Le 20 avril 2009 : BHL, Elie Wiesel et le père Patrick Desbois, place des Nations, face à l’ONU et Durban II pour Yom Hashoah

 

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Ce 20 avril 2009, place des Nations, face à l’ONU, se déroulaient les cérémonies de Yom Hashoah, journée à la mémoire des victimes de la Shoah, en présence de nombreuses délégations internationales. Irwin Cotler, député, ancien ministre de la Justice canadienne, Elie Wiesel, le père Patrick Desbois y sont intervenus ainsi que Bernard-Henri Lévy, après qu’un hommage ait été rendu à René Cassin et à Raphaël Lemkin, les principaux inspirateurs et rédacteurs respectivement de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et de La Convention contre les génocides. Plusieurs discours se succédèrent, prières, kaddish, leçons d’histoire et de philosophie. Des rescapés juifs et tziganes, des Justes parmi les Nations et des héros de la Résistance allumèrent ensemble la flamme de la Mémoire.

Ces cérémonie fixées à la date du 27 du mois de nissan (entre le début du mois d’avril et celui de mai selon les années) du calendrier hébraïque,  comme cela se passe depuis 1959, étaient organisées le jour même où s’ouvrait au Palais des Nations unies, la Conférence d’examen de Durban II. 2000 personnes furent ainsi rassemblées par l’Histoire pour se recueillir devant l’institution dans laquelle la présence du président iranien, applaudi par certains, donna un air de mascarade à la teneur globale de la conférence mondiale contre le racisme. Ainsi, le lieu, la circonstance, le contexte et les intervenants firent de cette cérémonie de Yom Hashoah, une réponse humaniste à l’injure aux Droits de l’Homme qui se jouait à l’intérieur du Palais des Nations. Une leçon d’Histoire et d’humanité.

Et me voici, comme chaque fois, plus peut-être que les autres fois, contraint de réexpliquer pourquoi cette commémoration est, non seulement pour les juifs mais pour le monde, un devoir essentiel.

Ne faut-il pas, demandent certains, laisser les morts enterrer les morts et l’oubli, le bon oubli, cicatriser les blessures du passé ? Oui, bien sûr, il le faut. Oui, bien sûr, il est toujours bon de laisser les morts enterrer les morts. Et je dirai même qu’il n’y a pas plus juif, pas plus conforme aux commandements de la Torah, que cette injonction évangélique d’enterrer vite, une fois pour toutes, les morts. Sauf… Oui, sauf quand ce sont des morts qui ne sont, justement, pas enterrés. Sauf quand ce sont des morts dont le mourir même impliquait qu’il fût sans tombe ni mémorial. Sauf quand ce sont des morts dont la mort fut programmée pour être une mort sans trace, sans vestige et donc, j’y insiste, sans sépulture. Alors, il appartient aux vivants d’être les tombeaux vivants de ces morts. Et alors, par exception, il est du devoir des survivants, et des enfants des survivants, de porter en eux le souvenir de ces pères qui auront, à jamais, l’âge de leurs enfants.

La suite de l’intervention de Bernard-Henri Lévy en vidéo : ici

Aline Le Bail-Kremer

 

 

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