Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

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« Misrata: leçon de résistance et de courage » ( Bernard-Henri Lévy interviewé par Ruth Elkrief).

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BFM  BHL 1 JUINBernard-Henri Lévy avait choisi, mardi soir, le journal de Ruth Elkrief, sur BFM, pour livrer ses premières impressions depuis son retour de Libye, plus particulièrement de Misrata.

Misrata où la population « a donné au monde leçon de résistance et de courage sans précédent », tient-il à rappeler. «Car l’intervention alliée – ça c’est l’honneur de la communauté internationale et en particulier de la France – a empêché un bain de sang à Benghazi. Mais pas à Misrata. Ce sont les citoyens de Misrata eux-mêmes qui, avec un soutien très faible, ont repoussé, chassé, les chars de Kadhafi... Une ville qui arrive à mains presque nues, à faire sortir des chars, c’est une leçon de courage et d’héroïsme comme il en existe très peu dans l’histoire contemporaine ».

Sur le terrain, les faubourgs de la ville sont encore fortement touchés par les bombardements. En particulier Defna et Abdul Raouf. Oui, explique Bernard-Henri Lévy, Kadhafi continue à avoir les moyens de sa sauvagerie. D’où le message qu’il rapporte de Misrata « Merci à Monsieur Sarkozy, merci à la France. Mais donnez-nous des moyens. Envoyez vos hélicoptères ».

Sur le front diplomatique. Bernard-Henri Lévy évoque également sa rencontre avec le Président sénégalais Abdulaye Wade, auquel il a présenté, il y a une quinzaine de jours, des représentants du Conseil National de Transition. « Grand dirigeant africain, grande autorité en Afrique, le président Wade a reconnu il y a quelques jours le CNT. Et c’est une date très importante… Kadhafi qui se voulait le roi des rois africains a perdu ce soutien, il n’a plus la moindre légitimité ».

A Misrata, Bernard-Henri Lévy vient d’être fait citoyen d’honneur. Et il se dit heureux d’avoir apporté, à sa ville d’adoption, plusieurs lettres de soutien, « magnifiques » qui émanent de maires de grandes villes tels Pierre Cohen, Roland Ries, Gérard Collomb, Bertrand Delanoë et Martine Aubry.

« Je trouve bien que le parti socialiste à travers ses personnages les plus éminents, et les maires de ses plus grandes villes aient eu le fair-play, l’intelligence politique et morale de ne pas s’arrêter à des considérations politiciennes quand l’essentiel est en jeu comme en Libye, dit-il. C’est une affaire tellement importante où se joue, pour la première fois, la responsabilité de protéger. Donc si la gauche a ce genre de réflexe, je trouve cela très bien. Et c’est une raison d’être optimiste ».

Et lorsque Ruth Elkrief lui demande « Martine Aubry ou François Hollande ? », BHL hésite puis répond : « Aujourd’hui je suis reconnaissant à Martine Aubry de ce témoignage, de cette lettre aux citoyens de Misrata qu’elle m’a confiée et je peux vous dire que, quand on a vu les larmes de certains de ces hommes autour la table du conseil lorsque je la leur ai lu, on a envie de se dire que cette dame a les bons réflexes».

Laurence Roblin

Un commentaire »

  1. BHL est décrié par certains mais il a le courage de ses convictions. C’est plus honnète que la mollesse coutumière de notre époque.

    Commentaire par Nag — jeudi 2 juin 2011 @ 18:06

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