastructure», disait-on à une époque). Mais cette démarche, qui consiste à traquer, à la manière d’un moraliste au sens originel du terme, les dérives de nos sociétés et leur passivité face à l’injustice ou à la barbarie, a bien sa cohérence propre, et, pourrait-on dire, son utilité publique.</p>
<p><strong>BHL, maître à penser des bien-pensants ou ovni intellectuel ?</strong></p>
<p>Certes, dira-t-on, mais ce BHL là est-il encore un philosophe? S’il n’a jamais prétendu égaler un <a title="Jean-Paul Sartre" href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html">Sartre</a> ou un Foucault, Bernard-Henri Lévy se voit bel et bien en créateur de concepts, constructeur de «systèmes» — avec beaucoup de précautions puisqu’il s’agit de systèmes toujours lacunaires, ouverts, ne pouvant que tendre vers une vérité inaccessible. Il cite à son actif L’Idéologie française qui a permis de penser le fonds commun intellectuel de la France d’une certaine époque, de Péguy à Maurras, qui constitue l’arrière-fond et la matrice du pétainisme, ou encore l’idée de «volonté de pureté», permettant de relier fascisme, stalinisme et fondamentalisme religieux.</p>
<p>On a aujourd’hui oublié les «bombes» éditoriales que furent les premiers ouvrages de Bernard-Henri Lévy et la charge qu’ils contenaient contre la vision du monde de l’intelligentsia française. Et il faut lui reconnaître ce mérite d’avoir «créé» des concepts, inventé des outils originaux, opéré des rapprochements nouveaux, pour rendre compte de certaines réalités. Son œuvre philosophique plus récente est à la fois moins polémique et moins originale, même si BHL a réussi à proposer une lecture neuve de <a title="Jean-Paul Sartre" href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html">Sartre</a> et s’il poursuit une exploration toujours stimulante de l’œuvre de Lévinas.</p>
<p>On reste un peu plus dubitatif sur le concept de «fascislamisme» dont il s’enorgueillit, même si BHL, attentif à la diversité du monde musulman et défenseur d’un «Islam des Lumières», en fait une application prudente, contrairement à la plupart de ceux qui manipulent cette notion.</p>
<p>Bernard-Henri Lévy est-il donc vraiment le pape de la «bien-pensance» et du conformisme que l’on vilipende souvent? Dans <strong><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/de-la-guerre-en-philosophie-3852.html" target="_blank"><em>De la guerre en philosophie</em></a></strong>, il affiche son mépris des philosophies du «sens commun» et du «dialogue» et se confesse résolument hostile à la «démocratie de la pensée». Etonnamment, le BHL qui trace son autoportrait intellectuel dans ce petit livre est nietzschéen de part en part. Il a retenu, entre autres, du séminaire sur les «politiques de Nietzsche» à l’ENS, qui fut la seule charge d’enseignement de sa vie, un parti pris «perspectiviste» radical, l’éloge de la «guerre philosophique» qu’il emprunte au <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ainsi_parlait_Zarathoustra" target="_blank"><strong><em>Zarathoustra</em></strong></a>, la critique du socialisme et de la réduction du réel à des systèmes clos, et même la tentation de rabaisser le vieux Kant, avec ce cher Botul, à «la grande raison du corps».</p>
<p><strong>Un monde tragique</strong></p>
<p>Surtout, il partage avec Nietzsche une vision profondément tragique du monde, dont on peut douter qu’elle constitue aujourd’hui l’idéologie dominante dont BHL serait le prophète. Lévy le répète: il n’a pas abandonné «l’anti-humanisme métaphysique» qu’il a appris chez ses maîtres, Louis Althusser et Jacques Lacan. Il se veut bien moraliste, mais un moraliste déniaisé et lucide. S’il défend le libéralisme politique et la démocratie, ce n’est pas parce qu’il croit qu’ils incarnent des vérités éternelles, mais plutôt parce qu’ils peuvent permettre aujourd’hui d’éviter le chaos et la catastrophe, seuls remparts possibles contre la certitude de la barbarie, qu’a incarné, entre autres, le «socialisme réel».</p>
<p>D’ailleurs, parmi ceux-là mêmes qui se réclament de ce credo pessimiste, la position de BHL n’est pas sans originalité. Il faut en effet rappeler de quel courant intellectuel Bernard-Henri Lévy est issu, courant auquel, en un sens, il n’a jamais cessé d’appartenir: ceux que l’on a appelé les «maoïstes français», qui, autour de mai 1968, se confondaient avec les «althusséro-lacaniens» de la rue d’Ulm. Avec André Glucksmann, mais aussi des figures moins connues du grand public comme Benny Lévy, Jean-Claude Milner, Guy Lardreau ou Christian Jambet, Bernard-Henri Lévy a fait partie de cette mouvance du gauchisme français pour qui le moment «Mao Zedong» a paradoxalement permis le détachement non seulement du stalinisme, mais aussi du léninisme et, in fine, du marxisme.</p>
<p>Loin des clichés sur les ex-soixante-huitards ayant remisé leurs convictions au placard par ambition et conversion au consumérisme, ce groupe a été le seul, avec les ex-trotskistes de «Socialisme ou Barbarie», à s’atteler à une critique rigoureuse et implacable du totalitarisme sans pour autant rompre avec ses prémisses intellectuelles d’origine.</p>
<p>Il en est sorti, d’abord, la «nouvelle philosophie» de la fin des années 1970, qui fait suite au choc de la découverte de Soljenitsyne, mais aussi un cheminement souterrain, via la redécouverte de <a title="Jean-Paul Sartre" href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html">Sartre</a> et Lévinas, marqué par un certain retour à la religion et de plus en plus dominé par un pessimisme radical sur la civilisation. Ce désenchantement s’est en général accompagné d’un discours de plus en plus critique vis-à-vis des sociétés démocratiques contemporaines et de l’héritage des Lumières. Cette évolution, que l’on a pu qualifier légitimement, en dressant un parallèle avec les Etats-Unis, de «néoconservatisme à la française», est bien une tendance de fond chez les intellectuels issus de l’antitotalitarisme.</p>
<p><strong>La démocratie contemporaine en débat</strong></p>
<p>Jacques Rancière, un autre ex-mao, en a parfaitement retracé le discours et les racines dans un petit livre aux allures de pamphlet à destination de ses ex-camarades, <em>La Haine de la Démocratie</em> (La Fabrique, 2005). Or, si BHL n’a pas rompu avec ses amis de toujours, il apparaît comme une figure réellement atypique dans ce paysage, notamment par son refus d’une certaine rhétorique anti-moderne, anti-égalitariste et anti-individualiste, et sa fidélité, malgré tout, à la gauche, dont témoigne sa volonté ces dernières années de s’impliquer dans la rénovation de la social-démocratie.</p>
<p>Davantage que le maître-penseur «people» de l’élite parisienne, dont il n’est proche qu’en surface, davantage qu’un intellectuel médiatique dont l’omniprésence peut certes exaspérer, il faut aussi voir en BHL l’un des protagonistes d’un profond débat sur la démocratie contemporaine qui agite aujourd’hui une partie du monde intellectuel français. Débat d’autant plus passionnant qu’il oppose des «cousins en idées», partageant un fond commun qui vient de loin et donne pourtant lieu à des clivages on ne peut plus tranchés – de Milner à Badiou en passant par Rancière, des derniers écrits de feu Benny Lévy aux prises de position de cet autre lacanien qu’est Zizek.</p>
<p>Il faut souhaiter en tout cas que BHL continue à en prendre sa part, et qu’il lui soit répondu autrement que par le compte méticuleux de ses erreurs factuelles (ce qui est néanmoins «de bonne guerre» !), ou par le dénigrement trop facile de «l’imposture publicitaire», comme s’étaient contentés de le faire Vidal-Naquet, Castoriadis ou Deleuze en leur temps.</p>
<p><em><strong>Robert Landy</strong></em></p>
<p><img id="sm-target-image" style="position: absolute; visibility: visible; color: transparent; margin: 0px; border: medium none; z-index: 2147483647; left: 753px; top: -10px;" src="data:image/png;base64,iVBORw0KGgoAAAANSUhEUgAAABYAAAAUCAYAAACJfM0wAAAABHNCSVQICAgIfAhkiAAAAAlwSFlzAAAK8AAACvABQqw0mAAAAB90RVh0U29mdHdhcmUATWFjcm9tZWRpYSBGaXJld29ya3MgOLVo0ngAAAAWdEVYdENyZWF0aW9uIFRpbWUAMDQvMDQvMDhrK9wWAAACLklEQVQ4jbXUP0wTcRQH8O/9ekdjkT8CUqpee00bRyNNmSRSV0PcJJoQg2i6ODTExEUHg04OaNSppqtCjQ4ukDSKSuLUwcm4NNZcQYsIGtD+u/f7MZSWXltqo/Ul7/JL7u7z3r3fLye53e5xj8ejoYWRSCSSstfr1YLBYHcr4XA4rMmMMciy3EoXjDHIjDEoivL/4fefrP1P3nYEvqzLajOIo8fQz5/cfH3cnVttCM8udQaODBxQFx44Ye9h4HxvdGWtgMlbSXV2SQoMHf0RNcGSJJlmvPLdos7fdyIWL+D5myx+ZwwUDAIRh2EU1wYRFItA6FwvIjdcGJr4qFYakiSBlTavlABwsJth7mUWmSyBOAfnAkQE4gKccxBx/MoYmHmcxuH+NgAwGQ03j3NeRjjnoGqcC/zcIgghAMBkNISJuKlbEy4EaKdoKerC5nNMxQdlgVx+t0siKhYQovwV1rbdtyoNxlhxxoqilBMA0uuES6Pt6NqP2hHsoDarhJuXD2F5NV/uuJR1T4XLzvTJ25/VyHUnzgzba0YkKq6pdB4T00m47EyvPhU1M54asy3ee5o55bvwQQWAr/PHMBfbQGhGrykCANqARZ8asy3+ccYjg/K3kcF9UQAYvrJ29dmrDUxHlnOxu72P+rpYrq5eFU39K649TCF0tnPB0WdtCt2z48rQHIp+8XTHu9ET7alm0aY6fnFHjda98a/w3wZjDJLP5xv3+/1aK+F4PJ7cBm32CUNiyI2GAAAAAElFTkSuQmCC" alt="" /></p>
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		<item>
		<title>B. H. Lévy invité de Soir 3 – l’édition du 14 Février 2010 – Extraits (3)</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/b-h-levy-invite-de-soir-3-extraits-3-4225.html</link>
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		<pubDate>Mon, 15 Feb 2010 20:48:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[Bernard-Henri Lévy était l’invité du journal de   Soir 3. Nous vous proposons trois extraits de son interview.
Enfin, Israël (“Israël  intouchable. (…) On peut comme dans toute démocratie, il le faut, discuter les erreurs, les bêtises, les fautes de tels ou tels gouvernements mais le principe d’Israël, même si ça déplaît, bien sûr [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/Soir-3-partie-3-300x187.jpg" alt="Soir 3 partie 3" title="Soir 3 partie 3" width="300" height="187" class="alignleft size-medium wp-image-4226" />Bernard-Henri Lévy était l’invité du journal de   Soir 3. Nous vous proposons trois extraits de son interview.<br />
Enfin, Israël<span id="more-4225"></span> (“Israël  intouchable. (…) On peut comme dans toute démocratie, il le faut, discuter les erreurs, les bêtises, les fautes de tels ou tels gouvernements mais le principe d’Israël, même si ça déplaît, bien sûr qu’il est intouchable.”)</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>B. H. Lévy invité de Soir 3 – l’édition du 14 Février 2010 – Extraits (2)</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/b-h-levy-invite-de-soir3-extraits-2-4219.html</link>
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		<pubDate>Mon, 15 Feb 2010 20:41:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
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		<description><![CDATA[Bernard-Henri Lévy était l’invité du journal de
Soir 3. Nous vous proposons ici trois extraits de son interview.
La question du port de la burqua en France et le débat que suscite le projet de loi en cours (“…La burqua, c’est une question de principe. C’est une pratique qui contrevient à un principe républicain fondamental qui est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/soir-3-partie-2-300x187.jpg" alt="soir 3 partie 2" title="soir 3 partie 2" width="300" height="187" class="alignleft size-medium wp-image-4220" />Bernard-Henri Lévy était l’invité du journal de<br />
Soir 3. Nous vous proposons ici trois extraits de son interview.</p>
<p>La question du port de la burqua <span id="more-4219"></span>en France et le débat que suscite le projet de loi en cours (“…La burqua, c’est une question de principe. C’est une pratique qui contrevient à un principe républicain fondamental qui est l’égalité des hommes et des femmes…. On ne peut pas accepter que les hommes aient droit à un visage et que le visage des femmes soit un scandale.”)</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>B. H. Lévy invité de Soir 3 – l’édition du 14 Février 2010 – Extraits (1)</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/b-h-levy-invite-de-soir-3-extraits-1-4215.html</link>
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		<pubDate>Mon, 15 Feb 2010 20:32:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[Bernard-Henri Lévy était l’invité du journal de Soir 3. Nous vous proposons trois extraits de son interview.
En premier lieu l’Afghanistan et, en particulier, le  sort des deux journalistes retenus en otage en Afghanistan (…“Les Talibans y (en Afghanistan) sont beaucoup plus minoritaires qu’on ne le pense donc, il est loin d’être impensable que la démocratie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-4216" title="soir 3 partie 1" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/soir-3-partie-1-300x187.jpg" alt="soir 3 partie 1" width="300" height="187" />Bernard-Henri Lévy était l’invité du journal de Soir 3. Nous vous proposons trois extraits de son interview.</p>
<p>En premier lieu l’Afghanistan <span id="more-4215"></span>et, en particulier, le  sort des deux journalistes retenus en otage en Afghanistan (…“Les Talibans y (en Afghanistan) sont beaucoup plus minoritaires qu’on ne le pense donc, il est loin d’être impensable que la démocratie finisse par y triompher.”)</p>
<p>Premier extrait <a href="http://www.dailymotion.com/video/xc8qdp_bhl-salut-aux-journalistes-en-otage_news">cliquez ici</a></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>BHL contre Bernard-Henri Lévy, par Josyane Savigneau, le Monde du 16/02/2010</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Feb 2010 16:29:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[Normalien, agrégé de philosophie, auteur prolifique &#8211; 36 titres -, Bernard-Henri Lévy, 61 ans, est-il, et pas toujours contre son gré, l&#8217;otage de &#171;&#160;BHL&#160;&#187;, riche héritier et star médiatique ? Il a publié, le 11 février, deux livres devant réfuter cette opinion : De la guerre en philosophie (Grasset, 130 p., 12,50 €), né d&#8217;une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-4208" title="le monde" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/le-monde.jpg" alt="le monde" width="132" height="88" />Normalien, agrégé de philosophie, auteur prolifique &#8211; 36 titres -, Bernard-Henri Lévy, 61 ans, est-il, et pas toujours contre son gré, l&#8217;otage de &laquo;&nbsp;BHL&nbsp;&raquo;, riche héritier et star médiatique ? <span id="more-4207"></span>Il a publié, le 11 février, deux livres devant réfuter cette opinion : <strong><em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/de-la-guerre-en-philosophie">De la guerre en philosophie</a></em> </strong>(Grasset, 130 p., 12,50 €), né d&#8217;une conférence prononcée en avril 2009 à l&#8217;Ecole normale supérieure, et un gros recueil de textes, <em><strong><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/pieces-identite">Pièces d&#8217;identité</a></strong></em> (Grasset, 1 340 p., 29€).</p>
<p>La parution de ces deux ouvrages est, selon lui, une manière de prouver qu&#8217;il &laquo;&nbsp;<em>travaille énormément</em>&laquo;&nbsp;, certaines parties, dont &laquo;&nbsp;Le Génie du judaïsme&nbsp;&raquo; (plus de 250 pages) étant &laquo;&nbsp;<em>des livres en soi</em>&laquo;&nbsp;. Il s&#8217;agit de mettre en oeuvre cette &laquo;&nbsp;<em>extension du domaine du matériau philosophique</em>&nbsp;&raquo; qu&#8217;il préconise dans <em>De la guerre en philosophie</em> : &laquo;&nbsp;<em>La seule manière concevable de faire de la philosophie</em>, précise-t-il, <em>est à mes yeux de la faire au contact des choses mêmes. Je l&#8217;ai dit dès </em>La Barbarie à visage humain (publié en 1977<em>) et j&#8217;y suis resté fidèle. Pour moi, faire de la philosophie serait de peu d&#8217;intérêt si ce n&#8217;était pas pour s&#8217;intéresser, par exemple, à la mort de Daniel Pearl ou aux guerres oubliées.</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p><em>Pièces d&#8217;identité</em>, &laquo;&nbsp;<em>c&#8217;est</em> De la guerre en philosophie<em> à l&#8217;oeuvre, c&#8217;est quatre ans et demi de travail. Ce gros livre est la mise à l&#8217;épreuve de l&#8217;autre. J&#8217;ai publié les deux ensemble pour cette raison. Dans l&#8217;un, j&#8217;essaie d&#8217;exposer quelques principes de méthode et dans l&#8217;autre, j&#8217;essaie de montrer à qui veut bien l&#8217;entendre ce que ces quelques principes de méthode peuvent concrètement produire&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p>Mais, dès le 4 février, soit une semaine avant la sortie des livres en librairie, on a eu le sentiment que BHL, avec ses relations, ses réseaux, sa volonté de puissance, avait agi, au lieu de laisser la pensée de Bernard-Henri Lévy s&#8217;imposer.</p>
<p>Un entretien de quatre pages dans <em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/bernard-henri-levy-il-y-a-une-bataille-pour-la-verite-lexpress-du-4012010-3960.html">L&#8217;Express</a></em>, recueilli par le directeur de la rédaction, Christophe Barbier, un portrait de deux pages dans <em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/bhl-portrait-par-catherine-schwaab-pour-paris-match-4022010-3992.html">Paris Match</a></em>, et un de quatre pages, signé Christine Angot, dans <em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/bhl-selon-angot-le-point-du-4022010-3956.html">Le Point</a></em>, où, chaque semaine, Bernard-Henri Lévy tient un bloc-notes.</p>
<p>Et le samedi 6, un entretien dans <em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/bhl-les-chretiens-les-juifs-les-musulmans-entretien-avec-olivier-jay-le-jdd-du-7022010-4046.html">Le Journal du dimanche</a></em> &#8211; très intéressant &#8211; où Bernard-Henri Lévy s&#8217;exprimait notamment sur la béatification prévue de Pie XII. Le mensuel <em>Transfuge</em> a fait sa couverture avec Bernard-Henri Lévy et huit pages d&#8217;entretien sous le titre &laquo;&nbsp;Le dernier engagé&nbsp;&raquo;. Ont suivi, samedi 13 février, un portrait de quatre pages dans <em>Le Figaro magazine</em> et un entretien de deux pages dans &laquo;&nbsp;Le Mag&nbsp;&raquo; de <em>Libération</em>.</p>
<p>Parallèlement, un fâcheux incident s&#8217;est produit. Le site littéraire du <em>Nouvel Observateur</em>, Bibliobs, a révélé lundi 8 février que Bernard-Henri Lévy, attaquant Kant dans <em>De la guerre en philosophie</em>, s&#8217;appuyait sur un auteur fictif, &laquo;&nbsp;Botul&nbsp;&raquo;. Révélation qui a suscité des débats dans la rédaction du <em>Nouvel Observateur</em>, et un article de Jean Daniel, en défense, soulignant son <em>&laquo;&nbsp;faible pour ce glorieux cadet&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p>Aussitôt, le balancier médiatique est parti en sens inverse. Radios, journaux, sites divers se sont déchaînés pour discréditer l&#8217;ensemble du travail de Bernard-Henri Lévy.</p>
<p>Sur Internet, certains propos dégagent une odeur franchement nauséabonde. Le site de <em>Libération</em> a décidé de fermer des forums <em>&laquo;&nbsp;largement plombés par des dizaines de commentaires souvent insultants et antisémites&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p>Déjà, en 1981, quand Bernard-Henri Lévy a publié <em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/lideologie-francaise-306.html">L&#8217;Idéologie française</a></em>, livre très polémique, <em>&laquo;&nbsp;une manière de comprendre autrement l&#8217;histoire de France&nbsp;&raquo;</em>, à partir de l&#8217;idée d&#8217;un pétainisme rampant, transhistorique, et opérant autant à gauche qu&#8217;à droite, plusieurs historiens avaient relevé des erreurs factuelles et souligné le caractère hâtif de certaines conclusions. Un vif débat &#8211; mais sans injures &#8211; s&#8217;était engagé, Bernard-Henri Lévy et ses partisans estimant que ces remarques de détail étaient seulement destinées à discréditer sa thèse.</p>
<p>Faut-il, parce qu&#8217;il s&#8217;est malencontreusement piégé, éviter de lire Bernard-Henri Lévy, tenir pour nuls ses reportages, ses prises de position, ses réflexions sur la littérature, sur la religion ? Et sa réponse à ceux qui lui reprochent de ne pas avoir produit de concept, ses développements sur les concepts de &laquo;&nbsp;volonté de pureté&nbsp;&raquo; et d&#8217;&nbsp;&raquo;idéologie française&nbsp;&raquo; ?</p>
<p>En s&#8217;expliquant pour <em>Le Monde</em>, avant &laquo;&nbsp;l&#8217;affaire Botul&nbsp;&raquo;, sur ses réflexions, dans <em>De la Guerre en philosophie</em>, à propos de la pensée d&#8217;Heidegger et de celle de son maître Louis Althusser, Bernard-Henri Lévy, sans le savoir, faisait allusion à ce qui lui arrive : la manière dont on se saisit de telle ou telle erreur pour invalider tout le travail et toute la pensée de quelqu&#8217;un.</p>
<p>Ainsi de ceux qui expliquent qu&#8217;on ne doit pas lire Heidegger et qu&#8217;il faut ignorer sa philosophie. <em>&laquo;&nbsp;Dès qu&#8217;on peut se donner une bonne raison de ne pas lire un penseur, on se jette dessus,</em> dit Bernard-Henri Lévy. <em>Le monde, en principe, préfère ne pas lire des livres. Et il aimerait bien, à la limite, pouvoir les brûler. Depuis toujours. Cela s&#8217;appelle la haine de la pensée. Elle prend avec Heidegger la forme de l&#8217;exécution en place publique. Certes, Heidegger a été nazi, mais ce n&#8217;est pas parce que les philosophes ou les écrivains sont moins grands qu&#8217;eux-mêmes, ce qui est la règle, qu&#8217;il faut faire l&#8217;économie de la lecture de leurs livres.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>De même pour Louis Althusser, dont il dit tout ce qu&#8217;il lui doit. <em>&laquo;&nbsp;On se souvient de lui comme d&#8217;un assassin. C&#8217;est plus facile que de se demander ce qu&#8217;il a vraiment écrit, dans cette bizarre aventure de pensée, très mystérieuse dans l&#8217;influence qu&#8217;elle a exercée, par la fécondité secrète qu&#8217;elle a eue. Anti-naturalisme, anti-historicisme, anti-organicisme : tout cela c&#8217;est Althusser qui me l&#8217;a appris.&nbsp;&raquo;</em> Trébuchant sur Botul, Bernard-Henri Lévy s&#8217;est exposé, une fois de plus, au risque d&#8217;être réduit à l&#8217;image de BHL, à la fois surpuissant et fragile.</p>
<div>
<div><strong>Josyane Savigneau</strong></div>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Jonathan Lambert en Avatar-BHL (On n&#8217;est pas couché, Laurent Ruquier, 13/02/2010)</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/jonathan-lambert-en-avatar-bhl-on-nest-pas-couche-laurent-ruquier-13022010-4201.html</link>
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		<pubDate>Mon, 15 Feb 2010 11:42:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[Jonathan Lambert, inspiré par Bernard-Henri Lévy &#8211; qui était l&#8217;invité de Laurent Ruquier &#171;&#160;On n&#8217;est pas couché&#160;&#187; &#8211;  s&#8217;est transformé en Avatar BHL. A voir !
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/jonathan-lambert1-300x237.jpg" alt="jonathan lambert" title="jonathan lambert" width="300" height="237" class="alignleft size-medium wp-image-4204" />Jonathan Lambert, inspiré par Bernard-Henri Lévy &#8211; qui était l&#8217;invité de Laurent Ruquier &laquo;&nbsp;On n&#8217;est pas couché&nbsp;&raquo; &#8211;  s&#8217;est transformé en Avatar BHL. <span id="more-4201"></span>A voir !</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>&#171;&#160;La philosphie est une arme contre les salauds&#160;&#187; B.-H. Lévy.  Entretien avec Eric Aeschimann &#8211; Libération du 13/02/2010</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/la-philosphie-est-une-arme-contre-les-salauds-b-h-levy-entretien-avec-eric-aeschimann-liberation-du-13022010-4157.html</link>
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		<pubDate>Mon, 15 Feb 2010 10:20:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.bernard-henri-levy.com/?p=4157</guid>
		<description><![CDATA[En publiant «De la guerre en philosophie», Bernard-Henri Lévy défend son travail et son statut de penseur.
