Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Sa Biographie

1979

1975 à 1979

romain gary« Le Testament de Dieu » paraît en 1979, toujours chez Grasset : démarrant là où « La Barbarie à visage humain » s’arrêtait, il propose une réponse au nihilisme et au désenchantement contemporains. Cette réponse, Bernard-Henri Lévy la trouve dans le texte biblique. Le livre est salué par Emmanuel Levinas, auquel l’auteur se réfère à de nombreuses reprises.

Bernard-Henri Lévy se rend fréquemment en Italie où il participe activement, dans les cercles de gauche et d’extrême-gauche, parfois au contact du psychanalyste Armando Verdiglione, au combat intellectuel contre le terrorisme ; soucieux, comme il le dit, de « combattre l’adversaire sur son terrain » , il donne au quotidien alternatif « Lotta Continua » des textes où il souligne la généalogie fasciste du terrorisme d’extrême-gauche. Il se lie, à Paris, avec Romain Gary qu’il verra régulièrement, jusqu’à la veille de sa mort, en décembre 1980.

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