Alexis de Tocqueville

Alexis-de-TocquevilleFaut-il classer Alexis de Tocqueville parmi les maîtres de Bernard-Henri Lévy ? Non, dans la mesure où il ne l’a, à notre connaissance, jamais cité avant la publication de « American Vertigo« . Mais oui, tout de même, parce qu’il y a justement « American Vertigo » qui n’est pas rien dans l’œuvre  de Bernard-Henri Lévy et qui est tout entier placé sous son signe. Rappelons que le livre résulte d’une commande d’un magazine américain, Atlantic Monthly, alors dirigé par Cullen Murphy,  et que la commande était de refaire, aux Etats-Unis, l’itinéraire d’Alexis de Tocqueville. Le voyage dura un an. Avec, certes, quelques retours à Paris mais, néanmoins, une immersion très forte dans le climat américain. Lévy fut accompagné, dans cette aventure, par un assistant faisant office de chauffeur, Tim Heffernan. Et aussi par deux autres  assistantes faisant office d’interprètes, traductrices et documentalistes. Rétrospectivement, cette enquête jette une lumière crue sur le reste de l’œuvre de Lévy. Et on s’aperçoit que nombre d’intuitions de ses précédents livres ne s’expliquent, même s’il ne le citait pas, que par la présence discrète d’Alexis de Tocqueville dans son œuvre. Son antitotalitarisme, bien sûr. Sa défense de la démocratie et ses critiques (dans La Pureté dangereuse, par exemple) des formes populistes que cette démocratie peut prendre. Tout le chapitre sur le populisme, à l’intérieur de La Pureté dangereuse. Le procès de la démocratie d’opinion et l’idée, exprimée par exemple dans le Testament de Dieu, que la démocratie n’est pas seulement la loi du nombre et de la majorité car il y faut encore le respect d’une Loi supérieure qui, parfois, peut s’opposer au nombre. Ou bien le chapitre sur l’idée réactionnaire du progrès dans « La Barbarie à visage humain ».  Il y a une veine « aristocratique » dans la pensée de Lévy. Un élitisme assumé. Et il y a, en tout cas, une souveraine indifférence à l’endroit des reproches en élitisme qui lui sont parfois faits.  Tout cela est du tocquevillisme pur. Et c’est pourquoi le nom de l’auteur de « La Démocratie en Amérique » mérite de figurer ici, parmi les maitres de Bernard-Henri Lévy.

Liliane Lazar.


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