Par Eric Aeschimann
Voilà deux ans, avec Un grand cadavre à la renverse, Bernard-Henri Lévy faisait la morale à la gauche française, coupable de complaisance envers son aile radicale. Depuis, les théoriciens du radicalisme politique (les philosophes Alain Badiou, Slavoj Zizek, Jacques Rancière…) [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-4159" title="logo libération" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/logo-libération2.jpg" alt="logo libération" width="118" height="98" />En publiant «<em><strong>De la guerre en philosophie</strong></em>», Bernard-Henri Lévy défend son travail et son statut de penseur.<br />
Par <strong>Eric Aeschimann</strong><span id="more-4157"></span></p>
<p><img class="alignright size-medium wp-image-4160" title="levy_pieces-identite_dos46:format 154x231" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/levy_pieces-identite_plat1-200x300.jpg" alt="levy_pieces-identite_dos46:format 154x231" width="200" height="300" />Voilà deux ans, avec <em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/ce-grand-cadavre">Un grand cadavre à la renverse</a></em>, Bernard-Henri Lévy faisait la morale à la gauche française, coupable de complaisance envers son aile radicale. Depuis, les théoriciens du radicalisme politique (les philosophes <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/alain-badiou-2467.html">Alain Badiou</a>, Slavoj Zizek, Jacques Rancière…) n’ont cessé de gagner en audience. L’auteur de <em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/lideologie-francaise-306.html">l’Idéologie française</a></em> a choisi, pour son nouveau livre, <em><strong>De la guerre en philosophie</strong>,</em> de se placer directement sur le terrain philosophique, en défendant son statut et son œuvre de philosophe (<em>Libération</em> des 9 et 11 février). Démarche quelque peu ternie par la référence faite dans ce livre à «Jean-Baptiste Botul», un philosophe fictif. Simultanément, <em><strong>Pièces d’identité</strong></em> rassemble des articles publiés par l’essayiste ces dernières années.</p>
<h5><strong>Quelle est la place de la philosophie dans votre vie ? </strong></h5>
<p>Centrale. Que je fasse du reportage de guerre, que je célèbre le génie du judaïsme, que j’écrive sur la tombe de Jean Genet ou sur la grande vie de Romain Gary, c’est toujours de philosophie qu’il s’agit. Et je ne parle pas de mon travail politique, par exemple sur le totalitarisme, où je n’aurais rien articulé de solide si je n’avais été philosophe ! Je sais qu’il y a, ici ou là, des gens pour douter que j’ai produit ce qu’ils appellent (on se demande bien, d’ailleurs, au nom de quoi !) des «vrais» concepts. Eh bien, à propos du totalitarisme justement, en voici un : le concept de «volonté de pureté» que j’ai monté, agencé, usiné, finalement assez tôt et qui m’a été d’un grand secours quand, il y a quelques années, j’ai mené l’enquête sur Daniel Pearl et me suis intéressé, en particulier, au cas d’Omar Sheikh, l’organisateur de son kidnapping. La plupart des commentateurs s’étaient cassé les dents sur le mystère de ce fils de bonne famille, formé dans les meilleures écoles anglaises, musulman parfaitement intégré, qui devient tout à coup le pire des assassins. Eh bien voilà. Son rapport aux femmes, sa phobie du sexuel, son obsession de la souillure et sa haine, au bout du compte, du juif Pearl, tout cela s’expliquait, se mettait soudain en place, pour peu qu’on le rapporte à ce que j’appelais la «volonté de pureté». Quelques années plus tard, d’ailleurs, le même Omar Sheikh fut interviewé depuis sa prison par un journal pakistanais. Et, à la question de qui il était, d’où il venait, comment s’était machiné son moteur criminel, il répondit assez drôlement : <em>«Voyez ce philosophe français… C’est, en effet, à peu près ça…». </em></p>
<h5>La philosophie est une arme de guerre, mais contre qui ?</h5>
<p>D’abord contre les salauds. Les vrais. Ceux qui sévissent dans ces guerres réelles où je prétends que la philosophie a son mot à dire et de quoi faire. Contre la tentation de la tour d’ivoire ou du ciel des idées, contre la tentation de sortir de la caverne ou d’attendre la nuit tombée pour, telle la chouette de Minerve hégélienne, se réveiller et commencer de penser, je plaide pour une philosophie engagée, une philosophie de terrain, une philosophie prenant le risque de l’événement. C’est le sens de ce texte de Merleau-Ponty (<em>La guerre a eu lieu)</em> que je commente et prolonge dans mon livre. C’est le sens de cette guerre que la philosophie se devait de livrer, selon moi, contre le fascisme, puis le communisme, et qu’elle a, d’ailleurs, globalement gagnée. Même si nous voyons encore un Badiou, ou un <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/videotheque-podcast">Zizek</a>, nous refaire le coup de l’<em>«hypothèse communiste»</em>.</p>
<h5>Alain Badiou et Slavoj Zizek sont les deux philosophes vivants avec lesquels vous dites vouloir en découdre. Mais n’est-ce pas une façon indirecte de désigner Marx comme adversaire principal ?</h5>
<p>Laissons Zizek avec qui j’ai déjà débattu, à New York et à Paris. Si vous prenez le cas de Badiou, qui est, en effet, un adversaire de grande stature, on lui fait trois procès. D’abord cet éternel procès en antisémitisme qui est un faux procès. Ensuite ce procès en marxisme qui, personnellement, ne m’intéresse pas car cette affaire Marx, pour moi, est réglée depuis <em>la Barbarie à visage humain</em> : Marx est un immense penseur, un écrivain considérable &#8211; mais on ne fabriquera jamais, à partir de lui, que de l’ordre et de la servitude. Et puis vient un troisième débat qui, seul, importe à mes yeux, et qui tourne, en gros, autour de la question de l’universel. Pour le dire vite, il y a un universel paulinien, romain, donc extensif : celui de Badiou. Il y a un universel juif, non catholique, intensif qui fut celui de mon ami Benny Lévy et qui est, en gros, le mien. Et je vois le nœud de cette opposition dans un texte du <em>TFraité théologico-politique </em>où Spinoza opposait ces deux catégories métaphysiques : l’apôtre qui pense le monde sous la modalité du mesurable, de l’évaluable, de l’équivalence généralisée ; le prophète qui dit un monde de pures singularités qui sont, chacune, incommensurables à toutes les autres.</p>
<h5>Guerre au nazisme, donc, au communisme, et aussi à ce que vous appelez l’islamofascisme.</h5>
<p>Voilà, encore, un bon concept. Je parle d’islamofascisme pourquoi ? Pour bien séparer, bien distinguer, bien critiquer, les problèmes d’interprétation du Coran qui ne nous regardent ni vous ni moi, et le problème de leur tangence avec l’ordre politique, qui lui, en revanche, est affaire de la laïcité et, donc, l’affaire de tous. Un concept qui permet de s’extraire de cette fumisterie de «guerre des civilisations» ou, pire, de «religions» et de remettre le débat sur le terrain qu’il n’aurait jamais dû quitter, celui du politique. Un concept qui permet de dire pourquoi mon différend avec Tariq Ramadan, ou avec les gens du <em>Monde diplomatique </em>qui le soutiennent, ou avec les idéologues complices du Hamas ou du Hezbollah , ce n’est pas l’islam, mais le fascisme. Un concept enfin qui, par parenthèse, rend espoir : car si, dans islamofascisme, le mot important n’est pas «islam» mais «fascisme», cela veut dire que les Européens ont affaire à quelque chose qu’ils connaissent bien, qu’ils ont déjà affronté et qu’ils savent, en gros, comment vaincre.</p>
<h5>«Je suis d’abord un théologien», dites-vous parfois et vous avez beaucoup travaillé les textes bibliques et talmudiques.</h5>
<p><img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/BHL-15-02.jpg" alt="BHL 15-02" title="BHL 15-02" width="128" height="85" class="alignleft size-full wp-image-4163" />Philosophie, théologie : comment les deux s’articulent-elles ? Vous connaissez le mot de Lacan, n’est-ce pas, <em>«Dieu est devenu inconscient»</em> ? Eh bien, c’est cela. Il est inconscient dans la philosophie. Il est au cœur battant, ou noué, de tous les énoncés philosophiques depuis toujours. C’est vrai d’un de mes adversaires, Régis Debray. Et c’était déjà vrai du fameux débat entre <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html" title="Jean-Paul Sartre">Sartre</a> et Camus &#8211; inintelligible, lui non plus, si on ne voit pas qu’il y avait là deux conceptions du mal qui s’affrontaient. D’ailleurs, quelle est cette fameuse «question du mal» dont disputent les philosophes depuis des siècles ? C’est : «Peut-on, ou non, liquider le mal ?» Ou : «Les sociétés humaines sont-elles curables ou y a-t-il, en elles, de l’incurable ?» Et vous voyez bien que ce type d’énoncé ne se conçoit pas si l’on n’y entend pas l’écho de ces vielles querelles théologiques entre pélagiens (l’hérésie qui pariait sur la nullité du mal radical) et augustiniens (la croyance au péché originel et en une part, donc, de l’humanité qu’on ne guérira jamais). Fukuyama, par exemple, est une sorte de pélagien. Il y a du pélagisme diffus chez les écolos d’aujourd’hui. Et, bien sûr, chez les tenants du retour à l’hypothèse communiste…</p>
<h5>Aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, la crise financière et les excès des banques ont suscité un vaste débat sur la notion d’«avidité» («greed») comme moteur de l’économie. L’avenir du capitalisme, c’est une question économique ? Politique ? Théologique ?</h5>
<p>Les trois. On sait, depuis Weber au moins, qu’il y a une «éthique» du capitalisme intimement liée à des catégories d’origine «religieuse». Alors on ne va pas commencer, tout à coup, à pousser des cris d’orfraie sous prétexte qu’on nous demande de réintroduire, en effet, de la morale dans cette jungle qu’est devenu le néocapitalisme ! C’est ce que fait Obama. C’est le bon et beau geste d’Obama. Et c’est, par parenthèse, la tradition américaine dans ce qu’elle eut de meilleur : le gain, OK ; le profit, bien sûr ; mais aussi (vous avez des pages et des pages de Tocqueville là-dessus), ce qu’on appelle, là-bas, la philanthropie, et qui est une autre version de nos idéaux redistributifs.</p>
<h5>Faire de la philosophie, n’est-ce pas aussi enseigner, transmettre ?</h5>
<p>Peut-être. Mais ce sont deux choses différentes. Prenez les penseurs qui ont formé ma génération. Derrida était un très très grand professeur et croyait, je suppose, que penser et transmettre c’était tout un. Mais à côté de lui se trouvait Althusser, l’homme invisible de l’Ecole normale, qui n’a guère enseigné. Deleuze a commencé par être un professeur, auteur de <em>Différence et Répétition </em>ou de <em>Logique du sens</em>, mais n’est vraiment devenu lui-même que lorsqu’il a assumé, avec <em>l’AntiOedipe </em>et <em>Mille Plateaux</em>, son nietzschéisme fondamental, et a rompu ainsi avec l’idée même de prouver, plaider, enseigner. Quant à Lacan, ce n’est pas parce qu’il «parlait» qu’il «enseignait» : son séminaire était tout sauf un lieu de transmission &#8211; il y avait là un côté «moi Lacan, je parle, et comprenne qui pourra» qui disait bien que la transmissibilité n’était pas l’essentiel de son souci.</p>
<h5>Dans vos écrits, vous affichez un optimisme politique qui contraste avec la virulence de vos attaques.</h5>
<p>La virulence est une chose. Et c’est vrai que, non seulement j’aime la bataille, mais je peux rompre, me brouiller, pour des querelles d’idées. J’ai cessé de voir de vieux amis à cause de la Bosnie. Le drame du Darfour m’a irrémédiablement séparé de tas de gens. Il y a tous ces copains avec qui l’affaire <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/pour-roman-polanski-3104.html">Polanski</a> a été un vrai marqueur. Mais c’est vrai, je perds rarement espoir. Pour Polanski, par exemple, je suis persuadé que l’opinion publique suisse finira par faire entendre raison à son gouvernement et par le convaincre que l’extradition vers les Etats-Unis serait une infamie.</p>
<h5>Que pensez-vous des attaques de Claude Lanzmann contre Jan Karski, le roman de Yannick Haenel ?</h5>
<p>Je ne souhaite pas en parler.</p>
<h5>Dans <em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/pieces-identite">Pièces d’identité</a>, </em>à la question : «Qu’aimez-vous le moins en vous ?», vous avez cette réponse étonnante : «Ma part d’enfance.»</h5>
<p>Je suis, sur cette question, un baudelairien conséquent : le Baudelaire qui disait que l’enfant était, par définition, plus proche du péché originel et que l’apologie de l’enfance, pour cette raison, lui faisait horreur. Ou bien le Freud évoquant ce <em>«pervers polymorphe» </em>qu’est l’enfant. Plus sérieusement, je veux dire deux choses. D’abord, le primat de la complexité, de la culture &#8211; le fait, en gros, que plus un humain est élaboré, civilisé, mieux c’est. Et puis, ensuite, la profonde méfiance que m’inspirent toutes les apologies de l’innocence, de l’homme intact, etc. On avait cela au moment de la chute du mur du Berlin. Cette idée que, sous le glacis du soviétisme, sommeillait un homme intact, pur et innocent, une sorte d’enfance de la modernité, qui allait ressurgir à la faveur de la débâcle et même régénérer notre pauvre Occident, matérialiste et corrompu. Vous avez vu en Russie, en ex-Yougoslavie, ailleurs, ce que recelaient vraiment ces «réserves» de candeur. Je déteste, en effet, tout cela.</p>
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		<title>Bernard-Henri Lévy, tête de philosophe &#8211; Le Figaro magazine du 13/02/10</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Feb 2010 10:16:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[par Jérôme Béglé
Il publie simultanément deux livres qui dévoilent ses ressorts, ses principes et ses marottes philosophiques. L&#8217;occasion de se pencher sur l&#8217;étudiant qu&#8217;il était, comme l&#8217;attestent ses camarades, qui témoignent pour la première fois.
Riche ? Oui. Mondain ? Oui. Agaçant ? Sûrement. Philosophe ? Tout autant. Et pas un philosophe de façade. Derrière tous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>par <strong>Jérôme Béglé</strong></p>
<p>Il publie simultanément deux livres qui dévoilent ses ressorts, ses principes et ses marottes philosophiques. L&#8217;occasion de se pencher sur l&#8217;étudiant qu&#8217;il était, comme l&#8217;attestent ses camarades, qui témoignent pour la première fois.</p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-4175" title="BHL_fig mag 13 02 10" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/BHL_fig-mag-13-02-10-212x300.jpg" alt="BHL_fig mag 13 02 10" width="212" height="300" /><span id="more-4156"></span>Riche ? Oui. Mondain ? Oui. Agaçant ? Sûrement. Philosophe ? Tout autant. Et pas un philosophe de façade. Derrière tous les clichés dont il est fréquemment affublé, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/biographie">Bernard-Henri Lévy</a> a laissé un vif souvenir à tous ceux qui l&#8217;ont croisé pendant ses études et ses années d&#8217;apprentissage. « Nous étions en hypokhâgne ensemble à Louis-le-Grand en 1966-1967, se souvient l&#8217;écrivain Jean-Noël Pancrazi. Il était le plus intelligent de nous tous. Nous étions tous des besogneux, sa liberté et sa facilité nous fascinaient. Rien dans son parcours ultérieur ne m&#8217;a surpris.»</p>
<p>L&#8217;année suivante, BHL entre à Normale sup. Sur les bancs de la rue d&#8217;Ulm, il côtoie alors Jean-Luc Marion. Académicien français, philosophe réputé catholique et de droite, celui-ci garde également un bon souvenir du jeune homme. «Bernard a toujours été BHL. <img class="alignright size-thumbnail wp-image-4180" title="bhl louis legrand003" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/bhl-louis-legrand0032-150x150.jpg" alt="bhl louis legrand003" width="150" height="150" />Je l&#8217;ai vu vraiment pour la première fois quand il a intégré l&#8217;Ecole normale supérieure, un an après moi, en 1968. Evidemment, il travaillait beaucoup, avec beaucoup d&#8217;efficacité et de talent. Sinon, comment aurait-il intégré dès son premier essai? Mais il ne travaillait pas d&#8217;abord ni surtout pour accomplir ses devoirs vis-à-vis de l&#8217;institution universitaire. Il avait son propre programme, depuis le début: publier, faire savoir des choses tragiques et, à l&#8217;occasion, se faire connaître.» Un programme auquel il s&#8217;est tenu et dont il n&#8217;a jamais varié, s&#8217;attachant déjà à construire sa propre histoire et sa réputation. «La légende disait que, lors de la rédaction de son diplôme d&#8217;études supérieures, il avait déclaré vouloir le publier et de fait l&#8217;a publié, je crois, chez Maspero, un peu plus tard», poursuit Marion. Si cela avait le don d&#8217;agacer ses camarades d&#8217;études, une autre anecdote les avait définitivement convaincus que le jeune homme brun avec lequel ils cohabitaient ne voulait pas s&#8217;embarrasser des contingences quotidiennes. Marion se souvient que «un mois avant l&#8217;écrit, constatant qu&#8217;il n&#8217;avait absolument pas travaillé sur Aristote, pourtant au programme, il était allé se faire tapiriser (terme technique pour : se faire remettre à niveau par des cours particuliers) par le meilleur connaisseur de philosophie grecque de la promotion. Il l&#8217;avait écouté une demi-journée et, le jour de l&#8217;épreuve, avait obtenu une meilleure note que lui -et d&#8217;ailleurs que moi.» Conclusion amusée du philosophe : «Bernard avait tout pour devenir un professeur d&#8217;université. Il ne lui manquait que l&#8217;envie. Mais la sienne le portait vers Camus ou Malraux plutôt que vers Merleau-Ponty ou Husserl.»</p>
<p><strong>Derrière l&#8217;étudiant perçait déjà l&#8217;adulte médiatique</strong></p>
<p>Les pièces du puzzle étaient donc en place. On les retrouve d&#8217;ailleurs dans <em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/de-la-guerre-en-philosophie-3852.html">De la guerre en philosophie</a></em>, le petit livre que Lévy publie ces jours-ci. Pour lui, la seule philosophie qui vaille est celle du combat, et celle qui s&#8217;articule autour des questions et des problèmes contemporains, humains, presque quotidiens. Les questions religieuses, les guerres oubliées, le terrorisme, la vindicte populaire, la politique sont le blé à partir duquel l&#8217;intellectuel moderne, engagé et responsable doit faire sa farine. Les grands débats désincarnés ne valent pas la peine que l&#8217;on s&#8217;y attarde. Non à la résignation, aussi brillante soit-elle, ou à l&#8217;engagement, aussi contestable soit-il. Cette profession de foi justifie pour son auteur de vivre au milieu des hommes et non pas replié sur son Aventin. New York, Saint-Germain-des-Prés, Marrakech, Jérusalem ou les Seychelles sont dès lors des postes d&#8217;observation aussi efficaces que la bibliothèque Sainte-Geneviève, une soupente dans le XXe arrondissement ou la fréquentation de quelques misanthropes. Joignant l&#8217;exemple à la démonstration, BHL publie au même moment <em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/pieces-didentite-3859.html">Pièces d&#8217;identité</a></em>, la somme des articles qu&#8217;il a publiés dans le monde entier depuis cinq ans. Tous font écho à l&#8217;actualité urgente, parfois décisive, de leur époque.</p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-4213" title="bhl fig mag manif088" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/bhl-fig-mag-manif088-300x260.jpg" alt="bhl fig mag manif088" width="300" height="260" />Après s&#8217;être débarrassé de ses études, le brillant élève, à la fois citoyen intéressé par les soubresauts du monde et jeune homme ambitieux de laisser sa trace dans l&#8217;actualité, voire dans l&#8217;Histoire, comprend vite que le journalisme est fait pour lui. Il frappe alors à la porte de Philippe Tesson, rédacteur en chef du journal <em>Combat</em>. «C&#8217;est Philippe Nemo -philosophe et historien des idées- qui me l&#8217;a présenté en 1970, se souvient-il. Il souhaitait que je l&#8217;accrédite pour différents reportages à travers le monde. Sa gourmandise, son charme et sa volonté de transformer ses rêves en journalisme m&#8217;ont séduit.» Pour le tester, Tesson lui confie un reportage sur la campagne française. Mais BHL est alors dans sa période maoïste. «Il voulait faire entrer le ver de la révolution dans le fruit de la paysannerie, négligeant totalement l&#8217;histoire de celle-ci&#8230; Il s&#8217;est planté, mais c&#8217;était très brillant», conclut-il avec bienveillance.</p>
<p>Entre les deux hommes naîtra un respect et une affection mutuels qui ne se démentiront jamais. Pendant quelques années, Lévy part en reportage pour Tesson. L&#8217;Inde, le Bangladesh, l&#8217;Amérique latine et des prises de position bien senties font beaucoup parler. Au point qu&#8217;en 1974, lorsqu&#8217;il quitte Combat pour fonder <em>Le Quotidien de Paris</em>, Tesson offre au trentenaire une rubrique quotidienne baptisée « Le mouvement des idées ». «Il s&#8217;est entouré d&#8217;une bande de copains pigistes comme Michel Grisoni, Michel Butel, Laurent Dispot, Jean-Marie Benoît, qui secouaient le paysage intellectuel du moment. J&#8217;en étais ravi, mais quelques mois plus tard, Bernard m&#8217;annonce qu&#8217;il me quitte pour fonder son propre journal. Je l&#8217;en dissuade, mais il n&#8217;y a rien eu à faire.»</p>
<p><strong>Où qu&#8217;il soit, il ne tient pas en place</strong></p>
<p><em>L&#8217;Imprévu</em> connaîtra une très brève existence et la complicité des deux hommes n&#8217;en sortira pas ébréchée, puisque deux ans plus tard, Tesson ouvrira à Lévy les portes des <em>Nouvelles littéraires</em>. «Au bout du compte, j&#8217;affirme que Bernard-Henri Lévy a plus fait avancer la pensée française que certains martyrs enfermés dans leurs préceptes, leurs carcans moraux et leurs théories fumeuses. Certes, il a parfois des postures agaçantes, mais, contrairement à la plupart des penseurs, il a l&#8217;intuition des évolutions comportementales et politiques, et fait preuve d&#8217;une grande générosité.»</p>
<p>Ce mode de vie nomade est l&#8217;un des principaux traits de caractère de Bernard-Henri Lévy. Il ne tient jamais en place et ne passe pas un mois au même endroit. La lecture de <em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/pieces-didentite-3859.html">Pièces d&#8217;identité</a></em> donne le tournis. New York, Jérusalem, Marrakech plusieurs fois par an. Le Mexique, Venise, le Liban, l&#8217;ex-Yougoslavie, Los Angeles, le Darfour, l&#8217;île Maurice, le Pakistan&#8230; sur lesquels il écrit ses impressions ou ses préconisations. Une bougeotte que confirme Justine, sa fille. «Alors qu&#8217;il passait son temps sur des théâtres lointains, au bout du monde, en Afghanistan ou ailleurs, il réussissait quand même le tour de force d&#8217;être très présent, explique-t-elle. Les téléphones portables n&#8217;existaient pas encore, mais dès que les valises-satellites sont apparues, elles n&#8217;ont eu d&#8217;autre utilité que celle de pouvoir nous joindre, mon frère et moi.» Ainsi, alors qu&#8217;il était en pleine campagne américaine pour la sortie de l&#8217;un de ses livres, BHL s&#8217;est-il engouffré dans un avion pour aller embrasser sa fille qui venait d&#8217;accoucher à Paris. Quelques heures en France avant de retourner outre-Atlantique devant des douaniers soupçonneux et paranoïaques face à ce drôle de passager sans bagages qui, pourtant, ne ressemblait pas à un terroriste&#8230;</p>
<p><strong>Tel est Bernard-Henri Lévy.</strong> De ses années de formation à aujourd&#8217;hui, il n&#8217;a pas dévié de son mode de vie, de ses convictions, et moins encore de ses amitiés. Celles et ceux qui entrent un jour dans son champ d&#8217;intérêt ne le quittent que pour deux motifs. La providence les a de nouveau pris sous son ombrelle ou la trahison rend leur fréquentation insupportable. Appelons ça une éthique et une esthétique de vie&#8230;</p>
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		<title>B.H. Lévy invité du Journal inattendu &#8211; RTL 13/02/2010</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/bhl-invite-du-journal-inattendu4193-4193.html</link>
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		<pubDate>Mon, 15 Feb 2010 10:16:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[Bernard-Henri Lévy était l’invité du « Journal inattendu » d’Harry Roselmack sur RTL samedi, à l&#8217;occasion de la sortie de De la guerre en philosophie et Pièces d&#8217;identité.
Rédacteur en chef, Bernard-Henri Lévy a convié dans «son» émission David Gakunzi, écrivain et journaliste d&#8217;origine burundaise, avec qui il a crée une radio au Bujundi «Radio Renaissance», [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-4197" title="RTL gakunzi" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/RTL-gakunzi1-150x150.jpg" alt="RTL gakunzi" width="150" height="150" />Bernard-Henri Lévy était l’invité du « <em>Journal inattendu </em>» d’Harry Roselmack sur RTL samedi, à l&#8217;occasion de la sortie de <strong><em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/pieces-didentite-3859.html">De la guerre en philosophie</a></em></strong> et <em><strong>Pièces <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/de-la-guerre-en-philosophie-3852.html">d&#8217;identité</a></strong></em>.<span id="more-4193"></span></p>
<p>Rédacteur en chef, Bernard-Henri Lévy a convié dans «son» émission David Gakunzi, écrivain et journaliste d&#8217;origine burundaise, avec qui il a crée une radio au Bujundi <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/decembre-2000-3127.html">«Radio Renaissance»</a>, et Maria de França, rédactrice en chef de <em><a href="http://laregledujeu.org/">La Règle du Jeu</a></em>, créée il y a vingt ans, dont B.H. L. est le directeur de publication.</p>
<p>Extraits (<a href="http://www.rtl.fr/fiche/5932929624/le-journal-inattendu-de-bernard-henri-levy.html">cliquez ici</a>)</p>
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		<title>Dans le feu des concepts &#8211; Libération, cahier Livres du 11 02 10</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 19:48:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
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		<description><![CDATA[C’est par des questions assez franches que Bernard-Henri Lévy ouvre la conférence tenue en avril 2009 à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm &#8211; qu’il fréquentait à 20 ans et où, «à la demande des deux &#8216;caïmans&#8217; Jacques Derrida et Louis Althusser», il fut chargé d’un cours sur Nietzsche pour les agrégatifs. Les voici [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/logo-libération1.jpg" alt="logo libération" title="logo libération" width="118" height="98" class="alignleft size-full wp-image-4150" />C’est par des questions assez franches que <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/bibliographie">Bernard-Henri Lévy</a> ouvre la conférence tenue en avril 2009 à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm &#8211; qu’il fréquentait à 20 ans<span id="more-4148"></span> et où, «à la demande des deux &#8216;caïmans&#8217; Jacques Derrida et Louis Althusser», il fut chargé d’un cours sur Nietzsche pour les agrégatifs. Les voici : «Comment philosopher en ces temps de nihilisme, pour le coup, bien achevé ? Comment je philosophe, moi, en particulier, en cet âge qui est, plus que jamais, celui d’une confusion généralisée ? En quel sens est-ce que le Bernard-Henri Lévy d’aujourd’hui, si apparemment infidèle à ses maîtres et, pour cela, si décrié, controversé, disputé, continue, oui, de pratiquer la philosophie et de tenter d’en hisser l’étendard ? » La première question appelle à des débats infinis. Les suivantes exigent des explications particulières, livrées dans <em>De la guerre en philosophie</em>, qui est le texte, retravaillé, de la dite conférence (1). Certes, Lévy, comme personnage médiatique, est souvent «décrié» &#8211; mais il est difficile, sauf à remonter aux controverses suscitées il y a trente-cinq ans par les «nouveaux philosophes», de trouver des ouvrages de philosophes qui «disputent» sur le plan philosophique la façon dont il philosophe. Aussi faut-il se fier à la façon dont il présente lui-même ce qu’en philosophie il «aime», ce en quoi il «croit» et ce qui le révulse.<br />
«Fascislamisme». «Quand je philosophe, je ne médite pas. Je ne rêve pas. Je ne procède ni par intuition ni par imagination, ni même par notions. Je ne crois qu’à la production, dissection, machination, multiplication, articulation de concepts dont les embrayeurs sont les mots», dit-il. Pas si infidèle que cela, il reconnaît là sa dette à Althusser, lequel soulignait que dans «faire de la philosophie», l’important était «faire», et que philosopher revenait à fabriquer des concepts inédits. Quels concepts Bernard-Henri Lévy a-t-il usinés pour se dire philosophe ? Il en cite trois : «idéologie française» (qui permet de «penser le commun de Maurras et de Péguy, des pétainistes de droite et des pétainistes de gauche, des collabos de la première heure et des résistants de la dernière»),«volonté de pureté» (grâce à laquelle est révélé «ce qui lie et délie, articule et distingue, rassemble et sépare, ces phénomènes apparemment sans vrai rapport que sont le nazisme, le communisme, l’intégrisme d’origine islamique») et «fascislamisme» (dont l’efficacité est d’ «arracher la question de la jihad du champ des religions pour la réintégrer dans celui du politique»).<br />
Pour constituer une philosophie, ces concepts doivent évidemment faire chaîne, former une «architecture», un système. Certes, l’époque est aux «aphorismes, fragments et bribes de discours, intuitions, haïkus vagues, rêverie», elle est à l’antisystème, par la faute de tous les «faux augures», deleuziens, nietzschéens, derridiens, postmodernes lyotardiens et autres. Or, «je crois plus que jamais», dit Lévy, que seul «mérite le nom de philosophe» celui qui «décrète qu’est revenu le temps de l’ambition spéculative et du système». On peinerait à décrire ici le «système philosophique» programmé par Bernard-Henri Lévy, un «système spécial», ouvert, qui «accueille en lui le démon, non de l’absolu, mais de l’infini», qui «fait droit à la finitude, à la singularité», préfère «le style aux mathèmes», «les maîtres aux professeurs», «les écrivains aux fonctionnaires du Savoir», et n’a rien à voir avec «ce coup de filet sur le monde, cette rafle des choses, voire cette prison à concepts paralysés, bloqués, refroidis par leur mise en bière systématique, que fabriquent, d’habitude, les faiseurs de Systèmes».<br />
S<img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/levy_guerre_philo_plat1-188x300.jpg" alt="levy_guerre_philo_dos12,6:format 118x188" title="levy_guerre_philo_dos12,6:format 118x188" width="188" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-4151" />’il fabrique des concepts et construit un système, le philosophe, tel que Lévy veut l’incarner, est aussi un «guérillero» et un «voyou». Il est bien sûr dans la lignée des philosophes sans chaire, car l’Université, «mouroir de toute pensée», n’est pas «le bon lieu pour philosopher», et exerce son art, afin de «disputer le terrain à l’Opinion», dans la rue, «et, pourquoi pas, aux portes des usines ou des prisons, et, encore mieux, dans la désolation des champs de bataille et de leurs hécatombes». Il dédaigne tant l’académisme que la maïeutique, n’aime guère le dialogue, d’où il ne sort jamais rien, et lui préfère l’«affirmation», «la foudre de la parole donnée». Il ne cite pas les autres philosophes, ne se livre pas à l’exercice bénédictin du commentaire de texte : il doit philosopher par la «lecture corsaire, qui se préoccupe moins d’écouter que de faire, de respecter que d’utiliser», la «lecture comme un survol», ou comme «interprétation au sens musical».<br />
Néoplatonisme.«Je prends le parti de la flibuste contre celui du fétichisme», lance Bernard-Henri Lévy &#8211; avec d’autant plus d’entrain que, pour lui, l’essentiel, en philosophie, est «moins de savoir à quoi elle sert qu’à quoi, ou à qui, elle nuit». Guerrière, la philosophie a toujours le souci de la vérité («d’autant plus désirée qu’on la sait structurellement dérobée»), mais il lui importe surtout de «gagner». Contre qui ? Contre Kant (version… Botul !), contre Hegel, contre certaines interprétations de Nietzsche, contre Bergson «et son avatar deleuzien», contre le néoplatonisme, contre Badiou, contre «la gidouille Zizek», contre «les imbéciles et les salauds» qui pavoisent, ou encore &#8211; «pardon, mais c’est la vérité» &#8211; contre un moins identifiable «parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières».<br />
<strong>Robert MAGGIORI</strong><br />
<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/de-la-guerre-en-philosophie-3852.html"><em>De la guerre en philosophie</em></a> Grasset, 134 pp., 12,50 €.<br />
(1) De Bernard-Henri Lévy, paraît aussi <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/pieces-didentite-3859.html"><em>Pièces d’identité</em></a>, textes récents publiés dans journaux et revues (Grasset, 1 342 pp., 29 €).</p>
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		<title>Christophe Barbier soutient BHL</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/christophe-barbier-soutient-bhl-4117.html</link>
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		<pubDate>Thu, 11 Feb 2010 11:18:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans l&#8217;émission de Daniel Schneidermann,  Arrêt sur images, diffusée dans la journnée d&#8217;hier, et qui consacrait une longue séquence au cas Botul, le directeur de l&#8217;Express, Christophe Barbier, et le directeur adjoint de Marianne, Nicolas Domenach ont fermement soutenu Bernard-Henri Lévy. Verbatim :
Christophe Barbier &#171;&#160;(&#8230;)Venir le titiller uniquement parce qu&#8217;il a été victime d&#8217;un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/bhl-portrait-bien.jpg" alt="bhl portrait bien" title="bhl portrait bien" width="120" height="86" class="alignleft size-full wp-image-4118" />Dans l&#8217;émission de Daniel Schneidermann,  Arrêt sur images, <span id="more-4117"></span>diffusée dans la journnée d&#8217;hier, et qui consacrait une longue séquence au cas Botul, le directeur de l&#8217;<em>Express</em>, Christophe Barbier, et le directeur adjoint de <em>Marianne</em>, Nicolas Domenach ont fermement soutenu Bernard-Henri Lévy. Verbatim :</p>
<p>Christophe Barbier &laquo;&nbsp;(&#8230;)<em>Venir le titiller uniquement parce qu&#8217;il a été victime d&#8217;un canular assez génial, ce n&#8217;est pas le bon angle d&#8217;attaque</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Nicolas Domenach : &laquo;&nbsp;<em>Il y a suffisamment de motifs de désaccord avec BHL pour retenir un détail comme ça</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p><strong>Liliane Lazar</strong></p>
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		<title>Quand la blogosphère reivent sur &#171;&#160;De la guerre en philosophie&#160;&#187; et reprend ses esprits.</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/quand-la-blogosphere-reivent-sur-de-la-guerre-en-philosophie-et-reprend-ses-esprits-4115.html</link>
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		<pubDate>Thu, 11 Feb 2010 09:00:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[ Quand la blogosphère revient sur De la guerre en philosophie et  reprend ses esprits : 
Le Post
Courrier international blog 
l&#8217;Express 
Liliane Lazar 
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/lilianelazar34-150x150.jpg" alt="lilianelazar3" title="lilianelazar3" width="150" height="150" class="alignleft size-thumbnail wp-image-4136" /> Quand la blogosphère revient sur<em> <strong>De la guerre en philosophie</strong></em> et  reprend ses esprits : <span id="more-4115"></span></p>
<p><a href="http://www.lepost.fr/article/2010/02/09/1932595_quand-bernard-henri-levy-fait-le-beau-joueur.html">Le Post</a><br />
<a href="http://lewesternculturel.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/02/09/bhl-cible-emouvante.html">Courrier international blog </a><br />
<a href="http://www.lexpress.fr/culture/livre/bhl-victime-d-un-canular-reste-fair-play_847744.html">l&#8217;Express </a></p>
<p><strong>Liliane Lazar </strong></p>
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		<title>Jean Daniel défend Bernard-Henri Lévy</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Feb 2010 16:49:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[Carnets d&#8217;Actualité. A propos de Bernard-Henri Lévy
par Jean Daniel
J&#8217;ai toujours eu peur pour Bernard-Henri Lévy.
