Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

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BHL, selon l’AFP, retrouve, à Jerusalem, les « accents lyriques » de Malraux

AFP

andré malrauxJERUSALEM, 31 oct 2010 (AFP) – Le philosophe français Bernard-Henri Levy a évoqué dimanche à Jérusalem, un Malraux « passionné par l’aventure d’Israël », lors d’un colloque consacré à l’écrivain français et son rapport au judaïsme.

« Malraux était passionné pour l’aventure d’Israël et celle du peuple juif », a affirmé le philosophe durant un exposé, où il a retrouvé les accents lyriques de son illustre aîné.

Ce colloque, sous les auspices de l’Ambassade de France en Israël et intitulé « Malraux et ses harmoniques juives » présente pendant deux jours plusieurs interventions sur les rapports entre André Malraux et le judaïsme.

« Le mythe juif chez Malraux », « Le sionisme de Malraux, dernière illusion lyrique ? » ou encore « L’intérêt de Malraux pour les Juifs: une lubie romantique ? « , étaient quelques sujets évoqués par des universitaires français et israéliens. Bernard-Henri Lévy a passé en revue les différentes mentions d’Israël et du judaïsme dans l’oeuvre de Malraux.

Il a fait état notamment d’un projet avorté de l’écrivain de prendre la tête d’une « Brigade de combattants israélites » en 1956 pour défendre l’Etat d’Israël, face à l’Egypte, avant la campagne franco-britannique de Suez.

Il a évoqué, le « Malraux sioniste », celui qui avait dit lors d’un entretien à la radio que « quand on est le peuple de la Bible, on rentre à Jérusalem » et qui aurait affirmé à l’actuel président d’Israël Shimon Peres en 1967, que « si j’étais plus jeune, je me serai engagé dans Tsahal » ( l’armée israélienne.

BHL n’a pas oublié les zones d’ombre dans la relation difficile entre Malraux et Israël, notamment ce qu’il a qualifié de « voyage manqué », l’auteur français ayant annulé par deux reprises une visite prévue en Terre sainte.

mib/ms/s

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