Site édité par le professeur Liliane Lazar, Hofstra University, USA

Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Son actualité

Le 10 Juillet 2010, par Bernard-Henri Lévy

Appel international: il faut sauver Sakineh Mohammadi Ashtiani

lapidation

Sakineh Mohammadi Ashtiani ne sera pas lapidée. Les autorités iraniennes, face à la mobilisation internationale, ont annoncé qu’elles n’exécuteraient pas la sentence prononcée par les juges…
Mais attention ! Sakineh Mohammadi Ashtiani n’est pas tirée d’affaire pour autant et risque ce que l’on appelle pudiquement, en Iran, une peine de substitution – à savoir, par exemple, la mort par pendaison.
Or quel est le crime de Sakineh Mohammadi Ashtiani ? Quelle est l’imprescriptible faute qui a valu à cette mère de famille de 43 ans de recevoir, il y a quatre ans, 99 coups de fouet et d’être condamnée, après cela, à être enterrée vive, jusqu’au cou, et à voir une horde de mâles lui fracasser la tête à coups de pierres jusqu’à ce que mort s’ensuive ? Oui, quel est le crime qui, aujourd’hui encore, et alors que, je le répète, l’ambassade d’Iran à Londres vient d’annoncer que l’ordre de lapidation a été in extremis annulé, l’oblige à attendre, dans le couloir de la mort de la prison de Tabriz, l’annonce d’un châtiment qui, même s’il est apparemment moins barbare, sera aussi atroce ? Son crime, son seul crime, un crime que, par parenthèse, elle nie avoir commis et dont, autre parenthèse, trois des cinq juges ayant eu à se prononcer sur son cas doutent fortement qu’elle l’ait commis, ce crime, donc, qui fait qu’elle risque, à l’heure où j’écris, d’être sauvagement exécutée serait d’avoir eu des relations hors mariage avec un homme plusieurs années après… la mort de son mari !
L’accusation serait grotesque si ses conséquences n’étaient aussi abominables.
Elle serait à inscrire au grand registre des inconséquences et des folies des Etats totalitaires si six personnes au moins (cinq hommes et une femme) n’avaient été effectivement lapidées malgré le moratoire décrété, en 2002, sur ce type de châtiment.
Et j’ajoute que ce moratoire lui-même, ce moratoire qui n’empêche donc pas que des lapidations aient quand même lieu, est considéré comme nul et non avenu par nombre d’autorités religieuses, politiques et judiciaires en Iran : Ali Reza Jamshidi, porte parole du ministère de la justice, n’a-t-il pas déclaré, en janvier 2009, que le concept de moratoire n’avait aucun sens en droit iranien ? et le Conseil des Gardiens de la révolution ne se bat-il pas, bec et ongles, pour empêcher que la lapidation ne sorte du nouveau code pénal que certains réformateurs semblent désireux de toiletter ?
C’est pour toutes ces raisons que le cas Sakineh Mohammadi Ashtiani est si important.
C’est pour toutes ces raisons qu’il faut que nous soyons nombreux, très nombreux, à rejoindre le mouvement d’opinion parti du Canada (avec le site internet www.freesakineh.org lancé par Heather Reisman, Marie-Josée Kravis, d’autres) de Grande Bretagne (avec le spectaculaire appel lancé, ce vendredi 9 juillet, à la Une du « Times » de Londres, et que j’ai, personnellement, signé) des Etats-Unis (autour de personnalités comme mon amie Arianna Huffington) et, aujourd’hui, du Brésil (grâce aux efforts de l’éditeur de Companhia das Letras, Luis Schwarcz)..
Et c’est pour ces raisons que j’engage, à mon tour, en Europe, les amis qui, depuis tant d’années, me suivent dans mes combats, à rejoindre, de toute urgence, le mouvement : je m’adresse aux lecteurs de ma revue, La Règle du Jeu  (laregledujeu.org) ; je m’adresse aux hommes et femmes de bonne volonté qui me lisent, chaque semaine ou presque, dans le Corriere della Sera, El Pais ou la Frankfurter Algemeine Zeitung ; et, à tous, je demande de s’adresser directement aux autorités iraniennes en charge du dossier Sakineh Mohammadi Ashtiani et de leur demander a) de surseoir à toute forme d’exécution ; b) de clarifier le statut légal de la prévenue et d’en informer, dans les plus brefs délais, son avocat ; c) d’accélérer la réflexion et, espérons-le, la décision visant à retirer du Code Pénal une peine – la lapidation – qui fait honte à la culture persane et dont les musulmans éclairés du monde entier savent qu’elle appartient à un âge archaïque.
Cet appel doit être adressé à l’Ayatollah Sayed ‘Ali Khamenei, Guide suprême de la République islamique d’Iran dont Amnesty International vient de rendre publique l’adresse internet (info_leader@leader.ir) ainsi que le website (http://www.leader.ir/langs/en/index.php?p=letter).
Il doit être adressé au ministre de la justice, l’Ayatollah Sadegh Ardeshir-Larijani, à l’adresse suivante, également publiée par Amnesty et où il semble qu’il soit atteignable : Office of the Head of the Judiciary; Pasteur St.; Vali Asr Ave.; south of Serah-e Jomhouri ; Tehran 1316814737 ; Islamic Republic of Iran.
Copie peut en être également envoyée au secrétaire général du Haut conseil pour les droits humains, Mohammad Javad Larijani : Pasteur St; Vali Asr Ave. ; south of Serah-e Jomhuri ; Tehran 1316814737 ; Islamic Republic of Iran.
Tous doivent être submergés de messages.
Tous doivent être conscients du fait que le monde a les yeux fixés sur eux et sur le sort qu’ils réserveront à Sakineh Mohammadi Ashtiani ainsi qu’aux onze autres personnes (huit femmes et trois hommes) qui, dans d’autres couloirs de la mort, attendent de savoir s’ils seront ou non lapidés.
A tous il faut rappeler qu’un grand pays, héritier d’une si haute culture, ne peut conserver des pratiques punitives aussi atrocement barbares et qui contreviennent si ouvertement au Pacte international relatif aux droits civils et politiques dont l’Iran est signataire.
Vite, amis, je vous en supplie : il n’y a pas une minute à perdre si nous voulons que Sakineh Mohammadi Ashtiani, et ses onze compagnons d’infortune et d’horreur, aient la vie sauve.
Bernard-Henri Lévy

4 commentaires »

  1. Messieurs les mollahs, il est utile de vous rappeler que les femmes sont des êtres humains à part entière, qu’ELLES DOIVENT ETRE RESPECTEES, SIMPLEMENT RESPECTEES.

    Commentaire par Franncois tekat — mardi 24 août 2010 @ 18:21

  2. Messieurs de l’Iran de votre décision dépend l’honneur du Monde, celui des Hommes et celui des Musulmans. Certaines taches de sang sont indélébiles et les siècles des siècles ne peuvent les effacer.

    Commentaire par Gérard Pendaries — mardi 24 août 2010 @ 07:24

  3. We have to save the life of that woman

    Commentaire par mirella hinrichsen — dimanche 22 août 2010 @ 17:45

  4. c’est effarant , on ne peut pas accepter que les femmes soient « lapidées » à travers le monde, la tragédie est partout , surtout dans les pays où l’extremisme est la raison de vivre des hommes..

    Commentaire par Baudouin — lundi 16 août 2010 @ 11:21

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