J&#8217;ai depuis longtemps un faible pour ce glorieux cadet qui se rêve à la fois l&#8217;héritier de Malraux, de Levinas et de Brummell, et assume avec une élégance provocatrice son dandysme philosophique. Il risque sa vie sur tous les fronts humanitaires, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/jean-daniel-photo.jpg" alt="jean daniel photo" title="jean daniel photo" width="101" height="121" class="alignleft size-full wp-image-4111" /><strong>Carnets d&#8217;Actualité. A propos de Bernard-Henri Lévy</strong><br />
par <strong>Jean Daniel</strong></p>
<p>J&#8217;ai toujours eu peur pour Bernard-Henri Lévy.<span id="more-4109"></span></p>
<p>J&#8217;ai depuis longtemps un faible pour ce glorieux cadet qui se rêve à la fois l&#8217;héritier de Malraux, de Levinas et de Brummell, et assume avec une élégance provocatrice son dandysme philosophique. Il risque sa vie sur tous les fronts humanitaires, mais prend hélas des risques encore plus grands du fait d&#8217;une trop imposante stratégie de surexposition médiatique.</p>
<p>J&#8217;ai un jour été très bassement attaqué pour mon œuvre. Bernard-Henri Lévy a aussitôt pris ma défense, et d&#8217;une façon fidèle, radicale et spectaculaire. Je veux lui dire que je ne l&#8217;oublierai jamais et que si mes sombres prévisions se sont réalisées, j&#8217;en ai pour lui de la peine.</p>
<p>J&#8217;ai toujours prévu qu&#8217;on lui ferait payer un jour, cher, trop cher, l&#8217;imprudente &#8211; certains diront l&#8217;indécente &#8211; façon qu&#8217;il avait d&#8217;apprivoiser, d&#8217;enchanter et de dompter les médias. Cela ne pouvait que se retourner contre lui.</p>
<p>La truculente information sur la façon dont il s&#8217;est laissé abuser par un canular très &laquo;&nbsp;normalien&nbsp;&raquo; devait être publiée. J&#8217;ajoute que les journalistes des pages culturelles du Nouvel Observateur ont toujours exercé librement leur droit de critique des ouvrages dont ils rendent compte comme l&#8217;a fait cette semaine Aude Lancelin. Mais si l&#8217;on peut faire le procès de l&#8217;œuvre de Bernard-Henri Lévy, je ne crois pas, pour ma part, et Aude non plus, d&#8217;ailleurs, qu&#8217;il soit honnête de le fonder sur cette mystification.</p>
<p>J&#8217;ajoute enfin, puisqu&#8217;on évoque les critiques faites par l&#8217;historien Pierre Vidal-Naquet, dont je faisais l&#8217;éloge dans mon dernier édito, et qui avait implacablement relevé les erreurs de BHL dans &laquo;&nbsp;<em>Le Testament de Dieu</em>&nbsp;&raquo; que le philosophe Lévinas m&#8217;avait téléphoné, après cette publication,  pour me dire qu&#8217;à son avis les erreurs, sans doute graves, commises dans ce livre ne compromettaient en rien la valeur des intuitions bibliques de l&#8217;auteur. Le grand métaphysicien avait lu le premier le manuscrit de Bernard-Henri Lévy.</p>
<p>Cette dernière précision s&#8217;imposait d&#8217;autant qu&#8217;il est bien connu que, sur la façon de combattre l&#8217;antisémitisme et de défendre la sécurité d&#8217;Israël, je me suis nettement séparé de Bernard-Henri Lévy désormais habité par une vraie mystique judéo-israélienne, ce qui ajoute à la complexité du personnage.</p>
<p><strong>Jean Daniel</strong></p>
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		<title>Les étranges méthodes d&#8217;une journaliste du Nouvel Observateur</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/les-etranges-methodes-dune-journaliste-du-nouvel-observateur-4101.html</link>
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		<pubDate>Wed, 10 Feb 2010 16:37:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[Je ne voudrais pas être mauvais esprit. Ni plus béachélienne que Bernard-Henri Lévy qui semble se foutre royalement de toute cette affaire. Mais voici, tout de même, la petite vidéo que je reçois. On y voit Bernard-Henri Lévy et Slavoj Zizek débattre. Or : 
1) la scène se passe le 13 janvier dernier, dans les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/bhl-zyzeck-video2-150x114.jpg" alt="bhl zyzeck video" title="bhl zyzeck video" width="150" height="114" class="alignleft size-thumbnail wp-image-4102" />Je ne voudrais pas être mauvais esprit. Ni plus béachélienne que Bernard-Henri Lévy qui semble se foutre royalement de toute cette affaire. Mais voici, tout de même, la petite vidéo que je reçois. On y voit <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/videotheque-podcast">Bernard-Henri Lévy et Slavoj Zizek </a>débattre. Or : <span id="more-4101"></span><br />
1) la scène se passe le 13 janvier dernier, dans les locaux du <em>Nouvel Observateur</em>;<br />
2) la médiatrice du débat est  la journaliste Aude Lancelin qui avait, comme nombre de journalistes, reçu le livre de Lévy dès le début janvier ;<br />
3) loin, comme elle le prétend depuis un peu partout, d&#8217;avoir tout de suite détecté la &laquo;&nbsp;bourde&nbsp;&raquo; de Lévy, elle a tranquillement mené son débat, l&#8217;a tranquillement publié dans son journal, a tranquillement grillé  tous ses confrères &#8211; et cela sans dire un mot d&#8217;une bourde qu&#8217;elle n&#8217;avait, comme les autres, évidemment pas détectée.<br />
Pourquoi dire le contraire aujourd&#8217;hui ?<br />
Pourquoi se prévaloir d&#8217;une lucidité qu&#8217;elle n&#8217;a pas eue plus que les autres ?<br />
Quelles méthodes étranges&#8230;<br />
<strong>Liliane Lazar.</strong> </p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>BHL : “Je me marre” &#8211; Europe 1, le 10 février 2010</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/bhl-je-me-marre-europe-1-le-10-fevrier-2010-4093.html</link>
		<comments>http://www.bernard-henri-levy.com/bhl-je-me-marre-europe-1-le-10-fevrier-2010-4093.html#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 10 Feb 2010 15:55:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[Bernard-Henri Lévy a expliqué, mercredi au micro de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1, avoir cité Jean-Baptiste Botul alors qu’il s’appelle Frédéric Pagès dans son dernier ouvrage et s’en est même amusé.
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/bhl-europe-1-174x300.jpg" alt="bhl europe 1" title="bhl europe 1" width="174" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-4095" />Bernard-Henri Lévy a expliqué, mercredi au micro de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1, <span id="more-4093"></span>avoir cité Jean-Baptiste Botul alors qu’il s’appelle Frédéric Pagès dans son dernier ouvrage et s’en est même amusé.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.bernard-henri-levy.com/bhl-je-me-marre-europe-1-le-10-fevrier-2010-4093.html/feed</wfw:commentRss>
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		</item>
		<item>
		<title>Ces attaques contre Bernard-Henri Lévy : étrange&#8230; vous avez dit étrange ?</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/ces-attaques-contre-bernard-henri-levy-etrange-vous-avez-dit-etrange-4070.html</link>
		<comments>http://www.bernard-henri-levy.com/ces-attaques-contre-bernard-henri-levy-etrange-vous-avez-dit-etrange-4070.html#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 10 Feb 2010 09:47:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[New-York. Je découvre cette ahurissante et ridicule &#171;&#160;affaire Botul&#160;&#187; qui s&#8217;est déclenchée hier sur le net français.
Deux ou trois questions quand même, très vite.
1. Est-ce qu&#8217;on a le droit de résumer un livre à une page ? J&#8217;ai l&#8217;impression, en lisant les internautes français que Bernard-Henri Lévy a écrit un livre sur Kant (1 page) [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-4071" title="lilianelazar3" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/lilianelazar32-150x150.jpg" alt="lilianelazar3" width="150" height="150" />New-York. Je découvre cette ahurissante et ridicule &laquo;&nbsp;affaire Botul&nbsp;&raquo; qui s&#8217;est déclenchée hier sur le net français.</p>
<p>Deux ou trois questions quand même, très vite.</p>
<p>1. Est-ce qu&#8217;on a le droit de résumer un livre à une page ? <span id="more-4070"></span>J&#8217;ai l&#8217;impression, en lisant les internautes français que Bernard-Henri Lévy a écrit un livre sur Kant (1 page) et sur ce désormais fameux Botul (3 lignes). Alors que, quand même&#8230; Je l&#8217;ai lu, moi, ce livre. Et tous ceux qui auront, à partir d&#8217;aujourd&#8217;hui puisque c&#8217;est aujourd&#8217;hui qu&#8217;il sort, le bonheur de le lire verront qu&#8217;il y est question de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html" title="Jean-Paul Sartre">Sartre</a>, d&#8217;Althusser, de la philosophie comme art de la guerre, de la différence entre une biche et une chouette, du beau concept de réparation du monde, mais que ce n&#8217;est certainement pas ce livre &laquo;&nbsp;kantien&nbsp;&raquo; qu&#8217;on est en train de fabriquer. Bernard-Henri Lévy n&#8217;a <em>pas</em> écrit un livre sur Kant. Bernard-Henri Lévy n&#8217;a <em>pas</em> écrit un livre sur Botul. Qu&#8217;il contribue à faire des livres de Kant et de Botul des best-sellers, je suis sûre qu&#8217;il s&#8217;en rejouira car je connais sa générosité. Mais mon rôle, moi, est d&#8217;insister sur ses livres à lui et sur le fait qu&#8217;il s&#8217;y agit de tout autre chose.</p>
<p>2. Deuxièmement, où est le problème ? Que ce Botul existe ou pas, qu&#8217;est-ce que ça change à la thèse de Bernard-Henri Lévy qui est, dans le passage en question : les philosophes sont beaucoup plus tributaires de leur corps, de leurs passions, de leur dinguerie, qu&#8217;ils ne veulent bien, en général, l&#8217;avouer. Cette thèse est-elle juste ou non ? Fondée ou pas? Où en est-on, notamment en philosophie, de l&#8217;éternelle polémique du Contre. Sainte-Beuve? C&#8217;est ca, pour moi, la question. Et qu&#8217;il s&#8217;appuie, entre autres, pour la poser, sur un livre qui existe, qu&#8217;il a lu, mais dont il croyait qu&#8217;il était signé Botul alors qu&#8217;il était ecrit par un certain Pagès, franchement, qu&#8217;est-ce que ça change?</p>
<p>3. Et puis il y a a une troisième chose qui, moi, commence à me gêner. C&#8217;est cette madame Aude Lancelin qui nous raconte (<em>Times</em> de Londres d&#8217;hier matin) qu&#8217;elle a éclaté de rire quand elle est tombée sur les pages de Lévy où il parle de Kant. Or de qui se moque-t-elle, en disant cela ? Elle a publié, elle aussi, comme toutes les huiles dont elle se moque, une interview de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/videotheque-podcast">Bernard-Henri Lévy avec Slavoj Zizek</a>. Elle l&#8217;a même fait avant eux, avant tout le monde, prenant tout le monde de vitesse, puisque l&#8217;interview est sortie dès le 15 janvier. Et je dirai même, vu les délais sur lesquels je me suis renseignée, qu&#8217;elle a dû l&#8217;enregistrer, son débat, le 11 ou le 12. Or elle n&#8217;a pas du tout &laquo;&nbsp;éclaté de rire&nbsp;&raquo; pendant ce débat. D&#8217;après les témoins présents, elle avait les deux livres devant elle, celui de Zizek et celui de Lévy, également annnotés et elle a mené son entretien, toute contente, sérieusement, sans se poser la moindre question.<br />
Voilà les questions que j&#8217;ai envie de poser ce matin.</p>
<p>A part ça, je dis à tous les amis de Bernard-Henri Lévy, à tous les membres de sa page Facebook, à tous ses lecteurs, que la vraie bonne nouvelle est là : les deux livres sont sortis ; les deux livres (le gros : <strong></strong><strong><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/pieces-identite"><em>Pièces d&#8217;identité</em></a></strong> ; le petit : <em><strong><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/de-la-guerre-en-philosophie-3852.html">De la guerre en philosophie</a></strong></em> sont disponibles dans toutes les bonnes librairies.</p>
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		<title>La France a-t-elle besoin de BHL ? par Daniel Schneidermann &#8211; Libération 8/02/2010</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Feb 2010 14:33:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Comme ce site se veut le reflet de tout ce qui se dit sur Bernard-Henri Lévy en France et ailleurs, une sorte d&#8217;archive globale , je mets aussi en ligne ce texte de Daniel Schneidermann paru dans Liberation d&#8217;hier. Je ne dis pas que cet article m&#8217;enthousiasme. Mais c&#8217;est la règle que je me suis fixée, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-4043" title="logo libération" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/logo-libération.jpg" alt="logo libération" width="118" height="98" />Comme ce site se veut le reflet de <em>tout</em> ce qui se dit sur Bernard-Henri Lévy en France et ailleurs, une sorte d&#8217;archive globale , je mets aussi en ligne ce texte de Daniel Schneidermann <span id="more-4040"></span>paru dans <em>Liberation</em> d&#8217;hier. Je ne dis pas que cet article m&#8217;enthousiasme. Mais c&#8217;est la règle que je me suis fixée, il y a dix ans, quand j&#8217;ai créé ce site. Et contrairement aux sottes insinuations que je lis ça et là, sur aucun des anciens livres de Bernard-Henri Lévy,  vous ne verrez de &laquo;&nbsp;tri&nbsp;&raquo; entre bons et mauvais articles. <strong>Liliane Lazar</strong></p>
<p> </p>
<p>A chaque publication de BHL, c’est la même chose, et pourtant on se laisse encore surprendre. On ouvre <em>l’Express </em>: une interview de BHL, assortie d’une photo en plan très rapproché qui saute au visage. <em>Match</em> : autre portrait (en illustration, polo noir, tasse de thé à la main, sur la terrasse du <em>«palace parisien»</em> où il habite provisoirement). <em>Le Point </em>: portrait par Christine Angot (en illustration, photo col ouvert, dans le couloir du palace parisien, où l’on apprend enfin qu’il s’agit de l’hôtel Raphaël). En quelques minutes, il est impossible d’ignorer l’information : BHL, en ce mois de février, <em>«revient, avec deux livres importants» </em><em>(l’Express).</em> Dans <em>l’Express</em>, c’est le directeur en personne, Christophe Barbier, qui s’est auto-délégué aux questions. On aimerait les citer toutes, mais il faut se restreindre. Echantillon : <em>«des mots, pour quoi faire ?»,</em> ou bien : <em>«Ségolène, c’est fini ?»</em> ou encore : <em>«Où en êtes-vous avec l’humanisme ?»</em> (c’est vrai, à propos : où en est donc BHL avec l’humanisme ?) <em>Match </em>s’interroge sur un autre aspect : <em>«La France a-t-elle besoin d’un type comme lui ?»</em> On y apprend que le bi-auteur du mois <em>«dicte son journal intime sur un magnétophone»,</em> mais que toutes les précautions sont prises au cas où <em>«BHL le Téméraire sauterait sur une bombe, se ferait kidnapper en Afrique, ou se prendrait une balle perdue en Israël».</em> Personnage clé, sa secrétaire, <em>«la très précieuse Marie-Joëlle Habert».</em> Dans ce fatal cas de figure, elle serait certainement <em>«la cible de toutes les surenchères».</em></p>
<p>Le plus original est cependant <em>le Point,</em> où Angot angotise sur trois pages. Echantillon : <em>«Il a de la mémoire, c’est ça qui importe le plus, plus qu’Israël ou être juif, encore plus, sinon il aurait voté Sarkozy, sa politique internationale lui va, mais il n’aime pas les gens qui n’ont pas de mémoire ou qui la manipulent.»</em> La vérité oblige à reconnaître que les phrases suivantes sont plus courtes (parfois même seulement trois mots, nos préférées). Dans cette couverture de presse, frappe d’abord l’absence radicale de toute critique. Les prophéties aléatoires de l’auteur, en 2001, sur la guerre d’Afghanistan, ses petits arrangements avec la réalité à propos de la Géorgie, pour ne prendre que deux exemples récents, sont totalement absents des articles, comme si chaque rédaction s’était ingéniée à envoyer au feu un non-spécialiste du sujet. Mais au-delà de la couverture elle-même, c’est son caractère concentré qui frappe. Pas d’échappatoire. Toutes les issues sont bouclées. Après une poursuite éclair (il ne s’attendait à rien), le lecteur est acculé au fond de l’impasse. On te tient, mon gaillard. Ton compte est bon. Tu pensais sérieusement échapper aux<em> «deux livres importants»</em> ? Cette semaine, le lecteur d’hebdos n’a aucune chance d’échapper à BHL. Aucune (ah si, rien dans <em>l’Obs.</em> Etrange. Inquiétant. Une faille du système. A colmater d’urgence). Le constat physique de cette concentration impose au lecteur plusieurs conclusions. D’abord, qu’un seul auteur parvienne ainsi à mobiliser les hebdos appartenant à plusieurs groupes de presse, en dit long sur l’homogénéité sociologique de l’élite des journalistes français. Il est vrai que BHL est le seul auteur (peut-être avec le patron du <em>Point,</em> Franz-Olivier Giesbert) à disposer de cette puissance de tir groupé, quasi surnaturelle. Alain Minc, Marc Lévy, quelques autres phénomènes de l’édition, ont peut-être davantage de presse. Mais plus étalée. Même Alain Duhamel (chroniqueur à <em>Libération</em>) ne parvient généralement pas à empêcher l’étalement des recensions de son livre annuel sur trois bonnes semaines. Cette concentration, à n’en pas douter, doit beaucoup au talent de l’auteur. Elle a manifestement été réfléchie, construite comme une œuvre en soi. Beaucoup d’énergie a été dépensée, non pas seulement pour que les bons chroniqueurs écrivent les bons articles, mais pour qu’ils soient publiés le même jour. Cette concentration doit beaucoup à l’obsession de l’auteur lui-même (quiconque a déjà publié un livre, et en a assuré anxieusement le service de presse, sait qu’une simple attachée de presse ne peut <em>humainement </em>pas parvenir à un résultat aussi parfait). Avoir un réseau est une chose. Le mettre sous tension en est une autre. Et si cette énergie a été dépensée, c’est que l’on en attend quelque chose. L’auteur croit à la stratégie du tapis de bombes. Il adore l’agenda pour l’agenda. L’important n’est pas l’acte, la louange, le dithyrambe, la parole. C’est le moment. L’important, c’est d’occuper le terrain, de ne laisser aucune réplique possible à l’adversaire.</p>
<p>L’inconvénient de cette tactique, c’est l’acceptation implicite que dès la semaine suivante, on parle d’autre chose. Elle révèle finalement une certaine force d’âme, face aux gouffres de l’éphémère.</p>
<p>Bernard-Henri Levy est actionnaire de «Libération».</p>
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		<title>BHL invité du Grand Journal (Canal +)</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Feb 2010 11:15:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[CanaL + vient de mettre en ligne la prestation de BHL hier soir au Grand Journal : allez-y voir tout de suite. Bernard-Henri est à son meilleur. C’est un  régal.
Liliane Lazar
Partie 1 Cliquez ici
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Partie 3 Cliquez ici 
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/canal-+-8-02-2010-208x300.jpg" alt="canal + 8-02-2010" title="canal + 8-02-2010" width="208" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-4065" />CanaL + vient de mettre en ligne la prestation de BHL hier soir au Grand Journal : allez-y voir tout de suite. Bernard-Henri est à son meilleur. C’est un  régal.<br />
<strong>Liliane Lazar</strong><span id="more-4064"></span></p>
<p>Partie 1 <a href="http://player.canalplus.fr/#/315771">Cliquez ici</a></p>
<p>Partie 2 <a href="http://player.canalplus.fr/#/315780">Cliquez ici</a></p>
<p>Partie 3 <a href="http://player.canalplus.fr/#/315781">Cliquez ici</a> </p>
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		<title>En avant-première, le bloc-notes de BHL :  Vive Jean-Baptiste Botul ! Pour Lacan et contre l’évaluation. De qui se moque Olivier Besancenot ?</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Feb 2010 09:00:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En avant-première, le bloc-notes de Bernard-Henri Lévy à paraître dans Le Point d&#8217;apres-demain, jeudi.
