Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Son actualité

22 – Ennemis Publics

Newsletter, par Liliane Lazar

«Quousque tandem…» : F.Arrabal, Bernard Henri Lévy et Michel Houellebecq (premières signatures).

Et puis Ante Glibota, Lucien Clergue, Bruno Maillé, Christian Pasturel, Generación XXI, Patricia Dupuy , Benjamin Ivry, Francesco Forlani, Fulvio Abbate, Raúl Herrero, Mylène Besson, Pierre Leloup, Maxime Godard, Christèle Jacob, Libros del Innombrable, Librairie nomade, Francisco Torres Monreal, Carlos del Moral, Ben Ami Fihman, Kalliopi Exarchou, Benoît Szakow, Cassandre/ Hors Champ, Georgette Kalabobe, René Strubel, Mira Kim, Gata Kamsky, Javier Esteban , Martín Marcos, Angel Alonso Tomas, Marta García…

Jusqu’à quand la calomnie se haussera-t-elle, indélébile ?
Jusqu’à quand les charognards éclabousseront-ils de leur propre ignominie les solitaires?
Jusqu’à quand la frontière entre vie privée et domaine public sera-t-elle ‘napalmisée’?
Jusqu’à quand les violeurs de l’indispensable secret de nos vies se rassasieront-ils dans les latrines de l’histoire? Jusqu’à quand les exterminateurs de la nuance entre l’œuvre et son auteur continueront-ils de sévir?
Jusqu’à quand la victime sera-t-elle couverte de crachats et clouée au pilori ?

Nous exprimons notre amitié et notre vive admiration pour Milan Kundera aujourd’hui, 16 octobre 2008, à Paris.

¿Hasta cuando la calumnia se alzará, indeleble?
¿Hasta cuando los carroñeros salpicarán con su propia ignominia a los solitarios?
¿Hasta cuando la frontera entre vida privada y dominio público será « napalmizada »?
¿Hasta cuando los violadores del indispensable secreto de nuestras vidas se cebarán en las letrinas de la historia?¿Hasta cuando los exterminadores del matiz entre la obra y su autor continuarán agarrotando?
¿Hasta cuando la víctima será cubierta de escupitajos y clavada en la picota?

Expresamos nuestra amistad y nuestra viva admiración por Milan Kundera hoy, 16 de octubre de 2008, en París.

Quanto a lungo la calunnia si ergerà, incancellabile?
Quanto a lungo le carogne infangheranno delle loro ignominie i solitari?
Quanto a lungo la frontiera tra vita privata e pubblica sarà napalmizzata?
Quanto a lungo i violentatori dell’ indispensabile segreto delle nostre vite si sfameranno nelle latrine della storia? Quanto a lungo gli sterminatori della sfumatura tra l’ opera e il suo autore continueranno a imperversare?
Quanto a lungo la vittima sarà ricoperta di sputi e inchiodata al palo della gogna?

Esprimiamo la nostra amicizia e viva ammirazione per Milan Kundera oggi, 16 ottobre 2008, a Parigi. (Traduction Francesco Forlani)

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