Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Son actualité

Au sujet de la chronique de B.-H. Lévy du Point, Benoit XVI et Pièces d’identité

Autres Archives

lilianelazar3 Je crois que c’est du jamais vu. L’Osseratore Romano, qui est le quotidien du Vatican, son quotidien officiel, publiait hier, à la Une, la chronique hebdomadaire de Bernard-Henri Lévy. Il est vrai que celle-ci est assez extraordinaire, y compris pour ceux qui, comme moi, connaissent le mieux BHL. Il y défend, en effet, le pape Benoît XVI. Mais aussi Pie XII dont les « silences » sur la Shoah ont fait couler tellement d’encre. Bernard-Henri Lévy rejoint ainsi Serge Klarsfeld qui s’était, il y a quelques semaines, exprimé dans le même sens. Il essaie surtout, si j’ai bien compris, de ramener à la raison les esprits simples qui voudraient nous faire croire que, de l’horreur absolue que fut le silence du monde sur la destruction des juifs, l’Eglise catholique serait en quelque sorte la seule coupable. Comme je connais Bernard-Henri Lévy, je pense aussi que cet article s’inscrit dans un effort de fond, mené depuis très longtemps, pour pacifier les relations entre juifs et catholiques. Dans Pièces d’identité par exemple, le gros livre dont je vous ai déjà parlé et qui doit sortir le 10 février, on trouvera plusieurs textes où Lévy nous dit que, face au néoantisémitisme, l’alliance avec les catholiques lui paraît être une position essentielle à tenir. Son raisonnement est, en gros, premièrement que l’antisémitisme a changé de forme (antisionisme, négationnisme + compétition des victimes); et, deuxièmement, que le vieil antisémitisme catholique n’a plus, lui, aujourd’hui, qu’une importance résiduelle. Mais vous découvrirez tous ces textes au moment de la mise en librairie du livre. Pour l’heure, l’article de ce matin que je mets en ligne dans sa version française avant de partir à la recherche de sa version Osseratore Romano. Elle aussi, vous y aurez droit. Car c’est un document !
Liliane Lazar.

Pas de commentaire »

Flux RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire