Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Son actualité

12 – Affaire rue 89 – Suite et fin nous l’espérons

Newsletter, par Liliane Lazar

Affaire rue 89 – suite et, nous l’espérons, fin.

Raphaël Glucksmann et Gilles Hertzog, compagnons du voyage de B-H Lévy en Géorgie ont, chacun, adressé au site Rue 89 un Droit de réponse que nous reproduisons ci-après.

Mise au point de Raphaël Glucksmann :

Choqué par le texte que vous avez écrit sur le reportage de BHL et par l’utilisation que vous avez faite du témoignage détaillé que j’ai bien voulu vous donner, je vous demande d’avoir l’honnêteté de publier ces lignes sur votre site.

J’ai accompagné votre cible dans la quasi totalité de son périple géorgien et tout ce qu’il dit avoir vu en ma compagnie est vrai. A deux moments, nous avons été séparés.

1/ Lorsqu’il a pu passer le barrage russe qui nous empêchait de rentrer dans Gori : sur cette partie de son reportage, consultez le papier de la journaliste du Washington Post présente à ses côtés et qui confirme ses vues (il n’a jamais écrit dans le Monde avoir atteint le centre de Gori).

2/ Quand nous avons dû descendre le lendemain de notre camionnette blanche (qui n’avait rien de luxueuse, je peux vous le garantir) sur la route de Gori au dernier barrage géorgien avant le check-point russe où ont eu lieu le vol de voitures dont il parle dans son article. A cet instant, je suis parti avec ma caméra faire des sonores de militaires géorgiens à l’écart de la route pendant plus d’une demi-heure. Je vous ai expliqué que nous étions si près du check-point russe qu’il a pu les voir en se déplaçant à pieds (je vous ai décrit le coude fait par la route à cet endroit). Il marche assez bien pour faire un cent mètres en moins de trente minutes (pas un record olympique, vous en conviendrez).

Je me suis confié à vous en croyant à votre histoire de « fact-checking », alors que vous n’aviez qu’un but : détruire un témoignage important et, surtout, conforme à la réalité que j’ai constatée sur place. Quand un peuple se bat pour sa liberté (et indirectement la nôtre), vous jugez primordial de vous arrêter à une histoire d’avion privé. C’est votre choix, mais je vous prie de ne pas tronquer mes propos pour servir un objectif que je me réjouis de ne pas partager.

Raphaël Glucksmann

Mise au point de Gilles Hertzog

Monsieur le Directeur,
Le compte-rendu de Rue89 du voyage de Bernard-Henri Lévy en Géorgie avec moi-même, pour lequel votre collaborateur Julien Martin m’a sollicité, et auquel j’ai répondu en toute clarté, appelle de ma part les remarques suivantes :
Loin d’être une simple collection de fact-checking, comme votre article le prétend, tout ce texte, du début à la fin, transpire d’une hostilité de principe et d’une volonté constante, dans les moindres détails, y compris les plus incongrus, de nuire à votre « cible » du jour, BHL.Dans ce florilège de piques et de niques, ne manque que la chemise blanche dont ses détracteurs lui font rituellement péché. Que votre rédacteur n’y a-t-il donc pensé !
Je ne rentrerai pas à mon tour dans l’exégèse de ce texte, tissé d’interprétations tendancieuses, farci d’allusions fielleuses et de détails matériels qui n’ont rien à voir avec le fond, c’est-à-dire le drame géorgien et l’engagement d’un intellectuel français sur le terrain.Passons sur les contre-vérités. Un seul exemple : BHL, dans son article du Monde, n’a jamais prétendu être rentré dans Gori. Pour votre article, insidieusement, si.
Le fait-même que votre rédacteur s’autorise à présenter mes propos comme des « divergences » avec BHL est une basse manoeuvre. A aucun moment, je n’ai mis en doute ses constats et sa relation des faits. Certes, ils lui sont propres, mais il se trouve que je les partage entièrement.
Je vais plus loin : n’aurais-je pas eu les mêmes appréciations à la lettre près, -comme si je me devais, aux yeux de votre rédacteur, d’être son ombre radicale et son double en tous points, et le coller pas à pas comme un scotch- en quoi cela infirme-t-il les siennes ?
Je vous prie donc d’insérer au plus tôt ces quelques lignes dans « Rue89 ».
Vous recevrez par porteur cette même lettre ainsi que la requête d’un droit de réponse par la voie officielle de mon avocat, Maître Charline Elkind.
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, mes salutations distinguées.

Gilles Hertzog

Ces deux lettres suffiront-elles à mettre un terme à cette polémique absurde?

Lilian Lazar

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