Liliane Lazar
Eh oui. Ce livre de Jean-Baptiste Botul, paru en 2004 aux éditions des Mille et une Nuits et intitulé « La vie sexuelle d’Emmanuel Kant » (titre génial !), je l’ai souvent cité. Je l’ai commenté devant les Normaliens de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full  wp-image-51" title="Vive Jean-Baptiste Botul" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2009/06/bloc-notes-bhl.gif" alt="Vive Jean-Baptiste Botul" width="97" height="97" /><strong>En avant-première, le bloc-notes de Bernard-Henri Lévy à paraître dans <em>Le Point</em> d&#8217;apres-demain, jeudi.</strong><br />
<strong>Liliane Lazar</strong><br />
Eh oui. Ce livre de Jean-Baptiste Botul, paru en 2004 aux éditions des Mille et une Nuits et intitulé « <em>La vie sexuelle d’Emmanuel Kant</em> » (titre génial !), je l’ai souvent cité. <span id="more-4058"></span>Je l’ai commenté devant les Normaliens de la rue d’Ulm, le 6 avril dernier. Et je l’évoque donc, à nouveau, dans « <em><strong>De la guerre en philosophie</strong></em>» qui est le fruit de cette conférence. Or il s’avère que c’était un canular. Un très brillant et très crédible canular sorti du cerveau farceur d’un journaliste du Canard Enchaîné, au demeurant bon philosophe, Frédéric Pagès. Et je m’y suis donc laissé prendre comme s’y sont laissé prendre, avant moi, les critiques qui l’ont recensé au moment de sa sortie ; comme se laissés prendre, autrefois, Pascal Pia et Maurice Nadeau au faux Rimbaud inventé par Nicolas Bataille et Akakia-Viala ; et comme se sont laissé prendre tant de lecteurs émérites aux faux Gary signés Ajar ou au faux Marc Ronceraille inventé, de toutes pièces, par Claude Bonnefoy qui alla jusqu’à lui consacrer un volume de la prestigieuse collection « Ecrivains de toujours ». Du coup, une seule chose à dire – et de bon coeur. Salut l’artiste. Chapeau pour ce Kant inventé mais plus vrai que nature et dont le portrait, qu’il soit donc signé  Botul, Pagès ou Tartempion, me semble toujours aussi raccord avec mon idée d’un Kant (ou, en la circonstance, d’un Althusser) tourmenté par des démons moins conceptuels qu’il y paraît. Le canular étant, comme vous savez, une tradition normalienne j’avoue même éprouver un certain plaisir à m’être laissé piéger, à mon tour, par une mystification aussi bien ficelée.</p>
<p>&#8230;</p>
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		<title>BHL, les chrétiens, les juifs, les musulmans&#8230; Entretien avec Olivier Jay, le JDD du 7/02/2010</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Feb 2010 12:48:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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Liliane Lazar
Au détour d’une interview américaine, il se résume dans un jeu de mots quasi lacanien: &#171;&#160;Lévy, c’est aussi “les vies”.&#160;&#187; Bernard-Henri Lévy, 61 ans, conduit depuis toujours [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voici la totalité de l&#8217;entretien de Bernard-Henri Lévy avec Olivier Jay. Formidable, en effet. Et rafraichisssant. Beaucoup de références qui concerneront moins mes lecteurs americains. Mais tant pis.<br />
<strong>Liliane Lazar</strong></p>
<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-4047" title="logo jdd" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/logo-jdd3-150x150.jpg" alt="logo jdd" width="150" height="150" /><span id="more-4046"></span><strong>Au détour d’une interview américaine, il se résume dans un jeu de mots quasi lacanien: &laquo;&nbsp;<em>Lévy, c’est aussi “les vies”.</em>&nbsp;&raquo; Bernard-Henri Lévy, 61 ans, conduit depuis toujours plusieurs destins en parallèle. Le philosophe qui mène bataille dans &laquo;&nbsp;<em>un monde menacé en permanence d’implosion</em>&laquo;&nbsp;. Le cosmopolite revendiqué, qui vit entre Paris, New York et Marrakech. L’intellectuel engagé sur le front des drames de l’humanité: le <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/sos-darfour-3697.html">Darfour</a>, la <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/ses-combats-1992-1995-la-bosnie-par-gilles-hertzog-15053.html">Bosnie</a>, le <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/ses-combats-1994-kigali-le-dernier-genocide-par-liliane-lazar-15199.html">Rwanda</a>. Le politique qui soutient <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/segolene-royal-2597.html">Ségolène Royal</a> contre <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/nicolas-sarkozy-2947.html">Nicolas Sarkozy</a>. Le littéraire qui interviewe Norman Mailer et bien d’autres. Le polémiste juif qui défend Benoît XVI et Pie XII. Il publie cette semaine deux livres*. Un petit manifeste sur son métier de philosophe &laquo;&nbsp;guerrier&nbsp;&raquo;. Et un imposant recueil: plus de 1300 pages, l’essentiel de ses textes, interventions, conférences, prononcés depuis cinq ans. Beaucoup de textes inédits en France. Tel Chateaubriand, il célèbre sur plus de 300 pages le &laquo;&nbsp;<em>génie du judaïsme</em>&laquo;&nbsp;. Un personnage y occupe une large place: <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/benny-levy-10240.html">Benny Lévy</a>, l’ancien secrétaire de <a title="Jean-Paul Sartre" href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html">Sartre</a> devenu à la fin de sa vie, en Israël, commentateur du philosophe <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/2358-2358.html">Lévinas</a>.</strong><br />
<strong>Certains lecteurs de votre livre<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/lideologie-francaise-306.html"> <em>L’Idéologie française</em></a>, sur les racines de Vichy, n’ont pas compris que vous souteniez Benoît XVI et Pie XII dans une de vos dernières chroniques du <em>Point</em>…</strong><br />
Eh bien, c’est qu’ils m’avaient mal lu. <em>L’Idéologie française</em> était une critique du maurrassisme et du paganisme, pas du christianisme. Alors, Benoît XVI, je tente de le lire avec attention. Et, sur les relations judéo-chrétiennes, les procès d’intention systématiques qui lui sont faits sont juste incompréhensibles: outre qu’il met le débat à un niveau intellectuel élevé, il se situe dans la continuité totale de son prédécesseur, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/le-15-juin-1993-6843.html">Jean-Paul II</a> ! Quant à Pie XII, je demande simplement qu’on s’en tienne aux faits. Le fait est que, contrairement à ce que répètent en boucle les crétins, la plupart des archives sont ouvertes et consultables. Le fait est que, dans le silence assourdissant du monde entier sur la Shoah, il a été plutôt le moins silencieux de tous. Le fait est qu’il a, sans avions ni canons, plus dit et plus fait que Churchill, Roosevelt et de Gaulle réunis. Bien sûr qu’il aurait pu dire et faire davantage. Tout le monde peut toujours dire et faire davantage. Mais le présenter comme le &laquo;&nbsp;pape d’Hitler&nbsp;&raquo;, broder inlassablement sur ce fameux &laquo;&nbsp;silence de Pie XII&nbsp;&raquo; est absurde et assez dégueulasse.</p>
<p><strong>Vous êtes un défenseur des relations judéo-chrétiennes…</strong><br />
J’ai écrit en 1981, à propos de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/ses-combats-1977-a-nos-jours-contre-le-sovietisme-et-ses-avatars-par-philippe-boggio-14082.html">Solidarnosc</a>, un article qui s’appelait <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/ses-combats-1982-nous-sommes-tous-des-catholiques-polonais-14355.html"><em>Nous sommes tous des catholiques polonais</em></a>. Et, dès <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/le-testament-de-dieu-2-1142.html"><em>Le Testament de Dieu</em></a>, qui fut, en 1979, le livre de ma célébration du judaïsme, j’ai pensé qu’il y avait &laquo;&nbsp;cause commune&nbsp;&raquo; entre le judaïsme et le christianisme, en particulier dans la lutte contre les totalitarismes.</p>
<p><strong>D’où vous est venue cette conviction ?</strong><br />
Quelques rencontres fortes. Maurice Clavel, ce grand converti catholique dont j’ai été l’éditeur. Et, surtout, Emmanuel Lévinas, rencontré après<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/la-barbarie-a-visage-humain-2-1145.html"> <em>La Barbarie à visage humain</em></a>. Au fond, et sur ce registre, il y a eu deux événements décisifs. Du côté catholique, Vatican II: les juifs ne sont plus des pères dans la foi mais des frères – les évêques disent des &laquo;&nbsp;frères aînés&nbsp;&raquo; – et cela change évidemment tout puisqu’un père est destiné à mourir alors que vous grandissez avec un frère. Et du côté juif, le rayonnement, de plus en plus intense, de la pensée de Franz Rosenzweig, l’auteur de <em>L’Etoile de la rédemption</em>, le maître à penser de Lévinas et celui qui dit, en gros, qu’il y a deux chemins d’accès à la vérité, pas un, deux – à nouveau une révolution copernicienne ! Donc, le dialogue.</p>
<p><strong>Sur quoi doit-il porter ?</strong><br />
Aujourd’hui, à quelques exceptions résiduelles près, l’antisémitisme dominant n’est plus d’origine catholique – la période de &laquo;&nbsp;repentance&nbsp;&raquo; est passée par là… Du coup, le moment est venu d’engager et d’explorer contradictoirement, et sur le fond, ces deux voies d’accès à la vérité: l’amour, la philosophie de l’Histoire, le rapport au monde et à la chair…<br />
<strong>Vous ne parlez pas de la foi : peut-on dialoguer en mettant Dieu de côté?</strong><br />
C’est mon ami Benny Lévy, qui, un jour où je lui disais &laquo;&nbsp;mais je n’ai pas la foi…&nbsp;&raquo;, m’avait répondu en s’esclaffant: &laquo;&nbsp;Comme si c’était la question!&nbsp;&raquo; Et je crois, en effet, que c’est vrai. D’abord parce que l’expérience juive fondamentale est celle de l’absence de Dieu plus que de sa présence – relisez Jérémie ou Michée. Et puis parce que la grande Histoire, pour un juif, c’est quand même le rapport à l’autre, aux choses, au monde – pour le dire dans la langue de la philosophie: moins l’Un que le Multiple.</p>
<p><strong>Oui, mais c’est aussi un rapport à Dieu qui fonde le judaïsme, Dieu qui transmet la Loi…</strong><br />
Plus encore que la Loi, c’est le Talmud qui fonde le judaïsme. Or qu’est-ce que le Talmud? Un livre immense, un livre-fleuve, un livre vivant qui parle à tout juif des problèmes très concrets de la vie de tous les jours: le désir, le prochain, comment se conduire avec droiture, etc. Or, cette parole-là peut se recevoir sans la foi ni le sacré. Sur le sacré, d’ailleurs, souvenez-vous d’Isaïe: &laquo;&nbsp;Garde-nous des bosquets sacrés&nbsp;&raquo;… Non. On ne sort pas de là: pour un juif, s’il faut absolument choisir, il vaut mieux un savant qui doute à un simple qui croit.</p>
<p><strong>Voilà une divergence fondamentale avec le christianisme…</strong><br />
Bien sûr. Un Bernanos, par exemple, n’aurait pas pu être juif !</p>
<p><strong>Vous lisez le Talmud ?</strong><br />
Mal, car je ne le lis pas en hébreu. Mais, oui, tout de même. Et depuis, maintenant, près de trente ans.</p>
<p><strong>Mais vous ne croyez pas en Dieu ?</strong><br />
Non, non. Je vous le répète : la question comme telle ne se pose pas pour moi. Je le dis sans jubilation ni tristesse. C’est ainsi. Et je pense que cela ne bougera plus.</p>
<p><strong>Qu’en savez-vous ?</strong><br />
J’ai opéré mon retour au judaïsme à 30 ans. Je ne vois pas de retour sur ce retour !</p>
<p><strong>Et le retour vers Israël, l’alya ?</strong><br />
Ça, ce n’est pas impossible. Je ne l’envisage pas. Mais ce n’est pas impensable.</p>
<p><strong>Autre divergence avec le christianisme, l’opposition entre le spirituel et le matériel…</strong><br />
C’est le christianisme qui les oppose. Pour le judaïsme, le spirituel et le matériel sont enchâssés.</p>
<p><strong>C’est aussi une autre lecture politique. Jean-Paul II, qui avait combattu le communisme, a critiqué le libéralisme qui lui a succédé.</strong><br />
Oui, voilà un point de désaccord. Les régimes totalitaires, c’est la pensée imposée, les livres brûlés, les libres-penseurs et les pasteurs exterminés. Or, des régimes libéraux marchands, vous pouvez dire ce que vous voudrez, ils laissent la possibilité de s’exprimer librement, de se séparer de la communauté, de lire des livres. Je ne dis pas que chacun le fasse, bien sûr. Et je préfère celui qui lit Cervantès à celui qui se nourrit de télé-réalité. Mais bon, c’est un choix librement consenti. Et, même dans les temps obscurs, même quand le nihilisme règne, la possibilité d’élévation des consciences existe.</p>
<p><strong>Le nihilisme ?</strong><br />
Notre ahurissante accoutumance au Mal. C’est l’une des constantes de mon travail et de ma vie : attirer l’attention de mes contemporains sur les massacres des innocents, où qu’ils soient. Or, le monde n’a jamais été si indifférent à ces massacres, si indifférent à la cruauté, si insensible à la question même du Mal.</p>
<p><strong>Pourquoi ?</strong><br />
Là, pour le coup, c’est sans doute l’effet ultime de cette fameuse mort de Dieu diagnostiquée par Nietzsche puis Heidegger. Jusqu’alors, la question du Mal structurait l’espace intellectuel. Comme disait, encore lui, Lévinas, Dieu, c’était l’interdiction de tuer. On a tué au nom de Dieu, bien sûr. Mais Dieu était, tout de même, ce qui disait l’inviolabilité du sujet – et le scandale de cette inviolabilité déniée.</p>
<p><strong>Que faudrait-il pour que cette question revienne au centre ?</strong><br />
Je me le demande chaque jour. Depuis le<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/1971-dans-la-guerre-du-bangladesh-par-arif-jamal-10167.html"> Bangladesh</a> dans ma jeunesse, depuis la Bosnie, il y a quinze ans, au Darfour ou ailleurs, pas un jour où je ne me le demande.</p>
<p><strong>C’est le choc des civilisations ?</strong><br />
On peut dire cela, oui. Le choc entre ceux pour qui le Mal est un scandale et ceux pour qui il est une évidence, une part de l’ordre du monde.</p>
<p><strong>L’islam ?</strong><br />
Prenez la séquence historique qui commence avec la révolution iranienne, qui se continue avec les massacres islamistes en Algérie, puis la montée d’<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/1997-a-nos-jours-islamisme-le-troisieme-fascisme-par-mohamed-sifaoui-10215.html">Al-Qaida </a>et, maintenant, la question pakistanaise. Vous avez là les signes d’une vraie guerre, non pas entre l’Occident et l’Islam, mais entre deux figures de l’islam. L’islam des Lumières contre l’islam fondamentaliste. L’islam démocratique contre l’islam intégriste. Les héritiers du commandant<a href="http://www.bernard-henri-levy.com/ahmed-chah-massoud-2301.html"> Massoud</a> et ceux des talibans. Qui l’emportera ? Peut-être suis-je un incorrigible optimiste. Mais je crois que l’islamisme radical sera vaincu. Je crois que l’islam deviendra cette religion de miséricorde et de paix qu’il est aussi. A une condition, bien sûr : que tous les démocrates du monde prennent la mesure de l’enjeu et, partout où ils sont en première ligne, prêtent main-forte aux musulmans modérés. C’est ce que nous fîmes, après tout, avec les dissidents d’Europe centrale et orientale. Eh bien, il faudrait faire la même chose, retrouver les mêmes protocoles et procédures d’intervention, pour ces nouveaux dissidents que sont ceux qui, en <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/l%E2%80%99iran-au-coeur-par-renaud-revel-14529.html">Iran</a>, en <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/ses-combats-1981-2003-un-ami-de-lafghanistan-par-mehrabodin-masstan-14353.html">Afghanistan</a>, ailleurs, ont choisi la liberté.</p>
<p><em> Propos recueillis par Olivier Jay</em><br />
<strong>*<em> <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/de-la-guerre-en-philosophie-3852.html">De la guerre en philosophie</a></em><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/de-la-guerre-en-philosophie-3852.html"> </a></strong>(Grasset, 129 p.) et<strong><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/pieces-didentite-3859.html"> <em>Pièces d’identité</em></a> </strong>(Grasset, 1.335 p.).</p>
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		<title>L&#8217;intégralité de l&#8217;entretien choc BHL-Marianne.</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Feb 2010 11:29:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici l&#8217;intégralité de l&#8217;entretien-choc avec Marianne que je vous annonçais la semaine dernière.
Un ton différent. Mais intéressant aussi.
Liliane Lazar
BHL face à Marianne. Une confrontation avec Eric Conan, Nicolas Domenach et Alexis Lacroix
Quoi de commun entre Bernard-Henri Lévy et « Marianne » ? Rien, ou presque. Depuis trente ans symbole d’une gauche « morale » qui s’est détournée de ce qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voici l&#8217;intégralité de l&#8217;entretien-choc avec <em>Marianne</em> que je vous annonçais la semaine dernière.<br />
Un ton différent. Mais intéressant aussi.<br />
<strong>Liliane Lazar</strong><span id="more-4033"></span></p>
<p><em>BHL face à Marianne. Une confrontation avec Eric Conan, Nicolas Domenach et Alexis Lacroix</em></p>
<p><em>Quoi de commun entre Bernard-Henri Lévy et « Marianne » ? Rien, ou presque. Depuis trente ans symbole d’une gauche « morale » qui s’est détournée de ce qui nous préoccupe, le philosophe a pris des positions contestables – et que nous avons contestées fortement – sur l’Amérique, la gauche, les droits de l’homme, l’argent, Sarkozy. Il a accepté de s’en expliquer avec « Marianne ». Pas une de ces interviews passe-partout, mais une vraie confrontation. Franche, vive et sans détour.</em></p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-4034" title="bhl marianne 1" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/bhl-marianne-11-217x300.jpg" alt="bhl marianne 1" width="217" height="300" /><strong>Marianne : A suivre votre parcours depuis trente ans, on a l’impression que vous êtes à la fois l’inventeur et la victime de cette nouvelle catégorie d’acteur public baptisé « l’intellectuel médiatique ». Vous avez, mieux que quiconque, œuvré à cette nouvelle forme de célébrité qui passe essentiellement par les interventions médiatiques contre l’ancienne légitimation par l’université, les œuvres et les pairs. Mais vous avez ainsi lancé un processus inflationniste au cours duquel le contenu des interventions ne cesse de perdre de sa valeur à mesure de leur multiplication. A 60 ans, vous en êtes ainsi réduit aujourd’hui, dans le 12e tome du recueil de toutes vos interventions – dont beaucoup d’entretiens — (Questions de principes XII</strong><strong>, Grasset), à reproduire pour la postérité vos interviews avec Thierry Ardisson qui vous interroge encore sur vos chemises blanches ou avec Frédéric Beigbeder qui vous demande dans quel palace vous descendez quand vous allez nager à l’île Maurice…</strong></p>
<p><strong>Bernard-Henri Lévy :</strong> C’est comme ça que vous avez lu ces 1 300 pages ? Bon. C’est votre droit. Je vous signale juste que, pour quelques lignes drolatiques sur mes chemises blanches, vous avez des dizaines et des dizaines de pages où je débats avec Francis Fukuyama, Anatol Lieven, Alain Finkielkraut ou Norman Mailer. A part ça, vous avez l’air de faire de l’université le lieu de passage obligé pour la légitimation d’une parole philosophique. Or, c’est ne rien savoir, cette fois, de l’histoire de la philosophie que de voir les choses ainsi. Ni Spinoza, ni Descartes, ni Leibniz, ni <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html" title="Jean-Paul Sartre">Sartre</a> – et j’en passe ! — n’ont fonctionné de cette façon. Il faut vraiment toute la frilosité contemporaine, et l’abaissement de la pensée qui va avec, pour voir dans cet écart vis-à-vis de l’université quelque chose qui condamnerait une réflexion… Ça commence bien !</p>
<p><strong>Vous êtes l’un des rares à ne pas vous intéresser à la question de la saturation médiatique, qui fait l’objet de discussions de plus en plus inquiètes chez ceux qui sont soucieux de la qualité du débat public, alors que cette machine infernale a fini par vous lessiver. Vous croyez vous servir des médias, mais le rendement est de plus en plus décroissant. Dernier exemple : votre correspondance avec Michel Houellebecq, annoncé comme un grand big-bang dans toutes les gazettes, a fait « pschitt » après quinze jours d’agitation médiatique !</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Ne soyez pas si impressionné par ces histoires de médias ! Elles n’ont pas tant d’importance, vous savez. Elles ne méritent sûrement pas, en tout cas, de se mettre dans l’état où vous semblez être. Reprenons tranquillement les choses. L’aventure de ce livre avec Michel Houellebecq est, finalement, assez simple. Il y a eu quinze jours d’agitation médiatique, en effet. Puis des semaines, des mois, j’espère bientôt des années, de pénétration en profondeur, d’échange silencieux avec les lecteurs, de traductions un peu partout. Pourquoi parler de « big-bang » ? De « pschitt » ? C’est juste le cours normal des choses. Et une belle aventure littéraire qui a tranquillement trouvé son public…</p>
<p><strong>Sur le long terme, votre écho médiatique résulte d’interventions répétitives et très formatées sur deux registres très différents : soit le consensuel défonçage de portes à moitié ouvertes, soit la provocation. On retrouve cette dualité dès le départ, avec la Barbarie à visage humain</strong><strong>, médiatisation habile du nouveau consensus antitotalitaire et l’Idéologie française</strong><strong>, livre expliquant que le fascisme était une invention française et qui fut jugé à l’époque fantaisiste par tous les spécialistes de la question, de Léon Poliakov à Michel Winock, de Pierre Nora à Jacques Julliard…</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> D’abord, essayez d’être précis. Léon Poliakov, pour ne citer que lui, avait suivi l’élaboration de ce livre et je l’en avais d’ailleurs publiquement remercié. Pour le reste, que vous dire sinon que je ne parle pas, là non plus, comme cela ? La pensée, ce n’est pas une affaire de « portes ouvertes » ou « fermées ». Quand on mène les combats qui sont les miens depuis trente ou trente-cinq ans, on n’a pas envie de se laisser entraîner dans votre médiologie de bazar. Pour être clair, je n’ai jamais nié, bien sûr, qu’il y ait eu des prédécesseurs à certaines des thèses de la Barbarie à visage humain<em>. </em>La seule vraie question que j’aie envie de me poser aujourd’hui est celle de savoir ce qu’André Glucksmann ou moi disions de plus que, mettons, Raymond Aron ou Jean-François Revel. Eh bien, dans la Barbarie, je prétends qu’il y avait une minuscule valeur ajoutée à la réflexion totalitaire de l’époque. Et cette valeur ajoutée, c’était le concept de « volonté de pureté ». Voilà. Disons les choses comme ça. Expliquer que le totalitarisme est toujours réductible à une volonté de guérir, un médicalisme, une clinique, c’était mon humble apport à une réflexion dont je ne vous ai pas attendu pour m’aviser qu’elle avait eu ses précurseurs, ses illustres pionniers, ses penseurs capitaux…</p>
<p><strong>Dans la Guerre en philosophie</strong><strong> vous revendiquez la fabrication de « concepts »</strong><strong> tels que la « pureté dangereuse »</strong><strong><em> </em></strong><strong>ou<em> </em>« l’idéologie française ».</strong><strong> En fait de concepts, ne s’agit-il pas surtout de simplifier le réel, en se concentrant sur les effets sans s’intéresser aux causes, en tranchant de façon binaire entre le bien et le mal et, surtout, en ne discutant pas avec l’adversaire que vous préférez diaboliser ?</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> C’est exactement l’inverse. Dans les deux cas que vous citez, le but (et le résultat) fut moins de « simplifier le réel » que de le complexifier ! Prenez le concept d’idéologie française. Expliquer que les fascistes n’étaient pas tous à droite, qu’il y a eu du pétainisme au sein du Parti communiste, que la gauche n’était pas peuplée que de saints hommes, rappeler que, jusque dans les rangs de certains groupes de Résistance, on trouvait un numerus clausus concernant les juifs, et rappeler que, aujourd’hui encore, il y a un « fascisme de gauche », est-ce que vous ne croyez pas que c’était une bonne manière de lutter contre le mauvais génie de la simplification ? C’est d’ailleurs bien parce que mon concept compliquait l’affaire, c’est bien parce qu’il brouillait les repères auxquels nous avait habitués la paresse intellectuelle de nos aînés, que j’ai vu se liguer contre moi tant de gens aussi différents !</p>
<p>Non. Vous confondez deux choses. Il y a la logique du combat politique où, en effet, je simplifie, parfois même je caricature, car je veux, avant tout, mobiliser, convaincre et l’emporter. Et vous avez la logique spéculative qui, y compris là, dans Pièces d’identité, produit des textes dont n’importe quel lecteur honnête verra qu’ils vont contre les facilités de l’esprit de simplicité. Maintenant, « dialoguer » avec l’adversaire ? C’est une autre question. Je le fais bien sûr. J’ai même passé ma vie à le faire. Sauf que je ne tombe pas non plus, pour autant, dans la niaiserie pseudo-démocratique qui laisse penser qu’il y a un peu à prendre chez l’un, un peu chez l’autre, que la vérité est entre les deux et que c’est en dialoguant, en frottant sa pensée à celle du voisin, qu’on va identifier, en chacune, sa part de vérité. Dieu sait si je suis démocrate. Mais pas dans la pensée. Pas : y a partout du bon, personne n’a le monopole de la vérité, la vérité vraie est au milieu. Cela étant dit, affronter l’autre, dialoguer au sens de confronter son point de vue au sien, ça oui, bien sûr ! cent fois oui ! Et c’est même d’ailleurs ce que je m’apprête à faire, un jour prochain, sans doute à l’Ecole normale, avec Alain Badiou.</p>
<p><strong>Ce n’est peut-être pas un hasard, vous êtes tous deux assez symétriques, tant pour votre goût de la simplification que pour votre conception de la vérité : pour vous et Badiou, celle-ci semble moins le fruit de la recherche, de l’enquête ou du débat, qu’une « bonne position » qu’il faut tenir de façon guerrière par tous les moyens. Cela, Raymond Aron, adepte de l’échange rationnel, ne l’avait ni compris ni admis en disant que vous étiez<em> </em>« perdu pour la vérité »</strong><strong><em> </em></strong><strong>après sa lecture de l’Idéologie française</strong><strong><em>…</em></strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Ouais… Le plus « perdu pour la vérité » n’était peut-être pas celui qu’on pense. La recherche de la vérité est, je vous le répète, un travail, un effort, un exercice solitaire, une ascèse parfois – certainement pas une transaction où l’on tiendrait compte des diverses « opinions » afin d’arriver à un hypothétique juste milieu. Les politiques travaillent comme ça. Ou les instituts de sondage. Ou les avocats. Pas les philosophes. C’est pourquoi, quelque respect que m’inspirent l’homme Aron, sa rectitude morale, son courage, je n’ai jamais réussi à le tenir pour un grand penseur. Trop prudent pour cela. Trop sage. Trop dans ce souci de ménager les uns, les autres. Et, du coup, une recherche de la vérité qui cède souvent le pas à l’apologie du bon sens. Nous parlions de Badiou. Je ne pense pas qu’il y ait, dans l’aronisme, les armes nécessaires à la défaite de cette « hypothèse communiste » que Badiou et les siens sont en train de nous rebricoler…</p>
<p><strong>La différence n’est-elle pas ailleurs : il y avait chez Aron la passion de convaincre, y compris l’adversaire, alors que vous expliquez vous battre « sans chercher à convaincre ». </strong><strong>Plutôt que d’affronter vos adversaires, vous préférer l’emporter par l’efficacité du remarquable réseau que vous avez constitué en trente ans dans la presse, l’édition, la politique et les affaires. N’êtes-vous pas plus à l’aise dans le trafic d’influence que dans la polémique ?</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Trafic d’influences, je vous laisse la responsabilité du propos… La seule chose que j’aie à vous dire c’est qu’il y a, de nouveau, plusieurs régimes dans la vie d’un intellectuel. Il y a la bataille politique où il faut marquer des points : pas par tous les moyens, comme vous semblez le penser ; mais pour gagner, ça oui, c’est sûr ; pour convaincre l’opinion face, par exemple, au silence des nations sur le Darfour ou à la distorsion de la vérité sur le Rwanda ; et quand on a le sentiment d’avoir gagné, quand le point a été marqué, alors, oui, c’est vrai que c’est comme une position qu’on a conquise, qu’il convient alors de garder et de fortifier. En face, vous avez le travail personnel, la philosophie, où le problème n’est pas de chercher l’avantage, mais de chercher la vérité. Et, entre les deux, il y a ce régime intermédiaire qui est le débat entre pairs, le choc entre deux visions du monde – mais avec un objectif qui est moins de « rallier » autrui à sa cause que d’affûter ses propres arguments, de les rendre plus performants, plus tranchants, plus justes encore. Aron – on en revient toujours à lui – a pensé, toute sa vie, que, s’il avait <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html" title="Jean-Paul Sartre">Sartre</a> en face de lui, il le ferait renoncer, par la voie de ce que vous appelez « l’échange rationnel », à ses positions les plus extrêmes. Eh bien je pense, moi, qu’il se trompait. Et que, s’ils avaient dialogué, les deux seraient restés fidèles à leurs préjugés, leurs passions, les concepts qui en sont le produit.</p>
