Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Son actualité

BHL met le Printemps Arabe au générique du Festival (Paris-Match, le 31 mai 2012)

Paris Match

PARIS MATCH BHL SYRIELe symbole de la victoire comme un signe d’espoir envoyé à la résis­tance syrienne. Dix-huit ans après son premier film, « Bosna ! », le philosophe a conçu de A à Z « Le Serment de Tobrouk », un documen­taire à la subjectivité assumée, pré­senté hors compétition à Cannes le 25 mai, en salles le 6 juin. «J’y ra­conte une part des coulisses de la révolte libyenne, la part que j’ai vé­cue.» Celle que ce défenseur du devoir d’ingérence a rendue pos­sible par son entregent et sa pré­sence sur le terrain. La référence, dans le titre, à l’action en Libye des Forces françaises libres en 1941 n’est pas innocente. « Ce film est un hommage à la grandeur française. J’ai voulu montrer que, quand on veut, on peut, que la communauté internationale n’est pas toujours vouée à l’impuissance, que l’enga­gement personnel a du sens et peut être suivi d’effets. Pour un homme qui depuis quarante ans se bat pour des causes finalement perdues, c’est une grande joie de constater que, cette fois, cela a marché. »

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