Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

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BHL et « Le Serment de Tobrouk » : ce soir, à Cannes « le passage du flambeau de la Liberté »

Le 25 Mai 2012

BHL en LibyePour symboliser « le passage du flambeau de la Liberté » entre ex-rebelles libyens et insurgés syriens en guerre, Bernard-Henri Lévy va être accompagné, vendredi soir sur les marches du 65ème Festival International Du Film De Cannes 2012, par des vétérans libyens et deux opposants clandestins au régime de Damas.
L’écrivain-philosophe avait prévu et annoncé que des invités libyens, rencontrés l’an dernier pendant les combats, fouleraient à ses côtés le tapis rouge pour la projection de son documentaire présenté en sélection officielle (séance spéciale), Le Serment De Tobrouk.
Outre ces ex-rebelles, aujourd’hui membres de la nouvelle élite libyenne, deux syriens sont clandestinement sortis de leur pays, via des pays limitrophes et seront vendredi soir aux côtés de l’équipe du film.

Par crainte de représailles contre leurs familles, ils demandent à conserver l’anonymat et vont apparaître masqués, le visage caché dans des drapeaux de la « Syrie libre », sous les objectifs des caméras du monde entier.

Jeudi après-midi c’est derrière les rideaux tirés d’un bureau parisien, au rez-de-chaussée d’un immeuble d’un quartier chic, que Libyens et Syriens ont fait connaissance, en présence d’un reporter de l’AFP.
En arabe Suliman Fortia, l’un des héros du bastion rebelle libyen de Misrata, explique aux deux Syriens que « Bernard-Henri Lévy a été le premier à être venu en Libye. Ce qui s’est passé l’a été grâce à lui, car il connaissait Sarkozy« .
« Je vous souhaite la même chose. Bachar est un tyran comme Assad, il faut le faire tomber… Ma famille a lutté pendant trente-six ans, il faut avoir du courage ».

En anglais, langue que certains d’entre eux comprennent, BHL lance: « aux Jeux Olympiques, il y a quelque chose qui s’appelle le passage du flambeau. J’aimerais que demain, à Cannes, vous passiez le flambeau de ce que vous avez fait à nos amis syriens. C’est le sens de notre rencontre. Vous avez la flamme de la liberté, vous la passerez à nos frères syriens ».

L’un des deux Syriens, désormais officier dans l’un des groupes rebelles, ému aux larmes, sort de la pièce. Puis il revient et, sur un écran de télévision, tout le monde visionne Le Serment De Tobrouk.

(25 Mai 2012 – AFP)

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