Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Sa biographie

2007

2005 à 2009

French writer Bernard Henri LŽvy in Darfour/SoudanIl réalise, au printemps, un reportage clandestin au Darfour qui sera publié tant dans Le Monde que, comme la plupart de ses grands reportages, dans un pool de grands journaux européens (Corriere della Sera, El Mundo, Financial Times Magazine etc). Ce reportage clandestin, à partir de la frontière tchadienne, et qui lui fera parcourir plusieurs centaines de kms à l’intérieur du Darfour dévasté, il est l’un des rares européens, avec le Docteur Richard Rossin, à l’avoir fait. L’accompagnent Gilles Hertzog et le photographe Alexis Duclos, témoin, lui aussi, de nombre de ses combats.
Il milite, dans la foulée, pour le boycott des Jeux Olympiques de Pékin – capitale du pays qui se trouve être le plus en pointe dans le soutien aux massacreurs de Khartoum. Dans ce but, il prend l’initiative, avec François Zimeray (SOS Darfour) et Jackie Mamou (Urgence Darfour) d’un grand meeting à la Mutualité de Paris où seront appelés à s’exprimer tous les candidats à l’élection présidentielle.
Bernard-Henri Lévy, contrairement à certains de ses vieux compagnons de pensée et de combat, se défie de Nicolas Sarkozy et appelle, dans cette élection, à voter pour Ségolène Royal qui est la seule, dit-il, à avoir pris une position claire sur cette tragédie du Darfour ainsi que sur l’évolution mafieuse de la Russie de Vladimir Poutine. Des livres, parus dans la foulée de l’élection (par exemple « La Femme Fatale » de Raphaelle Bacqué et Ariane Chemin) lui prêtent un rôle actif, militant, important (trop important ?), dans la campagne de la candidate socialiste vaincue.
A l’automne, il publie un nouveau livre, « Ce grand cadavre à la renverse» essai (Grasset) qui lui vaudra de vives critiques, parfois violentes, de la part de l’extrême-gauche et, en particulier, de la mouvance du Monde Diplomatique.
C’est aussi l’époque où l’ex humoriste Dieudonné, devenu activiste antisémite, fait de lui l’une de ses cibles privilégiées.

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