<p><strong>Mais quel est l’enjeu de « vérité » quand votre site Internet relève avec des roucoulements qu’une revue américaine vous a désigné comme le 31e personnage « le plus influent du monde »,</strong><strong> et le premier des Français devant Dominique Strauss-Kahn, Esther Duflot et Jacques Attali ? Vous y croyez sérieusement ?</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Décidément, vous avez, vous, pour le coup, des procédés inattendus pour des apôtres de l’« échange rationnel ». Liliane Lazar qui est, à Long Island, New York, la créatrice et responsable de ce site (et, par ailleurs, la patronne aux Etats-Unis des « Simone de Beauvoir Studies ») appréciera les « roucoulements »… A part ça, que voulez-vous que je vous dise ? Que la très sérieuse revue Foreign Policy classe les penseurs « influents » je n’ai pas à y croire ou ne pas y croire, c’est un fait !</p>
<p><strong>Votre rapport aux faits n’est pas toujours aussi scrupuleux : le trait complémentaire de votre rapport à la vérité est de rester silencieux quand les faits invalident les positions binaires que vous avez soutenues. Avez-vous une fois reconnu une erreur ?</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> …Peut-être en ai-je commis moins que vous ne pensez ! Vous avez des exemples ?</p>
<p><strong>A propos de l’Afghanistan, le fait d’applaudir dès 2001, la « victoire éclair d’une stratégie américaine, d’une habileté, d’une efficacité militaro-politique insoupçonnées »</strong><strong> sur des talibans, vaincus « sans combattre »</strong><strong><em> </em></strong><strong>et<em> </em>« ayant détalé comme des poulets »</strong><strong><em>.</em></strong><strong> Huit ans plus tard, cette « victoire éclair »</strong><strong><em> </em></strong><strong>sur des<em> </em>« poulets »</strong><strong> relève plutôt du songe éveillé…</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Pas du tout. En 2001, la victoire militaire était là. Sauf qu’elle a été gâchée par des mauvais stratèges, des piètres politiques et les huit années de bushisme.</p>
<p><strong>Il n’y a jamais eu de victoire militaire en 2001 en Afghanistan !</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Bon. Comme vous voudrez. Quand, en 2001 l’Alliance du Nord et les Américains reprennent Kaboul et permettent à Karzaï de s’installer au pouvoir, j’appelle ça une victoire militaire.<strong><em></em></strong></p>
<p><strong>A ce détail près que Kaboul n’est pas l’Afghanistan, on l’a malheureusement vu par la suite ! Autre erreur, à propos de la Bosnie. Vous avez soutenu – et même conseillé, dites-vous – le président Alija Izetbegovic, que vous avez présenté comme un prophète de l’islam des Lumières. Mais on ne vous a pas entendu quand le personnage réel, islamiste militant, a dévié de votre conte de fées.</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Pardon. Mais vous dites, franchement, n’importe quoi. L’islamisme militant, chez Izetbegovic fut une tentation ancienne (sur laquelle on m’a maintes fois entendu) pas une déviation ultime (que j’aurais pieusement passée sous silence). Je parle de tout cela dans Bosna !<em> </em>J’en parle dans mon journal de l’époque, le Lys et la cendre. Je rapporte les conversations que nous eûmes, avec cet « islamiste », sur Israël, sur Salman Rushdie qui avait projeté, avec son accord, un voyage à Sarajevo. Quant au « conte de fées » c’est encore votre fantasme personnel ; car, en ce qui me concerne les choses étaient assez simples : Izetbegovic était un conservateur ; j’ai dit cent fois (y compris à lui) qu’en temps de paix, et si j’avais été bosniaque, j’aurais été son opposant ; mais là, on était en guerre et il était, dans la guerre, le lieu géométrique de tous les courants de la résistance du pays…</p>
<p><strong>Plus récemment, on ne vous a pas entendu non plus lorsque cette Bosnie que vous présentiez comme le modèle d’une « Europe multiculturelle »</strong><strong> a interdit aux juifs et aux Tsiganes de participer aux élections…</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> C’est faux, voyons ! Faux et idiot. C’est votre site, Marianne2<em>, </em>qui a lancé cette histoire ridicule…</p>
<p><strong>Vous êtes mal informé, il s’agit d’un jugement de la Cour européenne des droits de l’homme — que vous encensez habituellement — qui a condamné la Bosnie pour discrimination à l’encontre des juifs et des Tsiganes.</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> C’est vous qui allez trop vite. La Cour européenne des droits de l’homme<strong> </strong>a pointé, en effet, l’une des conséquences les plus perverses du système mis en place par les accords de Dayton, c’est-à-dire par la communauté internationale, et qui crée des institutions au sein desquelles le pouvoir tourne, obligatoirement, entre représentants des trois « nationalités » : catholiques croates, musulmans bosniaques et orthodoxes serbes. Le problème est là. C’est navrant. Scandaleux. Ruineux pour ce qui reste de l’esprit « bosnien ». Mais on ne peut pas dire, comme ça, qu’on interdirait aux juifs et aux Tsiganes de participer aux élections…<strong><em></em></strong></p>
<p><strong>Vous alternez en permanence, selon les circonstances et quand cela vous arrange, du simplisme du combat à la complexité de la pensée. Ainsi à propos des Etats-Unis pour lesquels vous cédez à la pensée du soupçon et du complotisme que vous dénoncez à juste raison chez ceux qui nient la réalité des attentats du 11 septembre : vous-même réduisez tous ceux qui critiquent l’hégémonie américaine à des conspirateurs antisémites. L’hyperpuissance américaine n’existe pas pour vous, et encore moins depuis l’élection d’Obama. Mais on peut se féliciter de son élection et de l’éviction de Bush sans oublier qu’il n’est pas le président du monde, mais des Etats-Unis.</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Attendez ! Ne faites pas semblant de ne pas comprendre. Je n’ai jamais réduit l’antiaméricanisme à je ne sais quelle « conspiration antisémite ». En revanche, je m’intéresse au cas d’un certain nombre de gens (Ahmadinejad, Hugo Chavez et quelques autres) dans la rhétorique desquels est apparu un nouvel objet politique qui s’appelle « l’axe américano-sioniste ». Eh oui ! C’est passionnant, les mots. C’est passionnant, la façon dont ils fonctionnent, s’agrègent, s’affolent, voyagent. De même que n’est pas sans intérêt le fait, par exemple, que le vrai lieu de naissance de l’antiaméricanisme est, en France, le maurrassisme.</p>
<p><strong>Il ne s’agit pas d’antiaméricanisme, mais du constat réaliste que le président des Etats-Unis défend aussi les intérêts des Etats-Unis. On a bien vu à Copenhague par exemple qu’il défend d’abord des intérêts nationaux, intérêts nationaux dont vous pourfendez la légitimité pour la France…</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Ah oui ?</p>
<p><strong>Vous expliquez tout le temps que le cadre national doit être dépassé pour le cadre européen.</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Exact. Mais c’est parce que les intérêts nationaux de mon pays seront mieux défendus dans un cadre européen.</p>
<p><strong>C’est pour cela que vous avez milité l’an dernier pour la réintégration, décidée par Nicolas Sarkozy, de la France au sein du commandement intégré de l’Otan ?</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Naturellement. Mon raisonnement était très simple : dans la situation antérieure, on avait tous les inconvénients de la présence dans l’Otan sans en avoir les avantages et sans avoir la possibilité, en particulier, de peser sur ses décisions.</p>
<p><strong>Avec cette intégration, la France n’aurait pas pu, comme l’a fait Chirac, s’opposer à la guerre d’Irak !</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Je n’en sais rien. Et vous non plus. La seule chose sûre c’est que Chirac n’a rien empêché du tout. Il a gesticulé. Villepin a pris la pose. Mais est-ce que la politique se réduit à des postures ? Est-ce que le rôle d’un grand pays est de prononcer des discours « historiques » à l’ONU ? Et qui sait si, membre du commandement intégré de l’Alliance, la France n’aurait pas pu convaincre son allié de l’absurdité de cette guerre ?</p>
<p><strong>Lorsqu’on se dit à la pointe de l’antitotalitarisme, et en particulier après avoir eu des sympathies de jeunesse pour le totalitarisme maoïsme, ne devrait-on être plus attentif et plus préoccupé par cette nouvelle monstruosité politique que constitue la Chine, une dictature qui fonde sa nouvelle puissance sur l’exploitation d’un prolétariat détruit par le communisme ?</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Oui, bien sûr. Hélas, la vie est courte et les journées aussi, mais je suis prêt à signer tout ce que vous voulez sur la question. Je trouve par exemple que, parmi les responsables de la crise financière dont nous sortons à peine, il n’y a pas que les traders, les parachutistes dorés et les retraités américains, mais qu’il y a aussi les pétroliers vénézuéliens et les conglomérats chinois pilleurs de matières premières, apôtres d’un capitalisme de jungle et exploiteurs d’un prolétariat asservi comme nulle part ailleurs. Quant au vernis idéologique dont ce régime s’affuble, il n’abusera que les gogos : l’une des leçons de cette « nouvelle philosophie » dont vous sembliez, tout à l’heure, méconnaître les mérites n’est-elle pas que le communisme est toujours une pensée d’ordre et que la rhétorique « prolétarienne » est toujours une manière d’embrigader, discipliner, réduire en esclavage, les ouvriers de chair et d’os ? Les Chinois sont des gens sérieux. Ils savent cela. Ils appliquent juste le programme.</p>
<p><strong>Vos silences sont aussi expressifs que vos interventions, surtout ceux qui suivent celles dont le bilan n’est pas fameux. En expliquant que le fascisme était au cœur de l’identité française, vous avez acclimaté à gauche l’idée selon laquelle il fallait défaire la nation pour lutter contre le racisme et l’antisémitisme présenté comme un éternel mal français. C’est le contraire qui a eu lieu. L’éloge du « droit à la différence » lancé par SOS Racisme — que vous avez parrainé — a encouragé les communautarismes, et vous fûtes sans voix lorsque l’on dut constater, il y a une dizaine d’années, que la recrudescence des actes et propos antijuifs relevait d’un antisémitisme fort vigoureux mais essentiellement<em> </em>d’importation.<em></em></strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Vous êtes vraiment marrants ! J’ai dû être l’un des premiers, en tout cas dans ma génération, à tirer la sonnette d’alarme sur cette affaire de « droit à la différence » qui n’a, philosophiquement, aucun sens. Quant à la nation française, je n’ai cessé de dire mon amour entier et vif pour celle du général de Gaulle, d’André Malraux, de Levinas, celle de l’universalisme républicain, celle de la Nation-Idée, celle qui se veut ouverte, non à la différence, mais à l’altérité. Mon adversaire, c’est le souverainisme, qui n’a évidemment rien à voir avec l’amour ou non de son pays puisque c’est l’autre nom d’une doctrine politique. Laquelle ? Celle qui dit, en gros : « La nature d’un régime a moins d’importance que la simple persévérance de la nation dans son être. »</p>
<p>Quant à l’antisémitisme, faites attention ! C’est, aussi, le lieu de toutes les confusions. Vous avez l’antisémitisme traditionnel de droite, en régression, résiduel. Vous avez l’antisémitisme de gauche qui fait au juif le triple reproche a) de trafiquer sa propre souffrance, b) d’éclipser celle d’autrui et c) de le faire aux seules fins de renforcer cet Etat inacceptable, voire fasciste, qu’est l’Etat d’Israël – celui-là est en progression, aux Etats-Unis non moins qu’en Europe, et avec ces mêmes trois ingrédients que sont donc le négationnisme, la concurrence des victimes et l’antisionisme. Et puis, enfin, vous avez un troisième antisémitisme, d’inspiration islamiste, qui est encore, en France, relativement marginal.</p>
<p><strong>Votre distinction entre le deuxième et le troisième antisémitisme semble artificielle : le négationnisme est peut-être forgé en Occident, où il reste marginal et clandestin, mais c’est un produit d’exportation principalement consommé au Moyen-Orient où il est vérité officielle dans beaucoup de régimes qui n’ont rien de gauche ! Faurisson est un grand savant en Iran, pas en Europe…</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> C’est vrai. Parce que les sages catégories de droite et de gauche sont des catégories de temps de paix et qu’elles sont évidemment pulvérisées face à ce genre de flambées.</p>
<p><strong>Pour finir sur vos silences, vous avez été plutôt discret lorsque <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/francois-mitterrand-2314.html" title="François Mitterrand">François Mitterrand</a> a enfin assumé dans son parcours son étape pétainiste…</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> J’étais comme tous les Français : d’abord incrédule, puis accablé. L’article que j’ai écrit s’intitulait d’ailleurs : « Chagrin et pitié ». Après, vous vouliez quoi ? Que j’en fasse davantage ? Que je hurle avec les loups ? J’aimais profondément cet homme. Je pense qu’il m’aimait bien, lui aussi. C’est vrai que ce papier, c’était le maximum de distance que je pouvais prendre.</p>
<p><strong>Maximum de distance ? On y a alors vu plutôt un service minimum venant de quelqu’un connu pour sa facilité à débusquer du pétainisme partout. L’on vous a trouvé soudainement en petite forme alors que <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/francois-mitterrand-2314.html" title="François Mitterrand">François Mitterrand</a> en rajoutait en assumant avec une certaine provocation terminale son passage aveugle à Vichy.</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Peut-être, oui. Nous ne sommes pas des machines. Et sans doute y a-t-il des moments où la politique doit composer avec les affects. Ce que je peux dire, en tout cas, c’est que j’ai rompu avec lui à ce moment-là. Je ne l’ai plus jamais vu. Hélas.<strong></strong></p>
<p><strong>Récemment vous vous êtes élevé contre ceux qui comparaient de manière infâme les ministres de Nicolas Sarkozy et lui-même à quelques sinistres personnages de Vichy. « C’est tout simplement inepte ! » </strong><strong>avez-vous tonné. A la bonne heure, a-t-on envie de dire, car c’est tout de même vous qui avez introduit dans le débat public français cette déplorable habitude de voir Pétain et Maurras derrière tous vos adversaires… On peut même considérer qu’Alain Badiou, avec son « pétainisme transcendantal »,</strong><strong> est l’un de vos élèves…</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> C’est vrai que je ne trouve pas absurde ce concept de « pétainisme transcendantal »<em>.</em> Ce qui est scandaleux, en revanche, c’est de l’appliquer à tort et à travers – et, en l’occurrence, au sarkozysme.</p>
<p><strong>Alain Badiou aurait donc maquillé votre « idéologie française »</strong><strong><em> </em></strong><strong>en<em> </em>« pétainisme transcendantal », </strong><strong>mais il s’en sert comme une brute ?</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> C’est un bon outil dont on peut faire un mauvais usage.</p>
<p><strong>Comment se manifeste le pétainisme aujourd’hui ?</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Dans le souverainisme, par exemple.<strong></strong></p>
<p><strong>L’hommage à Séguin fut donc un grand moment de pétainisme ?</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Mais non, pourquoi voulez-vous que je pense cela ?<strong></strong></p>
<p><strong>On se demande pourquoi vous ne le pensez pas, si les souverainistes sont pétainistes, Seguin l’était !</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Non. Il était plus compliqué que ça. Il ne pensait pas, comme un souverainiste classique, qu’en Serbie, ou en Irak, ou ailleurs, charbonnier est maître chez soi. Qui est souverainiste, aujourd’hui ? Je veux dire, au sens où je l’entends ? Et, par la même occasion, pétainiste ? Jean-Pierre Chevènement, par exemple. Il en a tous les réflexes et l’armature conceptuelle.</p>
<p><strong>Alors là, on ne comprend plus du tout où vous en êtes : vous avez bien, lors de la dernière élection présidentielle, soutenu Ségolène Royal aux côtés de Jean-Pierre Chevènement ? Et l’on peut ajouter que vous avez été battu par Sarkozy aidé par un autre souverainiste, Henri Guaino. En fait, vous avez peut-être contribué à la défaite de Ségolène Royal en l’empêchant de faire la synthèse à gauche que Sarkozy a réussie à droite ?</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Mais oui, pourquoi pas ? Je ne l’aurais pas dit comme ça, mais c’est assez bien vu. C’est peut-être pour cela, allez savoir, que j’ai été aussi présent auprès de Ségolène Royal… Il y avait, dans ses premiers discours, toutes ces histoires de drapeau tricolore, d’encadrement militaire des écoles, de jurys populaires, etc. Eh bien, mettons que je voulais qu’elle gagne, mais pas avec ça, pas comme ça, pas sur cette base – pas ce mélange de robespierrisme soft et de nationalisme sot qu’incarnait auprès d’elle, en effet, Jean-Pierre Chevènement. Alors voilà. Je suis heureux de voir que cette femme brillante, rapide, informée, ait fini par refuser ce piège. Et si je l’ai aidée, tant mieux.<strong><em></em></strong></p>
<p><strong>On peut faire l’analyse inverse et considérer que votre offre de service à la gauche — notamment avec votre livre Ce grand cadavre à la renverse, </strong><strong>dont le PS a fait grand cas en vous intronisant quasiment comme l’intellectuel organique du parti — est moins une contribution à sa relève que le symbole de sa déréliction. On sait en effet que les principales difficultés du PS depuis 2002 sont la perte de ses électeurs populaires et son discours inaudible sur la question sociale après un ralliement empressé au néolibéralisme dont il ne parvient pas à faire le bilan… Or vous êtes parfaitement en harmonie avec cet aveuglement crucial puisque vous vous vantez publiquement d’être « un peu sourd à la question sociale ». </strong><strong>Propos qui vous rapprochent plus de Marie-Antoinette que de Léon Blum !</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> La différence, c’est que je me soigne ! Ma différence avec beaucoup d’autres, si vous préférez, c’est que je suis honnête avec moi-même. Un intellectuel est toujours, presque par définition, « un peu sourd à la question sociale ». Rien ne m’insupportait plus que la position d’un Bourdieu qui, du haut de son statut mandarinal, nous la jouait « grande pythie du mouvement social ». Mais bon. Je fais des efforts. J’essaie d’aller au-delà de cette surdité de position. Je suis un sourd qui, je vous le répète, fait des efforts pour entendre. Dans Pièces d’identité, de nouveau, il y a un long texte que j’ai écrit à l’occasion de la commémoration de la naissance de la Croix-Rouge et où j’essaie de réfléchir aux formes nouvelles de la pauvreté, de la précarité, vingt ans après Coluche…</p>
<p>- <strong>Ça, c’est la charité, pas la justice sociale qui doit être au centre d’une politique de gauche. Pourquoi avez-vous écrit que le Front populaire ne faisait pas partie des grandes dates de l’histoire de la gauche ? Et comment peut-on se dire de gauche en délaissant ainsi la question sociale ?</strong></p>
<p><strong>BHL : </strong>Calmez-vous ! Je suis en train de vous dire qu’il n’est pas question, justement, de la délaisser. Quant à dire que s’occuper des nouvelles précarités, c’est de la charité, bon, c’est un avis, le vôtre, mais ce n’est pas le mien.<strong><em></em></strong></p>
<p><strong>Quand vous verra-t-on au chevet des salariés naufragés par la désindustrialisation ?</strong></p>
<p><strong>BHL : </strong>Le problème n’est pas d’aller « au chevet » de tel ou tel, mais de réfléchir. Par exemple, en effet, sur les usines délocalisées. Mais, par exemple aussi, sur les banlieues en déréliction.<strong><em></em></strong></p>
<p><strong>Vous n’allez pas plus dans les unes que dans les autres…</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Vous n’en savez rien. Mais le problème, je vous le répète, ce n’est pas de faire de l’ouvriérisme, ou du misérabilisme, ou de la démagogie, mais de…</p>
<p><strong><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html" title="Jean-Paul Sartre">Sartre</a>, qui est une de vos icônes, y allait…</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> C’est vrai. Et je trouve d’ailleurs que l’image dont on s’est tant moqué de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html" title="Jean-Paul Sartre">Sartre</a> sur son tonneau à Billancourt est une belle image. A son honneur.</p>
<p><strong>Quand vous verra-t-on sur un tonneau à Sarreguemines ?</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Attendez. Je ne suis pas encore mort. Et puis on essaiera de renouveler le scénario.</p>
<p><strong>Vous expliquez pourtant en permanence que l’important est d’aller sur le terrain, ce que vous faites aux quatre coins du monde, mais on a l’impression que, pour vous, la croisade pour la dignité humaine commence à Roissy… Même sur la question des droits de l’homme — qui vous est plus familière que la question sociale —, vous choisissez les combats lointains plutôt que les enjeux au sein de la société française. Un exemple : vous vous êtes beaucoup engagé pour défendre Salman Rushdie, Taslima Nasreen et Ayaan Hirsi Ali, tous trois menacés par ceux que vous avez qualifiés de « fascislamistes » </strong><strong>parce qu’ils revendiquaient la liberté de création et l’égalité entre hommes et femmes. Mais vous ne vous êtes jamais intéressé à la situation des jeunes femmes dont les libertés sont également menacées sur le sol français où quelques-unes ont déjà brûlé au nom d’une pureté dont vous dénoncez la dangerosité dans vos ouvrages.</strong></p>
<p><strong>BHL : </strong>Vous êtes, vraiment, d’une mauvaise foi qui devient presque comique ! La quantité d’arguments que j’ai développés contre le voile et la burqa, le combat que je mène pour un islam modéré honorant la femme au lieu de la considérer comme un objet de scandale, un outrage vivant, qu’il faudrait cacher à toute force, mon soutien immédiat, constant, à Ni putes ni soumises, qu’est-ce que tout cela dit d’autre que cette proximité de principe avec les femmes dont vous parlez ?</p>
<p><strong>Ni putes ni soumises a appelé, il y a quelques jours, à une manifestation de soutien à la dramaturge féministe algérienne, Rayhana, agressée à l’essence et au briquet en plein Paris où elle osait présenter une pièce impossible à monter en Algérie : il y avait 300 personnes et aucune grande voix des droits de l’homme…</strong></p>
<p><strong>BHL : </strong>C’est vrai. Et c’est dommage. J’aurais été là, si j’avais pu. Mais il se trouve que j’étais, ce jour-là, à Jérusalem – organisant une rencontre entre quelques-uns des plus hauts responsables de l’Etat israélien et deux représentants de la révolution verte iranienne. Il y a des jours où j’aimerais, vraiment, avoir le don d’ubiquité…</p>
<p><strong>Vous arbitrez plus souvent pour le lointain que pour le proche…</strong></p>
<p><strong>BHL : </strong>Ecoutez… On va faire un peu de ba-b.a. – d’accord ? Si je vais à Gaza ou en Géorgie, ce n’est pas seulement pour parler aux Gazaouis ou aux Géorgiens, mais aussi à mes concitoyens français. Quand je vais au Darfour, c’est aussi pour défendre un cas d’islam modéré et éclairé, donc les Français sur le débat essentiel de notre époque qui est celui de l’islam intégriste versus l’islam démocrate. Car je vous signale, entre parenthèses, ce détail. Ce pauvre Darfour, ce Darfour désolé, dévasté, génocidé, est aussi, comme la Bosnie autrefois, un pays où vous pouvez faire 800 km sans jamais voir une femme voilée, ni une burqa, ni des écoles séparées pour les filles et les garçons. Il n’y a que Sarkozy pour croire que l’islam est un bloc et le traiter comme tel.</p>
<p><strong>Votre rapport à Nicolas Sarkozy est étrange. Vous ne cessez de le mettre à distance tout en le défendant aussi régulièrement. Et, pour vous dire de gauche, on voit mal quels coups un combattant comme vous lui a vraiment portés. Il faut dire que cela a commencé fort par un article assez étonnant et peu connu publié aux Etats-Unis où vous faisiez la leçon à la France choquée par la soirée au Fouquet’s et les vacances de Nicolas Sarkozy à Malte sur le yacht de Vincent Bolloré au lendemain de son élection. Vous défendiez cette provocation « bling-bling » en expliquant qu’elle</strong> « illustrait la partie de son projet qui nous encourage à nous déculpabiliser vis-à-vis du luxe, du succès et de l’argent, fût-ce au risque de sombrer dans le mauvais goût et le kitsch »<strong> . Vous ajoutiez : « Et si, finalement, ce jeune président voulait réconcilier la France, sinon avec le bonheur, avec les signes du bonheur que notre puritanisme, notre déprime, notre crainte des paillettes et du succès, ont longtemps discrédités et réprimés ? »</strong><strong><em> </em></strong><strong>Une telle réconciliation — sur laquelle Nicolas Sarkozy n’a pas cédé depuis — relève-t-elle de votre conception de la gauche ?</strong></p>
<p><strong>BHL : </strong>Sur Sarkozy, je suis prêt à tous les combats d’idées. Je suis vent debout contre son débat sur l’identité nationale, la politique de ses Besson et Hortefeux, hier l’affaire des tests ADN. Mais je refuse les attaques sur sa personne ou son comportement. Je refuse, je trouve monstrueux, le côté Le Pen moquant le prénom – Solal – de son petit-fils. Je refuse, je trouve nauséabondes, les allusions à sa supposée vulgarité, son côté nouveau riche – toute cette histoire de « bling-bling ». Ça, c’est un premier problème. Après, l’autre problème c’est que, sur l’argent, je pense qu’il faut arrêter avec l’hypocrisie bourgeoise : je préfère un président qui dit les choses, qui les assume, qui ne se cache pas, à un président qui fait la même chose mais sans le dire et en s’en cachant ; je pense que la culpabilisation de l’argent est une maladie française et qu’il est bon que ce tabou-là soit levé ; l’ère <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/francois-mitterrand-2314.html" title="François Mitterrand">Mitterrand</a> a commencé de le faire, l’ère Sarkozy continue, et tant mieux.</p>
<p><strong>Cette défense provocatrice du Sarkozy « bling-bling » a au moins le mérite d’assumer un statut sociologique qui, vous le disiez, vous éloigne de la question sociale…</strong></p>
<p><strong>BHL : </strong>Comme tout intellectuel.</p>
<p><strong>Non, votre cas est très particulier. A la tête d’une belle fortune, vous expliquez vivre entre Paris, Marrakech et New York, avec domestiques en livrée, voiture avec chauffeur et avion privé. Gide disait qu’« être à l’abri du besoin rend libre »</strong><strong><em>,</em></strong><strong> mais à ce point de liberté n’est-ce pas un handicap pour bien conseiller une gauche qui a déjà tendance à oublier que son destin électoral dépend d’une population française accablée par la crise et l’accroissement cynique des inégalités ?</strong></p>
<p><strong>BHL : </strong>D’abord, vous ne savez rien de ma « fortune ». Ensuite, je n’ai jamais « expliqué » vivre entre ceci et cela. Et enfin je crois, oui, que la liberté n’est jamais un handicap. Quand la Russie envahit la Géorgie et que l’aéroport de Tbilissi est fermé, ce n’est pas mauvais d’avoir la possibilité de louer un avion privé et de venir, tout de suite, témoigner de ce qui se passe.</p>
<p><strong>Mais, même au-delà de Roissy, il y a un débat commun, le plus commun même – la grande crise économique — qui concerne tout le monde dans le monde, et qui ne semble pas vous intéresser…</strong></p>
