Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Son actualité

Bernard-Henri Lévy fait un carton aux USA, suite

Autres Archives

BOOK-articleLargeSingulier destin que celui de “Public Enemies”, l’édition américaine du livre de Michel Houllebecq et Bernard-Henri Lévy publié en 2008, en France, par Flammarion et Grasset. Le livre connut alors, on s’en souvient, un succès mitigé. Aux Etats-Unis, en revanche, où il est sorti mercredi dernier et où Bernard-Henri Lévy en assure, ces jours-ci, la promotion, il semble qu’il soit parti pour faire un tabac.
Nous mettons en ligne la critique, excellente, signée par Sam Munson dans le Wall Street Journal de ce vendredi matin. Les deux critiques, moins favorables mais importantes, signées, dans le New-York Times, par Dwight Garner (page culturelle quotidienne) et Ian Buruma (supplément Livres du week end). Nous donnons également le lien avec les quatre grandes émissions de télévision dont le coauteur de Public Enemies a été l’nvité principal depuis mercredi: le Charlie Rose Show; l‘interview par Eliot Spitzer sur CNN; sur CNN aussi, l’émission de Fareed Zakaria; et, enfin, le Colbert Report qui est la plus populaire mais aussi la plus difficile de ces émissions et dont on verra que le directeur de la Règle du Jeu s’est tiré avec une sympathique et ironique maestria.
Le lecteur curieux se référera également au dernier numéro de Vanity Fair, aux quotidiens en ligne Daily Beast et Huffington Post. Il ira constater le buzz créé, sur tous les réseaux sociaux américains, par le lien établi par Bhl, dans ses interventions, entre la tuerie de Tucson en Arizona et le mésusage des mots et de l’art du débat dont se rendent coupables les ultraconservateurs type Sarah Palin.

Le résultat, en tout cas, est là. Quelques heures après sa mise en place le livre entrait dans le “Top 50″ des meilleures ventes de la librairie en ligne Amazon. Il oscille, depuis, entre la 15eme et la 35eme place – ce qui le met, en réalité, et pour l’instant, en tête des ventes de littérature générale aux USA. L’éditeur du livre, Random House, déclare à l’agent des deux auteurs, François Samuelson, avoir épuisé son premier tirage et avoir dû procéder, dans l’urgence, à un second tirage qui sera certainement suivi, au début de la semaine qui commence, d’un troisième. Que le public américain s’enflamme ainsi pour un livre de pure littérature signé par deux Français et où il est question de Goethe, de leurs pères respectifs, des rapports entre l’écrivain et la société, de Louis Aragon ou de Louis-Ferdinand Céline, n’est-ce pas éminemment réjouissant?

Maria de França (article reproduit avec l’autorisation de la Règle du Jeu)

Pas de commentaire »

Flux RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire