Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Sa biographie

1997

1995 à 1999

alain delonTourné au Mexique, Le Jour et la Nuit, le premier film de fiction de Lévy, coécrit avec Jean-Paul Enthoven, est joué, entre autres, par Alain Delon, Arielle Dombasle et Lauren Bacall. Il aborde les thèmes de la passion, l’art, la littérature. Il figure en sélection officielle au Festival de Berlin 1997. Mais connaît un échec commercial et critique retentissant.

Après le « bide-bang » de ce film, Bernard-Henri Lévy part à Tanger et y écrit « Comédie » (Grasset), le plus personnel de ses essais où il se moque de ce qu’il appelle sa « marionnette » et se livre à une autocritique grinçante de « BHL ». « Comédie » est, aussi, une analyse lucide de la « société du spectacle » ainsi que de l’affaire Gary/Ajar. Dans cette confession émouvante, l’auteur jette le masque. « Autoportrait, dit-il, pas autofiction ». Et : « non pas mise en scène, mais mise en question ».

Pas de commentaire »

Flux RSS des commentaires de cet article. Adresse web de rétrolien

Laisser un commentaire