<p><strong>BHL : </strong>Si, bien sûr, il m’intéresse. Mais il y a des domaines où j’ai peut-être plus à apprendre qu’à transmettre. Cette crise est d’une complexité colossale. Je ne suis moi-même – cela ne vous aura pas échappé – pas spécialiste en économie. Donc, oui, j’ai la modestie de ne pas trop en faire….</p>
<p><strong>Modestie ou habileté pour s’abstraire d’un débat sur le capitalisme financier qui ne vous est pas étranger comme investisseur ? Vous vous êtes ainsi caché, il n&#8217;y a pas si longtemps derrière une citation d’Althusser pour dire que « l’économie n’existe pas ».</strong><strong> N’est-ce pas une défausse un peu obscène de vivre de l’économie et de dire qu’elle n’existe pas parce qu’un intellectuel communiste a fait un bon mot qui n’a avancé personne ?</strong></p>
<p><strong>BHL : </strong>C’est votre insistance qui devient un peu obscène, vous ne trouvez pas ? Je suis un écrivain. Pas un investisseur.<strong></strong></p>
<p><strong>Un acteur du capitalisme financier ?</strong></p>
<p><strong>BHL : </strong>Non plus.<strong></strong></p>
<p><strong>Alors comment vous définissez-vous ?</strong></p>
<p><strong>BHL : </strong>Je vous le dis. Comme un écrivain. Quant au mot d’Althusser, ne faites pas semblant de ne pas comprendre : cela veut dire qu’il y a les données économiques, bien sûr ; la machinerie de la crise ; mais que ce qui est aux commandes, toujours, c’est la politique. Pas l’économie, la politique.</p>
<p><strong>Habituellement cela ne vous intimide pas, la politique !</strong></p>
<p><strong>BHL : </strong>Eh bien soyez patients. Vous verrez &#8211; et vite &#8211; qu&#8217;elle m&#8217;intimide moins que jamais.</p>
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		<item>
		<title>BHL, le dandy le plus détesté de France &#8211; par Renaud Girard, le Figaro du 6/02/2009</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/bhl-le-dandy-le-plus-deteste-de-france-par-renaud-girard-le-figaro-du-6022009-4014.html</link>
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		<pubDate>Sat, 06 Feb 2010 11:11:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Figaro consacre, ce matin, sa dernière page qui est l&#8217;espace le plus prestigieux du journal à Pièces d&#8217;identité et De la guerre en philosophie. Le signataire de l&#8217;article est Renaud Girard, l&#8217;une des grandes plumes du journal et, surtout, l&#8217;un des rares reporters de guerre français qui aient acquis une vraie réputation internationale. Je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-4028" title="logo le figaro" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/logo-le-figaro1.jpg" alt="logo le figaro" width="147" height="98" /><strong>Le Figaro</strong> consacre, ce matin, sa dernière page qui est l&#8217;espace le plus prestigieux du journal à <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/pieces-identite"><strong>Pièces d&#8217;identité</strong></a> et <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/de-la-guerre-en-philosophie"><strong>De la guerre en philosophie</strong></a>. Le signataire de l&#8217;article est Renaud Girard, l&#8217;une des grandes plumes du journal <span id="more-4014"></span>et, surtout, l&#8217;un des rares reporters de guerre français qui aient acquis une vraie réputation internationale. Je n&#8217;aime pas trop le titre (Bernard-Henri Lévy, à mes yeux, est beaucoup plus qu&#8217;un dandy et, de surcroît, nous sommes nombreux, ne serait-ce qu&#8217;ici, à l&#8217;aimer). Mais j&#8217;aime qu&#8217;il soit ainsi &laquo;&nbsp;adoubé&nbsp;&raquo; par l&#8217;un de ses camarades de combat en Bosnie et ailleurs.<br />
<strong>Liliane Lazar</strong>.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-4015" title="couv pièce didentite" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/couv-pièce-didentite.jpg" alt="couv pièce didentite" width="150" height="226" /><em>Bernard-Henri Lévy publie deux livres* où passent Obama, Gary, Camus, Lévinas et Jean-Paul II, mais qui dessinent aussi un portrait de l&#8217;écrivain par lui-même. Rencontre avec un personnage protéiforme</em>.</p>
<p>Pourquoi Bernard-Henri Lévy a-t-il autant de détracteurs à Paris ? Pourquoi ce dandy cultivé provoque-t-il, chez tant d&#8217;hommes politiques, de diplomates, de journalistes, d&#8217;universitaires, une jalousie frisant la détestation obsessionnelle ? Aurait-il commis, par le passé, quelque crime irréparable contre la pensée, contre la morale ou contre les intérêts supérieurs du pays ? Osons une explication. Dans ce pays rationnel et corporatiste qu&#8217;est la France, BHL a le défaut de ne s&#8217;inscrire dans aucune case. Il les phagocyte toutes. Il fait de la philosophie sans être professeur, de la politique sans être élu, du reportage sans être journaliste, de la diplomatie sans être du Quai. Pire, ne craignant aucun mélange des genres, il brouille toutes les pistes. Non seulement il pénètre par effraction dans des champs qui ne sont pas les siens, mais il n&#8217;en respecte jamais les règles établies.</p>
<p>En philosophie, il ne s&#8217;embarrasse ni de notes en bas de page, ni d&#8217;appareils critiques. Il ne cherche pas à construire, concept après concept, un grand système d&#8217;explication du monde ou du moi, comme ont pu le faire Kant, Hegel, Fichte, Marx, Freud ou Heidegger. Dans sa manière de philosopher, BHL est aux antipodes du plus grand philosophe français vivant, René Girard. Ce dernier, qui n&#8217;a jamais quitté le campus de l&#8217;Université de Stanford, a bel et bien bâti, livre après livre, un système cohérent d&#8217;explication du monde, autour de son concept de «désir mimétique». Ce travail de fourmi n&#8217;a jamais été la tasse de thé de BHL, homme de trop d&#8217;appétits différents, un jour essayiste, un jour cinéaste, un jour romancier, un jour reporter, un jour talmudiste, un jour dramaturge. La philosophie, qu&#8217;en normalien agrégé il maîtrise brillamment, n&#8217;a jamais été son horizon final. C&#8217;est un socle intellectuel, dont il se sert pour se lancer dans d&#8217;autres aventures humaines, pour «vivre de tous les côtés à la fois».</p>
<p>Dans son dernier essai, De la guerre en philosophie (Grasset), BHL parvient superbement &#8211; car sa prose a, dans ce livre, la respiration de celle d&#8217;un Péguy &#8211; à théoriser le destin qu&#8217;il s&#8217;est fixé jeune homme, celui d&#8217;être un «intellectuel engagé». Après avoir évoqué sa «nostalgie du clerc postulant au service du genre humain», il constate que «les philosophes ont trop longtemps interprété le monde ; ils ont trop voulu le transformer». Et, refusant de se laisser enfermer dans cette alternative, entre philosophie purement spéculative à la Kant et philosophie révolutionnaire à la Marx, BHL propose une «troisième option», qui consiste à «réparer» le monde, à «faire en sorte qu&#8217;il reste à peu près habitable et ne laisse pas à l&#8217;inhumanité le dernier mot». Bernard-Henri Lévy est un juif qui ne croit pas en Dieu, mais qui se passionne pour le judaïsme. Ce n&#8217;est pas la Torah qui l&#8217;intéresse, c&#8217;est le Talmud, ces longs traités écrits au fil des siècles, qui tentent d&#8217;organiser la vie des hommes entre eux.</p>
<p><strong>«Liberté de mouvement» </strong></p>
<p>En journalisme, BHL ne respecte pas non plus les vieilles règles du métier. Il fait fi de l&#8217;impartialité, de la recherche de l&#8217;équilibre des points de vue. Il prend parti. Quand il s&#8217;en va couvrir un conflit international, il choisit son camp, il y reste. Il pratique un journalisme engagé, le plus souvent aux côtés des victimes les plus évidentes. En Bosnie, il prend, dès le printemps 1992, le parti des musulmans assiégés et bombardés dans Sarajevo, et devient le plus vibrant porte-parole du président Izetbegovic, qui le décorera. L&#8217;aversion légitime qu&#8217;il a pour les exactions des milices serbes l&#8217;empêche d&#8217;envisager la contradiction qu&#8217;il y a à vouloir conserver une Bosnie multiethnique, après avoir accepté l&#8217;éclatement de cette grande Bosnie qu&#8217;était la Yougoslavie de Tito. Dans la Géorgie envahie par l&#8217;armée russe du mois d&#8217;août 2008, il prend résolument le parti du président Saakachvili, quitte à minimiser le rôle qu&#8217;a joué le bombardement ordonné par ce dernier de la capitale de la province sécessionniste d&#8217;Ossétie du Sud, le 7 août. Dans le conflit israélo-palestinien de janvier 2009 à Gaza, il ne séjourne qu&#8217;avec les soldats de Tsahal, afin de défendre l&#8217;armée israélienne, qu&#8217;il considère comme la plus «éthique» du monde.</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-4016" title="couv de la guerre" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/couv-de-la-guerre.jpg" alt="couv de la guerre" width="150" height="240" />Bosnie, Géorgie, Gaza, et aussi Darfour : quatre conflits que BHL a couverts, sans aller recueillir le point de vue des «méchants», respectivement les Serbes de Milosevic, les Russes de Poutine, les Palestiniens du Hamas et les Arabes du Soudan. Ce journalisme d&#8217;un seul point de vue s&#8217;explique par la poursuite d&#8217;un objectif à ses yeux supérieur : l&#8217;action politique. De fait, sur la Bosnie il parviendra à influencer le <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/francois-mitterrand-2314.html" title="François Mitterrand">président Mitterrand</a> &#8211; jusqu&#8217;à lui amener à l&#8217;Élysée Izetbegovic &#8211; et, sur le Darfour, il réussira à ameuter toute la classe politique française à la veille de la présidentielle de 2007. Son engagement pro-israélien lui permet d&#8217;avoir un accès quasi immédiat aux plus hautes autorités de l&#8217;État hébreu. Son rêve serait évidemment d&#8217;être un jour le «deal maker» dans une négociation de paix israélo-palestinienne.</p>
<p>En politique intérieure, BHL prend, fin 2006, le parti de Ségolène Royal, dont il devient le proche conseiller. Ce n&#8217;est pas qu&#8217;il soit un inconditionnel des 35 heures et de la dépense publique à tout va. «Mon principal souci était de faire reculer en France l&#8217;antiaméricanisme, l&#8217;antisionisme et le communautarisme. Or c&#8217;était à gauche qu&#8217;il y avait le plus à faire en ces domaines. J&#8217;ai contribué à soustraire Ségolène à l&#8217;influence de Chevènement, et j&#8217;en suis fier !» Cela ne l&#8217;empêche pas d&#8217;être reçu quand il le souhaite par le président Sarkozy, par exemple pour lui parler de l&#8217;Iran. Cette influence lui suffit. Quand Chirac lui a proposé de devenir ministre de la Culture, il n&#8217;a pas songé une seconde à accepter. Car la chose qu&#8217;il apprécie le plus, c&#8217;est cette «liberté de mouvement», que conforte, il faut bien le dire, une fortune considérable, qu&#8217;il a héritée de son père. À 61 ans, BHL ne s&#8217;est «jamais, jamais, emmerdé dans la vie». Sa vie, qu&#8217;il a dessinée comme on bâtit une œuvre.<br />
<strong>Renaud Girard</strong></p>
<p><em>(*) Pièces d&#8217;identité, De la guerre en philosophie,Grasset. À paraître le 11 février.</em></p>
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		<title>BHL face à Marianne &#8211; 6/02/2010</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Feb 2010 09:01:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[BHl face à Marianne. Une confrontation avec Eric Conan, Nicolas Domenach et Alexis Lacroix
Quoi de commun entre Bernard-Henri Lévy et « Marianne » ? Rien, ou presque. Depuis trente ans symbole d’une gauche « morale » qui s’est détournée de ce qui nous préoccupe, le philosophe a pris des positions contestables – et que nous avons contestées fortement – sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/bhl-marianne-couv075-217x300.jpg" alt="bhl marianne couv075" title="bhl marianne couv075" width="217" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-4008" /><strong>BHl face à Marianne. Une confrontation avec Eric Conan, Nicolas Domenach et Alexis Lacroix</strong><span id="more-4004"></span></p>
<p><em>Quoi de commun entre Bernard-Henri Lévy et « Marianne » ? Rien, ou presque. Depuis trente ans symbole d’une gauche « morale » qui s’est détournée de ce qui nous préoccupe, le philosophe a pris des positions contestables – et que nous avons contestées fortement – sur l’Amérique, la gauche, les droits de l’homme, l’argent, Sarkozy. Il a accepté de s’en expliquer avec « Marianne ». Pas une de ces interviews passe-partout, mais une vraie confrontation. Franche, vive et sans détour</em>.</p>
<p><strong>Sur le long terme, votre écho médiatique résulte d’interventions répétitives et très formatées sur deux registres très différents : soit le consensuel défonçage de portes à moitié ouvertes, soit la provocation. On retrouve cette dualité dès le départ, avec la Barbarie à visage humain</strong><strong>, médiatisation habile du nouveau consensus antitotalitaire et l’Idéologie française</strong><strong>, livre expliquant que le fascisme était une invention française et qui fut jugé à l’époque fantaisiste par tous les spécialistes de la question, de Léon Poliakov à Michel Winock, de Pierre Nora à Jacques Julliard…</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> D’abord, essayez d’être précis. Léon Poliakov, pour ne citer que lui, avait suivi l’élaboration de ce livre et je l’en avais d’ailleurs publiquement remercié. Pour le reste, que vous dire sinon que je ne parle pas, là non plus, comme cela ? La pensée, ce n’est pas une affaire de « portes ouvertes » ou « fermées ». Quand on mène les combats qui sont les miens depuis trente ou trente-cinq ans, on n’a pas envie de se laisser entraîner dans votre médiologie de bazar. Pour être clair, je n’ai jamais nié, bien sûr, qu’il y ait eu des prédécesseurs à certaines des thèses de la Barbarie à visage humain<em>. </em>La seule vraie question que j’aie envie de me poser aujourd’hui est celle de savoir ce qu’André Glucksmann ou moi disions de plus que, mettons, Raymond Aron ou Jean-François Revel. Eh bien, dans la Barbarie, je prétends qu’il y avait une minuscule valeur ajoutée à la réflexion totalitaire de l’époque. Et cette valeur ajoutée, c’était le concept de « volonté de pureté ». Voilà. Disons les choses comme ça. Expliquer que le totalitarisme est toujours réductible à une volonté de guérir, un médicalisme, une clinique, c’était mon humble apport à une réflexion dont je ne vous ai pas attendu pour m’aviser qu’elle avait eu ses précurseurs, ses illustres pionniers, ses penseurs capitaux…</p>
<p><strong>Dans la Guerre en philosophie</strong><strong> vous revendiquez la fabrication de « concepts »</strong><strong> tels que la « pureté dangereuse »</strong><strong><em> </em></strong><strong>ou<em> </em>« l’idéologie française ».</strong><strong> En fait de concepts, ne s’agit-il pas surtout de simplifier le réel, en se concentrant sur les effets sans s’intéresser aux causes, en tranchant de façon binaire entre le bien et le mal et, surtout, en ne discutant pas avec l’adversaire que vous préférez diaboliser ?</strong></p>
<p><img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/bhl-marianne-3-217x300.jpg" alt="bhl marianne 3" title="bhl marianne 3" width="217" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-4009" /><strong>BHL :</strong> C’est exactement l’inverse. Dans les deux cas que vous citez, le but (et le résultat) fut moins de « simplifier le réel » que de le complexifier ! Prenez le concept d’idéologie française. Expliquer que les fascistes n’étaient pas tous à droite, qu’il y a eu du pétainisme au sein du Parti communiste, que la gauche n’était pas peuplée que de saints hommes, rappeler que, jusque dans les rangs de certains groupes de Résistance, on trouvait un numerus clausus concernant les juifs, et rappeler que, aujourd’hui encore, il y a un « fascisme de gauche », est-ce que vous ne croyez pas que c’était une bonne manière de lutter contre le mauvais génie de la simplification ? C’est d’ailleurs bien parce que mon concept compliquait l’affaire, c’est bien parce qu’il brouillait les repères auxquels nous avait habitués la paresse intellectuelle de nos aînés, que j’ai vu se liguer contre moi tant de gens aussi différents !</p>
<p>Non. Vous confondez deux choses. Il y a la logique du combat politique où, en effet, je simplifie, parfois même je caricature, car je veux, avant tout, mobiliser, convaincre et l’emporter. Et vous avez la logique spéculative qui, y compris là, dans Pièces d’identité, produit des textes dont n’importe quel lecteur honnête verra qu’ils vont contre les facilités de l’esprit de simplicité. Maintenant, « dialoguer » avec l’adversaire ? C’est une autre question. Je le fais bien sûr. J’ai même passé ma vie à le faire. Sauf que je ne tombe pas non plus, pour autant, dans la niaiserie pseudo-démocratique qui laisse penser qu’il y a un peu à prendre chez l’un, un peu chez l’autre, que la vérité est entre les deux et que c’est en dialoguant, en frottant sa pensée à celle du voisin, qu’on va identifier, en chacune, sa part de vérité. Dieu sait si je suis démocrate. Mais pas dans la pensée. Pas : y a partout du bon, personne n’a le monopole de la vérité, la vérité vraie est au milieu. Cela étant dit, affronter l’autre, dialoguer au sens de confronter son point de vue au sien, ça oui, bien sûr ! cent fois oui ! Et c’est même d’ailleurs ce que je m’apprête à faire, un jour prochain, sans doute à l’Ecole normale, avec Alain Badiou.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>…</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Vos silences sont aussi expressifs que vos interventions, surtout ceux qui suivent celles dont le bilan n’est pas fameux. En expliquant que le fascisme était au cœur de l’identité française, vous avez acclimaté à gauche l’idée selon laquelle il fallait défaire la nation pour lutter contre le racisme et l’antisémitisme présenté comme un éternel mal français. C’est le contraire qui a eu lieu. L’éloge du « droit à la différence » lancé par SOS Racisme — que vous avez parrainé — a encouragé les communautarismes, et vous fûtes sans voix lorsque l’on dut constater, il y a une dizaine d’années, que la recrudescence des actes et propos antijuifs relevait d’un antisémitisme fort vigoureux mais essentiellement<em> </em>d’importation.<em></em></strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Vous êtes vraiment marrants ! J’ai dû être l’un des premiers, en tout cas dans ma génération, à tirer la sonnette d’alarme sur cette affaire de « droit à la différence » qui n’a, philosophiquement, aucun sens. Quant à la nation française, je n’ai cessé de dire mon amour entier et vif pour celle du général de Gaulle, d’André Malraux, de Levinas, celle de l’universalisme républicain, celle de la Nation-Idée, celle qui se veut ouverte, non à la différence, mais à l’altérité. Mon adversaire, c’est le souverainisme, qui n’a évidemment rien à voir avec l’amour ou non de son pays puisque c’est l’autre nom d’une doctrine politique. Laquelle ? Celle qui dit, en gros : « La nature d’un régime a moins d’importance que la simple persévérance de la nation dans son être. »</p>
<p>Quant à l’antisémitisme, faites attention ! C’est, aussi, le lieu de toutes les confusions. Vous avez l’antisémitisme traditionnel de droite, en régression, résiduel. Vous avez l’antisémitisme de gauche qui fait au juif le triple reproche a) de trafiquer sa propre souffrance, b) d’éclipser celle d’autrui et c) de le faire aux seules fins de renforcer cet Etat inacceptable, voire fasciste, qu’est l’Etat d’Israël – celui-là est en progression, aux Etats-Unis non moins qu’en Europe, et avec ces mêmes trois ingrédients que sont donc le négationnisme, la concurrence des victimes et l’antisionisme. Et puis, enfin, vous avez un troisième antisémitisme, d’inspiration islamiste, qui est encore, en France, relativement marginal.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>…</strong></p>
<p><strong>Récemment vous vous êtes élevé contre ceux qui comparaient de manière infâme les ministres de Nicolas Sarkozy et lui-même à quelques sinistres personnages de Vichy. « C’est tout simplement inepte ! » </strong><strong>avez-vous tonné. A la bonne heure, a-t-on envie de dire, car c’est tout de même vous qui avez introduit dans le débat public français cette déplorable habitude de voir Pétain et Maurras derrière tous vos adversaires… On peut même considérer qu’Alain Badiou, avec son « pétainisme transcendantal »,</strong><strong> est l’un de vos élèves…</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> C’est vrai que je ne trouve pas absurde ce concept de « pétainisme transcendantal »<em>.</em> Ce qui est scandaleux, en revanche, c’est de l’appliquer à tort et à travers – et, en l’occurrence, au sarkozysme.</p>
<p><strong>Alain Badiou aurait donc maquillé votre « idéologie française »</strong><strong><em> </em></strong><strong>en<em> </em>« pétainisme transcendantal », </strong><strong>mais il s’en sert comme une brute ?</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> C’est un bon outil dont on peut faire un mauvais usage.</p>
<p><strong>Comment se manifeste le pétainisme aujourd’hui ?</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Dans le souverainisme, par exemple.<strong></strong></p>
<p><strong>L’hommage à Séguin fut donc un grand moment de pétainisme ?</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Mais non, pourquoi voulez-vous que je pense cela ?<strong></strong></p>
<p><strong>On se demande pourquoi vous ne le pensez pas, si les souverainistes sont pétainistes, Seguin l’était !</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Non. Il était plus compliqué que ça. Il ne pensait pas, comme un souverainiste classique, qu’en Serbie, ou en Irak, ou ailleurs, charbonnier est maître chez soi. Qui est souverainiste, aujourd’hui ? Je veux dire, au sens où je l’entends ? Et, par la même occasion, pétainiste ? Jean-Pierre Chevènement, par exemple. Il en a tous les réflexes et l’armature conceptuelle.</p>
<p><strong>Alors là, on ne comprend plus du tout où vous en êtes : vous avez bien, lors de la dernière élection présidentielle, soutenu Ségolène Royal aux côtés de Jean-Pierre Chevènement ? Et l’on peut ajouter que vous avez été battu par Sarkozy aidé par un autre souverainiste, Henri Guaino. En fait, vous avez peut-être contribué à la défaite de Ségolène Royal en l’empêchant de faire la synthèse à gauche que Sarkozy a réussie à droite ?</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> Mais oui, pourquoi pas ? Je ne l’aurais pas dit comme ça, mais c’est assez bien vu. C’est peut-être pour cela, allez savoir, que j’ai été aussi présent auprès de Ségolène Royal… Il y avait, dans ses premiers discours, toutes ces histoires de drapeau tricolore, d’encadrement militaire des écoles, de jurys populaires, etc. Eh bien, mettons que je voulais qu’elle gagne, mais pas avec ça, pas comme ça, pas sur cette base – pas ce mélange de robespierrisme soft et de nationalisme sot qu’incarnait auprès d’elle, en effet, Jean-Pierre Chevènement. Alors voilà. Je suis heureux de voir que cette femme brillante, rapide, informée, ait fini par refuser ce piège. Et si je l’ai aidée, tant mieux.<strong><em></em></strong></p>
<p><strong>On peut faire l’analyse inverse et considérer que votre offre de service à la gauche — notamment avec votre livre Ce grand cadavre à la renverse, </strong><strong>dont le PS a fait grand cas en vous intronisant quasiment comme l’intellectuel organique du parti — est moins une contribution à sa relève que le symbole de sa déréliction. On sait en effet que les principales difficultés du PS depuis 2002 sont la perte de ses électeurs populaires et son discours inaudible sur la question sociale après un ralliement empressé au néolibéralisme dont il ne parvient pas à faire le bilan… Or vous êtes parfaitement en harmonie avec cet aveuglement crucial puisque vous vous vantez publiquement d’être « un peu sourd à la question sociale ». </strong><strong>Propos qui vous rapprochent plus de Marie-Antoinette que de Léon Blum !</strong></p>
<p><strong>BHL :</strong> La différence, c’est que je me soigne ! Ma différence avec beaucoup d’autres, si vous préférez, c’est que je suis honnête avec moi-même. Un intellectuel est toujours, presque par définition, « un peu sourd à la question sociale ». Rien ne m’insupportait plus que la position d’un Bourdieu qui, du haut de son statut mandarinal, nous la jouait « grande pythie du mouvement social ». Mais bon. Je fais des efforts. J’essaie d’aller au-delà de cette surdité de position. Je suis un sourd qui, je vous le répète, fait des efforts pour entendre. Dans Pièces d’identité, de nouveau, il y a un long texte que j’ai écrit à l’occasion de la commémoration de la naissance de la Croix-Rouge et où j’essaie de réfléchir aux formes nouvelles de la pauvreté, de la précarité, vingt ans après Coluche…</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>…</strong></p>
<p><strong>Votre rapport à Nicolas Sarkozy est étrange. Vous ne cessez de le mettre à distance tout en le défendant aussi régulièrement. Et, pour vous dire de gauche, on voit mal quels coups un combattant comme vous lui a vraiment portés. Il faut dire que cela a commencé fort par un article assez étonnant et peu connu publié aux Etats-Unis où vous faisiez la leçon à la France choquée par la soirée au Fouquet’s et les vacances de Nicolas Sarkozy à Malte sur le yacht de Vincent Bolloré au lendemain de son élection. Vous défendiez cette provocation « bling-bling » en expliquant qu’elle</strong> « illustrait la partie de son projet qui nous encourage à nous déculpabiliser vis-à-vis du luxe, du succès et de l’argent, fût-ce au risque de sombrer dans le mauvais goût et le kitsch »<strong> . Vous ajoutiez : « Et si, finalement, ce jeune président voulait réconcilier la France, sinon avec le bonheur, avec les signes du bonheur que notre puritanisme, notre déprime, notre crainte des paillettes et du succès, ont longtemps discrédités et réprimés ? »</strong><strong><em> </em></strong><strong>Une telle réconciliation — sur laquelle Nicolas Sarkozy n’a pas cédé depuis — relève-t-elle de votre conception de la gauche ?</strong></p>
<p><strong>BHL : </strong>Sur Sarkozy, je suis prêt à tous les combats d’idées. Je suis vent debout contre son débat sur l’identité nationale, la politique de ses Besson et Hortefeux, hier l’affaire des tests ADN. Mais je refuse les attaques sur sa personne ou son comportement. Je refuse, je trouve monstrueux, le côté Le Pen moquant le prénom – Solal – de son petit-fils. Je refuse, je trouve nauséabondes, les allusions à sa supposée vulgarité, son côté nouveau riche – toute cette histoire de « bling-bling ». Ça, c’est un premier problème. Après, l’autre problème c’est que, sur l’argent, je pense qu’il faut arrêter avec l’hypocrisie bourgeoise : je préfère un président qui dit les choses, qui les assume, qui ne se cache pas, à un président qui fait la même chose mais sans le dire et en s’en cachant ; je pense que la culpabilisation de l’argent est une maladie française et qu’il est bon que ce tabou-là soit levé ; l’ère <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/francois-mitterrand-2314.html" title="François Mitterrand">Mitterrand</a> a commencé de le faire, l’ère Sarkozy continue, et tant mieux.</p>
<p><strong>…</strong></p>
<p><strong>Alors comment vous définissez-vous ?</strong></p>
<p><strong>BHL : </strong>Je vous le dis. Comme un écrivain. Quant au mot d’Althusser, ne faites pas semblant de ne pas comprendre : cela veut dire qu’il y a les données économiques, bien sûr ; la machinerie de la crise ; mais que ce qui est aux commandes, toujours, c’est la politique. Pas l’économie, la politique.</p>
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		<title>BHL &#8211; portrait, par Catherine Schwaab pour Paris Match (4/02/2010)</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Feb 2010 15:23:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[

Sa prétention agace, on a tout dit sur son omnipotence médiatique - il a une chronique au « Point», préside le conseil de surveillance d’Arte, dirige la revue « La règle du jeu » -, sans parler d’une fortune qui lui ouvre toutes les portes. Ce pouvoir, ajouté à son narcissisme, lui a valu la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-3991" title="bhl paris match page d'ouv070" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/bhl-paris-match-page-douv070-219x300.jpg" alt="bhl paris match page d'ouv070" width="219" height="300" /></p>
