Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Son actualité

Bernard-Henri Lévy en renfort du cinéma « Le Saint-Germain » ( Le Parisien, 4 mai 2011)

Le Parisien Aujourd’hui

le parisien 2-2L’écrivain Bernard-Henri Lévy apporte aujourd’hui sa caution au cinéma le Saint-Germain-des-Prés, en prenant une participation financière au capital de l’entreprise. Mais, surtout, il veut faire de cette adresse un lieu vivant de la pensée.

- Pourquoi vous être engagé dans le cinéma Saint-Germain des Prés?

Parce que ça aussi, mine de rien, c’est une bataille. Celle du cinéma d’auteur. Celle, à l’époque des mégagroupes, de la distribution de films indépendante. Et puis, bien sûr, l’avenir d’un quartier dont les lieux de culture et mémoire sont en train de disparaître un à un au profit des magasins de luxe – et c’est si triste… Au moment où le sort de la Librairie La Hune semble, sinon menacé, du moins incertain, le destin d’une salle aussi fortement symbolique ne peut pas laisser indifférent.

- Pourquoi symbolique?

Les plus beaux films du monde y ont été projetés. Les plus grands cinéastes, Godard par exemple, en ont fait leur quartier général. Et puis, je vous le répète, on est là au cœur battant de Saint-Germain…le parisien 2-1

- Et cela compte pour vous ?

Grasset, mon éditeur, est là. La Règle du jeu, ma revue, aussi. Tant de grands écrivains y sont passé, y ont vécu ! Vous connaissez le livre d’Aragon, Le Paysan de Paris ? Je me sens très « paysan de Saint-Germain des Prés »…

- Qu’allez-vous apporter à cette salle, en plus de votre soutien financier…

L’équipe de La Règle du Jeu est en train d’y réfléchir. Il y aura ce nouveau prix de cinéma dont la caractéristique sera d’être décerné, chaque année, par un jury d’écrivains. Mais l’idée est aussi de créer, au-delà même du cinéma proprement dit et de son lien renoué avec le monde de la littérature, un lieu d’échanges tous azimuts, de confrontation intellectuelle, de débats. En reste-t-il tant que cela, aujourd’hui, à Paris ?

Propos recueillis par E.L.M.

Un commentaire »

  1. Bonjour M Bernard Henri Levy
    Je pense qu’il n’est pas judicieux dans vos propos de comptabiliser les génocides comme vous l’avez fait sur CANAL+ car étonnamment vous avez oublié le génocide des bosniaques et dans un siècle différent mais toujours aussi présent celui du peuple noir. Compter c’est risquer de faire croire qu’on a oublié ou qu’on veux nier, procès bien sûr que je ne vous fais pas.
    Aurélien

    Commentaire par Rousvoal — dimanche 8 mai 2011 @ 11:38

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