Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Sa biographie

2002

2000 à 2004

En février 2002, Jacques Chirac, Président de la République française, Lionel Jospin, Premier Ministre et Hubert Védrine, Ministre des Affaires étrangères, confient à Bernard-Henri Lévy la mission de se rendre en Afghanistan pour réfléchir à la contribution de la France à la reconstruction d’un Afghanistan libre. A son retour, Lévy présente un Rapport au Président de la République et au Premier Ministre qui sera publié, conjointement, par La documentation Française et Grasset.

En mai, le Prix Aujourd’hui lui est attribué à son livre « Réflexions sur la Guerre, le Mal et la fin de l’Histoire» . Un autre honneur prestigieux est décerné à BHL, mais cette fois en Israël : le Doctorat Honoris Causa de l’Université de Tel Aviv.

En septembre, il crée en Afghanistan un mensuel de langue française, « Les Nouvelles de Kaboul» , dont il est le directeur et que finance la « Fondation André Lévy» , créée et baptisée à la mémoire de son père. Au même moment, à Bujumbura, et toujours sous l’égide de la même Fondation, il crée, avec David Gakunzi, « Radio Renaissance et Citoyenneté» qui émet sur toute la région des Lacs et qui veut « l’anti-Radio Mille Collines» ; toujours sous l’égide de la « Fondation André Lévy » et sous la responsabilité de ses compagnons du temps de la Bosnie en guerre, Susan et Samir Landzo, naît le Kid’s Festival de Sarajevo qui se propose de reconstruire à partir de ses enfants la société bosniaque déchirée par la guerre, les massacres et l’esprit de revanche.

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