<p><img class="alignright size-medium wp-image-3994" title="bhl paris match page d'ouv071" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/bhl-paris-match-page-douv071-219x300.jpg" alt="bhl paris match page d'ouv071" width="219" height="300" /></p>
<p>Sa prétention agace, on a tout dit sur son omnipotence médiatique <span id="more-3992"></span>- il a une chronique au « Point», préside le conseil de surveillance d’Arte, dirige la revue « La règle du jeu » -, sans parler d’une fortune qui lui ouvre toutes les portes. Ce pouvoir, ajouté à son narcissisme, lui a valu la publication de biographies peu aimables qui l’ont affecté. BHL n’est pas mort, mais il a déjà 61 ans. <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html" title="Jean-Paul Sartre">Sartre</a> s’est éteint à 75. Et si le « nouveau philosophe», élève de Derrida et d’Althusser, n’a pas inventé l’existentialisme, en revanche, il a mouillé sa chemise plus que son maître, s’est engagé davantage, s’est fait entarter (quatre fois!), critiquer et railler encore plus souvent. Ça n’a pas usé sa fougue. Car c’est ce qui ressort de ce pavé impressionnant: l’enthousiasme, la foi en l’homme, en ses combats, en son intelligence. BHL n’est pas un «pessimiste lucide», c’est un optimiste sans illusions qui, justement, a su tirer les enseignements des aveuglements d’hier.</p>
<p align="right">PAR<strong> CATHERINE SCHWAAB</strong></p>
<p align="right"><strong> </strong></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em>Il raffole de la psychanalyse, </em><em>mais pour les autres. </em><em>L’oreille du monde lui suffit.</em></p>
<p> Moi? Egocentré? Mais pas du tout! Je ne pense qu’aux autres. Vous n’imaginez pas à quel point! »</p>
<p>Sincèrement stupéfait. Il publie 1320 pages de ses textes, conférences et entretiens, et 150 autres où il décrit sa conception de la philosophie. Mais ça n’est pas son « petit tas de secrets» qu’il confie. Pas ses chagrins, ses traumas, ni son enfance. « D’ailleurs, je n’ai pas de souvenirs », dit-il. Non, dans cette somme toute à lui consacrée, l’auteur veut faire œuvre de salut public. De salut planétaire. Il ne se livre pas, il délivre: ce que pense, fait, dénonce BHL plutôt que ce qui le taraude dans le secret de son âme. Son inconscient ne l’intéresse pas. Il raffole de la psychanalyse, mais pour les autres. BHL a tellement pris l’habitude de se regarder fonctionner publiquement que s’allonger pour se raconter en privé à un autre serait du gaspillage. L’oreille du monde lui suffit.</p>
<p><em><img class="alignright size-medium wp-image-3997" title="bhl paris match suite073" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/bhl-paris-match-suite073-219x300.jpg" alt="bhl paris match suite073" width="219" height="300" />Son cri primal date de 1971.</em> «Je suis né deux fois. La deuxième fois se situe à mon retour du Bangladesh en guerre. » Des morts, des charniers&#8230;</p>
<p>Il avait 23 ans, il en a longtemps fait des cauchemars. Jusque-là. Bernard jouait du piano tous les jours et depuis dix-huit ans.</p>
<p>Il a stoppé net et rédigé « Les Indes rouges». Il s’était trouvé une autre musique. Quarante ans et une trentaine de livres plus tard, l’ensemble fait une œuvre contemporaine. Plus détonante que les fugues et les ballades qu’il jouait adolescent. Dodécaphonique. Son éclairage à lui. Il n’est pas seulement le sismographe de l’actualité, il est son coloriste. Le PS en noir funèbre, la judéité en rayures vivaces, l’Amérique impressionniste en Lurex vert pomme&#8230; Il y a cent cinquante chapitres dans ses « Pièces d’identité» (éd. Grasset). Cent cinquante sillons.</p>
<p>Ses identités. BHL déteste confier ses intimes contemplations, mais il se passionne pour son personnage. Il ne le lâche jamais, le met au travail nuit et jour, le rend insomniaque, lui a imposé les amphétamines et la cortisone, la guerre sur le terrain et parfois l’amour. Mais BHL s’abandonne rarement à la langueur. Il n’arrête jamais, il faut qu’il se sente palpiter. Qu’il s’entende penser, dire, résonner dans les médias, devant les micros. D’ailleurs, comme Flaubert en son gueuloir, il se relit à voix haute pour ne pas rater ses effets. Ne pas se laisser engloutir dans le silence.</p>
<p><em>Conjurer la mort?</em> La mort, il y pense chaque jour, quand il dicte son journal intime sur un magnétophone. Un texte brut de décoffrage qu’il consigne comme un fou: sa vie sans tabou, sans autocensure, sans complaisance que décrypte sa secrétaire, la très précieuse Marie-Joëlle Habert. BHL: « Quand le moment sera venu, je reprendrai tout cela, je rédigerai, je publierai. Pas maintenant, Il y a trop de gens que j’aurais peur de blesser. » Comme il tremble à l’idée de mourir brutalement et que ces écrits crus soient publiés tels quels, il a pris mille précautions pour être certain de les voir détruits. «J’ai tout verrouillé. » Imaginez l&#8217;excitation des éditeurs si « BHL le Téméraire », sautait sur une bombe au Pakistan, se faisait kidnapper en Afrique ou se prenait une balle perdue en Israël. La pauve &#8211; la riche &#8211; Marie-Joëlle Habert serait la cible de toutes les surenchères. «J’ai tout fait pour que ce soit impossible», se rassure son patron, ce grand maniaque du contrôle.</p>
<p>S’il est des tranches de vie qu’il n’ose pas encore publier, quand il décide de nous livrer son « moi », son « surmoi », il y va franco, titrant ses chapitres sans fausse modestie: «Ma vie, mode d&#8217;emploi», «Comment j&#8217;avance» ou «Pourquoi un type comme moi ne peut pas voter Sarkozy ».</p>
<p> </p>
<p><em><img class="alignleft size-medium wp-image-3999" title="bhl paris match suite074" src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/bhl-paris-match-suite0741-219x300.jpg" alt="bhl paris match suite074" width="219" height="300" />Comme Flaubert en son </em><em>gueuloir, BHL se relit à voix haute </em><em>pour ne pas rater ses effets.</em></p>
<p><em> </em><em>La France a-t-elle besoin d&#8217;un type comme lui ?</em> Est-il ce « mélange de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html" title="Jean-Paul Sartre">Sartre</a> et de prince Malko » que décrit son ami Jean-Paul Enthoven?</p>
<p>Un type comme lui est un exemplaire unique. Cerveau brillant, gravure de mode, aventurier millionnaire (on évoque une fortune de 200 millions). Et séducteur obsessionnel. « Je n’ai rien à cacher », rétorque l’homme qui monte aux barricades à visage découvert. Et c’est bien là ce qui donne prise à toutes les railleries. Car, à ne pas se cantonner dans la classe intellectuelle pure, à partir sur les terrains en guerre et à s’y faire photographier, filmer, à poser avec Arielle dans les soirées, à traverser les couches sociales en chemise Charvet, le philosophe est constamment en train de trahir ses étiquettes. Il a même osé se prendre pour Tocqueville redécouvrant l’Amérique, «s&#8217;arrogeant des chaussures trop grandes pour lui », ont estimé certains chroniqueurs américains, surpris de l’audace.</p>
<p>«American Vertigo » n’a pas fait l’unanimité là-bas, loin s’en faut. Pas complexé, l’auteur reprend sur son site &#8211; bien sûr que BHL a un site! &#8211; les méchantes critiques: «Un tissu de lieux communs», « le texte d’un étudiant qui fait du remplissage», « trop court sur les faits, trop long sur les conclusions ». Vous croyez que ça le déstabilise? Pas du tout.<br />
« Les critiques sont intéressantes, ça fait partie de mon histoire. [ ... ] Susciter la controverse. » Il propose à ses plus féroces adversaires un duel. Littéraire. Question combat de plumes, il s’y connaît. Il faut lire ses chroniques hebdomadaires dans « Le Point» et dans «Ce grand cadavre à la renverse», ses passages sur les socialistes, sur l’antisémitisme de gauche, sur Chevènement, sur les complaisances de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/francois-mitterrand-2314.html" title="François Mitterrand">Mitterrand</a>&#8230; Il écrit comme il parle, avec des répétitions, des reprises; il scande. Force l’attention comme à la télé où son allure physique fascine autant que son verbe.</p>
<p> <em>Ce,flamboyant virtuose se cite, s’autocélèbre.</em> Mais c est pour la bonne cause: « Moi, c’est toujours après vous. » Traduction: il se situe modestement après ses maîtres, <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html" title="Jean-Paul Sartre">Sartre</a>, Baudelaire, Levinas, après les causes (la Bosnie, l’Iran, le Darfour, le Rwanda&#8230;), après ses combats (la gauche toujours). S’il dit « moi je » c’est par honnêteté. « Il faut savoir qui parle. Il a des philosophes qui font comme s’ils étaient de purs esprits désincarnés. Ils ont tort. La probité exige que l’on dise: « Voilà, c’est moi qui parle, ce corps étroitement situé, déterminé, névrosé&#8230;..» » Ce corps effilé qu’il affiche en noir et blanc, et qu’il entretient Il ne boit plus. Mange du poisson vapeur. Il a la peau plus nette, il a rajeuni. Il a l’air plus léger.</p>
<p><em>Est-ce parce qu’il déménage ?</em> Avec Arielle, il quitte ce boulevard Saint-Germain trop connu, trop couru. Trop&#8230; gerrnanopratin. En attendant sa nouvelle résidence, le couple s’est installé dans la suite d’un palace rive droite avec terrasse et vue sur les toits. BHL cogite n’importe où, mais il entretient ses réseaux dans le luxe. Levé tôt, il affûte ses prochaines armes. Veut refaire un film, sa revanche sur sa dernière catastrophe industrielle: « Le jour et la nuit», sorti en 1997 (avec Alain Delon, Lauren Bacall, Arielle Dombasle&#8230;) fut un flop monumental, assassiné par les critiques. Ce fiasco brûle encore en lui comme une plaie vive. Dans son héros désenchanté (qu’incarnait Alain Delon), il affirme avoir mis beaucoup de lui-même. Quoi? Ce vieil écrivain en perte d’inspiration, sombre, atrabilaire? « Et pourquoi pas? Un personnage repoussoir, un anti-moi&#8230; » Sa face cachée morbide? Il joue à se faire peur. Comme Delon. « Alain est un personnage essentiel de ma vie. Quand notre film s’est planté, il a été d’une loyauté impeccable. Je n’en dirai pas autant de Lauren Bacall. » Alain n’a pas fléchi. «Je le revois à mes côtés pendant la conférence de presse. Quolibets, crachats&#8230; Et lui qui, alors, se lève et lance à la meute qui nous fait face: « Mesdames et Messieurs, j’avais trois maîtres: Visconti, René Clément, Joseph Losey. J&#8217;en ai désormais un quatrième: le jeune réalisateur que vous avez en face de vous. » Quel panache, quel courage, quelle allure! » Entre le gaulliste de droite et le philosophe humaniste, il y a plus, plus intime: « Nous avons tous les deux cette maladie qui est de croire que, à la fin des fins, la vraie vie n&#8217;est pas dans la vie. ».</p>
<p> </p>
<p><strong>LE MONDE SELON BHL</strong></p>
<p>Dans « Pièces d’identité» (éd. Grasset), aucun sujet ne lui est étranger: l’engagement en littérature, le pétainisme, l’incurie des politiques de tous bords, l’héritage spirituel de !a. judéité, le vide idéologique, l’Amérique, les dictatures, les guerres contemporaines, les grands philosophes. les arts, la morale (il n’a pas hésité récemment à prendre une position claire en faveur de Polanski)&#8230; De ses deux parutions, c’est le petit livre «De la guerre en philosophie » (éd. Grasset) qui lui tient le plus à cœur. Impossible de ne pas être bluffé par cette mécanique intellectuelle qui revendique l’émotion, la subjectivité. Ses reportages, ses interviews, ses critiques, ses analyses philosophiques, politiques, ses conférences universitaires, académiques, ses pensées. bref, sa trace dans le monde de 2004 à 2009, depuis que l’Amérique lui a proposé, en 2004, de sillonner le pays sur les traces de Tocqueville.</p>
<p>Une carrière américaine s’ébauche-telle? En tout cas, son intense double vie entre la France et les Etats-Unis semble lui avoir imposé ce bilan. C’est Un testament sans modestie, autant qu’une pédagogie de la réflexion intelligente.</p>
<p align="right"><strong>C.S.</strong></p>
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		<item>
		<title>&#171;&#160;Le dialogue des religions&#160;&#187;. Un des thèmes abordés par BHL et Olivier Jay, dans le JDD du dimanche 7/02/2010</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Feb 2010 11:59:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans ma boite mail, ce matin, un message de Laurence Roblin (coordinatrice en France de www.bernard-henri-levy.com), qui m&#8217;annonce, dans l&#8217;influent hebdomadaire Le Journal du Dimanche, une interview importante de B.H.L. C&#8217;est un dialogue avec Olivier Jay,  directeur délégué de la rédaction, sur les deux nouveaux livres, bien sûr. Mais sous un angle spécial : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/lilianelazar31-150x150.jpg" alt="lilianelazar3" title="lilianelazar3" width="150" height="150" class="alignright size-thumbnail wp-image-3984" /><img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/logo-jdd2-150x150.jpg" alt="logo jdd" title="logo jdd" width="150" height="150" class="alignleft size-thumbnail wp-image-3985" />Dans ma boite mail, ce matin, un message de Laurence Roblin (coordinatrice en France de www.bernard-henri-levy.com), qui m&#8217;annonce, dans l&#8217;influent hebdomadaire <em>Le Journal du Dimanche</em>, une interview importante de B.H.L.<span id="more-3973"></span> C&#8217;est un dialogue avec Olivier Jay,  directeur délégué de la rédaction, sur les deux nouveaux livres, bien sûr. Mais sous un angle spécial : les rapports de Lévy avec le judaisme, les rapports du judaisme avec le catholicisme, le dialogue des religions, leur importance dans le débat philosophique, pourquoi toutes les questions philosophiques sont d&#8217;abord des questions théologiques, etc. N&#8217;oubliez pas que la partie centrale de <em><strong><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/pieces-identite">Pieces d&#8217;identité</a></strong></em> s&#8217;intitule <em>Le Génie du Judaisme</em>. C&#8217;est à cette partie que s&#8217;est intéressé Olivier Jay. Et c&#8217;est elle qu&#8217;approndit donc cet entretien qui s&#8217;annonce de haut niveau. Je le mettrai en ligne dès parution, dimanche matin, heure de New York. Et je signale, par ailleurs, aux fidèles américains du site qu&#8217;une version anglaise sera mise en ligne, lundi, dans le <em>Huffington Post</em>. </p>
<p>&laquo;&nbsp;<em><strong>Pièces d&#8217;dentité</strong></em>&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;<em><strong><a href="http://www.bernard-henri-levy.com/category/actu/livre/de-la-guerre-en-philosophie">De la Guerre en philosophie</a></strong></em>&nbsp;&raquo; seront disponibles mercredi 10 en librairie. Mais on peut, d&#8217;ores et déjà, les pré-commander sur <a href="http://www.amazon.fr/Pi%C3%A8ces-didentit%C3%A9-Bernard-Henri-L%C3%A9vy/dp/2246767911/ref=sr_1_12?ie=UTF8&#038;s=books&#038;qid=1265367540&#038;sr=1-12">Amazon.fr</a><br />
<strong>Liliane Lazar</strong>. </p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Bernard-Henri Lévy : &#171;&#160;Il y a une bataille pour la vérité&#160;&#187;. L&#8217;Express du 4/01/2010</title>
		<link>http://www.bernard-henri-levy.com/bernard-henri-levy-il-y-a-une-bataille-pour-la-verite-lexpress-du-4012010-3960.html</link>
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		<pubDate>Thu, 04 Feb 2010 13:36:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[Bernard-Henri Lévy : &#171;&#160;Il y a une bataille pour la vérité&#160;&#187;.
Entretien avec Christophe Barbier
Un pavé et un galet : c&#8217;est ce que Bernard-Henri Lévy publie la semaine prochaine chez Grasset. Le pavé, Pièces d&#8217;identité, regroupe en plus de 1 300 pages les textes et interventions de BHL depuis 2005. On y croise Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/bhl-express069-224x300.jpg" alt="bhl express069" title="bhl express069" width="224" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-3966" />Bernard-Henri Lévy : &laquo;&nbsp;Il y a une bataille pour la vérité&nbsp;&raquo;.<br />
Entretien avec Christophe Barbier<span id="more-3960"></span></p>
<p>Un pavé et un galet : c&#8217;est ce que Bernard-Henri Lévy publie la semaine prochaine chez Grasset. Le pavé, <em><strong>Pièces d&#8217;identité</strong></em>, regroupe en plus de 1 300 pages les textes et interventions de BHL depuis 2005. On y croise Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, Barack Obama et Mahmoud Ahmadinejad. Apparaît alors en creux l&#8217;intellectuel engagé du début du XXIe siècle, entre errances et fulgurances. Le galet, poli et tranchant, délivre la méthode du philosophe, telle qu&#8217;il la cisela lors d&#8217;une conférence à Normale sup, en avril 2009. <strong><em>De la guerre en philosophie</em></strong> présente le combat des idées sous un jour cru. De ces deux travaux très différents se dégage le portrait d&#8217;un homme affairé, presque dispersé, mais apte à ramasser soudain sa pensée, autour d&#8217;une lutte majeure ou d&#8217;un concept neuf.</p>
<p>(<strong>Retrouvez un extrait vidéo de cet entretien <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/b-h-levy-christophe-barbier-pour-lexpress-le-grand-entretien-extraits-3946.html">en cliquant ici</a></strong>)</p>
<p> <img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/couverture-express068-226x300.jpg" alt="couverture express068" title="couverture express068" width="226" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-3965" /></p>
<p><em>Ce journal que vous dictez tous les jours, que personne n&#8217;a vu et qui sera détruit à votre mort, existe-t-il ?</em></p>
<p>Bien sûr ! Il ne sera détruit que si je disparais subitement.</p>
<p><em>Auquel cas vous dicterez sans fin et ne publierez jamais&#8230;</em></p>
<p>Si. Le jour où j&#8217;aurai le sentiment que l&#8217;aventure touche à sa fin, et à condition que Dieu m&#8217;offre l&#8217;agonie longue et paisible à laquelle j&#8217;aspire, alors oui, j&#8217;arrêterai tout ; j&#8217;irai chez mon notaire chercher tous les tomes (un par an depuis que j&#8217;ai 20 ans) de ce journal-fleuve où tout est dit, absolument tout, y compris quelques secrets dont je ne suis pas le seul propriétaire ; et, comme il est dicté à l&#8217;emporte-pièce, sur répondeur téléphonique, j&#8217;y mettrai un peu de forme et je publierai.</p>
<p><em>La fin de l&#8217;aventure, c&#8217;est être sédentaire ?</em></p>
<p>Si vous voulez, oui. Mais à condition de l&#8217;entendre aussi au sens des voyages intérieurs, des déplacements intellectuels ou spirituels, des curiosités. Quand tout cela s&#8217;arrête, je suppose, oui, que l&#8217;on devient un excavateur de soi-même, concentré sur sa propre vie, y allant en vrille, fouillant, exhumant. Tant que j&#8217;aurai des imaginaires à découvrir, je dicterai.</p>
<p><em>Dans</em> De la guerre en philosophie<em>, vous vous dites sainte-beuvien &#8211; la vie d&#8217;un homme éclaire son oeuvre &#8211; mais dans</em> Pièces d&#8217;identité<em>, vous affirmez, tel Proust : &laquo;&nbsp;</em>Contre Sainte-Beuve, toujours contre<em>.&nbsp;&raquo; Quel BHL ment ?</em></p>
<p>Aucun. Quand je me sens attaqué, cerné par les chacals, je fais tout pour qu&#8217;on me lâche et je m&#8217;abrite donc derrière le principe anti-sainte-beuvien : &laquo;&nbsp;Fichez la paix à l&#8217;homme, seule l&#8217;oeuvre compte.&nbsp;&raquo; Mais, au fond, je suis de l&#8217;autre bord : une philosophie puise toujours dans le terreau de la vie de son auteur ; c&#8217;est une biographie mise en concepts&#8230;</p>
<p><em>Ce qui justifie les biographies de vous !</em></p>
<p>Ce n&#8217;étaient pas des biographies, mais des enquêtes de mauvaise police, des procès abracadabrants. Mais ces biographes à gages &#8211; ou à bakchich &#8211; étaient, en même temps, si bêtes&#8230; Ils n&#8217;atteignaient jamais qu&#8217;une ombre, un hologramme de moi-même.</p>
<p><em>Vous évoquez peu Internet, que vous utilisez pourtant dans votre vie publique. Pourquoi ?</em></p>
<p>Principe n° 1 : la bataille que chacun livre pour sa part de secret est fondamentale. Principe n° 2 : le combat se mène, aussi, dans cette arène nouvelle qu&#8217;est Internet. Mais, principe n° 3 : je ne crois pas qu&#8217;Internet soit ce monstre décrit, entre autres, par mon ami Alain Finkielkraut. J&#8217;aime bien Internet. Le site que consacre à mon travail, depuis dix ans, ce professeur de Hofstra University, Liliane Lazar, est une bibliothèque virtuelle. L&#8217;exact contraire de la poubelle, ou de la machine à décerveler, qu&#8217;on nous décrit.</p>
<p><em>Dominique de Villepin vous définit comme &laquo;&nbsp;un Christ sans plaies&nbsp;&raquo; et, juste après, vous saignez. Direz-vous un jour la vérité de cet épisode obscur ?</em></p>
<p>Telle est, à peu près, la vérité. Absurde. Presque incroyable. Mais vraie.</p>
<p><em>Si c&#8217;est la vérité, vous devez en avoir été &laquo;&nbsp;mystifié&nbsp;&raquo;&#8230;</em></p>
<p>Non. Juste la confirmation de ce que je sais depuis toujours : avant la chair, les cellules, l&#8217;ADN, etc., ce qui constitue un homme, son tissu, ses &laquo;&nbsp;briques&nbsp;&raquo;, ce sont les signifiants, les mots&#8230;</p>
<p><em>Des mots ? Pour quoi faire ?</em></p>
<p>Vous connaissez la thèse des rabbins lituaniens de la fin du xixe siècle ? Il faut envoyer des mots vers le ciel pour que le ciel ne nous tombe pas sur la tête. Les mots, autrement dit, sont les poutres du monde. De même pour le sujet : ce sont ses poutres, ses piliers, sa colonne vertébrale.</p>
<p>Pièces d&#8217;identité<em> traite beaucoup des Etats-Unis. Quel désastre depuis un an, malgré Obama !</em></p>
<p>N&#8217;exagérons rien. La puissance de l&#8217;Amérique reposait sur trois bases. Le fait que les cadres du monde entier envoyaient leurs enfants se former dans ses écoles. Le fait que leurs usines utilisaient des brevets <em>made in USA</em>. Et le fait, enfin, que leurs capitaux ne connaissaient pas d&#8217;allocations plus sûres ni plus rentables que les produits financiers des banques américaines. Alors, ce troisième pilier, oui, s&#8217;est effondré. C&#8217;est grave. Mais ce n&#8217;est pas encore un désastre.</p>
<p><em>Vous disiez aussi avant son élection qu&#8217;Obama aurait à &laquo;&nbsp;neutraliser&nbsp;&raquo; la Russie : il a pactisé avec Poutine !</em></p>
<p>C&#8217;est toute l&#8217;énigme d&#8217;Obama, qui pourrait bien ne &laquo;&nbsp;pactiser&nbsp;&raquo; que pour venir au plus près de l&#8217;ennemi et mieux le neutraliser.</p>
<p><em>Idem vis-à-vis de l&#8217;Iran ?</em></p>
<p>Je reviens de Tel-Aviv, où j&#8217;ai accompagné deux amis iraniens, acteurs de la révolution verte, qui souhaitaient faire part de leurs réflexions aux plus hauts dirigeants d&#8217;Israël. Chez les uns comme les autres, j&#8217;ai entendu ce son de cloche : un Obama décevant, une main &laquo;&nbsp;trop&nbsp;&raquo; tendue à Ahmadinejad, etc. Bon. Peut-être. Mais qui sait si Obama n&#8217;est pas, juste, le meilleur judoka ? Ou un joueur d&#8217;échecs sans pareil ? Qui sait s&#8217;il n&#8217;est pas beaucoup, beaucoup plus malin que les représentants du Malin, Ahmadinejad et les autres ? <em>Wait and see</em>.</p>
<p><em>Où en est-on du &laquo;&nbsp;fascislamisme&nbsp;&raquo; ? Où est le front ?</em></p>
<p>Au coeur du monde musulman. C&#8217;est ma thèse dans ces livres : la contradiction principale de notre temps, la vraie guerre de civilisation, ce n&#8217;est pas le conflit entre l&#8217;Occident et l&#8217;islam, mais entre l&#8217;islam et l&#8217;islam &#8211; c&#8217;est, au sein de l&#8217;islam, la lutte à mort entre l&#8217;islam démocratique et l&#8217;islam intégriste. Et j&#8217;ajoute surtout : primo, que cette lutte n&#8217;est pas affaire de religion, mais de politique ; secundo, qu&#8217;elle nous est, à nous, Européens, relativement familière, puisque c&#8217;est une autre version de la vieille lutte entre la démocratie et le fascisme, la queue de cette mauvaise comète. Le péril, autrement dit, est grand. Mais l&#8217;Histoire nous a armés pour le penser. Et, donc, pour gagner.</p>
<p><em>Combattre la burqa : est-ce une bonne tactique ?</em></p>
<p>Oui. Car, là aussi, c&#8217;est une fumisterie de nous présenter cette affaire de burqa comme une question religieuse. C&#8217;est une provocation politique et il faut la traiter politiquement.</p>
<p><em>Faudra-t-il assumer une certaine répression ?</em></p>
<p>Probable. Et tant pis pour les nouveaux &laquo;&nbsp;idiots utiles&nbsp;&raquo; qui crient à l&#8217;islamophobie ! Respecter nos amis et concitoyens musulmans, c&#8217;est agir comme on a pu agir, jadis, avec les intégristes catholiques et les calotins.</p>
<p><em>Pourtant, on est contre la burqa, pas contre la femme qui est dessous&#8230;</em></p>
<p>Bien sûr. C&#8217;est la burqa qui est contre &laquo;&nbsp;la femme qui est dessous&nbsp;&raquo;. Car ça dit quoi, une burqa ? Qu&#8217;une femme n&#8217;est pas une femme mais un scandale ambulant, une saleté qu&#8217;il faut cacher, un agent corrupteur à neutraliser.</p>
<p><em>Avec le débat sur l&#8217;identité nationale, Nicolas Sarkozy relève-t-il de l&#8217;&nbsp;&raquo;</em>idéologie française<em>&nbsp;&raquo; que vous avez définie ?</em></p>
<p>Non. Il est juste d&#8217;un cynisme ahurissant. Cette affaire d&#8217;identité nationale est une honte. Elle tire la France vers le bas. Et ce, par machiavélisme électoral. Mais ce n&#8217;est pas, pour autant, du &laquo;&nbsp;pétainisme transcendantal&nbsp;&raquo;. Alain Badiou m&#8217;a emprunté un bon concept. Mais il en fait un usage de sagouin.</p>
<p><em>Peut-être Sarkozy veut-il crever les abcès des cinquante dernières années, pour passer à la modernité ?</em></p>
<p>Si c&#8217;est ça, c&#8217;est irresponsable. Les sociétés ne sont pas des corps malades où on crèverait des abcès pour en faire sortir le pus. C&#8217;est bien plus abstrait que ça, une société. Fragile. Avec tout un entre-deux de choses tues et de gestes retenus&#8230;</p>
<p><em>Vous voulez dissoudre le PS, Martine Aubry tente de le recoudre. N&#8217;a-t-elle pas raison ?</em></p>
<p>On peut toujours recoudre un cadavre. Mais ça s&#8217;appelle alors une momie. Et les électeurs, quand ils entendent les dirigeants du PS bramer &laquo;&nbsp;Il faut sauver le parti ! Il faut sauver le parti !&nbsp;&raquo;, ont l&#8217;oreille assez fine pour entendre le vrai message : &laquo;&nbsp;Il faut sauver nos postes, il faut préserver nos carrières.&nbsp;&raquo;</p>
<p><em>Rêvez-vous toujours d&#8217;une alliance entre réformisme socialiste et centrisme ?</em></p>
<p>C&#8217;est la seule solution. Une néo-Union de la gauche entre les fossiles d&#8217;un Parti communiste qui n&#8217;ose plus dire son nom, une nouvelle gauche radicale qui a des accents d&#8217;extrême droite et la momie socialiste, est un passeport pour l&#8217;échec.</p>
<p><em>Ségolène, c&#8217;est fini ?</em></p>
<p>Pas forcément. Débarrassée de cette aile ultradroitière et, pour le coup, néopétainiste qu&#8217;est la &laquo;&nbsp;droiche&nbsp;&raquo; chevènementiste, elle peut redevenir une excellente candidate. Le meilleur, cela dit, reste évidemment Strauss-Kahn.</p>
<p><em>Demandez-lui solennellement de s&#8217;engager !</em></p>
<p>&laquo;&nbsp;Dominique ! Pour la gauche, pour la France&#8230;&nbsp;&raquo; <em>[Rires]</em>. Je crains qu&#8217;il ne soit de ceux qui ont compris que les intellectuels n&#8217;ont pas une si grande importance&#8230;</p>
<p><em>De la guerre en philosophie</em> : pourquoi ce bellicisme de la pensée ?</p>
<p>Parce qu&#8217;il y a une bataille pour la vérité. Parce que le mensonge, comme le diable selon Baudelaire, a maints tours dans son sac, à commencer par celui de faire croire qu&#8217;il n&#8217;existe pas et qu&#8217;il est un autre visage du vrai. D&#8217;où méfiance. Ruses. Corps à corps sans merci. Guerre de papier, mais guerre quand même.</p>
<p><em>L&#8217;affirmation solitaire, sans dialogue, c&#8217;est coexister avec le mensonge, pas le détruire.</em></p>
<p>Exact. C&#8217;est que vous avez une frange &#8211; incertaine, indécise &#8211; de la société qui est accessible à la vérité, donc au débat. Mais, en général, les opinions sont plantées si profondément dans des passions fondamentales des humains qu&#8217;elles sont indéracinables : &laquo;&nbsp;Je préfère mourir que de te donner raison&nbsp;&raquo;, dit le fanatique, car son fanatisme fait littéralement corps avec son corps. Alors il faut le contenir, le tenir en respect, pas le convaincre ni, encore moins, le liquider. C&#8217;est Victor Cousin qui disait : &laquo;&nbsp;Mettons Platon et Aristote dans une même pièce, ils vont discuter et arriver à la vérité, qui est entre les deux.&nbsp;&raquo; Eh bien il se trompait. Il n&#8217;y a pas de démocratie dans l&#8217;ordre de la philosophie.</p>
<p><em>Pourquoi nombre de vos collègues recommandent-ils de prendre un peu de telle sagesse, un peu de tel philosophe, pour s&#8217;aider à vivre ?</em></p>
<p>Parce qu&#8217;ils se prennent pour des prêtres. Et, pis encore, pour des prêtres oecuméniques. L&#8217;horreur&#8230;</p>
<p><em>Qu&#8217;est-ce, pour vous, qu&#8217;un penseur contemporain ?</em></p>
<p>Quelqu&#8217;un qui m&#8217;aide à mieux poser les questions du jour. A certains moments, Platon. A d&#8217;autres, Descartes ou Hegel.</p>
<p><em>Où en êtes-vous avec l&#8217;humanisme ?</em></p>
<p>L&#8217;humanisme de la grande tradition philosophique française n&#8217;a jamais rien empêché de ce qui portait atteinte à l&#8217;homme, à son intégrité. Face aux machines lourdes de la barbarie, c&#8217;était une ligne Maginot métaphysique, aussi pitoyable que l&#8217;autre. Or le pire est toujours possible. Et, s&#8217;il doit revenir, je préfère un humanisme instruit, cet humanisme antihumaniste que Ferry et Renaut [<em>La Pensée 68</em>, Gallimard, 1985] ont si bizarrement caricaturé et qui, avec Lacan, Foucault ou Althusser, nous dit que la conscience des hommes n&#8217;éclaire qu&#8217;une minuscule part de ce qui les constitue.</p>
<p><em>Rwanda, Darfour, Birmanie&#8230; Votre humanisme instruit accumule les défaites&#8230;</em></p>
<p>Une victoire tout de même &#8211; et ce n&#8217;est pas rien &#8211; contre le soviétisme. Car c&#8217;est la dissidence qui en a eu raison. Et n&#8217;oubliez pas qu&#8217;elle fonctionnait en dialectique, en couplage, avec cette pensée antihumaniste.</p>
<p><em>Au Rwanda, l&#8217;humanisme traditionnel a tenté quelque chose avec l&#8217;opération Turquoise. En Bosnie aussi&#8230;</em></p>
<p>En Bosnie, je vois surtout le &laquo;&nbsp;munichisme&nbsp;&raquo; de <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/francois-mitterrand-2314.html" title="François Mitterrand">Mitterrand</a>, de Balladur, de Juppé. Et Turquoise fut le degré zéro de la pensée et de l&#8217;action &#8211; avec, en prime, un échange subreptice des rôles des bourreaux et des victimes dans une espèce de nuit où toutes les vaches étaient grises.</p>
<p><em>Proclamerez-vous un jour que la France est sortie de l&#8217;&nbsp;&raquo;idéologie française&nbsp;&raquo; ?</em></p>
<p>Oui : le jour où l&#8217;Europe se sera dotée d&#8217;institutions dignes de ce nom, où elle cessera d&#8217;être dirigée par cette bande d&#8217;ectoplasmes qui ne font pas d&#8217;ombre aux dirigeants des vieux Etats-nations, où on aura compris que cette Europe n&#8217;est pas juste une grosse nation, une nation au carré&#8230;</p>
<p><em>Vous dites de Bernard Kouchner qu&#8217;il a eu tort de ne pas avoir assez confiance en sa biographie. Avez-vous confiance en la vôtre ?</em></p>
<p>Oui, je crois. J&#8217;ai fait deux ou trois choses dont je suis fier, que d&#8217;autres n&#8217;auraient peut-être pas faites à ma place et que j&#8217;essaierai de ne jamais brader. Le plus navrant avec mon ami Kouchner, ce n&#8217;est pas qu&#8217;il soit un ministre au rabais. Mais c&#8217;est cet éclairage rétrospectif que l&#8217;épisode jette, comme toujours, sur le reste de l&#8217;aventure. Mais je sais qu&#8217;il n&#8217;a pas dit son dernier mot.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>BHL selon Angot &#8211; Le Point du 4/02/2010</title>
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		<comments>http://www.bernard-henri-levy.com/bhl-selon-angot-le-point-du-4022010-3956.html#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 04 Feb 2010 13:35:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pièces d'identité]]></category>
		<category><![CDATA[Son actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[Plexus solaire
Par Christine Angot 
Il a de la mémoire, c’est ça qui importe le plus, plus qu’Israël ou être juif, encore plus, sinon il aurait voté Sarkozy, sa politique internationale lui va, mais il n’aime pas les gens qui n’ont pas de mémoire ou qui la manipulent. Il ne le dit pas comme ça, il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/02/bhl-angot-300x130.jpg" alt="bhl angot" title="bhl angot" width="300" height="130" class="alignleft size-medium wp-image-3957" /><em><strong>Plexus solaire</strong></em><br />
<strong>Par Christine Angot</strong> <span id="more-3956"></span><br />
Il a de la mémoire, c’est ça qui importe le plus, plus qu’Israël ou être juif, encore plus, sinon il aurait voté Sarkozy, sa politique internationale lui va, mais il n’aime pas les gens qui n’ont pas de mémoire ou qui la manipulent. Il ne le dit pas comme ça, il explique, il déroule le raisonnement, il convainc, avant de conclure il déroule pas à pas, il emmène par la main, c’est son travail, raisonner, dire, faire comprendre. Quoi ? Le bon message. Oui, le <em>bon</em> message. Car il y en a un bon et un mauvais. Le mal existe. La vérité aussi. Les mots existent. Il connaît leur sens. Mémoire, mal, vérité, démocratie, liberté. <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html" title="Jean-Paul Sartre">Sartre</a>. Sujet. Lacan. Coupable. Erreur. Il y a le bon coupable, le coupable idéal, celui qu’on prend toujours. L’Amérique. Pas assez coupable au Darfour pour qu’on s’en occupe. Par exemple. Polanski. C’est un bon coupable aussi. <em>Rosemary’s baby</em>. Mais pas seulement, <em>Le Pianiste</em>. Qu’est-ce que c’est que ce pianiste, qu’est-ce que c’est que cet artiste qui devra sa survie à une sonate ? Dans le vrai monde on te loupe pas toi. Par exemple. Les exemples lui viennent par poignées. Il aimerait bien parfois penser à autre chose, aller au soleil, retrouver Unetelle. Il y pense, ça lui arrive, en plein milieu d’un débat parfois sur un plateau de télé. Pas souvent. Mais ça lui est arrivé. Et ça lui arrive de plus en plus souvent. Qu’est-ce que je fais là ? Qu’est-ce que j’en ai à foutre de débattre avec ces connards ? Avec ce Bourricaud, c’était le nom d’un contradicteur. Avec ce Lavigne, il avait écrit un livre qui s’appelait <em>Je suis un communiste heureux</em>. Lavigne. Lévy ne boit pas, il résiste trop bien, il tient trop bien l’alcool, s’il avait bu il en aurait trop bu. Sain. Pas saint. Il a des zones d’ombres il ne s’étendra pas dessus. Ou alors toujours tellement déliées, tellement raisonnées (Benny Lévy l’a dit « le juif n’a pas été créé pour faire de la littérature mais pour étudier ») que ça ne fait pas tellement zones d’ombre, ça fait humain. Moi je raconte ça comme ça, rapide. Mais lui tout ça, il le détaille, il l’explique, l’endroit et l’envers. Il cherche la vérité. C’est un philosophe. Ça existe. Il y en a. Mais pas dans son coin, il aime bien parler, il aime bien aller leur dire. En tout cas il aimait bien. Il dit « je me suis bien amusé ». Il pense à toutes les parties de flipper qu’il a jouées. Il était le meilleur. Il posait les bombes à la télé, parce que c’était à la télé qu’il fallait les poser. Oui, à l’époque. L’époque a changé. Il adorait ça, souffler sur Bourricaud, s’il avait voulu il en faisait une bouchée, ce jour-là il a décidé de l’épargner, de penser plutôt à Untelle qu’il allait retrouver dès que toute cette comédie serait finie, que la dernière poignée de main serait classée. Il a regretté, le lendemain les journaux titraient « Lévy KO », parce que dans le dernier quart d’heure il avait posé les armes, estimant l’adversaire pas suffisamment estimable.</p>
<p>Il a deux ennemies, la volonté de pureté, qui cherche à assainir, la volonté de guérir, qui cherche le remède. Le malade est toujours imaginaire, et il fait ses comptes :</p>
<p>Argan : Trois et deux font cinq, et cinq font dix, et dix font vingt. Trois et deux font cinq. « Plus, du vingt-quatrième, un petit clystère insinuatif, préparatif, et rémollient, pour amollir, humecter, et rafraîchir les entrailles de Monsieur ». (Il lit l’ordonnance)… les entrailles de Monsieur, trente sols.</p>
<p>Le remède est toujours mauvais, c’est toujours un prétexte à compter. Bientôt les morts, <em>La Barbarie à visage humain</em>, <em>L’Idéologie française</em>, ceux du communisme, de la collaboration, du fascisme, à l’allemande, à la française, à la musulmane radicale extrémiste. Toujours un prétexte pour faire les comptes, chiffrer. Et rafraîchir les entrailles de Monsieur. Amollir, humecter. Il était bon Molière.</p>
<p>La volonté de pureté, <em>Tartuffe</em>. Ça, c’est la perversité, ça c’est la perversion, ça c’est la barbarie. C’est Molière qui parle, c’est moi, c’est Lévy, on s’en fiche, c’est nous. Avec lui, il ne faut pas avoir peur du collectif. Signer à côté les uns des autres. Parler au nom de. Parce que on a compris ce nom. On a compris cette identité. Il paraît que des livres sont parus contre lui, Lévy. Vous les avez lus ? Moi non plus. Mais on est au courant, on le sait. On sait qu’on lui reproche sa chemise blanche (pourquoi pas noire ?) et qu’on l’accuse d’imposture, d’insincérité. Imposture pour quoi faire ? Voyons, réfléchissons, pourquoi est-ce qu’il ferait tout ça ? Pour rien, ça bien sûr, ça ne peut pas leur venir à l’idée. Pour rien, et pour après en être fier. Il est fier d’avoir fait <em>Bosna!</em>. Il est fier d’être le fils d’un père qui s’est engagé à 17 ans dans les brigades internationales. On a pas tous cette chance, moi je ne suis pas fière de mon père. C’est le moins qu’on puisse dire. Je ne suis pas particulièrement fière de mes origines. Lui aussi il se bat contre ça, la fierté d’être français. Il répond : oui mais il y a pas toujours de quoi. Il y a des pays qui n’aiment pas qu’on le leur rappelle.</p>
<p>Il écrit :</p>
<p>Où en seraient les Etats-Unis s’ils n’avaient pas honte de leur passé esclavagiste, puis raciste ? Bref, Lévy, pour résumer, nous met le nez dans notre honte. Il met le doigt dessus. Il l’a fait plusieurs fois. Il sait qu’il s’est pas beaucoup trompé. Que son œil est exercé à déceler le totalitaire. Oui, les grands mots.</p>
<p>Quand moi je désigne mon cœur, le plexus, la zone où ça s’agite, je désigne un endroit où parfois ça bat très fort, parce que je sais pas comment je vais faire pour rétablir la vérité, j’ai les jambes coupées, et à l’endroit du plexus ça se serre, ça fait mal. Lui il a pas ça. Chez lui cette zone elle est stable. Il dit : c’est une zone protégée. Il ajoute : elle a peut-être été protégée par d’autres. Ses parents je suppose, c’est forcément ça, il n’y a qu’eux qui peuvent protéger cette zone-là pour toujours. Il dit: c’est une zone protégée. Il ajoute: elle a peu-être été protégée par d’autres. Ses parents, je suppose, c’est forcément ça , il n’y a qu’eux qui peuvent protéger cette zone-là pour toujours. Il dit zone protégée mais solitude, pas confort. Il dit zone protégée l’endroit du cœur et le reste aussi, armé, armure, reportage, aller voir sur place, savoir de quoi on parle. Quand il est en reportage il ne s’ennuie pas. Le reste du temps ça peut arriver. Confort émotionnel peut-être, mais pas confort intellectuel, dans la pensée, dans la conscience, là, non. Il se dit parfois : mais… y a que moi que ça dérange ? La vérité ça n’a aucune importance ? Badiou, Zizek, tous ces gens-là le dégoûtent. C’est pas son mot. C’est pas ses mots. Il ne dirait pas ce mot. C’est pas le genre à se tirer une balle dans le pied. Il ne va pas prendre le risque d’utiliser un mot qui va fragiliser toute une pensée, au service de certaines causes, certaines personnes, certaines situations. Il n’est pas candidat à la Présidence ou au Livre Inter, la parole a un sens, le livre aussi, il voudrait qu’on regarde un peu moins la chemise blanche, à col italien, et qu’on accepte d’écouter, d’entendre quand il nous dit : le Darfour a été zappé. Et Abdul Wahid Al-nur ne sait plus comment faire pour trouver de l’argent, pour l’armée de libération du Soudan. La parole <em>sert</em> à dire quelque chose. La plupart d’entre nous on ne sait pas, on n’a pas le courage de partir au Darfour en reportage, ou en Bosnie, on a autre chose à faire, on a notre travail, on a Untel, Unetelle, c’est bien de se répartir les rôles, lui ça lui plait de le faire. Pas par goût de la bonne cause, pas seulement ça.</p>
<p>Le plus important, c’est : Quand il fait <em>Bosna!</em>, il ne montre pas les Bosniaques comme des victimes, mais comme des résistants et des combattants. Ça c’est le plus important. Victime bourreau c’est pas ça qui le fascine. Le bourreau bien sûr il faut en connaître la mécanique, il faut soulever le capot, voir par où fument les entrailles de Monsieur, c’est tout. Le bourreau c’est celui qui ne résiste pas, surtout à lui-même. La victime c’est celui qui résiste. Qui essaye de résister, à la force, animale, sociale, globale, supérieure, à la pente, quitte à souffrir, quitte à perdre, c’est celui qui ne plie pas et qu’on maltraite pour ça. Et lui, Lévy, qui a sa zone protégée vers le plexus, il le sait ça, mais il ne filme pas la victime en train de tomber. Il la filme après, en train de s’accrocher, et d’être persécutée, en train de résister. C’est ça son programme, pour ça il a l’armure, et il a l’émetteur. Et il s’est automissionné pour ça. Sans raison. C’est comme ça. Il s’est octroyé le droit. Même si une petite voix lui crie de plus en plus souvent « à quoi bon ? » dans l’oreille. Et qu’il se dit « je ferais mieux de rejoindre Unetelle au soleil ».</p>
<p>Il a de la mémoire, c’est ça qui importe le plus, plus qu’Israël ou être juif, encore plus, sinon il aurait voté Sarkozy, sa politique internationale lui va, mais il n’aime pas les gens qui n’ont pas de mémoire ou qui la manipulent. Il ne le dit pas comme ça, il explique, il déroule le raisonnement, il convainc, avant de conclure il déroule pas à pas, il emmène par la main, c’est son travail, raisonner, dire, faire comprendre. Quoi ? Le bon message. Oui, le <em>bon</em> message. Car il y en a un bon et un mauvais. Le mal existe. La vérité aussi. Les mots existent. Il connaît leur sens. Mémoire, mal, vérité, démocratie, liberté. <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/jean-paul-sartre-8181.html" title="Jean-Paul Sartre">Sartre</a>. Sujet. Lacan. Coupable. Erreur. Il y a le bon coupable, le coupable idéal, celui qu’on prend toujours. L’Amérique. Pas assez coupable au Darfour pour qu’on s’en occupe. Par exemple. Polanski. C’est un bon coupable aussi. <em>Rosemary’s baby</em>. Mais pas seulement, <em>Le Pianiste</em>. Qu’est-ce que c’est que ce pianiste, qu’est-ce que c’est que cet artiste qui devra sa survie à une sonate ? Dans le vrai monde on te loupe pas toi. Par exemple. Les exemples lui viennent par poignées. Il aimerait bien parfois penser à autre chose, aller au soleil, retrouver Unetelle. Il y pense, ça lui arrive, en plein milieu d’un débat parfois sur un plateau de télé. Pas souvent. Mais ça lui est arrivé. Et ça lui arrive de plus en plus souvent. Qu’est-ce que je fais là ? Qu’est-ce que j’en ai à foutre de débattre avec ces connards ? Avec ce Bourricaud, c’était le nom d’un contradicteur. Avec ce Lavigne, il avait écrit un livre qui s’appelait <em>Je suis un communiste heureux</em>. Lavigne. Lévy ne boit pas, il résiste trop bien, il tient trop bien l’alcool, s’il avait bu il en aurait trop bu. Sain. Pas saint. Il a des zones d’ombres il ne s’étendra pas dessus. Ou alors toujours tellement déliées, tellement raisonnées (Benny Lévy l’a dit « le juif n’a pas été créé pour faire de la littérature mais pour étudier ») que ça ne fait pas tellement zones d’ombre, ça fait humain. Moi je raconte ça comme ça, rapide. Mais lui tout ça, il le détaille, il l’explique, l’endroit et l’envers. Il cherche la vérité. C’est un philosophe. Ça existe. Il y en a. Mais pas dans son coin, il aime bien parler, il aime bien aller leur dire. En tout cas il aimait bien. Il dit « je me suis bien amusé ». Il pense à toutes les parties de flipper qu’il a jouées. Il était le meilleur. Il posait les bombes à la télé, parce que c’était à la télé qu’il fallait les poser. Oui, à l’époque. L’époque a changé. Il adorait ça, souffler sur Bourricaud, s’il avait voulu il en faisait une bouchée, ce jour-là il a décidé de l’épargner, de penser plutôt à Untelle qu’il allait retrouver dès que toute cette comédie serait finie, que la dernière poignée de main serait classée. Il a regretté, le lendemain les journaux titraient « Lévy KO », parce que dans le dernier quart d’heure il avait posé les armes, estimant l’adversaire pas suffisamment estimable.</p>
<p>Il a deux ennemies, la volonté de pureté, qui cherche à assainir, la volonté de guérir, qui cherche le remède. Le malade est toujours imaginaire, et il fait ses comptes :</p>
<p>Argan : Trois et deux font cinq, et cinq font dix, et dix font vingt. Trois et deux font cinq. « Plus, du vingt-quatrième, un petit clystère insinuatif, préparatif, et rémollient, pour amollir, humecter, et rafraîchir les entrailles de Monsieur ». (Il lit l’ordonnance)… les entrailles de Monsieur, trente sols.</p>
<p>Le remède est toujours mauvais, c’est toujours un prétexte à compter. Bientôt les morts, <em>La Barbarie à visage humain</em>, <em>L’Idéologie française</em>, ceux du communisme, de la collaboration, du fascisme, à l’allemande, à la française, à la musulmane radicale extrémiste. Toujours un prétexte pour faire les comptes, chiffrer. Et rafraîchir les entrailles de Monsieur. Amollir, humecter. Il était bon Molière.</p>
<p>La volonté de pureté, <em>Tartuffe</em>. Ça, c’est la perversité, ça c’est la perversion, ça c’est la barbarie. C’est Molière qui parle, c’est moi, c’est Lévy, on s’en fiche, c’est nous. Avec lui, il ne faut pas avoir peur du collectif. Signer à côté les uns des autres. Parler au nom de. Parce que on a compris ce nom. On a compris cette identité. Il paraît que des livres sont parus contre lui, Lévy. Vous les avez lus ? Moi non plus. Mais on est au courant, on le sait. On sait qu’on lui reproche sa chemise blanche (pourquoi pas noire ?) et qu’on l’accuse d’imposture, d’insincérité. Imposture pour quoi faire ? Voyons, réfléchissons, pourquoi est-ce qu’il ferait tout ça ? Pour rien, ça bien sûr, ça ne peut pas leur venir à l’idée. Pour rien, et pour après en être fier. Il est fier d’avoir fait <em>Bosna!</em>. Il est fier d’être le fils d’un père qui s’est engagé à 17 ans dans les brigades internationales. On a pas tous cette chance, moi je ne suis pas fière de mon père. C’est le moins qu’on puisse dire. Je ne suis pas particulièrement fière de mes origines. Lui aussi il se bat contre ça, la fierté d’être français. Il répond : oui mais il y a pas toujours de quoi. Il y a des pays qui n’aiment pas qu’on le leur rappelle.</p>
<p>Il écrit :</p>
<p>Où en seraient les Etats-Unis s’ils n’avaient pas honte de leur passé esclavagiste, puis raciste ? Bref, Lévy, pour résumer, nous met le nez dans notre honte. Il met le doigt dessus. Il l’a fait plusieurs fois. Il sait qu’il s’est pas beaucoup trompé. Que son œil est exercé à déceler le totalitaire. Oui, les grands mots.</p>
<p>Quand moi je désigne mon cœur, le plexus, la zone où ça s’agite, je désigne un endroit où parfois ça bat très fort, parce que je sais pas comment je vais faire pour rétablir la vérité, j’ai les jambes coupées, et à l’endroit du plexus ça se serre, ça fait mal. Lui il a pas ça. Chez lui cette zone elle est stable. Il dit : c’est une zone protégée. Il ajoute : elle a peut-être été protégée par d’autres. Ses parents je suppose, c’est forcément ça, il n’y a qu’eux qui peuvent protéger cette zone-là pour toujours. Il dit: c’est une zone protégée. Il ajoute: elle a peu-être été protégée par d’autres. Ses parents, je suppose, c’est forcément ça , il n’y a qu’eux qui peuvent protéger cette zone-là pour toujours. Il dit zone protégée mais solitude, pas confort. Il dit zone protégée l’endroit du cœur et le reste aussi, armé, armure, reportage, aller voir sur place, savoir de quoi on parle. Quand il est en reportage il ne s’ennuie pas. Le reste du temps ça peut arriver. Confort émotionnel peut-être, mais pas confort intellectuel, dans la pensée, dans la conscience, là, non. Il se dit parfois : mais… y a que moi que ça dérange ? La vérité ça n’a aucune importance ? Badiou, Zizek, tous ces gens-là le dégoûtent. C’est pas son mot. C’est pas ses mots. Il ne dirait pas ce mot. C’est pas le genre à se tirer une balle dans le pied. Il ne va pas prendre le risque d’utiliser un mot qui va fragiliser toute une pensée, au service de certaines causes, certaines personnes, certaines situations. Il n’est pas candidat à la Présidence ou au Livre Inter, la parole a un sens, le livre aussi, il voudrait qu’on regarde un peu moins la chemise blanche, à col italien, et qu’on accepte d’écouter, d’entendre quand il nous dit : le Darfour a été zappé. Et Abdul Wahid Al-nur ne sait plus comment faire pour trouver de l’argent, pour l’armée de libération du Soudan. La parole <em>sert</em> à dire quelque chose. La plupart d’entre nous on ne sait pas, on n’a pas le courage de partir au Darfour en reportage, ou en Bosnie, on a autre chose à faire, on a notre travail, on a Untel, Unetelle, c’est bien de se répartir les rôles, lui ça lui plait de le faire. Pas par goût de la bonne cause, pas seulement ça.</p>
<p>Le plus important, c’est : Quand il fait <em>Bosna!</em>, il ne montre pas les Bosniaques comme des victimes, mais comme des résistants et des combattants. Ça c’est le plus important. Victime bourreau c’est pas ça qui le fascine. Le bourreau bien sûr il faut en connaître la mécanique, il faut soulever le capot, voir par où fument les entrailles de Monsieur, c’est tout. Le bourreau c’est celui qui ne résiste pas, surtout à lui-même. La victime c’est celui qui résiste. Qui essaye de résister, à la force, animale, sociale, globale, supérieure, à la pente, quitte à souffrir, quitte à perdre, c’est celui qui ne plie pas et qu’on maltraite pour ça. Et lui, Lévy, qui a sa zone protégée vers le plexus, il le sait ça, mais il ne filme pas la victime en train de tomber. Il la filme après, en train de s’accrocher, et d’être persécutée, en train de résister. C’est ça son programme, pour ça il a l’armure, et il a l’émetteur. Et il s’est automissionné pour ça. Sans raison. C’est comme ça. Il s’est octroyé le droit. Même si une petite voix lui crie de plus en plus souvent « à quoi bon ? » dans l’oreille. Et qu’il se dit « je ferais mieux de rejoindre Unetelle au soleil ».</p>
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		<title>«  J&#8217;ai lu &#171;&#160;De la guerre en philosophie&#160;&#187; ! ».</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Jan 2010 20:32:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
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		<description><![CDATA[J’ai lu De la Guerre en philosophie ! 
C’est un livre court, mais dense, où Bernard-Henri Lévy fait ce qu’il fait, à mon avis, le mieux : de la vraie philosophie. 
Mais attention ! De la philosophie accessible. Limpide. Lisible par tout le monde. De la philosophie qui, comme il le dit à un moment [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="size-medium wp-image-3573 alignleft" title="Liliane Lazar : «  J'ai lu "De la guerre". ». " src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/01/lilianelazar31-60x60.jpg" alt="Liliane Lazar : «  J'ai lu "De la guerre". ». " width="60" height="60" />J’ai lu De la Guerre en philosophie ! </p>
<p>C’est un livre court, mais dense, où Bernard-Henri Lévy fait ce qu’il fait, à mon avis, le mieux : de la vraie philosophie. <span id="more-3645"></span><br />
Mais attention ! De la philosophie accessible. Limpide. Lisible par tout le monde. De la philosophie qui, comme il le dit à un moment donné, ne se fait pas dans les Ecoles ou les amphithéâtres d’Université, mais dans la rue ou, mieux, sur les champs de bataille que BHL a passé sa vie à arpenter – mais à arpenter en philosophe.<br />
D&#8217;ailleurs c’est bien simple.<br />
Je vous donne les têtes de chapitre, juste les têtes de chapitre, je veux dire les titres des grandes parties &#8211; et vous allez comprendre tout de suite.<br />
Premier chapitre : « La Leçon d’Althusser, de Lacan et de quelques autres ».<br />
Deuxième : « Portrait du philosophe en guérillero et en voyou ».<br />
Troisième : « Eloge de la pensée vampire ».<br />
Quatrième : « Guerres de sang et de papier ? »<br />
Et le cinquième chapitre enfin : « Où en sommes-nous avec la Vérité ? ».<br />
Ce petit livre est une merveille.<br />
Il répond à la question : « pourquoi des philosophes ».<br />
Il nous explique à quoi cela sert, concrètement, face aux désastres du monde et à ses fureurs, de faire de la philosophie.<br />
Vous ne comprenez pas l’actuel débat sur l’identité nationale ? notre inaction au Darfour ? les dérives d’une extrême-gauche qui se compromet avec le pire (Tariq Ramadan, Le Monde Diplomatique, tant d’autres) ? Eh bien vous verrez ! Ces 100 et quelques pages sont comme une trouée de lumière. Elles montrent comment Platon, Hegel, Althusser ou  Leibniz peuvent être, ici et maintenant, nos vrais contemporains.<br />
Un vademecum pour temps de détresse.<br />
Une boussole pour nos incertitudes.<br />
Un peu de sens dans un monde qui en a de moins en moins.<br />
J’ai recensé, pour la French Review, tous les livres de Bernard-Henri Lévy depuis trente ans : alors croyez-moi sur parole si je vous dis qu’avec ce livre-ci vous ne serez pas déçus – c’est du B.-H. L. grande cuvée. </p>
<p>Et puis, un mot encore. </p>
<p>J’ai une autre surprise pour vous, amis qui suivez jour après jour l’actualité de ce site.<br />
Bernard-Henri Lévy, ce 10 février, ne sortira pas un livre mais deux !<br />
Et le deuxième, contrairement à De la Guerre, est, lui, un livre énorme qui fait plus de 1000 pages ! j’ai bien dit 1000 ! les aficionados vont adorer.<br />
Je lis, je renifle, je débroussaille – et je reviens.<br />
Liliane Lazar. </p>
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		<title>De la guerre en philosophie : le prochain ouvrage de Bernard-Henri Lévy !</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Jan 2010 10:00:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Liliane Lazar</dc:creator>
				<category><![CDATA[De la guerre en philosophie]]></category>
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		<description><![CDATA[J&#8217;AI LE DERNIER BHL!!!! 
Encore chaud de l&#8217;imprimerie, une épreuve non reliée que, d&#8217;habitude, seuls les journalistes reçoivent et que Monsieur Lévy a eu la gentillesse de me dedicacer.
Voici la dédicace qu&#8217;il m&#8217;a offerte en primeur: &#171;&#160;à toi, Liliane, mon fidele compagnon de route depuis 30 ans et, à travers toi, à tous ceux qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/01/lilianelazar32-150x150.jpg" alt="lilianelazar3" title="lilianelazar3" width="150" height="150" class="alignleft size-thumbnail wp-image-3622" />J&#8217;AI LE DERNIER BHL!!!! <span id="more-3621"></span><br />
Encore chaud de l&#8217;imprimerie, une épreuve non reliée que, d&#8217;habitude, seuls les journalistes reçoivent et que Monsieur Lévy a eu la gentillesse de me dedicacer.<br />
Voici la dédicace qu&#8217;il m&#8217;a offerte en primeur: &laquo;&nbsp;à toi, Liliane, mon fidele compagnon de route depuis 30 ans et, à travers toi, à tous ceux qui te lisent sur le site que tu gères avec tant de professionnalisme et de gentillesse. Je t&#8217;embrasse, Bernard-Henri Lévy &nbsp;&raquo;<br />
Pour le moment, je n&#8217;ai eu le temps que de le feuilleter mais je peux déjà vous dire que c&#8217;est un sacré Discours de la Methode à l&#8217;usage d&#8217;un homme qui se sert de la philosophie comme une arme contre les atrocités du monde.<br />
<img src="http://www.bernard-henri-levy.com/wp-content/uploads/2010/01/bhl-bosnie-150x150.jpg" alt="bhl bosnie" title="bhl bosnie" width="150" height="150" class="alignright size-thumbnail wp-image-3624" />Le livre s&#8217;appelle &laquo;&nbsp;<strong><em>De la Guerre en philosophie</em></strong>&laquo;&nbsp;. Et on y découvre un Bernard-Henri Lévy qui, au Darfour, en Bosnie, à Gaza,  ne prend pas de gants, il ne respecte aucune bienpensance ni aucune coterie, mais dit et pense ce qu&#8217;il voit.<br />
C&#8217;est à voir que lui sert la philosophie.<br />
C&#8217;est pour encore mieux voir qu&#8217;il fait de la philosophie.<br />
Le livre n&#8217;est pas très gros. Je vais le devorer cette nuit et je vous en donnerai des nouvelles demain ou, au plus tard, apres-demain,  promis.<br />
<strong>Liliane Lazar</strong></p>
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