Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

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A propos du « Journal Libyen » de Bernard-Henri Lévy

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BHL a MisrataJ’ai joint Bernard-Henri Lévy. Il ne veut pas en dire plus, sur son prochain livre, que ce qu’en disait Le Figaro d’hier. J’ai tout de même compris que ce livre se présente comme un journal. Bernard-Henri Lévy, les lecteurs de ce site le savent, et il en parlait notamment dans son échange de correspondances avec Michel Houellebecq, fait partie des écrivains qui tiennent un journal. Eh bien ce nouveau livre, La Guerre sans l’aimer (Grasset, 9 novembre), c’est ce journal, exactement ce journal mais expurgé de tout ce qui, de près ou de loin, ne concerne pas la Libye. On y lira donc, au jour le jour, parfois heure par heure, la chronique de son engagement pour la Libye libre. On y découvrira le détail de ses efforts pour que la Libye ne connaisse pas le même désastre que la Bosnie. J’ai compris aussi que l’auteur ne cache rien des interrogations ou des doutes qui ont pu, à certains moments, l’assaillir. Même si sa conclusion reste optimiste: il ne croit pas que le danger islamiste soit un danger sérieux dans cette Libye de l’après Kadhafi. Il continue, au terme de ses 650 pages, de voir dans la Libye un bon laboratoire des espoirs soulevés par les printemps arabes. Je vous en dis plus dès que j’en sais plus.

Liliane Lazar.

Un commentaire »

  1. Le président du CNT, Mustapha Abdel Jalil, a déclaré, le 8 octobre, que l’ère du colonialisme italien a été pour la Libye « une ère de développement ». En effet, « le colonialisme apporta des routes et des édifices très beaux aujourd’hui encore à Tripoli, Derna et Benghazi ; il apporta le développement agricole, des lois justes et des procès justes ; tout cela, les Libyens le savent très bien. »
    Non seulement les Libyens, mais le monde entier le sait ! Vive le CNT ! Vive la Libye libérée !

    Commentaire par Gilles — mercredi 12 octobre 2011 @ 08:10

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