Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

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Bernard-Henri Lévy et les siens

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règle du jeu 20 ansVoilà une photo historique. C’est la photo du premier comité de rédaction de La Règle du Jeu, il y a vingt ans tout juste. Elle est due à Alexis Duclos. La scène se passe au 1 rue Madame où Bernard-Henri Lévy habitait à l’époque. Et on reconnaît, de gauche à droite : Albert Sebag, aujourd’hui coresponsable les pages culturelles du  Point ; Philippe Roger, aujourd’hui directeur de la revue Critique ;Marie-Joëlle Habert qui a longtemps assuré, après Guy Scarpetta, et auprès de Gilles Hertzog, la rédaction en chef de la revue et qui est, aujourd’hui, l’assistante personnelle de Bernard-Henri Lévy ; devant elle, Marina Malher ; à côté d’elle, Dominique-Antoine Grisoni, compagnon de tous les combats de Bhl et prématurément disparu ; puis Alain Ferrari, le coauteur de « Bosna ! » ; Guy Konopnicki, devenu un brillant essayiste et  romancier, éditorialiste à Marianne ; derrière lui, Jacques Martinez puis, près de Martinez, « l’ami suédois » de Bhl, Gabi Gleichmann ; Jean-Paul Enthoven ensuite, qu’on ne présente pas ;  Bernard-Henri Lévy, au premier plan ; assis près de lui, Jacques Henric ; derrière, Guy Scarpetta qui fut le premier rédacteur en chef de la revue ; puis, en allant vers la droite, Gilles Hertzog, Gilles Anquetil dont j’ignorais qu’il fût de l’aventure même si je savais que c’est aussi un des compagnons du premier cercle de BHL ; et, enfin, Bernard Sichère. Cette photo est très émouvante. Surtout en ce moment où, d’après ce que j’ai compris, cette revue fête son vingtième anniversaire. Des photos comme celle-là, il ne faut pas hésiter à m’en signaler, à m’en envoyer.

Liliane Lazar

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